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Xavier Dolan

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Xavier Dolan

L'épisode s'ouvre sur une introduction au podcast "Coming Out", mettant en avant sa mission éducative et son souhait de rendre obsolète la nécessité du coming-out dans un monde idéal. La majeure partie de la transcription est consacrée au témoignage intime de Xavier Dolan. Il retrace l'éveil de son attirance pour les garçons dès l'âge de 4-5 ans, évoluant dans un environnement familial artistique et relativement ouvert, bien que parsemé de stéréotypes. Son entrée en pensionnat marque un tournant, le confrontant à une culture masculine toxique, à la violence homophobe et à la puberté, période durant laquelle il comprend pleinement son homosexualité. Pour survivre dans ce milieu hostile, il adopte lui-même des comportements d'intimidation, un fait qui le hante encore. Son coming-out est un processus long et angoissé ; il fait sa première confidence à une cousine, utilisant des mots détournés par honte et peur. Son récit illustre les conflits internes, la pression sociale et la lente marche vers l'acceptation de soi dans un contexte où l'identité reste un sujet de moquerie et de violence.

Transcription

8936 Words, 50049 Characters

French
Salut. C'est Julia Layani et Élise Goldfarb. Et vous écoutez la saison 2 de coming out, un podcast original Spotify Tout d'abord, on aimerait vous remercier pour le succès de la saison. On s'y attendait vraiment pas, donc merci du fond du cœur à tous ceux qui ont écouté, qui ont partagé, qui en ont parlé et surtout qui ont changé d'avis sur la question. On a créé un format qui se veut utile à la fois pour tous ceux qui n'ont pas accès à des exemples dans leur entourage, mais aussi pour tous les autres, ceux qui comprennent et ceux qui comprennent moins. On est en 2021 et le coming-out est encore un sujet pour beaucoup, la PM n'est toujours pas légalisée. On peut encore mourir aujourd'hui parce qu'on est trans, on peut encore se faire harceler par des élèves, par des profs, par des proches, pour ce qu'on est, où pour qui on aime. L'objectif de ce podcast, qu'on puisse vivre dans un monde où on aurait plus besoin de faire de coming out. En fait, ce serait bien que ce podcast n'ait plus besoin d'exister. N'hésitez pas à utiliser ces épisodes comme des outils en les envoyant à vos parents, à vos potes, à vos proches pour qu'ils comprennent ce qui se passe dans la tête de quelqu'un qui doit encore se justifier d'aimer ou d'être bonne écoute. Ben, je m'appelle Xavier Dolan, je suis acteur, réalisateur, scénariste. J'ai 32 un. Non, j'ai j'ai encore 31 ans, bientôt 32. J'ai toujours eu des expériences en fait avec des garçons. Je pense que je j'ai un souvenir très très précis. En fait, mon père avait avait une petite copine, je devais avoir 4 ans et demi et puis je me souviendrai toujours. On était dans un appartement, je pense, c'était l'appartement du frère de sa copine, puis lui avait un petit garçon, puis on jouait à des jeux de personnages ensemble, puis très rapidement, Ben oui, un si jeune âge. Je me souviens, on s'était retrouvé dans un dans un lit à jouer à. Je sais pas être genre un un couple ou maintenant que je que j'y repense c'est quand même très très jeune pour ce genre d'expérimentation mais ça nous paraissait normal. Puis mon père était entré, c'était un genre de barbecue, un genre de de, de de de petites fêtes, festivals d'été. Puis il était entré, il a demandé, ça va ici, j'en avais répondu oui, puis on avait continué à jouer à nos jeux de personnages. Je vous dis, j'avais peut-être 4 ans et demi, 5 ans, c'est très très très jeune, on s'entend, mais donc je pense que ça a toujours fait partie de ma vie d'explorer cet aspect-là de fondamental de de ma sexualité. Ou plutôt ma sexualité. Tout simplement, que ce soit à travers la féminité où là sexualité ou les explorations, ça, ça a toujours fait partie de de de moi. Et puis après, bien évidemment, j'ai commencé l'école. J'ai été envoyé dans un pensionnat quand j'avais 8 ans, c'était un pensionnat en fait. Donc les garçons étaient dans un même dortoir, puis les filles dans un autre à ce moment-là, mais c'était un peu l'éveil, la curiosité naissante chez l'ensemble de tous les garçons, donc c'était monnaie courante, en fait de d'essayer des choses, de se. De se révéler aux autres, on s'entend quand on est petit, je pense qu'on fait ça, on se montre, on se montre, on se montre, on se révèle aux autres, on se compare, on se découvre pour moi, je pense que c'était assez affolant parce que de toute évidence, pour certains garçons, c'était un rite de passage qui avait aucune importance. Et puis pour moi, Ben, je, c'est peut-être le moment, je pense ou ou je commençais à me poser des questions parce que en fait, j'ai toujours été amoureux des filles quand j'étais petit, puis j'ai eu plusieurs petites amies de 6 ans à 9. 10, 11, peut-être même 11 ans. J'avais des des petites copines, puis d'ailleurs j'étais très très amoureux. La passionnément amoureux, donc j'étais persuadé en fait que l'idée de ressentir une attirance pour les garçons. Au début, je je évidemment, quand j'avais 4 ans, 5 ans, c'était, c'était très très abstrait, hein. Je. Je pensais qu'éventuellement peut-être, c'était comme ça pour tout le monde. Puis comme j'étais amoureux des filles, je pensais pas que ça deviendrait un problème. Ce que je veux dire par problème, c'est que j'ai compris très jeune, l'existence des homosexuels de la communauté LGBT. Puis à ma mère suivait des cours dans un institut de mode. Et puis elle avait des amis qu'elle disait au monosexuel, elle mettait le mot en exergue comme ça, homosexuel. Comme si elle parlait d'extraterrestre. Je pense qu'elle le faisait évidemment sans malice, mais en tout cas elle est avec une très très grande ouverture d'esprit. Puis elle me disait que dans la vie, c'était normal d'aimer les filles ou les garçons. Donc il y avait aucun tabou à cet égard là. Puis elle me disait aussi que c'était Saint pour un homme de trouver un autre homme beau, de pouvoir dire qu'un autre homme était beau. Donc je pense que là-dedans j'ai absorbé cette information là puis j'en ai fait une sorte d'excuse, une sorte de défaite pour toutes mes anomalies entre guillemets, c'est à dire que quand je me disais qu'un garçon était beau quand je me disais que je trouvais un garçon de mon goût, je me disais bien. Ça c'est normal puisque maman légitimise en fait ça, donc je suis juste Saint. Et puis comme j'aimais les filles vraiment dans mon cœur Ben Ben je pensais que j'étais juste que j'étais normal. Évidemment la définition de normale ça devient toujours. Qu'est-ce qui est normal ? Qu'est-ce qui est anormal ? C'est au cœur de de de tous les problèmes d'identité. Tous les grands questionnements de la culture, disons queer, de la de, de l'homosexualité au sens le plus large du terme, mais donc jusqu'à l'âge de 9, 10 ans, j'avais l'accès. Attitude d'être probablement à hétérosexuelle, mais juste différent des autres garçons. Mon père était un musicien, auteur-compositeur-interprète, acteur a toujours donc baigné dans dans les arbres, puis milieu artistique. Et puis qui dit milieu artistique dit forcément finalement énormément d'homosexuels. Donc il y a toujours eu une très, très grande