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Ressusciter les cerveaux préhistoriques

26m 30s

Ressusciter les cerveaux préhistoriques

Le cerveau humain fascine autant qu'il interroge. En quoi est-il vraiment singulier ? Comment a-t-il évolué avec le temps ? Partons à la rencontre de nos ancêtres préhistoriques avec Antoine Balzeau, paléoanthropologue et chercheur au Muséum national d'Histoire naturelle.Nouvelle saison de la série "Pour que nature vive", le podcast du Muséum pour comprendre la nature et notre planète.« Pour que Nature vive » est un podcast produit par le Muséum national d'Histoire naturelle et Création Collective.Interviews : Flora Trouilloud - Réalisation : Jonathan Geoffroy - Enregistrements...

Transcription

4318 Words, 26720 Characters

Pour que nature vive. Le podcast du museum pour comprendre le vivant et notre planète. Le vivant et notre planète. Donc les oiseaux sont des dinosaures, donc les dinosaures n'ont pas disparu. Un érendaire talien des à 50 ans, un homme de chromagnon ou tout le monde, aujourd'hui sur Terre, on a le même ordre de capacité intellectuelle. À partir du moment où on bascule dans le néolithique, la richesse materielle va prendre beaucoup d'importance. Les sons du vivant ont un effet positif sur notre santé. On sait aujourd'hui qu'il existe des résidus presticides dans la plupart des captages d'eau potables qu'on n'arrivera pas à enlever. La biodiversité c'est un enrichissement pour les citadins qui habitent la vie. Il y a les trois cartes de la masse vivante des insectes qui a disparu en l'espace d'une trentaine d'années. Voilà, c'est le vivant comme une solution et les mecs es mécaniques comme des moyens d'action. Ressucitez les cerveaux préhistoriques avec Antoine Balzo. Le cerveau humain fascine autant qu'il interroge, en quoi est-il vraiment s'ingulier. Comment a-t-il évolué avec le temps? Pour le savoir, il nous faut percer les mystères des cerveaux de nos ancêtres préhistoriques. Notre invité Antoine Balzo a décidé de relever cette incroyable défi. Pas les haut anthropologues et chercheurs au Musée Homme nationale d'Histoire naturelle, il veut ressusciter les cerveaux de nos lointins cousins. Bonjour. Bonjour. Alors, nos ancêtres nous ont laissé de nombreuses traces des ossements, des outils, des peintures sur les parois des grottes, mais il y a un grand absent qui est le cerveau. Parce que contrairement aux eaux, le tissu cérébral ne se faut s'ilise pas. Alors, expliquez-nous par quel magie vous étudiez les cerveaux de nos ancêtres sans jamais y avoir accès? C'est en effet quelque part un petit peu de magie. On fait parler jusqu'au bout des spécimens fossiles qu'on trouve. On a des morceaux de crâne, plus ou moins complet, parfois des spécimens très bien conservés. Et en fait, à l'intérieur, il reste des petites marques en lien avec le cerveau. En fait, le cerveau et le crâne se développent ensemble pendant notre croissance. Le grandiste de tous les deux sont embriqués l'un sur l'autre et ainsi l'un et l'autre s'influence. Et ça va laisser des emprunts qui va falloir ensuite lire. Des emprunts liés à toute système veneu qui est autour, aux fluides qui est autour aussi, mais aussi à la forme du cerveau, des radiéves, les creux, que l'on trouve sur le cerveau, vont s'embriquer avec l'os et laisser des petites marques qu'on va moduler en trois et ensuite et pouvoir étudier comme ça la forme du cerveau. Ça, c'est ce qu'on appelle un nendocrane. Pourquoi est-ce que les descriptions anciennes que l'on avait, elles posaient problème? L'endocrane en fait, c'est le moulage interne du crâne, c'est "endocrane" à l'intérieur. Donc, on moule cette intérieure, cette surface interne, on observe des caractères. La difficulté ensuite, c'est de faire le lien avec le vrai cerveau. Parce qu'évidemment, on n'a plus de trace du vrai cerveau, on a juste ces emprunts-là. Jusque là, pour essayer de l'interpréter, on se basait