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Qui a tué mon père

65m 37s

Qui a tué mon père

Lors d'une rencontre à la librairie L'Homme Blanche en mai 2018, Édouard Louis présente son roman "Qui a tué mon père". Il explique que le livre naît de la réconciliation avec son père, après des années de séparation due à leurs différences sociales. En le revoyant, Louis découvre un corps détruit par les conditions de vie précaires, ce qui l'amène à questionner les responsabilités sociales et politiques derrière cette souffrance. Le titre sans point d'interrogation souligne une accusation directe, non une question. Louis décrit son processus d'écriture comme une recherche de fluidité pour immerger le lecteur dans l'expérience de son père, évitant toute distraction. Il aborde également les polémiques liées à ses œuvres antérieures, critiquant ceux qui séparent littérature et réalité sociale. Pour lui, la littérature doit être un outil de compréhension du monde, notamment des injustices de classe, sans humilier les populations concernées. Il évoque enfin l'influence du théâtre sur son écriture et son refus d'être apprécié par des publics aux valeurs opposées aux siennes.

Transcription

13104 Words, 72083 Characters

French
[Musique] Vendredi 25 mai 2018, une rencontre à vélieue à la Librérie Hombre Blanche, avec Édouard Louis, autour de la Parision de son nouveau roman, qui attuait mon père, aux éditions du seuil. Bonne écoute. [Musique] Bonsoir à tous. Bonne écoute. Je suis ravie au nom d'hombre blanche de vous accueillir, d'accueillir Édouard Louis. Le nombre suffit à montrer sa popularité. Nous avons passé une heure et quatre ensemble avant les dédicats, parce qu'il doit repartir déjà à Paris. Quelques repères rapides, il est un ami, un premier nom que vous connaissez pour Eddie Belgull. Il a étudié l'histoire à l'université de Picardi, où il a été remarqué par le philosophe D. D. Ribond, avec il est toujours très ami, diplômé de l'école normale supérieure de Paris, poursuivir également ses études à l'école des hautes études en social. En 2013, il dirige l'ouvrage collective Pierre Bourdieu, l'insoumission en héritage, au Puff. L'année suivante est justement le roman finir avec Eddie Belgull, qui recevra le prix Pierre-Génin contre le mot phobie et pour l'égalité des droits. Romant qui a eu le succès que vous connaissez tous, a introduit en plus de 20 langues, qui a déclenché aussi parmi les compliments certaines polémiques. En septembre 2014, vous intégrer le Centre universitaire de recherche sur l'action publique politique pour y effectuer une test de doctorat portant sur les trajectoires de transfuge de classe. Après, il y a les prises de positions publiques dans le monde, septembre 2015, intellectuel de gauche réengagez-vous, avec Geoffroit de la Gannerie. En 2016, la lettre ouverte a menuel Valls. Si il n'était également de l'appel des 800 en faveur d'un accueil des migrants plus respectueux des droits humains, de telles sortes que son œuvre et son engagement les résins recupitibles par de l'émoins, l'onclassé parmi les sans créateurs qui, dans tous les domaines, réinvente la culture 2016, histoire de la violence et mais 2018, le livre pour lequel nous sommes plus volontiers ici, qui a tué mon père. Merci beaucoup. La première des choses, c'est assez rare qu'on puisse tirer une question d'ordre de pontuation. Je vais dire sur la couverture des leit-titres qui a tué mon père, il n'y a pas de point d'interrogation. Et c'est pas une erreur du typographie. Vous nous expliquez? Oui, merci et bonjour. Qui a tué mon père, c'est un effet qui est né d'un retour après la publication de l'histoire de la violence et d'enfinir avec Edible Gole. Je vais commencer à revoir mon père, que j'avais pas vu pendant longtemps, que j'avais pas vu pendant presque 5 ans à la je de 20 ans, ce qui faisait presque un quart de ma vie, sans qu'il y ait eu de disputes particulières, sans qu'il y ait de ruptures particulières, mais simplement nos vies avaient pris un chemin différent. Je vivais à Paris, mon père n'avait jamais totalement quitté la région de son enfance. Je faisais des études mon père n'avait pas pu étudier. Je lisais marguerite du râce, mon père allait y aller rues pour remasser les déchets des autres, pour 700 euros par mois. Et nos vies étaient devenus tellement différentes, nos manières d'être, nos manières de penser, nos manières de parler, nos manières de voir le monde qu'on n'arrivait plus à se parler et donc on se parlait plus. Et puis quand les deux premiers romans ont été publiés, il y a une sorte de dialogue qui était réengagée avec mon père, il m'a appelé un jour en pleurant. Et il m'a dit je sais pas pourquoi tu veux plus me parler. Je ne peux pas ne plus te parler, mais il m'a dit tu parles à ta mère qui m'en surtout à tout le temps et moi je ne fais rien à moi tu ne me parles pas. Et donc j'ai commencé à revoir mon père après ce message. Et le jour où je l'ai revu pour la première fois, je ouvert la porte de l'appartement de mon père et j'ai vu un homme que je connaissais pas, mais cette fois pas seulement au sens linguistique, symbolique, mais au sens physique, j'ai vu que je trouvais mon père avec un corps détruit. Mon père c'est quelqu'un qui est très jeune, il a 50 ans et il a du mal à marcher, il peut marcher mais avec beaucoup difficulté. Il peut plus respirer sans une machine, il est tout le temps opéré pour plein de choses, pour plein de pathologies. Tout simplement mon père a pas une maladie importante et il n'y a pas une grande maladie comme nous vous savez tous ces mots qui font peur, je ne sais pas cancer, le cémie et tout ça. Simplement, l'état de son corps, ce corps des trucs il a, il est dû à sa place au monde, à la place qui lui a été réservée, une place d'exclus, une place de pauvreté, de misère, de dépossession. Et moi quand j'ai vu mon père, j'ai tout de suite sur, qui avait fait ça, je l'ai tout de suite vu, en voyant le corps de mon père. Qui était les responsables? Qui était les responsables de ça? Qui avait produit ça? Parce que j'avais des souvenirs d'enfance, je me souvenais, je me souvenais des moments, des moments de mon enfance, des moments clés. Alors après ça a été quand même pas facile à écrire parce qu'on a beau avoir les idées après écrire ces autres choses. Vous savez c'est Peter Renke qui dit les écrivants comme un rêve de l'image, parce que vous avez les images dans la tête, puis à partir de moments où vous essayez de les écrire, ça marche plus du tout. Et en fait les écrivains sont des gens qui rêvent de faire des livres d'image. Donc je savais ce que j'avais à dire, ça n'empêche pas que c'était difficile de le dire mais quand j'ai vu mon père, oui je me suis souvenu de tous ces moments qui, dans mon enfance, comme mon père avait une trentaine d'années, toutes ces choses qui avaient détruit son corps, toutes ces choses qui avaient produit cette tête à dans lequel il est aujourd'hui, je m'en rappelais. Donc en fait j'avais déjà la solution du livre, il fallait plutôt écrire ce qui avait avant, mais c'est pour ça que le point d'interrogation semblait artificielle. Et puis surtout qui a tué mon père, ça voulait dire aussi justement ce qui a tué mon père, ce qui a tué mon père et ce C-E-UX, pardon. Et voilà et donc le livre est. Oui voilà construit comme ça. Vous vous voulez dire qu'il a été difficile à écrire en tant que lecteur, en a en tout cas j'ai eu l'impression à un verre, donc la mesure c'est plutôt en complément d'un babouche. Justement on a comme une espèce de cri, même s'il est en train de nostalgie, de mélangoli, plutôt, mais justement sa forme bref et puis ça malgré tout sa fluidité, nous fait penser au contraire que vous l'avez écrit dans un seul léla, en tout, seul souffle. Ce n'est pas le cas alors. Non, la fluidité c'est ce qui a de plus dur à trouver, c'est facile de faire un truc complètement déconstruit, vous mettez des morceaux comme ça et puis c'est pas fluide du tout, c'est pas besoin de beaucoup travailler. Au contraire d'essayer de trouver une sorte de souffle, une sorte d'élan, moi c'était très important, j'ai beaucoup dit au moment de la sortie du livre, mais la briève des livres était importante. Pour moi j'ai supprimé beaucoup de passage que j'avais publié à droite à gauche, j'en ai revu quand j'essaie de trouver la manière dont j'ai créé ce livre et moi j'avais envie qu'on traverse la vie, le corps de mon père, en deux heures, pas plus que ça, j'avais envie qu'on ait de la naissance d'un corps, de l'apparition d'un corps, d'un corps jeté au monde, à la destruction d'un corps. Pour moi ça faisait partie de ce que j'avais envie de montrer. Je ne voulais pas que la électrice ou lector puisse poser le livre et s'arrêter, c'est. Il y a des écrêvains qui disent "moi j'aime bien la liberté de la électrice ou du lector de pouvoir s'échapper, tout ça m'intéresse pas du tout, du tout la liberté de la électrice ou du lector". J'ai envie de dire quelque chose et si on ne l'aime pas, on peut lire un autre livre mais au moins si on me lis, je veux qu'on comprenne ce que j'ai envie de dire. J'ai trouvé justement l'abriFT mais avec d'autres choses faisaient partie pour moi d'une tentative de trouver une forme littéraire qui justement empêcherait la électrice ou lector de "pargarder" ce que je disais, ce que j'ai écrit. Mais cette forme littéraire vous l'approcher dès le début dans une espèce de dit d'ascali justement le mot me paraît un peu évident, ne serait-ce que par les italiques et la place du texte du théâtre. Si ce texte était un texte de théâtre. Oui parce que moi déjà le théâtre c'est une forme qui m'a beaucoup marqué, beaucoup beaucoup, j'ai commencé par faire du théâtre, j'ai voulu être acteur et après quand je me suis rendu compte que c'était un acteur raté j'ai écrit parce que j'arrivais pas à être acteur. Pourquoi? J'ai vu pas par corriger. Moi je ne te pas très fort. Moi je voulais être Isabelle Uper ou rien et j'arrivais pas à être Isabelle Uper alors je suis bon battant pis je vais écrire. Vous n'appuyez pas la vocation de l'écriture de la vie au corps? Non, non mais je veux dire tout ça c'est compliqué mais mon nom Louis c'est un nom qui vient du théâtre, c'est un nom qui vient de la pièce de théâtre de Jean-Luc Claggarce juste la fin du monde où le protagoniste s'appelle Louis. C'est pour ça que je m'appelle Louis et je trouve aussi que c'est le deuxième prénom de Didier. Et donc ça a matché parfaitement