Retail français : retrouver l’émotion, la vérité et le sens, avec Olivier Dauvers
0m 0s
Olivier Dauvers, expert reconnu de la consommation, décrit une période de transformation radicale du commerce français. Il souligne que la croissance de la consommation et la démographie sont en berne, tandis que le e-commerce progresse, fragilisant les magasins physiques. Cette « destruction créatrice » rappelle les années 1960, mais avec des acteurs historiques comme Casino ou Auchan en difficulté. Dauvers explique que le commerce français, généraliste, reflète une société moyennisante et peu communautarisée, contrairement aux États-Unis où les enseignes ciblent des segments spécifiques. Il aborde aussi la frustration des consommateurs, tiraillés entre leurs envies (souvent décuplées par les réseaux sociaux) et leurs moyens réels, ce qui nourrit une colère sociale. Pour y remédier, il défend une consommation plus responsable, illustrée par des marques comme « C’est qui le patron ? » ou « Café Joyeux », qui intègrent une dimension altruiste (revenu des éleveurs, insertion des handicapés). Dauvers insiste sur l’importance de faire comprendre aux consommateurs l’impact de leurs choix, via des concepts comme « Je choisis, j’agis », pour transformer l’acte d’achat en levier de changement positif.
Olivier Dauvers : parcours, entreprise et médias
Bonjour à tout le monde.
Bienvenue dans ce nouvel épisode du Podcast les sentinelles de la COM.
Aujourd'hui, nous recevons un invité très spécial que certains connaissent, que ce soit à la radio ou à la télé.
Il se nomme Olivier Dauver.
Olivier, Bonjour.
Personne 2
Bonjour à tous, pouvez vous vous ?
Personne 1
Présenter pour nos auditeurs et auditrices qui découvrent qui vous êtes.
Personne 2
Olivier Dauver, 55 ans, je reçois ingénieur en agriculture de formation donc.
Pas très intelligent mais plein de bon sens puisque c'est le principe.
C'est le fameux bon sens paysan. 35 ans que je m'intéresse au sujet de la Conso parce que j'ai commencé relativement tôt, j'avais un pas d'avance à l'école.
C'est pour ça que quand vous faites 55 ans moins 35, rassurez vous c'est normal.
J'ai d'abord été rédacteur en chef de magazine professionnel sur le commerce et la conso linéaire rayon boisson et depuis 25 ans j'ai monté ma propre boîte d'édition édition d'Auver.
On est 4.
Tous associés avec la volonté de non croissance hein.
On vit très bien, on est très heureux et on préfère être heureux dans notre quotidien que riche un jour.
Chacun a sa vision, mais la mienne en tous les cas en tant que porteur de cette boîte là.
Depuis l'origine est très installée et notre métier c'est de visiter des magasins, d'analyser la conso et de le raconter.
On le raconte de dans 2 de 2 manières, on le raconte en mode B to B C'est à dire avec vraiment un très haut niveau d'analyse via des livres, magazines, veille études et moi je le raconte de manière particulière EN B to c puisque je suis Monsieur Conso du groupe RTLM6 avec tous les matins un rendez-vous à 08h40 dans la matinale de Thomas Sotto et ensuite avec Julien Courbet dans ça peut vous arriver pour aussi parler conso de 10h00 à 12h00 sur RTL et sur M 6.
Et en parallèle je porte avec Julien Courbet 2 concepts d'émission Conso qu'il a qu'il a lancé l'année dernière et sur lequel je l'accompagne en prime.
Ça veut dire à 21h00 Hein, c'est les les fameuses le carrefour d'audience, on va l'appeler comme ça.
Une émission qui s'appelle à quel prix ?
Qui est pour faire simple un peu le capital spécial conso, on pourrait le dire comme ça.
Et puis un jeu qui s'appelle j'en connais, un rayon qui est dans la grande vague ou vogue des quiz que l'on voit à la télé.
Je sais que France Télévision on a beaucoup.
Ben nous on a le nôtre sur la console qui s'appelle Jean connaît un rayon qu'on a développé en 2025 et pour lequel on a resigné en 2026.
Voilà donc je parle commerce conso matin 12h00 et soir.
Personne 1
Clairement, vous vivez la chose, j'ai envie de vous dire pleinement.
Personne 2
Je ne pense qu'à ça et de temps en temps, le soir, quand j'ai du temps, je vais voir des concerts d'Indochine et après la vie est suffisamment remplie.
Personne 1
OK, c'est à Bercy du coup ?
Personne 2
Pour le dernier ?
Ah mais je fais à peu près tous les concerts.
La semaine dernière j'étais dans une ville, ce week-end je suis dans une autre.
Et j'essaie de suivre le groupe autant que je le peux.
Chacun ses vices.
Le mien est tout à fait acceptable.
Personne 1
Parce que j'étais au concert d'Indochine aussi à Bercy, et j'ai constaté qu'il y a vraiment une fan base assez importante.
Personne 2
C'est peu de le dire, j'en suis à 169 concerts je crois.
Personne 1
Waouh OK.
Du coup on va revenir un peu sur ce que vous disiez tout à l'heure par rapport à un peu à cette évolution dans le côté retail et aussi dans l'alimentation.
Les défis actuels du commerce et de la consommation
Par rapport à ça, je m'étais posé comme question en fait, cette évolution récente, on a vraiment cette digitalisation qui prend vraiment une part entière dans les habitudes de consommation des Français, mais aussi la crise du pouvoir d'achat et la quête de sens aussi des consommateurs qui veulent mieux consommer.
Mais en fait, dans tout ça, qu'est ce qui vous frappe le plus au quotidien justement ?
En tant que qu'expert.
Personne 2
Ce qui est frappant, c'est qu'on est dans une époque un peu charnière entre 2 mondes, comme l'avaient été les années 60.
Entre ce qu'on appelait à ce moment-là le petit commerce et puis ce qu'on a appelé ensuite la grande distribution, le grand commerce, les grandes surfaces, et on est dans cette époque, là où on détruit un peu le monde précédent et on va en réécrire un avec une partie d'acteurs qui seront les mêmes.
Mais de nouveaux acteurs, donc de nouveaux équilibres.
Et j'aurais presque tendance à dire, c'est très chumpétérien ce que l'on vit, c'est à dire c'est la fameuse destruction créatrice pendant une quarantaine ou une cinquantaine d'années.
Le grand commerce, il avait pas tellement bougé en fait.
On ouvrait des magasins, on les agrandissait, on allait chercher de nouveaux territoires en France et ailleurs dans le monde.
Et puis aujourd'hui bah on voit bien qu'il y a une part qui se détruit hein.
Casino a quasiment disparu en tous les cas pour ces hypers supers on voit bien qu'auchan est en difficulté si on regarde en non alimentaire.