sur des référentiels, ce dont on dispose et ce qu'on a facilement sous la main, c'est un cerveau humain ou des publications avec des atlats très complets, fait sur des milliers d'individus qui nous donnent une forme moyenne de cerveau. Dans les deux cas, il y a un biais. Un seul cerveau qu'on pourrait observer, c'est juste un individu, il y a une grande variabilité. Et puis en plus, en général, un cerveau, il est conservé dans de l'alcool, où il a été modélé, il est en plastique, donc ça ne reflète pas exactement la forme du cerveau. Un atlas moyen constitué sur des milliers d'individus, ça montre un ensemble d'informations, mais justement, c'est une moyenne. Donc, les différentes marques du cerveau, les siens, sont les creux qu'on trouve entre les jérus, les formes en relief du cerveau, sont droite rectiline, parce que c'est une moyenne sur des milliers d'individus, donc ça simplifie énormément la forme du cerveau. Donc si on prend ces deux proxies pour étudier notre endocrane, on va avoir tendance à essayer de positionner ces marques et de les simplifier dans notre esprit, de les lire et donc potentiellement de se tromper. En tout cas, c'est tout ce qu'on avait jusque là, on faisait avec, sans savoir si on avait vraiment juste ou pas. Et alors, justement, pour tester cette correspondance endocrane cerveau, vous avez mené une étude avec 75 volontaires. On pourrait dire que vous êtes partis de nos cerveaux actuels pour essayer de mieux comprendre ce du passé. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce protocole un peu inédit? On n'avait pas le choix, en fait. Si on va essayer d'améliorer notre capacité de reconnaissance, on peut espérer un jour trouver un cerveau pour l'histoire complètement congelée. C'est peu probable et autant essayer d'aller plus directement et trouver une manière scientifique de l'approcher. Couper la tête de pleins de volontaires pour récupérer leur cerveau et voir l'intérieur, c'était difficilement réalisable. Donc on est parti sur quelque chose de moins ambitieux mais de faisable. Utiliser l'IRM, l'image réaraisonnance magnétique, qui nous a permis d'avoir des images en 3D à très autre résolution du cerveau de nos volontaires, et puis aussi en même temps des images du crâne. On a utilisé ça pour avoir à la fois sur les mêmes volontaires, le cerveau et l'empreinte interne du crâne, et donc pour la première fois avoir un lien direct qui nous permettait d'essayer de tester cette relation entre le cerveau et l'endocrane. Vous avez d'ailleurs essayé en convocant 14 spécialistes qui devaient donc lire un endocrane des personnes qui ont l'habitude de faire cet exercice. Vous leur avez fait passer une sorte de test, qu'est-ce que vous en avez tiré? Dans l'effet, la recherche s'apprend du temps. C'est un petit peu long. Donc le temps d'acquérir toutes les données d'immagérer sur tous les volontaires, ça nous a pris plus de deux ans. Néanmoins dès le début, après le premier volontaire, on s'est dit qu'on disposait là d'un matériel qui était unique. Pour la première fois, on avait pour un individu le lien entre les deux et la possibilité d'essayer de réfléchir à comment tester notre travail habituel. Donc j'ai écrit à tous des chercheurs sur terre qui travaillent sur l'évolution du cerveau. Alors, tout ça paraît ambitieux. En fait, on est quelques dizaines, ça va relativement vite. Tout ce ne m'ont pas répondu. Et en fait, au final, on est 14, dont moi, avoir accepté de participer. L'idée, c'était que chacun allait prendre cet endocrane là, allait marquer dessus ce qu'il décrit d'habitude sur les endocranes, les empreintes qu'on redit habituellement au cerveau, et puis en frinteste à posteriori, puisqu'on avait la vraie clé de lecture pour vérifier. On a toujours le jeu et il est apparu que globalement, il y avait du positif, ce qu'on marquait correspondait bien à des empreintes, en effet, liés aux cerveaux, mais pas toutes. Et puis, les