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On dit pas du mal de sa mère|Le Mal de mère (1/3)

43m 46s

On dit pas du mal de sa mère|Le Mal de mère (1/3)

Cette transcription relate le premier épisode d’une série où des femmes témoignent de la violence de leur mère, un sujet rare et douloureux. Clouet de Broca partage son histoire : elle a fugué adolescente pour échapper à sa mère, mais a longtemps eu honte d’en parler. Son amie Margot, témoin de l’époque, réalise progressivement la gravité des faits, notamment lorsque Clouet évoque des coups et le qualificatif de « bourreau ». Sandra, une autre femme, décrit une violence psychologique insidieuse, faite d’humeurs oppressantes et de soumission, sans traces physiques. La sociologue Coline Cardi nuance l’idée de tabou : la violence maternelle est souvent évoquée dans les fantasmes ou les cas extrêmes, mais le récit des actes quotidiens (gifles, insultes, humiliations) reste indicible en raison d’une forte réprobation sociale. L’épisode se conclut sur un souvenir traumatique où la mère frappe sa fille avec un magazine après une erreur de table de multiplication, illustrant la maltraitance concrète. L’ensemble souligne la difficulté de briser le silence, la honte persistante et le besoin de reconnaissance pour ces femmes qui tentent de guérir du « mal de mère ».