On a vu uniquement en 2025 la les difficultés de Jennifer de caporal de Naf Naf on AIKKS.
Moi je pourrais multiplier tous les exemples.
Donc pour l'observateur que je suis l'époque elle est passionnante parce qu'en gros il se passe pas une journée sans qu'il y ait un fait majeur pour les acteurs eux-mêmes.
C'est très challenging parce que évidemment c'est on se demande où on va, comment on y va en fait.
L'explication, elle réside dans les attendus de marché.
D'abord, il y a plus de croissance de la consommation.
On est un pays mature, tant mieux.
On n'est pas un pays pauvre hein, on est un pays riche, on peut discuter de la répartition des richesses, mais je veux dire globalement quand même, je préfère même être un français de classe moyenne.
Peut être 1 1 humain moyen de pays qui sont moins développés et moins riche que la France hein.
On va quand même rappeler que bien sûr y a de la misère, bien sûr y a du malheur, mais y a bien pire ailleurs, bien bien pire ailleurs.
Il suffit de voyager pour s'en rendre compte.
Donc déjà, première idée, on est à l'asymptote de la consommation, le gâteau ne grossit plus et comme tous les acteurs économiques ont par principe de croissance, quand vous avez un gâteau qui grossit plus et que tous veulent grossir, ça pose 1 1 problème, si y en a un qui grossit c'est qu'il y en a un autre qui maigrit.
Et quand on maigrit trop, trop vite, trop fort ou trop longtemps, on finit par disparaître.
Voilà pourquoi l'époque elle est challengeante pour ça.
Le 2e élément qui caractérise l'époque, c'est que on en a fini avec la croissance démographique. 2025 aura été la première année où les courbes de naissances et de décès se croisent.
Première année depuis 1945, c'est quand même pas rien.
Parce qu'en réalité, même si ça peut paraître cynique aux yeux de certains, la démographie c'est les consommateurs d'aujourd'hui et surtout de demain, donc ça va tendre le marché.
La 3e idée qu'il faut avoir en tête, c'est qu'on est dans une époque.
Je reviens sur ce mot là parce que c'est vraiment ça qu'il faut comprendre.
C'est l'époque qui induit tous les changements, la bascule entre le offline et le online d'une partie de la consommation.
L'avènement du e-commerce 2025, ça sera soldé à peu près autour de 180 milliards d'euros de chiffre d'affaires si le gâteau grossit pas ou plus, beaucoup ou quasiment pas, ou de l'épaisseur du trait.
Vous avez une partie croissante de la conso qui bascule du offline, le carrelage des magasins vers le online, le e-commerce.
Ben mécaniquement, ça veut dire qu'en réalité le gâteau à se partager pour les magasins physiques, il a plutôt tendance à décroître.
Et donc quand vous rajoutez à ça les évolutions techno, ce que ça permet de faire aujourd'hui qu'on ne faisait pas avant.
Bref, aujourd'hui vous êtes un retailer banal, vous êtes en permanence challengé de partout et donc c'est pour ça que l'époque elle est.
Très anxiogène pour eux, mais passionnante à vivre pour l'observateur.
Personne 1
Et c'est c'était un peu ma ma partie de question, je maîtriserais pour après.
Pourquoi le commerce français est-il si généraliste ?
Mais vous faites très bien le fil rouge dans cette expérience un peu retail et expérience client.
Justement, est ce que vous pensez que nous en France on est en retard un peu ou est ce qu'il y a des choses qu'on devrait un peu repenser justement ?
Personne 2
Alors il faut faire attention quand on se compare avec d'autres pays.
De ne pas oublier que le commerce est le reflet de la société toujours.
Donc pour analyser le commerce, il faut mettre de la socio, c'est à dire de la sociologie.
Alors je suis pas sociologue de formation, je vous l'ai dit, je suis j'ai fait AGRI, mais observer la conso de manière aussi assidue que je le fais depuis 35 ans, ça me rajeunit pas.
Mais c'est comme ça vous rend de fait sociologue, non, pas de formation.
Mais d'expérience, parce que je ne fais qu'observer le comportement de mes congénères.
Alors évidemment, on est à l'origine de la Conso, mais et donc ça me permet d'être affirmatif sur le thème que le commerce est toujours le reflet de la société.
Par exemple la société française, quoi qu'on en pense, elle est beaucoup moins communautarisée que d'autres sociétés.
Je pense le je pense aux aux Anglais et pire ou davantage encore aux Américains, aux États-Unis.
Donc si la société est communautarisée, le commerce est communautarisé.
C'est pour ça qu'aux États-Unis, vous voyez des magasins qui sont pour les Blacks, pour les Blancs, pour les Hispano.
Je suis pas péjoratif en le disant, c'est parce que je vous parle d'expérience quand vous rentrez en Californie chez Valarta, qui est un qui est une enseigne d'hypermarché qui est d'obédience hispanique, je peux rentrer, je suis pas hispano, je suis pas mexicain, je peux rentrer et on me on me chasse pas.
Mais je vais vite me rendre compte que ce qu'on me propose ne me correspond pas.
Par habitude culinaire, culturelle, les produits, les marques que je peux trouver et donc en en réalité aux États-Unis la société est tellement communautarisée qu'en face il y a des des retailers hyper spécialisés chez nous.
Alors je sais que certains pensent que la société est très communautarisée ou qu'elle se communautarise on n'y est pas.
Et demandez à Carrefour qui il vise comme client, il va vous répondre tout le monde.
Demandez à valarta, pour reprendre mon exemple à Los Angeles qui il vise, Ben il vous dit, Ben non, les les 15000000 ou les 20000000 d'Hispanos en Californie, vous voyez bien que ils vont pas vous répondre pareil.
Pourquoi ?
Parce qu'ils sont pas foutus pareil, parce que la société n'est elle même pas pareille.
Donc si considérez qu'on a des généralistes qui qui du coup ont moins d'aspérité, parce que quand vous êtes un généraliste que vous vous adressez à tous, Ben vous n'avez pas trop d'aspérité.
Vous allez aux États-Unis, vous avez chaque forme de vente à des aspérités.
Personne 1
OK.
Personne 2
Vous avez des magasins ?
Des magasins pour les blacks ?
Bah je suis pas Black, j'ai en même pas, j'ai pas de rentrée.
Mais je sens bien que c'est c'est pas fait pour moi.
Personne 1
Et du coup en France ça veut dire que vu qu'on est sur une expérience plus généraliste, au-delà de l'expérience même.
Personne 2
Bah c'est plus moyenisant, c'est plus moyenisant.
Mais c'est normal que ça le soit parce que la société est elle même moyenisante.
Je vous rappelle quand même qu'au fronton de mairie on a liberté, égalité, fraternité.
En gros, il y a l'idée que on est tous pareils.