aspects un peu plus négatifs, c'est qu'il y avait une diversité énorme d'empreinte marquée par les chercheurs. On voyait globalement les mêmes emplacements, mais pas le même nombre. On envoyait plus pour certains, certains, les plus dans le détail. Et puis autres problèmes, on se trompe beaucoup dans les déterminations que l'on faisait des sillons. Ça nous a montré qu'en gros, on arrivait à bien voir des marques, etc. Vraiment liés aux cerveaux, mais que assez souvent, il y avait des erreurs dans les non condonnés et la position condonnés, ce qui finalement démontrait qu'à la fois, c'était très compliqué d'arriver à avoir ces empreintes-là et de trouver les bonnes noms. Et donc, il fallait trouver une solution pour améliorer tout cela. Et donc, la solution, vous l'avez trouvé, vous avez établi un nouvel atlas. Parfois, vous le comparer à la pierre de rosettes. On commence enfin à savoir lire les endocrats de maintenant, est-ce que vous pourrez élaborer un peu là-dessus? L'intérêt, c'est que là, on a, pour 75 individus, des données complètement objets qui vraient elles précises. On a les cerveaux, on a les endocrats, ce qu'on a fait, c'est d'écrire toutes les marques qu'on voyait sur l'endocrat. Et puis, sur chacun des endocrats, vérifier à quoi elles correspondaient. Ce qu'on a observé, c'est qu'un certain nombre correspondait bien à des sillons liés aux cerveaux et d'autres pas. Ça, c'est une vraie surprise. On s'attendait pas à ce que, à peu près 25 % des marques visibles sur un endocrat, sont, en fait, des artefacts liés à d'autres structures, à d'autres tissus ou peut-être. À la forme du crâne, on ne sait pas encore, on doit encore explorer ça. Et puis, l'autre avantage, c'est qu'on avait donc, pour toutes les autres marques, des terminations juste, on savait exactement à quoi correspondaient ces emprunts-là. Et donc, on a pu avoir une clé de lecture, une pierre de rosettes avec le cerveau et son écriture Cérébrale et puis notre endocrane avec le parallèle et la position des principaux sillons du cerveau. Une fois que vous avez posé ces nouvelles bases, vous avez pu ressusciter, virtuellement, certains cerveaux préhistoriques, comme celui du fameux cromanion 1. Comment avez-vous procédé et qu'est-ce que cette reconstitution a nous apprends sur nos ancêtres et aussi sur la diversité des cerveaux humains? En fait, on a utilisé notre clé de lecture, notre atlas du lien cerveau endocrane, pour, sur les spécimens fossiles, aller regarder tout le détail des emprunts et mieux les comprendre. Cromanion 1, c'était un choix qui me semblait assez judicieux pour commencer le travail. C'est un fossile important, c'est un des premiers homosapiens connus, trouvé au milieu du XIXe siècle, qui nous ressemble beaucoup d'un point de vie anatomique, qui est célèbre, qui fait partie des collections du museum, plein de bonnes raisons pour commencer par ce fossile-là. Et puis, puisqu'on observez que certaines de nos déterminations intérieures étaient plutôt fausses, j'avais pas très envie de commencer par des fossiles décrypards d'autres chercheurs. Donc j'ai pris un spécimen que moi-même j'avais publié il y a une dizaine d'années et j'ai ainsi pu montrer que je m'étais complètement trompé sur certains caractères, il y a une dizaine d'années. Une rare marquante, par exemple, c'est la séparation entre les lobes frontaux et les lobes pariettes. C'est une zone qui est extrêmement importante. Il y a des zones fonctionnelles primordiales pour tout le corps humain, notre manière d'être les comportements complexes, etc. Donc cette zone-là est vraiment extrêmement importante. Et bien, on s'est rendu compte avec notre premier test, avec nos 75 endocrats et en l'impliquant sur Cromanion 1, qu'on ne positionnait mal ce sillon cette séparation qu'on appelle le sillon central, qui s'est par les lobes frontaux et les lobes pariettes. On le positionne régulièrement en avant au niveau de suite qui