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Violence sur nos écrans : la banalisation du mal | #PAUSE

37m 49s

Violence sur nos écrans : la banalisation du mal | #PAUSE

Le texte aborde l'évolution de la représentation de la violence dans les médias, soulignant comment des films comme "Orange Mécanique" et des séries comme "Game of Thrones" ont progressivement intégré la violence dans le divertissement. Il met en évidence l'impact de l'exposition répétée à la violence sur les réactions physiologiques et l'empathie, soulignant comment le corps s'habitue à ces images au fil du temps. De plus, il discute de la diffusion de la violence dans le monde réel à travers les plateformes numériques, où des vidéos brutales sont partagées sans filtre ni contexte, influençant les perceptions des individus, en particulier des jeunes, et brouillant la frontière entre fiction et réalité.

Transcription

5811 Words, 35469 Characters

Je regarde une série, soit sans intention particulière, comme on est beaucoup désormais à le faire, une journée fatiguante, l'esprit un peu en vrac, l'envie de se poser sans réfléchir. C'est devenu un geste automatique qu'on allume la télé ou un écran, on se l'esporté, rien exceptionnel donc. Et puis, une scène arrive, une scène violente, mais pas comme on les voyait autrefois. Malade droite suggérée, masquée par la technique. Là, tout est net, précis, pouvoir corrégraphier. Le corps d'une personne explose littéralement, filmer au ralenti avec une précision presque clinique. Une musique légère vient se poser par dessus, et la bande son guide, notre réaction, blanc cadre, est lui donne une couleur. De l'ultraviolance, certes, mais sur un bon son un peu en trainant, normal quoi. Je regarde tout ça, et je remarque un décalage, un décalage en moi. Une part de moi réagit encore, une petite crispation, une gêne, un rappel que cette image même fictive touche à l'endroit sensible, et en même temps, je sens que quelque chose d'autre s'était moussé, comme si je n'étais plus atteint la même manière qu'avant, comme si le choc avec lycée, amorti par des années d'images de plus en plus extrêmes. Et ça m'a laissé à un arrière goût étrange, pas à cause de la scène elle-même, mais parce que j'ai senti que mon regard avait changé, presque sans que le m'en rende compte, une sorte de fatigue moral, un recul de la sensibilité, quelque chose de discret, mais de bien réel, et je me suis demandé de vous savner. Comment on en est arrivé là? Et pourquoi cette violence qui aurait été insoutenable à 20 ou 30 ans, passe aujourd'hui comme un élément banal du divertissement? Alors j'ai voulu creuser, pas pour faire un procès au cinéma ou au série, pas pour jouer les alarmistes, mais pour comprendre ce glissement, cette saturation d'image extrême qui entoure désormais nos vies, est-ce que ça produit en nous individuellement et collectivement? Comment la violence est devenu si présente dans notre culture visuelle? Comment elle s'est transformée? Et comment parfois elle s'invite même dans notre quotidien sous des formes beaucoup plus réelles et beaucoup plus troublantes? Alors c'est un épisode un peu atypique, peut-être pas un sujet de préoccupation majeur, mais c'est un sujet qui, moi, me préoccupe depuis un moment maintenant, et je voulais en parler. C'est une exploration de notre rapport aux images, mais aussi de notre sensibilité, de la manière en t'elle évolue, donc elle se défend aussi, et donc elle se fatigue peut-être. Et c'est aussi une inflexion sur ce que tout ça raconte sur le monde dans lequel on vit et de sur notre capacité à le regarder sans être anesthésier. Voilà, je me suis dit qu'il y avait un truc intéressant à creuser, donc on va voir ça. Parce que ça avait dû la musée, parce que certains hommes refusent de se plier à toute logique, celle de l'argent compris, ils ont de peu ni les acheter, ni les persécuter, ni les résonner, ni négocier avec. Certains ne rêvent que de voir le monde brûler. Je n'ai plus rien à perdre, plus rien ne peut m'atteindre, ma vie n'est plus qu'une immense comédie. On va commencer par une bref analyse de la progression de la violence dans le cinéma et à la télé. Un premier tournant majeur arrive, je crois, au début des années 70, avec le film Orange Mechanique, de Stanley Kubrick. C'est un film qui choque profondément, non seulement parce qu'il montre des agressions frontales, mais surtout parce qu'il les met en scène comme une sorte de balet, violence stylisée, musique classique, chorégraphie, etc. Et c'est un scandale immense à l'époque. Plusieurs pays l'interdisent et il crée un débat massif sur l'effet des images violentes, sur la culture et sur les esprits. Et avec le recul qu'on a aujourd'hui, on réalise que cette breche ne va plus jamais vraiment se refermer. Parce que quand on regarde l'évolution de la culture visuelle sur un misiècle, on voit un glissement lent, continue presque mécanique, et on peut suivre ce glissement assez nettement. Dans les années 80, un film comme Robocop de Paul et Reven surprend par son niveau de brutalité pour un grand public. La scène où Murphy se s'est démembrée à coup de fusil, choc profondément, on en parle, on en débat, on s'interroge