mais juste la fin du monde de Jean-Luc Claggarce est justement l'histoire d'un homme, d'un garçon, je sais pas un homme c'est bizarre. D'un garçon qui revient dans sa famille dont il a été séparé depuis plusieurs années pour des raisons qui sont à peu près similes et romiennes, qui revient dans sa famille pour leur annoncer sa mort. Il va mourir du cida, c'est une pièce autobiographique de Jean-Luc Claggarce. Il n'y a pas vu depuis des années et des années il revient pour leur dire qu'il va mourir et à la fin il repart sans leur avoir dit. Et il va mourir c'est l'épilogue de la pièce sans leur avoir dit. Et justement parce que avec sa famille parle plus le même langage, ils ont plus la manière de penser et la pièce pour ceux qui n'ont pas encore lu, ceux qui n'ont pas encore vu le chef d'œuvre de Xavier Dolan, je vous le recommande. La pièce est qu'on soute comme une succession de monologue de Jean qui n'arrive plus. Donc d'abord cette forme-moi du théâtre elle est importante et puis aussi c'est un texte qui est destiné et d'où aussi sa briafeté a être jouée au théâtre. - On sera joué la année prochaine au théâtre de la Colline. - En mars 2019. Oui mais on s'est une part Stanislas Nordais. C'est Stanislas Nordais qui m'a demandé d'écrire un texte pour lui et j'avais envie d'écrire sur mon père et donc en Stanislas me l'a demandé, ça m'a donné un peu la impulsion, la force. Donc puisqu'il va être mis en bouche c'est une façon que vous allez de travailler aussi. qu'on est le goloir de Floubert, quand vous écrivez, vous parlez tout autant ou pas? - Oui, oui, je pense que mes voisins doivent penser que je suis fou, parce que je parle toute la journée tout seul. Je pense que presque tout le monde fait ça, je l'ai à voix haute ce que j'écris. C'est juste aussi que j'en ai parlé à pas très longtemps sur média parte, je sais pas si on a qui on vu ça. Pour moi, cette adresse de m'adresser directement, c'était aussi une manière d'atteindre directement la électrice ou le lecteur dans ce que je disais, parce que je me rends bien compte que très souvent, on se sert de la littérature comme un instrument pour ne pas voir le monde, vous parlez tout à l'heure des polémiques pour mettre deux premiers livres, pour qu'il y a eu de façon, j'ai pas eu que j'écris un truc, il y a une polémique, mais. - Ça vous en est ça ou ça vous fait? Comment vous ressentez ça? Je me suis posé la question, vous pourriez au contraire, trouver ça très simple, c'est bien parfois d'être cliente. - Non, non, bien sûr, bien sûr, moi, j'aurais eu, j'aurais eu d'être aimé par tout le monde, je veux surtout pas être aimé par tout le monde. Si j'avais une critique positive dans le Figaro, je me jeterai dans la scène, d'être. - N'est-ce que ça est névoi, ça? - Si, si ils étaient plus intelligents que ça, à vous le niveau des tests qui sont pour moi, ils aient créé une critique positive, ils se débarraissent réde moi pour toujours. J'ai pas envie d'être aimé par des gens homophobes, j'ai pas envie d'être aimé par des gens racistes. Et vous savez, il y a un Carlo Voknozgart, qui disait il n'y a pas très longtemps, on mesure la valeur d'un écrivain, on n'aum d'insulte qui reçoit, et moi, je crois beaucoup à ça. Par ailleurs, non, mais justement, sur les polémiques, je me souviens que quand les deux premiers, puis surtout, le premier, sur tout ce qui s'était passé, sur le premier livre, des journalistes avaient dit, parce que je parlais de pauvreté, parce que je parlais de homophobie, parce que je parlais de racisme. Ah, ce qu'on raconte, et de voir, Louis n'est pas vrai, ça ne peut pas être vrai, ce qui est un compte ne peut pas être vrai. D'ailleurs, on a calé dans le village où il a grandi, donc c'est ce qu'ils ont fait, ils ont pris ma mère, ils l'ont filmé dans une maison qui était pas la maison, j'avais grandi, avec des habits qui étaient palaisciens, sans filmer les hommes, parce que les hommes sont plus marqués socialement quand ils parlent que les femmes, donc voilà, il est une opération de construction, mais tout ça pour dire que des gens disaient, ça ne peut pas être vrai, et d'autres part des gens qui ne chevent pas me défendaient pour le dire un peu caricaturellement, disaient, de toute façon, on s'en fiche que ce soit vrai ou pas, parce que c'est de la littérature, et c'est ça qui compte. Et moi, si vous voulez, j'étais autant agressé par les deux perspectives, parce que je me disais, c'est pas possible, je parle de femmes qui se font abasser, je parle de ma mère qui avait pas le droit de travailler, parce que mon père disait qu'une femme devait rester à la maison, je parle d'un village ou les gens, à 60% pour le franc national, je parle de Mofobi, et on me dit, on s'en fous, c'est de la littérature, et moi, c'est pas ma conception de la littérature, c'est pas qu'il y a la littérature et le monde, c'est que la littérature, c'est banale de dire ça, mais ça semble encore compliqué à faire comprendre, l'utiliser comme un moyen d'un instrument de compréhension du monde, et donc je me suis dit, c'est très très difficile, parce que ça veut dire que la littérature, on s'en sert comme un instrument pour ne pas voir, puisqu'on dit, on s'en fous, puisque c'est de la littérature, voyez, et donc on utilise le livre, on utilise la forme littéraire, comme un moyen de détourner le regard de la réalité, un peu comme quand on passe dans la rue à côté d'un SDF, et on détourne la tête parce qu'on a honte, et moi quand j'ai commencé à créer qui a tué mon père, je me suis dit, il faut que je trouve une forme qui empêche ça, justement, qui empêche ces stratégies de diversion, qui empêche aux gens de dire, on s'en fous parce que c'est de la littérature, et je parlais, il n'y a pas très longtemps, d'un moment où Jean-Luc Godard a reçu un saisard d'honneur, c'était dans les années 80, qui lui est remis par Isabel Eupard. - Oui, c'était très jaloux, que ce soit elle est pas moi. Et vous savez, il y a un truc où je ne sais pas si vous connaissez cette scène, ils avaient l'upère donne le saisard à Jean-Luc Godard, et Jean-Luc Godard doit faire un discours comme toujours dans ce type d'occasion, tout le monde s'attend à ce qu'il dise, je remercie mon producteur et mon scénariste pour leur travail, et tout ça. Et en fait Godard dit, je remercie les standards d'artistes, de gomons, je remercie les femmes de ménage, et là, il se passe un truc, c'est que toute la salle des saisards, les gens habillés en smoking et en robe de soirée, tous les gens explosent de rire. - J'en ai fait. - Il trouve que c'est drôle, et c'est-à-dire que Godard essaie de dire quelque chose d'important. Il est en train de dire ce qui est en train de soutenir cette industrie, pendant que non, on est là, en train de se pavonner, en smoking, c'est des gens qui nettoyent les toilettes, c'est des gens qui passent leur journée à répondre aux téléphoniers à se faire engoler, c'est des gens qui souffrent pour que la réexiste, c'est-à-dire qu'il y a des conditions de l'art, qui sont des gens qui sont dans cette situation-là, c'est la même chose, moi je publie aux éditions du soye, il y a des femmes de ménage qui vont nettoyer les éditions du soye, qui arrivent à quatre heures du matin, de bon lieu, qui prennent deux heures de RR, et Jean-Luc Godard était en train de dire ça, et les gens rigolent. Et donc ça veut dire que, voyez, il y a tellement de stratégies de diversion, c'est, et moi, je serais rire, je l'ai vécu exactement, je les découvrais, il n'y a pas très longtemps, exactement de la même manière que ces gens qui m'ont dit, on s'en fout parce que c'est de la littérature, c'est-à-dire, c'est de manière de ne pas voir ce qu'on nous dit, et qui a tué mon père dans sa forme, dans sa bruyafeté, dans son aspect comme ça, très direct, c'est une manière de produire ça. - Et il y a une phrase à propos de littérature, bien, si on l'a qui jamais, avec vous, je vous cite, donc ce que j'écris ne répond pas aux exigences de la littérature, alors que justement pour expliquer que vous répétez, que vous reprenez des thèmes ou des propos, des livres précédents, vous pouvez expliciter de ne répondre pas aux exigences de la littérature, vous voulez dire de la littérature que vous dénoncer, justement, vous voulez faire une autre littérature ou ce mot-là ne vous convient plus? - C'est difficile parce que moi, comme beaucoup de gens, comme sans doute beaucoup de gens qui sont là aujourd'hui, pendant longtemps, je me suis senti agressé par la littérature. C'était quelque chose de difficile la littérature. Moi, quand quelqu'un comme ma mère ou mon frère, voyait un livre sur une table, c'était tout à coup comme la représentation matérielle de la vie qu'on n'aurait jamais. C'est-à-dire, c'était comme un instrument qui nous remette à notre place, parce que ça représentait la vie des gens qui ont le temps, l'argent, la possibilité, les capacités. On ne peut pas lire William Falkner ou Clot Simon comme ça. Ça supprécut pas d'éducation de l'œil, d'éducation de l'esprit. Pour nous, pour nous, dans mon enfance, le livre était presque une forme agressive comme ça, qui nous disait que tu n'auras jamais cette vie. Et potentiellement, de gens qui gagnent mieux leur vie, qui ont une vie un peu plus agréable, qui sont pas toujours bien sûr, c'est la réalité toujours complexe. Mais en tout cas, il y avait cette. oui, on s'entait mal, on s'entait mal. Et moi, je sais à quel point c'était vrai, parce que à une époque où j'étais complètement bête vers 16 ou 17 ans, quand je commençais à changer par rapport à ma famille, je rentrais chez mes parents. Et je m'installe sur le canapé, je suis ma mère, puisque ma mère s'était séparée de mon père. Je m'assiais sur le canapé et je lisais un livre où je lisais le monde. Je faisais semblant de lire le monde, où je faisais semblant lire un livre, parce que je savais que c'était la forme la plus agressive, que je savais que c'était la manière de dire je ne suis plus comme vous. En fait, beaucoup plus que si j'étais arrière avec des liâces de billets, il y a une violence de la culture, qui existe, qui est réelle. Et donc, moi, quand j'ai commencé à écrire, je me suis tout de suite possé cette question de. qu'est-ce que serait une littérature qui ne produit pas cette humiliation, on n'a jamais t'as fait en sortir. Et ça veut pas dire faire une littérature simple et. - Oui, mais si on caricature, on parle plus de la réalité, on dit plus la vérité sur le monde, et c'est une autre