Transcription

6190 Words, 33724 Characters

French
Bonjour, c'est Marie-Missée. Dans cette série, vous allez entendre Clouet de Broca recueillir une parole rare, des femmes qui parlent de femmes violentes et plus précisément de leur mère. Comment affronter la complexité de cette maltraitance qui vient de celle qui est censée selon tous les livres et toutes les gens sont numo de nous aimer plus que tout? Aujourd'hui encore, Clouet a peur de mal faire en en parlant, peur de trahir sa mère, dans ce premier épisode, elle nous raconte la Hontanas qui l'accompagne encore aujourd'hui, la sienne est celle des autres femmes qu'elle a rencontrées et dont les mers aussi ont été violentes. Ces épisodes peuvent être douloureux à écouter. Assurez-vous d'être dans un endroit où vous vous sentez en sécurité pour les entendre. Faites des posse si besoin. Bonne écoute. -Toi quand t'étais petite, t'avais peur de ta maman? Pourquoi tu dis ça? -Je suis pas parce que c'est vrai et je veux pas dire des menschons. -Non, je ne sais pas des menschons, je ne me demande juste pourquoi tu penses ça. Pourquoi je veux penser ça? Pourquoi toi tu es triste? -Non, je suis pas triste. C'est juste que je me demande pourquoi tu imagine que quand j'étais petite, j'avais peur de ma maman. -Parce que en fait tu m'as viratontique, vous êtes effaché et peut-être que tu peux avoir peur de ta maman, parce que quand quelqu'un se fache, ça fait beaucoup pour nous. -Quand je me fache contre toi, ça te fait peur? -Non, mais peut-être que toi ça va être quand j'imagine. -Tu imagine que moi quand j'étais petite quand ma maman m'a faché, ça me faisait très peur? -Oui, pas très, mais peut-être. -Est-ce que tu veux bien te présenter et me dire depuis combien de temps on se connaît? -Ben moi je m'appelle Margot, on se connaît depuis qu'on a 12 ans, on s'est rencontré au collège, en 6e, mais on ne sait jamais vraiment quitter puisqu'on a été dans la même classe jusqu'à la terminale. Voilà et donc on est amis depuis 25 ans aujourd'hui. -T'as pris un coup de boulot, c'est clair. Margot et moi, tous les matins nous marchions ensemble pour aller au collège. Je saunais à son interphone et elle descendait. Margot était ma voisine et ma meilleure copine. Ce chemin vers l'école, c'était la frontière, entre nos vies d'adultes que nous avions à bâtir et nos vies de petites filles qui doivent encore obéir. -On voit le souvenir que j'ai de ta mère quand on était jeune. C'était une personne carismatique qui était drôle, qui était assez impressionnante, qui avait une autorité un peu naturelle, qui faisait un petit peu peur parfois. Ce dont je me souviens, c'est un peu anecdotique, mais c'est que tu lui dis "je fais des petits massages de pieds". Je vais se dire "je suis de souviens, tu dis des petits massages". Et moi, je trouvais ça incroyable de faire des massages. Je trouvais ça super drôle, que tu lui fasses des massages et elle avait ça ma seuse officielle. Et je trouvais ça chouette parce que je me disais que vous avez une relation mer fille particulière, comment je n'avais pas du tout ça avec mes parents. -Un matin, j'ai sauné plutôt que d'habitude à son interphone. Je lui ai demandé si je pouvais monter pour cacher chez elle une valise. J'avais presque saison et l'enfance s'était fini. Je venais de fuguer. Je venais de quitter ma mère. -J'ai jamais questionné la raison de ta fugue. Je me suis toujours dit que c'était quelque chose d'assez-ro qu'en bolet, c'est comme tu étais une personne à siro qu'en bolet, ce que ça me parlait assez cohérent avec ton personnage. J'avais pas vraiment associé une potentielle souffrance dans la maison de ta mère. J'avais plutôt associé quelque chose de l'ordre d'une crise d'adolescence. Quand est-ce que tu as compris que les violences étaient plus intenses que ce que tu n'avais pas vu ou senti, pressantis ou compris de l'époque? -On est dans ce restaurant à Londres. Ça ne passe pas forcément très bien. On se retrouve entre copines. On s'engueule. On s'engueule pour des histoires d'organisation et de chemin. Et puis de fil en éguit, je crois que tu n'es pas comme dame parce que tu. Et quelque chose que tu veux nous dire, et qu'il te tracasse, et je sais plus trop comment c'est sorti. Mais en tout cas, je me souviens, mais dit, "Mais en fait, t'es une mauvaise amie, quoi, t'as rien compris." T'as rien compris à l'histoire. Alors qu'en plus, t'as assisté à tout. Enfin, manifestement, t'étais là depuis le début, t'as tout vu, tu connais les gens, t'es l'ami historique. Et en fait, t'as rien vu, quoi. Mais qu'est-ce que je t'ai dit qui t'as particulièrement marqué? Tu m'as dit, je crois que ma mère était violente avec moi. Et on t'a dit, "Mais on le sait qu'il a été un peu bizarre, ta mère." Pourquoi tu te rends compte maintenant? Tu vois, on comprend pas le. Ce que tu essayes de nous dire en fait, quoi. Et là, tu nous dis, mais je pense qu'elle me tapait, quoi. Et là, effectivement, ça. Je crois que tu as un petit peu honte dans parler. Donc, t'as pas beaucoup détaillé les choses. Moi, je me souviens que tu m'as dit un truc, mais en fait, ta mère était ton bourreau. Oui. Et ça m'a. Moi aussi, ça va faire un process quand tu m'as dit ça. Parce que moi, j'avais pas dit ça. Enfin, j'ai dit, elle m'a tapé. Et là, le fait que tu dis que qu'elle avait été mon bourreau, tu vois, ça va faire un effet ricochet. Ouais, je me souviens avoir dit ça en effet. Bah, justement, parce que je pense que assez vite après me dire, "Mais t'es une mauvaise amie." Je me dis "Mais là, faut que j'éragise, faut que j'édiaise un truc." Quoi, faut que je. Faut que je donne une clé