s'appelle, en fait, le sillon précentral. Ça paraît être quelque chose de spécialiste, mais en fait c'est fondamental. Ça veut dire qu'il faut décaler toutes les zones qu'on décrivait comme des zones très importantes qu'on essayait même de mesurer parfois. En fait, c'est plus en arrière, on avait tout faux sur les proportions des lobes chez les humains préstoriques. La prochaine suite, ça a été de le reconstituer au-delà de simplement l'interprétation des marques sur Endocrane. Ce qu'on a fait, c'est que puisqu'on avait lié entre l'Endocrane et le cerveau sur nos volontaires, un Endocrane qu'on avait redécrit redétaillé avec précision. Évidemment, on ne voit pas tous les sillons, on n'est pas capables de tous ces interprétés, mais on a essayé d'avoir plus de certitudes en positionnement des principaux, ceux qui définissent les lobes, ceux qui sont importants dans certaines zones fonctionnelles, et qu'on voyait bien sur ce spécimen-là. En gros, on essayait de minimiser le risque de se tromper. Et bien, sur cette base-là, on a pris un cerveau d'humain actuel à peu près au même proportion. Mais puisqu'on pouvait déformer Endocrane et le cerveau d'humain actuel, ça a permis de mettre au vrai proportion de l'homme de chromagnon un cerveau. Ce qui fait que le cerveau qu'on a reconstitué par cette approche-là, c'était pas le cerveau d'humain de départ, c'était le même écart qui est entre de cerveau et un endocrat d'un humain de départ pour faire revivre le cerveau de chromagnon, et ça a très bien fonctionné. Et alors, il me semble que vous l'avez même imprimé en 3D, c'est bien vrai? Oui, parce que le voir en image c'est parlant, c'est intéressant, mais c'est encore plus chouette de le toucher et plus impressionnant. On voulait le voir en vrai, revenir à la réalité du monde physique, et puis on a poussé même l'expérience en faisant la même chose pranée en d'Hertalien. Le premier qu'on a étudié, c'est l'achapel au sein. Là aussi, il y avait un choix stratégique par rapport à ce spécimen-là. Une nouvelle fois, il est dans les collections du Musom, donc c'était assez judicieux. Mais en fait, c'était le seul spécimen pour lequel une tentative avait été faite de reconstitution de cerveau préalable par d'autres chercheurs. Leur approche avait un petit bien malgré tout. Ils avaient pris un cerveau humain actuel, qu'ils avaient mis dans un boîte craniène d'une eur d'Hertalien, en le déformant pour que ça rentre et que ça tienne. Et donc, forcément, les proportions du cerveau étaient le reflet de celles de l'homo sapiens de départ. Donc, c'était pas très juste. Donc, on a reconstitué le cerveau par le même processus. À partir de l'endocrane, on a pu positionner certains sillons, puis redéformer un cerveau pour qui corresponde au forme d'une eur d'Hertalien. Ça a été beaucoup plus compliqué, parce que le cerveau n'est en d'Hertalien une structure tellement complexe, différentes de celles des homo sapiens, que nos processus mathématiques un peu simples de déformation, de manière homogène du cerveau, l'âne fonctionnait plus. On n'y a pas assez vraiment beaucoup de temps à réfléchir pour avoir le meilleur résultat. Et donc, on a pu obtenir un cerveau de nez en d'Hertalien, qu'on a mis face physiquement à nouveau au cerveau de Cromagnon, et c'est là que ça devient extrêmement parlant, parce qu'on voit les grandes différences entre les cerveaux de ses humanités du passé. Quel est la prochaine étape alors de recherche à la suite de ces résultats qui montrent une diversité des cerveaux entre les espèces, est-ce que c'est de relier la forme à certaines capacités cognitives, c'est ça? Ah, il y a deux objectifs. Le premier, ça va être de revoir tous les spécimens de fossiles qu'on a pu décrire jusque là et en décrire de nouveau, puisque maintenant, on a un peu plus de certitudes dans ce qu'on décrit, ça va permettre d'être un peu plus précis et puis de revoir ce qu'on pensait connaître de la diversité