manière de faire violence au monde. Donc, ça veut pas dire abandonner des exigences, mais le fait de parler des gens dont je parle dans mes livres, qui sont presque pas représentés en littérature, le monde de mon enfance qui était très vite, qui n'a plus été le monde ouvrier, mais qui était moins que le monde ouvrier, puisque à 35 ans, mon père a eu un accident à l'usine, qui est le aboielle d'eau. On a plus été ouvriers, donc on est passé d'une classe à l'autre, on est passé d'ouvriers, à ce que Marx appelait le loupaine pour l'État-rias, c'est-à-dire moins que les ouvriers. Et ma mère disait toujours cette phrase, elle disait les ouvriers, c'est des bourgeois, c'était bizarre comme sociologiquement. Je pense que Pierre Bourdure est beaucoup aimé entendre ça, parce qu'elle voyait les ouvriers comme des gens qui avaient un salaire tous les mois, alors que nous, on survivait des aides sociales. Et donc, ce monde-là, je le trouvais nulle part représentée. Ça allait être peut-être avant, je dis peut-être une bêtise, mais Zola ou Valès, vous êtes d'accord, ou je le valais. -Oui, complètement. Zola, il y a aussi toute la littérature américaine de la moitié du XXe siècle, Steinbeck, Falkner, Dospassos, tout ça, c'est des écrivains qui ont parlé de ces mondes, mais aujourd'hui, une rarification se discoursent encore plus loin. -L'attribuent. -Quoi, cette aura réflexion? -Je l'attribue à une violence dédominante, qui est de plus en plus grande, à l'égard dédominé, qui est de manière de les exclure de plus en plus. On le voit très bien. En France, l'histoire de l'apparition de quelqu'un comme Macron, c'est l'histoire d'une sorte d'insulte permanente, fête aux classes populaires, contre les classes populaires, l'histoire d'une tentative de les invisibiliser le plus possible, de le renlever, de le plus possible de choses, c'est enlever 5 euros d'appels par mois. En même temps, qu'on baisse les impôts pour les gens qui achètent des jets privés, ou des bateaux privés, en disant 5 euros, c'est rien. Quand j'étais petit, 5 euros, on allait chez Aldi, on achete 4 paquetes pâtes, un paquet de pâtes a coûté 39 centimes, on achete 2 pots de sauce tomates et on mangeait pendant 2 jours. Et très souvent, ma mère disait ce soir, on n'a pas à manger, ce soir, on mange pas, parce qu'on n'avait pas à manger. Ma mère nous donnait un verre de l'ège, j'en parle d'en finir avec Eddie Belgull. Et donc, quand des gens suppriment 5 euros comme ça, ils empêchent des gens de manger pendant plusieurs jours pour donner quelques millions de plus à des gens qui sont déjà millionnaires, et les exemples pour être répétés à la finie le moment où. Vous les répétez dans ce livre, parce qu'effectivement, vous citez Sarkozy. Effectivement, ces dénons, vous le soulignez, vous-même dans une interview, ces dénons qui, en général, ne font pas l'iterrature. Vous vous en emparer. Oui, oui, c'était un des projets qui à tout le monde perd, c'était de décider d'inventer une forme littéraire qui permettrait d'intégrer la politique au sens le plus restreint dans la littéraure, dans un livre sur la vie d'un corps, sur la vie d'un homme qui en l'occurrenceait, et mon père raconte dans la succession des réformes, des décisions gouvernementales qui ont produit aujourd'hui, cet état dans lequel mon père est. Je parlais tout à l'heure des souvenirs que j'avais très clair de mon enfance. Je me souviens très bien que quand j'étais enfant, Sarkozy avait décidé le passage du RMI au RSIM. Ça avait Martin Hirsch. Avec Martin Hirsch. Mon père avait eu un accès dans l'usine, donc il avait été à l'été pendant plusieurs années. Ensuite, il avait une allocation handicapée. il a été basseculé sur le RMI, il avait beaucoup de mal à marcher quand même à se déplacer parce qu'il avait toujours très mal au dos. Quand on est passé au RSA, le RSA visait disait le gouvernement à encourager le retour à l'emploi, parce qu'en fait c'était un mensonge, c'était pas encourager le retour à l'emploi, ça veut dire pousser les gens vers l'emploi à coup de que coûte, et donc on a commencé, et je m'en souviens très bien, à arceler mon père pour qu'il retourne au travail coup de que coûte, et en fait on lui disait, soit vous ne retournez pas au travail et vous perdez vos ad sociales, soit vous retournez au travail, et donc avec votre état de santé vous allez vous broyez le dos, et à 50 ans vous pourrez plus marcher. Il y avait ce mot d'assister que vous stigmatisez bien évidemment? Oui, oui, de la classe politique qui fait croire au pauvre que si ils sont pauvres c'est de leur faute, mon père était humilier par des mots comme ça, et je sais pas si vous avez vu récemment il y a un film de Ken Lodge très important qui s'appelle Daniel Blake, qui parle comme ça d'un homme qui a une santé détruite, et exactement comme en France avec le passé du RMI au RSA, on lui dit, vous devez retourner au travail, sinon vous enlève l'argent et vous mourrez, ou alors vous retournez au travail, et en fait vous mourrez puisque cet homme meurt, désolé pour ce, je ne spoi, le film, parce qu'il est plus en état de travailler, et donc comme je disais il n'y a pas très longtemps, ce qu'on propose aux gens comme mon père ou aux gens comme Daniel Blake, c'est mourir ou mourir, soit vous mourrez, parce qu'on vous enlève l'argent et que vous pouvez plus vivre, soit vous mourrez parce que vous retournez au travail, vous vous touez à la tâche, et moi c'est vrai que je trouve que dans les récides vie, en littérature, dans les biographies, dans les livres qui tracent l'existence, la vie d'un individu, on n'avait pas cette dimension là, politique, il n'y avait pas, et moi justement, donc mon livre, c'est pas du tout un essai politique, je suis pas du tout spécialiste de la politique, je me me suis intéressé un peu comme tout le monde, mais moi ce qui m'intéressait dans cette histoire politique, c'était raconté l'histoire de la politique à travers un corps, à travers le corps de mon père, et à travers ces lois, les 5 euros d'appel qui sont enlevé, le passage du RMI au RSA, le déremboursement de certains médicaments, et je peux vous dire que depuis que là je voyage pour présenter qui a tué mon père, des gens me racontent des choses d'impact dans les rencontres comme ça, des gens me racontent des histoires d'impact de la politique sur le corps de leur famille, de leurs parents, de leurs amis, de leur amoureux, de leur amoureuse, de l'âge, je sais pas. Et donc, oui, j'ai essayé de c'était difficile au début, parce qu'on se dit on ne veut pas mettre ma cronne dans un livre, quand même, enfin. Pour qu'elle raison! Tu es l'� faire beaucoup d'honneur, vous voulez dire? Oui, on se dit quand même que la littérature mérite mieux, que c'est. Je sais pas, j'ai quand même une image assez noble de la littérature, c'est vrai. Mais justement. Vous venez de prononcer le mot "essay-politique". C'est un livre qui aurait pu être nécé, mais justement, la littérature est à une force plus grande, on est d'accord? Moi, c'est juste que je sais mieux faire ça qu'un essay, aussi, je crois pas du tout la superurité de la littérature sur la théorie, je crois que simplement, c'est d'une idée chose différente, que ça le dit différemment. Moi, je suis plus à l'aise dans cette forme-là, j'arrive mieux à dire les choses comme ça. Ce que vous faites remarquer à propos justement de politique, c'est que ce sont les gens les plus exposés socialement, je ne sais pas déformer vos propos, qui sont les plus exposés à la politique, et que de manière générale, ce qui traite de la politique, qui en parle, ou à forcury, qui en font, eux, ne subissent jamais les conséquences. Je traduis bien votre pensée. C'est vrai. Il y a quelqu'un qui a quelques jours sur Instagram, mais il crie pour me dire un truc. Après la lecture de Kiatume-Ompere, m'a écrit, elle m'a dit, en fait, ce que dit votre livre, c'est que la politique, ce qu'il a font en vivre et ce qu'il a subi sans meurt. Et j'ai trouvé, c'était une très belle phrase qui m'a beaucoup touché. Et oui, c'est une histoire que je raconte beaucoup, dont j'avais parlé déjà un peu dans le volume que j'avais dirigé sur Bordier, que vous avez évoqué, que j'avais fait avec Ani Arnault, J'aurais eu de la ganerie, frais d'Alcordon, Arletto Arge, dit "Héribon", etc. Bien, bah, gouneux. Je parlais de ce fait que quand je suis arrivé à Paris et que j'ai commencé à étudier la sociologie, que tout à coup j'ai été mis au contact de monde beaucoup plus privilégier que dans mon enfance, j'étais très étonné de voir à quel point les gens de la bourgeoisie parisienne étaient pas frappés par les effets de la politique. C'est-à-dire qu'en tout d'ailleurs, je parlais d'une réforme, le passage du RMU/RSA, de 5 euros en moins, d'une aide sociale qui vous permet de vous soigner ou pas, si vous avez de l'argent, vous pouvez faire ça. Vous n'avez pas besoin d'une aide sociale pour vous acheter des pattes, vous n'avez pas besoin d'une aide sociale pour aller chez le dentiste. Et donc, vous me suurez en du compte que pour la bourgeoisie, la politique, ça voulait jamais dire avoir faim ou avoir malaudant, et je pourrais le dire de moi aujourd'hui, je suis protégé de la politique, mais je n'étais pas dans mon enfance, mais mon père n'est pas. Mais vous souveniez, vous empêchez de tomber dans le travers comme vous? Oui, oui, parce que ça me disait, c'est comme si le but de la politique, c'était de déniers les effets de la politique. C'est comme si l'histoire de la politique, c'était l'histoire de gens qui se tuent pas, justement, se sangresse, à faire croire que la politique, c'est juste une question de gestion. Par exemple, quand qui a te mon père est sorti, le seuil me disait, "Ah, mais il y a des journaux qui te proposent de faire un débat contradictoire avec un homme ou une femme politique du gouvernement." Et moi, je dis, "Mais je ne peux pas faire ça, parce que je ne peux pas, parce que ces gens vont parler de gestion, et moi, je vais parler de mon père qui meurt, vous voyez, et on parle pas la même langue, on ne dit pas la même chose." Et en plus, vous savez comment ça se passe avec les politiciens, ils vont vous embrouiller, ils vont vous dire "Ah, vous savez, la CPG-EF a augmenté de 0,4% entre 2004 et 2017, de chose que personne ne connaît à par eux." C'est vrai, et en plus, à des spécialistes, ils vous disent que ces gens disent n'importe quoi. Et voyez, si vous voulez, c'est pour ça, je dis que dans le monde en France, dans