Jean-Philippe Toussin, auteur des éditions de Minuit, présente son nouveau roman *La Clé USB*, troisième volet d’un cycle centré sur le personnage de Jean-Détrès, chercheur européen plongé dans un réseau de corruption financière à Bruxelles. Ce roman, hybride entre espionnage, histoire d’amour et deuil, marque une évolution de son écriture, en s’inscrivant dans une méthode de variation littéraire où chaque ouvrage est autonome mais relié par des échos narratifs. Inspiré par la mort de son père et son attachement à Bruxelles, le roman explore des thèmes profonds, comme le deuil et le manque, en laissant au lecteur une place active dans l’interprétation grâce à des éléments narratifs non résolus. Toussin souligne que ce type de narration, où le lecteur complète le récit, est au cœur de la richesse littéraire. Il explique aussi que son style, visuel et rythmé, s’inspire du rêve, avec des descriptions précises des lieux, de la lumière et des atmosphères, tout en gardant un équilibre entre tension, humour et émotions. Il invite les lecteurs à découvrir un film peu connu de Pasolini, *L’Arricote*, qui mêle le sacré et le profane, en tant que véritable pépite culturelle. Toussin, qui a commencé par le cinéma, maintient une écriture visuelle et sensible, où le lecteur est un partenaire actif, ce qui donne à ses œuvres une profondeur émotionnelle et une dimension universelle.
France culture, les milliers de cultures, Natachatrio.
Pour la rentrée littéraire, Jean-Philippe Toussin frappe un coup de double,
un nouveau roman aux éditions de minuit.
La Montice, qui est le troisième volet du cycle d'étrès ouvert,
ont 2019 avec la clé USB-K, réédité aujourd'hui.
En éco, le romancier est notre invité du jour.
Il est l'un des auteurs fards des éditions de minuit avec 23 ouvrages
par une en cette même maison.
Il revient avec le personnage de Jean-Détrès,
chercheur en prospective à la Commission européenne,
qui est plongée dans les autres rubles d'un réseau de corruption
et de criminalité financière au cœur des institutions bruxxéloises.
La rentise est un roman hybride, qui bruit des gens.
Vraiment, au trilleur d'espionnage, récit de deuil et histoire d'amour,
Jean-Philippe Toussin et de ceux qui aiment jouer avec leur lecteur.
-Bonjour, Jean-Philippe Toussin. -Bonjour.
Merci d'avoir accepté notre invitation d'être là avec nous.
Vous nous avez régalé avec Ravana Stromb, votre mot préféré.
Ça ne nous a pas échappé, c'est aussi un mot de Samuel Beckett,
avec qui vous partagez la même édition de minuit en maison de cœur.
Cette maison d'édition, les éditions de minuit,
c'est une très longue histoire d'amour. Vous comprenez pourquoi?
-Bien sûr, si je pense que ça a été un des moments les plus forts de ma vie d'écrivains
et je pourrais dire de ma vie, le jour où Jérôme Lindon,
le directeur des éditions de minuit, a eu envie de publier mon premier roman la salle de bain.
J'étais à très grande admirateur de Samuel Beckett
et que l'éditeur d'une nouveau roman,
l'éditeur de Marguerite du Ras, de Plotsimon, de Beckett, de Rotgrier,
et eu envie de publier mon roman, c'était la consécration déjà à 27 ans.
J'étais déjà comblée avant même que ça commence et Jérôme Lindon
a rempli son rôle extraordinairement bien de passeurs.
Il a réussi à faire connaître le premier roman d'un connu.
-Vous avez fait 27 ans à ce moment-là,
c'est votre premier roman publié aux éditions de minuit, la salle de bain en 1985.
Mais plus jeune, vous passez plus de temps.
-Vous votre vie étudiant, vous la passiez essentiellement la cinématique.
Au livre, vous avez longtemps préféré les films.
-C'est vrai, j'ai mis du temps,
mais en fait, à mesure que le temps passe,
j'ai commencé à prendre au goût de plus en plus à la littérature.
Et plus le temps passe, plus j'aime la littérature.
Mais c'est vrai qu'au départ, j'étais plutôt attirée par le cinéma.
Je fais des études qui n'avaient rien à voir.
Je fais science-poe à Paris.
J'allais beaucoup au cinéma, j'ai envie de faire des films.
Et au tout début, c'est l'électeur d'un livre de François Truffaut.