d'analyse et que j'essaye de. de te permettre de rebondir aussi, parce que si tu nous en parles toutes ces années après, c'est qu'il y a quelque chose de nouveau et que t'as besoin d'avancer. Donc, ouais, tout de suite, ce que je me dis, c'est qu'elle change de statut. En fait, c'est plus la mère à normal, c'est la mère bourreau. Quand j'étais en fond, je me racontais la nuit que je vivais en prisonné sur une île au milieu de la mer. Personne ne venait me délivrer. Alors, j'imaginais mon lit de venir un rado. Je traversais des tempêtes et je me sauvais moi-même. Il y a 20 ans, je me suis échappé de chez ma mère pour aller vivre avec mon père. Il est mort neuf mois après. Encore mine heure à l'époque, ma mère est venue pour me reprendre. Je me suis battu et je suis restée vivre dans la famille de mon père. C'est plus tard quand je suis devenu maman que ma mère est revenu. Elle n'a pas sonné à ma porte, elle ne m'a pas téléphonie. Non, ma mère c'est de l'intérieur qu'elle est venue me chercher. Je commence à peine à raconter cette histoire et j'ai déjà honte. J'ai honte d'être cette mauvaise fille qui va dire du mal de sa mère. Le mal de mère par clôt et de broca. Première épisode, on dit pas du mal de sa mère. J'ai terminé mon premier entretien avec une femme qui a accès été témoignée et je me suis dit qu'en fait, je m'étais pas en train de passer en Bretagne pour rencontrer une femme mal traité par sa mère et elle aussi. Je suis allée me promener sur la plage. Je ne sais pas commenter cette histoire. Je me suis mise face à la mère, j'ai allumé mon micro et j'ai improvisé. Je m'appelle Chloe. J'ai deux enfants magnifiques. Un compagnon incroyable. Des amis merveilleux, une vie confortable. Je n'ai jamais eu fin de ma vie. Je ne suis pas trop mal physiquement. J'ai des complexes mais ça commence à partir. J'ai réalisé des projets et pourtant, la vie est triste. J'ai le mal de mer. C'est exactement ça. J'ai le mal de mer. J'ai toujours envie de vomir. C'est exactement ça. Je suis sur un bateau magnifique avec un horizon incroyable, à perte de vue du bleu, de la joie du soleil qui chauffe la peau, et malgré ça, j'ai le mal de mer. Et parfois, je me dis que j'ai envie de mourir. Comment on guérit de ça? Comment on guérit du mal de sa mère? D'avoir été mal traité par celle qui nous aime le plus. Je regarde la mère, je regarde toutes ces mères pour tenter de comprendre la mienne. Et si je n'arrive pas à la comprendre, au moins j'arriverai peut-être à libérer celle que je suis pour mes enfants. J'ai lancé une bouteille à la mère, à d'autres femmes comme moi dont la mère était violente et qui ont mal aujourd'hui d'être mère. J'ai reçu beaucoup de messages qui s'endra et la dernière qui m'a écrit. Elle est mère d'une petite fille de 7 ans et elle lui arrive de créer très fort après elle. Elle a entamé une thérapie et elle me dit que c'est très facile pour les psy de considérer que le problème vient de sa mère mais que pour elle, c'est très difficile de l'admettre. Je sais si je peux mettre mon vélo quelque part et c'est rentre le fil. Salut, salut. Merci de m'accueillir. C'est déjà? Oui, mais c'est un truc. D'accord, ok. C'est un truc lui. La nature c'est le truc de coups. Tu vas faire, je vais reprendre mon vélo à un truc. Je t'aime le micro. Sandra a des cheveux immenses et des tâches de rousseurs qui rappellent l'enfance. Elle habite une maison de banlieue dans laquelle je me suis sentie accueillie. Je me suis assis sur son canapé en velours près d'un poil à bois. Sur les murs, il y avait des livres et des photos partout. Sa maison me fait penser à celle des bandes dessinées qu'on lit quand on a froid. Dans le bordel, le reflète l'imaginaire et la chaleur de la famille. Comment est-ce que tu te sens aujourd'hui? Là aujourd'hui, tout de suite maintenant, je me sens un peu févril, quand même à l'idée d'aborder ce sujet-là avec toi. Même si je le veux bien. Mais je m'étais jamais dit que je témoignerai sur ce thème-là de la violence de mère. Sandra a grandi dans le nombre d'une mère toute puissante et autoritaire. Et bien que devenue mère à son tour, Sandra se sent toujours soumis aux humeurs de sa mère. Elle se voit comme une petite fille facile. Je suis avec ma mère dans la maison. A tout à j'ai un d'ailleurs, je peux mettre sur les siens au présent aujourd'hui à 39 ans. Mais j'ai 4 ans, j'ai 14 ans, j'ai 25 ans, j'ai 32 ans et j'ai un avard un enfant. Bref, c'est, je suis avec ma mère dans la maison. Et elle s'allume une clope. Et elle sort la fumée. Et puis, il pas longtemps après ce rallume une clope. Et j'ai l'impression que tout dans ses gestes et dans l'expression de son visage exprime l'énervement. Et j'ai l'impression que ma présence, l'énerve fortement. Et j'arrive pas à savoir exactement qu'est-ce que j'ai fait pour l'énerver à ce point. J'ai l'impression de la déranger. J'essaye d'adapter mon comportement pour qu'elle soit contente. Mais en même temps, j'arrive pas très bien à comprendre de quoi elle n'est pas contente. Des fois, il y a des choses un peu précises, mais le plus souvent, c'est plutôt une espèce d'humeur comme ça. Une humeur qui règne dans la maison, son humeur à elle. Et bah tu vois l'expression faire la pluie le beau temps. C'est vraiment ça, quoi. On ne peut pas parler d'une violence vraiment physique. Mais elle est plutôt anecdotique sur la violence que porte cette personne. C'est-à-dire que c'est plutôt une violence psychologique. D'imposer ses décisions, sa vision, son humeur, dans un lieu de vie commun sur les autres et d'une réelle en prise en fait. A quoi ça ressemble la violence? Pour moi, ça s'apparante