Speaker 1J'ai envie de commencer cet épisode par une image que tu connais peut-être très bien. T'es à ton bureau, dans ton canapé ou encore dans ta voiture après avoir déposé tes enfants et tu réfléchis. Tu réfléchis à ton positionnement, tu réfléchis aux offres que tu veux lancer depuis des mois, la direction que tu veux donner à ton activité. Tu tournes les questions un petit peu dans tous les sens, soit tu fais des listes dans l'application notes de ton téléphone, soit tu l'ouvres et tu n'écris rien en te disant que tu le feras quand t'auras les idées un petit peu plus claires. Quand t'auras les idées plus claires, tu te lanceras. Le problème, c'est que quand j'aurai les idées un peu plus claires, ça ressemble à quand j'aurai le temps ou quand ce sera le bon moment. Et ça, c'est une phrase qui se déplace à mesure que tu avances alors que la clarté, elle, elle reste exactement là où elle était. Tu la places dans le futur et surtout hors de portée d'atteinte. Bienvenue sur Build Yourself, moi c'est Safia et aujourd'hui j'ai envie de te parler d'un truc que j'aurais aimé comprendre bien plus tôt dans mon activité qui est le fait que la clarté ne vient pas en réfléchissant plus. Ce que j'ai de partagé dans cet épisode, c'est à la fois un changement de perspective, mais aussi une façon hyper concrète de débloquer des situations dans lesquelles tu tournes peut-être en rond depuis des semaines, voire des mois. On va voir trois points, des exemples tirés de ma propre expérience et à la fin, il y aura une petite chose que tu pourras faire dès aujourd'hui. Allez, on démarre. La première chose que j'ai envie de nommer, c'est cette fausse idée sur laquelle beaucoup d'entre nous se basent sans s'en rendre compte. Cette idée, c'est que la clarté vient avant l'action. Je dois d'abord savoir ce que je veux, où je vais, quelle est ma vision, quel est mon positionnement précis. Et ensuite, ce que je veux. Et finalement, je passerai à l'action. Ce schéma, il paraît hyper logique et c'est principalement pour ça qu'on a du mal à le remettre en question. Et je pense aussi qu'il a été renforcé par des années de scolarité où on nous a appris à réfléchir avant d'écrire. On nous a appris à planifier avant d'agir et à savoir avant de faire. Et en vrai, on a aussi dans tous les exercices de développement personnel qu'on a pu faire, ces petites phrases qui nous disent de planifier notre vision à 10 ans, de planifier les choses à 5 ans, où est-ce qu'on se voit, d'identifier quelles sont nos valeurs profondes. Et on a aussi des choses à faire avant de se lancer. Tous ces conseils business aussi, peut-être que j'en fais partie, où on te dit que tu dois avoir une base solide avant de te lancer dans quoi que ce soit. Il te faut un cadre qui soit stratégique. Il faut savoir exactement où tu vas. Et je ne dis pas que tout ça, c'est faux. Bien sûr que non. Je dis juste que pour beaucoup d'entrepreneurs, ce schéma-là et le fait de s'imposer une certaine structure ou d'avoir en quelque sorte un plan, même s'il est incertain, ça les enferme dans un piège. Parce que réfléchir, pour certaines personnes, ça peut très vite devenir une méthode de développement. Ça peut très vite devenir une méthode de procrastination. Ça peut très vite devenir une façon d'éviter de décider. Parce que décider, ça veut dire prendre position. Et prendre position, ça veut aussi dire faire des choix, exclure certaines options. Et quand tu exclues certaines options, évidemment, tu prends un risque. Et le risque, c'est potentiellement le fait de se tromper ou de se manger un mur. Donc, on a tendance à réfléchir encore et encore. On va consommer du contenu partout sur Internet. On va écouter des podcasts. On va participer à des masterclass, à des webinaires. Non pas parce qu'on manque d'informations. La plupart du temps, quand on écoute ces choses-là, on se dit : « Je le savais déjà. » Mais parce qu'à chaque fois, chaque nouvel événement, chaque nouveau contenu et chaque nouvelle ressource nous donne l'impression qu'on avance sans avoir à décider quoi que ce soit. Puisque les gens nous disent quoi faire sur