le monde en France, dans le milieu de mon enfance, la politique était une question de vie ou de mort, et pas dans les milieux plus privilégiennes, et c'est pour ça que moi, j'ai pas envie de leur parler, j'ai envie de les affronter, parce qu'ils ne comprennent pas, ils peuvent pas comprendre ça, ils ne savent pas ça, ou en tout cas, ils le déni, parce qu'ils doivent le savoir quand même franchement. - J'allais vous dire, même. - Je le savais. - Et le savait. J'ai rares colon qu'on a essayé d'en arrêter contre l'émigrant et l'émigrant, qui meurt dans la médiétera né, qui meurt dans les alpes, qui meurt à caler, il le sait que les gens meurt. Donc, lui, ce qu'il appelle de la gestion, ce qu'il appelle un papier, ce qu'il appelle un arrêté, ce qu'il appelle, je sais pas une signature, il sait très bien que c'est des corps qui meurt et que la politique ça va pas dire la même chose pour tout. - Mais vous croyez, pardon, je vais faire la vocade du diable. Vous croyez qu'un arrêté colon pour qui j'ai pas l'appelon, ni Saint-Vatine, il n'y avait peu importe ce que je pense de gérard colon, mais vous croyez que c'est quelqu'un qui se revient dans le glace et qui se dit oui oui, tu as cause de toi, il y a des cadavres dans la mer, vous croyez vraiment ça? - Ah non, mais moi je crois que le humain est très fort pour dénier la vérité, qu'on se voit des mécanismes de défense, des mécanismes psychologiques, c'est la très grande et très belle idée de Pascal, le philosophe dans les pensées. - La grande grande idée si belle de Pascal, c'est en fait on sait tous la vérité sur nos vies, on sait tous la vérité sur le monde, et l'histoire de nos vies, c'est l'histoire d'un combat contre cette vérité qu'on connaît. Et ce qu'on, donc on avente le divertissement, ce que Pascal appelle le divertissement qui passe, on entend ça, mais. - Exactement, justement, fuir, comme exactement ça. Et donc je pense que des gens comme Colon et un roi du divertissement, Pascal, il est. et c'est pas. - Il y a un mot qui revient plusieurs fois dans votre livre, et puis dans les interviews, c'est le mot "Honte". À deux titres, alors il y aura deux questions pour le prédune, d'une part à propos de Donald Trump et des manimels Macron, vous dites que c'est la fin de la honte, déjà exprimez-vous là dessus, qu'est-ce que ça signifie quoi? - Justement que ces gens-là font filles de tout, justement, eux, ne fuient même pas de son conscience de ce qu'ils font, et sans honte ou tout en te but, assume, c'est ça. - Oui, oui, je pense qu'il y a quelque chose qui s'est passé ces dernières années, ce que j'appelle "Wil" à la fin de la honte, c'est-à-dire que des gens comme Macron, des gens comme Trump, des gens comme "Mais" en Angleterre, sont des gens qui n'ont plus honte d'insulter les classes populaires, d'insulter les dominés. C'est-à-dire, vous voyez, il y a une série d'exemples presque infinie, surtout avec Macron qui est vraiment un grand spécialiste. Quand un homme l'interpellent dans la rue et que cet homme porte un t-shirt, j'en parle donc qui attuie mon père, et que Macron lui répond, "Vous me faites pas peur avec un t-shirt, le jour où vous travaillez, vous pourrez vous payer un costard." Le jour où il inaugure un bâtiment qui avant avait été une gare et qui dit dans une gare, en compte, des gens qui ont réussi, et des gens qui ne sont rien, et on sait très bien de qui ils parlent quand ils dit des gens qui ne sont rien, ils ne parlent pas des politiciens qui comme lui sont dans leur bureau, là, ce n'est pas de ça. Vous pensez que ce genre de moulué chappe, ou que c'est si un man qui distile ces choses-là? Non, je pense que c'est quelqu'un qui est profondément comme ça, qui croit profondément en ça. Je pense que c'est l'histoire intellectuelle. Je pense que des gens comme Marguerite Duraz, comme Simon de Beauvoir, comme Jean-Genaix, comme Violette Le Dut, comme Jean-Paul Sartre, sont des gens qui avaient comme construits en mur de l'autre. Par exemple, on a su, il n'y a pas très longtemps, que François Hollande appelait sans doute les pauvres lescendants. Mais pour qu'on le sache, il a fallu que son ex-fame le fasse sortir. Alors que là, avec Macron, il n'y a même plus besoin de quelqu'un qui le fait sortir, parce qu'il le dit directement. Et moi, je trouve qu'il y a une fin de la honte, c'est-à-dire une possibilité tout à coup, comme ça, d'insulter les gens, qui est vraiment très. Vous savez cette histoire de costard? Je me rappelle, je l'avais raconté un jour, je me rappelle que, quand j'étais petit, mon père qui était baléheur dans le local, donc ils entreposaient les balés. Un jour, un ministre avait dit qu'il allait rendre visite à l'équipe des baléheurs. Et c'était un ministre de droite conservateur. Et mon père pendant des jours et des jours, à dire, je vais lui dire ce que je pense de lui, je vais lui dire qu'il est, je vais lui dire qu'on le déteste, je vais le dire que c'est un con, je vais lui dire qu'est-à-dire qu'on est. Et mon père est allé jour là au travail, et quand il a vu le ministre arriver, avec son costume, avec sa cravate, avec son langage, avec ses gardes du corps, mon père a rien dit, parce qu'il a été remis à sa place humilière par les attributs du pouvoir. Tout ça pour vous dire à quel point une phrase, comme le jour où vous travaillez, vous pourrez vous payer un costard, sont des choses qui vous restent dans la tête, qui vous restent dans le corps. Vous savez, c'est des micro-humiliation qui se reproduise. Les gens parlent beaucoup maintenant aux États-Unis de micro-agression, comme des petites choses comme ça qui se multiplient, et qui font que au bout d'un moment, oui, ça finit par briser quelque chose en vous. Vous savez ce qu'on dit au fille ou au femme quand on ne sait se pas les dire. les rabaissez, petites touches par petites touches, ce qui fait que, après, c'est beaucoup plus dur pour une femme de affronter la réalité, parce que c'est des petites choses comme ça qui se multiplient à l'infinie. Et sauf qu'aujourd'hui, elle se multiplient encore plus violemment, je crois. Et ce mot de honte, vous le reprenez à votre compte par rapport à la littérature, justement, la je vous cite, crois que c'est dans les irocuts ou dans Libé, oui, peut-être. Ma vie des crimes est une vie de honte, mais je ne le acherai jamais, mante. Qu'est-ce que vous voulez dire que ça ne suffit pas d'écrire? Si je pense que je pense que écrire c'est très très important, mais c'est vrai que ce que je racontais dans cette entretien, c'est que parfois c'est difficile d'écrire parce que, d'abord, pour les raisons techniques, qui font que c'est difficile, mais aussi parce que vous êtes là tous les jours devant votre ordinateur, moi je me mets à mon ordinateur à midi et je travaille jusqu'à la fin de la journée et je me dis pour réfer tellement de choses qui auraient une efficacité immédiate, qui auraient un effet sur la réalité tout de suite. D'ailleurs, en fait, je le fais parfois. Oui, je pourrais vous parler de manifestation à laquelle vous vous rendez. Je m'en faisais d'amour. Mais je sais pas, il y a plein de manières, il y a des associations pour aider les jeunes personnels LGBT, les personnages LGBT plus âgés, ils pouvaient des lèses d'Aff, vous pouvaient aider les migrants, vous pouvaient créer une association, vous pouvaient libérer les animaux des abattoirs. Il y a beaucoup beaucoup de choses de manière d'agir sur le présent et sur le monde. En fait, quand vous écrivez, vous vous dites ce que je fais là, ça aura pas des faits en deux ans, trois ans, mais justement, ça va pas dire qu'il faut pas écrire, mais ça veut dire que je pense qu'il faut accepter cette honte, accepter le fait de se confronter au monde pour faire de la littérature autrement. Et en fait, quand je parle des langues, je pense, je pense, à beaucoup à amargurer du race. Si vous vous souvenez au début de son livre, la douleur, donc la douleur, c'est son journal qu'elle a prétenduement retrouvée, c'est pas trop si c'est vrai ou pas, ou si c'était un peu une construction du racienne. En tout cas, c'est son journal de la deuxième guerre mondiale, d'un moment quand même particulièrement violent. Elle attendait l'homme qu'elle est maille qui était dans les camps de concentration, elle attend son retour, et puis ensuite, il revient et il revient dans un état indiceable et, enfin, qu'elle est l'arrivée de dire. Donc, Marguerit Durace, d'y au début du livre, j'ai retrouvé ces carnet de la deuxième guerre mondiale, et elle fait une petite introduction au début du livre, où elle dit, je sais plus, je le dit très mal, mais quand j'ai retrouvé le torrent de d'émotions et de sentiments qui m'ont traversé à ce moment-là, quand j'écrivais journal, la littérature m'a fait honte. Et je trouve que c'était une frappe très belle, vous dites, c'est vrai, qu'est-ce que c'est la littérature face à un déporté? Vous voyez? Face à un corps? Ça veut pas dire qu'il ne faut pas faire de littérature, mais ça veut dire que, en tout cas, si on fait de la littérature, il faut réussir à se laisser interroger par le monde, à se laisser remettre en question par le monde, à avoir un peu ce dire écoute, peut-être que, peut-être que je ne peux pas écrire les soirs que je suis en train d'écrire là, parce qu'il y a quand même des choses dont il faut parler de manière urgente, il y a des choses dont il faut parler. Alors, il y a plein de manières d'en parler, il n'y a pas une manière, mais en tout cas, oui. En même temps, vous l'étribuez une puissance colossale, parce que lorsque vous citez ces noms, là, les noms politiques, vous dites que vous voulez les mettre dans l'histoire, comme il ne pouvait pas être par eux-mêmes, par leur action, mais qu'ils se réparent la littérature pour les dénoncer certes, mais qu'ils se réactent, s'ils laissent en non, ce serait à travers les théâtures, encore une fois, pas dans le bon sens du temps. Mais. Non, c'est vrai que la politique, ça passe vite, en général, à partir des moments particuliers. Oui, comme justement, je voulais intégrer ces noms dans la vie d'un homme, je me suis dit, ça voudrait dire, "ronne ces noms visibles le plus longtemps possible". En fait, et d'habitude, quand on veut se manger de quelqu'un, on essaie de le rendre invisible, mais là, c'était un peu le contraire, c'était de faire qu'on n'oublie pas, qu'on n'oublie pas ce que ces gens ont fait, qu'on n'oublie pas, moi, parce que c'est trop grave. Vous écoutez l'écrivain Édouard