ouverture d'esprit. En même temps ça l empêchait pas quand j'étais petit de de. Il s'en est d'ailleurs excusé, mais je lui en veux absolument pas, ça empêchait pas de de de faire énormément de blagues que je qualifierais pas d'homophobie mais qui était certainement pas sensible à à la réalité, puis au monde d'un jeune homosexuel qui se posait des questions. Après ce premier pensionnat, là j'ai tombé dans un autre pensionnat. Quand j'avais donc 12 ans. Cette fois-ci là, j'ai été confronté, tu sais, à des garçons disons plus mûrs de secondaire un à 5, c'est à dire pour nous, c'est l'équivalent de du parcours scolaire d'un jeune de 11 à 16 ans comme n'importe quel jeune garçon qui traversé la puberté. Je je Ben, je commençais à me toucher, tu sais-je commençais à me masturber et puis j'ai réalisé assez rapidement que je ne pouvais pas arriver à mes fins. Je pouvais pas vraiment jouir sans penser à un homme, c'est tout simplement sans sans sans détour, c'était ça, puis donc j'étais pas contre. Je finis par comprendre que j'étais peut-être à l'âge de 11 ans, 12 ans, je dirais. Il y avait tellement de signaux, tellement de de. C'était finalement une évidence pour tellement de gens. Mais on serait surpris quand même de voir l'abnégation puis le déni dans lesquels certaines personnes vivent, c'est à dire, je pense à ma mère notamment, où certaines personnes pour qui ça a été réellement une surprise, puis pour certaines autres non. Mais si je me déguisais en fille depuis l'âge de de 4 ans quand Titanic était est sorti, je me suis mis à reproduire des croquis des robes de Kate Winslet. Je pense que tout était tous les indices étaient étaient dans l'air là, toutes les cartes étaient mises sur la table, il y avait aucun mystère profond sur mes, sur mes préférences. Et puis pourtant, c'est beaucoup plus complexe que ça parce qu'il était bien à plein de garçons qui se déguisent en filles et de garçons qui ont des attirances ou une sensibilité pour des pour des passe-temps qui ont une attirance pour des domaines, des activités qu'on aurait tendance à qualifier de de plus féminine. Et puis qui sont pourtant parfaitement masculins eux-mêmes à leur façon, surtout maintenant. Depuis quelques années, la notion de ce qu'est la la masculinité, la féminité évolue énormément, puis tant mieux. Moi, j'aurais aimé évidemment grandir avec ces notions là de de de, de fluidité pour moi même qui suis gay depuis tellement d'années. Tellement longtemps avant même de le dire aux autres. C'est confrontant parfois de voir la liberté, puis la modernité avec laquelle les la nouvelle génération abordé, sa sexualité, abordé, ces préférences, son identité. J'ai envie, moi cette liberté, là, je l'envie, autant que évidemment je je. Je suis content pour eux de cette libération là, mon adolescence, mon enfant aurait été différente si j'avais approché ma sexualité comme eux. Je devais avoir 12 ans, je venais d'être envoyé dans ce nouveau pensionnat, mais je me rappelle, il y avait un garçon en fait, il y avait un garçon qui était plus vieux que moi, qui me troublait énormément, très grand, assez attirant, très sportif. Il m'avait pris sous sa protection. Je pense que ça lui faisait plaisir de penser qu'il y avait une sorte de relation, de fraternité entre lui et moi, grand frère, petit frère. J'étais très petit aussi, donc il m'avait pris sous son sa protection. Puis il était peut-être un an ou 2 ans plus vieux que moi. Il était très populaire, il y avait une petite copine. Et un espèce de rapport de domination, disons. Un peu particulier ou dans cette espèce de rapport fraternel là où il était un petit peu comme une figure de grand frère envers moi, y avait un rapport d'agressivité un peu, il malmenait parfois où il me, il simulait des scènes un peu, y a quelque chose domotique là-dedans. En fait là, des scènes de brutalité me faisait semblant de me de me casser la gueule ou ou ils me prenaient comme ça ? Il me serrait entre son côté, puis son avant bras, puis j'avais mal, puis-je mais finalement, moi. Évidemment, Ben ça crée un contact, un rapprochement avec avec un autre garçon. Puis je commençais à comprendre que c'est ce que je voulais, ce que je recherchais. Puis rapidement, il s'est retrouvé pas mal au centre de mes de mes fantaisies. Et puis je pense qu'il aimait pas mal ça, lui aussi. En fait, quand j'y repense maintenant, il dégageait cette espèce de masculinité, là un peu toxique, où il parlait pas très bien aux filles, il me parlait de façon assez crue de plusieurs trucs qui faisaient sexuellement, je me rappelle normalement un peu malaisant, un peu malsain où je pouvais demander si il voulait se battre en fait. Et puis il m'avait dit Bah en fait, finalement, t'aimes ça hein, c'est ça. Il y avait accepté qu'on aille genre dans la cour d'école comme ça ce ce se battre tout seul, lui et moi le soir, parce qu'il était pensionnaire lui aussi. Et puis c'est dans ce moment-là de rapprochement que j'ai compris que je pense que ça lui déplaisait pas nécessairement non plus. En fait, je le sais, et puis donc, comme une trouble énormément, Ben ça a précipité beaucoup de réflexions, puis j'ai compris, j'ai compris, c'était, c'était inexorable, j'ai compris que que que j'ai dègue. Et puis j'ai eu besoin de le dire évidemment, après le fait de l'avoir accepté moi même Ben il fallait absolument que j'en parle à quelqu'un. Y avait pas énormément de personnes, certainement pas des amis qui étaient là-bas parce que c'était un pensionnat qui était très excentré, qui était en qui était à la campagne en fait, qui était peut être à à 2h de Montréal, ça jouait dur un peu. Les jeunes garçons, très très très macho puis assez voyous dans leur c'est, c'était violent, c'était violent physiquement, c'était violent verbalement, c'est une école où où j'ai vécu des des épisodes. Très très, très prononcé d'intimidation puis où j'ai intimidé moi aussi beaucoup. Pour survivre par l'acheter, par j'y repense. Je pense constamment, j'y repense tout le temps, puis je vis très très très mal avec ça. Ça a été très dur. Euh. Et puis j'en sens une grande culpabilité. Puis encore aujourd'hui, je cherche une façon d'entrer en contact avec un jeune garçon que j'ai un peu torturé, puis je m'en veux énormément. Je n'arrive pas à retrouver sa trace. Il est pas sur Facebook, il est pas sur Instagram, je sais pas ce qui est devenu mais enfin on était donc assez cruel là envers l'autre, les uns envers les autres, puis puis bon je savais que je pouvais me confier autour de moi, je savais à quel point au cœur de nos moqueries, on traitait tout le temps les gens de de, de guides, de tapette, de Pédé, de de de. Donc c'était impensable de de le dire autour de moi. Puis donc Ben, je savais qu'il fallait que je savais que pour survivre il fallait que que je trouve un confident, une confidente et puis donc j'ai pensé à une de mes cousines. Y a eu énormément de femmes importantes dans ma vie. Parmi les plus importantes, les figures les plus importantes. Je parle pas nécessairement de d'inspiration, donc de femmes plus âgées que moi, mais plutôt de ma génération. Ce sont mes cousines en fait, mes cousines, du côté de ma mère, avaient mon âge, donc j'ai grandi avec, elle jouait avec elle, c'était forcément des complices des des alliés. Dans depuis toujours et pour toujours, et j'avais