S3E04 – Genre, féminisme et décolonisation [Pascale Barthélémy]
from Du genre dans l'histoire
74m 5s
Pascal Barthélemi analyse dans son ouvrage *Sororité colonialiste* les liens entre le féminisme et la décolonisation en Afrique française, en mettant en lumière les mobilisations politiques des femmes africaines et françaises à travers l’histoire du XXe siècle. Son travail s’appuie sur des archives sénégalaises, des documents internationaux comme ceux de la Fédération démocratique internationale des femmes, et des témoignages de militants. Il montre comment, à partir de 1944, les femmes des quatre communes du Sénégal, citoyennes de droit, ont organisé une forte campagne pour obtenir le droit de vote, marquant ainsi un tournant dans l’histoire de la citoyenneté féminine. Ces mouvements s’inscrivent dans une logique anti-coloniale, où les revendications féministes sont fortement liées à l’égalité des droits entre les colons et les colonisés. Une rhétorique de « sororité » relie parfois des femmes africaines et françaises, mais elle reste limitée à des groupes élites. L’Union des femmes d’Afrique occidentale (UFA), fondée en 1959, représente un moment de solidarité entre femmes, avec des revendications féministes comme l’abolition de la polygamie, mais elle disparaît rapidement avec l’indépendance des pays. Les réseaux internationaux de femmes jouent un rôle catalyseur en inspirant des actions locales, mais les effets durables sur les droits des femmes restent difficilement documentés. L’histoire montre que ces mouvements, bien que marquants, s’inscrivent dans un contexte de résistances culturelles et sociales, limitant leur diffusion et leur impact à long terme.
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Du genre dans l'histoire, saison 3, épisode 4,
genre féminisme et décolonisation dans l'Afrique coloniale française.
[Musique]
Bonjour à toutes et à tous.
Si vous êtes attentif et attentif à l'actualité,
vous auriez remarqué que bien que les décolonisations africaines
se soient achevés il y a plus de 60 ans.
Les déballiers à la colonisation française, à ses modalités et à ses conséquences,
sont loin d'avoir disparu de l'espace public.
Ils sont porteurs dangereux à la fois politiques, scientifiques et mémoires,
qui touchent l'ensemble de la société française
comme les sociétés des anciennes colonies et suscites de multiples tensions.
À l'échelle internationale, les travaux scientifiques inscrit dans le champ historiographique
de l'histoire des sociétés africaines et de la colonisation,
dont la forme la purestente est celle des études coloniales
et de la nouvelle histoire impériale, aliment également de nombreux débats.
Vient qu'à les longtemps être racontés aux masques plus langues,
la colonisation ne fut pas seulement une affaire d'hommes.
L'histoire des femmes et du genre s'est emparée de ce champ de recherche
depuis une trentaine d'années
et a permis de mettre en lumière la dimension genreée de la colonisation
et plus récemment des mouvements de décolonisation.
Parmi les spécialistes du genre de la colonisation et de la décolonisation,
notre invité Pascal Barthélemi vient de faire paraître un ouvrage
saurorité et colonialisme, dans lequel elle explore les mobilisations
et les formes d'action collective des femmes africaines à l'échelle internationale,
dans un contexte de guerre froide et de marche à la décolonisation.
Elle nous explique raccomment dans la période qui suit la seconde guerre mondiale,
les revendications féministes s'articulent à la contestation de la domination coloniale et masculine
et ce jusqu'aux indépendance des colonies françaises en 1960.
Bonjour Pascal, peut-tu nous présenter ton parcours et ton champ de recherche?
Alors, je suis historienne et je travaille depuis plusieurs décennies.
Maintenant, j'ai commencé dans les années 1990, en histoire de l'Afrique.
J'ai été formée à l'histoire de l'Afrique au sein de l'université parisette à l'époque,
l'université parisité aujourd'hui,
par celle qui est devenue ma directrice de thèse, Catherine Cocherie, Vydrovitch,
grande historienne de l'Afrique,
et j'ai commencé à travailler avec elle quand elle avait découvert aux États-Unis,
l'ampleur des recherches en histoire des femmes et du genre sur l'Afrique.
Recherche qui n'était pas du tout connu en France et pas du tout développé en France.
Et donc, c'est elle qui m'a proposée pour ma maîtrise, ce qu'on appelle le master aujourd'hui,
de travailler sur une institution de formation des premières institutrices d'Afrique occidental française.
J'en reparlerai un petit peu et c'est à partir de ce sujet,
donc ce premier sujet de recherche,
sur lequel j'ai trouvé énormément de documentations à Dakar aux archives nationales du Sénégal,
que j'ai développé mes premiers travaux sur l'histoire de l'éducation des filles en contexte coloniales.
Donc d'abord des institutrices et puis des sages femmes, des infirmières,
qui ont, voilà, exercé leurs métiers.
On va dire pendant des années 20, du début des années 20 jusqu'aux années 60 jusqu'aux indépendances.
Et à la suite de ces premières recherches, j'ai fait évoluer mes préoccupations,
on va dire, de l'éducation aux politiques.
Parce qu'en fait, je m'étais rendu compte que beaucoup de ces femmes que j'avais interrogées,
avec lesquelles j'avais fait des entretiens dans cinq pays pour ma thèse de la Sous-Région d'Afrique de l'Ouest,
beaucoup de ces femmes s'étaient engagées dans des associations, dans des collectifs, dans des parties politiques,
et avait lutté contre l'écolonisateur dans les années 40 et 50.
Et donc, mon deuxième livre, dont on va parler, porte sur une partie de ces mobilisations.
Et donc, je suis passé, on va dire, des questions éducatives,
à des questions plus liées aux luttes anti-coloniales, mais aussi aux luttes féministes des femmes d'Afrique.
Et aujourd'hui, je suis directrice d'études à l'OHSS,
et donc j'enseigne le genre, la colonisation, le post-colonialisme.
Avant qu'on attaque plus précisément ton livre,
j'aurais voulu qu'on vasse un petit bilan historiographique de cette histoire coloniale.
Alors, il se trouve qu'on est, quand on travaille en histoire de l'Afrique,
ce qui est mon cas, on est à cheval parfois, sur plusieurs historiographies.
Parce qu'en fait, d'un côté, vous avez là où je viens,
c'est vous voulez l'histoire de l'Afrique, qui correspond aussi aujourd'hui dans le paysage universitaire,
ce qu'on appelle les arias studies, les airs culturels, c'est-à-dire que c'est des gens qui, on va dire,
étudies, les sociétés africaines, asiatiques, latino-américaines,
à partir de ces sociétés, en en parlant les langues,
et en travaillant vraiment en profondeur par des études de terrain de longue durée.
À côté de ça, vous avez l'histoire coloniale qui adopte une autre perspective
et qui, après avoir été à l'époque de la colonisation, une histoire qui légitimait la colonisation
et qui, en faisait, on va dire, les loges et qui justifiaient la colonisation.
Cette histoire coloniale, elle s'est transformée après les indépendances
et elle est réapparue sur le devant de la scène scientifique d'abord aux Etats-Unis.
Et ensuite, en France, dans les années 90-90, donc on parle de coloniales, c'est-à-dire,
ces études coloniales s'intéressent plutôt à la manière dont les métropoles
ont colonisé les territoires qui sont passés sous leurs domination
et les types de politiques elles ont mis en oeuvre, etc.
Et puis, vous avez un autre courant historiographique qu'on appelle la nouvelle histoire impériale
qui va faire l'articulation entre ces politiques coloniales
et les effets retours en métropole et la manière dont la France, la Grande-Bretagne,
le Royaume-Uni, la Belgique, bien sûr, le Portugal, ont été travaillés
par la colonisation et comment la colonisation finalement fait partie de la construction
de ces sociétés européennes.
Et donc moi, mes travaux, je suis un peu entre deux ou trois historiographies
parce qu'en fait, j'articule un peu ces trois champs-là.
Je suis très attaché au fait de travailler à partir des sociétés africaines,
d'essayer de faire des entretiens, de récolter des archives
auprès des gens auxquels je m'intéresse, etc.
Et en même temps, je m'intéresse aussi beaucoup
à l'articulation entre féminisme et colonialisme
et donc aussi aux effets retours de cette colonisation dans la société française.
Et donc, quels sont les sources sur lesquelles tu as travaillé pour ce dernier voyage?
Ce livre qui s'appelle « soeur était écolonialisme, françaises et africaines,
autant de la guerre froide », a mis beaucoup de temps en fait à se construire.
Je travaillais presque 10 ans, en fait,
si y avait évidemment pas ont continu, mais presque 10 ans
pour abouter à ce résultat, avec au départ,
on va dire très peu de source et peu de possibilité pour le coup d'aller sur le terrain,
parce que j'étais parti sur un autre projet,
qui était un projet sur la citoyenneté des femmes d'Afrique,
la manière dont elles étaient devenues citoyennes au sens plein,
on va dire, elles avaient acquis le droit de vote, on en reparlera peut-être,
et dont elles avaient finalement, c'était en paré de la scène politique.
Et donc, j'ai beaucoup travaillé à partir d'abord de sources des élections,
le source politique.
Donc, à Dakar, aux archives nationales du Sénégal,
j'ai dépouillé toutes les séries sur les affaires politiques, sur les élections,
et j'en essayais en repérer les femmes de voir si elles avaient participé aux élections,
qu'est-ce qui était dit de leur participation, etc.
Et puis, petit à petit, je me suis rendu compte qu'aux Etats-Unis,
au même moment, se développer en particulier des tests, des pièches-tilles,
de d'Octoral, sur ces questions-là, la question de la citoyenneté des Afriquels.
Donc, j'ai un peu décalé mon sujet pour pas en piéter sur les plate-bandes.
Donc, on est, c'est aussi des recherches qui sont extrêmement dynamiques à l'échelle internationale,
et il faut essayer de, voilà, que les recherches se complètent et se nourrissent,
mais évidemment, se superpose pas.
Et donc, j'ai décalé mon sujet parce qu'en consultant ces archives électorales,
j'avais rencontré à plusieurs reprises le nom de femme française,
qui était dans ses territoires d'Afrique occidentale française.
Et donc, je voyais qu'elle circulait, alors certaines, c'était des Françaises
qui vivaient à Dakar, à Bidjan, à Bamako, etc.
Et puis, d'autres, c'était des Françaises de métropole qui venaient
pour des ces jours de courte durée, voilà.
Et donc, j'ai commencé à me demander, voilà,
ce que ces Françaises faisaient politiquement dans ces territoires.