C'est le film de ma vie qui conseillait aux jeunes gens
qui avaient envie de faire du cinéma,
mais qui ne trouvaient pas un producteur immédiatement,
ce qui peut se comprendre, de commencer par écrire.
Et voilà, c'est ce que j'ai fait du jour au lendemain.
J'ai écrit un premier roman.
Alors, j'ai passé du temps.
Évidemment, ce n'est pas de décrire.
Après, il faut le retravailler et le retravailler encore.
Et le retravailler encore.
Et bon, il y a un jour l'envoyer.
Il a été refusé partout et un jour,
j'ai remuladé la découverte et c'est comme ça que ça a commencé pour moi.
Vous dites que ce n'était pas une vocation,
et pour ce roman,
vous recevez le prix littéraire de la vocation.
C'est coquasse quand même.
C'est coquasse, c'est vrai.
Il y avait aussi une sorte de réaction par rapport à mes parents
qui étaient vraiment, qui baignaient dans les livres.
Si je puis dire, mon père était journaliste, ma mère libraire.
Il y avait des livres à la maison partout.
C'est normal qu'en réaction, je préfère aller au cinéma.
La salle de banques, votre premier livre publie,
on vous connaît qu'il y a eu tout de suite une reconnaissance littéraire immédiate.
Puis on vous connaît aussi beaucoup pour le cycle de Marie,
en 2002, avec faire l'amour.
Vous entamez ce cycle, c'est une série de romans qui sera suivie de fuir,
primé d'ici du roman français, la vérité sur Marie, et nu, en 2013.
Et là, on y suit une relation amoureuse tumultueuse.
Ça aussi, c'est un tournant de votre écriture, l'ouverture de ce cycle.
Bien sûr, il y avait aussi ce choix qui était important
de décider de faire du personnage principal une heroine, une femme Marie.
Et en fait, dans ce coup, dans cette relation,
peut-être moi-même, dans ma vie privée, je connais plutôt le point de vue masculin,
le point de vue de l'homme, mais j'ai pensé que, pour le livre,
c'était plus intéressant de faire de les heroines, le personnage principal, c'est Marie.
C'est la créatrice de mode.
Le narrateur, lui, il a la parole, quand même, c'est lui qui parle.
Donc, ça crée un équilibre. Si ça avait été. le narrateur avait été à la fois un narrateur et aussi d'artiste,
il y aurait eu un déséquilibre dans cette balance.
Et je pense que c'est un peu infantase pour tous les écrivains
de créer un personnage féminin.
Et c'est vrai que j'ai vécu, si je peux dire, avec Marie, avec ce personnage, pendant 13 ans.
Et c'était vraiment une très belle entreprise.
Au départ, au tout début, je n'avais pas prémidité de faire un cycle romanesque.
J'ai écrit d'abord ce roman "Faire l'amour" et après, je me suis dit,
"Mais pourquoi pas faire s'y signer une suite un prolongement?"
Et j'ai commencé par acrer un deuxième livre qui se passait chronologiquement avant "Faire l'amour".
Mais ça me permettait, finalement, de développer,
de faire une sorte de chambre d'écos.
Tous ces livres se répondent.
Et j'ai écrit, vers chaque fois, un livre autonome,
mais en même temps, chacun de ces livres avait un écho avec les trois autres.
Je vous faire venir comme ça sur vos précédents vrais,
parce que ça me semble important pour comprendre cette objet littéraire
qui est la montize.
Là, on évoque le cycle de Marie.
Nouvelle chambre d'écos que vous avez ouvert en 2019,
c'est la clé USB.
Là, vous ouvrez le cycle des 13.
Des 13.
C'est d'ailleurs assez ton nom.
Les coques ça fait avec votre personnage principal.
Jean des 13, ce cycle au départ.
Pourquoi vous voulez écrire cette série
qui n'a plus rien à voir avec le cycle de Marie?
Je pense que c'est assez autobiographique.
C'est lié à ma vie.
Je pense que c'est lié à la mort de mon père en 2013.
Je me suis rendu compte que un peu après la mort de mon père,
jusqu'à présent,
je n'avais jamais écrit sur Bruxelles.
Et Bruxelles est ma ville.
C'est la ville de mon enfant.
C'est la ville où je vis maintenant,
de nouveau, au moins 20 ans.
Et jamais, Bruxelles n'était apparu dans mes dives.
Je pense que c'est. Je considérais que Bruxelles était un peu le territoire de mon père.
