Pionnière de l'IA biomédicale, elle connecte les échelles du vivant pour révolutionner la médecine | Zelda Mariet
46m 33s
In this podcast episode, the guest, Zelda Mariette, discusses her journey and groundbreaking work in applying AI to medicine. She explains the significance of AlphaFold in predicting protein structures accurately. The conversation delves into the concept of multi-scale artificial intelligences that bridge various biological levels, from DNA to organs, enabling a comprehensive understanding of health impacts. Zelda emphasizes the complexities of working with medical data and models, highlighting challenges like noise in experimental processes. By connecting different scales in biological research, her team at Bioptimus aims to develop models capable of predicting gene expressions in cancer cells from tissue biopsies, potentially revolutionizing diagnostics and personalized treatments. The discussion also touches on the philosophical question of what links different scales in biology, emphasizing the continuous nature of information propagation across biological levels.
Transcription
7052 Words, 42091 Characters
[Music]
Bonjour et bienvenue dans Ted en français,
le podcast officiel de la communauté tête francophone.
Je suis Michel Lévi-Pronensale,
et comme à chaque épisode,
je reçois une ancienne ou un ancien testeur ou télixeur.
Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir la fondatrice d'une start-up,
co-fondatrice d'une start-up qui révolutionne l'usage de l'IA
au service de la médecine.
C'est une application, c'est un modèle.
On va en parler très largement.
On va découvrir aussi son univers.
Elle travaille sur des modèles fondationnels
dédiés aux applications biomédicales.
Et avant cela, elle était Senior Research Scientist
chez Google DeepMind,
où elle étudiait comment la diversité des prédictions d'un modèle
peut renseigner notamment sur l'incertitude du modèle lui-même.
On va en parler aussi.
Elle est Docteur OMIT,
elle étudie OMIT.
C'est Travoporté sur les propriétés mathématiques.
Je crois des polinaux,
mais ça, on n'en parlera pas, c'est beaucoup trop compliqué.
Elle a récemment donné un TED Talk
sur l'avenir des intelligences artificielles en médecine
et en particulier sur le concept des intelligences artificielles
multi-échelles.
Je vais évidemment parler de Zelda Mariette.
Bonjour Zelda.
Bonjour Michel.
Merci de me recevoir ici.
Écoute, c'est un plaisir.
On écoute un extrait de ton talk.
Depuis plus d'un siècle,
chaque année,
on desserre ne trois prix Nobel en sciences.
Un en physique,
un en chimie
et un en médecine.
Pour la physique, vous connaissez certainement Marie Curie.
Alors, su un prix Nobel pour ses travaux sur la radioactivité.
D'ailleurs, elle en a reçu deux.
Le second est en chimie
pour ses travaux sur le radium et sur le polonium.
Après le second,
elle a décidé qu'elle avait suffisamment mis la pression
à toutes les générations de scientifiques qui allaient suivre.
Et donc, du coup, elle s'est arrêtée à deux.
Et donc, pour le prix Nobel de médecine,
je vais vous parler d'Alexandre Fleming,
qui a reçu le prix Nobel de médecine en 1945
pour la découverte de la pénicilline.
Alexandre Fleming,
gardez-le au chaud.
On va y revenir.
Mais l'année dernière,
pour la première fois depuis la création du prix Nobel,
il s'est passé quelque chose d'extraordinaire.
Parce que l'année dernière,
en 2024,
le prix Nobel de chimie a été desserné
à des chimistes certes,
mais également à un informaticien.
Au centre de l'image derrière moi.
Cet informaticien, demi à sa vie,
l'a reçu pour la création d'une intelligence artificielle
qui s'appelle Alpha-Fault.
Quelle est la révolution qu'a permis Alpha-Fault?
Eh bien, très simplement,
Alpha-Fault a permis de faire quelque chose de très complex,
qui est d'expliquer la façon dont les protéines prennent leur fort.
Une protéine, c'est une molécule complexe,
qui est instrumentale pour le fonctionnement,
la régulation et la structure des cellules.
Elle est indispensable à la vie.
Mais une protéine, c'est aussi quelque chose qui peut avoir l'air très simple.
Ça peut aussi être décrit tout simplement comme une chaîne de lettres
que vous voyez maintenant derrière moi.
C'est une vraie protéine,
elle n'est pas très intimidante.
Et chacune de ces lettres qui la composent s'appelle un acide aminé.
Mais une protéine, c'est pas seulement une chaîne de lettres,
c'est quelque chose qui a une forme en trois dimensions.
Et comprendre comment cette chaîne de lettres va prendre cette forme
est un fantastique problème.
Je vais vous faire une petite démonstration.
On fait avec les moyens du bord,
c'est les légumes de quand j'étais petite.
Alors on va imaginer que la protéine derrière moi,
qui d'ailleurs a été instrumentale pour l'histoire de la médecine,
mais ça c'est comme les bolinos,
on m'a dit, ne t'en parle pas.
Cette protéine, on va imaginer que c'est ce jouet,
que c'est ce collier de briques.
Chaque brique, ça va être un acide aminé.
Et donc du coup, notre protéine, elle est là.
Mais en fait, non.
Elle va se plier, elle va se replier dans tous les sens.
Un peu comme un oeuf compliqué
pour prendre une forme en trois dimensions.
Et ce faisant, elle va pouvoir exposer certaines de ses briques.
Y en a une, la bleue, je l'ai marquée avec un oeuf spoiler,
parce que j'avais un oeuf spoiler.