sur la limite. Et c'est un premier signal dont je me souviens en tout cas, et on peut aller plus loin. Voici l'extrait en question. Ça, c'est un premier signal, et on peut aller plus loin. Les années 90 amplifient ce mouvement, notamment avec quelqu'un, comme quand un Tarantino. Vazervoir Dogs pose cette fameuse scène de l'oreille coupée, alors que le bourreau danse autour de sa victime sur une musique folque. Et deux ans plus tard, Paul fiction, Paul Medoracan, un style, cette distance ironique. La violence n'est plus l'objet centrale, elle circule simplement dans le récit, presque familière, parfois absurdoire drôle. Et la stylisation devient une manière d'apprévoiser le choc, et le public suit, c'est un excellent film, ça marche, mais ça marque quelque chose. - Qu'est-ce que t'en dis? - Moi, vous savez, je n'ai aucune opinion. - Arrêtez, connons-y, t'en as forcément eu! - Dis-moi, est-ce que tu crois qu'on peut enfermer, que Dieu a intercep. - Oh, le conversant mes thèmes! - Qu'est-ce que t'es mérite? Oh putain, le quand j'ai buté, m'arrêtez! - Et pourquoi t'as fait ça? - Mais je sais pas, c'est un accident! Et puis, une autre forme apparaît, avec notamment Natural Born Killers, tu as ornée. On suit un couple de psychopates, qui s'aime la mort. Et la violence est permanente dans le film, presque gratuite, gratuite complètement. Et Oliver Stone, un réalisateur, montre que la violence est devenu un produit médiatique. Il la dénonce, et en même temps, il la montre. Et le scandale tient moins à ce qu'on voit, qu'est-ce qu'il dit, c'est-à-dire la représentation du meurtre, peut devenir un spectacle social. Le début des années 2000, pousse un cran plus loin encore. On a la vague, saut, hostel, ce qu'on appelle le torture porn, qui met la souffrance au centre du film. Donc, on est plus dans la suggérée, on est plus dans l'élipse, on expose crumant, on montre l'ongument. Et la violence n'est plus un moment du film, elle devient la structure. - Pourquoi vous êtes dans les égouts? - C'est la tempête qui m'entraînait ici. Elle m'emportait et tout le cirque avec. Mais ton bateau, il ne faut pas que tu me perds gentil. Allez, gentil. Et en parallèle, un autre registre s'installe. Des films comme Kikas, comme Deadpool, ou plus tard Kingsman, jouent avec l'exé comme on jouent avec un ressort comique. Et je pense notamment à cette scène de l'église dans Kingsman qui est un massacre filmé comme un clip musical et qui résume parfaitement cet étape. L'extrême devient un geste esthétique. On cherche pas à choquer, mais simplement à surprendre et à divertir. Et puis les séries, ensuite, prennent le relais et approfondit cette logique. Game of Thrones installe la violence dans la durée, dans la familiarité sur dizaines d'années, des capitations, violes, tortures, rien n'est jamais épargné et c'est l'ensemble de l'univers narratif qui devient violent. Et la violence n'est plus du tout un événement, c'est le climat de la série. Et plus tard, et aujourd'hui, on a une série comme de Boys qui pousse cette mécanique jusqu'au gros testque. On explose des corps comme on casseraient des bombons et l'exé devient un miroir. Si ça fonctionne comme divertissement, c'est que notre seuil a déjà définitivement changé. Et à partir de là, on a Squid Game. Un succès planétaire, une série, donc Netflix, qui mélange une esthétique enfantine avec une mise à mort permanente. Des couleurs pastelles, des musiques rassurantes, des formes géométriques familières, et tout contraste avec la cruauté du jeu. Et ce contraste marche et circulent massivement sur toutes les plateformes, notamment sur TikTok, découpé en petit fragment, en historie, en réel, imité, rejoué, transformé en défi. La violence devient une mécanique ludique détachée du contexte moral qui l'entourait, juste un spectacle. Et puis en parallèle, on a un phénomène économique qui s'impose et qui en dit long. L'horreur devient l'un des gens les plus rentables de l'histoire. En disant sa part au box office, ça te doublait. Elle représente aujourd'hui près de 10% des entrées en Amérique du Nord, simplement parce qu'un film d'horreur coûte peu et rapporte parfois de 10, 200 fois son budget. Et dans Hollywood, obsédé par le risque, c'est devenu une anomalie économique, un genre où la rentabilité est presque garantie, et donc on s'y engouffe. Et la conséquence, et logique, elle est mécanique, plus on en produit, plus il faut se distinguer, et plus il faut se distinguer, plus on cherche des idées fortes, des images inédites, et des mises en scène toujours plus marquées. Et ça donne des films, devenus totalement insouplables. Et enfin, on a un autre terrain, important, qui m'autitient en profondeur le rapport à la violence, celui des jeux vidéo. Avec des jeux au départ comme Doom, puis GTA, puis les fps compétitions modernes, comme l'incontournable Fortnite, un glissement apparaît. La violence n'est plus regardée, elle est exécutée, non pas pour être cru, mais parce que c'est la mécanique du jeu, traquée, visée, tirée, répétée. C'est pas comme un acte moral, c'est l'objectif, c'est un geste fonctionnel, on tue. On tue un répétition en masse, et des termes comme "headshot", "tire à la