C'était des questions qui n'étaient pas du tout travaillées.
Et j'ai rencontré dans les archives toujours à Dakar,
donc c'est toujours à partir des sources au Sénégal
que j'ai rencontré des agronimes d'associations de femmes.
L'association des femmes de l'Union française, en particulier la Fuf,
donc, et la Fédération démocratique internationale des femmes.
Et donc, je suis parti à la recherche de nouvelles sources
sur ces associations pour essayer d'approfondir le sujet.
Et donc là, je me suis rendu compte qu'il y avait tout un tas de travaux
qui étaient en train d'être menés par des collègues à l'international,
en France, sur la Fédération démocratique internationale des femmes,
qui n'a pas laissé d'archives à proprement parler,
mais qui a eu un bulletin, femme du monde entier,
qui est un magazine qui a été édité à partir de 1945.
Et ce magazine était disponible à la BNF, à Paris,
était disponible pour certains numéros à Amsterdam,
à l'Institut d'Histoire sociale d'Amsterdam.
Bref, donc, j'ai commencé à essayer de récolter des informations
un petit peu partout, ce qui m'a amené aussi à aller à Montreux
et aux archives de la CGT pour une des conférences que j'ai étudié
dans le livre, la première conférence mondiale des travailleuses.
Bref, en fait, j'ai construit mon corps pousse de source
à partir des actrices africaines, des actrices françaises.
C'est pour ça que c'est ce que j'ai voulu faire.
C'était une histoire sociale de ces femmes.
et des associations enquelles elles ont appartenus et donc que. je suis aussi allée à Bruxelles ou au centre des archives des femmes et du féminisme,
où il y a des archives du Conseil international des femmes.
Donc, le livre il est fondé sur plein de sources différentes, récolter aussi bien en
fait en France, que dans d'autres pays européens et qu'en Afrique.
Alors, tu l'as déjà un petit peu dit, est-ce que tu peux nous repréciser qu'elle
a été l'espagéographique sur lequel tu as concentré ta recherche?
En fait, depuis mes premiers travaux, je me suis intéressé à ce qu'on appelle l'Afrique
occidentale française, qui est en fait une construction coloniale.
C'est un territoire qui n'existe pas, sauf à l'époque de la colonisation française
en Afrique de l'ouest.
Et en fait, c'est une fédération qui a été créée par les Français en 1895 et qui a intégré
progressivement plusieurs territoires qui sont aujourd'hui bien sûr des pays,
bien dépendants.
Et au moment où on va dire, les frontières de la OEF sont à peu près stabilisées.
Il y a 8 territoires qui sont le bénin d'aujourd'hui, à l'époque s'appeler le
d'Aumé, la Côte d'Ivoire, le Mali, à l'époque on parlait de Soudan français, le
Sénégal, l'aginer, conacrit, le Togo et la Mauritanie.
Et donc, ces 8 territoires, en fait, étaient gérés par un gouverneur général qui était
à d'accord, qui avait des lieutenants gouverneurs dans les différents pays et puis après
la hiérarchie administrative allait jusqu'au niveau de ce qu'on appelait les cercles
avec des commandants de cercles qui relayaient les instructions.
Et donc, en fait, j'ai commencé à travailler sur la OEF parce que les premières femmes
auxquelles je m'étais intéressées, donc pour ma thèse de doctorat, dont je parlais
tout à l'heure, les institutrices, mais aussi les sage-femmes, les infirmières, allait
à d'accord dans des écoles qui recrutaient à l'échelle de toute la OEF.
Donc, en fait, pour moi, cet espace faisait sens parce que c'était l'espace de recrutement,
les différents pays, en fait, envoyaient des jeunes filles qui avaient passé un concours,
les envoyaient dans ces écoles au Sénégal et donc, vous aviez dans ces écoles, l'école
normale d'institutrices et l'école de médecine, la section sage-femmes, vous aviez des
jeunes filles du Bénin, donc des Dau-Méenne, des Ivoire, etc.
Et donc, en fait, voilà, il y avait une forme de sentiment fédérale, j'ai écrit des
articles autour de ça, de la création de cette identifiété, pardon, à Ouffienne, qui
faisait sens.
Mais pour le deuxième livre, donc le livre dont on parle aujourd'hui, en fait, j'ai travaillé
sur un espace encore plus large, donc ce qui est peu habituel en histoire de l'Afrique,
en général, on est spécialiste d'un pays, moi de mes caractéristiques, c'est que
j'ai fait plutôt une histoire qu'on dirait peut-être un peu transnational aujourd'hui.
Et donc, en fait, j'ai très témont suger des relations entre française et africaine à partir
d'études de cas qui pouvaient se passer, en fait, renvoyer à différents pays, ce qui
fait que j'ai beaucoup travaillé quand même sur le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le
Mali.
Mais j'ai aussi intégré dans mon livre le Camroune, parce que j'avais de la documentation
qui me permettait de traiter ce cas-là, j'ai travaillé aussi, j'ai intégré aussi
l'Afrique du Nord, ce qui amène des renouvellements aussi historiographiques, parce qu'en
fait j'ai documenté des liens entre des femmes d'Algerie, des femmes de Tunisie et des
femmes d'Afrique subsarienne, alors que ces espaces sont très cloisonnés dans les
travaux, parce qu'en fait, c'est lié à la colonisation aussi, voilà, les archives,
les gens qui travaillent sur ces pays, en général, ne changent pas énormément.
Donc voilà.
Je suis parti du rôle de la relation entre française et africaine et j'ai finalement intégré
beaucoup de pays dans ce livre, ce qui n'était pas très confortable non plus, parce que
je ne suis pas forcément spécialiste, donc j'ai beaucoup fait appel à mes collègues
spécialistes, j'ai parlé de Madagascar aussi, donc voilà, les gens qui travaillent sur
Madagascar pour essayer de fournir des éléments qui soient pertinents et qui soient juste
historiquement.
Alors justement, tu as parlé de cet espace spécifique de la OEF, est-ce que on peut
dire que l'ensemble de l'empire coloniale français forme un tout cohérent et finalement
identique en termes de politique et de gestion?
Alors en fait, c'est de dire sur le papier, oui, mais en fait, on a évidemment une immense
diversité dans cette structure de la OEF et aussi d'ailleurs de la EF, l'Afrique
Équatoria le français, qui était la structure administratif qui est rassemblée le Chât, le
Camon, le Gabon et le Moyen Congo et la Centra-Afrique.
En fait, le Camon avait un statut particulier de territoire sous tutel de la société des
Nations puis de l'ONU après 45, mais effectivement, non, il n'y a pas d'unité hors de cette construction
administratif décidée par la France, hors de cette hiérarchie administratif avec donc
des échelons du gouvernement général jusqu'au commandant de cercle, mais ce qui est très
intéressant et les travaux de Frédéric Cooper l'ont bien montré, notamment son dernier
livre dont je me suis un peu inspiré, d'ailleurs, je dois dire, français et africains
autant de la décolonisation sur la citoyenneté, ils montrent bien en fait la grande diversité
des imaginaires politiques au moment des décolonisations.
En insistant sur le fait qu'après la seconde guerre mondiale, il n'y a pas de marche
automatique vers l'indépendance et que finalement dans les différents pays, les élites
politiques pensent, en fait, des formes d'organisation politique dans leur relation avec la France
qui sont très variés.
Il y a des projets de fédération, il y a des projets de confédération, il y a des discussions
sur ensuite ce qu'on appelait la balconisation de l'Afrique occidentale française, c'est
à dire l'accès à l'indépendance finalement de manière séparée de tous les pays.
Et donc, donc voilà, il n'y a pas d'unité, sinon un imaginaire politique autour
de ces structures.
Les mobilisations africaines sont nombreuses et anciennes, mais qu'est-ce qui va aller
déclencher à partir de 1944?
Le livre commence effectivement en 1944, pour une raison tout à fait précise qui est que
cette année-là, les françaises de métropole obtiennent le droit de vote et des légibilités
par leur donance du 21 avril 1944, et que je découvre en travaillant donc sur ce livre
que la question s'est posée de l'extension de cet accès au droit de vote aux femmes
qui étaient citoyennes dans l'empire.
C'est-à-dire qu'avaient la citoyenneté de nationalité française, elles étaient très
peu nombreuses, mais y a des endroits de l'empire où elles étaient plus nombreuses
cailleurs.
Et en particulier, dans quatre villes du Senegal, qu'on appelle les quatre communes, d'accord,
c'est un Louis-Rufisq et l'île de Gauré.
Et j'ai été vraiment très surprise dans les archives d'accord, dont je parlais tout
à l'heure, dans la série des élections, la série Vingée, de découvrir un énorme
dossier sur le vote des femmes, quand je dis énorme de plusieurs dizaines de centimètres
d'épaisseurs, qui documentait des débats qui ont duré un nom d'avril 1944, au mois
de 1945, autour de l'accès aux votes des femmes du Senegal, donc des quatre communes qui
étaient citoyennes, et donc les autorités coloniales sur place et les autorités françaises
en métropole, se demandaient si on pouvait leur accorder ce suffrage et cette éligibilité.
Et dans ce dossier, j'ai donc découvert, alors il y avait eu un article mais très ancien
que l'archiviste de Dakar m'avait à ce moment-là très gentiment transmis.
En 1976, dans la revue étuopique, il y avait le directeur des archivinationales du Senegal,
Saloon Bay, et un français Jean-Bernard Lacroix, qui avait écrit un article sur ce débat
de 1944-45, donc en 1976, c'était très tôt, mais pourquoi ils avaient écrit l'article,
je dis verges un peu, mais parce qu'ils avaient classé le fond, et donc ils avaient trouvé
ce gros dossier dans les archives, et ça leur avait paru extrêmement important de laisser
une trace sur ces mobilisations.
Et donc j'ai repris le dossier pour documenter ces mobilisations, parce que ce qui se passe,
c'est que au fil des échanges entre les autorités à Dakar et les autorités à Paris,
il apparaît que les autorités au Senegal disent qu'on ne peut pas donner le droit de vote
aux citoyennes sénégales des quatre communes, parce qu'elles sont en majorité un alphabet,
parce qu'elles sont en majorité musulmanes, parce qu'elles n'ont aucune éducation politique
et qu'elles sont juste là pour faire la claque lors des campagnes électorales des hommes,
donc voilà, ça serait totalement irresponsable de leur donner le droit de vote, et donc
en fait, il y a des extraits d'archives, enfin des documents qui sont extrêmement racistes
et violents sur cet élargissement du suffrage.