Et qu'à un moment, à sa mort,
il fallait que je m'appropriie ce territoire.
C'est un hommage aussi une certaine façon à mon père.
Et j'ai pensé que le moment était venu
de parler de Bruxelles.
Et Bruxelles, c'est à la fois quelque chose qui est très lié à mon enfance,
à mon adolescence et donc quelque chose autobiographique.
Mais évidemment, ça m'avait pas échappé non plus que Bruxelles,
c'est la capitale de l'Europe.
Et donc, j'ai eu l'idée de faire du personnage principal,
un fonctionnaire européen.
Et par hasard, un jour, un ami m'invite à Londres
pour assister à un séminaire de prospective força, en anglais.
La prospective stratégique,
ce sont des gens qui se réunissent pour étudier le futur,
faire des scénarios sur qu'est-ce qui va se passer
dans 20 ans, dans 30 ans.
Et je trouvais assez fascinant,
comme romancier, de choisir un personnage,
dont le métier était, si ce n'est prédire,
ce n'est pas prédire.
C'est s'interroger sur le futur.
Et donc, ça a été vraiment aussi tout un travail de documentation
parce que j'étais pas du tout familier,
en fait, de cet univers européen.
C'est un univers européen.
En effet, c'est le centre de ce nouvel ouvrage.
C'est déjà le centre de la clé USB.
La clé USB, c'est donc une variation,
enfin, l'anxi, c'est une variation de la clé USB.
C'est pas le prolongement, c'est ça.
C'est une prologation, un prolongement bien plus tard,
une variation de votre propre texte.
Pourquoi avoir voulu justement faire cette variation
comme méthode d'écriture?
Parce qu'il y avait des éléments qui étaient encore en suspens.
Il restait de la matière.
Et je me suis dit que, au départ, ce troisième volume,
la antis aurait dû paraître beaucoup plus tôt.
Mais il y a eu la crise sanitaire.
J'étais amené vers tout autre chose,
et notamment par un livre qui s'appelle "Les Chiquiers",
qui est un livre beaucoup plus autobiographique.
Et donc, j'ai d'une certaine façon été retardée.
4, 5 ans, j'ai pris 4 ou 5 ans de retard.
Mais il y avait, d'une certaine façon,
la entise répond aussi à certaines questions
qui étaient posées dans la clé USB.
Mais comme je le disais précédemment pour le mari également,
chaque livre est tout à fait autonome.
Et je reprends à chaque fois 0 et cette fois 6,
il y avait peut-être débarrassé de tous les livres précédents,
un désir un peu nouveau de plonger dans le romanesque.
Et je pense que ce livre la entise est peut-être mon livre le plus romanesque,
où je m'aventure sur un terrain qui n'est pas spécialement le mien,
qui était un peu un roman d'espionnage.
Et ce n'est pas du tout un terrain sur lequel je m'aventurais d'habitude.
Oui, parce que pour vous le romanesque, c'est ça,
c'est l'espionnage, le terrain de l'espionnage ça fait.
Alors, pas sur notre romanesque?
Le romanesque, c'est aussi l'histoire d'amour.
J'ai également pris beaucoup de plaisir et d'intérêt
à créer cette histoire d'amour.
Quand j'écrivais les sannes d'amour avec Yolanda Polk et le personnage de la entise,
je pensais beaucoup au sannes d'amour que j'avais écrit avec Marie.
C'était un exercice difficile pour un romancié contemporain,
d'écrire des sannes d'amour.
Mais c'est un exercice qui vaut la peine, ça vaut le défi.
C'est un plaisir, c'est un défi.
Et donc j'ai cette fois-ci,
je voulais faire à la fois me plonger dans le romanesque
à la fois de l'histoire d'amour et de l'histoire d'espionnage.
Et on est fort, je trouve la même tendresse pour ce personnage Yolanda Polk
que pour Marie, quand tôt style et à l'atmosphère espionnage,
je vous propose un extrait, une lecture.