tête", "devienne", "langage courant". Donc ça ne dit pas de "diaboliser", mais simplement de constater qu'on ajoute une couche interactive à un paysage visuel déjà chargé. Et tout ça à mi-boutabou, ça raconte un mouvement assez simple. La violence n'a pas envahi nos récites d'un coup. Elle s'est transformée, qu'il t'a petit, elle s'est stylisée, elle s'est intégrée, parfois donc tournée en comique, parfois en satire, et parfois en simple motif visuel, esthétique. Elle est passée du statut d'événement exceptionnel à celui de matières ordinaires dans un paysage, donc saturée d'image. Voilà pour le petit topo historique, donc plus de violence. Et si je résume, je peux vous lire ce passage de la chanson "petit frère" d'IAM, issu de l'album l'école micro d'argent, un des albums que j'ai le plus écouté durant la jeunesse, et qui résumé, je crois pas mal de choses, dès 1997. Les journalistes font des modes, la violence à l'école existait déjà, de montant les raccettes, les bastons, les dégâts, les coups de bâtes, dans les parbrises, des tiers des instituteurs, en brouillent à coups de cuteur, mais en parler au journal, tous les soirs s'avient banales, ça s'imprime dans la routine, comme situation normale, et si petit frère veut faire parler de lui, il réitère ce qu'il a vu avant 8 heures et demi. Et voilà si donc quelques questions, histoire de re-boucler avec les problématiques classiques du podcast. Qu'est-ce que ce spectacle de la violence dit de la société? Qu'est-ce que ça fait à la société, et qu'est-ce que ça nous fait à nous, à nos corps et à nos esprits? Et on va commencer par cette dernière question. J'aimerais libérer ton esprit néo. Donc quand on se demande ce que ces images nous font, il faut quitter un instant les écrans et donc regarder du côté du corps. Alors j'ai pote assez quelques études, histoire de ne pas raconter complètement n'importe quoi, et notamment celle menée par Barbara Crayé, qui est professeur de psychologie sociale, de université, de Postam, elle est son équipe. Ce sont des travaux sur la décentibilisation à la violence médiatique. Le nombre d'études, c'est des sensitisations to the media violence. Est-ce que Barbara, et ses compères, donc, démontre, est assez simple et assez cohérent finalement, avec ce que n'importe qui peut ressentir presque intuitivement, de système nerveux à prendre. Quand on exposait une scène violente, même complètement fictive, notre corps réagit. Le cœur accélère, la peau, elle aussi réagit, transpire, et la respiration change. C'est un état de veille mécanique. Mais dans les expériences menées par Crayé et par d'autres chercheurs, on observe que plus les participants ont été exposés à la violence dans les médias au cours de leur vie, plus ces réactions physiologiques sont faibles. Elles ne sont pas nulles, mais juste plus basses. C'est comme si le système nerveux recallait son seuil d'alerte. Et on retrouve la même logique dans les travaux rassemblés dans une autre étude, celle de Anderson et Bushman, qui s'appelle "Media Violence and the General Accration Model", ou "General Accration Model", le "Gam", qui est un modèle de la ration générale, et qui est un modèle théorique, mais qui reste très ancré dans des mécanismes concrets. Ça décrit comment le cerveau encode au fil du temps des scripts d'interprétation. Autrement dit, le cerveau apprend à reconnaître plus vite certains schéma d'action, des gestes, des attitudes, des enjeux, parce qu'il les a vu souvent. Et là encore, il ne s'agit pas de dire que regarder un film violent change quelqu'un immédiatement. Et d'ailleurs, les études ne disent pas ça. Ce qu'elles montrent, c'est comment un certain type d'exposition façonne la manière dont le cerveau traite les situations, ce qui le repère en premier, ce qui lui semble familier et ce qui ne remarque plus de tout. Et dans plusieurs travaux autres, dont j'étudie nos, on observe aussi un changement du côté de l'empathie, mais de manière assez subtile. Quand les signaux de détresse, une grimace incrise, geste de douleur, apparaissent dans un contexte où la violence est très présente visuellement, ils sont traités plus lentement, et non par froideur ou par cynisme, mais parce que le cerveau, les classes différemment. Ils deviennent moins visibles, moins saillants, moins urgent, moins exceptionnels. Et beaucoup d'études convergent vers cette idée, donc d'un glissement du seuil sensible. Alors, c'est jamais un reversement brutal, donc, mais plutôt un empilement de microexpérience, un extrait violent sur une plateforme, une bagarre dans une série, une vidéo filmée au téléphone qui circule sur TikTok, Instagram, un moment intense vécu dans un jeu vidéo, aucune de ces images priseolément ne transforme quelqu'un. Mais c'est leur accumulation qui modifie la manière dont le système nerveux filtrise et rarchise réagit. Donc ce décalage que j'ai ressenti l'autre soir devant ma série, s'explique assez simplement. Quand un certain type d'image revient souvent, le corps a juste ses seuils. Et donc une scène objectivement violente déclenche une réaction un peu plus faible, pas par indichérence, mais donc par habitude. Donc ça, c'est un mécanisme connu, documenté. Qu'est-ce que ce