L’auteur, après plusieurs années de journalisme marquées par la désillusion et le vide existentiel, choisit de se reconvertir en enseignant, motivé par des souvenirs d’humilité et d’authenticité vécus avec les enfants. Il suit une formation, obtient un emploi au sein du département du 93, connu pour ses établissements en difficulté. L’entretien d’embauche est strictement orienté sur la psychologie du candidat plutôt que sur ses compétences pédagogiques. Le système d’enseignement est souvent réduit, avec peu de ressources pédagogiques, des directives rigides et une seule journée d’observation comme préparation. Les salaires sont modiques, avec des primes limitées pour les zones prioritaires. L’auteur se retrouve placé dans des classes de maternelle et d’école primaire, au cœur d’un environnement difficile, où la pédagogie est souvent dépourvue de supports et de formation. Il est convaincu que sa bienveillance et sa passion pour l’éducation pourraient faire la différence, bien que la situation reste précaire et peu soutenue. Ce témoignage révèle les défis profonds de l’enseignement en milieu défavorisé, où la motivation personnelle doit compenser l’absence de structures et d’outils.
Ils ont tué l'école.
D'après le livre de Marion Armango, publiez aux éditions du seuil.
Un livre audio de Meksem Noise, prologue.
Après plusieurs années de journalisme, démoralisé par l'actualité, rongé par l'impression
de n'être plus qu'un robot payé à recracher des nouvelles apènes digérées, souvent trouvés
sur internet, l'asse des rédactions asphyxieées par les restrictions budgétaires et embarqués
malgré elles dans un combat perdu d'avance contre les réseaux sociaux, je me suis offert
ce qui fait défaut aujourd'hui à certains médias et les condamnes aux manques d'exigence
du temps.
Une fois mon cerveau libéré, il me fallait comprendre d'ouvener ce vertigine sentiment
de vide qui m'habitait, cette désagréable sensation de faire fausses rôtes, de passer
à côté de ce qui compte le plus, l'humain.
Un sentiment largement partagé par nos contemporains puisque plus d'un tiers des gens
pensent que leur travail n'a aucun sens d'après l'enquête de l'entropologue David
Kraber, qui a analysé sur plusieurs années le phénomène des boulchies de job ou
job à la con.
Ce constat survient lorsque le travailleur a pleinement conscience de la superficialité
de sa contribution à la société.
Réagir, c'est imposé à moi comme une nécessité, une reconversion professionnelle changeait
domaine, deux métiers, repartir de zéro alors que j'ai déjà bien galéré pour me faire
une minuscule petite place dans les médias, même pas peur.
De mes années d'études, je garde un tendre souvenir de tous les petits boulots que j'ai
pu exercer auprès des enfants, colonie de vacances, babysitting, aide au devoir à
domicile, de la simplicité, de l'honnêteté, de l'authenticité, voilà ce que je recherche.
Et s'il y a bien un monde dans lequel je peux trouver toutes ces valeurs, c'est celui
des enfants.
C'est décidé, je suis prête à me reconvertir pour exercer le plus beau métier du monde
enseignante.
Doigts je reprends des études, suivre une formation, passer le CRPE, le concours de recrutement
de professeurs des écoles, absolument pas.
Une lettre de motivation, un CV, la photocopie de mes diplômes, soit un master de journalisme
minimum une licence exigée, et un extrait de mon quasi-éjudiciaire vierge suffise pour
postuler.
Nous sommes au mois de septembre, l'année scolaire vient de commencer et j'ai peur d'avoir
raté le coche.
Tous les postes doivent déjà être pourvus.
Mais cinq jours après l'envoi de ma candidature, je suis convoqué pour un entretien à la
DSDN, direction des services départementaux de l'éducation nationale du 93 à Bobini.
Je passionne dans un couloir entre une machine à café et une photocopieuse.
J'ai l'impression d'être dans une salle d'attente d'un médecin parisien qui consulte
sans rendez-vous.
Je suis entouré de candidats très stressés, qui est chance des conseils et pas toujours
les meilleures.
J'ai l'air dire que si j'ai pas d'autorité à la maison avec mes trois enfants, c'est
parce que je les aime trop, mais avec une classe sera différent, je pourrais les punir
parce qu'il n'y aura pas d'affecte.
Arrivent en fin mon tour.
J'ai l'impression de retourner à la fac et de me présenter un oral que je n'ai pas
révisé.
Dans une grande salle vide, deux personnes très sérieuses m'invient à ma soire.