À l'automne 2016, trois mois avant la mort de mon père,
j'étais abordé au Parlement européen par John Stavrobot,
un lobbyiste qui travaillait pour la Chine ou si ce n'est directement pour la
sûreté des tâches chinoises pour un grand groupe de télécommunications
basées à d'alien. Depuis ce jour, j'ai été entraînée dans un tour
bilion d'événements qui m'a peu à peu dépassé. Un après-midi que ce
John Stavreau-Poulos m'avait donné rendez-vous dans le bar d'un grand
hôtel Bruxélois, il a égaré devant moi délibérément ou pas la question
assécée depuis de me enter, une clé USB. J'ai aperçu la clé USB à abandonner
par terre après son départ et l'image est restée à jamais graver dans ma
mémoire, une clé USB noire sur le noir entre acide de la moquette. Je me suis
penché pour la ramasser et je suis rentré chez moi dans mon studio de la
place du Chatelin pour en examiner le contenu. Gignor s'il y a eu ou non l'intention
de me piéger, mais j'ai mordu la meçon, j'ai immédiatement été ferré et je n'ai
plus été capable de détacher mes pensées de ce que j'avais découvert dans cette
clé USB.
Voilà un extrait de la entise. Alors les cycles en littérature français, c'est
quelque chose d'essayé. Courant, concroise avec Balzac, avec Proust, c'est
plus rare l'usage de la variation littéraire. Oui alors j'ai failli à un moment
continuer un cycle beaucoup plus long avec Marie. Ça a été une décision un peu
difficile et douloureuse de Marété. J'aurais pu continuer et donc là j'aurais eu
cette ambition de faire un très grand cycle autour de Marie. Là c'est
autre chose, c'est ce que le plus court, il y a trois fois, trois livres autour du
même personnage. Le grand avantage c'est à la fois d'écrire des romans qui
se tiennent de façon autonome, qu'on peut lire un dépendamment et qui s'inscrivent
dans une logique beaucoup plus grande avec des échos, des choses qui se
répondent. Et ça c'est passionnant parce que ça, c'est beaucoup plus, d'une
certaine façon, c'est rassurant pour l'auteur de se souvenir et parfois de
retourner, je suis retourné moi-même. Qu'est-ce que j'avais écrit là et de
relier certains éléments? Alors ça fait partie du plaisir de l'écriture.
Ça vous permet également de d'inscrire vos œuvres dans un ensemble
romanesque plus large? C'est ça, je crois, je crois, ça a plus d'empleur d'une
certaine façon. Et puis comme ça je propose par exemple à cette rentrée
au lecteur de lire la antisme, et si ça lui a plu, je lui dis bah allez voir
ailleurs où ceux qui le connaissent peuvent continuer, il y a ce plaisir aussi de. Oui, c'est très connu dans les séries, c'est très connu dans les feuilles
tombes, c'était pas mon intention. La toute première fois, j'avais un peu
honte, je me disais qu'à même faire une suite, c'est pas très convenable.
Alors je pense que ça va rentre? Oui, c'est ça. Mais en fait ce n'est pas une suite,
c'est un prolongement d'isage. Je mets le mot en italique, c'est un prolongement,
et c'est pas une suite puisque ça se passe avant. Donc c'est pas une suite, c'est
chronologiquement ça se passe avant, pas bon. Mais c'est ce que Pule soit un peu passée,
je veux bien faire une suite si on veut. Là, sur cette variation autour de la Clu SB,
on vient d'écouter cet extrait, est-ce que votre façon d'écrire votre style,
votre plume, est aussi une variation à l'exercice dans ce nouveau roman? Alors en fait,
il y a toujours la même exigence de l'écriture, toujours la même volonté,
peut-être un idéal du classicisme de trouver une sorte de clarté, de concision.
Et ça, ce travail là, sur la langue, il est permanent. Mais sinon, il y a d'autres choses
qui viennent, et c'est vrai que parfois, puisque il s'agit d'histoire, il y a des questions
de rythme qui sont un petit peu différentes, mais je travaille aussi beaucoup de rythme,
les accélération, les ralentissements. Ça, c'est quelque chose qui s'apparente un peu à la
musique, mais que je trouve passionnant. Sur l'esthétique de la variation,
on écoute un auteur qu'on a déjà cité pendant cette rencontre.
L'histoire de la réécriture a beaucoup passionné depuis un certain temps les chercheurs littéraires,
et ce serait assez plaisant d'imaginer que toute l'histoire de l'hériture, c'est toujours la
même histoire qu'on raconte. Peut-être pas la même, mais les mêmes. Que ce qui fait que la
littérature évolue considérablement, c'est la forme du récit. Mais qu'il y aurait un matériau
narratif, extrêmement limité, faire une œuvre sur un matériau limité. C'est quelque chose qui
m'a toujours très fasciné. Pour l'exemple en peinture, le peintre Magritte, ce n'est pas qu'il
a pris une panoplie d'objets tout à fait réduite, et qu'il en a fait une œuvre infinie,
car il n'aurait plus continué si il n'était pas mort. Et là, donc l'idée que à chaque instant,
on reprend une vieille histoire qui vient du passé et qui continuera à se reproduire après
une histoire comme ça. Un arbre griller que vous avez reconnu, Jean-Philippe Tousain,
une archive, dit, faisait dans les missions préfaces à une vie décrivain en 2002
sur France Culture. Vous êtes d'accord avec lui? Bien sûr, c'est passionnant.