du cerveau chez les humains préhistoriques. Et puis l'objectif a plus long terme. C'est d'aller au-delà parce que dans le premier projet, on ne sait pas contenter de faire des IRM sur des volontaires, ce qui était déjà pas mal. En réalité, on ne leur en a pas fait faire deux, mais on en a fait faire une douzaine d'IRM différentes. Pour avoir une image du cerveau, du crâne, mais aussi de la structure interne du cerveau, les fibres à l'intérieur, la manière dont le cerveau se comporte au repos, tout un ensemble d'acquisitions complémentaires pour avoir de l'imagerie biologique anatomique et anticipe aussi à possibilité d'extrapouler des données fonctionnelles. Et pour pouvoir faire le lien, on a fait faire aussi nombreux tests à nos volontaires, des tests de force, de saisies, de rapidité, de précision, avec une main, avec demain, tout un ensemble d'informations complexes, liées à la lateralité comportementale et puis des tests aussi de langages et visuels. Tout ça, parce que l'on sait que ces grandes capacités-là sont reliées à des asymmétris cérébrales chez les humains. On sait qu'il y a une règle d'ensemble qui redit le fait d'avoir un cerveau globalement asymmétrique vers l'avant à droite et vers l'arrière à gauche avec le fait d'être droitier. On sait aussi où se positionnent les aires du langage qui sont majoritairement à gauche vers l'avant des loups frontaux chez des droits tiers. Mais ces grandes lignes n'avaient pas été testés dans le détail. Là, on a toutes les informations pour justement mesurer toutes les correspondances, voir les co-variations qu'il y a entre les comportements et les petits détails d'assimétris cérébrales. Une fois qu'on aura pu faire ça, en regardant des spécimens fossiles, en voyant leurs propres propriétés particularités anatomiques, on essaiera de faire un lien avec leur capacité comportementale, le fait d'être droitier ou gauché ou d'autres implications que ça peut avoir sur le comportement. Une question vient à l'esprit. Est-ce que les cerveaux préhistoriques finalement étaient moins performants que les nôtres? C'est une question extrêmement complexe qui relève de plein de sujets différents et du niveau de comparaison que l'on fait. On a longtemps imaginé les humains préhistoriques comme des idios simplement, parce que les premiers préhistoriens dans la France du 19ème, puis du 20ème siècle, partaient de l'idée qu'il y avait une hiérarchie dans les capacités que certains humains actuels ou de l'époque étaient meilleures que d'autres et évidemment supérieures aux humains préhistoriques, une vision biaisée de toute l'histoire de l'humanité. Si on prend toutes les données qu'on a d'un point de vue scientifique, on voit bien qu'au cours de l'évolution humaine, il y a des changements des étapes importantes dans les comportements des humains préhistoriques. Les outils apparaissent à un peu plus de 3 millions d'années qui sont l'illustration de nouveaux comportements de nouvelles capacités. Des outils plus complexes apparaissent au cours du temps. Le feu exploitait plus tard. Ensuite il y a l'art, les cipultures. Donc il y a une tendance générale à l'apparition de nouveaux comportements complexes. C'est indiscutable. Et puis c'est souvent des choses partagées. Par exemple, le feu a été partagé par plusieurs espèces humaines néandertales, sa pièce, probablement aussi au moeritus, ce qui montre bien que ce n'est pas que la taille du cerveau qui va compter et que des structures très différentes du cerveau vont amener à des réponses qui peuvent être similaires dans le cas de cette capacité à utiliser le feu, par exemple. Et si on fait une comparaison entre homo sapiens et néandertale, les deux humanités, les plus récentes, on se rend compte que les comportements, lorsqu'ils sont contemporains, montrent des capacités absolument du même ordre. Et finalement, c'était aussi une manière de nous nous supposer supérieure à ces humains du passé