à l'époque on appelait avec des espèces de boîtes téléphoniques, des téléphones publics que nous on appelle ici, mais on en avait, on pouvait en acheter puis en mettre dans des établissements, donc les hôpitaux. Et puis dans cette école. Mais il y avait des téléphones publics. Puis on appelait à frais virés, on appelle ça à frais virés les gens, c'est à dire que l'opératrice appelle, puis elle dit, vous avez un appel à frais, virés, acceptez-vous les frais et puis ça coûte vraiment très très cher, mais à l'époque, on avait de l'argent de poche, on pouvait donc payer pour un appel, puis qu'on en avait plus. Fallait que les gens payent, puis je crois que j'ai appelé ma cousine Nicole, à frais virés. Et puis c'est à elle que je l'avais dit en premier, puis je l'avais dit comme ça je lui avais dit Tu sais bon, j'avais, il y avait énormément de tergiversations. Là j'avais pris énormément de détours, un peu comme quand je raconte l'histoire présentement. Je lui avais dit, écoute, tu sais, j'aime vraiment les filles, je suis amoureux des filles, mais pas dans mes culottes, c'est comme si je le fais, si. C'est assez enfantin mais, mais je pense que c'est quand tu fais ton coming-out, il y a tellement de honte que tu dis pas, je suis gay, je suis homosexuel, c'est trop difficile de dire ça, surtout pour un garçon qui était orgueilleux comme moi, qui le suis encore. Sais-tu c'est trop gros ? C'est déjà immense de le dire, on ne peut pas dire les mots, tu me dis comme tu peux, puis moi, Ben c'était un peu fantaisiste, puis probablement assez enfantin comme formulation, mais c'est comme ça que c'est sorti. Elle s'en souvient très bien, on en reparle souvent de ce moment-là, elle a été la seule à le savoir pendant très très très longtemps. Et j'ai attendu vraiment de de trouver la bonne personne pour le dire. Je, je savais que ma cousine inconditionnellement, ça change, ça changerait rien à ma vie. Je savais qu'elle protégerait mon secret. Je savais qu'elle le dirait Jamais, ce que c'était mon moment, elle, jamais elle me elle me le volerait. Puis j'étais tellement terrorisée par le moment en soi que je pense que j'étais tellement j'ai tout intériorisé. Puis j'étais pas nécessairement à l'écoute, mais je sais qu'elle a une, elle a une réaction très acceptante, elle devait évidemment le savoir depuis longtemps. Tu sais, elle le savait, c'est évident qu'elle le savait. Me déguiser en fille. J'étais je, j'aimais Céline Dion, j'aimais Titanic, je parlais tout le temps de Léo DiCaprio et Ding Ding ding Ding ding. Dans l'école d'après, où j'ai d'ailleurs école, où j'ai fait mon mon coming out, j'étais tellement concentré sur la protection de ma réputation. C'était tellement ancré dans notre quotidien d'intimider les gens par rapport à leur sexualité par rapport au fait qu'ils étaient gays par rapport au fait qu'ils se branlent en pensant à des hommes par rapport au c'était tellement au cœur de toutes nos brimades, de toutes nos moqueries. Je pense que Ben évidemment, tu sais en en insultant les autres, puis en dégradant les autres sur. De leur propre sexualité, on en s'achetait un peu une, une tranquillité d'esprit. Ça, ça m'affectait énormément de de de devenir ce ce jeune homme là qui insultait les autres puis qui les intimidait, puis qui les qui leur faisait du mal en fait. Mais évidemment donc on achetait un peu la paix, on faisait en sorte que les gens nous nous embêtent pas. Et puis en même temps c'est faux, on était quand je repense à ces années cette c'est épouvantable. C'est épouvantablement cruel et méchant, puis c'était constant de la plus petite de la pire des banalités à la plus grosse, des insultes. On se mitraillait tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Il y avait pas un moment de répit, puis c'est pour ça que j'ai voulu quitter cette école finalement, parce que c'était trop l'eau, c'était trop difficile et puis encore, j'étais chanceuse. C'était beaucoup moins difficile pour moi que pour les les jeunes garçons. Vraiment qu'on qu'on torturait, puis, puis encore, à l'époque, j'étais. J'étais très très amoureux d'une fille à l'école, donc peut être que les gens m'embêtais moins parce qu'ils savent très bien que je suis amoureux de cette fille. Et puis, quand j'ai encore changé d'école à l'âge de 15 ans, j'étais encore très très amoureux d'une autre fille. Mais là-bas, les gens commencent à remarquer, je me, je me souviens, c'était difficile parce que j'arrive dans une école où tout le monde se connaissait depuis. Depuis le début de ce nouveau chapitre scolaire, donc depuis l'âge de 11 ans, ils avaient commencé dans dans ce collège. Ben moi je débarquais comme ça. Puis je m'étais jamais fait d'amis. Je m'étais jamais, il faut que je recommence à 0, puis c'était difficile. Puis j'ai trouvé, tu sais, des alliés, puis des des filles, c'était des filles, évidemment, c'était toujours des filles, ça a toujours été des filles, elles ont une sensibilité différente, puis elles font, elles font moins peur. Moi j'ai jamais pu compter sur les sports pour me familiariser avec d'autres garçons pour avoir l'impression que je fais partie d'un club. C'est très très mauvais dans les sports, je j'étais nul à chier en fait. Puis j'allais vers les filles. Puis elle me faisait sentir le bienvenu. Puis on avait un humour, on avait des affinités. On regardait justement Smallville ensemble, puis on trouvait que Tom Welling était super beau. Là, on le trouve encore aujourd'hui. D'ailleurs, moi je, je, je peux vous le dire, c'est mon vélo. Le matin, en réécoutant les Smallville, c'est un genre de plaisir coupable parce que c'est tellement mauvais. Puis en même temps, c'est tellement bon. Puis Tom Welling c'est, c'est ouais, c'est c'est quelque chose mais. Pour en revenir aux choses sérieuses, quoi que Tom Welling, c'est très très très sérieux. Là, dans ma vie à moi en tout cas. Mais je m'étais fait des amis filles tout ça, puis puis et puis pendant un moment ça allait. Mais rapidement ou il y a des rumeurs ont commencé à circuler. Je me souviens d'un garçon qui avait dit, il avait dit à un autre gars, Ouais, tu passes à côté de Xavier, puis il est en train de dessiner un papillon ou une ou une fille, puis j'avais compris que les gens se moquaient un peu de moi, puis j'avais déjà une approche pas mal, j'aimais bien régler mes problèmes, jamais confronter les gens, puis je lui avais parlé à lui, je l'avais dit, en fait, tu me connais pas, je l'avais confronté, puis. Et finalement y avait été très gentil. Il avait dit Ouais, pardon, excuse-moi. Et puis finalement, il était devenu assez, était devenu cool avec moi, puis je pense que c'est comme ça en fait que j'ai laissé que j'ai réussi à à faire mon coming out de façon assez en paix avec moi-même, c'est que je me suis trouvé des alliés. Après, je l'ai dit après la première personne à qui je l'ai dit après après l'avoir dit à ma cousine, c'était ma meilleure amie, qui s'appelait Clara et puis, et puis après Clara, Ben. En voyant sa réaction et tout, je l'ai dit à à d'autres de mes amis, mon ami Édith, mon ami Cyril, mon ami. Je l'ai dit, en fait, j'ai commencé à le dire, puis bientôt Ben tout le monde le savait. Et puis même les gars venaient demander des conseils par rapport à à leurs amis, faisais très ami avec telle fille. Aide, moi je. Je l'aime