Tous égaux alors après on mélange, parfois on est égaux dans l'axea ou égaux dans les droits, parce que égalité au fronton des mairies, c'est égaux dans les droits.
Voilà, c'est pas égaux dans le fait que si vous avez un iPhone 17 et que moi je le vois en disant mais pourquoi moi j'y ai pas droit et et et c'est un élément du du ferment social de de révolte.
Je mets des guillemets qu'il y a en France aujourd'hui parce qu'on est beaucoup de consommateurs, je pense qu'on l'est tous dans la frustration.
Parce qu'on ne peut pas avoir tout ce qu'on veut, on sait tout ce qui existe, on sait tout ce que les autres ont.
La transparence de nos vies qu'induisent les réseaux sociaux, c'est fascinant et on se dit mais pourquoi moi je l'ai pas ?
Et donc ça fait naître une forme de frustration qui peut dégénérer au bout d'un moment en forme de de colère sociale.
Non pas que la colère sociale soit infondée quand effectivement quand il y a des gens mais qui ont rien, je comprends qui se révoltent entre guillemets.
Mais il y a une partie de la colère sociale qui est basée sur cet espèce de grand écart qu'il y a entre ce que je veux et ce que je peux.
En oubliant que ce que je veux est peut être un peu excessif.
Personne 1
C'est un bon résumé.
La frustration des consommateurs face à leurs envies
C'est vrai que on l'oublie très vite.
Et ce que vous enfin pour vous suivre au quotidien.
Je sais que cette dimension, cette thématique de la crise pouvoir d'achat vous a beaucoup aussi embarqué.
Parce que sans nier.
Personne 2
Le fait qu'il y ait du malheur, bien sûr qu'il y a du malheur.
On fait 3 pas dans la rue, on va trouver des gens qui sont tellement malheureux et qui voilà.
Donc voilà, il y a pas de sujet.
Bien sûr qu'il y a du malheur, mais peut-on.
Peut-on être affirmatif et dire il YA1 problème de pouvoir d'achat en France ?
Pour certains oui.
Est ce qu'en macro il YA1 problème de pouvoir d'achat ?
Ben il y a pas une mandature politique depuis Mitterrand, donc pour les jeunes, je vous expliquerai qui était Mitterrand.
Parce que voilà, on est quand même 40 ans en arrière, un peu plus même.
Il y a pas une mandature politique qui se soit soldée par une baisse du pouvoir d'achat.
C'est pour vous dire que le sujet n'est pas ni gauche, ni droite, ni milieu, ni centre, ni non.
Non non.
Le sujet est encore une fois au-delà des situations difficiles que je respecte le sujet, c'est que quand on essaye d'analyser soi-même son propre pouvoir d'achat, il la réflexion est immédiatement polluée par la satisfaction du vouloir d'achat et que comme on est dans cette frustration de ne pas pouvoir avoir obtenir tout ce que l'on veut, on en déduit que le problème c'est la ressource.
Et on exagère la part du pouvoir d'achat dans le malheur personnel ressenti ou dans la frustration personnelle ressentie.
Et encore une fois, je le dis parce que je suis pas cynique de de vie.
Je peux être cynique dans l'analyse pour faire comprendre ce qu'il y a derrière.
Mais bien sûr que dans la vie, je vois bien la frange de la population qui n'a qui elle est dans une forme de de difficulté quotidienne.
Qui est pas du ressort du vouloir d'achat, c'est que les mecs franchement, le standard de vie aujourd'hui étant tel qu'ils ont du mal à l'atteindre et.
Personne 1
C'est vrai que dans cette dimension un peu de pouvoir et de vouloir consommer des consommateurs qui veulent de plus en plus mieux consommer aussi.
Donc les marques qui tendent à proposer des alternatives et des.
Personne 2
Alors ça, c'est ce que j'appelle la Conso engagée.
Comment nos choix peuvent changer le monde
On a tous au fond de nous une part qui veut faire le bien.
Tous.
Mais n'oublions pas que la consommation c'est un acte égoïste à la base.
Toujours faire de la sociologie c'est très égoïste parce qu'on est dans le comportemental hein, c'est mon pognon, mes besoins, comment je fais coïncider au mieux mes besoins ou mes envies et ma ressource, que j'appelle mon pognon, mon fric.
Voilà.
Et puis donc ça c'est très égoïste hein quand même quand on accepte de le poser comme ça, voilà, mais comme on n'est quand même pas des animaux totalement insensibles, y a pour certaines occasions.
À certains moments, ou pour certains d'entre nous plus que d'autres, il y a cette petite dose d'altruisme qui va ressortir, y compris dans la conso ou dans le fait de tendre la main à quelqu'un dehors pour lui donner une pièce ou lui payer 1 1 café chaud quand il fait froid dans un café.
Enfin je veux dire et je juge pas, chacun fait comme il veut, comme il peut, mais il y a malgré tout cette part d'altruisme, et donc en fait il faut la travailler.
Et je suis par ailleurs, à titre bénévole, administrateur de c'est quoi le patron ?
Voilà parce que je suis fasciné par cette idée que quand on arrive à faire comprendre au consommateur l'externalité de son geste, alors le mot externalité n'est pas un mot grand public, mais malgré tout en gros l'effet induit.
Bah manifestement il y a une part des consos qui pour une part de leurs achats suivent.
C'est quoi le patron ?
C'est pas.
Personne 1
Ça serait bon exemple.
Personne 2
Voilà c'est ça reste encore à l'échelle du volume total du lait vendu en France, c'est pas la majorité, loin s'en faut.
Sauf que les éleveurs qui sont derrière, ils sont super contents hein.
Voilà.
Et puis ça a engagé d'autres marques derrière.
À suivre parce qu'on a réussi à faire comprendre aux consommateurs quand tu mets 30 à 0,40€ en plus comparé au les premiers prix qui est juste à côté dans le rayon juste à côté, l'effet il est que tu auras un paysan heureux.
Alors il faut plus qu'une brique de lait pour y arriver à le rendre heureux.
Oui mais sauf qu'après c'est le principe des des des petits pas.
Si on est très nombreux à faire même des tout petits pas, ça fait une grande avancée.
Personne 1
Après c'est vrai que pour être consommateur de c'est quoi le patron ?
Je trouve que c'est c'est une marque qui a su aussi et qui a été en capacité de prouver, de démontrer en fait que le succès.
Personne 2
Le succès de la Conso engagée, qui est une démarche aussi que je porte par ailleurs, qui s'appelle je choisis, j'agis, qui est l'ambition de créer ce réflexe chez les consommateurs que quand on choisit un produit, on choisit davantage qu'une fonction.