Ces entretiens avec Bernard Common, franchement, écoutez-les, c'est absolument passionnant ce
qu'il vient de dire là aussi, mais je me souviens aussi de le grand développement autour
du manque en littérature. C'est assez paradoxal, parce que généralement, le lecteur
dira aillement quelque chose, c'est un défaut. Or, le manque est très riche, il y a un dynamisme
propre au manque. C'est vrai, alors, je pense que regret le site aussi, et on le voit chez
l'Antonionie. Dans les films d'Antonionie, parce qu'il y a des choses, alors non expliqué,
bien sûr, mais plus que ça, c'est plus encore que simplement non expliqué, c'est des
choses qui manquent. Et ça, je trouve c'est extrêmement intéressant. Et même pour la
Antise, en écrivant le livre, en travaillant, je me suis dit, il faut que je précise de
quel Antise il s'agit. Il faut certes, il peut avoir. Là, il y a eu la Antise de cette
chose qui fait voler un ordinateur dans les toilettes. Il y a la Antise de savoir si la
clé USB a été abandonné délibérément ou non. Il y a la Antise, il y a la mort du père,
il y a la Antise liée au menace qui pèse sur lui dès lors qu'il a ramassé cette clé USB.
Mais je me suis dit, il faut que je définisse le mot "Antise" que je l'explique et que
je explique bien de quel Antise il s'agit. Je l'ai fait, j'ai écrit. Et à la fin en
des ans, j'ai presque tout enlevé. Et j'ai pensé justement à rebrer à ce qu'il dit sur le manque.
Et de cette façon-là, c'est au lecteur, en fait, de compléter ce manque. Et j'ai pensé
à cette idée extrêmement intéressante, extrêmement riche, extrêmement dynamique,
qui demande donc au lecteur d'accompagner le livre, d'être actif dans le livre. Et c'est
comme ça, finalement, que l'on trouve les livres les plus réussis.
Et vous n'avez pas parlé également de la Antise d'être trahi par l'être émer qui est aussi
un sujet de ce roman. Alors, on continue de faire un tour dans votre fabrique littéraire
ou comment vous jouez avec nous, pauvres lecteurs. On continue.
Les midi de culture, natachatrio, nous avons le plaisir de rencontrer l'auteur Jean-Philippe
Toussin qui marque la rentrée littéraire avec son nouveau roman, la Antise, qui vient
tout juste de paraître aux éditions de millions. Viens parler que pour la Antise,
vous aviez toujours l'exigence de l'écriture. On peut aussi dire, Jean-Philippe Toussin,
que vous avez également toujours l'exigence aux images fortes.
C'est vrai, je suis un écrivain très visuel. J'ai toujours imaginé, en fait, j'ai toujours
cherché à écrire un peu comme s'il s'agissait de ce qui se passe lorsqu'on rêve la nuit.
Le rêve, en fait, c'est une sorte de monologue intérieure visuelle, mais c'est un monologue
intérieure visuelle qui se déroule devant nos yeux pendant qu'on en train de dormir,
qui est très attaché à notre intimité, à nos souvenirs personnels, à notre histoire
propre. Et c'est un petit peu ça que j'essaye de susciter chez le lecteur qui va me lire.