D'un côté, une femme souriante, qui tente de me mettre à l'aise, de l'autre, une caricature
d'inspecteur qui lance le chronomètre avant même d'avoir relevé la tête pour me
s'annuer.
Apparemment, je dispose de 20 minutes, mais pourquoi?
Présentez-vous.
Pourquoi êtes-vous ici? Demain, vous avez une classe, qu'est-ce que vous faites? Un élève
de maternelle sera très souvent l'école, comment vous intervenez? Comment réagiriez-vous
si un enfant devenait violent? Rédiger un mot pour prévenir les parents que vous
avez une séance de sport avec votre classe le lendemain? Et que faites-vous si certains
élèves n'ont pas leurs affaires?
Je reste avec eux pendant la séance, je leur donne du travail, puisqu'ils n'ont pas
la bonne tenue, répond fièrement la lèche-cue, nouveau rôle que je maîtrise étonnamment
bien.
Ça aurait posé problème, madame, puisque le prof de sport, c'est vous! Rétaure que
un specteur coincé trop content de mes piégés.
Accepteriez-vous un enfant handicapé dans votre classe? Est-ce que certains candidats
répondent vraiment de nom? Vous donnez une consigne et personne ne comprends, que
faites-vous?
Les 20 minutes d'interrogatoire se termine, et je n'ai même pas le temps de me lever pour
quitter la pièce, que les deux inspecteurs ont déjà le né dans leur note pour rédiger
ma déposition.
Je ne sais pas trop quoi penser de cet entretien.
Je n'ai eu à répondre à aucune question qui permettait d'évaluer mon niveau en français,
et en géographie, en histoire ou encore en mathématique.
Je comprends qu'il s'agit plutôt d'évaluer mon sens des responsabilités et mon étap
psychologique.
Trois jours plus tard, un email, ma cordilature est acceptée, je suis convoqué à une réunion
d'informations pour signer un CDD qui démarre à la forme de la semaine, maîtrise
à la forme de la semaine, je suis maîtrise.
Ma classe sera de toutes les couleurs avec des papillons et des guirlantes de papillons
en forme de cœur.
J'organiserai des ateliers théâtre, de danse, d'art plastique, de musique.
Je ferai aimer aux enfants la lecture, la poésie, la littérature, on fera des mathématiques
de la conjugaison dédictée, mais toujours sous forme de jeu.
Le département du 93, à mauvaises réputations et comme personne ne s'expliquer pourquoi c'est
si terrible, je suis convaincu que ma bienveillance et ma motivation feront la différence.
Retour à la DSDN de Bobini pour la réunion d'informations avec la trentaine de personnes
qui ont survécu à l'interrogatoire.
Pendant une heure, l'inspectrice adjante de la DSDN du 93 nous présente les départements.
Ceux qui enseignent dans le 93 sont des militants.
On n'a terrible pas ici par hasard mais par conviction.
Vous êtes dans un département en grande difficulté qui compte 60 % des établissements
en rêve ou rêve plus, réseau d'éducation prioritaire.
Pas de devoir à la maison pour préserver l'égalité des chances entre les élèves.
Nous visons la réussite pour tous les élèves de la République.
Nous sommes farouchement opposés à l'exclusion.
Des réflexions en flippantes aussi qui ne passent pas une aperceuse malgré le ton léger employé.
Ne vous retournez pas trop longtemps au tableau, où vous découvrirez vite qu'il peut
se passer beaucoup de choses dans votre dos.
Vous serez forcément en conflit avec certains élèves ou leurs parents.
Je le sais parce que les plans ne passent pas à nos services.
Ça arrive tout le temps, ne le prenez pas trop à cœur et gardez votre calme.
L'inspectrice adjante évoque très rapidement quelques sites internet bien fait,
où l'on peut trouver des supports pour enseigner et. et c'est tout.
Pas une recherche, pas une formation, pas une interface pour trouver les programmes,
pas une recommandation pour découvrir les méthodes d'apprentissage.
Et concrètement, comment ça se passe?
Nous vous avons attribué à chacun une école de rattachement.
Vous devez vous rendre tous les jours dans cette école et appeler votre gestionnaire à partir de 8h30
pour lui signifier que vous êtes disponible s'il ne vous a pas déjà contacté.
Dès qu'on vous attribue une mission, vous vous rendez sur place au plus vite.
Si vous n'avez pas l'affectation, vous restez en observation dans votre école de rattachement,
mais vous ne devez pas y enseigner.