Quand j'achète un biscuit de Andy gaspi, qui est une biscuiterie, qui fait travailler des handicapés et qui récupèrent en plus des invendus pour refaire des biscuits, je fais plus qu'acheter un biscuit.
Il y a une action derrière, il y a une externalité vertueuse, l'insertion de personnes handicapées, L'Anti gaspi pour c'est quoi le patron ?
La vertu derrière, c'est le revenu de l'éleveur café joyeux, c'est le travail pour un moyen de réinsérer des handicapés qui sont en situation quand même un peu difficile, voilà, et cetera.
Et donc quand on arrive à faire le lien entre le choix d'un produit et la conséquence que ça a que moi je résume au travers de ce concept, je choisis, j'agis, que je voudrais voir.
Comme une espèce de GPS de la consommation à impact dans les magasins où on me dirait ce produit là dans ce rayon, voilà ce qu'il fait, tu fais ce que tu veux, mais tu le sais.
Et en fait que dans tous les rayons il y ait ça.
Ben le succès c'est quoi le patron ?
Encore une fois, c'est directement ça.
C'est parce que quand on choisit, on sait sur quoi on.
Personne 1
Agit.
Et c'est vrai que vous devez recevoir beaucoup de sollicitations de Marc du coup, au quotidien j'imagine.
Personne 2
Alors par principe, ça fait 35 ans que je suis journaliste dans ce métier du commerce de la conso que j'écris.
Sur des enseignes, sur des marques, sur des produits.
Donc évidemment la tentation d'une marque qui est légitime et qu'un jour on écrive sur elle plutôt en bien d'ailleurs, ça, ça les intéresse pas trop.
Et donc ça c'est légitime bien sûr.
Personne 1
Et qu'est ce qui ?
Qu'est ce qui retient davantage votre attention ?
Je pense notamment à à Ari and Co qui est que je vous avais envoyé à l'époque.
Je me rappelle que ce que vous avez retenu, c'était vraiment leur engagement pour une meilleure consommation aussi, qu'est ce qui fait que qu'une marque attirera votre attention ?
Personne 2
Moi je sais à la fois dire qu'il y a une attente sociale de prix bas en France et que c'est pour ça que le cdiscount est toujours aussi fort et qu'il faut répondre à cette attente sociale.
Et dans le même temps, je sais aussi dire qu'il faut utiliser la consommation comme un élément des transitions qui s'impose à nous.
Je le résume de cette manière-là, on est 70000000 en France, on fait 3 repas par jour pour faire simple et on va imaginer pour l'exemple qu'on a 3 gestes d'hygiène majeurs par jour.
Alors on va aller aux toilettes, on va prendre une douche et puis on va se laver les mains plusieurs fois dans la journée pour être propre.
Enfin bon, je je simplifie, mais voilà, donc vous multipliez 70000000 de français 365 jours par an. 6 6 occasions, pardon de consommation courante, la moitié alimentaire, l'autre moitié d'hygiène classique, Ben ça fait 150 milliards d'occasions de consommation courantes en France.
Je parle pas d'acheter un canapé, je parle de la conso de de tous les jours et donc.
L'idée derrière, c'est si une fraction de ce 150 milliards d'occasions de consommation qui est la somme de toutes nos occasions à nous, si on arrive à faire bouger une fraction de ça par le fait que l'offre est différente et que son externalité est comprise, ça fait 2 conditions quand même hein.
Mais voilà.
Eh Ben dans ces cas-là on change le monde et donc moi tout ce que je vois passer ou que je reçois comme marque.
Qui sont de nature à même à échelle microscopique, changer le monde.
Elles m'intéressent.
Et dans ces cas-là, d'une manière assez assez classique.
D'abord j'essaye d'en parler autant que je le peux via mes canaux d'expression.
Alors quand on fait du B to B, C'est les professionnels.
Quand on a la chance de faire du B to c comme moi, ça veut dire de parler au grand public.
Et à peu près 2000000 et demi de personnes par jour, 1000000 et demi dans la matinale sur RTL et 1000000 après entre RTL et et M 6.
Pour ça peut vous arriver de 10h00 à 12h00.
Bah l'air de rien on donne une caisse de résonance, on offre une caisse de résonance importante à ces marques là et après j'accepte même d'être une forme d'ambassadeur pour elle bénévole parce que ça c'est non négociable.
Et donc bah c'est quoi le patron ?
Je suis engagé au Conseil d'administration.
Des gens comme fier peuvent peuvent utiliser mon image.
Café joyeux peut utiliser mon image, je sais pas ce qu'elle vaut mon image mais en tous les cas comme des fois on me propose de l'acheter c'est que j'en déduis qu'elle a de la valeur.
Ramdam sociale je leur donne mon image, je les ai aidé à se lancer et sans rien attendre d'autre que la satisfaction personnelle de pouvoir faire une réalité d'un rêve.
Ce rêve étant comment utilise t on la conso pour changer le monde ?
Personne 1
J'aimerais dire franchement, c'est.
Personne 2
Enfin c'est très construit dans ma tête hein, c'est pas de circonstance, c'est bien certain que c'est très réfléchi.
Je suis assez cartésien comme garçon, c'est pas de l'utopie parce que dans le même temps je sais aussi dire qu'il y a une attente sociale en France pour du cdiscount hein, et que il faut pas rêver hein, il faut pas rêver hein.
La part de ceux qui veulent et ceux qui peuvent changer le monde par la Conso, c'est une fraction hein, mais on va commencer déjà par l'activer cette fraction.
Personne 1
Je comprends un peu votre votre raison parce que c'est vrai que moi, en tant que attaché de presse indépendant, j'ai un peu enfin.
Les nouvelles tendances pour une meilleure santé
Se partagent aussi un peu utopique de de vouloir représenter des marques qui qui ont du sens et qui sont engagées justement.
Et pour revenir un peu sur cette tendance alimentaire, est ce qu'il y a des tendances ou des comportements que vous avez pu voir récemment ?
Je prends notamment un peu cette tendance qui devient de plus en plus à la mode des plantes adaptogènes par exemple.
Je sais pas si vous connaissez à travers tout ce qui va être les gammes pour le petit déjeuner, le café aussi, ce genre de choses.
Est ce que vous avez identifié d'autres tendances alimentaires ?
Il.
Personne 2
Y a quand même, parce que derrière ça, si on élargit un peu, si on si on dézoome, c'est toute la dimension fonctionnelle de l'alimentation, c'est à dire en gros, comment je rajoute une fonction à une fonction ?
On va prendre le truc, le probablement le plus simple parce que depuis longtemps, le marché du lait vitaminé.
Viva de de Candia, VIS ta vie de lactel aujourd'hui qui se relance enfin bon et il y en a sans doute d'autres, mais je fais simple, Ben ça c'est typiquement ce grand mouvement qui est en train aujourd'hui de prendre corps.