Moi, je propose un cadre et j'invite le lecteur à apporter sa propre sensibilité, ses
propres souvenirs, sa propre expérience, ses propres émotions. Et c'est ça, je trouve
la richesse de la littérature. Là, je parle comme hauteur, mais c'est des expériences
que je vis aussi comme le lecteur. C'est comme ça que la littérature est belle. C'est
lorsque il y a un cadre qu'on me propose chez Tellotel Grand hauteur, et que je peux le
compléter moi-même avec ma propre expérience personnelle. Je ne suis pas passif lorsque
je lis les grands hauteurs. Sur cette rapport à l'image, on peut aussi penser déjà
à votre passé, en tant que étudiant qui a passé beaucoup de temps à la cinématique,
mais également aussi, si vous avez scénarisé et réalisé cette film, certains ont été
adaptés la salle de banque. Vous pensez justement à un résultat cinématographique quand
vous écrivez? Non, pas du tout. C'est très séparé. Ces deux activités
tout à fait différentes. Et d'ailleurs, je pense que si il y a quelque chose d'éminemment
visuel dans mon écriture, je ne crois pas qu'il y ait quelque chose de particulièrement
cinématographique parce que si il y a des images, et si j'arrive à faire naître des images
pendant l'esprit du lecteur, ce sont des images qui viennent avec des mots, avec des adjectifs,
des verts, des advertes, etc. Et ça c'est littéraire. Si j'arrive à créer des images
et c'est ce que j'essaie de faire, c'est mon objectif. Je passe beaucoup de temps à faire
en sorte que les phrases que j'écrit soient vues dans l'esprit du lecteur. Il y a comme
une sorte de long processus. J'écris et j'espère que ça va passer par l'esprit
le cerveau du lecteur qui va créer lui-même ses propres images. Et pour suivre ce monologue
intérieur visuel, que finalement on fait ensemble, enfin le lecteur et moi.
J'y pense parce que vous avez cette attention aux images qu'on a vu également dans
dans le cycle de Marie avec cette image forte comme ça d'un purçon qui caval sur une piste dans un aéroport.
Ici, dans la Antise, on voit aussi une attention presque comme un chef opérateur au cinéma à la photographie aux atmosphères lumineuses.
Toujours, ça, d'en vraiment.
Absolument. Alors les lieux sont très importants, donc les décors, la lumière, et c'est vrai que souvent j'essaie, je passe beaucoup de temps un peu comme au cinéma.
Le chef opérateur fait la lumière.
Je passe beaucoup de temps à que l'on situe, que le lecteur puisse situer visuellement la scène que je vais décrire.
Parce que je pense qu'il pourra beaucoup plus s'identifier, s'associer à la scène, s'il a une image très précise de l'endroit où ça se passe.
Donc, mais il y a aussi, il ne faut pas faire des descriptions beaucoup trop longues, sinon le lecteur s'ennuie, il disparaît.
Donc, il y a un rythme à trouver, il faut viser juste, et il faut que l'image surgisse dans l'esprit du lecteur et que le livre se poursuit.
Et d'où vous vient de ces images? Comment elle surgisse dans votre esprit?
Ah c'est mystérieux, c'est mystérieux, il n'y a pas de réaction.
Je suis un peu en attente, à l'écoute, à l'écoute, et d'ailleurs tel image, tel lieu peut être propice à une scène.
Et je réfléchis, je me dis tel décor.
Je suis toujours attentif au côté visuel de la scène, et j'aime beaucoup quand même les personnages qui observent quelque chose sans être vu.
Et ça, c'est un point de vue tout à fait d'écrivains, j'aime que mes personnages soient dans la même position que lescrivains que je suis.
Dans ce roman, on est en 2017, sur fond d'investiture de Trump, pendant en pré-Brexit, sur fond d'orosceptisme.
Et dans un contexte européen de paranoïa avec la Chine, on pense qu'on est en train de lire un thriller, mais c'est peut-être un réciembreux.
Enfin, vous aimez les fouspices comme un serpent, elle ferait du coque.
Vous aviez un délipurant de l'histoire d'une histoire et d'une autre.
En fait, la première partie de l'histoire était la red haine.
C'est à dire que ce qu'on appelle la red haine, c'est-à-dire un truc dessiné à vous dire, à dire votre attention.
Vous savez, nous avons besoin de dire que le public est toujours en décipée.
Je sais qu'il va se passer, mais il faut jouer sur ça.
On entretient avec Alfred Ditchcock par François Truffaut en 1962 sur la RPL.
L'illusion, le trompe-là, c'est quelque chose qui est un procédé littéraire qui peut vous fasciner, Jean-Philippe Toussin.
Encore, c'est un très grand livre, le choix est extraordinaire, parce que préface à une vie décrivain de regriers et les entretiens Truffaut et Ditchcock.
Ce sont deux livres absolument passionnants pour tous ceux qui s'intéressent à la manière dont on travaille.
C'est extraordinaire comment Truffaut, à partir de ce cinéase grand public commercial qui n'avait pas une très belle image pour des intellectuels, l'interroge et comment se rend compte de l'extraordinaire artisan artiste qui est à Alfred Ditchcock.