Avec des arguments, qu'on retrouve en fait quelques mois avant, quand il est question de
donner le droit de vote aux Françaises de métropole, sauf qu'il n'y a pas la dimension
raciste, évidemment, de la question.
Et donc, les Français font passer un prenne indécré disant qu'elles seront exclues du suffrage,
et à ce moment-là commence une campagne de mobilisation.
Mais en fait, ce qui est important, c'est de réinscrire cette campagne de mobilisation,
donc ça commence en février mars 45, dans toute l'histoire de la politisation des femmes
des quatre communes, qui est une histoire ancienne.
Alors là, je parle du sénégal, mais voilà, les femmes africaines n'ont pas attendues
la presse au monde guerre mondiale pour se mobiliser politiquement contre la colonisation,
et donc en fait, cette lutte politique est originale et singulière, parce qu'elle est vraiment
liée à une catégorie particulière de femmes.
En même temps, elle s'inscrit dans une histoire longue de lutte, et en fait, les sénégalaises
des quatre communes, dans les années 30, dans les années 20 déjà, elles sont mobilisées
politiquement, avec des lideuses qui. sont tous sauvent des marionnettes, des parties politiques.
Et donc ça c'est des choses que une collègue américaine Jennifer Boitain a documenté
depuis.
Voilà donc on a toute une histoire longue de cette vie politique dans les quatre communes
et puis qui est resurgée en 44-45 au moment donc où la France exclue les citoyens
de ces négalesces du suffrage.
Donc en fait ce qui est assez exceptionnel dans cette mobilisation c'est que les citoyens
et les citoyens des quatre communes obtiennent gaines cause et donc l'administration coloniale
est obligé de reculer, accorde le droit de faute à ces citoyennes qui vont se rendre
aux urnes pour la première fois lors des élections municipales du 1er juillet 1945.
Les femmes ont voté au Cénégal et elles ont donné aux yeux de tous les hommes un exemple
de civisme absolument sans précédent.
Il nous avait été dit et répété que la politique, c'est-à-dire que la vie publique
ne nous intéressait pas.
En même temps il avait été avancé que nos coutumes seraient ébranlés si nous avions
la possibilité d'exprimer nos désirs et nos volontés.
Ma foi, sans vouloir revenir sur ce passé, note-on simplement que ces deux propositions
étaient exclusives l'une de l'autre, car s'ils devaient y avoir indifférence notre
part, on ne saisit pas très bien comment notre indifférence, qui devait fatalement entraîner
notre abstention, pouvait affecter en quelques mesures que ce soit les assises de nos
institutions islamiques.
Du reste, c'est négalé et c'est négalé, et j'entends par là tout habitant même
non originaire de ce pays, savent que ces questions ne nous ont jamais laissé indifférente
et que notre part, pour occulte, qu'elle fut, avait toujours par eu fortement influencé
la vie du pays.
Tout le monde sait comment avait été préparé la liste électorale, comme était théoriquement
envisagé la distribution des cartes électorales et comment cette distribution avait été envisagé
pratiquement.
Sans la vigilance des électorales, leur esprit de décision et la prise de mesure par administration
à qu'il faut tirer un large coup de chapeau, la cadence du premier jour de distribution
aurait été maintenue, et durant les trois jours prévus, un maximum de 50 cartes aurait
été distribué.
Non compris les lettres d'FNP, par lesquels commence comme par hasard tous les dira,
dignées, d'yu, faille, diaille, paille etc, non qui se reproduisent à des milliers d'exemplaires.
Quant aux femmes, au deuxième jour de la distribution, leur liste n'était pas terminé.
Elle fixait l'état un peu grosse.
Ces pauvres femmes, qui depuis le petit jour, étaient à faire la queue le long des grilles
de la mairie en plein soleil, elles sont restées stoïques, calmes.
Et ensuite, elles sont demeurées dès jour anti au palais pour se faire délivrer des ordonnances
d'inscription sur la liste électorale.
En pleine nuit, elles étaient encore là, faisant l'admiration et l'étonnement du personnel
judiciaire qui lui aussi t'a à réparer les fautes dont il n'était pas l'auteur,
pour qu'un définitive, force reste à la loi, à la loi républicaine.
Le dimanche, elles étaient au bureau de vote, à ces bureaux surchargés de l'école
Féderve, de l'école LH Malixie, de l'école Medina, attendant le moment de dépeuser
leur bulletin.
Ce bulletin qu'elle venait de conquérir de haute lutte par deux fois.
N'est-ce pas là une belle leçon de civiste?
Extrait d'un article de Fatou Diop, du journal LAWF, à propos des premières sénégales
électrices au municipal du 1er juillet 1945.
Alors parce qu'il y a une petite précision, tu nous parles de la citoyenneté au Sénégal,
est-ce que tu peux nous préciser qui est citoyen et citoyenne et depuis grand?
Oui, alors en fait cette histoire des citoyennes des 4 communes en 1945, elle est difficile
à comprendre si on n'a pas en tête cette spécificité particulière de ces 4 villes,
donc comme je l'ai dit, il le goût réé, qui est au large de Dakar, Dakar Refisque,
et Saint-Louis, qui en fait ont des institutions municipales depuis déjà la révolution
française, et dont les hommes sont citoyens, alors avec différentes étapes, déjà pendant
la révolution, ils envoient un cahier d'olions aux Etats-généraux, ils obtiennent déjà
un certain nombre de droits, les chels municipales, et puis c'est surtout en 1848 que ils
deviennent citoyens français de plein droit, avec la possibilité de voter non seulement
aux élections municipales, mais aussi d'envoyer un député à l'Assemblée nationale
française.
Et en fait, c'est un droit qu'il aurait refusé, en fait qu'il aurait supprimé à différents
moments sous l'empire, en particulier, puis rétablis sous la 3e République en 1871,
puis à nouveau supprimé, puis enfin rétabli en 1879.
C'est une histoire très complexe, mais ce qui est important de comprendre, c'est que
c'est une singularité totale à l'échelle de l'empire, d'avoir des populations
des hommes qui peuvent voter, élire un conseil municipal, et qui gère une ville, une municipalité
de la même manière que les municipalités en métropole.
Le premier africain noir élu député du Sénégal, c'est Blésiaigne en 1914, parce qu'avant
les députés étaient plutôt des métis ou des Européens, mais le Sénégal a donc été
représenté quand même à l'Assemblée nationale depuis longtemps, pour des raisons sur
laquelle je ne vais pas m'étendre, mais il y a l'ancienneté de la présence française,
à la participation des Sénégal et aux différentes guerres, enfin leur mobilisation.
Et donc en fait les citoyennes des quatre communes, elles étaient restées comme celles de
métropole, des citoyennes sans citoyenneté, entre 1848 et 1944, et donc c'est vraiment
44 que leur spécificité apparaît dans l'histoire.
On va parler maintenant des mobilisations féminines, des mobilisations politiques et mobilisations
anti-coloniales.
J'aurais voulu savoir qu'elle est le profil des femmes sur lesquelles tu as travaillées
et de ces femmes qui se sont mobilisées.
Alors comme je le disais en commençant cette entretien, je suis parti en fait la mobilisation
des celles qu'on appelle les élites létrées, c'est-à-dire ces femmes qui ont été scolarisés
à l'école coloniale, qui ont obtenu un diplôme, qui deviennent des femmes salariées
et qui s'engagent en politique.
Alors il ne faut pas que ça résume la totalité de la sociologie parce qu'en fait, je
me suis rendu compte en travaillant justement sur ces mobilisations et ces relations entre
les Françaises et enfin des Françaises et des Africaines, d'ailleurs ce n'est pas toutes
les Françaises, ni toutes les Africaines, je me suis rendu compte qu'il y avait aussi bien
sûr en moindre nombre, mais des femmes qui n'étaient pas forcément à l'école, mais
qui, voilà, pouvaient aussi être en contact avec des Françaises ou avec des organisations
féminines internationales, mais celle que j'ai surtout étudiée, c'est celle que les colonisateurs
appellent les évoluer, le terme, à mettre entre guillemets et renvoir une catégorie coloniale,
c'est-à-dire ces femmes qui ont été scolarisées et qui souvent étaient en couple avec leurs
homologues masculins qui étaient des instituteurs, des médecins, des employés administratifs, des
pharmaciens, des vétérinaires, et on a comme ça, ça, je l'avais étudié déjà dans
ma thèse, des ménages d'évoluer ou des couples d'évoluer, qui ont été voulu par l'administration
coloniale française, mais qui ensuite se sont emparés de l'activité politique pour contester
cette domination coloniale. Ils sont sont emparés en couple. Alors souvent en couple, effectivement,
en tout cas, il y a plusieurs exemples, je pense à Jacqueline et Joseph Kyserbos, voilà,
lui, preu un des plus premiers et plus grands historiens de l'Afrique, elle était une ancienne
institutrice qui ensuite fait ses études à la Sorbonne, je pense au couple formé par Daniel
Wesincouli-Ballie et sa femme, c'est les styles Wesincouli-Ballie, voilà, et à plus petit
échelle, déjà moins connue, mais en fait les couples médecins s'achent femmes, instituteurs
institutrices, on fait partie de ces élites politisées, pas tous, mais il y en a eu.
Est-ce que ces élites politisées ont des relations avec les populations blanches qui vivent avec eux?
Alors, ça, c'est en partie traité dans mon livre, mais sous l'angle justement de ce que Jean-Pierre
Dozon a appelé la médiation communiste, c'est-à-dire qu'en fait, après 45, enfin au moment où la
vie politique se démocratise un petit peu en Afrique occidentale et equatoriale où les associations
sont à nouveau autorisées, il y a une forme de liberté d'expression et puis à partir de 46,
et la création de l'Union française, on est dans une théoriquement l'ensemble des habitants
de l'Union française, son des citoyens, même si tous n'ont pas accès au vote, etc. Bref, on a
une vie politique qui se, une sorte d'effervescence politique, et dans cette effervescence politique,
les membres du parti communiste français animent les groupes d'études communistes, les Jecs qui ont été
très étudiés par Jean-sur-Écanal, et dans ces groupes d'études communistes qui se développent,
dans plusieurs villes d'Afrique subsarienne, vous avez des africains et des français militants
donc du PCF, mais vous avez aussi des femmes, ce qui, jusqu'ici, avait pas été tellement souligné,
et donc c'est dans le cadre de ces collectifs militants, c'est pas des partis, les Jecs, c'est vraiment
des groupes militants, mais vous avez une politisation en fait conjointe et j'ai pu retrouver quelques
correspondances qui montrent que vous avez des relations amicales qui ont pu se créer dans ce cadre-là,
en fait, qui est issu des associations patriotiques de la résistance, etc. Donc c'est toute cette
mauvaence-là, et donc il y a aussi des femmes françaises et des femmes africaines qui se
côtoient dans le cadre de ces Jecs. Et en dehors de ces groupes finalement engagés,
politiquement, il n'y a pas trop de relations entre elite blanches et elite noires. En dehors de ces
groupes là, effectivement, et alors encore plus je dirais du côté des femmes, c'est l'ignorance,
voire l'indifférence et pour eux,
revenir un petit peu à la mobilisation de 44-45, les françaises du Sénégal européen,
donc les blanches, sont soit indifférentes, soit très opposés au droit de vote des Sénégalettes.