C'est il y a une fonction, c'est le lait, je rajoute une fonction alors avec le risque qu'elle soit traitée de de marketing.
Opportunisme oui j'entends mais après moi je suis pas qualifié pour dire le bien et le mal sur tous ces produits là, est ce que ça sert à rien ou pas ?
Mais en tous les cas ce qui est vendu au consommateur et que je décode.
C'est je rajoute une fonction à une fonction.
Voilà quand on a mis des stérols dans les matières grasses végétales à tartiner.
Personne 1
C'est là, c'est.
Personne 2
On rajoute une fonction anti cholestérol ou régulation de cholestérol pour être plus précis.
Mais comme je suis pas médecin, moi je je je ne juge pas, je sais pas si c'est bien pas bien.
Eh Ben c'est ça, on rajoute des fonctions aux fonctions et on le voit quand même, ce mouvement là on le voit quand même gagner vachement.
Voilà.
Et donc ça c'est une caractéristique de l'époque et qu'on doit rattacher aussi à de la socio.
C'est qu'on est tous plus inquiets qu'on ne l'a jamais été sur notre santé.
Oui, c'est assez fascinant et très paradoxal puisque notre génération n'a jamais vécu aussi longtemps et la peur de mourir n'a jamais été aussi forte.
Après, ça fait partie de l'élévation et de la condition humaine.
On est on, on veut vivre sa vie, on veut réaliser sa vie, on était, on est beaucoup moins fataliste qu'il y a 3 à 4 générations où voilà, Ben c'est, c'est comme ça, on est malade, on meurt, Ben voilà, tant pis voilà, enfin je force le trait, je résume, mais c'était quand même franc, c'était à peu près ça.
Et donc aujourd'hui, cette cette envie de vivre, je vais le dire comme ça, longtemps en bonne santé, voilà, Eh Ben elle fait que ça crée un terreau fertile pour de l'alimentation fonctionnelle et le rôle du régulateur.
On devient hyper important, c'est de faire le tri entre le bon grès, le bon grain, pardon et et l'ivre et le mauvais grain, on va le dire comme ça.
Donc parce que sinon il y a pas de limite à l'allégation.
Personne 1
Oui, c'est vrai et.
L'importance de la connaissance dans les médias
Et encore une fois, je suis pas qualifié pour dire où est bien ou est le mal.
Personne 1
Mais par rapport à ça aussi, une autre question, je me posais, vous qui avez cette casquette de journaliste radio et télé aussi, est ce qu'il y a des formats ou des angles éditoriaux que que les rédactions privilégient aujourd'hui dans dans l'alimentaire, un peut.
Ah alors.
Personne 2
Je vais faire non pas le procès de la presse grand public, mais il y a une forme de simplification parfois à charge quand on parle d'alimentaire, probablement parce que ceux qui en parlent n'ont pas la connaissance suffisante pour prendre le recul et que la tentation elle est toujours d'aller chercher le le micro truc, même si c'est un tout petit point de l'exagérer.
Parce que il va y avoir par exemple une dimension anxiogène dedans et que ça créera de l'attention.
Je vous dis pas que moi même je cherche pas à avoir de l'attention sur ce que je raconte.
Je mentirais parce que évidemment je regarde les audiences.
C'est bien la preuve que l'attention des autres m'intéresse.
Mais j'ai un peu d'ambition, ou en tous les cas j'ai suffisamment d'ambitions intellectuelles dans le traitement de mes sujets pour ne pas céder à la facilité.
Parce que je sais, ça veut dire.
Rentrer dans une marque de manière exagérée, je vais pas dire je encore une fois que je le fais jamais hein ?
Parce que je suis-je sais être dur, je sais nommer, je sais shamer comme on dit aujourd'hui name and shame, mais je vais tenter de le faire avec la connaissance que j'ai dans la filière qui va m'éviter de raconter trop de conneries.
Par exemple, aujourd'hui, parfois je lis que le poulet que j'ai dans mon assiette, il a été élevé en cage.
C'est faux, il y a pas de poulet élevé en cage, il reste encore quelques poules pondeuses, mais il y en a de moins en moins qui font qui sont élevées en cage et voilà.
Mais le poulet est de chair, il est pas élevé en cage.
Vous m'entendrez vous m'entendrez pardon, jamais le raconter, alors que quand on mais je reproche pas, quand on sait pas, il y a une forme d'amalgame qui qui peut se créer chez les journalistes qui sont pas spécialisés, moi je je, je je me, je vais pas me lancer, je suis pas journaliste en en énergie, en géopolitique, en transport, j'y connais rien.
Donc je vais pas me mettre à faire des papiers sur l'aménagement du territoire et le rôle du train dans l'aménagement du territoire.
J'y j'y connais rien, c'est quand je parle d'alimentaire et de bouffe.
Voilà je je je peux me tromper comme tout le monde mais au bout de 35 ans j'espère que je me trompe moins que les autres.
Personne 1
C'est intéressant ce que vous dites parce que du coup moi j'ai une question un peu sous-jacente que je m'étais pas notée, mais qui vient en vous écoutant ?
Est ce qu'au final le métier de journaliste il doit être faut parler de régulation ou autre réservé aux experts ?
Est ce qu'il y a cette dimension aussi du travail de journaliste ?
C'est quoi un ?
Personne 2
Mais non parce qu'en fait le le journaliste il est au croisement de de 2 qualités nécessaires et je ne vais pas dire celle que je pense avoir mais je vous dis celle qu'il faut avoir.
Il faut avoir une capacité à se faire comprendre parce que sinon vous parlez ou vous écrivez pour des gens qui ne vous comprennent pas.
Donc ils vont arrêter et il faut le faire. 2e qualité.
Sur un socle de connaissances qui soit suffisamment solide et avéré, soit parce qu'on sait, soit parce que le boulot d'enquête et de compréhension a été tel que rien de ce qu'on raconte n'est une connerie.
Personne 1
Et qu'on maîtrise du coup.
Personne 2
Ben de fait, soit vous.
Alors si je vais, je vais quand même dire ce que je pense être du coup MES qualités parce que ça va vous permettre de de comprendre celles que je pense être indispensable.
Moi Non pas que je sache tout sur la conso mais quand j'arrive sur un sujet.
Mon socle de connaissances acquis, l'acquis est très élevé parce que ça fait 35 ans que je m'intéresse qu'à ça.
Alors, et de temps en temps, il faut évidemment compléter par sur tel ou tel sujet, comprendre une évolution de réglementation de marché.
Donc je veux dire voilà, mais le socle de base, il est déjà vachement plus haut que la moyenne de mes congénères parce que je n'ai regardé que ça depuis 35 ans.
Et puis après la 2e qualité, c'est être capable de rendre son message simple, clair, direct, compris.
