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Qui paie au premier date ?

9m 49s

Qui paie au premier date ?

Le podcast « Faux-Chemin » aborde la question épineuse de qui doit payer l’addition lors d’un premier rendez-vous amoureux. Si le partage 50/50 est souvent présenté comme un geste féministe, une partie de la génération Z défend que l’homme doit payer, arguant que les femmes investissent bien plus d’argent et de temps pour se préparer (maquillage, épilation, vêtements, etc.), ce qu’elles appellent la « charge esthétique ». Cette charge, estimée à des milliers d’euros sur une vie, serait une inégalité que le paiement masculin viendrait compenser. La journaliste Lucille-Killet rejoint cette idée, affirmant que le 50/50 est une illusion d’égalité dans un monde inégalitaire. En parallèle, des études montrent que l’argent n’est jamais neutre dans les relations : payer peut conférer un sentiment de pouvoir ou de redevabilité, et certains hommes y voient un droit sur les femmes. Le podcast conclut que l’essentiel est que le choix convienne à tous, et que ce sujet peut être une occasion de dialogue sur les attentes et les rôles de genre.

Transcription

1632 Words, 9503 Characters

French
Louis. L, L, L. C'est le moment gênant après un premier date. Vous avez passé une bonne soirée, vous avez potentiellement pas mal bu. Vous avez recommandé des assiettes de frites pour faire du réel moment. Et à la fin, byf au pays. En tant que féministe, je crois dure comme faire qu'il n'y a pas de raison qu'un homme pèse systématiquement l'addition. Pour moi, split is féministe et s'amsemme normal de partager les dépenses. Et je pensais que le sujet était un peu clôt, mais visiblement non et une partie de la Gen Z condécrit régulièrement comme beaucoup plus progressiste, défend que ce qui est féministe, justement, c'est que l'homme paie. Leur idée, c'est qu'une femme, elle investit déjà plus de temps d'argent et d'énergie dans la beauté. Par exemple, le maquillage, la coiffure, les vêtements. Tout ça, avant même que le premier vert soit commandé. Et que l'égalité, ça serait finalement de le prendre en compte. Alors qui doit payer? Est-ce que c'est vraiment un geste féministe et égalitaire de faire moitié-moitié? Des vrais questions. Des vrais réponses. Je suis Marie-Nervole, journaliste. Bienvenue dans Faux-Chédi. Quand on croise les recherches, au premier date, les hommes paient majoritairement la dission. Les chiffres varient un peu selon les études, mais on reste globalement autour de 60% des rendez-vous qui se termine avec la dission pour monsieur. Et plus encore, les femmes, comme les hommes, s'attendent à ce qu'ils le fassent. Je précise tout de suite que cette logique s'applique au couple étero-sexual. Dans les relations LGBT par exemple, où les normes genreées sont un peu moins fortes, la question de l'addition apparaît comme moins sensible. Et surtout, le dialogue est plus transparent sur ces questions. C'est aussi un problème assez européen. Aux États-Unis, par exemple, c'est plutôt la personne qui propose le rendez-vous, qui sort sa carte bleue. Il y a aussi des nuances générationnelles à prendre en compte. L'enquête "moi jeune", menée par Opinion Noï pour le journal 20 minutes en 2025, montre que, même si cette pratique perdure et que les hommes continuent de payer, la plupart des sondées, trouvent que c'est un peu dépassé. Mais pendant que mitou fait son chemin, on assiste, dans le même temps, un retour des discours masculinistes ultra décomplexés. Et pour beaucoup d'hommes, être un homme, un vrai, un homme virile, c'est encore et toujours pouvoir payer. C'est une façon de performer sa masculinité et malheureusement, de faire perdurer les rapports de domination. Tout ça, ça montre que l'argent, dans les relations, n'est jamais neutre, ni en famille, ni en amitié, ni en amour. C'est ce que montre la sociologue américaine, Viviana Célizor, dans son ouvrage, de purchase of intimacy. L'argent ne sert pas qu'à payer, il sert à définir des rôles. Donc on pourrait se dire, "OK, aujourd'hui on a les jeunes progressistes qui prenent le 50, et les mini-endroutes, toujours attachés aux stéréotypes de genre." Sauf que c'est pas si simple et, comme je vous le disais, une autre pensée a émergé, une pensée féministe qui dit, "L'homme doit payer pas de débat." C'est ce que m'a détaillé l'ola à la 22 ans. Je pense que c'est sa première idée, et c'est quelqu'un que tu connais pas. C'est mieux si le mec va prendre l'initiative pour payer, parce que, je trouve que ça monte de la galantrie, et aussi, parce que, en tant que femme, on va utiliser plein de projets, de choses pour nous rendre belge, genre du maquillage, du parfum, tel romanique, une pédique, des produits pour les cheveux, même des servietes signées, bref, tout ça, qui font en sorte que, nous, on va payer, peut-être 500 euros pour aller au date, alors que l'autre personne en face, elle a peut-être juste à bien s'habiller et mettre du parfum. Je pense que ça, c'est les exigeants que nous, on a envers nous-mêmes, mais aussi que les gens nous portent, et du coup, je pense que les femmes, elles le font pour elles-mêmes, mais aussi pour le regarder autres. Ce qu'elle dit en substance, c'est que se rendre à un rendez-vous, pour une femme, c'est déjà un investissement que n'on pas a eu à faire les hommes, car, évent général