mouvement d'habituation produit quand les images ne sont plus filtrées, plus misancènes ou contextualisés, mais brut, immédiatte, voire tirer du réel? Là, les chercheurs parlent parfois de trauma vicariant, pour décrire cette forme d'usure émotionnelle liée à la répétition de scènes de détresse qu'on ne vit pas soi-même. Et à l'échelle d'une société entière, certains utilisent l'expression de trauma culturelle, trauma culturelle pour désigner ce glissement collectif, donc quand les repères émotionnels s'éroadent sous l'effet de l'accumulation. Pas besoin d'en faire une pathologie, c'est plutôt une sensibilité qui change. Un autre point important de ton parler, c'est que ce ne sont plus les films ou la télévision qui façonnent les sensibles des sensibilités aujourd'hui, surtout chez les plus jeunes. Ce sont les plateformes, et donc c'est plus le même cadre, et c'est plus les mêmes limites, et ce territoire-là que je propose d'explorer un peu plus maintenant. Ces actes de tortures sont parfois filmées, des vidéos postées sur les réseaux sociaux pour humilier, faire des exemples, celle-ci a été retrouvée sur le portable d'un délinquant interpellé. Au sol, on y voit un jeune dit-leur du clan Yoda, accusé d'avoir volé 500 euros, il est battu, et ben assez de prendre une balle dans l'agent. La violence n'est plus simplement dans les films, dans les séries, dans les jeux. Elle est désormais, aussi, dans le monde réel. Elle a toujours été dans le monde réel, mais elle était pas aussi visible. Aujourd'hui, elle est captée par un téléphone, parce que tout le monde a un appareil photo sur soi, une petite caméra, donc elle est captée bien plus qu'avant, et puis elle est partagée. Elle est mise en ligne, elle est rejouée, elle est absorbée dans le flux quotidien des plateformes, mise à disposition. Et donc pendant longtemps, ces images circulées dans des endroits un peu en marge, au début d'internet. On avait des plateformes que beaucoup ne connaissait même pas, comme "ogrich", comme "live-lick" ou "best-gore". Et c'est des plateformes qui ont existé longtemps, presque dans l'ombre, comme des zones grises d'internet où on pouvait trouver, si on cherchait, des vidéos d'accidents réels, des vidéos d'agression, de guerre, de cartels, de l'incharge, d'exécution. Donc c'était une existence qui n'était pas totalement secrète, mais elle n'était pas bien référencée, c'était feutré et donc il fallait chercher. C'était un espace parallèle, en gros un peu interdit, un peu fascinant, mais vers lequel finalement beaucoup d'ado, on finit par se diriger dans lesquels ils sont tombés, par curiosité ou par défile. Et ce qui frappait, ce n'était pas seulement ce qu'on voyait, mais la manière dont on voyait. Brute, sans aucun montage, sans mise en scène, et donc sans distance esthétique. Des images directes, des corps réels, des crées réels, une temporalité réelle et aucune fiction, donc pour atténuer ça. Alors, c'est plateforme, donc la plupart d'entre elles, ces curiosités ont été fermées, depuis heureusement, ont été marginalisées, mais l'esprit de ces images, en fait, s'est répondu un peu ailleurs. Et aujourd'hui donc c'est plus sur l'avilique que on voit à ses scènes qu'elle se diffuse, c'est sur TikTok, parfois sur X, sur Telegram, sur les groupes Telegram, sur Discord, sur Snapchat. C'est des espaces donc ou de public et plus jeunes, plus large, plus vastes, et surtout des espaces sous la violence apparaient mélanger à tout le reste. Et c'est là un autre glissement important, il y a que les images violentes ne sont plus contenues dans des zones interdites, dans des zones séparées. Elle surgiste donc au milieu de d'autres contenus, soit sur un groupe WhatsApp, comme c'est chante soit sur les réseaux, entre un tutoriel de cuisine, un même, une danse, et puis soudain, on a une vidéo d'agression filmée dans la rue, un règlement de compte de cartel mexicain, un excussion de Daesh, un extrait de guerre, et on peut passer de l'un à l'autre en quelques secondes, sans transition, sans pré-avis, donc les images n'arrivent plus entourées d'avertissement, sans cadre, sans discussion, aucune contextualisation. Et beaucoup d'adôts parlent d'ailleurs de ces vidéos comme d'un test de résistance, un jeu. Certaines de ces vidéos sont regardées par défi, pour montrer qu'on fraîte on n'est pas facilement impressionnée, et j'ai dû passer moi des témoignages de jeunes qui expliquent que dans certains groupes discoursnes, regardaient une vidéo de cartel mexicain, en train de torturer quelqu'un, par exemple, c'était une façon de faire partie du groupe, une sorte de rythme d'entrée, la preuve qu'on ne flanche pas. Alors, c'est pas tout à fait nouveau, parce que dans toutes les cultures, les jeunes adultes étaient amenés à tester leur limite, puis on leur demandait de prouver, d'éprouver en tout cas leur courage, notamment en se confrontant aussi à des images ou à des situations violentes ou interdites. Mais émotionnellement, ce n'est pas neutre. Et une fois le plus ce que nous disent les études déjà évoquées, c'est que l'exposition répétait à la violence, affaiblit la réaction du corps, que ces images soient fictives ou réelles. Et le fait est qu'aujourd'hui