à ce que ma mère m'a raconté de son enfance. Pas d'amour, des roisges de coupes paternelles au fond du jardin, des douches à la piste du chien. La violence laisse des bleus sur la peau, des preuves, des marques. Moi, j'étais une enfance solaire et je riais tout le temps. Je ne porte aucune trace tangible de la violence de ma mère. Il ne me reste que la sensation d'une empreinte, d'une invisible en prise. - C'est ça, ma mère? - C'est pas bien que c'est magique, ma mère, c'est dans ma chambre, tout le monde. - Je vais loin. - Quelle souvenir comme ça, tu as de ma mère? - Je ne sais pas, je me demande si je ne vais pas venir une fois chez toi. J'ai un souvenir d'une fois, mais je me souviens être resté à côté de la fenêtre. Mes amis adorent ma mère, elle l'est faiserir, sauf une. Mon ami d'enfance qui parle ici s'appelle aussi Margot. Mais cette Margot-là, appelant la Margot-ma, ma mère avait décidé qu'elle ne serait pas ma copine. Donc, il y avait le séjour avec la fenêtre pour moi, le temps à rondi. Il y avait sûrement un balcon. Et je crois que je ne suis resté que coller à la fenêtre au balcon. Je ne saurais pas te dire, mais je ne pouvais pas bouger de la quoi. Je sais pas si c'est moi qui me le suis imposé, aussi quelqu'un me l'a imposé. Mais je vais se souvenir là. Et tu vois quand je te en parle, je sais que c'est un souvenir qui n'est pas cool. Je sais pas pourquoi, mais la sensation que j'avais à ce moment-là, c'était. C'était flippant, quoi. Je me souviens que je ne pouvais pas bouger de là. Et vous étiez en train de jouer dans la chambre et moi j'avais pas le droit de bouger. Ah putain. C'est ça. Tu vas jouer avec mon copine dans mon car. Elle va. Elle prend pas mon truc à mon copine. Elle m'a arrangé toutes les deux, elle va se le prêter. Ah ouais. Tu sais où il y a des trucs que tu veux pas, enfin un de tu vois. Moi je me souviens qu'elle est rentrée, je crois plutôt que prévu. Et je savais qu'elle voulait pas que tu sois là. Et en fait, elle t'a rindi, mais elle te l'a bien fait sentir. Je sais qu'elle m'a rindi. Je pense que ça a été un regard. Ça veut dire que je me suis soumis à son truc sans qu'elle ait besoin de dire quelque chose. Mais je sens que je me fie, j'ai effectivement et je bouge plus. Depuis un an que j'écris cette histoire, j'ai reçu beaucoup de messages de femmes qui ont été mal traité par leur mère. Je m'y attendais pas. Beaucoup m'ont écrit, mais peu ont accepté de me parler. On dit pas du mal de sa mère. C'est interdit. Et donc j'ai de marrant de la toute avec des postes casques. J'ai rencontré Colline Cardi. Elle est sociologue, maîtresse de conférence et à codiriger avec Geneviève Prouveau, le livre collectif pensait la violence des femmes. Elle m'a invité chez elle. J'étais très impressionnée. Pendant que j'installeais mon micro, elle fumait une clope à la fenêtre de sa cuisine. J'ai joué l'air détendu, mais je l'étais pas du tout. Pourquoi selon vous, est-ce qu'il est à bout de parler des mers violentes, même de l'entendre? Il me semble que c'est pas un tabou. Au fond, on a tout un imaginaire collectif, très fort autour de mers infantissiers des médés, par exemple on est quand même un exemple majeur. En même temps, il y a tout un tas de discours scientifiques et notamment psychiatrique et psychicalitique qui ont construit la violence des femmes comme quelque chose qui serait inérent à la maternité. Donc en faire un peu. un tabou, il me semble que c'est délicien. C'est-à-dire on a des sourds, on a des archives, et on a un discours médiatique et une d'octins au contraire qui peut relier la maternité à des formes de violence. Pour autant ce qui est difficile de dire c'est pour les femmes de pouvoir dire la violence qu'elles peuvent exercer sur leurs enfants. Et là, il y a effectivement quelque chose de l'ordre de l'indicible parce qu'il y a une réprobation sociale extrêmement forte, il veut pas dire qu'il y a un tabou. Mais il y a une réprobation sociale très forte puisque il y a encore cette idée très importante, qui est que c'est au maire de prendre soin des enfants et que prendre soin et peut-être encore plus aujourd'hui avec les normes éducatives actuelles. C'est prendre soin sans violence et c'est un travail de guerre qui repose pour les essentiels sur la douceur, sur les coûts de l'enfant. Et quand on a envie de crier, on vous dit vous allez surtout dans une autre pièce pour ne pas vous en prendre à l'enfant. Donc c'est pas tout à fait vrai que c'est un tabou, c'est indicible, mais ce serait un tabou qui personne n'en parlait. Je ne m'attendais pas à cette réponse. Actement, qui est ou non, la carte mémoire de mon enregistreur, c'est saturée pendant l'interview et nous avons dû reprogrammer notre entretien. Je reviens chez elle deux jours plus tard et il y a des travaux en bâtre son nom à bout. Un marteau picard est en train de détruire la chaussée devant chez elle. Après la carte mémoire de mon enregistreur saturée, je ne peux pas m'empêcher d'interpréter ces travaux comme le signe que quelque chose veut couvrir le bruit d'un silence que je voudrais démolir. Je voudrais juste revenir sur cette réponse que vous m'avez donné sur le tabou que ce n'en n'était pas un, la violence des mers n'était pas un tabou, mais on parle des infanticies dont parlent de la mermonce, on parle de médée. On parle, en fin de cas les femmes parlent de l'envie de jeter leurs enfants par la fenêtre, dans certaines difficultés pour dans certains milliers sociaux. Mais c'est vrai que moi mon sujet se situe plutôt entre les deux, entre la pulsion, l'envie de fautes par la fenêtre et il faut de pas assez. C'est-à-dire