Et cette brique-là, elle est exposée.
Donc si cet oeuf spoiler, il est capable de neutraliser un virus,
par exemple, et qu'il y a un virus qui se promène,
le virus va être neutralisé.
Mais il y a d'autres briques qui sont moins exposées.
Et d'ailleurs, si ce légo s'était plié de façon différente,
l'oeuf spoiler, il serait complètement inutile.
Troisième démonstration scientifique.
Une protéine, avec un oeuf sebrin en l'occurrence,
qui est neutralisée.
Parce que cette même brique bleue, tout d'un coup,
elle ne peut plus interagir avec son environnement.
La seule chose qui a changé, c'est la façon dont la brique rouge
et la brique jaune sont connectées.
C'est la même série de briques.
Mais tout d'un coup, notre protéine, elle ne peut plus neutraliser un virus.
Fin de la partie scientifique.
C'est ça que permet de faire AlphaFold.
AlphaFold permet de prédire, à partir d'un collier de briques,
quel va être la forme en trois dimensions de la protéine.
AlphaFold nous permet de savoir, par exemple,
si une protéine va pouvoir agir comme bouclier contre un virus,
ou si au contraire, elle va être complètement inefficace.
Certes.
Mais la biologie, la médecine, c'est pas juste les acides aminées,
c'est pas juste les protéines.
La biologie, elle existe à tous les niveaux.
Elle existe du microscopique avec l'ADN,
jusqu'au macroscopique avec le corps humain.
Et d'ailleurs, elle va même beaucoup plus loin que ça,
parce que la biologie, c'est aussi nos conditions de vie.
Est-ce qu'on habite dans un endroit où il fait chaud, froid, humide,
qui peut être propice au développement des maladies ?
Est-ce qu'on boit ? Est-ce qu'on fume ?
Toutes ces questions-là, toutes ces échelles-là, c'est aussi la biologie.
Et la question qu'on se pose,
c'est comment est-ce qu'on va pouvoir créer des intelligences artificielles
pour connecter toutes les échelles du vivant ?
Ça, aujourd'hui, on commence à le faire.
On commence à créer des intelligences artificielles
qu'on appelle multi-échelles, justement,
parce qu'elles connectent toutes ces échelles
et qui vont être capables, par exemple,
de regarder un ensemble de cellules
et d'en comprendre comment fonctionne un poumon.
Des IA qui vont pouvoir regarder le code génétique d'un patient
et d'en prédire comment le patient va pouvoir exhiber certains symptômes
face à une maladie.
Ou même une IA qui va aller dans l'autre sens,
qui va partir d'une macroscopie,
qui va regarder la biopsie d'une tumor
et pouvoir prédire le microscopique
en disant quelles sont les gènes qui sont exprimées
dans les cellules cancéreuses.
Mais qui dit intelligences artificielles
dit besoin d'énormément de données.
Qui dit intelligences artificielles multi-échelles
dit besoin d'énormément de données
à toutes les échelles.
Énormalement, ça, ça serait quasiment impossible.
Mais pas en médecine.
Parce qu'en médecine, on a une chance incroyable.
Parce que chaque fois que vous allez chez le médecin,
que vous allez dans un hôpital,
on vous fait une biopsie, on vous fait une prise sanguine,
on vous fait un test,
ces données-là, bien sûr, on les utilise ponctuellement,
vous êtes venus là pour une raison.
Mais ensuite, ces données-là, on les garde.
Elles prennent la poussière souvent,
quelque part, sur un risque dur.
Mais c'est exactement ça
dont on a besoin pour créer les intelligences artificielles
multi-échelles.
On est assis, depuis des dizaines d'années,
sur un trésor de données
qui va pouvoir permettre de les créer.
C'est là-dessus que je travaille,
avec mon équipe,
pour créer ces intelligences artificielles multi-échelles
qui vont pouvoir connecter la DNA protein,
mais aussi les protéines cellules,
les cellules au tissu,
les tissus aux organes,
et enfin les organes aux patients.
Nos résultats ont été publiés en open source,
ils sont donc disponibles gratuitement
à toute la communauté scientifique,
et justement,
il a été montré que nos modèles sont capables,
à partir d'une biopsie,
de prédire quelles sont les gènes qui apparaissent
dans les cellules cancéreuses visibles.
Stella, merci d'être avec nous aujourd'hui.
Tu diriges les recherches chez Bioptimus,
avant, après, à te passer
par Google DeepMind,
tu peux étudier comme je le disais au MIT.
Au-delà de LIA,
quel est le fil conducteur de ton parcours?
C'est là.
Puisque tu m'as dit que je n'avais pas le droit
de parler de polynome, je ne vais pas répondre
à les polynomes, même si il y a quand même un lien.
Je dirais que le lien
dans mon parcours,
c'est toujours,
chaque fois que j'ai été confronté
à un problème scientifique qui m'intéressait,
une fois que tu as regardé un problème scientifique
pendant suffisamment de temps,
tu te rends compte qu'il est connecté
à un autre problème,
tout aussi important,
avec ses propres spécificités, etc.
Et en fait, je pense que mon parcours,
ça a toujours été travaillé sur,
donc quand j'étais au MIT,
je travaillais sur des polynomes
comment
représenter
la diversité qui existe dans les données
et la diversité qui existe dans les modèles
pour créer des modèles
d'intelligence artificielle
qui sont plus robustes,
qui ne vont pas, en fait,
changer très, très vite, très, très rapidement
pour qu'on puisse, en fait,
se baser sur eux
pour les utiliser
dans l'invite tous les jours.