la frontière entre fiction et réalité devenu flou. Elle n'a plus le même rôle protecteur. Elle n'est plus aussi clairement le corps à se préparer, à se mettre à distance et à se mobiliser. Et ce brouillage ne dit rien sur la jeunesse ou la moralité, ça dit quelque chose sur notre époque, où le monde réel est devenu inspectacle. Et c'est un brouillage qui vous la porte à encore une autre question. Qu'est-ce que cette exposition change dans la manière dont une société perçoit la violence? Non seulement individuellement mais collectivement. Et là la sociologie et la philosophie nous donnent quelques clés de compréhension, et j'en explore quelques-unes avec vous. Alors les sociologues et les philosophes nous disent depuis longtemps que la manière dont une société regarde la violence est un indicateur profonde son organisation. Et ce qu'on observe aujourd'hui, c'est un déplacement qui touche trois niveaux. Le corps, donc la forme et les quatre symboliques, on a commencé par le corps. Pendant des siècles, les sociétés occidentales ont travaillé à éloigner la violence de regard. Norbert Elias, donc écrivain et sociologaillement, fait partie de ceux qui ont décrit ce mouvement. La disparition des suples publics, la honte associée aux gestes brutaux, et la mise à distance du sang. Et Michel Foucault, qui lui aussi a travaillé sur ces sujets de son côté, montre comment l'Etat moderne a retiré la souffrance du champ public pour exercer la force de manière plus discrète, plus contrôlée et aussi moins risqué politiquement. Donc deux angles différents, mais une même tendance, notre soi sensible a été façonnée par une culture où le corps souffrant, devenait rare, voire tabou. Les recherches psychologiques que j'ai hoqué plutôt, donc, prolongent cette idée. Elles montent que notre système nerveux s'ajuste en fonction de ce qu'ils voient souvent. Donc le corps modifie ces cailles d'alerte pour s'adapter aux paysages visuels. Et donc dans des sociétés où on avait éloigné, la vue du sang, la vie de la violence, notre corps a été devenu assez sensible à la violence. Mais notre génération réagible, donc moins fortement, aujourd'hui, beaucoup moins fortement que celle de nos grands-parents, et donc il y en faut désormais beaucoup, il faut désormais beaucoup d'intensité pour nous choquer, vraiment. Deuxième mouvement, c'est la transformation de la forme. Et là, on peut mentionner Guy de Bohr qui parlait donc d'une société où tout passe par la mise en scène ou tout est spectacle. On peut aussi parler de Nail Postman, qui expliquait que le divertissement devient la forme dominante presque par défaut. Et ce n'est pas par légèreté, c'est parce que les systèmes médiatiques privilégés, ce qui circule vite, ce qui retient immédiatement, et on va développer. Donc dans cette logique, une image dramatique, ce n'est pas un événement, c'est un simple extrait, c'est un format, parfois même un gimmick ou un même, et l'important, c'est juste qu'on visionne rien d'autre. On peut aussi citer Ana Raine, qui évoquait la fatigue du jugement. Quand les événements graves s'enchaient trop vite, la pensée n'a plus le temps de s'installer. Et le flupermanent accélère encore ce phénomène, donc le tragique n'a pas disparu, mais la simplement plus le temps de venir signifier. Et le troisième mouvement, c'est le plus profond, c'est la disparition des médiations. René Gérard disait qu'une société ne peut supporter la violence que si elle la transforme, par des récits, des rituels, des discussions collectives ou des institutions capables de donner forme à ce qui autrement serait insoutenable. Que les autres phénomènes culturels le plus important des religions primitives et des sociétés primitives tout entières, car à mon avis, le religieux, les cultures ne font qu'un. C'est les interdits d'une part et de l'autre, c'est les sacrifices. C'est-à-dire ces choses étranges que nous ne comprenons plus, parce que de les acceptants plus, elles nous paraissent épouvantables, qui sont les meurtres collectives par une communauté entière de victimes qui sont considérées comme plus ou moins sacrées. Et la communauté se réunit autour de ces meurtres, qui ont une valeur apaisante, qui ont une valeur caristote, dit cathartique, purgative, parce que la tragédie n'est rien d'autre que la transformation s'émite à une histoire où la société tout entière, tu se t'individues et c'est la conclusion de la tragédie que la fin du héros qui est divinisée par sa mort collective d'une animie. Il n'y a pas de société sans sacrifice. Je vois des gens qui sourient, c'est risible à l'effet, mais n'est-ce pas plus risible encore qu'au bout de milliers d'années, nous ne s'achions pas, ce que le sacrifice veut dire. Et bien ma réponse, c'est que les hommes sacrifient les victimes tous ensemble, dans l'harmonie la plus pilleuse qu'ils soient, afin de chasser la violence. Le numérique renverse complètement cette architecture. Il ramène dans le regard des scènes que les sociétés, à des méthodiquement mises à distance, mais sans leur redonner le 4 symbolique qui permettait les absorber. Les images gelantes apparaissent, donc isolées, brutes dans des espaces privées, où elles ne sont ni