que moi je parle des femmes qui tirent les cheveux, de femmes qui traitent leurs filles de pute parce qu'elles ont un copain, qui gifent le tous les jours pour des raisons éducatives ou de pression. Et là j'ai l'impression que comme si il y avait eu un tabou dans notre conversation, oui, ce que je veux dire. Mais effectivement là où sans doute se situer le tabou, c'est sure. La possible description un peu froide, presque, de violence infligée, c'est-à-dire qu'on peut dire, j'ai envie de, tant qu'on ne passe pas l'acte. On peut fantasmer ou faire des fictions autour d'une forme de violence maternelle, on peut la penser en termes psychiques, psychanalytiques, tout ce qu'on veut. Mais pour autant, ce qui ne se parle pas, c'est effectivement sans doute le quotidien possible de cette violence agit, ça, oui, ça sans doute. Et je pense que aussi bien pour les merques, pour des enfants, faire le récit d'actes violent ou, en tout cas, d'une forme de force physique, ça c'est impossible. J'ai honte de dire ce qu'on doit pas dire. Alors je fais parler les autres à ma place. Je fais parler des femmes maltraitées par leurs mères. Comme Sandra, elle se plonge derrière moi et moi derrière elle. J'entends tout ça, mais de rien, quand on se y a eu au téléphone, tu m'as raconté un peu des trucs quand même que tu ne me dis pas. Sur la violence à la maison. Nous avons toute peur de notre mère et honte d'en dire du mal. Mais pour nous consoler, c'est tout ce que nous avons trouvé. Nous rencontrer et parler. Est-ce qu'il y a eu de la maltraitance chez toi et à quoi elle ressemblait? J'ai l'impression que ma mère peut-être qu'elle était très fatiguée, peut-être qu'elle était en dépression, peut-être qu'elle pensait que c'était comme ça qu'il fallait faire, peut-être qu'on a fait comme ça avec elle. Je ne sais pas. Et peut-être que c'était une époque où on se posait moins de questions et où on reprenait moins là-dessus. Mais c'est vrai que je l'ai vu levé la main très facilement et beaucoup plus souvent sur mon frère. Je l'ai vu vraiment lui mettre des coups. Oui, à lui faire éthiétiser le son, je crois que c'est des tables de multiplication. Et en fait ça rentre pas, et puis il est cool, il part. Et je me suis une maire qui est tout petit et elle sort de seconde et qu'elle est toute puissante. Et qu'on ne nous réindire. Et il y a des moments où je me suis même dit, mon frère est un enfant battu. Ça commence à un vendredi soir. Dans mon cahier de devoir, il est écrit que je dois connaître métable de multiplication pour l'indie. Nous sommes seuls, elle est moi. La nous nous qui vit d'habitude avec nous est absente. Pour elle, l'exercice est simple. Je dois rester au coin et réciter métable. Elle m'a demandé d'enlever ma culotte. Je ne porte qu'un t-shirt. Je suis cunu et j'ai froid. Elle a roulé un magazine, un de ces magazines-pipoles qu'elle achète, dès leur sortie le jeudi et que j'aime lire en cachette. La tête tournait vers le mur, je récite. Et à la première faute, elle frappe. Mais faisse avec le magazine. Le lendemain midi, on fait une pause. Elle m'a préparé un plateau repas dans ma chambre. Je ne ne suis pas demandé un coussin pour m'asseoir sur la chaise de mon bureau. Mais elle voit que j'ai mal. Alors elle m'en donne un. Je mange mon repas seul, face à mes carnais et mes stylos. En dessert, elle m'a mis un y'a hâteau chocolat lié joie. Elle sait que je les adore. Elle m'en achète toutes les semaines. Elle entre dans ma chambre et saisie le pot que je n'ai pas encore ouvert. Tu veux le manger ou mon y'a retournant? Je ne sais pas si pendant mon enfance ma mère a eu honte de sa violence. Mais je sais que ce jour-là, elle avait hâte d'y retourner. Je ne sais pas si elle m'a pas pu faire. Non et ma mère elle était très souvent gentille avec moi. Ma mère c'était une femme hyper rigolote. Toutes ces blagues n'étaient pas drôles mais elle allait être drôle de vouloir faire rire. Elle a d'aurer, me caliner, elle était très douce avec moi quand elle n'était pas violente. Je m'appelle Marie, j'ai 30 ans, j'habite à Paris dans 18e et j'aime aller à des spectacles, écouter des podcasts et j'aime faire de la quarelle. Marie n'a pas d'enfant. Son mal de mère se place ici. Même si elle en a envie, elle a trop peur pour l'instant de devenir maman. Parler avec Marie c'est comme me regarder en face. On se ressemble pas du tout, elle est très grande. Mais je me reconnais en elle. La joie de vivre couvre la moitié de son visage. Je nous ai imaginé en fin toutes les deux. Chacune accroché aux gens de nos maman, ne nous connaissant pas et se pensant seule à vivre ça. J'ai pas le souvenir de son sensation physique particulière. Je ne me souviens pas exactement, je ne me souviens même pas en fait de ce moment-là de violence. En tout cas, dans la forme physique qu'il a pris, globalement les moments dont je me souviens, c'était pas comme on peut s'imaginer. C'était des moments où elle a m'appoucé, elle m'a donné beaucoup de gifles. Ça, je me suis vise. Elle frappait un peu partout sur mon corps, mais c'était pas des coups de pied au sol, des moments du violence extrême. En tout cas, comme on peut peut-être se les imaginer et c'est ce qui rendait aussi d'ailleurs des choses confuses. Parce que oui, il y avait quelques gifles. En fait, il en avait même beaucoup. Mais parfois, j'avais aussi des personnes dans mon entourage qui me disait "Bon, bâna ma mère, elle m'a un peu poussée, elle était très énervée et donc quelque part ça rendait ça un peu plus banal." Et d'ailleurs, à l'écogne, j'ai déjà entendu le récit d'ingarçons qui étaient frappés à coups de pied par