Et puis, en fonction
de la température
de l'alignement
de Mercure en rétrograde, etc.,
tout d'un coup, je change complètement d'avis
sur ce qu'il te prédisait
pour que ce soit en santé,
que ce soit vraiment pour des choses toute bête,
comme ce que tu as prévu de faire demain,
qui va être un modèle qui va être utilisé
pour prédire, je ne sais pas,
le nombre de personnes qui vont entrer
dans un magasin, etc., tu veux des modèles
qui soient stables.
Comment comprendre ce qui fait qu'un modèle est stable,
ce qui fait qu'un modèle n'est pas stable.
Et donc,
j'ai travaillé beaucoup sur les mathématiques
qui sont nécessaires pour comprendre ça.
Et au bout d'un moment,
pour moi, le fil conducteur,
ça a été de voir si ça marchait en pratique,
et si, en fait, les théories qu'on était en train
de développer
pour comprendre la stabilité
étaient vraiment en train de fonctionner
en pratique.
Parce que, quand on fait des maths,
c'est facile de partir
d'hypothèses,
et de partir du principe qu'elles vont à te vérifier
et ensuite continuer.
Donc, c'est très facile de partir du principe
que tu vas faire des hypothèses,
et puis, comme tu es dans le monde magique
des mathématiques,
tu peux juste utiliser ces hypothèses
pour faire toute ton analyse.
Une fois que tu pars dans le vrai monde,
tout d'un coup, tes hypothèses
sont presque vérifiées,
mais pas toujours, elles sont presque satisfaites,
quand j'ai rejoint Google,
mon but, c'était de comprendre
comment la
séparation entre
ce qu'on voudrait pour appliquer nos théories
et ce qui se passe dans la vraie vie
influence
la validité de nos hypothèses.
Et donc, j'ai commencé à travailler beaucoup
sur des données réelles,
donc, ce qu'on appelle des "world data",
donc, c'était des images
naturelles, etc.
de l'audio naturel,
j'ai commencé, même, à me poser des questions,
si on va du monde magique des bisounours
mathématiques,
ou tout marchait bien vers le monde réel,
quelle est la pire situation?
Quelles sont les données qui sont tellement complexes
et tellement pénibles?
Si on sait qu'on a réussi
à créer un modèle qui marche sur ces données-là,
on a résolu la question.
C'est là que j'ai commencé à travailler
sur les données médicales.
Parce que ce sont les données les plus complexes?
Je pense.
Parce que quand on travaille
avec les données médicales, quand on travaille
avec des données
qui sont des mesures scientifiques, les résultats
de ce qui s'est passé dans un tube, etc.
Il n'y a pas seulement toutes les questions
qui existent
avec toutes les données qui sont...
Est-ce qu'elles sont storées et résonablement?
Est-ce qu'on peut y avoir accès?
Combien est-ce qu'on en a?
Il y a, tout d'un coup, la question de
quand on a généré ces données-là,
il y a eu tout un processif scientifique
qui, en tout cas, contient du bruit.
Tu lui-même vas pouvoir causer des problèmes.
Un exemple tout simple
mais qui est un des premiers
auxquels j'ai été confrontée, c'est
quand tu fais des réactions chimiques
et quand tu vas entrainer un modèle
sur les résultats de réactions chimiques.
Ces réactions chimiques, elles ont lieu
dans un tube A&C.
En général, on en fait plusieurs à la fois.
Tu vas avoir un espèce de conténère,
un espèce de rectangle
avec 30 positions
et, en fait, la position de ces tubes A&C
va influencer
le résultat des réactions chimiques.
Par exemple, parce que quelqu'un va
transporter ce plateau
et les choses qui sont plus près du bord
ont plus de chance de déborder un petit peu, par exemple.
Ou être, on va avoir
un gradient de température un tout petit peu différent
des tubes A&C qui sont au milieu.
Et ça, ça a un impact
sur les données qu'on utilise,
ça a un impact sur la réaction scientifique
et c'est très facile de créer un modèle
plutôt que de comprendre la réaction chimique.
Va comprendre
les tubes A&C sur le côté, ils sont différents.
Et ça, ça ne nous apprend pas grand-chose
sur la science derrière, ça nous apprend
quelque chose sur les effets de bord
qui, en fait, ne nous intéresse pas.
Alors, on va revenir
sur les applications, en fait,
de ces travaux.
Tu expliques derrière dans ton talk
que les intelligences artificielles
sur lesquelles tu travailles sont multi-échelles
et peuvent relier différents niveaux
du vivant, du microscopique
au macroscopique.
Est-ce que tu peux nous expliquer
simplement ce que ça signifie
comment ça marche
et de quelle échelle on parle?
Quand on fait de l'intelligence artificielle
pour la biologie,
c'est très
tentant
de se concentrer
sur ce qu'on appelle une échelle.
Une échelle, ça peut être, par exemple, les protéines,
ça peut être, par exemple, les cellules,
ça peut être les tissus.
C'est, disons,
ce qu'on appelle aussi une modalité.
C'est un des niveaux
à laquelle la biologie peut être observée
et comprise.
On peut regarder une cellule humaine
et essayer de comprendre
ce qui se passe dedans,
comment la cellule évolue au cours du temps,
comment elle naît, comment elle se change
et comment elle meurt.