Louis, à la Librairie Hombre Blanche, le 25 mai 2018, pour son livre "Pi attuement père", paru aux éditions du seuil. Il y a un aspect du livre qu'on est pour l'instant, laissé de côté, mais je sais pas si vous êtes d'accord avec moi, mais je trouve que c'est un très beau livre d'amour, même si vous tournez autour de ce mot. J'ai dit que mon père, sans doute il m'aimait, sans doute il m'aimait et qu'il est même passionnément, ça, je le sais, il ne pouvait pas dire je t'aime, parce qu'il y avait un enjeu de masculinité qui était aussi derrière ça pour mon père être un vrai homme, la masculinité, c'était le silence, c'était une patière séée. C'était une émissionnelle plutôt que social non, ça? Ah non, enfin je pense que les deux viennent se croiser, en tout cas, mais les variables se mélangent toujours, les uns aux autres, mais il y a quelque chose que je le vois, j'ai des petits frères de 18 ans, je vois très bien comment les formes se reproduisent, et qu'il y avait un enjeu, et je raconte cette scène, dans le livre ou un jour, je marche dans la rue, il est tard, il est peut-être 10h ou 11h, je sais pas. J'ai 12 ans et je trouve un téléphone dans la rue avec ma meilleure copine Rameli, on trouve le téléphone et on le ramasse, on a décidé de le garder, et puis on rencontrait des garçons sur MSN et on le renvoyait des messages avec le portable et tout ça. C'est simplement un portable qu'on est trouvé sur la route, et quelques jours après la police a appelé mon père pour dire que j'avais volé un téléphone, ce qui était pas vrai, ce que je trouvais à l'injustice, on l'avait trouvé par terre, après on avait joué avec, mais on l'avait trouvé par terre. Et donc mon père, quand l'agendar meurille lui a téléphoné, mon père est venu dans ma chambre, il m'a mis une claque, et il m'a dit "mais tu vas devenir un délinquant, tu vas nous faire honte, mon père m'emmène au commissariat, il ne me parle pas du tout dans la voiture, et en fait quand il arrive devant les gendarmes, je le raconte dans le livre, il dit "Ah mais mon fils aurait jamais volé un téléphone, hein?" "Moi mon fils, c'est le plus sérieux, le plus gentil, il va faire des grandes études, jamais il aurait volé, jamais ce serait un délinquant comme mon père disait, et moi je me souviens, j'avais douze ans et je me suis dit "Mais si pensez ça pourquoi il me la jamais dit, pourquoi il ne le dit pas?" Et pourquoi c'est aussi difficile de dire je t'aime, et on va très bien que la question de l'amour, c'est aussi une question sociologique, c'est aussi une question politique, c'est aussi une question sociale, parce que si on vivrait dans une société avec une de domination masculine moins forte, peut-être que mon père aurait pu dire je t'aime, et peut-être que. Mais ben vous, vous n'arrivez pas à le dire? Oui, parce que j'ai essayé d'être un garçon, mais j'y arriverai pas très bien, mais parfois ça marchait sur quelques points, et j'avais un rêve d'être justement mon père avait un rêve de moi comme un petit garçon masculin, comme un petit dur, et du bel gueule, c'est de ce dont j'avais parlé dans le premier livre, très longtemps que j'ai publié en finir avec Eddie Balgull, et Eddie Balgull, c'est l'enfant que j'ai été, et maintenant quand j'en parle, je dis de plus en plus, en fait Eddie Balgull, c'est l'enfant que j'ai jamais réussi à être, et Eddie Balgull, c'était le rêve de mon père, c'était un rêve d'un petit garçon, dur, masculin, foro football, tous les clichés, qui présenteraient des filles à la maison régulièrement comme mon frère Levesaie, il y avait une sorte de fierté comme ça mon grand frère, arrivé à chaque fois avec une nouvelle copine, tous les deux mois, on dit "ah là là qu'elle tombeurre" et tout ça, et mon père rêve est. ça marche pas très bien pour moi, mais en même temps, maintenant il y a une fierté là caparée, c'est malgré tout, ça a mis du temps justement, c'est quand je suis devenu Edward Louis, mon rapport à mon père à Vajag, je sais pas si exactement il a eu livre, mais en tout cas il les a, et je sais pas c'est difficile de lire des livres trop mon père, il a été chassé de l'école très jeune, il a eu jamais aucun rapport à la culture, alors la levée, une ambiguïtère, que j'ai perçu comme tel, vous expliquez, et si ça ne vous enue pas, vous allez nous réexpliquer que c'est justement à cause de la masculinité qui l'est passé à côté de ses études, et ensuite vous dites qu'il a été chassé du système scolaire, alors est-ce que c'est quelque chose qui s'est imposé à lui-même au nom de cette masculinité ou est-ce que selon vous, c'est le système dans lequel il est volué, qui ne voulait pas de lui, c'est pas la même chose, non, mais en général ça marche ensemble, c'est-à-dire ça se passe par le ressentiment, ce dont on a été privé, on fait mine de pas en vouloir, on fait mine de rejeter, on fait mine de rejeter ce parcours, on est rejeter, parce que c'est plus confortable de dire que c'est nous les responsables, qu'on est libre du rejet du système scolaire, alors qu'en fait c'est évidemment une histoire beaucoup plus compliquée d'une incompatibilité sociologique entre quelqu'un comme mon père et le système scolaire, il y a cette exemple très beau qui est cité par Pierre Bourdieu dans un entretien je crois, où Bourdieu a un moment il s'est amusé à corriger les corrections des profs, il prenait des copies et corriger les corrections, voilà, et en fait ce que Bourdieu a vu c'est que très souvent les profs disaient aux élèves trop scolaires, des manifestations trop scolaires et tout ça, et Bourdieu s'est dit parce qu'il comprenait toujours tout, Bourdieu dit, mais alors quel est le paradoxe qui fait que à l'école on vous reproche d'être trop scolaire, c'est-à-dire à l'école on vous reproche de la fin, proche d'être trop comme l'école. Et donc ce que disait Bourdieu, c'est qu'en fait l'école attend de vous des compétences non scolaires, c'est-à-dire des compétences que vous finissez par acquérir à l'extérieur de l'école. Je parle en Aenteatre, en Aente-la-ma, en lisant des livres, en voyageant, et mon père, il avait pas tout ça. Et en plus il y avait cet enjeu justement, il y a de la masculinité. Alors je dis pas que la masculinité définit tout. Mais pour moi aussi qui a tué mon père, j'avais envie de donner des nouvelles images des classes sociales, de pas en parler seulement comme un poil, l'ancien discours, comme ça, l'usine, la solidarité, le café. Il y a cette question de la masculinité, où je raconte que oui, pour mon père, pour quelqu'un comme lui, il était obligé de construire sa masculinité. Sinon, lui aurait dit "Pedet", comme on me le disait à moi. Et donc il était obligé de construire sa masculinité, et qu'on soit sa masculinité, ça voulait dire refuser le système scolaire, s'exclure du CSM scolaire, parce que ce qui aimait l'école ou qui travaillait bien, c'était des fils, des PDs. C'est comme ça que c'était pensé. L'école était conçu comme une institution de soumission, et donc la soumission était associée à la féminité, et mon père pour prouver aux autres sa masculinité, il a dû se retirer de l'école. Ce qui n'empêche pas justement qu'il y avait d'autres difficultés de classe que j'ai voké avant. Et donc je dis, dans le livre que oui, qu'en fait, on voit très bien que la lutte des classes est une lutte de genre, parce que si mon père, il avait pas été obligé de construire sa solidarité masculine, peut-être qu'il aurait pu faire plus d'études, avoir un métier un peu plus facile, un métier un peu mieux payé, une vie un peu moins dure, une vie un peu moins écrasante. Et voilà, et moi je pense que, par exemple, c'est en grande partie, parce que en tant que gay, je correspondais pas à l'image de la masculinité. Que vous avez pu progresser dans les études? Oui, que moi, je ne me suis pas opposé au système scolaire. Et en fait, c'est vraiment un truc mondial, parce que je sais pas si vous connaissez, c'est le film de lui que j'aime le moins, mais le film de Gus Van St, Will Hunting, dans lequel Madamon est un dur comme ça des classes populaires, qui est ingénie des mathématiques, qui est un jour quelqu'un s'en aperçoit accidentellement, et donc voudrait que ce garçon devienne un grand scientifique et tout ça. Et lui, comme ça, en dure, il ne veut pas du système scolaire. Pour lui, c'est un truc de péder. Il ne va pas avec ses copains en voiture, de rager des filles à la foire et tout ça. Et le système scolaire paraît comme le négatif de cette ville. Et donc, on voit très bien où est que, on ne peut pas penser la question des classes. Et ça, c'est très important, parce que je pense que c'est quelque chose de quand même d'assez nouveau. On a mis du temps à articuler tout ça. On ne peut pas penser les classes, sans penser à la masculinité, sans penser la sexualité, le genre, tout ça. Et à ce propos, il y a une scène très belle, plusieurs scènes, parce que elle intervient régulièrement, une espèce de filo, très émouvante, qui est ce moment où vous campiez une chanteuse, pardon, faire par rapport à ce livre, hein. Bien sûr. C'est bien un peu aussi non. Non, je raconte que, oui, un moment donné de un soir, j'avais aussi, je ne sais pas 10, 11, 12, 13 ans, à peu près. Et mon père avait invité des amis à la maison et il y avait beaucoup d'enfants, parce que c'est les amis qui avaient des enfants. Et moi, j'ai dû aux autres enfants, on va préparer un spectacle pour les adultes. Et donc, on est allé dans ma chambre. J'étais un peu meneur quand même. Alors, j'ai ennêtement tout le monde dans la chambre. J'ai dit, "Alon, on va faire ça, ça, ça, ça, comme ça." Et à l'époque, il y avait un groupe qui s'appelait Acqua, qui avait sorti un tube qui s'appelait Barbie Girl. Et en fait, Barbie Girl, c'était Ken et Barbie qui chantait ensemble. "I'm a Barbie Girl in a Barbie World." "I'm a Barbie Plastic, it's fantastic." "On le car." "You can brush my hair," et tout ça. "Ah, ça jouait, je suis en train." "Ah, vous m'aviez eu la." Mais Ken pour sembler un peu d'ailleurs un peu comme ça dans le clip. Et donc, en fait, j'ai donc de réception, c'était la grande chance de mon enfance. On était trois ou quatre garçons comme ça. Et moi, j'avais dit aux autres garçons. Alors, moi, je vais faire la chanteuse qui fait Barbie et vous, vous allez faire Ken. Et donc, vous allez faire comme si vous avez des guitars et vous allez gratter les guitars invisibles, comme on fait souvent quand on ne sait pas comment danser. Et donc, voilà, on a