Et c'est pour ça que souvent les consultants, les experts qu'on voit dans les médias, c'est pas des bons clients.
Parce que les mecs ils sont incapables de répondre simplement à des questions.
Voilà, et c'est avant de répondre en 18 pages.
Ben il faut être capable de le faire en 2 lignes.
Personne 1
Je sais pas ce que vous voulez dire, voilà, synthétiser, résumer, vulgariser.
Personne 2
Mais sans s'éloigner ou sans trop s'éloigner du chemin qui s'appelle la vérité, on n'est pas forcément pile dedans parce qu'on n'a pas la capacité ni le temps.
À nuancer comme il le faudrait peut être il y a des revues scientifiques hein pour ça voilà.
Mais malgré tout on peut pas être à l'opposé de la vérité parce que là d'abord ça finit par se voir et puis même on crée plutôt des mouvements qui deviennent contre-productifs parce que du coup on crée des soit des paniques soit de la défiance qui est infondée.
Moi je vous dis pas que l'alimentaire est parfait tout ça, mais il y a une partie de la défiance dans l'opinion aujourd'hui qui est infondée.
Personne 1
C'est je suis entièrement d'accord avec vous et et même par rapport à ça, pour vous avez dit vous, vous avez un regard de 35 ans dans le métier en tant qu'expert pour un jeune journaliste qui veut se lancer justement pour qui qu'il ait les bons codes, vous conceriez quoi ?
Personne 2
J'avoue que je je sèche devant cette question parce que j'aurais tendance à dire que, à part prendre le temps d'apprendre, mais je sais qu'aujourd'hui on n'a plus le temps.
Je vois pas comment faire, c'est à dire je suis incapable de dire à quelqu'un comment il faudrait faire pour atteindre le niveau de connaissance de la cette filière des métiers de la conso que j'ai et que mes associés ont.
Parce que on A chacun des rédacteurs en chef de magazine professionnel des des années et des années, je crois qu'on doit accumuler en tout 60 plus de 60 ans d'années de de rédaction en chef de magazine.
À nous avec tout, avec mes, avec mes associés.
Donc voilà, on n'est pas des des des lapins de 3 semaines.
Mais comment atteindre ça sans prendre le temps d'apprendre, d'être sur le terrain, de visiter des magasins, de visiter des usines de je ?
Non, j'en sais rien.
Personne 1
En vous écoutant, moi j'ai un peu la réponse, je pourrais dire peut être être curieux.
Personne 2
Oui, mais la curiosité permet d'emmagasiner de l'info, du savoir, de l'analyse, mais seul le temps.
Permet c'est c'est la Sédimentation, la Sédimentation, ça se fait sur des 1000000 d'années.
Ben l'expertise, la connaissance, la capacité peut être à nuancer.
Pourquoi les marques doivent être totalement transparentes
Enfin d'ailleurs, je vais vous le dire différemment, on est dans nos parcours de vie hein.
Je parle pas de vie professionnelle hein.
On est quand même sacrément plus outillés à 60 ans qu'à 30 ans hein.
C'est comme ça.
Personne 1
Et et et par rapport un peu à à cette expertise sur le côté retail aussi, l'alimentation.
Il y avait 2 sujets que j'avais pu comprendre qui étaient importants pour vous, à savoir la transparence notamment et cette question de de cohérence et d'honnêteté pour vous par rapport à ça dans le retail, dans l'alimentation notamment, on va apprendre les allégations sur les labels et autres.
Ça doit être quoi ?
Un peu les enjeux, les combats de demain pour les marques particulièrement.
Personne 2
Le la transparence est en train de devenir un dû, une dette, alors qu'elle ne l'était pas pour 2 raisons.
D'abord parce que le client est très en attente d'aller chercher.
On le disait, Les les réassurances sur comment c'est fait, pourquoi c'est bien, pourquoi c'est pas bien.
Donc ça, c'est une curiosité normale.
Quand on paye quelque chose, on a envie de savoir ce qu'on a, voilà.
Et puis après il y a une 2e chose, c'est le la fameuse évocation tout à l'heure des externalités, quand j'achète un produit, c'est pas inutile de savoir tout ce qui se passe derrière, à côté ou devant, c'est à dire ce que ça induit.
Et ça pour ça il faut le dire.
Et il faut pas faire du marketing sur ces sujets là.
Parce que quand on me dit oui oui, mais moi je dis je fais du made in France et je mets voilà, non non mais moi je veux savoir quand c'est français et quand c'est polonais, turc, allemand, espagnol ou argentin.
Et puis après je fais ce que je veux.
Et donc en fait cette transparence, elle va devenir un dû parce qu'aujourd'hui les clients, quand il les consommateurs, quand ils vont comprendre qu'ils ne peuvent pas faire confiance à une marque parce qu'elle ne dit que ce qui arrange la marque, tôt ou tard se posera un problème de confiance.
Il faut pas rêver parce que ça se saura.
Et à ce moment-là, quand vous avez caché durablement quelque chose à quelqu'un, le jour où il l'apprend est ce qu'il vous pardonne ou est ce qu'il vous dit putain mais quel con celui-là.
Et l'enjeu des marques, il est là la transparence.
C'est pas du marketing, c'est un dû, c'est une dette, alors ça prend du temps pour y arriver.
Quand je fais balance ton origine, que je fais du name and shame, que je dénonce les choses avec un gros drapeau bleu blanc rouge devant et puis un tout petit derrière marqué poulet originieux, ça a permis de faire origine INFO qui n'aurait pas existé sans ce combat du name and shame hein.
Ça ça je le revendique totalement avec la ministre Olivia Grégoire, mais c'est un pas d'un mouvement qui est irréversible.
On dira au consommateur, on lui donnera la transparence, parce que de toute façon, le jour où il la trouvera, l'effet de boomerang, ce l'effet le, le retour de balancier sera tel que ça sera inacceptable.
Donc inaccepté.
Personne 1
Oui et puis c'est vrai qu'au final, entre la confiance et la défiance, et il n'y a qu'un pas en final.
L'impact de la radio-télévision sur son travail
Bah bien sûr.
Personne 1
Et pour revenir un peu sur sur votre rôle en tant que journaliste et tout, est ce que vous pensez que la télévision et la radio est ce que ça a changé pour votre façon de raconter le retail justement ?
Personne 2
Bah bien sûr ça me, ça me, ça permet de m'exprimer d'abord d'avoir une beaucoup plus large audience.
Mais en soit c'est pas mais de changer ma cible, ça veut dire que je continue à être une boîte d'édition.
Avec mes associés spécialisés, niveau d'expertise, qu'on essaie d'avoir le plus haut possible sur l'analyse de la conso pour éclairer les acteurs de cette filière là parce que c'est quand même eux qui nous font vivre pour cette partie là.