Ça, c'est une des échelles.
Mais toutes ces échelles-là sont connectées
et ces cellules contiennent
énormément d'éléments
sous-cellulaires, subcellular elements.
Et ces éléments-là, eux-mêmes,
sont leurs propres échelles qu'on peut essayer de comprendre.
On peut essayer de comprendre, par exemple,
l'ADN, qui est donc exprimée
dans le noyau de la cellule
et essaye de comprendre vraiment
que cette ADN, c'est ce qu'on appelle
des paires de base.
Chacune de ces bases va avoir
une influence sur les protéines
qui sont produites.
Et rien qu'à une seule échelle.
La quantité de sciences de travaux scientifiques
qu'on peut faire
est infinie.
A chacune de ces échelles, on peut aller voir
et on verra des prix Nobel qui ont été discernés
pour la compréhension de comment cette échelle
fonctionne toute seule.
Comment elle évolue
et quels sont les fondamentaux scientifiques
qui l'expliquent.
Ce qu'on fait de nous à Bioptimus.
On essaie de comprendre comment les échelles
s'influencent les unes les autres.
Même si ces échelles existent pas indépendamment
mais peuvent être étudiées indépendamment
la raison pour laquelle on s'intéresse à elles
c'est parce qu'elles font partie
d'un système beaucoup plus complex
qui est le corps humain, le vivant.
Chacune d'entre elles est un peu
une pièce de légo.
Et si on commune tous ces légos, finalement on a
construit quelque chose en légo.
On a construit, je ne sais pas, une tour Eiffel,
on a construit le vivant, on a construit un humain.
Les protéines font partie des cellules.
Les cellules composent un tissu.
Le tissu compose un organ.
Et si on a suffisamment d'organes
qui sont tous connectés comme il le faut,
on a un corps humain.
Et un tout petit changement, un tout petit changement
dans l'ADN va se propager à un changement
dans la cellule, dans le tissu, dans l'organe
et dans l'humain.
Et donc pouvoir comprendre comment ces échelles-là
sont connectées va nous permettre
un jour, bientôt j'espère,
avec l'aide de l'intelligence artificielle
à modéliser, à comprendre
comment
une toute petite modification, à n'importe quelle
des échelles, peut impacter la santé.
Peut créer un traitement.
Et ainsi de suite.
Comment une modification, par exemple, à l'échelle de la cellule
peut impacter le tissu
et inversement.
Ce qui, un exemple
que tu m'avais donné,
permettrait, par exemple, de diminuer drastiquement
le coût
de diagnostic,
de certains cancers, puisque certains cancers
on est obligés de faire
une analyse génomique des cellules.
Là, avec une photo
d'une tissu, on est capable
d'en déduire
les gènes, ce qui expliquerait, par exemple,
qu'on analyse un certain niveau
à une certaine échelle et qu'on en déduit
à une autre échelle, c'est ça ?
C'est ça. Et la raison pour laquelle
l'exemple dont tu parles est important, par exemple,
c'est qu'on sait que les gènes
qui sont exprimées influencent
quelles sont les traitements qu'on peut donner, par exemple
à quelqu'un qui a un cancer. Malheureusement, c'est beaucoup
plus facile d'avoir accès
à une photo d'un cancer,
c'est-à-dire une biopsie, plutôt que de faire
l'analyse génétique. L'analyse génétique
coûte extrêmement cher, elle est très lente.
Faire une biopsie, c'est beaucoup plus facile.
Si, à partir
de l'échelle de la biopsie,
on peut prédire ce qui se passe à l'échelle
des gènes, tout d'un
coup, on peut découvrir
des traitements ou proposer des traitements
qui vont être adaptés à la personne qui a le cancer
de façon beaucoup plus rapide. Et ça, c'est parce
justement, on a cette connexion entre les échelles
où l'information à une échelle peut se propager
de l'échelle
de la biopsie, par exemple, à l'échelle des gènes.
- J'ai une question
peut-être un peu théorique, d'ailleurs,
sur la question, sur le
lien entre les échelles.
Qu'est-ce qui lit deux échelles?
Qu'est-ce qui crée
le lien entre deux échelles?
- Question philosophique et réponse philosophique.
- C'est une question philosophique ou c'est
une question
d'ordre pratique.
C'est-à-dire, est-ce qu'on est capable, par exemple,
de visualiser
la liaison entre deux échelles?
Est-ce que ça a une structure particulière?
Est-ce que c'est de l'information?
Qu'est-ce qui fait la liaison entre deux échelles?
- Je disais réponse philosophique,
parce qu'en fait, cette notion d'échelle,
c'est une notion humaine.
C'est nous qui disons, c'est ici
qu'on met la démarcation
avant en parler de cellules et tout d'un coup,
on parle de tissu.
Donc, c'est
pas quelque chose qu'on appellerait de discret.
On était à l'échelle de la cellule
et tout d'un coup, on est à l'échelle du tissu.
En fait, ce qui se passe, c'est qu'on est
à l'échelle d'une cellule, puis de deux cellules,
puis de trois cellules, et à partir d'un certain moment,
on dit qu'on n'est plus à l'échelle de plusieurs cellules,
on est à l'échelle d'un tissu.
Et donc, en fait, la façon dont
l'information se propage, dont
les phénomènes biologiques
qui se passent à l'échelle d'une cellule,
ensuite se propagent à deux cellules,
en fait, c'est quelque chose de très continu.