bien, bla-bla-bla, tu sais, c'était c'était, c'était, c'était CUTE, c'était. Quand on sait qu'on est gay. Quand on sait qu'on a un secret, papa, maman veulent pas toujours que leur enfant ait un secret parce que quel est le secret qu'un enfant peut bien avoir y en a pas beaucoup, hein, c'est c'est, c'est ça. Avoir un secret d'enfant, c'est être gay et mais il y en a toujours des alliés. Professeur d'art dramatique, professeur de musique, psychologue, enseignante. Une tente, c'est bon ça les tente toujours une une tente quelque part pour pour qu'il y a pas eu d'enfant là, celle qui celle qui est prêt à nous servir un une belle viande en sauce là. Puis avec avec avec un un thé, puis un petit dessert, puis une une belle eau chaude, puis puis nous faire regarder un programme qu'on aime ou un dessin animé, c'est, c'est cette c'est cette tente de vers qui vont aller. Je me souviens d'un épisode en fait où je vivais chez mon oncle et ma tante. Je devais avoir 15 ans et puis j'étais abonné à une revue française qui voulait tout dire pour moi à l'époque, parce que je me réfugié énormément dans les séries télévisées. En fait, j'étais obsédée par les séries télévisées comme Roswell, Smallville. Je le suis encore d'ailleurs charmed. Boffy tout ça. Et donc j'étais abonné à une revue qui s'appelle série Mag et dans cette revue, il y avait des des affiches. Il y avait évidemment au cœur de de de la revue, il y avait, agrafé au à la tranche des affiches réversibles des des affiches que je m'étais, moi, sur mes murs, ma. Ma chambre était complètement tapissée, puis on avait une je me souviens de Ashton Kutcher, qui était qui était topless là qui était en nous. Ici au Québec, on dit en Baden, ça veut dire ça veut dire torse nu, puis qui était particulièrement beau. Sur cette affiche. Puis c'est drôle parce que dernièrement je suis retombé dessus, je l'ai gardé et puis j'étais chez ma cousine, puis on était le vendredi soir, donc c'était après l'école. Puis mon père venait me chercher directement. J'étais avec lui. Un week-end sur 2, mon père venait me chercher directement pour m'emmener chez lui pour le week-end. Puis il était entré, puis j'étais en train de montrer à ma cousine Stéphanie. Une affiche de donc l'affiche en question, d'acheter un coucher. Puis mon père est entré à ce moment-là, puis il a vu l'affiche dans mes mains. Puis il a demandé tout de suite que c'était, j'étais pris de court, je regarde ma cousine puis avait complicité, je l'ai regardé. J'ai dit, Ben c'est pour toi en fait de donner un cadeau à Stéphanie, puis je lui ai donné mon affiche, je le regrette de toute évidence, j'ai fini par la récupérer puisque je l'ai vu dernièrement. Mais en tout cas bref, mon père a vu l'affiche. Puis il a dit c'est quoi j'ai dit Ben c'est un cadeau pour Stéphanie Pia OK ouf, je pensais que mon fils était pédé en riant et puis je me souviens très très bien du rire très inconfortable de ma de ma cousine, du mien aussi qui était complètement artificielle. Ça c'est un moment dont je me souviens très bien en même temps mon père est une des personnes avec laquelle j'ai, j'ai eu le plus de conversations sur sur ma vie amoureuse, sur mes qu'elle a toujours été en tout cas. Plus ouvert à les entendre ces histoires là, puis très ouvert à moi, puis je lui ai fait mon coming-out à lui d'une façon un peu un peu large parce que j'avais peur de, j'avais peur de sa réaction en fait. Donc je le dis à ma belle-mère de l'époque qui lui a dit, à lui et puis sa réaction a été. Je me souviens, y a y a débité quelque chose comme ouf, tant mieux, j'aurais pas m'occuper des petits enfants. Quel soulagement ou un truc j'aurais pas à changer de couche ou un truc comme ça, c'est drôle la réaction des parents et généralement toujours assez pas égoïste, mais là réaction disons spontanée sur le moment, les parents pensent systématiquement aux petits enfants, ils sont soit déçus de ne pas pouvoir de de de se dire je n'aurais pas de petits-enfants. Ce qui je veux pas dire stupide comme réaction mais assez élémentaire puisque évidemment ils peuvent avoir des petits enfants de tant de façons possible, mais là réaction pour moi à chaud là d'un peu égoïste. C'est à dire un peu centré sur soi, puis celle de mon père aussi. Finalement, j'aurais pas à m'occuper de petits enfants. C'était mais je pense que de la maladresse, puis c'est une façon de réagir. Tu sais, une nouvelle évidemment qui est beaucoup plus importante que juste se dire, j'aurai où j'aurais pas de petits-enfants. Tu sais, le moment m'appartenait à moi et non pas à quelqu'un d'autre en même temps. C'est une réaction qui est normale, c'est la réaction de beaucoup de parents de dire j'aurais pas de petits enfants ou mes petits-enfants, on s'en fout des petits enfants toi va t'acheter un. Adopte un ado, besoin d'un autre ou alors tu sais, puis c'est aussi cette façon de penser que là fatalité de de de cette annonce là c'est te concerne toi et non pas quelqu'un d'autre que ça concerne la vie d'un enfant qui ne te regarde en rien, qui t'apporte simplement quoi, le le, le le, le réconfort dans une sorte de solitude la la, la continuité d'une paternité ou d'une maternité, mais en plus il y a tellement d'options qui s'offrent maintenant à la Communauté pour pour adopter, pour enfanter. C'est quand d'imaginer que qu'on n'aura pas de petits enfants. Parce que ton fils ou ta fille est au monde cesse. Le monde a changé. Dans une tentative d'émancipation de de de je voulais prendre l'argent, que déléguer ma grand-mère, puis déménager en appartement très jeune, à 15 ans, et je voulais aussi me rapprocher de mon meilleur ami, de qui j'étais follement amoureux. Je voulais vivre à côté de chez lui. Puis comme j'étais déjà très autonome, dans la mesure où je partais de l'école, puis j'allais faire du doublage, j'allais faire des doublages, j'allais faire des trucs d'acteur, je prenais le métro, je prenais l'autobus, je pensais que de vivre en appartement serait une extension. En fait de cette autonomie là, de cette indépendance que j'avais déjà développée depuis. Peut-être l'âge de 10, 11 ans. Je voulais déménager en appartement. Ça allait pas très bien avec ma mère à la maison, on était à couteaux tirés et puis j'ai pensé que ça réglerait bien des problèmes. Puis elle évidemment. Puis elle avait raison, me disait Ben, il est incapable de faire ton lavage à la maison puis de mettre une tranche de pain dans le toaster, donc je peux pas imaginer que tu puisses déménager en appartement mais peut être dans une tentative de se débarrasser de cette conversation qu'ils l'ont embêtait. Elle avait fini par me dire que je pouvais aller visiter un appartement puis récolter de l'information peut être en fait et donc j'ai tué ma mère et j'étais allé visiter l'appartement parce qu'elle m'avait dit que pourquoi pas, on pourrait en parler et qu'effectivement ça me responsabiliserait bla bla bla. J'ai télévisé l'appartement, je le trouvais génial, je voulais le prendre le lendemain ou le surlendemain. Je reviens ma mère, puis je lui dis, elle fait comme si on avait jamais eu cette conversation comme si elle n'avait jamais d'aller le visiter, comme si elle s'en souvient plus. Puis elle me dit, non, non, c'est de la folie bla bla bla. Je pense que suite à cette engueulade entre elle et moi, j'ai fait une genre de fugue. C'était