préparé pendant une heure. Alors, je cate comme ça très directif, tu mets là, je me mets devant, évidemment. Et j'imite les gestes de Barbie. Et donc, on a mis une heure. Voilà, je raconte dans le livre, on a mis une heure à mettre en place ce spectacle inoubliable. Et on est rentré dans la cuisine pour faire le spectacle et on a commencé. Et tout à coup, mon père a baissé les yeux parce qu'il avait honte de moi, parce que je faisais la fille, parce que je faisais Barbie. "Je vous essayais de capter son regard." Et je dis, les autres adultes étaient en train de nous regarder. Et moi, j'ai disais à mon père, mais regarde, regarde, regarde. Et lui, il baissait les yeux, il disait, "Mais regarde, regarde, et vous voulez pas regarder, et je continue à chanter à Emma Barbie Gear, les Nobabs Beewerves." Et mon père a fini par se lever à dire, je me casse d'ici, où je ne suis plus exactement ce qu'il a dit. Et il est sorti et il allait fumer une cigarette d'or. Et moi, je suis allé d'or et je me suis excusé de lui avoir fait honte. Et lui, il m'a dit, c'est pas grave. "Mais ce ne sont pas grave, il est plein d'amour." Oui, parce que justement, je raconte aussi comment mon père, il était lui aussi prisonnié de cette masculinité. Un jour, j'ai découvert que mon père aimait danser, par exemple, ce que j'avais jamais su parce que quand je danse, moi, je danse aussi sur une dose stress de Ricky Martin. Et ça faisait partie de mes chauds. Et en plus, je regardais la série "Onne de stress", qui était considéré comme une série de filles par ma famille. Et moi, mon père, il disait que la danse était un truc de filles et un jour, je suis avec ma mère. Et ma mère me dit, "Ton père, il est dansé tout le temps avant, tout le temps partout où il allait, il ne pouvait pas aller quelque part sans se mettre à danser. Il est dansé super bien, moi, j'étais tellement fier, c'était le plus beau, tout mon heure garder quand il en sait." Et là, je me rends compte que mon père aurait pu vivre d'autres vies, qui ont pas pu être vécues, à cause des normes qui existaient, qui pesaient sur lui, qui font aussi qu'il a fait peser ces normes sur les autres. C'est-à-dire qu'en part, il a détruit 20 ans de la vie de ma mère. Parce qu'il voulait pas qu'elle smacquille, disait-ce les putes qu'il smacquille, il voulait pas que ma mère travaille, parce qu'il disait la femme elle restait à la maison. Il y avait des faits du village où il smokait d'elle devant tout le village et le village rigolais. Vous voyez parce que des gens ont dit "Ah, dans finir avec les d'y belgoles", et doigts lui parle du racisme ou de l'homophobie dans le village de son enfance. Et là, il dit que son père est victime de la politique comme si il était contradictoire. Je sais pas ça me sent tellement absurde. C'est des niveaux de violence qui sont complètement différents. Et je le raconte aussi donc qui attuait mon père. C'est que comme mon père devait être un dur, comme mon père devait être masculin, il a jamais dit je t'aime à ma mère et ma mère quand elle a eu 45 ans, elle a jeté et mon père il l'aimait follement, il s'en est jamais remis et ça explique aussi son état de santé aujourd'hui. Il s'est lesté se dégrader par chagrin d'amour, mais ça c'est un chagrin d'amour qui encore une fois aussi social, qui est sentimentale mais qui est aussi social parce que ça veut dire que c'est par si il avait été dans le monde où il était plus facile de dire je t'aime ma mère aurait compris et la ma mère elle se sentait pas assez aimée. Et donc mon père, il s'est autodétruit par la masculinité. C'est pour ça aussi qui n'y disait pas grave quand je m'excuse d'être moi. Si vous me permettez une dernière question, elles ne vont pas faire référence à votre père ni à Emmanuel Macron, elles vont faire référence à des artistes qui apparaissent dans votre livre. T'es un smalique par exemple, où Xavier Dolan vous aimez admirer ces des gens qui vous construisent, ces des gens. Oui, moi j'avais toujours rêvé de mettre des remerciements mais dans les deux précédents livres j'avais pas osé et là je me suis dit "empie" maintenant je le fais. C'est assez surprenant, on voit le remerciement d'un cinéaste qui n'est pas du tout évoqué et pourquoi donc. D'abord que Xavier Dolan c'est parce que c'est mon ami et parce que je l'admire immensément comme Jean-Mir Pudjan, je pense un très très très grand cinéaste comme il en a peu. Et donc pour moi c'est vrai que je ne peux pas écrire sans admirer. J'ai besoin de gens que Jean-Gjain mir et qui me remettent en question tout le temps parce que un film d'Ox Xavier Dolan c'est comme quand je lis un livre de Tony Morrison, je me dis "stelle m'en beau, il faut être à la hauteur de cette beauté, il faut travailler le plus possible pour être à la hauteur de cette beauté". Et donc pour moi c'est un hommage qui est du à cette admiration et Terence Malik c'est justement parce que je sais pas si vous connaissez les films de Terence Malik mais qui sont construits par succession de fragments de scène et moi quand j'ai commencé à écrire qui a tué mon père je me rendais compte que je connaissais pas mon père parce qu'il n'y avait jamais rien dit parce qu'il parlait pas et qu'il était beaucoup plus vrai de construire sous livre sous forme de fragment comme ça sur lui, sur sa vie, sur son corps de fragments qui se succèderaient et je regardais beaucoup les films de Malik à ce moment-là pour justement essayer de trouver ce flux dont vous parlez à la fois une succession de fragments et à la fois quelque chose qui serait un mouvement quoi. Je vous remercie. Je ne vais pas terminer. (Applaudissements) Une question bizarre, quelle est votre opinion sur Mélenchon? Moi j'aime bien les questions bizarres, c'est bien des bizarres. Écoutez moi j'ai voté pour lui, je fais jamais de mon vote quelque chose de secret donc je peux le dire sans problème, j'ai voté pour lui alors qu'il y a plein de points sur les quels il m'énerve profondément mais je pense que c'est toujours ça quand on vote pour quelqu'un, j'aime pas son amour de la nation, j'aime pas son obsession de la patrie, j'aime pas quand Eva Jolie avait dit il faudrait supprimer le défilé militaire du quatend juillet et qu'il avait répondu mais c'est pour montrer aux autres pays la grandeur de notre nation, je ne supporte pas des choses comme ça. Mais j'ai voté pour lui parce que ça me semblait être une des seuls personnes qui parlait de souffrance, qui parlait de violence sociale, qui parlait d'humiliation sociale. Et que pour une fois il y avait un langage qu'on n'avait pas entendu depuis tellement longtemps dans la gauche, parce que la gauche parlait l'engage justement de la technocratie, de la gestion de plus en plus et de moins en moins des corps des gens. Et là pour une fois il se passait quelque chose et moi j'ai vu que dans le village où j'ai grandi, dans ma famille, moi dans ma famille tout le monde a toujours voté pour le Front National, voté ça voulait dire voté Front National il n'y avait pas de question à se poser. Et pour la première fois dans ma famille des gens on arrêtait de voter pour l'extrême droite parce que pour la première fois ce sont senti. et je pense que c'était quelque chose de mondial, faite de national, pardon, ce sont des représentés pour la première fois. Je sais pas ce qui se passera autour de ça, mais en tout cas, c'est une question de langage. Je peux que me réjouir du moment où des gens se sentent enfin existés dans le langage. Et d'une manière non raciste, d'une manière non hénose, d'une manière. Ça c'est quand même quelque chose de très important. Et moi, j'ai beaucoup de choses à reprocher, à mélanger justement, mais le fait qu'il est donné à mon père la possibilité de dire "jeux", comme mon père l'avait pas eu depuis si longtemps, ça c'était très important. Et à mon faisaient partie d'une même dynamique, c'est-à-dire d'une dynamique d'un langage qu'on n'avait pas entendu, qu'on avait mal entendu, qu'on n'avait pas entendu si bien articulé depuis si longtemps. Mais oui, je pense que. Voilà. Bonjour. Bonjour. Quand on est à votre. C'est une autre question bizarre. Quand on est à votre place, est-ce que. Il y a moyen de s'adresser à un autre public, à votre place, c'est-à-dire en tant qu'écrivain, qui écrit sur son enfance, son milieu social, à un autre public, celui des classes aisées dans une hibrairie du centre-ville, nous, en fait. Oui, je pense bien sûr, il y a beaucoup de manières de s'adresser. Vous disiez "les prisons, il y a des gens qui font des ateliers, il y a des gens qui font. Moi, c'est une question que je me pose toujours beaucoup. Je me l'appose aussi justement à travers la question des médias, c'est-à-dire où aller ou ne pas aller. Je sais que par exemple, les éditions du seuil, il y a un vrai bien que j'ai à la télé, dans des télé où je ne vais pas, où je suis jamais allé ou je ne veux pas aller, comme quotidien, comme on n'est pas couché, tout ça. Ce qui me disait "mais c'est des gens de ta famille qui regardent". Moi, je dis vous savez, cette émission, elle sera structurée de telles manières que de toute façon, je pourrais pas dire ce que j'ai envie de dire, parce que ce sera coupé, parce que ce sera monté. Et donc, ça sera contre productif, au fond. Parfois, j'ai écouté une conférence de Sabrina Alibana-Li, qui est médecin, qui faisait une conférence sur la situation catastrophique des hôpitaux. Je parlais de tout à l'heure de politique comme question de vie ou de mort, elle parlait vraiment de ça. Elle disait "moi, je travaille aux urgences". Des gens arrivent et ils meurent dans les urgences. Alors que les gens ne auraient plus vivre, mais ils meurent, parce qu'on nous baisse les crédits, on nous baisse les moyens à l'hôpital. Et le pire après ça, c'est qu'il y a des infirmières, des infirmiers des médecins qui se suicident, parce qu'ils se sent veulent d'avoir été impuissant. Et donc, c'est comme des morts en chaîne, je suis sorti de sa converge, je pleurais, je pleurais pendant deux heures. Et je me suis dit "ma, en fait là, je vais aller partout et je vais aller raconter cette histoire partout". Je vais rappeler toutes les téléaux que j'ai dit "non", et je vais aller dire "partouse", pas possible. C'est pas possible, les gens sont en train de. Elle dit des gens qui sont morts, qui sont morts à cause de baisse de crédit, qui morts. Elle a des collègues qui font des tentatives de suicide tout le temps à cause de ça. Et donc, c'est dur, je ne sais