à un date, au mieux, avec une chemise et un peu de parfum. Est-ce qu'il serait donc égalitaire, que les hommes, paient les cocktails, pour compenser cette différence d'investissement financier en amont du date? C'est ce que pense Lucille-Killet, journaliste et autrice du livre, couplait héros coups d'eau femme, publié aux éditions leux-duques. Pour elles, faire 50/50 sur l'addition, ça n'a rien de féministe, bien au contraire. Faire 50/50 au premier date, c'est une illusion d'égalité, parce que nous vivons dans un monde inégalitaire, entre mes femmes, pour être une femme jugée désirable et mable, faut que les femmes paient un prix fort, nous grandissons avec une prescription entre les mains ou pour être considéré comme une bonne candidate aux couples hétérosexuels, hétérônes normées, il faut faire un certain nombre de choses. À savoir et radiquer les poils qui poussent naturellement sur notre corps en permanence. Moi, j'avais calculé, j'avais estimé, que si on allait, bon, voilà, une bonne partie de sa vie chez l'esthéticienne, chaque mois faire un forfait classique de jambes et celles, maillots à 60 euros, on en avait facilement pour plus de 20 000 euros à l'échelle d'une vie. Le coût de l'épilation est quand même conséquent. C'est de l'argent, c'est aussi du temps passé et de la douleur accessoirement. Pour être une bonne candidate, il faut être épilé, il faut être maquillé, il faut se coiffer, il faut bien s'habiller, potentiellement on sait que ce date peut déboucher sur une nuit passé ensemble, il y a des femmes qui, du coup, restissent dans la lingerie, on voit que les coups investissent dans la lingerie, il y a quand même un gros écart, c'est quatre fois plus d'argent investit pour les femmes que pour les hommes. Donc je veux dire, on arrive déjà avec une préparation radicalement différente, quand on commence à en rendez-vous amoureux quand on rentre dans une démarche de séduction. Donc c'est pour ça que si on peut se prêter à l'exercice de faire le petit calcul de combien, est-ce que ça m'a coûté d'être belle et seduisante pour se rendez-vous versus combien ça a coûté un homme? On a déjà de base en écart. C'est ce qu'elle appelle la charge esthétique et c'est donc tout ce dont t'appare les lolas. Tout l'argent investit par les femmes dans la modification de leur apparence pour être jugé désirable et aimable aux yeux d'un homme et plus généralement aux yeux de la société. Le 50 en 50, ça serait donc une illusion féministe. Et elle va même plus loin, une façon d'enrichir encore les hommes au nom du féminisme. Donc finalement, en proposant de payer quand on est une femme, on tomberait dans une sorte de piège, une bonne intention au départ, qui se retourne contre nous. Après, qu'est-ce qui est en train de jouer au moment d'endai de payer, c'est aussi les attentes. Il y a un tabou de la dessus, c'est que je me dis bah si il paye, si je le laisse payer, est-ce que je ne lui doie pas quelque chose derrière? Donc là encore, même quand on a le souci de l'égalité et que l'on laisse payer la personne derrière, on se disant "Ben moi j'ai dépensé énormément" "en maquillage en épilation derrière" et on a quand même pas les mêmes revenus, donc c'est un peu normal que ce soit toi qui paye. Bon déjà, c'est à me donner toute une charge symbolique, une charge systémique dans une relation qui démarre à peine. Donc c'est vrai que ça peut sembler assez lourd, c'est inconfortable d'en parler. Mais surtout derrière, on peut se sentir redevable. De dire "est-ce que je le laisse payer?" Sachant qu'en fait, il m'intéresse pas et que je vais rentrer chez moi, prendre le métro. Je vais passer pour une nana qui a juste profité de lui. Donc là encore, on a le stéréotype de la profiteuse qui revient. Donc c'est pour ça qu'en fait, ça m'est beaucoup de gènes et de malheises quand on parle derrière, parce que l'enjeu derrière l'argent, c'est de pouvoir. Et qui est redevable, qui a des droits, parce qu'il a payé. Ce sentiment d'être redevable quand on laisse un homme payer, c'est pas juste un sentiment. Certains hommes considèrent parfois inconsciemment que le fait de payer l'addition leur auc-3 des droits sur les femmes. Sa rejointe cette idée développé dans une étude de l'université de Californie. Plus un homme considère que c'était lui de payer, plus il a de chance d'adérer à une vision paternaliste du couple. Vous connaissez cette phrase? Si c'est gratuit, ça veut dire que c'est vous le produit. Bassez un peu ça. Mais pas toujours. Et parfois, payer l'addition, ça n'a pas autant d'enjeu. Ça peut être tout simplement un geste généreux, ou encore comme a dit Lucille-Killet, le geste de quelqu'un, qui est encore à 10 milieux de penser à tout ça, et qui a juste besoin d'être un peu confronté aux réalités des femmes et à la question des inégalités. Le plus important dans la question qui doit payer au premier date, c'est que ça convienne à tout le monde. Ça peut d'ailleurs être un super sujet de conversation pendant le date. Ça permet de tater le terrain et d'avoir un aperçu du rapport quand retient votre date au rôle de genre. Et aussi une super occasion de tester si la mention féministe de son profil Bumble tient la route, ou si c'était juste pour faire elle poisson. Prenez soin de vous. Merci d'avoir écouté Faux-Gst-Dise, un podcast co-produit par le magazine Elle et Louis Media.