une fugue très bourgeoise. Là parce que je suis juste allé m'installer chez mes amis la semaine, et puis éventuellement leur mère, leur père, modicon, nous aviez, tu peux pas rester ici, ta mère s'inquiète, puis elle a fini par le savoir, ma mère, mais j'ai dit, je veux pas retourner chez elle. Je vais pas, je vais pas, je vais pas, bla bla bla, ça a dû durer une bonne semaine. J'ai j'ai dormi dans le sous-sol, chez des amis, j'ai adoré ça, je partais direct, je déjeunais le matin avec eux, on allait à l'école ensemble. C'était le gros luxe. N'importe quel enfant aime découcher, puis aller chez des amis la semaine qu'elle rêve. Finalement, c'est des belles vacances, mais quand je suis revenu à la maison, évidemment, Ben ma mère a essayé, je pense, de réparer un peu ce qui avait été brisé dans cette. Dans cette dernière prise de tête, puis elle a vu aussi que je passais énormément de temps dans ma chambre à pleurer à être. Peut être très très très très très très amoureux de mon meilleur ami. Et puis ça m'affecte énormément, puis j'étais, j'étais ADO. J'écoutais de la musique dans mon dans mon lit, puis je pleurais. Puis j'écoutais ce m'enlever le, puis en tout cas, ma mère a essayé de précipiter une conversation pour savoir pourquoi son fils pleurait. Puis elle avait bien raison. Et puis moi j'ai essayé de la manipuler en lui disant, Ben je te le dis, mais il faut que tu me promettes de me laisser déménager en appartement. Super manipulateur, je suis poisson et bélier, je suis né le 20 mars, je suis les 2 du moins c'est ce que ma carte du ciel il dit et je suis ascendant scorpion et puis en plus je suis l'année du serpent. Donc. C'est vraiment, c'est le gros Starter Pack de le du manipulateur. Là le poisson bélier à son dans scorpion année du serpent a demandé à sa mère une audience dans le salon pour lui dire Ben mais évidemment, c'est c'est de la manipulation, mais c'était aussi complètement désespéré. Tu sais j'allais tellement mal, j'étais tellement j'avais, j'avais, c'était douloureux, tu sais, puis on est immo à l'époque tu sais, on écoute un bon good Charlotte dans son, dans son Walkman, puis on pense que que personne ne comprend, puis on commence sérieusement à considérer le vernis à ongles noir. Brandon Newry est super beau dans panique et de discours, puis on rêve qu'il ait une une, une, une idylle amoureuse avec l'autre gars dans le band. Je suis avec ma mère dans le salon, puis je lui fais promettre. Puis elle a finit par le faire. Évidemment, elle veut savoir, même si elle le pense, pas même si elle est pas prête à m'envoyer en appart. Elle veut savoir ce qui se passe avec son garçon. Elle veut veut savoir pourquoi il pleure, pourquoi il va mal. Et puis je lui ai dit. Je lui dis que j'étais gay comme ça. Ben c'est dernièrement, il y a un film qui est sorti, qui s'appelle Love Simon. Avec Nick Robinson qui est un super beau film en très assez commercial, assez très, très américain dans son approche, c'est pas, c'est pas une œuvre artistiquement bouleversante, mais c'est c'est un film tout en simplicité, puis tout en douceur sur le coming-out. C'est d'un d'un jeune garçon, puis c'est sûr que si jamais j'avais vu un film comme ça, il est entouré de ses amis, de ses c'est il le vit avec difficulté. Et puis il y a des répercussions, puis tout le monde à l'école finit par l'apprendre, puis y a un aspect assez dramatique au film, mais tu sais, moi, quand j'ai grandi. Les références que j'avais à la télévision, les références que j'avais autour de moi, c'était des geeks qui mouraient du sida, des gens qui se suicidaient ou des gens qui avaient un rôle secondaire complètement dégradant de de de faire valoir une une starlette féminine, puis qui parlait sur le bout de avec avec un cheveu sur le bout de la langue, puis des plumes dans le cul. Tu sais, c'était, c'est des rôles de gays qui sont qui sont andard dises par Hollywood. C'est puis qui sont accessoirises. En fait, ça laissait, ça laissait peu de place en fait à à l'identification, j'avais beaucoup de difficultés à m'identifier à ces à ces gars là, puis c'était plus facile pour moi. Très densifiées autant que je tombais amoureux d'eux, a des blancs américains hétérosexuels, comme Tom Welling dans Smallville comme Jason Bear dans roswell comme comme celui qui faisait Angel, non Buffy. Et puis finalement c'est des nations qui étaient très très loin de moi, très très loin de mon père égyptien qui avait émigré du Caire au Canada dans les années 60. C'était tellement loin en fait de qui j'étais de qui j'allais devenir, de qui je voulais devenir, mais j'avais pas le choix d'en avait pas, mais dans l'œuf. Simon y a une scène de coming out qui est exactement l'inverse de celle que j'ai fait à ma cousine Nicole. Oui, dans la voiture avec son ami. Et puis, ils reviennent d'une répète, entre entre amis, font partie d'une troupe de théâtre. Et puis on répète dans un dans un Green spoon, puis il l'accompagne chez elle. Nous ici, on dit donner un lift à quelqu'un donc il lui donne un lift et puis il garde la voiture puis il lui dit écoute, Je suis gay, puis c'est tellement une scène simple et belle qui ramène finalement à le côté tellement élémentaire de ce que c'est vraiment que d'être homosexuel. C'est que ce ne sont pas des mots, ce ne sont pas des émotions. Ce ne sont pas des des, des détours, des tergiversations. Ce n'est pas un État, ce n'est pas une phase, c'est quoi on est et qui on a toujours été. On est Guy, c'est génétique, c'est purement scientifique. Et puis évidemment la la, la, la religion, puis les croyances des uns et des autres nous apportent à à contredire parce qu'on veut plaire à nos, à nos aînés, parce qu'on veut plaire à nos parents, parce qu'il veut, parce qu'on veut plaire à notre Dieu, nous amène à à contredire en fait la science. Et puis on vit dans une époque d'ailleurs qui se plaît énormément à la, à la contredire, puis à la Challenger. Et puis à la confronter, toujours dans cet accès, ces excès religieux, toujours ces ces accès de foi. À toujours contredire donc les faits. Être guys s'en est un, c'est un fait ou alors être bi ou alors être queer ou alors être être gender fluide ou alors être trans ou alors être on lit, ça veut dire qu'on le devient mais on l'a toujours été, il faut réaliser et on le réalisé bien assez vite que à partir du moment où on le devient puis où on le dit, on commence à vivre. Il y a des magnifiques choses avant mais il faut quand même réaliser que c'est un mensonge quand on est un enfant. On en vit plusieurs, des mensonges, puis la réalité nous rattrape et on finit par confronter ces mensonges là, puis la sexualité. On est en est un. J'ai, je me suis longtemps moi menti à moi-même. Même si j'affirmais tellement d'aspects de ma féminité comme me déguiser en femme, comme parler de la beauté des hommes comme j'aurais pu me cacher beaucoup plus, et j'aurais pu me cacher beaucoup plus longtemps. Je pourrais me cacher encore. Je suis reconnaissant en fait d'avoir eu des gens dans ma vie qui m'ont permis de faire mon coming out to parce que je n'ai pas perdu de temps ce qu'il y a rien de plus précieux en fait, que la jeunesse, tout ce qui est vécu étant jeune, toutes les amours, toutes les amitiés, la vie est vécue tellement plus pleinement, tellement plus entièrement. Quand on est qui, on est