Mon livre qui s'appelle "Sauroité colonialiste" commence par un chapitre qui monte
à aucune saurorité. Et que on est dans une égalité, la très forte et des hiérarchies
des rapports de pouvoir très fort, voire un racisme. Et la majorité, ce sont de l'absence
de relations voire des relations conflictuelles. L'action politique des femmes se développe d'abord
dans des organisations politiques mixedes. Est-ce que dans ces organisations, les hommes et les femmes
sont égaux? Alors après 45 toujours, donc il y a des partiques politiques africains qui sont
créés. En 46, c'est créé le rassemblement démocratique africain, le RDA, qui va devenir le principal
parti anti-colonialiste. Et dans ces parties, dominer largement par les hommes, bien sûr, vous avez
une égalité de fête entre mes femmes, simplement les femmes adhées au RDA, mais ils sont tout à
féminoritaire. Mais ce qui est intéressant et pas toujours facile à expliquer, c'est le fête
que dans le RDA, en particulier, vous avez aussi des comités féminins, exclusivement de femmes,
qui se créent à partir de 48, 49 et qui, à la fois, participent à la développement du parti
d'une manière générale, et puis s'occupe, on va dire, d'affaire plus spécifiquement ou penser
comme spécifiquement féminine. Et donc en fait, vous avez le RDA, vous avez plein d'autres
parties politiques dans lesquelles les femmes sont investies. Dans chaque pays, vous avez une
myriad de parties qui se créent à partir de 1945. Et simplement, on manque de travaux précis,
d'études de cas pour connaître la répartition homme-famme dans ces parties politiques et la manière dont
ça fonctionnait. Ces parties politiques, ils ont les couleurs politiques qui sont proches de l'Europe
ou ce sont des idées, finalement, qui sont spécifiques à l'Afrique. Alors, en fait, il y a toutes
sortes de parties. Il y a des parties que l'administration coloniale appelle ethnique qui sont plutôt
organisées sur une base régionale, culturelle, linguistique. Voilà, vous avez des parties, donc comme le RDA,
qui lui est un parti qu'on pourrait même qualifier de pan-Africain, parce qu'en fait, le RDA a des
sections dans tous les territoires de l'Afrique française. Donc, vous avez une section soudanaises
au Mali, le USSRDA, vous avez le parti démocratique de Guinée, qui est la branche Guinée
et N du Gardéa. Il y a des branches partout, l'Union des populations du Camron, au Camron et la
branche camronaise du RDA. Et en fait, voilà, c'est un parti qui a essayé de mettre dans tous les
territoires. Et puis, après, vous avez ce qu'on a appelé aussi les parties des chefs qui étaient
eux plutôt pro-colonios ou en tout cas proches des colonisateurs. Et donc, en fait, et puis, bon,
il faut réinscrire ça dans l'histoire de l'évolution de ces parties politiques, parce qu'en fait, au début,
c'est ce que diffrait des récoupeurs à partir de 45 à 46. Ce que réclame ces parties, c'est d'abord
l'égalité des droits avec les colonisateurs, et pas forcément l'indépendance sauf l'UPC,
l'Union des populations du Camron, qui a comme modord l'indépendance et la réunification du Camron
des sacrations 48. Mais sinon, c'est des parties qui veulent des réformes, qui veulent l'égalité des
droits. Et donc, les femmes qui sont dans ces parties vont être sur la même ligne politique de
demande d'égalité des droits. D'abord, avec les Européens et les Européens, plus qu'avec les hommes,
c'est-à-dire qu'elles vont être dans une logique anti-colonialiste, plus que féministe, en disant mais
ce qui est pas normal, c'est qu'une européenne, quand elle va au marché, elle paye ses produits tant et
nous, on va payer plus cher, où on n'a pas de la même rémunération quand on travaille, on n'a pas de
congé maternité, etc. Donc, c'est cette inégalité-là entre femmes qui est d'abord qui suscite la
protestation. Et donc après, voilà, vous allez les parties qui sont plus proches des colonisateurs, mais le RDA
qui au départ était plutôt réformiste, se radicalise progressivement et donc là plus on avance dans le
temps et plus surtout la France reçue d'accorder des droits aux colonisers et plus vous avez une
anti-colonialisme forte du RDA. Et est-ce que ces femmes africaines dans les parties politiques dont
tu parles, est-ce qu'elles vont émettre des revendications qui sont spécifiquement féministes. En fait, ce qu'on
voit émerger, donc dans le cas de ces comités féminins, c'est des modes d'organisation. En fait, on va
dire un genre du militantisme, c'est-à-dire que les femmes vont avoir des rôles bien spécifiques qui
sont souvent des rôles quand même de la distribution des cartes électorales, l'organisation, de l'inscription,
des gens de la décision, on va dire des personnes au RDA, etc. Donc elles vont avoir des rôles un peu
spécifiques. Et en même temps, elles vont aussi se mobiliser pour défendre leur mari en particulier.
Je pense à un cas en codivoir en 1949 quand à la suite d'une vague d'arrestation par l'administration
coloniale. D'un certain nombre des leaders du Rassemblement démocratique africain, ce sont leurs
épouss qui se mobilisent pour protester contre cette arrestation. Et pendant toute l'année 1949,
voilà, on a une grande augmentation de la participation des femmes à la vie politique au sein du RDA,
et une grande protestation contre l'emprisonnement de leur mari.
La chose la plusieurs jantes en 1946-1947, nous rappelle Malame Gado, était d'aborté le maximum
de voix au Pdc RDA. Les hommes étaient organisés, nous, non. J'étais encore secrétaire aux syndicats
lorsque j'ai commencé l'inscription des femmes à jamais. Les premiers temps, j'installais ma
petite table en pleine rue sans me soucite d'une éventuelle poursuite par la police. Car bien entendu,
je n'avais aucune autorisation. Seulement, j'avais froid en ce que je faisais. Le premier jour,
j'étais seul et il y avait un tel afflux de femmes que je suis débordé. Le jour suivant, Malame Paul
et Mille va m'aider. Nous nous sommes ensuite transportés chez Mamikra, où se trouve l'actuel pharmacie
la fitte. Nous n'occupions qu'un petit hangard devant la boutique de son mari, mais l'important
pour nous était d'être installé. Ensuite, ce fut le tour de Très-Juil où Madame de Lafos et d'autres
femmes va reméder. Au lieu de nous écartoler entre à jamais et Très-Juil, nous décidament les hommes à
nous affecter un local définitif pour nos inscriptions. La boutique de M. Moriketa, près de M. Porquée,
fut choisie et louée à cet effet. Nous appétions nous-mêmes dans la cour. J'étais chargé de tapé dans
la nuit tous les papiers confidentiels, les articles. Nous étions perquisitionnés tous les jours,
mais jamais on réussit à saisir le moindre papier. Tout le monde, femme, homme, enfant, venait chez
nous chercher une aide morale et matériel. Des moignages de Denis Coffigado, dans extrait de Henriette
D'Agrie Diabatté. La marge des femmes sur Grand Bassem, d'accord, nouvelle édition africaine,
1975. Alors en fait, cet extrait est extrêmement intéressant parce que Denis Coffigado, donc c'est une
de ses femmes de d'un homme qui a été emprisonnée par les Français. Et c'est un témoignage qu'elle a livré à
Henriette D'Agrie Diabatté, donc qui est à la fois une ancienne institutrice, militante, femme
politique et historienne, et qui a été la première à écrire en 1975 sur la marge des femmes
pardon sur Grand Bassem, qui est donc une mobilisation très importante de plusieurs milliers de femmes qui
en décembre 1949 ont marché d'habitant la capitale jusque à Grand Bassem qui est à quelques kilomètres
de la capitale où se trouvait la prison où étaient les hommes qui avaient été donc à carcéré. Et donc
cette marge des femmes, en fait cette année 49 en côte d'y voir et là on voit bien que Denis Coffigado,
le travail de terrain qu'elle fait, en fait parce qu'elle parle des quartiers d'habitant à jamais très
cheville qui sont les quartiers populaires et elle explique qu'elle installe sa petite table et puis qu'elle
inscrit les gens et qu'elle est débordée par la flu des militantes qui veulent s'inscrire au parti
etc. Et on est vraiment dans un moment de mobilisation et ce qui est intéressant et dont je parle
dans le livre, c'est que cette mobilisation à l'échelle locale, vraiment les quartiers de la ville,
pour inscrire de plus en plus de militants au RDA, pour protester aussi contre donc l'incarceration
des leaders. Elle se fait aussi avec l'international, avec l'articulation à l'international parce qu'en fait
le comité des femmes du RDA, y voir rien, du PDC, RDA dont elle parle, il est organisé pour
récolter des fonds, pour envoyer une délégée à Pékin où doit se tenir un congrès des femmes
d'Afrique et d'Asie en 1949. Et donc en décembre 1949, vous avez simultanément ces femmes qui
sont mobilisées en codivoir et une d'entre elles, c'est l'estinoise incoulible, donc je parlais
tout à l'heure, qui a été choisi, envoyé par ces camarades, par ces camarades de lutte jusqu'en
Chine pour représenter les évois liens et leurs luttes. Et à partir de quoi, est-ce qu'on voit
apparaître des revendications qu'on appellerait féministe? En fait, ce sont des choses qui sont
présentes, le problème c'est d'avoir suffisamment de source pour les documenter. On peut dire que d'une
certaine manière, dès 1944-45, les citoyennes des quatre communes ont une revendication féministe
puisqu'elles réclament le suffrage. Ensuite, avant la seconde guerre mondiale, il y a eu dans certains pays
des mobilisations également, voilà, pour l'égalité, pour le suffrage, etc. Mais dans le cadre de ce que j'étudie
dans mon livre, c'est au milieu des années 50, en lien avec les mobilisations internationales
des femmes aussi, que des revendications, qui portent surtout sur ce qu'on pourrait appeler
question féminine, mais. Le développement, par exemple de crèches, l'accès à l'éducation pour les filles,
l'égalité salariale, entre mes femmes, pour le coup aussi en 56 et puis progressivement
des revendications qui deviennent encore plus, on va dire révolutionnaires, pour l'époque,
d'abolition de la polygamy par certaines de ces militantes.