Bien sûr, il y a aussi la fameuse notion très intéressante de Ditchcock, qui est le Mac Guffin, c'est-à-dire l'élément, le prétexte qui va faire avancer l'histoire.
Et ça, c'est aussi une grande leçon que je ne perds jamais de vue et qu'il faut faire avancer l'histoire pour tenir le lecteur pour ce qui me concerne où le spectateur toujours en Alain, toujours à vouloir savoir.
Mais que finalement peu importe le Mac Guffin à quelque chose d'assez artificiel, mais c'est ça qui donne le dynamisme à l'histoire et qui fait que le lecteur ou le spectateur a envie de tourner les pages ou de suivre ce qui se passe dans le film.
Le lecteur n'est jamais trop si il doit rire ou être ému parce que par exemple, comme vous dites, il y a cette scène assez drôle où ce personnage fait voler son ordinateur alors qu'il est aux toilettes, il y a aussi cette route autre scène où il est dans un spa, il doit noter un numéro de téléphone sur une salette en papier, ça ne marche pas, c'est un peu comme un James Bond raté, c'est drôle.
Vous avez musé comme ça et joué avec les gens? Bien sûr, mais la question de l'humour est très délicate à manier parce que c'est vrai que ça peut faire tomber l'attention, le suspense, mais en même temps ça fait plaisir, et donc c'est vrai qu'il y a un dosage à trouver, moi j'ai toujours été attiré par les éléments drôles, les éléments humoristiques, mais je sais bien qu'il faut les doser, je ne veux pas non plus, à brefé, c'est pas mon objectif non plus de faire quelque chose de particulièrement drôle, mais il faut le jamais l'oublier.
Et ce qui est le plus important, c'est de toujours surprendre le lecteur, et qui soit toujours presque aux agués ou aux abois, qui ne sera absolument pas ce qu'il va se passer à la page suivante, ça me semble être une chose que je cultive, qui m'intéresse, c'est pour ça qu'il a envie de continuer de lire, c'est parce qu'il ne sait absolument pas où il est, et puis d'une certaine façon, c'est lui qui décide, il fait ce qu'il veut du lire, et ça je trouve la liberté du lecteur, il ne faut pas l'oublier.
J'ai lu, en préparant cette entretien que vous vous donniez parfois des contraintes d'écriture, par exemple, pour votre roman faire l'amour, vous voulez que ce soit incandissant, donc vous avez travaillé sur le rouge, dans le rouge, dans le fuir, c'est le verre et la lumière verte de la Chine, et là pour la enthise.
Ah, ça c'est une colle, je veux dire le blanc, mais après vous allez me demander pourquoi le blanc, à quel moment, je dis le blanc, c'est une intuition.
- Mais le noir aussi, allez, le noir est le blanc. - Le noir est le blanc, et pour finir, on a mis bien, on commence cette nouvelle formule des midi de France Culture, on aimerait connaître le noir, le blanc, le rouge, le noir fin, une recommandation culturelle, quelque chose qui vous a vraiment peut toucher à cœur, ça récemment.
- Oui, alors écoutez, derrière vos recommandations exceptionnelles de préface à une vie décrivée d'Rome Griez et Truffaut Hitchcock, qui sont d'excellent choix, j'ajouterai une pépite qui est un courmetrage moins connu de Pasolini qui s'appelle l'Arricote, et l'Arricote est extraordinaire, c'est un tournage de film, le metteur en scène est joué par Orson Wells, rien de moins, et il s'agit d'un tournage de la passion du Christ.
Donc, c'est un exemple incroyable de dialectique entre le profane et le sacré, donc le sacré, évidemment, le cinéma, Orson Wells, le sacré, la passion du Christ, tout ça très sérieusement avec une musique, reconstitution d'un tableau de la Renaissance italienne et tout ça, et un des figurants dans le film qui ne pense qu'à manger de la ricote.
Et en fait dès qu'il touche son salaire, il court acheter de l'Arricote, et là on est presque dans le cinéma Burelesque, on accélérée, il va acheter sa ricote, et puis là, il a dévoir comme un goinbre, et ce film est vraiment une merveille, je vous invite à le découvrir, si vous ne l'avez pas encore.