que d'imaginer qu'ils étaient moins malins. Donc le lien avec la forme du cerveau est difficile à faire. On va essayer de poursuire notre cerveau de comprendre certains liens au moins statistiques, des corréations qui existeraient entre l'anatomie et les comportements, mais on sera jamais totalement capable d'analyser dans le détail des capacités juste avec la forme du cerveau. Donc vous expliquez que l'intelligence ne se résume pas à la forme du cerveau. Mais qu'est-ce qu'il fait qu'on a cette impression homo sapiens ça a véritablement surpassé les autres humanités? L'intelligence c'est un concept qui est complexe. C'est quelque chose que nous, on cherche à définir mais qui n'est pas si simple à caractériser quand on garde, parmi les êtres vivants aujourd'hui, on voit des comportements extrêmement complexes qu'on interprète comme de l'intelligence, mais vu de notre propre vision, donc il y a des biais dans cet aspect-là. Et c'est la même chose lorsqu'on garde les humains préhistoriques. On a tendance à sous-évaluer ce qu'ils étaient capable de faire et puis à l'inverse se considérerait nous comme supérieure. Alors, il y a une réalité indiscutable. On est la seule espèce humaine à faire de l'archer. J'ai essayé de définir d'un point de vue scientifique des choses extrêmement complexes. Les humains précédents sont certainement intéressés à leur environnement, connaissaient bien la biologie des êtres vivants, avait vraiment une vision d'ensemble, mais jamais jusque-là, on ne s'était à ce point penché sur tous les détails et sur cette recherche de la compréhension du monde. Néanmoins, ça ne veut pas dire qu'on est supérieure à ce d'avance, qui fait notre force et finalement notre unique originalité aujourd'hui, c'est le fait d'avoir su conserver des connaissances, les accumuler au cours du temps. Je suis convaincu qu'à l'échelle individuelle, un éandertalien de 50 000 ans, un homme de chromagnon, ou tout le monde, finalement aujourd'hui sur Terre, on a le même ordre de capacité intellectuelle, le même niveau. Ça se voit par les traces archéologiques qui nous ont laissés par le fait d'entérer l'éleur par les superpintures qu'ils arrivaient à faire à cette époque. Par leur capacité à faire des outils extrêmement complexes, que je ne saurais probablement pas faire, même si on passait tout le temps qu'il faudrait, à me l'enseigner. Ils arrivaient à maîtriser des choses vraiment difficiles, qui impliquaient la conceptualisation de la réflexion, de l'enseignement. N'autre puis quelques milliers d'années, ce qu'on a su faire, c'est colecter ces données-là, les conservés de plus en plus. Il y a eu l'invention des villes, ensuite l'imprimerie, l'enregistrement informatique des connaissances. Et finalement, c'est vraiment ce cumule des connaissances, au cours des siècles et des millénaires, qui fait qu'on a accès aujourd'hui à beaucoup d'informations, en ayant probablement un cerveau biologiquement capable de capacité, que celui des humains, il y a quelques dizaines de milliers d'années. Face à ces limites que vous décrivez et peut-être un certain recul du savoir aujourd'hui ou à l'aurait de la crise environnementale, est-ce que cette notion de progrès elle mériterait d'être réinterrogée? Ce qu'est formidable, c'est qu'aujourd'hui, on a accès à beaucoup de connaissances, beaucoup d'informations. Et si on regarde le détail depuis même 20 ans, on se rend compte qu'on est toujours sur une coupe complètement exponentielle, le nombre d'informations créées depuis quelques dizaines d'années, explose tout ce qu'on avait pu faire pendant des milliers d'années et son dévolume, colossaux et saaugmente, continuellement. Ce qu'est terrible, c'est que pour la première fois sur terre, probablement l'espérance de vie humaine diminue dans certains pays ou pourtant on a toutes ces connaissances, où l'accès à la culture, à la connaissance diminue, soit par des choix politiques radicaux en interdisant