pas, il y a sans doute pas un moyen, c'est comme vous disiez, on peut, il y a des gens qui peuvent intervenir épisodiquement en immédiat, des gens qui peuvent aller dans les prisons, des gens qui peuvent aller faire des ateliers, des gens. Parfois, ça passe par d'autres personnes aussi. Moi, c'est un truc que je raconte beaucoup, mais parce que je suis tellement bouleversé quand on finit avec les belgueux, les sortis en Espagne. Il y a une fondation qui a été crée, c'est la fondation fondation Eddy, et qui est une fondation qui a acheté des appartements dans le centre de Madrid et qui donne des appartements gratuitement à des jeunes LGBT qui ont été chassés de chez eux par leurs familles, ou des jeunes LGBT sans papiers, qui sont à Madrid de sans papiers. Je suis allé rencontrer les jeunes, il y a une quinzaine de guets, de lesbiennes de trans, qui vivent dans ces appartements, et ils ont pas forcément l'humé livre, mais le livre a changé quelque chose à leur vie, à leur corps. Et donc voilà, ça c'est un autre moyen aussi de s'adresser, en fait, de manière indirecte, mais elle est très difficile votre question. Bonjour. Vous avez reposché à Mélenchon, un truc, il met son amour de la nation. Est-ce que vous pouvez expliquer pourquoi? Et est-ce que vous pensez que ça mène forcément à l'Aine ce genre d'idologie? Parce que moi je crois que si on fait exister l'idée de nation et de patrie dans le discours, on sait jamais par qui elles vont être récupérées après, et que l'ensez des vocabules, lancées des grammaires, lancées des vocabulaires dans l'espace public, c'est exposé à ce qu'ils soient récupérés. Et puis en plus, moi je pense que la nation, c'est tellement une fiction. Enfin, je sais c'est vrai. Je ne j'y crois pas du tout. J'impression que c'est vraiment un mensonge de politiciens. Moi, je me sens plein de choses. Je me sens homme, je me sens gaie, je me sens à gauche, je me sens récrivain, je me sens mais je ne me sens pas français. Enfin, c'est bizarre. Et puis en plus souvent le drapeau il est utilisé pour faire des frontières entre les nationaux de la nation et ceux qui sont considérés comme non-nationaux de la nation. En plus, c'est quand même des choses plus importantes. Enfin, la France a l'épassé au aménat de l'une guerre permanente. Il y a quand même des gens justement qui ont des conditions de travail très dure. Il y a beaucoup d'autres causes qui me paraissent. Oui, bonjour. J'aurais plusieurs questions mais je pense que il va pas avoir le temps. Alors, une seule et la plus bête, est-ce que vous pensez que vous pourriez écrire quelque chose que vous n'avez pas vécu directement ou indirectement? Non. Enfin, c'est que j'ai pas du tout envie. Vous savez, il y a une histoire que j'ai raconté justement. Il n'y a pas très longtemps dans libération. Je me souviens que quand j'étais adolescent vers 14 ans, le clésio a reçu le prix Nobel de littérature. Est-ce qu'il fait que nous, même si on entendait jamais parler de littérature d'habitude, mais comme là, c'était un prix Nobel, même TF1 qu'on gardait, ce m'était à parler de livres. Il y avait un petit reportage sur le clésio, je suis très bien. Et je me souviens, j'étais dans le village où j'ai grandi. Il y avait une petite interview, le clésio parle et il parle des personnages qui construit, des situations qui construit. Et moi, je me souviens avoir pensé très naïvement comme un enfant. Mais pourquoi il parle pas de nous? Et je me suis dit, mon père, il est, il peut plus marcher. Il a eu un accident à l'usine. On ne peut pas manger. Et pourquoi il parle pas de nous? Et pourquoi il crée des situations plutôt que de parler de nous alors que nous on existe. Et que nos corps sont en train de souffrir. Évidemment, c'était une pensée, juste comme je vous disais, naïve. Enfin, je ne suis pas contre la fiction. Et au contraire, d'ailleurs, les écrits-fictions sont les gens qui m'ont le plus marqué. Mais je pense que cette scène, elle a été comme une scène traumatique pour moi. Elle a été une scène fondatrice. J'ai connu trop de gens, trop de corps, trop de vie, qui mérite d'être racontés, qu'ils n'ont pas été. Je pense qu'il faudrait 50 vies pour toutes les dire. Bonsoir, déjà je voudrais vous remercier pour ce très beau livre. C'est une question un peu plus légère que les autres, mais on parlait de Xavier Dolan. Et je voulais savoir si vous en vies agiez une collaboration avec lui ou un scénario ou. En fait, on avait déjà collaboré ensemble sur Momi, un petit peu. Je vais vous raconter l'histoire un peu légère. Justement, ça nous fera du bien. On apparaît de choses très dures. Quand Xavier était en train de faire Momi, il m'a appelé, puisqu'il venaient de lire, en finir avec les baguels, venait juste de sortir. Et puis il m'avait dit qu'il avait beaucoup aimé tout ça. Et il m'a appelé. Et m'a dit, moi, j'écris toujours les sous-titres de mes films. Parce qu'il est super perfectionniste. Et il dit, en fait, les sous-titres, c'est le truc que les gens regardaient 100% du temps. Pour moi, c'est une chose les plus importantes du film. Moi, je veux le faire moi-même. Je veux que ce soit un travail littéraire, je veux que ce soit un travail écrit, je veux que ce soit un travail bien fait. Et m'a dit, je vais parler pour la première fois dans un mes films d'un milieu beaucoup plus pauvre que les milieux que j'ai évoqués dans mes autres films. Donc m'a dit, est-ce que tu peux m'aider à venir faire les sous-titres? Et je lui ai dit, oui, j'ai pris l'avion, le lendemain pour Montréal. Et on a travaillé ensemble. C'était super de voir un génie en train de créer. J'ai eu l'occasion de revoir un génie en train de créer pas très longtemps quand je suis allé à Berlin où Thomas Ostermaier adapte l'histoire de la violence. Et quand on voit des gens aussi, puis sans que je ne sais pas moi, ça me fascine. Et voilà, et donc pour le futur, on verra. Je ne sais pas, je ne peux pas le dire, je ne sais pas. Oui, il manque un personnage, là, peut-être qu'il est prévu dans vos prochains écrits, c'est le personnage de la mère. C'est prévu? Oui, je vais parler de ma soeur dans le deuxième, et là de mon père, et d'un peu tout le monde de manière plus épisodique dans le premier, on verra. Je ne sais pas, c'est. C'est une commande? C'est gagneux. Oui, exactement. Non, non, mais aussi, c'est vrai que après qu'elle a quitté mon père, ma mère, elle s'est complètement transformée. Aujourd'hui, elle est devenue une femme complètement différente, elle est devenue quelqu'un d'autre. Ma mère, elle était assez dure, c'est une femme assez. je peux même le dire, assez méchante. Elle était assez violente. Et en fait, quand elle a quitté mon père, je me suis rendu compte que cette violence, c'était presque la violence que mon père exerçait sur elle, qui se prolongait à travers son corps, ce qu'elle était dans une situation de tellement, de détouffements, de densité, de qu'elle finissait par être violente, par dire des choses violentes. Et en fait, en enlevant le principe qui était violent avec elle, même si c'était pas le seul, mon père, elle s'est complètement metta mort-fausée, et ça, ce serait sans doute une histoire. Moi, c'est. enfin, voilà, je peux peut-être on peut finir comme ça là-dessus avant de continuer à un manière plus informelle. Une des choses qui m'intéressent dans les trois livres qui attuèrent mon père, historien, souhaité belgueul, c'est l'idée qu'on peut être. je le dis, je le formule comme ça dans qui attuèrent mon père, c'est l'idée qu'on peut être victime de la violence, pas seulement de celle qu'on subit, mais de celle qu'on exerce sur les autres. Est-ce qu'il veut pas dire que ce n'est pas grave, ce qui veut dire que vous pouvez être dans des situations de vos vieux, vous êtes tellement accablés par la violence, que vous finissez par être violents, vous aussi, d'une autre main. C'est-à-dire ce très beau livre de Tony Morrison qui s'appelle Bilovod où une femme est esclave sur une plantation et un jour elle s'enfuit avec ses enfants, elle traverse les forêts, les rivières, elle s'échappe, elle se cache dans une maison et quelques mois après, les esclavagistes la retrouvent. Quand les esclavagistes la retrouvent, elle attrape son enfant Bilovod, qui s'appelle Bilovod et elle lui coupe la tête. Et moi quand j'ai lu cette histoire, c'est un roman vraiment magnifique, un de plus grands romans. probablement des 100 dernières années. Je me disais en fait, c'est pas une violence qu'elle oppose à l'esclavagisme, mais c'est encore l'esclavagisme qui se propage à travers son corps. C'est la violence de l'esclavagisme qui utilise son corps. Donc si vous voulez une sorte de double critique de la domination, c'est-à-dire que non seulement la violence s'abassure vous, mais qu'en plus le pouvoir vous force à vous-même à être violent. Moi, c'est ça que j'essaye de sortir un peu de forme de binarisme, de la violence entre ceux qui l'exercent et ceux qui la reçoivent, mais au contraire de penser la violence comme un flux, moi, si je commence là à vous insulter tous les noms, peut-être vous allez devenir violent, si vous faites la même chose, peut-être je veux dire, mais je vais vous insulter en retour, si vous m'insulter. Et on fait tout ça dans nos vies, on est un moment de nos vies, on est pas bien, on est malheureux, on se sent pris par des choses qu'on ne veut pas vivre, et on dit quelque chose de violent, quelqu'un qu'on aime, on parle mal à quelqu'un qu'on aime, et on dit "mais pourquoi j'ai parlé comme ça?" Et parce qu'on s'en, justement, même à un niveau très individuel, qu'on peut être traversé par la violence de quelqu'un d'autre, que la violence, voilà, ce pain de propriété, en fait, c'est ça qui m'intéresse. Oui. Mercié, Doir Louis, je propose qu'on s'entienne là, parce qu'il va y avoir des dédicats, je me le suppose. Vous venez d'écouter une rencontre enregistrer le 25 mai 2018 à la Librérie Hombre Blanche avec Doir Louis, son dernier roman qui a tué mon père et publié aux éditions du seuil. Doir Louis a aussi fait paraître, en finir avec Eddie Belgull, en 2014, et histoire de la violence en 2016, également au seuil. Hom Hom Hom Hom Hom Hom is where it hurts. La home's no harm. La home no pain. If you try to break in, it is a no stain. My brain and all colors doors. My walls and no skin. It can be your life here. 'Cause there's no one in. Oh, is my no harm. Has my no harm. Is my no harm. Oh, is my no harm. (musique) (musique) (musique) (musique)