- Tu utilises de mots ou orités dans le titre de ton ouvrage? Est-ce que tu peux
nous expliquer en quoi la sororité va jouer un rôle très important dans ce mouvement féministe
et anti-colonia l'Africain? - Alors j'ai beaucoup hésité avant d'employer ce terme,
parce qu'évidemment il est très chargé, il a été très discuté, contesté par les
Black Feministes américaines et encore aujourd'hui il est vraiment à la fois mieux connu
et sur la célède. En fait je l'ai utilisé parce que j'ai été frappé par l'occurrence
et la récurrence dans mes sources, de ce qualificatif de sœurs, entre femmes françaises
et africaines, mais des deux côtés, c'est-à-dire que du côté français on pouvait imaginer
qu'avec une sorte de maternalisme, les françaises par les de leurs sœurs africaines,
mais du côté de certaines africaines, vous avez aussi l'emploi de ce terme en disant
il faut que nos sœurs françaises nous aident dans la lutte, que nous sommes en train de mener,
et donc on pourrait dire que d'une certaine manière c'est un terme un peu convenu
passe partout, mais en fait il revient tellement souvent dans les documents que j'ai fini
par me poser la question de cette possibilité, c'est ce qu'interroge de livres de lutte
commune pour les droits des femmes, voir contre la colonisation indépendamment ou en tout cas
dans un contexte d'inégalité systémicré par la colonisation, mais qui n'empêche pas
qu'il y ait ce genre de lutte commune, par exemple je reviens sur la mobilisation de
49 en codivois, j'ai trouvé un grâce d'ailleurs à une collègue américaine qui a travaillé
sur cette mobilisation de 49 aussi, des correspondances entre des avocates françaises et des militantes
ivoariennes, mais correspondances qui se terminent par des mots affectueux, par des sentiments
d'amitié, des femmes de codivois qui disent qu'elles ont appelé leurs filles renais en hommage,
enfin en lien avec Renestie, qui était une avocate communiste anti-colonialiste avec son
mari Pierre Stie, qui est très connu, blanche matarrasso également, qui est française, voilà.
Donc en fait cette correspondance, mais il faut qu'on trouve, il faut trouver ce genre
de source pour pouvoir parler de ça, ces correspondances montrent des liens qui relèvent
de l'affectif et de la lutte politique, parce que la sororité, c'est la lutte politique
entre femmes, des femmes les unes avec les autres, et ça c'est du côté de la lutte anti-colonialiste,
et puis après j'ai aussi étudié une association, l'association des femmes de l'Union française,
que j'ai déjà mentionnée, ou là on est dans une association colonialiste, impérialiste,
en tout cas qui veut maintenir les liens entre la France et ses colonies, mais qui fait aussi
usage de cette rhétorie de la sororité destinée en particulier justement à ces élites
africaines éduquées, qui viennent en France, avec qui il y a des relations qui se nous,
et qui dit que ces jeunes femmes vont transmettre dans leur territoire d'origine les valeurs
de la France, etc, et donc vont permettre de maintenir ce lien.
Donc en fait il y a toute cette rhétorie autour du lien qui est mobilisé aussi par l'association
des femmes de l'Union française. Donc d'un côté, quelque part, un discours anti-colonialiste
mais qui valorise cette sororité dans la lutte anti-colonialiste, et puis un discours plutôt
impérialiste mais qui valorise aussi cette question de la sororité.
Et en même temps, cette question de la sororité, telle que tu la présente, elle va concerner
que une minorité des femmes africaines.
Oui, absolument. Là, je parle vraiment de liens qui se nous entreu, certaines femmes
françaises et certaines femmes africaines et à certains moments de lutte, c'est pas
du tout une situation qu'on peut généraliser.
Alors ton livre, finalement, portant en grande partie sur des relations internationales
qui s'établissent entre des organisations féministes et féminines, alors est-ce que tu peux
ne présenter qu'a été le rôle de ces relations internationales pour les mouvements féministes
africains.
Oui, alors en fait, dans le livre, j'ai vraiment essayé de, comme je le disais, un peu
pour la Codivorte, articuler les échelles, c'est-à-dire de regarder à la fois ce qui
se passait du côté des sociétés africaines quand j'avais des sources et de voir leur
connexion à l'international. Et c'est comme ça que j'ai, si on revient au début
de notre entretien, à partir de ces archives trouvées au Sénégal, découvert la fédération
démocratique internationale des femmes, donc, qui est une des plus grandes organisations
de femmes créées en 1945 à Paris, très proche du parti communiste et du Union soviétique
et qui est une organisation, donc, a une action, des sacrations à la fois féministes et anti-imperialistes,
en tout cas, un discours féministe et anti-imperialiste, et qui développe des liens assez importants
avec des militantes africaines. Et donc, j'ai essayé de comprendre ce que cette organisation
internationale de femmes avait joué comme rôle pour les militantes en Afrique. Et donc,
je reprends l'exemple de Celestino et Saint-Coulibali, qui va se congrer, donc, qui est organisé
par la FDF APK en décembre 1949 et qui, lorsqu'elle revient en Côte d'Ivoire, les services
de renseignement français note qu'elle est galvanisée par ce voyage international, qu'elle
est encore plus anti-colonialiste qu'avant de partir. Et d'ailleurs, elle fait un
petit séjour en prison parce qu'elle a contesté appelée à mettre dehors les Français
de la Côte d'Ivoire. Donc, voilà, cette organisation, la FDF, elle joue en fait un rôle
de plateformes d'arène politique où les femmes d'Afrique qui se rendent dans les congrès,
donc, j'ai étudié tous les congrès successifs à Losanne, le congrès mondial des mers en
55, le congrès de Copenhague, deux en avant 53, sur les droits des femmes aussi. Et en
fait, les africaines qui y vont, il n'y a pas que des africaines de l'Afrique française,
des africaines de tout le continent, qui vont dans ses congrès, finalement, ils trouvent
un lieu d'échanges de mises en commun de leur préoccupation et ça leur donne une forme
de ressources, c'est comme un levier, en fait, quand elle revienne dans leur pays d'origine.
Du coup, quand elle revienne, enfin, elles sont influencées par des idées communistes ou
panister sermons. Quelle est le rôle du communisme, en fait?
Justement, c'est très intéressant parce que c'est vrai que ces organisations, enfin,
ça nous envoie toute une historie graphie sur l'histoire du féminisme parce que c'est
vrai que dans l'histoire des féminismes ou du féminisme, le bloc de l'est où l'URSS,
etc. Pas forcément été étudié comme justement promoteurs des droits des femmes au sens où l'entendait
le féminisme mainstream côté bloc de l'ouest, on va dire. Et moi, ce qui m'a intéressé,
ce n'est pas de savoir si l'IF était vraiment féministe ou pas, mais c'était plutôt de voir
qu'est-ce que les Africains faisaient de ça. Et en fait, elles reviennent pas du tout avec des idées
communistes. En fait, elles reviennent comme je disais avec, comment dire, elles sont galvanisées
par la rencontre avec des femmes du monde entier. Ils comprit d'Asie, ils comprit d'Amérique
Latine et elles reviennent avec des modes de mobilisation, en fait, avec des répertoires d'action.
Et il s'agit pas du tout de dire, et ça, j'incise beaucoup dans le livre, que c'est parce qu'elles
sont allées à l'international, quels se mobilisent dans leur pays puisque ce que j'essaie de
montrer, ce qu'elles étaient déjà mobilisées, mais simplement, voilà, il y a un effet
cataliseur, en fait, de ces organisations féminines, féministes, internationales, mais pas du
tout spécialement de politisation d'un côté ou de l'autre. Même si elles ont un discours
anti-impérialiste, mais voilà, qui est global, en fait.
Une forme d'émulation à l'échelle internationale, en fait, tout à fait.
Ils vont lui pousser à agir et à être d'en plus réactives dans leur pays. Alors justement,
quels vont être les retombées de ces rencontres sur les femmes africaines?
Ça, c'est plus difficile à documenter. Parce qu'en fait, ce qu'on a comme archif
sur ces congrès, alors on a le bulletin de la FDF par exemple, un bon qui rencontre
mais en fait, comme on n'a pas les archives de la fabrication de la revue, on sait pas
exactement ce qui a été écrit par écrit, comment ça a été fabriqué. Et on n'a pas
vraiment de sources de correspondance qui permettrait de dire que, à la suite de ce
congrès, elle revienne en revendiquant par exemple l'égalité d'accès à l'éducation,
etc. Enfin, ça viendrait de là et puis que ça aurait des effets surtout sur place.
Parce qu'en fait, ce n'est pas des faits sur place. On est dans une logique de lutte
anti-coloniale. Et à la limite, on pourrait dire, après les indépendances, est-ce que toutes
ces mobilisations ont eu des effets en termes d'élargissement, des droits, des femmes,
et en fait, non, puisqu'après les indépendances, on a un backlash au contraire qui renvoie
les femmes. Alors, à leur foyer, donc en fait, c'est très difficile de documenter très
précisément, est-ce que ça a fait avancer les droits des femmes? Mais on en parle
à peut-être. Ce que ça a eu comme effet quand même, c'est de susciter des structurations
de comité. Par exemple, j'ai étudié dans le livre comment l'internet syndicat des femmes
travailleuses du Mali, s'est constitué après la première conférence mondiale des travailleuses
à Budapest en 56. Donc en fait, il y a vraiment un effet de structuration, on va dire, de
la mobilisation. Et structuration des luttes qui va avoir un effet sur le mouvement des
coloniales. Oui, parce qu'après ce qui se passe, c'est que par exemple, après le congrès
de Vienne en 1958, qui a un congrès de la fédération des démocratiques internationales
des femmes. Alors là, pour le coup, on a des témoignages, il y a des militants qui ont
écrit leur mémoire, comme Jean Martin Sissé, et puis, il se trouve qu'une des femmes
qui représentait le Mali à ce congrès de Vienne, pas s'attalguer et d'ambéder, et toujours
vivant à Bamako, alors moi, j'ai pas pu la rencontrer directement, mais Valérie Nivlon
de RFI l'a rencontré, l'interviewé, et elle a vraiment raconté que, à Vienne,
elle s'était retrouvée donc avec d'autres femmes d'Afrique, de l'ouest,
donc Jean Martin Sisset, Aïsatou, Coulibalie, et qu'elles avaient discuté
de la nécessité de s'unir entre femmes africaines.