que quand on fait semblant de quelqu'un d'autre. Donc ayant pu dire je suis gay, voici qui je suis à l'âge de Ben, c'était, c'était avec ma cousine Nicole, à à 12 ans, mais 10 ans plus officiellement, puis au monde autour de moi, peut-être à 16 ans, j'ai eu accès, tu sais, j'ai vécu mes plus grandes amours et tant gai et tant qui je suis, tu sais-je, j'ai pu dire moi, à 16 ans, j'ai été amoureux d'un garçon, je lui ai dit, il m'a rejeté, il m'a brisé le cœur. Mais cette peine d'amour là, elle a été vécue en étant qui je suis. Pas en essayant de plaire à mon père, pas en essayant de plaire à ma mère, pas en essayant de plaire à un idéal, à un Dieu, à un standard, à une politique, à un non. Je sais que j'étais gay, puis il était pas ma femme, mais je pense qu'il a été humilié en fait dans sa. Dans la façon dont il avait eu de se comporter avec moi. Puis, après on est redevenu amis mais plus rien a jamais vraiment été pareil. Puis je voulais me protéger aussi. Évidemment, vous redevenir ami comme avant, mais ça a été ma première grande histoire d'amour. Donc c'est la plupart de mes histoires d'amour ont surtout été des gens que j'ai aimés éperdument, mais sans jamais qu'on soit ensemble. C'est arrivé souvent et c'est pas vraiment nécessairement propre. Je pense aux homosexuels, mais plutôt à moi en tant qu'individu, je j'ai pourchassé énormément de personnes qui me restaient ou qui ne m'aimait pas. Ça c'est mon truc à moi je pense. Que j'ai même jamais amené quelqu'un à la maison. À ma famille, à Noël ou à. Je pense que j'ai jamais. J'ai d'abord j'ai toujours eu des relations très très courtes avec mes ex. Le travail a toujours été plus important. Puis j'ai l'impression que l'amour faisait sortir ce que mes amis font sortir de plus beau chez moi. Puis tous les changements qui se sont opérés en moi pour plaire à mes amis, toutes les choses que j'ai essayé de changer en moi, tout ce à quoi j'ai essayé de remédier pour apprendre à m'aimer, pour apprendre à devenir quelqu'un de plus agréable, plus humain, plus à l'écoute. C'est mes amis qui ont qui ont suscité ces changements, ces bouleversements là en moi. Mais par contre, à chaque fois que j'ai été en relation, je pense que c'est le pire de moi qui est sorti. Y a quelques exceptions près. Puis que ces gens-là que j'ai dû rendre, c'est ces gars-là, assez malheureux. En fait, c'est pas un très grand chagrin pour moi, c'est pas une très grande lacune dans ma vie. J'ai des amis qui sont dont je suis amoureux en fait, pas de façon malsaine, juste. J'ai vécu des grandes grandes grandes histoires d'amour que je regrette pas, rejoindre quelqu'un à l'autre bout de la planète prendre un vol d'avion, payer un billet à quelqu'un pour qu'il me rejoigne, surprendre quelqu'un dans un bar, faire semblant d'être par hasard à Londres en même temps que quelqu'un, les histoires d'amour que j'ai vécu, je les ai vécus totalement, puis pleinement et follement, puis. Je leur ferai. On stigmatise énormément les relations homosexuelles comme étant douloureuses, les gens tendent à à essayer de décourager leurs enfants ou les homosexuels en général. La Communauté queer de vivre leur leur identité puis leur amour tels qu'ils sont où quels sont en leur disant qu'ils vont avoir mal en leur disant qu'ils vont être jetés en leur disant que ce sont des histoires d'un tordu. Au contraire, c'est magnifique l'amour gai, moi, en tant qu'individu, il s'avère qu'avec ma personnalité, je l'ai vécu de façon toujours. Un peu plus dramatique, un peu plus cinématographique, disons si c'était à refaire. Je le referai. En fait, ça me manque. J'ai hâte à ma prochaine grande histoire d'amour où mon prochain grand chagrin d'amour à un moment donné. Isabelle Adjani. Avait été interviewé, puis c'était après sa grande épopée avec Daniel Delouis. En fait, ils ont eu un enfant ensemble je pense. Et puis on lui a demandé, mais vous étiez où, vous aviez disparu ? On voyait plus dans les films et vous étiez ou qu'elle a juste répondu jamais. quand on couché avec un avec quelqu'un entre gay et ça a été comme ça, tellement de reprises dans ma vie, donc je le dis avec assez d'assurance pour penser que on a tous cette conversation, mais on se demande tous comment on a fait un coming out à comment on a fait notre coming-out à nos parents, toi, comment tu l'as dis, quand est-ce que tu l'as su ? Puis je trouve ça assez beau en fait. Parce que peu importe les, tu sais, il y a toutes sortes de façons de vivre, de vivre sa sexualité. Je l'ai vécu parfois, moi de façon que ce soit des One Night stand ou que ce soit des des gens avec qui tu deviens ami par la suite, puis avec qui tu continues de coucher, que ce soit des gens. Tu rencontres dans un bar, que ce soit des gens qui te brisent le cœur, que ce soit des gens qui, je les ai tous vécus, ces scénarios là différents, que ce soit des gens que toi tu laisses. Finalement je les ai, j'ai vécu toute la palette de façon dont on peut. Vivre une relation sexuelle puis ce qu'elles ont en commun, toutes ces qu'on s'est toujours raconté nos coming out d'abord, Premièrement, c'est beau, on veut le savoir. Puis on se retrouve, y a quelque chose de communautaire là-dedans. Il y a quelque chose de de, de, de on est, on est là-dedans ensemble, y a tellement de façons de vivre son homosexualité, mais y en a pas tant de dire de l'annoncer. Et puis pourtant oui, c'est pas vrai. C'est, j'ai tellement entendu d'histoires tellement entendu de bien des gens évidemment, qui sont virés de chez eux, des gens qui se retrouvent à la rue, des gens. On entend-il y a de tout, on vient, on A chacun notre histoire, puis on finit c'est c'est par trouver des alliés par trouver des trouver des complices par. Et des gens qui nous disent, et toi, c'était comment ? Mais moi aussi tu sais, ça a été douloureux puis parfois tu sais, ça se fait dans la boîte. Parfois, c'est, c'est inattendu. Tu vis dans une situation qui est très, très humble. Puis tu penses que tes parents chrétiens catholiques vont, vont, vont, ostraciser, vont te rejeter. Puis finalement Ben ils t'acceptent, ils t'aiment, ils te, ils te protègent et puis d'autres fois tu nais dans la watt, dans une grande maison bourgeoise avec des parents supposément très très libéraux dans leur façon de penser. Puis c'est eux qui réagissent le plus mal. Il y a pas de façon de prévoir vraiment comment les individus réagissent à ça. Puis donc c'est beau d'en parler avec les gens avec qui on couche parce que ce qu'il y a encore plus intime qu'un baiser, ce qui est encore plus intime qu'une relation sexuelle, c'est l'histoire de quelqu'un. Puis l'histoire de comment on a dit Ben voici qui je suis parce que c'est un voyage qui commence. Une aventure qui commence, puis c'est sûr, commencement là, qui est le plus précieux ? On y revient constamment, c'est très approfondissant de partager ça avec quelqu'un. Je, j'ai déjà vécu de la transphobie. C'est assez flippant de ressortir les articles qui sont parus à l'époque de Laurence Anyways. On est en 2012, une femme m'a racontée dans un un Van, une histoire d'amour qu'elle avait vécu avec avec un ex avait fait son son coming out en tant que trans et avait entamé sa transition. Et puis ça m'a tellement bouleversé comme histoire que que que je suis parti de ça, puis j'ai voulu créer. J'ai voulu raconter l'histoire