accompagnées, ni discutées, ni intégrées dans un récit commun. Et souvent, il n'existe plus aucun endroit où on peut en parler, ni dans les familles, dans les écoles, ni dans les espaces publics qui permettaient avant de traiter la violence collectivement. Le problème, ce n'est pas tant que ces images existent, mais qu'elles circulent sans lieu ou être travaillées, interprétées, digérées ensemble, et donc ça donne une société qui ne traite plus, c'est névrosse, chacun se débrouille comme il peut. Et j'aurai quand même attardé sur le moteur de tout ça, tant on a dit deux mots, sur la logique qui soutant la diffusion de ces contenus, parce que comme presque toujours, il faut suivre l'argent, on va parler l'économie du choc. On va parler de choses importantes, poser ce café tout de suite. Il faut bien comprendre une chose, l'attention est devenue la ressource essentielle de l'économie médiatique, parce que l'attention, c'est de la donner, c'est de la datat, c'est de la pub vendue, c'est des abonnements détiqués, et donc c'est de l'argent. Et c'est sur ça que le repose internet, les jeux vidéo, la télé, le cinéma, et dans un système organisé autour de ce principe, tout ce qui accroche le regard, gagne instantanément en valeur. La violence fait partie de ces signaux qu'elle le serve au réagit immédiatement, comme un école lointain des réflexes plus anciens liés aux dangers. Un mouvement brusque, un cri, une menace perçue dans un condition visuel, et le système d'alerte interne se met en route avant même qu'on est compris ce qu'on regarde. Mais ce n'est pas de la tirance au sens moral du terme, c'est juste un vieux mécanisme de survie qui nous pousse instinctivement à fixer ce qui pourrait représenter un risque. Et les plateformes, les producteurs de contenu, n'ont pas cherché à encourager cet esthétique, mais ont simplement constaté qu'elle retenait davantage. Et dès qu'un type d'image fonctionne, elle algorithme en augmente la visibilité, c'est la dynamique de ces environnements, ce qui capte, se propage, et tout le reste découle de cette logique. Dans un contexte informationnel surchargé, chaque contenu doit trouver un moyen d'émerger. Les films et séries les vidéos courtent ajustent donc leur langage, scènent plus rapides, coupées, rythme plus tendues, intensité plus frontale, moment marquant, placé plutôt dans le récit. Il spectaculaire devient une façon de ne pas disparaître dans la masse. Donc dans cet écosystème où tout cherche à occuper une place dans l'esprit du spectateur, l'adulance devient un motif visuel reconnaissable, ça devient un langage commun utilisé pour attirer l'attention dans un environnement saturé. Donc c'est simplement une dynamique d'imitation et d'ajustement permanents, studio-créateur, plateforme, tous ces acteurs observent ce qui retient, s'adapte, et renforce les tendances visibles. Et donc peu à peu logiquement l'assure en cher s'installe par simple nécessité de survivre dans la compétition, et pour le public, ça crée un paysage où les imagulants deviennent cuentes. Et ça transforme, silencieusement, notre manière de réagir à ce qui nous entoure et ça alter notre perception de la gravité. Je me répète un peu, mais je pense que c'est important de comprendre les mécanismes. Après tout ce qu'on vient de parcourir, une chose paraît éclaire, les imagulantes ne sont pas seulement un phénomène culturel ou économique. Et on peut faire une petite parenthèse qui, par un nécessaire, les sociétés humaines sont globalement moins violentes qu'avant. Les homicides ont reculé sur plusieurs siècles, les guerres entre État sont plus rares, qu'au XXe siècle, la brutalité institutionnelle la pluie la même place, mais ce recul historique n'empêche pas une autre réalité, qui est que notre exposition quotidienne a des images violentes, n'a donc jamais été aussi forte. Et c'est cette exposition qui façonne la manière dont on perçoit la violence aujourd'hui. Et ce décalage entre violence réel et violence perçu est une donnée essentielle pour comprendre ce qui suit. En le voie d'abord dans la sensibilité publique, les émotions surgissent toujours, parfois très fortement, mais elles s'effacent plus vite. Le rythme du flux dépasse la capacité du regard à rester fixé. C'est la fatigue du jugement dont parlait arrête. Trop d'événements, trop graves, trop vite, trop proche les uns des autres, et le tragique perd sa densité. Et on perçoit aussi un important décalage générationnel. Des images qui bouleverse profondément certains adultes apparaissent chez beaucoup d'adolescents comme des simples fragments du quotidien, comme la normalité, parce qu'ils rendissent dans un paysage où l'extrême les plus rares, et où la frontière entre le chocon et le banal, est très fine. Et ce n'est pas pas indifférent, c'est parce que leur seuil sensible, donc c'est formé dans un monde au tout circule sur le même plan. Et dans certaines zones fragiles de la société, à cause de l'isolement de la précarité, de la présence de réseaux criminels, parce que glissement devient plus visible encore. Et donc on voit des adolescents très jeunes, impliqués dans des violences réelles, sans avoir parfois la moindre idée de la gravité de leurs