Et puis dans le même temps, ça permet d'éclairer le consommateur et de lui faire comprendre.
Alors par moment de l'amener en coulisses et lui dire lui montrer ce que les marques ne voudraient pas.
OK, mais ça fait partie du jeu ou justement de pas l'inquiéter sur des sujets qui méritent pas qu'il s'inquiète ou d'expliquer.
Comment c'est fait ?
Parce que c'est on gagne jamais, enfin on ne perd jamais.
Pardon, je vais y arriver de plutôt le tourner comme ça on ne perd jamais à à à comprendre une chose, jamais.
Voilà, au contraire, on a plutôt tendance à s'élever quand on comprend le monde et quand on comprend les choses.
Donc c'est c'est, c'est, c'est oui, c'est jouissif d'avoir le média radio Télé.
Qui plus est sur des médias d'ampleur quoi.
Quand je dis RTL n'est quand même pas rien M 6 on est, on est sur une grande chaîne hertzienne, on n'est pas sur, on n'est pas sur le canal 253 de la TNT à 23h00 les les années bissextiles, voilà je veux quand même, donc ça va pouvoir parler tous les jours.
Alors c'est un esclavage hein ?
Parce que la quotidienne en radio Télé, Enfin 2 quotidiennes chez les 2.
Bon voilà c'est mais c'est l'esclavage voulu hein, c'est pas subi hein.
Personne 1
Et justement, quand on vous voit sur une cuisine, vous allez beaucoup dans les magasins, vous allez beaucoup aussi à la rencontre des producteurs, des gens du retail.
Est ce qu'il YA1 moment une anecdote ou un élément qui vous a ému ou que vous vous souveniez un peu depuis cette année 2025 aussi par rapport à ça ?
Personne 2
Ben moi j'aime beaucoup quand je suis en magasin, alors c'est pas voulu, mais c'est un fait, la manière dont je m'habille.
Qui n'est pas constructorisé mais qui est mon plaisir, qui est un peu voyante on va le dire comme ça fait que je suis facile à identifier et que je suis toujours très heureux quand je vois des gens grand public, c'est à dire des gens lambda qui me reconnaissant me pose une question sur la conso sur ça.
Mais tiens, est ce que ça est ce que c'est bien ou pas ?
Est ce que parce qu'en gros je me dis Je suis fier d'être identifié comme quelqu'un qui est clair ?
Le choix du conso mais sans jugement moral, jamais il YA1 jugement moral sur le bien, sur le mal, je suis pas qualifié, je sais même pas si le pape est qualifié alors pour les catholiques peut être, mais voilà ou pour voilà, dans chaque religion il y a cette espèce de de guide, voilà à part cette autorité spirituelle suprême pour dire le bien et le mal, moi je je voilà, moi je suis pas qualifié, donc ça je le fais pas, mais par contre expliquer.
Ça je peux le faire, donc quand on me sollicite pour ça en magasin, j'en suis très heureux.
Ou autre scénario, quand c'est plutôt un cadre du magasin ou le directeur du magasin qui me reconnaissant est content de faire un tour avec moi pour bavarder, pour me montrer ce qu'il a fait ou me demander son avis sur un truc.
Bah je me dis que quand on en est là c'est qu'a priori on en devient légitime parce que sinon le mec ça lui passerait comme l'eau sur les plumes d'un canard quoi que je sois dans son magasin.
Donc c'est je trouve.
C'est parce qu'en réalité.
Change sinon on serait des animaux totalement sauvages donc cette quand je suis en en magasin, voilà c'est ça que j'aime et.
Expériences marquantes et le futur du commerce français
On.
Personne 1
Arrive déjà vers la fin de ce podcast un peu, donc on va aller un peu sur les 2 dernières questions que je m'étais notées.
La première, c'était justement par rapport à cette baguette magique un peu qui qui vous inspire pour dynamiser le le Retail français, ce serait quoi selon vous ?
Ah bah ma baguette je l'ai, je sais.
Personne 2
Enfin, elle est encore magique parce qu'elle ne produit pas tous ses effets, donc j'espère la rendre active.
C'est ce fameux concept de comment guider la conso des.
Des des consommateurs, c'est le cas de le dire en leur montrant où sont les externalités de ce qu'ils achètent.
Mon fameux GPS de la conso impact, je choisis, j'agis.
Mon rêve, ma baguette magique, c'est que dans chaque rayon il y ait un ou quelques produits dont on dise aux consos quand vous achetez ça, voilà ce qui se passe.
Mais je vais pas plus loin que ça, je dis pas, il faut l'acheter, je dis, je veux que vous sachiez, parce que j'accepte l'idée que tout le monde ne peut pas.
Et tout le monde ne veut pas, mais ceux qui veulent et ceux qui peuvent devraient intégrer ces éléments d'externalité dans leur décision d'achat.
Donc mon rêve, ma baguette magique, ça, dans tous les rayons, il y a quelques produits qui sont identifiés comme tel.
Voilà, c'est bien ce que je vous dis, parce que du coup, moi, quand ?
Personne 1
J'écoute ça, c'est un peu mon cow-boy du quotidien, vous expliquer à mes clients que il y a une différence entre l'information et la communication, la publicité et ça que ça c'est 1 1 combat au quotidien en tant qu'attaché de presse.
Dernière question, un peu, c'est toujours par rapport à à ces visites dans les magasins.
Lequel vous avez le plus marqué émotionnellement justement, dans le courant de ces de ces dernières années, alors ?
Personne 2
Je vais vous inciter comme ça de manière hyper rapide. 2 ou 3, je vais voir.
Il y a pas longtemps, je suis allé en Roumanie, j'ai vu le dernier concept Attac qui est une enseigne d'Auchan.
C'est un entrepôt, c'est des palettes au sol, c'est peu de, c'est peu de produits, c'est pas beau sens, c'est pas un magasin, un musée.
Mais c'est très efficace parce que ça permet de baisser les prix, parce que sans toucher à la qualité produit, puisque quand on baisse les coûts d'exploitation d'un magasin, quand il y a pas de gondole, que des palettes qu'on pacifiques, il y a pas trop de choix, Ben en fait on est très efficace. 2e magasin, c'était à Los Angeles en début d'année où je vais tous les ans aux États-Unis voir des magasins passer une dizaine de jours pour me balader.
Eh Ben chez Amazon j'ai pu payer avec la paume de ma main.
Ça c'est fascinant, c'est c'est le réseau veineux de la main.
Qui est un magasin qui est un une techno pardon qui permet de vous identifier et de vous authentifier.
Et Ben vous la scanner une fois vous y appairez votre carte bancaire, c'est à dire Vous reliez l'un à l'autre.
Vous avez besoin de le faire qu'une fois et après pendant toutes ces années, si vous voulez vous pourrez payer avec votre main.