Podcast Summary

Key Points:

  1. Le débat oppose deux visions féministes
  2. Les données montrent que dans les couples hétérosexuels, l’homme paie majoritairement (environ 60 % des cas), et cette attente persiste malgré un sentiment général de dépassement.
  3. L’investissement esthétique des femmes (maquillage, épilation, lingerie, etc.) est estimé quatre fois supérieur à celui des hommes, ce qui justifie, pour certaines, que l’homme paie.
  4. Payer peut aussi créer un sentiment de redevabilité et renforcer des rapports de pouvoir, certains hommes estimant avoir des droits en échange de leur paiement.
  5. Le dialogue sur ce sujet est plus ouvert dans les relations LGBT, et aux États-Unis, c’est souvent la personne qui invite qui paie.

Summary:

Le podcast « Faux-Chemin » aborde la question épineuse de qui doit payer l’addition lors d’un premier rendez-vous amoureux. ), ce qu’elles appellent la « charge esthétique ». Cette charge, estimée à des milliers d’euros sur une vie, serait une inégalité que le paiement masculin viendrait compenser.

La journaliste Lucille-Killet rejoint cette idée, affirmant que le 50/50 est une illusion d’égalité dans un monde inégalitaire. En parallèle, des études montrent que l’argent n’est jamais neutre dans les relations : payer peut conférer un sentiment de pouvoir ou de redevabilité, et certains hommes y voient un droit sur les femmes. Le podcast conclut que l’essentiel est que le choix convienne à tous, et que ce sujet peut être une occasion de dialogue sur les attentes et les rôles de genre.

FAQs

Il n'y a pas de règle universelle, mais cela dépend des attentes et des valeurs des personnes. Le plus important est que cela convienne à tout le monde.

Pour certaines, faire 50/50 est une illusion d'égalité, car les femmes investissent souvent plus d'argent et de temps dans leur apparence avant un date. D'autres y voient une manière de partager équitablement les dépenses.

Pour beaucoup, payer est une façon de performer leur masculinité et de perpétuer des rôles de genre traditionnels, mais cela peut aussi être un geste généreux sans arrière-pensée.

C'est l'argent, le temps et l'énergie que les femmes investissent dans leur apparence (maquillage, épilation, vêtements) pour être jugées désirables, souvent bien plus que les hommes.

Oui, certaines femmes se sentent redevables ou craignent de passer pour des profiteuses. Cela peut aussi amener certains hommes à croire qu'ils ont des droits en ayant payé.

Cela peut être un bon sujet de conversation pour tester les valeurs de l'autre sur les rôles de genre et l'égalité, et pour s'assurer que tout le monde est à l'aise.

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