Podcast Summary

Key Points:

  1. Le livre "Qui a tué mon père" explore la relation distante entre Édouard Louis et son père, ainsi que la détérioration physique de ce dernier due à sa condition sociale.
  2. L'absence de point d'interrogation dans le titre est intentionnelle, reflétant une accusation directe des structures sociales responsables de la souffrance du père.
  3. Louis discute de son approche littéraire, visant à créer un récit fluide et immersif pour empêcher le lecteur de détourner le regard des réalités sociales décrites.
  4. Il aborde les polémiques autour de ses œuvres précédentes, rejetant l'idée que la littérature doit être séparée des enjeux politiques et sociaux.
  5. L'auteur souligne l'importance d'une littérature engagée qui évite l'humiliation des classes populaires tout en maintenant des exigences artistiques.

Summary:

Lors d'une rencontre à la librairie L'Homme Blanche en mai 2018, Édouard Louis présente son roman "Qui a tué mon père". Il explique que le livre naît de la réconciliation avec son père, après des années de séparation due à leurs différences sociales. En le revoyant, Louis découvre un corps détruit par les conditions de vie précaires, ce qui l'amène à questionner les responsabilités sociales et politiques derrière cette souffrance.

Le titre sans point d'interrogation souligne une accusation directe, non une question. Louis décrit son processus d'écriture comme une recherche de fluidité pour immerger le lecteur dans l'expérience de son père, évitant toute distraction. Il aborde également les polémiques liées à ses œuvres antérieures, critiquant ceux qui séparent littérature et réalité sociale.

Pour lui, la littérature doit être un outil de compréhension du monde, notamment des injustices de classe, sans humilier les populations concernées. Il évoque enfin l'influence du théâtre sur son écriture et son refus d'être apprécié par des publics aux valeurs opposées aux siennes.

FAQs

L'absence de point d'interrogation est intentionnelle, car l'auteur connaissait déjà la réponse. Le livre vise à exposer les causes sociales et politiques de la détérioration de la santé de son père, plutôt que de poser une question ouverte.

La publication a permis de rétablir un dialogue. Son père l'a contacté en pleurant, exprimant sa tristesse face à leur éloignement, ce qui a conduit l'auteur à le revoir après plusieurs années de séparation.

Il souhaite que le lecteur traverse l'expérience du livre sans interruption, en captant l'essentiel en peu de temps. La fluidité est un choix stylistique délibéré pour maintenir l'attention et éviter la distraction.

Le théâtre a marqué son approche, notamment par l'utilisation de monologues et une structure destinée à être jouée. Son pseudonyme 'Louis' est d'ailleurs inspiré d'une pièce de Jean-Luc Lagarce.

Il les considère comme un indicateur de la valeur de son travail, citant Carlo Voknozgart pour qui le nombre d'insultes reçues mesure l'impact d'un écrivain. Il refuse d'être apprécié par des publics homophobes ou racistes.

Il estime que la littérature doit être un instrument de compréhension du monde, et non un moyen de détourner le regard des injustices. Ses livres visent à empêcher cette 'stratégie de diversion'.

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