Et c'est quelque chose qui s'amortit.
Parce que si tu regardes ce qui se passe
sur une cellule,
tu vas avoir une réponse très précise,
tu vas voir ce qui se passe, tu vas voir quelles sont
les protéines qui sont exprimées et ainsi de suite.
Si tu regardes ensuite à deux cellules,
parce que tu, en gros, t'as fait un zoom
ou tu as fait un desooms,
tu regardes quelque chose de très précis,
tout d'un coup, maintenant tu as réduit la résolution,
tu vois plus de choses mais tu les vois moins bien.
Et donc, du coup, ce que tu vas voir, c'est l'impact
dans la cellule, comment il influence
un petit groupe de cellules.
Ça peut informer, par exemple,
la connexion intra-cellulaire,
ça peut changer la façon dont les cellules sont organisées,
peut-être qu'avant, elles étaient toutes groupées
très proches les unes des autres,
et ensuite, elles ont tendance à se séparer.
C'est quelque chose qu'on voit, par exemple, dans certains cancers.
Est-ce que des cellules cancéreuses
ont tendance à rester groupées ensemble
ou est-ce qu'au contraire, elles se différencient,
et on les retrouve de façon très spécifique
à certains endroits et pas d'autres?
Et cette information-là,
elle se dissipe
entre les échelles.
Pour rebondir un peu ce que tu m'as dit,
est-ce que c'est une information qui est spatiale, par exemple?
Pas toujours, parce qu'en fonction
de différentes modalités dont on parle,
ce ne sera pas toujours spatial,
mais c'est vrai qu'une des choses
qui est très importante pour nous,
c'est, et donc pour nous, a Bioptinus,
avec les modalités que l'on étudie,
avec les échelles que l'on a,
c'est la question d'organisation dans l'espace.
L'organisation entre les cellules et les tissus,
c'est justement, ce que je disais,
c'est de comprendre,
on avait une cellule,
on avait 10 cellules,
on a fait un changement
dans ces cellules-là,
et tout un coup,
leur position dans les organes a changé.
Pour être très précise scientifiquement,
ce n'est pas la même cellule
qui s'est déplacée d'un endroit à l'autre,
c'est le type de cellule
qui a tendance à être regroupée, disons,
qui trouve partout dans l'image.
Et cette dispersion spatiale
est très importante pour les modèles.
Le modèle,
lui, ne comprend pas
le lien entre les échelles.
Il n'est pas capable
d'expliquer de manière précise,
ce qui fait qu'il y a
une certaine structure
qui constitue un passage d'une échelle
à une autre, par exemple l'agencement
de plusieurs cellules pour constituer un tissu.
Il ne va pas raisonner
par exemple,
il se passe cette chaîne
de causatité.
Il va faire, comme tous les modèles,
de la corrélation.
C'est-à-dire qu'il va,
à partir d'un certain nombre de données
et d'un certain nombre de données
à une autre échelle,
trouver des familles
de comportements
cohérents
ou congruents
qui se retrouvent
de différentes échelles.
Si il rencontre
une échelle de données,
un comportement de données
ou une situation de données,
il va se dire par corrélation
"Je vais le retrouver, c'est autre échelle".
On est entièrement d'accord.
Il existe des modèles
qui vont essayer de faire un peu plus
ce dont tu parlais,
raisonner.
En général,
c'est une autre technique de machine learning
que les modèles dont on était en train de parler avant
qui vont regarder
des corrélations scientifiques
et en tirer des conclusions.
Quand tu parles de modèles
qui sont capables de raisonner,
on en connaît.
Par exemple, au PNIA,
il y en a sortis,
à partir du PT4,
du PSIC,
des Chinois le font.
Mais est-ce qu'il existe l'équivalent
dans le monde biologique ?
Est-ce qu'on travaille sur des data biologiques ?
Ça dépend de ce que tu appelles data biologique.
Est-ce que, par exemple,
tu parles de modèles qui lisent des papiers scientifiques
et en tirent des conclusions ?
Ça, certainement.
Ça existe.
Au niveau de ce qui existe,
si on parle de data biologique,
on parle vraiment de séquences TADN,
on parle d'analysis de TSU,
c'est beaucoup moins commun.
Et je pense pour une raison
qui est pour moi très importante,
quand tu travailles avec des données
de ce genre-là,
tu travailles beaucoup avec des biologistes,
avec des médecins.
Les biologistes et les médecins,
ils veulent faire le raisonnement eux-mêmes,
ils veulent le vérifier.
Et pour moi,
c'est un des très gros atouts
qu'on a, nous, à Bioptimus.
C'est qu'en fait, on est dans un monde
où on est confrontés au raisonnement scientifique,
des experts, simultanément.
Ce qui fait qu'en fait,
on a des outils.
C'est quelque chose qui est utilisé
par des chercheurs
dans le monde pharmaceutique,
par des chercheurs académiques
qui travaillent sur la biologie
pour les aider
à faire des découvertes.
C'est quelque chose qui,
à ce moment,
à un moment où on est aujourd'hui,
et quelque chose qui est un outil de dead.
Et quand on parle
de raisonnement,
on est en train de venir au multi-échelle
qu'on commence
à être dans un monde
où on peut faire du raisonnement
qui, pour l'instant,
est très aidée
par des humains
qui sont des experts dans leur domaine
qui comprennent la corrélation, la causation
et qui peuvent émettre des hypothèses scientifiques.