Donc en fait, on est à la fin des années 50 et l'évolution c'est vert.
OK, on est à l'international et on est connecté à ces organisations internationales de femmes,
mais il faut aussi se structurer nous à l'échelle.
Alors, dans un premier temps de l'Afrique de l'ouest sous domination française,
et donc c'est à l'assuie de ce congrès de viennent qu'elles vont décider d'organiser
à Bamako en 59 le congrès de lui-fois, l'Union des femmes de l'ouest africains.
Né en 1958, lors d'un congrès international ou des femmes de divers territoires de Lex Aouf,
se trouvait réunit, l'idée d'une union des femmes d'Afrique s'est bien vite imposée à toutes,
car elle exprimait un comment besoin, celui de s'unir pour être fort.
Le festival pendant lequel l'Aouf s'entend sa fin proche sous le coup du référendum,
s'abandonné au dernier plaisir de la vie en famille,
le festival donc a permis aux femmes une prise de contact plus approfondie.
Et nous avons alors compris que ni les frontières, ni les lois actuelles,
ne nous empêcheraient de poursuivre et d'achever le travail amorcé.
Notre ambition n'est pas de faire seulement une union des femmes d'Afrique occidentale de langue française,
ni même avec l'ancienne Aouf en plus,
mais nous visons l'Union des femmes de tous le continent africains,
qu'elles soient blanches ou noires de langue française, anglaise ou autre.
Nous voulons que ce premier congrès, que nous plaçons sous le signe de l'unité et de la paix,
ne soit que le prélude de l'immense mouvement de solidarité entre les femmes de l'immense afrique.
Extrait d'une allocution du congrès fondateur de l'Union des femmes de l'ouest africains à Bamako.
Conferrence d'ouverture le 20 juillet 1959.
Alors qu'est-ce que c'est que cette UFA, mais quelle rôle va-t-elle avoir?
C'est une organisation, donc comme ce texte le montre,
qui a été créée en juillet 1959 à Bamako,
la capitale de Soudan français, bientôt Mali.
Donc, on n'est pas encore. Les pays sont pas encore indépendants sauf la Guinée conacrée,
qui a refusé d'entrer dans la communauté française,
voulu par le général de Gaulle,
qui a voté non au référendum du mois de septembre 1958,
qui a obtenu son indépendance.
Donc, la Guinée est indépendante,
mais les autres pays sont encore sous-dominations françaises,
même si on est vraiment. On va être à la veille de l'accès à l'indépendance.
Et donc, à la suite, comme le dit ce discours d'ouverture,
la suite de ce congrès de Vienne,
donc, par du congrès international,
mais il y a ce désir d'Union,
cette réunion à Bamako de plusieurs milliers de femmes,
et ce discours, là, c'est vraiment une source tout à fait rare et précieuse,
parce qu'il se trouve que c'est le résultat d'un enregistrement
de ce congrès que j'ai retranscrit auquel j'ai pu avoir accès à Bamako,
mais il y a longtemps en 2007.
Et donc, c'est très rare, en fait, qu'on est des sources directes de ces congrès.
Et donc, elle s'unise pour unifier,
comme elle dit, un lit mensafrique.
Donc, c'est vraiment un congrès qui se veut pas n'Africain,
la première étape, donc, c'est l'Afrique de l'Ouest francophone,
de langue française, mais elle veut ensuite s'élargir.
Et elles ont des revendications.
Je l'ai évoqué tout à l'heure très progressiste pour l'époque,
puisque, voilà, elle veulent l'abolition de la polygamy,
elle veulent le développement de l'éducation,
la réforme du mariage, donc la mise. Voilà, l'index des mariages forcés, des mariages précoces, etc.
Elles sont, voilà, dans des revendications là, pour le coup féministe.
Alors, la mauvaise nouvelle, c'est que ce organisation n'existe que non,
parce que les femmes qui ont porté cette organisation,
lorsqu'elles rentrent dans leur pays, donc le Sénégal a guiné.
Le Bénin, en fait, elle se haute, surtout pour la guinée.
On a des témoignages que sur la guinée, donc ça, ça reste à approfondir,
mais elle se haute à une levile bouclier de la majorité des femmes,
qui ne sont pas du tout en phase avec ce type de revendications,
en fait, et donc, elles sont complètement déconnectées d'une certaine manière.
Bon, moi, je suis plus nuancée sur ça, parce que, à Bamako,
manifestement, il y avait une audience très large,
et donc un soutien, voilà, plus important.
Mais ce qui est sûr, c'est que c'est pas le moment du tout
de promouvoir ce genre de législation,
et donc l'organisation n'existe qu'un an.
Elle disparaît avec les indépendances en 1960,
mais un certain nombre des femmes qui étaient à la tête de Lufa,
comme Jan Martin Sissé, justement, vont continuer leur action
et être les portes du projet de organisation panapricaine des femmes.
Ça veut dire que ces revendications féministes,
elles se heurent à une forme de tradition qu'on veut maintenir.
Même les femmes.
- Même les femmes. - Oui, absolument.
- Oui, oui, tout à fait. - Elle se horte aux habitudes culturels,
à la manière dont la société fonctionne et est organisée, etc.
Donc de fait, elles sont renvoyées à leur statut de femmes occidentalisées.
C'est pour ça qu'elles se déclarent rares,
et elles ne se sont jamais déclarées
quand j'ai pu faire des entretiens comme féministes.
Elles œuvent au progrès de la condition des femmes,
à la ménuration de la condition des femmes.
Elles parlent de promotion de la femme,
mais elles ne vont pas revendiquer le terme de féministe,
puisqu'à l'époque, elles sont associées au colonisatrice,
à l'Occident, aux États-Unis, etc.
Pourtant, les femmes colonisatrices ne sont pas nécessairement les plus féministes, non plus.
Non plus, mais il y a une forme de raccourci entre ce qu'un quart de les européens,
on va dire d'une manière générale qu'elles vivent ou pas dans les pays colonisées.
J'aurais voulu savoir si dans toutes ces femmes que tu as croisées, dans ces congrès, dans ces mouvements,
est-ce qu'il y a des grandes figures que tu retiens, ou qui pour toi sortent du loup?
À la fois, je vais dire oui, et en même temps, c'est un peu le problème.
La difficulté de ces travaux, sur les femmes, c'est que. En fait, ce qui ressort, c'est celle qui ont laissé des traces.
Donc, c'est celle sous-venturée qui ont écrit leur mémoire,
comme a Joaquette, qui était une sage femme,
qui a publié l'histoire de sa vie en 1975 chez présence africaine.
Et de ce fait, on connaît très très bien l'histoire de son engagement politique,
même si son livre n'est pas du tout personnelle.
Donc, en fait, c'est très peu de chose de sa vie personnelle.
Et puis, elle s'arrête en 1959. Donc, ça, c'est très frustrant, parce que. On a, avec Ophélérion, un collègue qui travaille spécialiste du genre de lutte au Mali,
on a écrit plusieurs articles sur Awa Keita,
et montré qu'elle avait continué son activité politique après l'indépendance du Mali.
Mais voilà, on a ces mémoires qui en font une grande dame,
mais on ne peut pas s'empêcher de penser qu'il y en avait sans doute plein d'autres,
qui étaient des grandes dames et des grandes militantes, sur lesquelles on n'a pas forcément deux sources.
Pareil pour Jean-Martin Sissé, qui a écrit aussi ses mémoires,
à la toute fin de sa vie, en 2009, elle a publié la fille du milleau,
où, voilà, elle raconte sa trajectoire,
parce que c'est une ancienne institutrice qui est devenue donc femme politique,
qui a été secrétaire générale de l'Organisation Pan-Africaine des femmes,
et qui a été la première femme africaine président du Conseil de sécurité à l'ONU en 1972.
Donc, elle a eu une carrière, elle a aussi été ministre sous ses coutourés.
Donc, voilà, on va dire des ambivalences politiques et des responsabilités politiques
et compris dans un régime tyrannique et autoritaire.
Et donc, Jean-Martin Sissé, elle a aussi écrit donc on s'est plein de choses sur elle,
et puis il y a beaucoup de sources qu'on peut reconstituer.
Je pense aussi à Giselle Rabesala, qui est une malgache, qui a aussi écrit ses mémoires.
Donc, en fait, oui, il y a des grandes figures,
mais c'est parce qu'on a accès à des sources sur elle,
et en fait, tout le défi consiste à essayer d'avoir de la documentation sur des militantes.
On va dire moins exceptionnels, peut-être, ou tout aussi exceptionnel, mais moins connus.
Oui, dans ton aura de toute façon, pas un parcours complet.
Voilà, pour l'Afrique sur laquelle je travaille les pays anciennement français,
pour le moment, il n'y a pas eu de découvert d'archives privées
de femmes militantes politiques de grande ampleur,
mais c'est vrai que ma collègue, par exemple, Sarah Panattaque travaille sur le Nigeria.
On réelle, elle a fait un travail extraordinaire.
Voilà, il y a des fondations dans lesquelles il y a des dépôts, d'archives,
de militantes, une des plus connus, c'est une mille ayourants de somme-coutis,
qui a été une grande militante aussi de la fédération démocratique internationale des femmes.
Donc, il y a des pays sur lesquels on a des fonds privés de femmes
qui sont évidemment des sources exceptionnelles.
Mais c'est vrai que pour l'Afrique, pour la côte d'Ivoire, par exemple,
il faudrait creuser encore, on n'est pas dans la même profusion documentaire.
Alors, je voudrais te poser une dernière question sur la poursuite des luttes féministes
après les indépendances, parce que le féminisme africain s'arrête par en 1960.
Donc, quand est-il des décennies qui suivent?
Mais c'est très intéressant, ça pose aussi des questions documentaires.