Vous n'avez plus besoin de sortir votre carte bancaire ou votre téléphone.
Évidemment, c'est quand même assez bluffant.
Ça, ça fait.
Waouh.
Et puis si je devais choisir un magasin, un 3e magasin, plus sur l'expérience d'achat, j'avoue, je vais choisir une enseigne.
J'avoue aujourd'hui que les rénovations de magasins Leclerc, ça devient des temples de la bouffe et que quand je.
Personne 1
Suis.
Personne 2
À Rennes, cloné quand je suis dans les Leclerc Nantais, quand je suis dans des dans des Leclerc, tiens. à Toulouse, rouffiac pour en citer quelques-uns, pour montrer, enfin je veux dire, c'est fascinant, on a envie de tout acheter.
Et quand vous êtes dans un magasin où vous regrettez de faire que 3 repas par jour tellement tout vous donne envie d'acheter, bah c'est qu'il a réussi.
C'est exactement comme quand vous êtes au restaurant, quand vous hésitez entre plein de plans en disant Ah là là j'aimerais en prendre, j'aimerais prendre ça, ça et ça.
Qu'est ce que ça dit en creux, bah que vous regrettez de devoir faire un choix tellement c'est difficile à faire.
Bah ça veut dire que la stimulation et le désir a fait son œuvre, voilà.
Et donc ça, ce qui en France le font aujourd'hui le mieux.
Sans aucun doute et je l'assume.
Globalement, il y aura des exceptions, mais le niveau moyen, c'est Leclerc.
Je c'est vrai que ça fait longtemps que.
Personne 1
Je suis pas dans un Leclerc et pour le coup vous m'avez donné envie je dirais pour voir.
Faudra tomber sur le bon quand même parce qu'ils sont pas à 100 pour.
Personne 2
100 ?
Mais il y a la part des de ces magasins que j'appelle des temples de la bouffe est beaucoup plus importante chez eux qu'hier.
Personne 1
OK Ben merci beaucoup Olivier, on va rappeler où est ce qu'on peut vous retrouver, notamment LinkedIn alors LinkedIn mon.
Personne 2
Blog Olivier dobert.fr RTL tous les matins à 08h40 RTL tous les matins de 10h00 à 12h00.
Ça serait déjà pas mal hein ?
Ça fait des grosses journées Youtube.
Personne 1
Ah, Youtube o.
Personne 2
K j'ai une chaîne.
Voilà, je fais.
Ah, j'irai découvrir.
Parce que pour le coup, je ne connaissais pas.
Personne 1
Ben merci beaucoup Olivier pour ces ces quelques minutes d'échange et merci à ceux et à celles qui auront écouté.
Jusqu'au bout, jusqu'au bout, cet.
Personne 2
Échange passionnant.
Personne 1
Quand je vous embrasse, Olivier Dobert et à très vite pour un prochain épisode.
Merci beaucoup.
Podcast Summary
Key Points:
Olivier Dauvers, ingénieur agronome de formation, est un expert de la consommation depuis 35 ans, dirigeant sa propre société d’édition et chroniqueur quotidien sur RTL et M
Il observe une « époque charnière » où le commerce traditionnel est en crise (Casino, Auchan, etc.), avec une croissance de la consommation stagnante et une démographie en baisse.
La digitalisation et l’essor du e-commerce (180 milliards d’euros en 2025) réduisent la part des magasins physiques, créant un contexte anxiogène pour les acteurs mais passionnant pour les analystes.
Le commerce français est généraliste, reflet d’une société moyennisante et peu communautarisée, contrairement aux États-Unis où les enseignes sont hyper-spécialisées.
La frustration des consommateurs vient d’un écart entre leurs envies (amplifiées par les réseaux sociaux) et leurs moyens réels, ce qui alimente une colère sociale.
Il promeut la « consommation engagée » via des initiatives comme « Je choisis, j’agis », qui valorisent l’impact positif des choix (ex. : marques comme « C’est qui le patron ? » ou « Café Joyeux »).
Summary:
Olivier Dauvers, expert reconnu de la consommation, décrit une période de transformation radicale du commerce français. Il souligne que la croissance de la consommation et la démographie sont en berne, tandis que le e-commerce progresse, fragilisant les magasins physiques. Cette « destruction créatrice » rappelle les années 1960, mais avec des acteurs historiques comme Casino ou Auchan en difficulté.
Dauvers explique que le commerce français, généraliste, reflète une société moyennisante et peu communautarisée, contrairement aux États-Unis où les enseignes ciblent des segments spécifiques. Il aborde aussi la frustration des consommateurs, tiraillés entre leurs envies (souvent décuplées par les réseaux sociaux) et leurs moyens réels, ce qui nourrit une colère sociale. Pour y remédier, il défend une consommation plus responsable, illustrée par des marques comme « C’est qui le patron ?
» ou « Café Joyeux », qui intègrent une dimension altruiste (revenu des éleveurs, insertion des handicapés). Dauvers insiste sur l’importance de faire comprendre aux consommateurs l’impact de leurs choix, via des concepts comme « Je choisis, j’agis », pour transformer l’acte d’achat en levier de changement positif.
FAQs
C'est le processus où l'ancien modèle du grand commerce (hypermarchés, supermarchés) est en déclin, tandis que de nouveaux acteurs et équilibres émergent. Il compare cela aux années 1960, avec des exemples comme la quasi-disparition de Casino et les difficultés d'Auchan.
Il préfère le bien-être quotidien et le bonheur à la richesse future. Sa société de quatre associés privilégie une vie épanouie sans chercher à s'agrandir.
C'est un réflexe pour les consommateurs : comprendre que chaque achat a une externalité, comme soutenir le revenu d'un éleveur (lait 'C'est qui le patron ?') ou l'insertion de handicapés (biscuits Andy Gaspi). Il veut en faire un 'GPS de la consommation à impact' dans les magasins.
Le pouvoir d'achat n'a jamais baissé en France depuis Mitterrand, mais le 'vouloir d'achat' est stimulé par les réseaux sociaux, créant une frustration. L'écart entre ce qu'on veut et ce qu'on peut génère une colère sociale parfois excessive.
L'absence de croissance de la consommation en France (pays mature), le déclin démographique (première année où naissances et décès se croisent depuis 1945), et la bascule du commerce physique vers le e-commerce (prévu à 180 milliards d'euros en 2025).
Parce que la société française est moins communautarisée. En France, Carrefour vise 'tout le monde', tandis qu'aux États-Unis, des enseignes comme Valarta ciblent spécifiquement les Hispaniques, reflétant une société plus segmentée.
Chat with AI
Loading...
Pro features
Go deeper with this episode
Unlock creator-grade tools that turn any transcript into show notes and subtitle files.