Maintenant qu'on commence
à aller vers le monde du multi-échelle,
on rentre
dans une situation
où on peut construire ces corrélations
et les émettre
comme une hypothèse scientifique.
On n'y est pas tout de suite, on n'y est pas aujourd'hui,
mais c'est quelque chose qui est en train de se construire
avec la communauté scientifique.
Aujourd'hui,
quand vous utilisez vos modèles
comme celui de Bioptimus,
vous êtes capable
de l'utiliser
pour faire du diagnostic
comme on l'évoquait tout à l'heure.
Mais est-ce qu'on est capable,
de demander au modèle
de générer
pourquoi pas,
une séquence ADN
en fonction
de comportements
qu'on attend à l'échelle du tissu ?
Est-ce que,
typiquement, si on veut avoir
un coeur
d'une certaine taille,
avec un certain nombre de propriétés,
on est capable de demander au modèle
dans ces cas-là
d'un homme qu'il faudrait avoir
pour obtenir ce coeur-là ?
La réponse courte est oui.
La réponse est un peu plus complex.
Oui, mais avec énormément
de qualifications
sur ce que ce "oui" veut dire.
Par exemple, tu as donné un exemple
qui, en fait, tu appellerais "extraordinement complex".
Parce que tu parles du coeur, donc d'un organ,
et donc en général,
quand tu veux qualifier ce qu'on cherche
for a characteristic dans un organ,
partir de l'ADN
pour aller directement à l'organ,
on est en train de sauter beaucoup d'échelle.
D'accord.
J'aurais pu prendre l'exemple du tissu.
J'aurais pu dire "j'ai eu
une peau faite de tâches de rousseurs,
qu'elle est..."
J'aurais pu donner
un exemple un peu plus simple.
Je te passe cette question,
parce que tu m'as répondu.
Oui, mais c'est assez complex,
parce qu'on change d'échelle.
Mais je te pose cette question,
parce qu'il y a une semaine,
à tête de Vancouver,
il y avait un talk
d'Erik Enguylien,
qui est le fondateur
d'une startup,
qui a créé un modèle
qui s'appelle EVO,
capable de générer
des séquences.
À partir de séquences d'ADN,
on a de l'authentique
de fabriquer des brins d'ADN.
On peut imaginer
ce qui est assez dingue
avec ce type de technologies
couplées aux technologies
sur lesquelles vous travaillez.
Demain, on puisse
imaginer d'avoir
une chaîne de fabrication
du vivant,
en fonction d'un certain nombre
de propriétés.
Finalement, on prend beaucoup
of these, for example,
of properties at the body level
and we need at least
of this channel,
of this genome,
and then make it
literally with 3D prints.
Do you confirm that this is something
that is envisageable?
I think that the difficulty
in what you suggest
is the fact that
because all these cells are connected,
they are not just connected
with, I don't know,
the image that we often have in mind
is that at each scale,
there is a circle with a arrow
that goes from the circle to the next circle,
the next circle is the next scale.
Connections are much more complicated than that.
Each scale has a lot of different connections
to all the other scales that exist,
simultaneously.
So what you suggest,
if I understand it well,
and of course correct me if I'm wrong,
is to say that we want this property here,
the cell
is facing a X-Y work
and so we say
we want to have this STDN sequence.
That's quite possible.
But
once we have made this modification,
there will be many other consequences.
Modifying this,
we find that modifying this STDN sequence,
maybe the cell will have the characteristic
that we want, but there will be many others
at the same time that they will be problematic.
Maybe we have created
a cancer cell
that does its job very well.
The problem is that it will also kill the human body.
It is quite possible
that this STDN modification
that we want to see, if it existed,
would create the cell that we want,
but
this STDN sequence is impossible to do
in practice.
It's a problem, I'm going to make a little digression,
but it's one of the reasons why I joined Bioptimus,
for which I wanted to work
on these multi-scale questions.
When we create, for example, antibiotics,
it's very easy to...
I say very easy.
Comparatively, it's easy to say
we want to neutralize this virus.
To neutralize it,
we are going to create a STDN sequence
that will do this job very well.
It's a problem that scientifically is quite well imposed
and that we can solve.
The problem is that we are going to create this STDN sequence
with the sole purpose
of neutralizing the virus.
And we are going to create a sequence
that, for example,
will create antibiotics that are not stable.
That we cannot create in the laboratory,
because once we create them, they dissolve automatically.
Or, and this is something we have seen, for example,
with COVID, we are going to create treatments,
we are going to create vaccines that cannot be stored
in large quantities
without being at such low temperatures
that we can no longer deploy these vaccines.
A small modification that we do
can very well fix the problem
that we were interested in,
but biology is so complex
and the scales are so connected.
By doing this,
we have created many other problems
that may be even worse than what we started with.
And so what you were describing,
we are going to leave what we want,
and we are going to find the modification
that gives us what we were looking for.
We are going to get there, but in fact,
it's not the problem that we are going to solve.
If we come back to things
a little more concrete,
and you will see that it is still
quite futuristic,
with this kind of application,
as you mentioned in your talk,
we will be able tomorrow
to deploy digital twins,
digital twins that allow, for example,
to test personalized treatments.
How do you think it's realistic
to have this kind of application
with your technology?
I think it's something that is certainly
at the level of several years,
between 5 and 10 years old.
But I think we can do it.