Les instructions viennent seulement de votre gestionnaire.
On passe à la partie que tout le monde attend, l'argent.
Vos salaires sont calculés en fonction de votre niveau d'étude et de votre ancienneté.
Vous perceverez des primes journalistes lorsque vous enseignez en réseau d'éducation prioritaire,
environ 4 euros, ou rêve plus, environ 6 euros.
Vous serrez payer tous les jours, même si vous n'avez pas l'affectation.
Vous êtes sur un contrat à plein temps jusqu'au 31 août,
et vous serrez évidemment payé pendant les vacances scolaires.
Allez, venu signer vos contrats.
Piff Paf Pouf, je viens de m'engager sur une année scolaire.
Je repare avec un exemplaire de mon contrat, et pour seule consigne de me rendre
dans mon école de rattachement à portant le lendemain pour passer une journée en observation.
Je ne saisis pas encore que cette journée sera ma salle et unique préparation,
avant d'être baladé tous les jours au 4 août qu'on vendait des départements
les plus difficiles de France pour enseigner dans des classes de maternelle et des lémentaires
à des élèves de 3 à 12 ans.
Je planne sur Maddy Corn, couleur arcanciel,
à des années lumière d'une triste réalité qui va très vite me rattraper.
La suite de mon témoignage d'enseignants de contractuel dans le prochain épisode.
Podcast Summary
Key Points:
L’auteur, journaliste démoralisé par le monde des médias, décide de se reconvertir en enseignant après avoir ressenti un vide existentiel.
Il est attiré par les valeurs d’authenticité, de simplicité et d’humain qu’il a vécues dans des petits emplois avec les enfants.
En se remettant à l’étude, il passe le CRPE et est sélectionné pour un poste d’enseignant dans le département du 93.
L’entretien d’embauche est stressant et ne mesure pas ses compétences académiques, mais plutôt son sens des responsabilités et son état psychologique.
Le département du 93 est en difficulté, avec un taux élevé d’établissements en difficulté, et une forte volonté d’équité éducative.
Les enseignants sont attribués à des écoles, mais suivent des directives strictes et reçoivent peu de ressources pédagogiques.
Le salaire est basé sur le niveau d’études et l’ancienneté, avec des primes modestes pour les zones prioritaires.
L’enseignement se déroule avec une préparation minimale, notamment une seule journée d’observation avant d’être placé en classe.
Summary:
L’auteur, après plusieurs années de journalisme marquées par la désillusion et le vide existentiel, choisit de se reconvertir en enseignant, motivé par des souvenirs d’humilité et d’authenticité vécus avec les enfants. Il suit une formation, obtient un emploi au sein du département du 93, connu pour ses établissements en difficulté. L’entretien d’embauche est strictement orienté sur la psychologie du candidat plutôt que sur ses compétences pédagogiques.
Le système d’enseignement est souvent réduit, avec peu de ressources pédagogiques, des directives rigides et une seule journée d’observation comme préparation. Les salaires sont modiques, avec des primes limitées pour les zones prioritaires. L’auteur se retrouve placé dans des classes de maternelle et d’école primaire, au cœur d’un environnement difficile, où la pédagogie est souvent dépourvue de supports et de formation.
Il est convaincu que sa bienveillance et sa passion pour l’éducation pourraient faire la différence, bien que la situation reste précaire et peu soutenue. Ce témoignage révèle les défis profonds de l’enseignement en milieu défavorisé, où la motivation personnelle doit compenser l’absence de structures et d’outils.
FAQs
Parce qu'il cherche à retrouver des valeurs d'authenticité, de simplicité et d'honnêteté, qu'il a ressenties lors de ses années d'activités auprès des enfants.
Cela représente un retour à une forme de métier humain, authentique et émouvant, en opposition avec le matérialisme et la superficialité du journalisme.
L'auteur doit préparer un dossier comprenant une lettre de motivation, un CV, ses diplômes (licence ou master) et un extrait de son recu de formation.
Les questions portent sur la gestion d'une classe, la réaction face à un élève agressif, la communication avec les parents, la gestion des élèves en désordre ou en difficulté.
Ils sont engagés sur un contrat à temps plein, avec un salaire basé sur leur niveau d'études et leur ancienneté, et reçoivent des primes pour enseigner dans des zones prioritaires.
Elle présente les enjeux du département du 93, souligne la difficulté des établissements et donne des conseils sur la gestion des classes et des conflits.
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