aux femmes, de suivre des cours, soit dans certains pays, en pensant que une partie de la culture ne mérite plus d'être enseignée. Et ces friands, c'est la première fois qu'on va diminuer cette accès à la connaissance, alors qu'on n'a jamais eu autant que qu'on a quand même des conditions extrêmement favorables. Et qu'en parallèle, on a connaissance du fait qu'on est face à une crise écologique sans précédent car il y a un rythme effréné qu'on vit de plus en plus, en attendant finalement, juste de conserver nos conditions de vie optimale, sans jamais se remettre en question et sans essayer d'améliorer en profondeur ce qui risque d'arriver d'ici très peu. Vous nous avez parlé de cette notion de progrès, ça fait penser aux progrès scientifiques. Qu'est-ce qui se développe encore dans votre discipline et qui vous rend enthousiaste? Là, on a réussi vraiment avec ce projet-là à travailler de manière totalement plus rédisciplinaire avec des chercheurs en imagerie, en mathématique, en neuroscience, et à arriver à prendre le meilleur de chacun des domaines pour aller au-delà et contribuer à tous. Pour nos fossiles, on a pu reconstituer des choses qui étaient inimaginables, il y a cinq ans, parce que les progrès en mathématique, en informatique, ont permis de faire des logiciels qui extrapolent beaucoup plus de données. L'intelligence artificielle va aussi nous servir prochainement à mieux lire les sillons, à mieux comprendre les endocrats et les cerveaux. Et en fait, la vraie perspective, c'est que cette connaissance-là qu'on construit ensemble, elle va être bénéfique pour plein d'aspects. Ça va nous permettre de mieux comprendre la anatomie d'un cerveau néan-dercalien. C'est chouette, mais finalement, ce n'est pas le plus utile pour la société aujourd'hui. Mais justement, parce qu'on travaille conjointement, on montre combien les variations de structure du cerveau sont complexes, ancrés, profondément. On compare avec des homo sapiens fossiles, on analyse des milliers d'individus aujourd'hui, et surtout, on analyse toutes les données internes à la boîte crânienne. Les vaines qui irrigent le cerveau, le cerveau en lui-même, le lien avec le crâne, les asymmétries, et on étudie aussi les pathologies. Et plusieurs chercheurs d'hôpitaux se sont joints à notre projet et travaillent avec nous, parce qu'il y a encore plein de questions complètement ouverte sur les pathologies, sur la manière dont se forme l'ensemble du crâne. Combien certaines maladies causent des avécés, là, le fait d'analyser tout conjointement, on éclaire ces données-là aussi. On arrive à donner une perspective que n'ont pas le temps d'avoir les chirurgiens, quand il soit une sauve quelqu'un qui était malade, là, on apporte une quantité d'informations qui permet une mieux comprendre comment ces maladies se sont formées, se sont structurées, et peut-être à terme comment mieux les soigner. Donc, c'est un apport qui est important, intéressant, et fou, finalement, quand le point de départ, c'est juste d'essayer d'imager le cerveau de néandertale et qu'au final, à l'arrivée, à apporter des éléments qui vont être utiles pour essayer de soigner des gens. Ça, c'est formidable et j'espère qu'on va y arriver. [Musique] Dans cet épisode, vous venez d'écouter Antoine Balzo, palais ou anthropologue et chercheur au Musée Homme Nationale d'histoire naturelle, interjuvé par Flora Troyou. [Musique] Pour que nature vive. [Musique] Un podcast produit par le Musée Homme Nationale d'histoire naturelle et création collective. En partenariat, avec une mystère de la transition écologique et le ministère de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation. [Musique] Pour la réédition du livre avant que nature meure de Jean Dorsd, Robert Barbeau, professeur au Musée Homme a écrit une post-faste intitulée pour que nature vive, qui a inspiré le titre de ce podcast. [Musique]

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