d'un couple qui vit le le, le transsexualisme et qui essaie de survivre à. Toutes les épreuves, tous les obstacles, la société en étant un majeur quand même, le travail des enfants, l'amour, le et j'en avais. J'avais pas vu de film sur le sujet. J'avais pas vraiment lu sur le sujet, je me suis documenté un peu, mais j'ai surtout voulu raconter une histoire d'amour d'abord et avant tout d'amour-propre, puis d'amour quand le film est sorti. Bien sûr, il était catégorisé d'entrée de jeu comme étant un film Gear, ce qui est une une ignorance en soi. Là c'est c'est les gens aussi amalgamait inévitablement le transsexualisme et les cross, dresseurs, les Drag Queens les, donc ça, c'était assez irritant déjà. Tout est une question d'éducation. Ce qui était troublant, c'était de lire en fait à quel point les journalistes les plus éminents du New York Times au monde où abordaient le sujet, abordait le film comme étant un film étrange sur un homme avec un destin étrange, ce grand film fleuve un peu bizarroïde. En fait, les gens ne considéraient pas humainement le sujet, ils le catégorisait déjà le film comme étant un ovni ou comme étant une histoire. Comment dire ? Je comprends qu'on raconte une histoire d'amour. Rationnel mais le langage, le vocabulaire autour du personnage de Laurence, il y avait un ressenti transphobe, donc ça, je l'ai vécu de la part de l'industrie. J'ai senti en fait non pas seulement l'ignorance des gens avant transparent avant qu'on parle quotidiennement de transsexualisme de gender Fluid City, qu'on parle de des questions d'identité et de genre de façon aussi ouverte de façon aussi omniprésente et qui est bien sûr un des interdits autour de de ces tabous. Là c'est à dire on peut plus en parler de telle façon. C'est. Et ces transphobes, ces homophobes, c'est avant qu'il y ait, disons, une une éthique et et une moralité autour de ce qu'on peut dire ce qu'on ne peut pas dire avant que ce soit légiféré, que ce soit légitimise, que ce soit on en parlait comme d'un phénomène un peu curieux, on en faisait un événement ou un phénomène davantage qu'une réelle possibilité. Il y avait un aspect aliénant à cette conversation, c'est à dire que on le, on le marginalisait énormément. C'est ce que j'essaie de dire et énormément ressenti à l'époque de Laurence News. Mais moi, personnellement en tant qu homo. Non finalement, y a toujours des gens pour dire, Ah, pourquoi c'est films parlent toujours d'homosexualité, mais pourquoi les tiens ? Parcours de héros, sexualité, ce que je parle de ta comédie comme étant une belle comédie romantique hétérosexuelle. Pourquoi est-ce qu'on doit catégoriser ces films comme étant justement catégoriques ou spécifiques à un genre, à un public, à une audience, à une ? Pourquoi on ne fait pas partie d'un grand tout ? Pourquoi est-ce qu'on sent le besoin comme ça de rendre ces films là où ces histoires là spécifiques à une communauté ? Tu sais, ça a été pour moi un irritant dans l'industrie. Dans les médias le fait que les gens parlent d'un film comme étant queer, c'est pas que ces films là ne sont pas queer, forcément ils le sont, mais c'est surtout les à priori du public qui me gênait dans la mesure où, à partir du moment ou un film est Queer, Ben j'ai l'impression que les héros ont pas envie de le regarder, parce qu'il s'imagine que ce film ne les concerne pas et ça je trouve ça dommage parce que. Finalement, quand tu les regardes, tu réalisés que ce sont des histoires qui parlent de toi aussi. C'est difficile de donner un conseil ou de dire voici comment faire ton coming-out. Voici d'abord Premièrement, la pire chose qu'on puisse faire dans la vie, c'est de stigmatiser tous les gays comme étant identiques. Puis en donc donc il n'y a forcément pas de formule qui puisse convenir à tout le monde parce que on vient tous de milieux différents, on a tous des parents différents, puis on interagit humainement avec des humains et des humaines qui eux-mêmes sont différents et réagissent différemment tous toutes autant qu'ils sont. Est-ce que je me retrouve ? C'est horrible à dire, mais c'est tellement une réalité pour beaucoup de gens. Ce que je suis dans une situation où je peux perdre un un toit au-dessus de moi ou je peux me faire mettre dehors par mes parents, je me poserai des questions logiques d'abord et avant tout, c'est quand mes. Quand on représente une minorité dans la société, il faut souvent ruser. Puis il faut souvent laisser vrai. Il faut souvent penser aux conséquences parce que les humains sont cruels puis méchants, puis peuvent manquer tellement d'en de, d'en passion. Au secours, c'est beau quand même d'émotions, je voulais dire empathie, compassion, pardon. Donc il faut d'abord se poser des questions fondamentales et élémentaires comme, est-ce que c'est le bon moment et est ce que ça me met en danger ? Après il faut trouver la bonne personne, puis il faut y réfléchir je pense mais pour certaines personnes c'est insupportable, il faut absolument le dire, il peut ça leur brûle les lèvres donc je comprends sa mais il faut trouver la bonne personne une fois que c'est fait. Une fois que tu le dis à une personne, je pense qu'il y a une chape de plomb à peu près 1000 tonnes. Qui se soulève métaphoriquement de tes épaules puis qui te permet de respirer. C'est la première étape. Il y a déjà beaucoup de choses qui changent en toi, puis autour de toi. Une fois que tu le dis. Et puis évidemment Ben y a des gens qui disent, mais moi j'ai personne. Moi j'ai personne, personne, personne, personne, personne, Ben c'est faux. Il y a toujours une personne pour t'écouter, il y a des lignes qui existent, téléphoniques, des lignes vertes ou tu peux appeler, et des gens dont c'est le le le le but dans la vie d'aider les autres, des, des bénévoles ou même des des employés, je, je ne saurais dire pour quel organisme. Mais il y en a, il y en aura toujours, ou tu vives ou que tu sois. Il y a une cabine téléphonique, tu peux aller dans un grand magasin, demander à utiliser le téléphone, tu peux trouver un endroit où appeler, tu peux aller dans un Apple Store et et et créer un Skype, une conversation téléphonique, aller chatter en ligne avec un intervenant. Quelqu'un, il y a toujours une solution, toujours quelqu'un pour t'écouter et pour t'entendre et pour t'aider à devenir qui tu dois devenir et qui tu es. Pour devenir. Le coming out est un podcast original. Spotify imaginez, réalisé par Élise Goldfarb et Julia Layani, et produit par Spotify, la musique a été composée par blaze. On tient à remercier sincèrement toutes les personnes qui ont permis à ce podcast d'exister avec une mention spéciale pour Spotify, grâce à qui on a pu faire des dons à des associations qui luttent tous les jours. Entre la précarité dans la Communauté LGBTQYA plus pendant la création de cette saison a réalisé beaucoup de choses. Déjà qu'il est très compliqué en France de trouver des personnes trans et des femmes lesbiennes connues, qu'il est encore plus compliqué une fois qu'on les a trouvés, de les faire témoigner et qu'il est quasiment impossible de trouver des personnes trans et des femmes lesbiennes connues et non blanches. Il est clair que les mentalités doivent encore évoluer et on espère que ce podcast contribuera, à son échelle, à pousser un changement des représentations en France. Bisous.