One of the reasons why
it's something that happens today and not yesterday,
it's not only because of the advances
that we have in artificial intelligence,
it's also because of the biological scientific techniques
to create the data
that will allow us to have digital twins,
that will allow us to understand
how the issues influence each other,
they are technologies
that are being developed today,
yesterday and tomorrow.
So we are really at the point of science
in artificial intelligence,
but also in science.
How do you imagine the collaboration
between doctors and artificial intelligence
in the horizon that you have given,
in the 10 years that are coming,
do you think that this will completely change
the relationship with medicine,
or is it going to be a fluid transition?
I think,
I hope,
that it will be more fluid than we think.
Because
I think that the first way
that we are going to really start
to see these models being used,
it's going to be,
precisely to do what we were talking about,
that is, simulation.
It's going to be something where we are going to say,
we are going to have a digital twin,
we are creating the digital twin
and the way in which you can be
used by doctors and researchers,
it's going to be to say,
if we use this treatment,
what is going to happen?
And confirm hypotheses,
unvalid hypotheses.
In fact, it's going to accelerate
a process that could have been very slow,
that is, we are going to try this medicine,
what works, what does not work, what does not work,
what makes them secondary, we come back
several months later and we try something else.
It's going to be, for me,
it's the time that exists
between the moment
when we like a hypothesis
and the moment when we confirm it
or when we invalidate it.
And suddenly, we go to the next hypothesis.
So suddenly, it's...
Sorry.
It's very effective for the doctors,
but it's also very effective for the research.
Exactly.
And that's a fundamental revolution.
It's that these technologies
will allow us to accelerate the research.
I don't know.
We are precisely on April 17
the moment we record it.
Yesterday, the last open AI model was announced.
And Sam Altman
announces it as one of the major pieces
to accelerate scientific research.
So he doesn't use exactly the same technologies as you,
because he doesn't base himself,
the model doesn't base itself on DNA strands,
it's based on scientific papers,
on the knowledge
that we have in mathematics,
physics, biology, etc.
So he will be able to make hypotheses,
maybe even help test hypotheses.
But what you do,
you are of a completely different nature
because you don't work on
scientific papers,
you work on biological matter itself.
And what...
Can you give me an example?
I don't know if we can give you an example
of scientific work
that can be accelerated
thanks to these models.
So you are really talking about
almost academic research,
not necessarily in terms of
medical development, etc.
Yes, academic research to understand
biological mechanisms
in a tissue, in a cell,
in a DNA strand.
Well, I think that the simplest example
that I can give,
it will stay with the digital genes
of the scientific process of research.
That's exactly what we are.
You make a hypothesis, you do experiments
to try to see if your hypothesis
is well-founded, if it is confirmed
by what you see in reality.
And to do these experiments
in biology, for example.
It can be a process
extremely slow,
extremely expensive,
extremely...
It will be expensive at all levels.
At the level of resources you need to have access to
that can be machines that are
not available,
it is at the level of
the genetic-biological material
that you need.
It is the cost of using these machines
to procure this material
and it is the necessary time
to do these experiments
that can last months or even years.
When we talk about academic work,
we will often say months because
students have to go through their diplomas.
But
if we can afford
to not need
to do this experiment
in vitro,
if we can do it in silico,
if we can do it
with a digital double,
all of a sudden what was going to take
several months, it takes 2 minutes,
1 minute, 30 seconds.
It is parallel, rather than testing a hypothesis,
you can test 200,
you can test 1000.
The work to formulate the hypothesis
remains
necessary.
It can even be done
with the machine.
It is a problem
that is not enough for me to talk about it right away.
What we did
is that we compressed,
we gave an incredible
acceleration
to the entire scientific process.
What I like as a laundry
is what we had with the photo.
When we were taking photos
I have been taking photos since
I was 14-15 years old.
I had a beautiful photo at home,
there was chemistry, it was a laboratory.
We had to turn off the lights,
there was a lamp, there were bins,
3 different bins,
we had to dose the bins well, it took time.
But we digitized all of this
and the photo accelerated
a rapidly accelerating speed
because we entered the world
of silicon.
What we saw with the photo
and what you are saying
is that we will see it with biology.
This ability
to do things extremely quickly
as we do today with the digital photo
we will be able to do it with experiences
that we will bring to the cells,
DNA, tissues,
and so accelerate the research
which will not prevent us
at the end
to verify that in the world of biology
it works well.
It is still an important step.
There are applications today
on certain diseases
that use this type of technology
to discover.
Can you give us an example?
The most obvious example for me
is Alpha Fold.
Alpha Fold is an artificial intelligence
developed by Google DeepMind
which allows us to connect
from my point of view
two scales
which is the scale of
amino acids to the scale of proteins.
And the reason for which Alpha Fold
is scientifically used today
is because we need
to create a treatment
or to understand how different proteins
interact with the cell.
We must not only understand
the definition
of proteins with which we work
but we can see them as a very long word.
Protein is described by an alphabet
which has 20 characters rather than 26
but it remains an alphabet
and we can describe any protein
by a list of its characters
one after the other.
This is the way
we often study proteins
and the way machines can consume them
in the easiest way.
But these proteins have a three-dimensional shape
which is something I talk about in my TED Talk
because a protein will fold.
This chain of characters
which is called an amino acid
will fold
and take a shape like a three-dimensional knot
and by folding
there are certain cells
which will be exposed to the outside
and which will be able to interact
with their environment.