Donc au métrage qui est disponible sur la cinétech, grand merci, j'envie tout sans d'avoir été à notre micro avant de vous rendre votre liberté, je rappelle que plusieurs rencontres sont organisés avec vous en Librérie, à l'occasion de l'apparition, là, en 10, le 2 septembre, vous serez à Paris, à la Librérie, compagnie, le 4, à la Librérie, des caillettes, c'est aussi la rentrée littéraire en Belgique, vous serez à la Librérie trop pise, ma Bruxelles, le 15 septembre, et on n'oublie pas également Bordeaux, avec la Librérie, Mola, le 30, toutes les dates, en octobre, sont consultables sur le site des éditions, minuit.
Et pour passer un peu plus de temps votre compagnie, podcastez, avouez-nous avec vous sur l'application à DioFrance. Merci, j'envie tout ça.
Merci beaucoup.
Un grand merci à toute l'équipe des Midi, merci à Aisato Endoy, Boris Pinot, Zora Vignet, qui a préparé cette émission et qui nous a dégouté ses belles archives.
Lise Ripoche, pardon, Avril Ventura, Aurélie Marseille, Milena, plate-cubiaca, à la réalisation, c'était l'orance Malonda à la technique, Gregori Wallon.
Nous n'avons pas cherché Midi à 14h, il est bientôt très heure tente, et on se retrouve demain.
[Musique]
Podcast Summary
Key Points:
Jean-Philippe Toussin présente son nouveau roman *La Clé USB*, troisième volet d’un cycle autour de Jean-Détrès, un chercheur européen plongé dans des réseaux de corruption financière à Bruxelles.
Ce roman, hybride entre espionnage, histoire d’amour et deuil, s’inscrit dans une démarche littéraire de variation où chaque ouvrage est autonome mais écho à la série, en lien avec des thèmes autobiographiques comme la mort de son père et son lien à Bruxelles.
L’auteur joue avec le lecteur en laissant des « manques » narratifs, en invitant le lecteur à participer activement à l’interprétation, ce qui renforce la dimension romanesque et la puissance émotionnelle du texte.
Summary:
Jean-Philippe Toussin, auteur des éditions de Minuit, présente son nouveau roman *La Clé USB*, troisième volet d’un cycle centré sur le personnage de Jean-Détrès, chercheur européen plongé dans un réseau de corruption financière à Bruxelles. Ce roman, hybride entre espionnage, histoire d’amour et deuil, marque une évolution de son écriture, en s’inscrivant dans une méthode de variation littéraire où chaque ouvrage est autonome mais relié par des échos narratifs. Inspiré par la mort de son père et son attachement à Bruxelles, le roman explore des thèmes profonds, comme le deuil et le manque, en laissant au lecteur une place active dans l’interprétation grâce à des éléments narratifs non résolus.
Toussin souligne que ce type de narration, où le lecteur complète le récit, est au cœur de la richesse littéraire. Il explique aussi que son style, visuel et rythmé, s’inspire du rêve, avec des descriptions précises des lieux, de la lumière et des atmosphères, tout en gardant un équilibre entre tension, humour et émotions. Il invite les lecteurs à découvrir un film peu connu de Pasolini, *L’Arricote*, qui mêle le sacré et le profane, en tant que véritable pépite culturelle.
Toussin, qui a commencé par le cinéma, maintient une écriture visuelle et sensible, où le lecteur est un partenaire actif, ce qui donne à ses œuvres une profondeur émotionnelle et une dimension universelle.
FAQs
Le roman explore la corruption financière et la criminalité au cœur des institutions bruxelloises, à travers le personnage de Jean-Détrès, chercheur en prospective à la Commission européenne.
Ce cycle est lié à la mort de son père en 2013 et à son désir de s'approprier Bruxelles, sa ville d'enfance et de vie, en tant que lieu autobiographique et hommage à son père.
Les deux cycles sont liés par une approche littéraire structurée : le cycle de Marie est une série de romans centrée sur une histoire d'amour, tandis que le cycle des 13 est une variation autobiographique autour d’un personnage européen.
Non, c’est un prolongement chronologique, car il se déroule avant l’histoire de Marie, et il s’agit d’un cycle autonome, non lié par la suite, mais par des échos narratifs.
Il est très visuel et cherche à susciter des images mentales chez le lecteur, en utilisant des descriptions précises de lieux, de lumières et d’atmosphères, comme dans un rêve ou un film.
Il intègre des moments humoristiques, comme le vol d’un ordinateur en toilettes, pour créer un équilibre entre le suspense et le drôle, sans détruire l’attention du lecteur.
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