son père. Et moi, c'était pas ça. Moi, c'était des plus petits coups, entre guillemets. C'est-à-dire des plus petits coups. C'était quelques gifles, me taper surtout le corps, mais c'était pas dans la figure. J'ai pas souvenu d'être tombé au sol non plus par exemple. Je me suis reconnu dans Marie, mais c'est surtout ma mère que j'ai reconnu dans la sienne. Une mère belle, drôle, que tout le monde adorait. Qu'est-ce que tu racontais à la retour de toi de ce qui se passait à la maison? Auprès de mes amis, tout ça, moi, déjà je pense que je disais pas grand-chose. J'ai des souvenirs d'avoir dit ma mère encore fin de crise. Mes copines étaient tristes pour moi et elle ne réagissait pas plus que ça. Et parfois, je me disais, elles sont fiches un peu, j'impression. Et en grandissant, j'ai compris qu'on a chacune notre propre référentiel. Donc faire une crise, ça peut vous l'ordir, elle a un peu crié, elle s'en peut n'arver. Elle l'a peut-être envoyée dans sa chambre. Alors que pour moi, faire une crise, ça voulait dire qu'elle avait cassé des choses, qu'elle m'avait frappé, qu'elle avait hurlé et que ça avait duré des heures. Souvent, c'était des heures que ça durait. En quoi sera-t-il une trahison de dire tout ce qu'elle te faisait? Parce que je crois, en tout cas, qu'elle ne voulait pas montrer cette facette aux autres. C'est d'ailleurs, je pense pour ça, qu'elle était violente que dans ce huit clôt, en fait, un peu qu'on avait toutes les deux, en habite ensemble, sans frères et soeurs, sans père, sans trop de visite d'ailleurs. Et je ne sais pas le dire à mes grands parents, parce que je ne voulais pas. et gratinier l'image qu'elle avait d'elle et qu'elle aimait bien avoir auprès de. une super maman célibataire qui fait tout pour s'en sortir. Qui est forte? Ah oui, carrément. Qui est forte. Qui sait du qu'elle s'a fait toute seule, qui a une super petite fille, qui est des bonnes notes à l'école, qui voilà, elle galère un peu à la patre au dessous, mais c'est noirur. Ca, l'image que l'on voyait à ma mère. C'est la chambre de ma fille. C'est bien bizarre. Et là, on se demande si on peut être à la? On doit ensemble. C'est très réconfortant. La couchement de Sandra a été difficile. La mère était là, présente au prédel. Sandra dit que sa mère a géré la situation d'une main de maître. Et c'est tous ce mélange entre amour et violence, qui fait qu'on a honte de dire du mal de nommer. J'ai l'impression de dire que des choses horrible sur ma mère, alors qu'elle a vraiment. en fait, comme elle a un caractère très fort, elle a aussi vraiment. une vraie force. Grandir avec une mère forte comme ça, une matriarche, c'est à la fois hyper inibant. Parce qu'on a l'impression d'être jamais à la hauteur. Et pour plein de raisons, mais c'est aussi très. porteur. On a l'impression que rien ne peut nous arriver. Moi, je pense qu'elle m'a beaucoup protégé, en fait. Beaucoup, beaucoup. Et que j'ai mis un peu de temps à devenir peut-être adulte aussi à cause de ça, mais qu'elle m'a beaucoup protégé. C'est paradoxal de dire ça. La nuit, une araignée noire vient me rendre visite. Elle envahit ma cage thoracique. Elle s'accroche à mes côtes et m'empêche de dormir. Elle tisse les fils de sa toile dans toutes les directions et elle tire dessus. Ma poitrine se rétracte. Je suis tirahi, écrasée de l'intérieur. La réignée chute que je devrais avoir honte. Que ma mère a fait comme elle a pu avec l'enfance qu'elle a eue et ce monde qui ne fait pas de cadeau aux mers. Cette araignée remonte le long de ma gorge et sers mes ma chouards. Tu ne racontera pas ton histoire. Elle se glisse sur ma langue et me dit que je ne veux pas prononcer. Elle veut que je répète ce des comptes pour enfants. Elle dit que ce n'est pas pour rien qu'on les raconte depuis la nuit des temps. Dans les comptes, c'est la belle mère qui est méchante. C'est pas la maman. Cette représentation sociale de la mère violente. Très difficile à intégrer, on a vu la mère. Elle est très idéalisée, la figure de la mère, la sainte. Élène Romano est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Dans son livre, quand la mère est absente, Élène Romano écrit que bien des souffrances seraient épargnées aux femmes et aux enfants si notre société cessait d'avoir honte de la réalité de la maternité. Dans nos mythologies, le mite de la mère monstrueuse, est très rapide, cohabite avec celui de la mère sainte. Mais malgré ça, on continue d'investir dans le tableau de la mère parfaite à qui on ne peut rien reprocher. La fonction de la mère, donc beaucoup d'icronographie, elle est forcément protégrise. Donc avoir des mères qui ne sont pas protégrises, c'est difficilement représentable parce que notre société est très patriarquale. Et aussi basée sur le fait que la mère, la femme, elle est là pour le mari, pour l'homme, la maison pour l'éducation des enfants et ça tient aussi à elle, certaines fois, au sein des foyers, la femme subitait la domination de l'homme mais la domination sur l'enfant au niveau éducatif. C'était souvent la mère qui cadraient et qu'organisaient. Alors pas toujours avec de la malveillance ou de la maltraitance, mais c'était la mère qui était responsable des enfants. C'était la mère qui était responsable de l'éducation. Donc se dire que la mère est défaillante, ça vient aussi bouleverser, si la mère est défaillante, ce système va tomber. Tu veux entendre? De quoi? Ce que je dis? La chanson? Oui. Ma mère est une fleur. Je t'aime. Non c'est, ma mère est une fleur, mais le doigt sont des coups d'ère. Les doigts sont les pétales. Après? Je t'aime un peu. Je t'aime un peu. Après. Beaucoup. Beaucoup? passionnément. À