There are other parts which will be hidden
which will be found inside the knot
and therefore are not able to interact
with the other proteins around them.
Alpha Fold allows us to predict
just the word of the sequence of characters
that it will be the shape
of the protein
when it exists in the cell
and so Alpha Fold allows us to predict
how different proteins will interact
how an antibiotic
will be able to interact with the virus
how different parts of the cells
will communicate with each other
at the level of
the way in which communication is done with the proteins.
Alpha Fold is a tool which is today
used scientifically
that I read, that I consume
for my own work.
I see a lot of publications
which are publications
discovered by a treatment
analysis of how a certain DNA mutation
affects a more effective treatment
and Alpha Fold is used
to confirm
hypotheses by saying
we think that this modification
for example has made
that a part which before
was toxic and hidden
finds itself inside a knot
and when we pass
the new sequence of amino acids
to Alpha Fold
we confirm that Alpha Fold tells us
that this toxic sequence
is no longer available
to interact with its environment.
Alpha Fold has become
this validation tool of hypothesis
and even of explanation
because we don't necessarily have to see a hypothesis
we can just say that we have seen
concretely that this new treatment
when we look
at the shape
of the protein with Alpha Fold
we see that what has changed
is this part of the knot
and so suddenly, now the scientific work
is to understand why hiding this part
of the knot has changed the treatment.
Alpha Fold
the model, the application developed
especially by the teams
of Demisasa Biscar on
the Nobel prize of chemistry
in 2023 or 2024, I don't know
2024, it seems to me
Zenda, everything you are telling us
can seem
to be science fiction
but it is not
it is beautiful and good
science at all costs
for as much, are you
a science fiction fan?
Yes
What is the work, the film
that has the most marks
maybe, which we find
in a certain way, some traces in your work?
I have an answer but I don't know if it will be
very easy
I am a Star Trek fan
Yes
and
we can find traces
of this in my work because
the first algorithms that I published
are named after Star Trek characters
but one of the reasons
that may be Star Trek
and it is not a sentence
that I thought to say one day
that Star Trek has influenced
my work and I would say
that there is a lot of optimism
on the way
science and the world will change
for the better
with
science and curiosity
and I think
what we do today, what we see
in artificial intelligence
today
we don't talk enough
I think, about the way
it will have
impacts that are only positive
we can talk a lot
about artificial intelligence
to transform the world today, the life of every day
etc.
it is not really my field of expertise
so I will not talk about it
what I can say is that what we see change
in medicine today with artificial intelligence
it gives
a crazy hope for the future
in terms of
people who today
have diseases
who will be able
to see their treatment being developed
because artificial intelligence
will be able to do more quickly
what would have taken
tens of years
and what would have been too slow
for a treatment, for someone who is alive
today, who is looking for a treatment today
you are making a trick order in fact
we don't communicate with you
it's a bit like that
thanks Zelda
thanks once again for Tonto
I remind you that we can find
Tonto on the Youtube channel
of Ted, I also invite you
to discover the works of his team
at Bioptimus
I think the model is available in open source
so for the geeks between you
you can try to
download it on UginFace
and play maybe with it
if you liked this podcast
don't forget to like and share
to subscribe to Ted en Français
on your favorite platform
see you very soon for a new episode of
Ted en Français
(upbeat music)
Podcast Summary
Key Points:
Discussion about the guest's background and work in revolutionizing AI for medicine.
Explanation of AlphaFold and its role in predicting protein structures.
Exploration of multi-scale artificial intelligences connecting different biological levels.
Insights into the challenges and complexities of working with medical data and models.
Importance of connecting scales in biological research for understanding health impacts.
Summary:
In this podcast episode, the guest, Zelda Mariette, discusses her journey and groundbreaking work in applying AI to medicine. She explains the significance of AlphaFold in predicting protein structures accurately. The conversation delves into the concept of multi-scale artificial intelligences that bridge various biological levels, from DNA to organs, enabling a comprehensive understanding of health impacts.
Zelda emphasizes the complexities of working with medical data and models, highlighting challenges like noise in experimental processes. By connecting different scales in biological research, her team at Bioptimus aims to develop models capable of predicting gene expressions in cancer cells from tissue biopsies, potentially revolutionizing diagnostics and personalized treatments. The discussion also touches on the philosophical question of what links different scales in biology, emphasizing the continuous nature of information propagation across biological levels.
FAQs
L'intelligence artificielle multi-échelles permet de relier différents niveaux du vivant, du microscopique au macroscopique, pour mieux comprendre les interactions biologiques et prédire des résultats médicaux.
AlphaFold permet de prédire la forme en trois dimensions des protéines, ce qui aide à comprendre comment elles fonctionnent et interagissent dans le corps.
Les données médicales complexes posent des défis comme le bruit expérimental et les variations subtiles, nécessitant des modèles robustes et stables pour l'analyse et les prédictions.
Le lien entre les échelles biologiques est continu et s'amortit progressivement, reflétant la manière dont les phénomènes biologiques se propagent d'une échelle à une autre.
Les modèles d'intelligence artificielle multi-échelles permettent de prédire les résultats médicaux à différentes échelles, offrant des diagnostics plus précis et rapides, comme prédire les gènes exprimés dans les cellules cancéreuses à partir d'une biopsie.
Zelda Mariette a travaillé sur des modèles d'intelligence artificielle pour la médecine, en se concentrant sur la stabilité des modèles et la connexion entre les échelles biologiques pour améliorer les soins de santé.
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