Internet. J'ai fait ça pendant des mois entiers quand je me suis lancée. J'ai passé des mois à consommer du contenu sur Internet. J'ai passé des mois à noter. Avant, j'avais un cahier parce que je suis peut-être préhistorique. Mais j'avais un cahier dans lequel je prenais des notes sur tous les lives, toutes les masterclass que je voyais. Je stockais plein d'idées dans des applications, dans des notes de mon téléphone qu'ensuite je perdais et que je ne relisais absolument jamais. J'ai passé des mois à me dire que quand ma vision serait suffisamment claire, en fait, là, je saurais quoi faire. Et pendant ce temps-là, rien ne changeait. J'ai fini par comprendre un truc, alors assez tardivement. J'aurais pu le comprendre bien avant. Et je trouve que je l'ai aussi compris un petit peu à la dure. C'est que la clarté ne précède pas l'action, elle en découle. C'est un petit peu contre-intuitif, encore une fois, par rapport à notre façon de faire depuis qu'on est enfant. Ça va à l'encontre de tout ce qu'on nous a appris. Et si tu repenses vraiment au moment où, toi, tu t'es senti au clair dans ton activité, je parie que cette clarté-là, elle est venue quand tu étais en train de faire des trucs et pas avant. C'est quand tu as testé différentes choses, quand tu as lancé des offres, que tu as eu plus de clarté peut-être sur ce que tu ne voulais pas faire, sur ce que tu aimes chez toi. Tu as lancé des offres imparfaites. Tu as vu ce qui marchait vraiment pour ton audience. Pour tes clientes. Tu as posté du contenu un petit peu sans réfléchir comme ça et au feeling. Et c'est celui qui a déclenché le plus de conversations. Tu as eu des clients hyper difficiles. Et ça t'a permis de réaliser qu'il y a certaines offres ou certains types de profils à qui tu ne voulais pas parler, avec qui tu ne voulais pas travailler. Et la clarté, dans ces moments-là, elle ne venait pas de différentes heures de réflexion, de tout le contenu que tu avais noté, que tu avais mis de côté. Elle venait d'un retour réel et d'une situation concrète, d'une expérience que toi, tu as vécue. Je me souviens qu'au début où je me suis lancée, j'avais beaucoup de mal à travailler mon positionnement. En fait, j'avais, voilà, comme je te dis, j'écrivais dans des cahiers. J'avais des cahiers qui étaient remplis de toutes mes réflexions, de tableaux, de différents schémas. Et en fait, plus je réfléchissais à mon positionnement, plus je trouvais que tout avait l'air bien, que tout me paraissait valide et que, en fait, je pouvais m'adresser à tel type de personnes, mais je pouvais aussi quand même parler à ce profil-là, que j'avais des compétences pour aider plein de gens et des gens de directions différentes. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que j'ai fini dans un brouillard, en fait. J'étais dans une espèce de flou dans lequel je n'arrivais pas à m'en sortir. Ce qui a changé les choses pour moi, ce n'est pas arrivé grâce à une révélation. Alors, je n'étais pas un jour devant mon ordi, devant toutes mes notes et je me suis dit : « Eureka! J'ai mon moment épiphanie! » Pas du tout. En fait, j'ai décidé de lancer une offre, voilà. J'ai pensé à une personne, à une problématique. Je savais ce qui se passait pour elle et je me suis dit : « Bon, je vais lancer une offre pour ces gens-là. » Et les premières personnes qui ont acheté cette offre m'ont dit exactement ce qui les avait décidé à se lancer avec moi. Et ces mots-là, les retours que j'ai eus, je ne les aurais jamais trouvés grâce à toutes les notes que j'avais dans mes petits cahiers, grâce à tous les petits tableaux que j'avais faits. Ce sont des retours que je n'aurais jamais pu avoir si je ne m'étais pas lancée en amont et je n'avais pas sauté le pas. Ce qu'il faut que tu comprennes, je pense, c'est que la clarté, elle vient de deux choses. D'abord, de la contrainte. La contrainte, c'est ce qui force une décision. Et une décision, même quand elle est imparfaite, elle va créer mille fois plus de clarté que dix heures de réflexion et de notes sur un sujet. On va prendre un exemple. Là, tu es, je ne sais pas, un espèce de