actes. Certains vont jusqu'à tuer sur commande pour se payer des vacances à d'où barri ou en Thailand. « Je vais enchaîner les contrastes très gros, je vais les descendre, je vais remonter à ta n'âme, ça va tout bises, sur la vie de mon être, tu vas tue, jure, mon sens, sur la zone, tu vas t'aimplant. Et c'est pas la norme, soyons clair, mais c'est pas non plus totalement exceptionnel. Et on pourrait aussi évoquer, comme exemple, la prolifération des Ture et de masse aux États-Unis, chez les plus jeunes, la plupart du temps, sans aucune revendication particulière d'ailleurs. Donc les images ne créent pas à ces actes, mais elles modifient la distance émotionnelle avec l'extrême, et elles rendent certains gestes moins impensables, comme si la barrière intérieure s'était donc déplacée et voire éteinte. Et puis il y a un dernier mouvement, donc il faut qu'on parle plus d'ifus mais structurants. C'est que la violente devient parfois un code social, donc filmer une bagarre, diffuser une agration, rejouer un geste vue ailleurs, pas pour célébrer la brutalité, mais pour exister dans une économie de la visibilité où toutes et signe signales preuves. L'image violente devient un moyen de se montrer, un moyen de compter, de marquer le territoire symbolique. Donc à ce stade, on est plus devant un simple phénomène d'imagerie, on efface à une transformation du tissu social, un monde où le tragique se dilue, où la sensibilité suse, où les médiations collectives disparaissent et où chacun affrontent seules donc des images qui, autrefois, étaient traités en groupe et qui structurerait la société. Alors, qu'est-ce qu'on fait de tout ça? Comme en vive dans ce paysage, sans perdre la capacité de sentir. Voilà première question. Il n'y a pas de solution, systémique simple, serait trop facile. Les plateformes fileront toujours un parfaitement, les algorithmes continueront de privilégier ce qui retient la tension et les images, une fois qu'elles existent, trouvent toujours un passage. Mais on peut agir sur trois plans, je crois. D'abord, remettre du cadre là où il n'y en a plus. Comme on l'a dit pendant longtemps, les images de lente étaient entourées par des discussions, des institutions, des médiations, etc., et aujourd'hui les arrivent isolés et fragmentés. Donc, prendre le temps d'en parler, même brièvement, redonne de la place, redonne de l'air. Ça transforme l'image brut en expérience partagée, ce qui darant a priori moins corrosive. Ensuite, autant que possible protéger les plus jeunes, pas forcément à un interdisant tout, parce que c'est compliqué et souvent contre productif, au moins partir d'un certain âge, mais en essayant d'accompagner, en expliquant ce qui relève de la fiction, ce qui relève du réel, en posant des limites sur ce qui est vu, quand et avec qui. Et en gardant un œil sur les espaces numériques, où il circule, ce qui est la base, c'est la protection, c'est pas du contrôle, parce qu'ils voient parfois des choses qui n'ont tout simplement pas les outils pour interpréter seul, et ça peut leur faire du mal. Et puis il y a un geste individuel discret, mais je crois important, qui consiste à choisir ce qu'on l'est centré pour soi. Donc là, on peut décider de ralentir, on peut décider des cartes certaines vidéos, de ne pas cliquer, même quand c'est en temps, de préférer des récits qui élargissent plutôt qu'il n'abrutissent, et c'est une hygiène mentale, d'une manière de garder de la place pour ce qui compte vraiment. Et personnellement, par exemple, j'ai décidé depuis longtemps de ne pas regarder de films d'horreur, et de ne pas cliquer sur des vidéos d'agression, de guerre, au simplement des vidéos de chute, violente, à vélo, en skate, en parcours, etc. Et j'ai simulé que je consomme suffisamment d'informations anxiogène au quotidien, et ce qui n'est déjà pas un odeint, d'ailleurs, sur ma santé mentale, j'ai pas envie que mon seuil, mon seuil sensible se déplaça encore. Et si j'ai mis quelques extraits de fiction dans cet épisode, c'est extrait violent, c'est pour poser un directement une question simple, où on est votre sensibilité. Et si ces images, ils vont regarder sur Youtube, ne font plus rien, plus rien du tout, alors oui, il y a peut-être un sujet. Pour tous ces gestes, évidemment ne résolge pas tout, mais il rétablit simplement un rapport plus actif aux images, et il permet de conserver une sensibilité qui s'y nous susse dans la vitesse et dans la répétition sans qu'on se rende compte. Parce qu'au fond tout l'enjeu, il est là. C'est préserver la capacité d'être touchée et préserver une finie de notre capacité d'empathie, parce que qu'on pleure rien nous atteint, pourquoi agir? Nos émotions sont des boussoles fragiles, et les protégés, les entretenirs, ce n'est pas de la naïveté, ce n'est pas de la sensibilé, c'est une forme de lucidité. Et dans un monde saturé d'image, saturé de signaux, le véritable acte de résistance et des peut-être en partie, là. Garder un regard vivant, sensible, disponible à ce qui compte. Préserver notre capacité d'attention pour pouvoir faire attention à ce qu'elle de la valeur. La vie humaine étant qu'on y est, la vie tout court. Vous laissez la tuer et prenez soin nous. [Musique]