la folie. À la folie? Pas du tout. Vive un petit éfleur. Je dirais à ma maman que je l'aime de tout mon coeur. Tu m'entends ma mère? Alors attends, je ne bouge pas. Parce que je suis en route, je ne bouge pas. Tu m'entends? J'ai yé. Ah voilà, oh bah t'as une bonne voix d'ident. Oui. Comment tu vas m'appeler? Ça va, je suis dans la voiture, je suis en route vers toi. Quelques vormis, un. Il plus, tu peux pas savoir, c'est le déluge. C'est pas vrai. Oui, c'est pas grave, c'est comme ça. Bah oui, maintenant on a faite plus. On a aimé un petit relais ce matin. Je vais bien devenir alors. Bah oui! Bah oui, c'est sûr que tu fais bien devenir un vrai. Ma grand-mère à 90 ans, elle habite à l'autre bout de la France et je m'occupe d'elle à distance. Il y a deux ans, elle est tombée chez elle. J'ai dû venir au plus vite à l'hôpital. Ce n'est pas ma mère pour tant toujours vivante qu'elle a fait appelée. Avant, je dois gérer ses papiers, organiser les futurs soins à domicile et faire des demandes d'aide car la retraite de ma grand-mère est précaire. Avant, en rendez-vous avec l'assistant de sociale de l'hôpital, je profite de ce tête à tête pour la questionner sur les raisons de ce silence entre ma mère et elle. Elle me dit que tout est de la faute de son mari, mon grand-père, que c'était un homme violent. Oui, elle était très dure. Oui, je sais qu'elle était dure avec toi, mais elle raconte qu'elle était dure avec elle aussi. Oui, parce que tu le sais qu'elle m'a frappé. Tu le sais ou pas? Elle t'a frappé toi? Ah non. Elle était dure avec toi, mais je n'avais pas qu'elle t'a frappé. Elle m'a frappé du moment où t'es parti jusqu'à mes 16 ans où je suis parti. Elle s'est frappée. Donc, tu confirme, c'est vrai que moi elle s'est jamais excusée, mais elle m'expliquait qu'elle était tapée par son père, humilier, etc. Et que moi, je me suis toujours dit que c'était ça qui a la répéte. Tu vois ce que je me disais? Alors, c'était fort. Là, je suis témoin de ça. Moi, je me mettais en travers toujours. Je l'ai toujours défendu, c'était ma fille et je m'en bats. Oui, mais c'est possible qu'il est des fois où t'étais t'a dit. Grands mers est convaincu ou essaie de me convaincre par des mensonges. je ne saurais jamais, qu'elle a toujours été une bonne mère, qu'elle a su protéger sa fille de ce père violent. Ma mère et ma grand-mère ne se sont pas vus ni parlé depuis plus de 30 ans. Et à cela, chacune m'a donné une raison différente. C'est mon grand-père qui était violent avec ma mère, mais c'est à ma grand-mère qu'elle en veut. - Mais bon, écoute, quand on vieillit, après bah, on met ça dans une petite boîte, un peu on se dit "allez hop", "oui je sais, mais moi, moi, mon enfance avec ma mère qui me frappe, qui lui vit, je l'ai pas mise dans une petite boîte encore." - Non, non, non, non, je te comprends. - Je la porte encore, quoi, et c'est vrai que j'arrive pas à résoudre, tu vois, dans ma tête, je comprends. - Oui. - D'où vient cette haine que ma mère a pour toi et pour moi? - Oui. - Je la comprends pas. Tu vois ce que je veux dire, qu'elle a été ignorée, humiliée. - Mais elle est exactement comme son père, je peux te dire, c'est les mêmes caractères. Son père était pareil. - Exactement. - Toujours à se demander et vous voyez. - Toujours agressif. - Oui. - Alors que. - Et s'en prenait à moi, parce qu'elle avait bien qu'à bouquet-missaire, c'était moi. - Et t'es moi. - Et toi, tu ne prenais pas des coups pour toi, entre guillemets, c'était toujours parce que tu l'as défendu, donc ça. - Ah oui, oui. - L'hume disait, c'est ta fille, tu démire d'avec ta fille. - Voilà, tu vois le genre. - Ouais, non mais. - Quelle ambiance. (rires) - Non mais je me doute. - Je me doute. - Quelle ambiance. - Tu sais, honnêtement, quand je me suis retrouvé vraiment seul, j'essaie. - Ouf. - Ouf. - Mais je comprends. - On prend, mais moi, j'arrive pas à me dire, ouf. Pourtant, je vous ai tous. - Ça va venir. - J'ai tout, tu vois. - Des enfants vont grandir, ça va venir. - Oui, ça me fait de la peine, mais si je me dis son petit, j'ai envie de profiter deux, tu vois. - Et là, par moment, j'ai quelque chose dans le coeur qui me. - Tout le temps, tout le temps, tout le temps, qui m'empêche d'avancer, qui me. - Bon, allez, je vais aller voir les distances sociales. - Vous venez d'écouter le premier épisode du Mal de Mer, une série du podcast émotion de Louis Média, tournée et écrite par Chloe de Broca et réalisée par Anabuy. Dans le prochain épisode, je vous parlerai de la culpabilité qui ne me quitte jamais. Depuis que j'essaie de comprendre la violence de ma mère, je n'en finis pas de me reconnaître coupable de son mal. Comme si tout ça, c'était de ma faute. Dans le cadre de la production de cette série documentaire, Louis Média a contacté la mère de Chloe de Broca, afin de lui soumettre les faits évoqués qu'il a concernant et de lui demander si elle souhaitait y répondre. Par l'intermédiaire de son avocat, Valérie Rogan n'y avec force les accusations de violence formulées par sa fille. Elle affirme que les violences correspondent en réalité à sa propre histoire et à ses traumatismes personnels que Chloe de Broca s'approprierait injustement. Elle explique avoir donné à sa fille une enfance heureuse et paisible et se dit profondément blessée par ses accusations, qu'elle considère comme une double peine, avoir subi des violences dans le passé et être maintenant accusé d'en avoir infligé. Si vous êtes victime ou témoins de violences sur un enfant, surtout appelé le 19. Si vous avez besoin d'aide, des ressources sont listées en description de l'épisode.