boulevard, tu es sur l'autoroute, c'est une autoroute qui est un petit peu bizarre, où tu as le choix entre dix directions possibles. Tu peux, toi, vivre dans l'illusion que toutes ces directions sont équivalentes, qu'elles sont toutes potentiellement bonnes, et que tu peux encore attendre avant de faire un choix. Dès que tu poses une contrainte et que tu te dis, par exemple, « Sur les trois prochains mois, je travaille uniquement sur cette offre », en fait, tu te fermes des portes, tu te fermes des sorties d'autoroute. On est d'accord. Et ce qu'il faut que tu te dises, c'est que fermer ces portes, c'est totalement libérateur pour toi. C'est ce qui va t'aider à faire que ton énergie va se concentrer sur quelque chose de réel plutôt que se disperser sur tout ce qui pourrait exister. Quand tu as dix sorties d'autoroute devant toi, qui ont toutes l'air potentiellement bonnes, en fait, tu ne vas pas agir, parce que c'est trop dur de choisir. Alors que quand tu commences à en éliminer quelques-unes et que tu te dis : « Allez, là, je suis dans ma petite voiture. Pour les trois prochains mois, je vais prendre la sortie numéro trois et je vais me concentrer là-dessus. » En fait, tout ce qu'il y a autour, ça commence à disparaître petit à petit. Si c'est des choses qui t'intéressent et que tu as envie de traiter malgré tout, tu les mets juste de côté. Tu vas le faire. Tu vas mener à bien ces différents projets, mais en temps et en heure, parce qu'on ne peut pas tout faire en même temps. Comme toi, tu as pris la sortie numéro trois, tu te concentres sur cette sortie numéro trois et juste sur celle-là. Une fois que tu aurais fini avec ça, au bout de quelques mois, dans ce cas-là, tu pourras décider que tu vas prendre la sortie numéro six parce qu'elle te paraissait aussi bien et qu'elle t'appelle. Et tu pourras aller juste la sortie numéro six. La contrainte, ça peut être temporaire. Le choix, c'est temporaire. Ça peut être une ressource. Ça peut aussi venir de l'extérieur, d'une date de lancement que tu t'es fixée, d'un engagement aussi que tu as pris publiquement. C'est un mot difficile à dire, publiquement. Peu importe. Ce qui importe, c'est que la contrainte, c'est ce qui va t'obliger à choisir. Et la deuxième chose dont découle la clarté, en plus de la contrainte, c'est un cadre. Et là, attention, on va faire la distinction entre un cadre et un plan. Quand tu as un plan, ça suppose que tu sais déjà où tu vas. Quand tu penses à un GPS, tu mets l'adresse, lui, il te donne le plan pour arriver jusqu'à tel endroit. On est d'accord. Il te demande une clarté que toi, tu n'as pas encore. Tu peux juste suivre les étapes pour arriver là où tu veux aller. On est OK. Alors qu'un cadre, c'est une structure dans laquelle tu peux avancer même si tu ne sais pas encore quelle est la ligne d'arrivée, même si tu ne connais pas les étapes. Tu ne sais pas qu'il faut tourner à tel endroit, il faut prendre telle sortie, qu'au rond-point, il faut prendre la sortie toute à gauche. Tu ne le sais pas encore. Mais tu as ton cadre. Tu as une direction, mais tu n'as pas de destination parfaite. Et ça, c'est correct aussi. Par exemple, tu peux te dire : "Moi, ce que je veux, c'est créer du contenu pour toutes les entrepreneurs qui actuellement facturent autant de travail passé." Ce n'est pas parfait. C'est encore un petit peu large. Même si, en vérité, c'est plutôt niché, mais on pourrait se concentrer sur un profil en particulier. Mais ça reste un cadre, en fait. Et ça reste suffisant pour se lancer. Ça reste suffisant parce que ça va évoluer, tout simplement. Même si aujourd'hui, ce n'est pas parfait et que je pourrais faire mieux, ça me permet de décider. Quand je vais créer du contenu aujourd'hui, est-ce que le contenu que j'ai envie de poster, il entre dans ce cadre-là que moi, j'ai défini? Si la réponse est oui, parfait. Sinon, dans ce cas-là, il faut que je retravaille un petit peu ce que j'avais prévu. Est-ce que cette offre-là que j'ai envie de lancer, elle entre dans ce cadre que j'ai défini? C'est une question importante. Ces questions-là, elles ont toutes une réponse. Encore