Et c'est ce sur quoi, j'essaye de travailler d'avantage maintenant,
parce qu'en fait, l'histoire que je traite pardon dans mon livre, ça arrête en 1962,
avec la création de l'Organisation Pan-Africaine des femmes,
qui est donc un an avant la création de l'OU1,
qui est l'Organisation de l'Unité Africaine en 1963,
un an avant les femmes d'Afrique de plusieurs pays,
une trentaine de pays sont représentées en temps de zanie.
Donc, à l'époque, le Tanganika a d'arrêt cela,
mais elle crée cette organisation qui existe toujours.
Et qui, finalement, va devenir l'Organisation Pan-Africaine des femmes,
organisé des congrès, avoir des actions, etc.
Mais ça, c'est à l'échelle du continent.
Et après, dans les différents pays, bien sûr,
il y a une activité qui continue,
mais ce que je disais tout à l'heure,
c'est que vous avez un baclash après les indépendances
qui fait que les droits des femmes à son relégé,
on va dire à l'arrière-plan.
Et puis, on a des régimes de parties uniques,
en fait, dans la plupart des pays.
Donc, vous avez dans les pays sur lesquels j'ai un peu travaillé,
des organisations nationales,
l'Union des femmes du Mali,
vous avez l'association d'y familles vois-riennes,
vous avez l'Union des femmes du Sénégal,
mais en fait, ces associations,
jusqu'à présent, l'historiographie en parle comme des courroits de transmission,
des politiques des parties uniques. Moi, mon envie, c'est aujourd'hui de travailler sur
ces associations, essayer de voir quand même ce qu'elles ont fait, ce qu'elles ont pu faire,
ce qu'elles n'ont pas pu faire, pour voilà faire avancer, par exemple l'alphabétisation,
faire avancer les questions de développement des systèmes de santé, de planning familiale,
etc. Donc c'est clair que la décennie 1960 elle est sous étudiée. Donc on n'a pas en fait
on sait pas tellement ce qui s'est passé, il y a une collègue actuellement qui travaille sur la
place des femmes au parlement et qui montrent très bien dans ces travaux, qu'il y a des femmes qui
sont élus, très peu nombreuses, mais qui sont élus dans les parlement, mais qu'en fait on ne sait
pas ce qu'elles ont fait. On ne sait pas, qu'est-ce qu'elles ont défendu, qu'elles prises de parole,
voilà, en quoi leur présence au parlement a changé ou pas quelque chose, et ça on n'a, il n'y a pas de
travaux, en fait, et il n'y a pas beaucoup de sources non plus. Donc ça c'est un peu compliqué. Et puis
après on arrive à la décennie des années 70, la conférence de Mexico 75, la décennie de la
Nations Unies et là commence ce que la plupart des travaux et des sociologues de féminisme en afrique,
appelle le féminisme africain, mais en fait moi tout l'enjeu de mon livre, c'est de montrer que ce
féminisme africain, il commence pas avec la décennie des Nations Unies 75, 85, etc. Et il commence bien
avant, en fait. Et bien merci beaucoup Pascal, nous allons maintenant essayer de voir comment transposer toutes
ces informations dans les programmes et dans vos cours d'histoire. Alors je me suis posé effectivement
la question de comment enseigner une histoire mixte de la décolonisation uniquement histoire de
ressentrer un peu le propos dans ce qu'on peut trouver dans les programmes scolaires. Du coup,
que disent les programmes? Au collège, la colonisation en elle-même est plutôt enseignée en classe
de quatrième et en troisième, les élèves devront étudier cette fois la décolonisation. Il y a tout le
thème de "distoire" du programme IIIe qui s'intéresse au monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il comprit donc
les mouvements d'indépendance et de construction de nouveaux états. Le programme est assez permisif pour
notre sujet puisqu'ils mentionnent juste, on étudira les modalités d'accès à leur dépendance
à travers un exemple aux choix. Très bien, nous quand on a des exemples aux choix parfaits, on met des femmes.
Il faut également faire du lien avec la guerre froide, mais à priori pas dans le même chapitre.
Au lycée, général et technologique, c'est en terminal que les questions d'indépendance se posent dans
le thème de la haussine. Dans un cas des chèles mondiales, il est clairement demandé d'intégrer les questions
de décolonisation en lien avec la guerre froide. Les points de passage et d'ouverture s'entrent sur les
guerres d'indochine, du Vietnam. Le dernier chapitre de STEM porte sur la France avec un PPO, sur la
guerre d'Algérie et ses mémoires. Ceci étant dit, rien n'empêche d'insérer de la mixité dans nos cours
à travers des documents utilisés pour illustrer les mouvements d'indépendance des territoires colonisés
par la France. En lycée professionnelle, là encore, c'est également dans le programme de Terminal
qu'on va pouvoir faire des choses. Le processus de décolonisation est à étudier en lien avec le
mouvement de non-alignement. Pour autant, les capacités à travailler vont nous permettre d'insérer une
histoire mixte parce qu'il est demandé aux élèves de, je cite raconté à l'oral ou à l'écrit,
le rôle d'un leader indépendantiste ou d'une organisation dans l'accession à l'épendance d'un pays.
Nous, quand on lit un leader, évidemment, on va interpréter une lideuse, ou tout du moins, on va essayer
de interpréter le programme avec une lecture un petit peu plus inclusive. Donc, s'il est rédigé au
masculin, on a l'habitude d'ignorer ça. Il est également demandé aux élèves de, je cite encore,
dégager l'intérêt, l'apporter et le sens d'un document de la période, un discours, des actes de
séminaire internationaux, de conférence, de traité, etc. On va donc tenter de trouver un document
ou deux qui permettent des l'or de lier, genre et d'écolonisation. Alors, justement, en parlant de
documents, à travers les points de passage et d'ouverture, les exemples fournies par les programmes,
la décolonisation est souvent étudier au prisme du conflit, mais il faut montrer les différentes
formes que les mouvements d'opposition à la colonisation ou prise. Donc, à ce titre, on peut étudier
la lutte pour le droit de vote des femmes dans l'écolonie française. Et ainsi, prendre comme document,
la deuxième partie de l'article de venir électrice en Afrique de l'Ouest qui a été écrit par Pascal,
donc, également, Sarah Panata. Dans l'excellent ouvrage, l'efféminisme unhistoire mondiale 19e, 20e siècle,
vous trouverez ça au page 16677, très précisément. Et je glisse ici la petite mention que il y a plein d'autres
articles. Dans cette ouvrage qui vous donne énormément de documents pour pouvoir justement
avarier un peu des PPO pour pouvoir justement insérer davantage de femmes d'histoire féminine
dans nos programmes. Donc, l'article de venir électrice en Afrique de l'Ouest, il a accompagné d'une
photographie montrant deux femmes votant lors d'une élection en AOF en 1958 et d'un texte explicatif
qui peut tout simplement faire une étude de cas toute simple. Dans les colonies d'Afrique occidentale
française, Benin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Giner, Mali, Mauritanie, Niger, Togo, Sénégal,
des Africaines revendiquent aussi des droits pour les femmes dès l'entret de guerre, mais la question du
suffrage ne devient centrale qu'après la Seconde Guerre mondiale. En 1945, les habitants des 4 communes du
Sénégal, Dakar, Rufisq, Gauré et Saint-Louis, qui sont citoyennes depuis 1848 mais, comme les Françaises
de métropole, son droit politique se mobilise pour le suffrage des femmes. Dans le contexte des réformes
d'Afrique, elles obtiennent gins de cause et votent pour la première fois aux élections municipales en
juillet. Ce droit a été tendu à toutes les Africaines maires de deux enfants, vivant ou mort pour la
France en 1951, puis devient universel en 1956. Cette élargissement progressive du suffrage permet
l'élection des premières députés dès l'époque coloniale, la journaliste Ganéenne Mabel Dove en
1954, la sage femme Malienne Awa Keita en 1959. Au lendemain des indépendances, elles sont plus
nombreuses, mais leur rôle reste limité par l'instauration de régime à partir de l'élection.
Donc cet extrait de cet article ainsi que la photographie des élections en Afrique occidental
française en 1958 peuvent permettre une étude de cas, que ce soit en troisième ou en terminale,
ça passe très bien aussi. Pour quelque chose un petit peu plus complet peut-être que ce soit en
troisième, l'encore ou en terminale, tout bas confondu, un général technologique ou professionnel,
l'étude d'une femme politique indépendantiste permet assez aisément d'enseigner une histoire
mique de la déconnisation. Depuis deux ans, j'ai une petite lubie dans la façon de gérer mes cours,
qui fait que j'aime bien faire faire aux élèves des affiches, que j'appelle souvent des postères
scientifiques pour inciter les élèves à développer un peu leur propos et mettre un peu plus de textes que
d'image et qui permettent de remplacer souvent des exposés. Et donc en fait, l'idée c'est de prendre
un chapitre ou un morceau de chapitre et présenter plusieurs exemples participants à la compréhension d'un
sujet avec une mise en commun final qui sert à relier les différents exemples traités dans ces
postères, ces affiches, avec les thématiques plus générales du chapitre. Pour donner un
des en concret, si on prend l'exemple de l'étude des mouvements indépendantistes de la WF en
troisième ou plus spécifiquement celui de la guinée en terminal pro, l'objectif serait de faire
comprendre aux élèves les intérêts politiques, économiques et sociaux de ces mouvements et les
revendications des populations concernées. Donc on peut demander aux élèves de réaliser des
affiches par groupe, elles seront présentes à l'oral ou non selon les compétences que vous
souhaitez travailler avec vos élèves et on pourrait faire donc une affiche sur un homme politique
leader des mouvements indépendantistes, une autre affiche sur une femme investi également dans ces
mouvements indépendance, un troisième postère sur la réception de ces mouvements en métropole,
encore un autre sur une déclaration ou des textes de loi accordant d'interpendance et enfin un
dernier travail sur la situation dans l'état indépendant, ces liens avec l'ancienne métropole,
par exemple sa situation économique, politique, social etc. Et donc à l'issue de la présentation de ces
affiches, les élèves doivent faire un bilan, soit sous forme de tableau à remplir, soit sous forme de
petite rédaction, là encore, tout dépend de là où vous en êtes dans votre programmation de l'année
et compétences que vous souhaitez travailler. L'intérêt de ce type d'activité, c'est de pouvoir
mobiliser autant d'exemples féminins que masculins, là où les manuels ne sont généralement que sur
les exemples de leader masculin. Et des exemples féminins en fait, on a justement pendant cet épisode
parce qu'elle nous a cités plusieurs, est-ce que là tu pourrais nous rappeler un peu quel
personnage féminin on pourrait présenter à nos élèves ou plutôt demander à nos élèves de
nous présenter et si tu saurais donner à nos auditeurs ou à des tristes des endroits un peu plus
facile pour aller chercher ces exemples? Oui, je pense que un des exemples est plus facile à
utiliser parce que maintenant on a beaucoup de ressources sur elle, c'est celui d'Awa Keitan. Donc en fait,
vous avez par exemple déjà dans le dictionnaire biographique des féministes codirrigé par s'il
l'échapprent et Christine Bars, il y a une notice que j'avais rédigé sur elle qui était un
premier travail. Donc Awa Keitan pour le malit. Pour le malit. Voilà, mec, sous-dans français. Donc
elle, sache femme, devenu femme politique, à la fin des années 30 et ensuite, lideuse dans le
rassemblement des bons pratiques africains. Donc je disais qu'elle avait écrit ses mémoires mais les mémoires
elles sont un peu longue et dur à s'approprier. En revanche, voilà, il y a une petite synthèse dans le
dictionnaire biographique des féminismes. Il y a aussi une émission que j'avais réalisée avec
Valévin Yvlon pour la marche du monde sur Rérifie qui était sur Awa Keitan. Awa Keitan, la voix
des indépendances africaines. Donc voilà, qui permet, on venait beaucoup sur son parcours avec des
archives sonores aussi, des extraits de sa voix, justement, qui sont possiblesment utilisées pour
les faire écouter aux élèves. Et puis, on a écrit aussi avec au filérion un article beaucoup
plus ambitieux mais qui est quand même un article donc facile rapidement lui quand même dans
[Musique]
le dictionnaire global des socialismes sous l'angle de son engagement justement communiste,
socialiste ou pas. Mais on revient sur tout son parcours, voilà. Je pense qu'Awa Keita
et puis j'avais aussi écrit sur le site le Média Online de Conversation à un texte
sur elle. Donc en fait on trouve quand même maintenant des choses en ligne et il n'y a
pas longtemps le monde, le journal Le Monde a fait un petit podcast vidéo, une capsule
vidéo de deux minutes et demi sur Awa Keita. Bon, on l'a voir prendre l'avion pour aller
dans un endroit à l'autre de l'Afrique, ce qui est totalement faux. Il est assez mignon,
le dessin est bien et en tout cas c'est très pédagogique. Oui, en tout cas le deux minutes,
deux minutes, 30, c'est un format qui est très pratique pour nous. Donc ça pour le Malib.