Podcast Summary

Key Points:

  1. La série explore la parole rare de femmes ayant subi des violences maternelles, mêlant honte et culpabilité.
  2. Le récit personnel de Clouet de Broca
  3. Témoignage de Sandra sur l’emprise psychologique et l’humeur étouffante de sa mère, sans marques physiques visibles.
  4. Analyse sociologique de Coline Cardi
  5. Récit d’une scène violente avec un magazine et une humiliation corporelle, illustrant la maltraitance concrète.

Summary:

Cette transcription relate le premier épisode d’une série où des femmes témoignent de la violence de leur mère, un sujet rare et douloureux. Clouet de Broca partage son histoire : elle a fugué adolescente pour échapper à sa mère, mais a longtemps eu honte d’en parler. Son amie Margot, témoin de l’époque, réalise progressivement la gravité des faits, notamment lorsque Clouet évoque des coups et le qualificatif de « bourreau ».

Sandra, une autre femme, décrit une violence psychologique insidieuse, faite d’humeurs oppressantes et de soumission, sans traces physiques. La sociologue Coline Cardi nuance l’idée de tabou : la violence maternelle est souvent évoquée dans les fantasmes ou les cas extrêmes, mais le récit des actes quotidiens (gifles, insultes, humiliations) reste indicible en raison d’une forte réprobation sociale. L’épisode se conclut sur un souvenir traumatique où la mère frappe sa fille avec un magazine après une erreur de table de multiplication, illustrant la maltraitance concrète.

L’ensemble souligne la difficulté de briser le silence, la honte persistante et le besoin de reconnaissance pour ces femmes qui tentent de guérir du « mal de mère ».

FAQs

La série aborde la maltraitance maternelle, en donnant la parole à des femmes qui ont subi des violences de la part de leur mère.

C'est un sujet tabou car il remet en cause l'idée que l'amour maternel est inconditionnel, et les femmes qui en parlent craignent la réprobation sociale.

Sandra décrit une violence psychologique, avec une mère autoritaire qui imposait son humeur et ses décisions, créant un sentiment d'emprise invisible.

Elle a fugué à l'adolescence pour aller vivre chez son père, puis après la mort de celui-ci, elle s'est battue pour rester dans sa famille paternelle.

Elle ressent de la honte, celle d'être une 'mauvaise fille' qui critique sa mère.

Selon elle, il n'y a pas de tabou absolu, mais une réprobation sociale forte, car la maternité est associée à la douceur et au soin, rendant la violence indicible.

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