une fois, même si la réponse est imparfaite, il y a une réponse et surtout, il y a une structure à poser. Quand tu n'as pas de cadre, chaque décision que tu vas prendre part de zéro. Et quand tu repars de zéro à chaque fois, honnêtement, il n'y a pas meilleure façon de s'épuiser. Et c'est une des raisons, je pense, pour lesquelles l'absence de structure L'épuisement, ça va souvent ensemble chez les entrepreneurs qui décident d'avancer tout seul et d'y aller un petit peu à tâton. Si tu te reconnais aujourd'hui dans ce que je t'ai décrit, c'est-à-dire que si tu as le sentiment de réfléchir énormément sans vraiment avancer, j'ai quelque chose, j'ai une petite tâche hyper simple que tu vas pouvoir faire aujourd'hui. Tu vas prendre le sujet pour lequel tu tournes le plus en rond en ce moment. Que ce soit ton positionnement, ton offre, une stratégie de contenu, vraiment peu importe, on s'en fiche, mais tu vas te poser une seule et unique question. Quelle est la décision la plus petite possible que je pourrais prendre aujourd'hui sur ce truc-là, sur ce sujet, sur cette problématique? Encore une fois, on n'est ni sur une décision parfaite, ni sur une décision définitive. On est sur une décision qui te coûte le moins et qui crée le minimum de mouvement, de momentum. Donc ça peut être, par exemple, de choisir un format de contenu pour les quatre prochaines semaines. Ça peut être d'envoyer un message à trois personnes pour tester ta nouvelle idée d'offre. Ça peut être le fait de rédiger une phrase qui décrit à qui tu t'adresses, même si elle n'est pas parfaite. Parce que cette décision que tu vas prendre, elle va créer de l'information. Et l'information, c'est ça qui va t'aider à avoir plus de clarté dans ce que tu fais. Crois-moi, le cerveau humain, il est très bien fait. Pour justifier l'inaction, il va toujours trouver une bonne raison d'attendre encore un petit peu, d'avoir un peu plus d'infos, de peaufiner encore un peu, etc. Et ce mécanisme-là, dans lequel tu te reconnais peut-être, c'est pas un défaut de caractère. Attention, c'est une protection contre le risque. Quand tu fais ça, tu te protèges parce que. L'inconnu, ça fait peur et qu'on a la possibilité de se tromper ou de faire un flop. Mais dans l'entrepreneuriat, se tromper et faire des flops, c'est indispensable. Si tu n'en fais pas, ça veut dire que tu es en train de stagner, que tu ne vas pas au bout de ton potentiel, que tu ne te testes pas suffisamment. Et si tu ne te testes pas, si tu ne tentes pas des choses, tu vas rester dans la même situation pendant des mois, voire pendant des années. La seule façon de contourner cette situation dans laquelle tu te sens et tu te reconnais, c'est de prendre une décision. Petite, imparfaite, pas définitive. Mais de sortir ta tête de la réflexion et de commencer à faire les choses. Si je devais résumer ce qu'on s'est dit aujourd'hui. D'abord, c'est que la clarté ne vient pas de la réflexion. Je pense que tu l'as compris. Elle vient de l'action et plus précisément, elle vient du retour que l'action va produire. De ce que la vie réelle va te renvoyer quand toi, tu vas décider de te positionner, quand tu vas décider de proposer des choses. Quand tu vas juste décider, tout simplement. Quand tu vas décider, ça va impliquer de faire un choix et donc de te mettre quelques contraintes. La contrainte, ça va te forcer. Tu vas te forcer à prendre des décisions et le cadre, ça va te donner une direction suffisante pour que tu puisses faire quelque chose dès aujourd'hui. Si cet épisode t'a aidé à y voir plus clair sur ta situation, je t'invite à le partager à une personne qui pourrait être en train de radoter un petit peu de son côté et chercher sa direction. C'est souvent les épisodes les plus simples qui résonnent le plus pour quelqu'un qu'on connaît. Donc, n'hésite pas à partager ça. Et si tu as envie qu'on travaille ensemble de façon structurée, j'ai quelques ressources dans les notes de cet épisode qui vont pouvoir t'aider à construire un cadre dont tu as besoin, en tout cas autour de ton activité. on se dit à très vite pour un nouvel épisode salut