Podcast Summary

Key Points:

  1. Évolution de la représentation de la violence dans les médias au fil du temps.
  2. Impact de l'exposition répétée à la violence sur les réactions physiologiques et l'empathie.
  3. Diffusion de la violence dans le monde réel à travers les plateformes numériques.

Summary:

Le texte aborde l'évolution de la représentation de la violence dans les médias, soulignant comment des films comme "Orange Mécanique" et des séries comme "Game of Thrones" ont progressivement intégré la violence dans le divertissement. Il met en évidence l'impact de l'exposition répétée à la violence sur les réactions physiologiques et l'empathie, soulignant comment le corps s'habitue à ces images au fil du temps. De plus, il discute de la diffusion de la violence dans le monde réel à travers les plateformes numériques, où des vidéos brutales sont partagées sans filtre ni contexte, influençant les perceptions des individus, en particulier des jeunes, et brouillant la frontière entre fiction et réalité.

FAQs

L'exposition répétée à la violence affaiblit nos réactions physiologiques, habituant notre corps à ces images, qu'elles soient fictives ou réelles.

La violence a évolué pour devenir ordinaire, stylisée, parfois comique ou satirique, devenant un élément banal du divertissement au fil des décennies.

Les plateformes numériques diffusent la violence de manière désinhibée, la mêlant à d'autres contenus sans avertissement ni contextualisation, pouvant influencer les jeunes publics.

Le 'trauma vicariant' décrit une usure émotionnelle due à la répétition de scènes de détresse, même si elles ne sont pas vécues directement, pouvant altérer la sensibilité émotionnelle de manière collective.

Les jeux vidéo impliquent l'exécution de violences de manière répétée et fonctionnelle, habituant les joueurs à des gestes violents de façon interactive et répétitive.

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