Pour la guinée, on a Jean Martin Sissé tu l'isais? Oui, alors Jean Martin Sissé,
mais on trouve des choses en ligne, un peu moins facile d'accès peut-être. Voilà,
il y a aussi un portrait d'elle dans le dictionnaire biographique des féminis si je ne me trompe
pas. Oui, et vous avez aussi, alors ça peut être utile pour les enseignants, il se trouve
que la question de concours de l'agrégation d'histoire a été sur les sociétés africaines
et le monde entre 2022 et 2024. C'est également l'agrégation entaire. Voilà. C'est aussi
le sujet du capet. Voilà. Et donc les manuels à l'Atlante, ils nous ont beaucoup mobilisés,
spécialistes historiennes des femmes et du genre en Afrique et donc on a écrit plein de
notices. Donc en fait, vous avez une pas sur Jean Martin Sissé, même Mabel Dove dans
ton parler, la première gagnante, mais bon, ça sort de l'empire français. Mais voilà,
en fait là, vous avez vraiment ce que je parlais tout à l'heure, la marche des femmes
sur Grand Bassa, mon 49, vous avez des notices très synthétiques dans les manuels,
à clandes qui ont été écrits pour l'agrégation. Et dans le document qu'on peut montrer
aux élèves, je sais que j'aime bien proposer aussi des petites bédées. Il y a des femmes
comme ça, on peut retrouver leurs parcours en BD. Pas beaucoup, mais Lunezko avait fait
et mis en ligne sur son site, c'est accessible. Une petite bande dessinée sur Founmille-Layour
en Somkouti. Donc je parlais tout à l'heure qui est la mère de Félacouti, le musicien,
et qui était une grande militante d'unigérien. Donc c'est une colonie anglophone, mais pour
le coup, vous avez une petite bande dessinée qui permet aussi peut-être de varier le regard.
Et puis voilà du coup, ça raconte sa vie, son entrée en militantisme, sa carrière
politique, et c'est très facile à utiliser, je pense.
Merci beaucoup. Donc là, on a quelques raisons qui permettent de faire une histoire
un peu incarnée, j'en ré, évidemment, des mouvements indépendantistes. Je renvoie encore
une fois, donc à la référence que je vous ai donné il y a quelques minutes. Sur le livre,
l'Efeminisme, une histoire mondiale 19/20 siècle, parce que j'insiste il y a vraiment
beaucoup de choses qui permettent aussi, notamment au collègue, qui a bien enseigné une
histoire un peu plus politique, sociale et un peu moins incarnée, de ne pas s'entrer
que sur des actrices et des acteurs.
Merci beaucoup Pascal pour cette présentation de ton ouvrage, et merci à Clémentine
pour ses propositions d'adaptation dans les cours d'histoire du secondaire.
Nous vous remercions beaucoup pour votre attention, et nous vous donnez rendez-vous très bientôt
pour un prochain épisode.
Merci Pascal pour cet épisode riche qui nous a permis de mieux appréhender la question
d'émobilisation et les formes d'action collective des femmes africaines à l'égère
internationale.
Comme toujours, vous trouverez une bibliographie détaillée ainsi que les documents originaux
sur notre site internet.
Ce podcast vous est présenté par l'association NemoZine pour la promotion d'histoire
des femmes et du genre, avec, à la production, Cecil Began, à la réalisation Juli-Bosac,
et à la lecture des textes, ainsi que la partie pédagogique Clémentine Nôtelie.
Merci encore au studio Lapoudre situé à la cité audacieuse de nous permettre d'utiliser
leurs locaux.
Si vous souhaitez nous soutenir, n'hésitez pas à adhérer à notre association grâce
à notre portail et l'OASO.
Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur notre site.
À bientôt!
Podcast Summary
Key Points:
Pascal Barthélemi explore les liens entre féminisme et décolonisation en Afrique française, mettant en lumière les mobilisations politiques des femmes africaines et françaises à l’époque du froid.
Son ouvrage « Sororité colonialiste » s’appuie sur des archives sénégalaises, des bulletins internationaux comme celui de la Fédération démocratique internationale des femmes, et des témoignages de militants.
Les femmes des quatre communes du Sénégal, citoyennes depuis 1944, ont mené une forte mobilisation politique contre l’exclusion du suffrage, marquant un tournant dans l’histoire de la citoyenneté féminine.
Les relations entre femmes africaines et françaises s’inscrivent dans une rhétorique de « sororité » marquée par des liens affectifs et politiques, mais souvent limités à des minorités sociales.
L’organisation des femmes d’Afrique occidentale (UFA) naît en 1959 comme un espace de solidarité, avec des revendications féministes comme l’abolition de la polygamie et l’éducation, mais disparaît rapidement avec l’indépendance.
Ces mouvements se développent dans un contexte de lutte anti-colonialiste, où les revendications féministes sont souvent liées à l’égalité des droits, plutôt qu’aux enjeux exclusivement de genre.
Les réseaux internationaux de femmes, notamment les congrès féministes, jouent un rôle catalyseur en inspirant des formes de mobilisation locales et en créant des répertoires d’actions.
La croissance des mouvements féminins en Afrique est limitée par des résistances culturelles et sociales, ainsi que par une absence de documents solides documentant les effets durables sur les droits des femmes.
Summary:
Pascal Barthélemi analyse dans son ouvrage *Sororité colonialiste* les liens entre le féminisme et la décolonisation en Afrique française, en mettant en lumière les mobilisations politiques des femmes africaines et françaises à travers l’histoire du XXe siècle. Son travail s’appuie sur des archives sénégalaises, des documents internationaux comme ceux de la Fédération démocratique internationale des femmes, et des témoignages de militants. Il montre comment, à partir de 1944, les femmes des quatre communes du Sénégal, citoyennes de droit, ont organisé une forte campagne pour obtenir le droit de vote, marquant ainsi un tournant dans l’histoire de la citoyenneté féminine.
Ces mouvements s’inscrivent dans une logique anti-coloniale, où les revendications féministes sont fortement liées à l’égalité des droits entre les colons et les colonisés. Une rhétorique de « sororité » relie parfois des femmes africaines et françaises, mais elle reste limitée à des groupes élites. L’Union des femmes d’Afrique occidentale (UFA), fondée en 1959, représente un moment de solidarité entre femmes, avec des revendications féministes comme l’abolition de la polygamie, mais elle disparaît rapidement avec l’indépendance des pays.
Les réseaux internationaux de femmes jouent un rôle catalyseur en inspirant des actions locales, mais les effets durables sur les droits des femmes restent difficilement documentés. L’histoire montre que ces mouvements, bien que marquants, s’inscrivent dans un contexte de résistances culturelles et sociales, limitant leur diffusion et leur impact à long terme.
FAQs
Le terme de « sororité » désigne un lien affectif et politique entre femmes françaises et africaines, souvent utilisé pour exprimer une solidarité dans la lutte contre la colonisation. Il est présent dans les archives et reflète une coopération dans des actions communes, même si ce lien ne s'applique pas à toutes les femmes.
Les femmes africaines, notamment dans les quatre communes du Sénégal, se sont mobilisées pour obtenir le droit de vote. Elles ont mené des campagnes de protestation, organisé des inscriptions à l’élection et exigé des droits politiques, marquant un tournant dans la vie publique.
Les revendications féministes ont été étroitement liées à la lutte contre la domination coloniale. Les femmes ont exigé l’égalité des droits, l’accès au vote et la réforme du mariage, en s’opposant aux inégalités systémiques imposées par la colonisation.
La FDF, une organisation internationale proche du communisme, a servi de plateforme d’échanges pour les femmes africaines. Ces femmes ont été inspirées par les idées de solidarité et d’action internationale, renforçant leurs mobilisations locales.
Les revendications comprenaient l’abolition de la polygamie, le développement de l’éducation pour les filles, l’égalité salariale et la réforme du mariage, notamment en éliminant les mariages forcés et précoces.
Les femmes des quatre communes du Sénégal ont bénéficié d’une longue tradition de participation politique, ce qui a permis une mobilisation puissante en 1944-1945, marquant un moment clé de l’acquisition du droit de vote.
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