Podcast Summary

Key Points:

  1. Introduction du podcast "Coming Out" soulignant l'importance des récits personnels pour éduquer et faire évoluer les mentalités sur les questions LGBTQ+.
  2. Témoignage de Xavier Dolan sur ses premières expériences et prises de conscience concernant son orientation sexuelle dès l'enfance.
  3. Rôle complexe de l'environnement familial et scolaire, entre ouverture d'esprit et pression à la conformité, dans son parcours d'acceptation.
  4. Difficultés et violences vécues en pensionnat, conduisant à l'intériorisation de l'homophobie et à des comportements d'intimidation par survie.
  5. Processus graduel et difficile du coming-out, initié par une confidence à une cousine de confiance.

Summary:

L'épisode s'ouvre sur une introduction au podcast "Coming Out", mettant en avant sa mission éducative et son souhait de rendre obsolète la nécessité du coming-out dans un monde idéal. La majeure partie de la transcription est consacrée au témoignage intime de Xavier Dolan. Il retrace l'éveil de son attirance pour les garçons dès l'âge de 4-5 ans, évoluant dans un environnement familial artistique et relativement ouvert, bien que parsemé de stéréotypes.

Son entrée en pensionnat marque un tournant, le confrontant à une culture masculine toxique, à la violence homophobe et à la puberté, période durant laquelle il comprend pleinement son homosexualité. Pour survivre dans ce milieu hostile, il adopte lui-même des comportements d'intimidation, un fait qui le hante encore. Son coming-out est un processus long et angoissé ; il fait sa première confidence à une cousine, utilisant des mots détournés par honte et peur.

Son récit illustre les conflits internes, la pression sociale et la lente marche vers l'acceptation de soi dans un contexte où l'identité reste un sujet de moquerie et de violence.

FAQs

L'objectif est de créer un monde où le coming-out ne serait plus nécessaire, en offrant des témoignages utiles pour ceux qui n'ont pas d'exemples dans leur entourage et en sensibilisant les proches.

Xavier Dolan a eu des expériences précoces dès l'âge de 4-5 ans, mais il a compris son attirance pour les hommes vers 11-12 ans, lors de la puberté.

Il a grandi dans un environnement artistique ouvert, avec une mère qui légitimait l'attirance entre hommes, mais il a aussi internalisé des doutes et vécu du déni jusqu'à l'adolescence.

Pour survivre dans un pensionnat macho et violent, il a intimidé d'autres garçons, ce qu'il regrette profondément aujourd'hui, cherchant même à s'excuser auprès d'une de ses victimes.

Il l'a dit à sa cousine Nicole par téléphone, avec des mots enfantins ('j'aime les filles, mais pas dans mes culottes'), car il éprouvait de la honte à prononcer directement le terme 'gay'.

Il a subi et participé à l'intimidation homophobe, vécu dans un climat de violence verbale et physique, et a dû cacher son orientation sexuelle pour se protéger, ce qui l'a conduit à changer d'école plusieurs fois.

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