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Mercosur : pourquoi l’accord de libre-échange avec l’Europe dérange

23m 43s

Mercosur : pourquoi l’accord de libre-échange avec l’Europe dérange

L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur suscite une opposition, principalement des agriculteurs européens, craignant une concurrence déséquilibrée. Conçu pour faciliter les échanges commerciaux en réduisant les droits de douane, l'accord soulève des préoccupations environnementales et sociales, notamment liées à la déforestation et aux normes de production différentes. Alors que des mesures réglementaires sont envisagées pour protéger les secteurs sensibles, les inquiétudes persistent quant à la mise en œuvre et au respect des normes équivalentes pour les produits importés. Malgré la volonté de certains pays européens de bénéficier économiquement de l'accord, l'opposition se renforce, reflétant un changement d'opinion généralisé sur les accords de libre-échange, notamment en raison des préoccupations environnementales et sociales croissantes.

Transcription

4346 Words, 26119 Characters

Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Jean Guillaume Santi et il est l'heure du monde. La narcosure, c'est non les politiques que le narcosure, mais les agriculteurs, les paysans partout, partout dans l'Union européenne, vous posez la question à un paysan espagnol italien ou autre, il va vous dire la même chose que nous, c'est non au narcosure. C'était il y a un an les agriculteurs français se mobilisés contre l'accord de libre-échange, entre l'Union européenne et le Mercosour. Le Mercosour, c'est le marché commun d'Amérique du Sud qui regroupe, cinq pays et l'objectif de cet accord était de faciliter les échanges commerciaux, entre l'Union européenne et le Brésil, l'Uruguay, le Paraguay, l'Argentine et la Bolivie. Ça concerne toutes sortes de produits, les voitures, le vin, les vêtements, et si certains pays européens se réjouissent à l'idée de les exporter, d'autres inquiets de la concurrence déloyal des dents réagricoles sud-américaines qu'on pourrait importer, car elles sont soumises à des normes environnementales, sanitaires et sociales moins exigentes qu'en Europe. En décembre 2024, la Commission européenne espérait déjà une signature rapide de cet accord avec le Mercosour qui n'est pas arrivé. Alors, avant d'essayer de comprendre où on m'en est aujourd'hui, je vous propose de réécouter ce que nous expliquait Maxime Volano, il y a un an et ensuite on en parle avec Matilde Gérard. Pourquoi l'accord avec le Mercosour des Ranges, un épisode de Delaïtté N'Inglia et de Marion Bautorelle, réalisation, un monde inrobière et cantonne. Alors, ça fait depuis longtemps dans la rédaction qu'on discute régulièrement de ces fameux traités de libre-échange dont tu t'es fait la spécialité. En 2014, je me souviens en parler du TAFTA, qui était un traité avec les États-Unis à l'époque. Et donc aujourd'hui, celui qui attire les polémiques et les oppositions c'est celui avec le Mercosour. Donc déjà, question simple pour commencer, c'est quoi exactement se traiter une Européenne Mercosour? Alors déjà, c'est un projet d'accord, c'est ça qui est important à préciser. L'idée, c'est, est-ce qu'on est en mesure de créer un grand accord de libre-échange entre d'un côté l'Union européenne avec ces 27 pays? Et de l'autre côté, le Mercosour, qui est un groupe de 5 pays d'Amérique du Sud, parmi les plus puissants économiquement. L'idée, c'est de faciliter le commerce entre ces deux blocs. Et pour ça, il faut baisser les droits de douane. Les droits de douane, c'est ces taxes qu'on paye quand on exporte et quand on importe des marchandises, des services. C'est vraiment, du donnant-donnant, une sorte de négociation secteur par secteur. Par exemple, sur le tomobile actuellement, il y a des droits de douane de 35% pour exporter vers le Mercosour. Ça passeraient à zéro. Pour l'agriculture, la viande, c'est un tout petit peu différent. En fait, on parle en termes de quotas de combien de tonnes de viande bovine on peut exporter chaque année depuis le Mercosour vers l'Union européenne. Ce qui est sur la table, c'est d'augmenter ce quotas de viande que l'on peut exporter depuis le Mercosour vers l'Union européenne, de 160 000 tonnes, chaque année, en plus. Et c'est ça qui cristallise les tensions, notamment, parce que ça fait peur aux agriculteurs européens. Et on va y revenir à ces tensions, mais d'abord, j'aimerais comprendre pourquoi ce projet d'accord qui est quand même une vieille histoire, hein, sa date, ce projet d'accord de libre-échange, il revient dans l'actualité aujourd'hui. Oui, en fait, c'est une histoire qui remonte à 1999. C'est le moment où l'Union européenne et le Mercosour ont commencé à discuter de cet accord. Donc, il y a plus de 20 ans. L'énegociation était extrêmement longue. Il y a eu plusieurs rentres de négociation et chéances régulières. Il y a eu des arrêts, des reprises. On n'arrivait pas à se mettre d'accord. Et finalement, c'est en 2019 que ça s'est débloquée qui a eu un premier accord de principe entre les deux blocs. Donc là, à partir de là, on pensait que l'accord allait être concrétisé. Mais non, en fait, il y a eu une levée de bouclier politique pis, la ce moment-là. Il faut se remettre un petit peu dans le contexte de l'époque. Chair Bolsonaro était président du Brésil. Il critiquait les accords de Paris sur le climat. C'était un moment où l'Amazonie brûlait. Donc, tous les arguments un peu contre la Corse sont ressortis à ce moment-là pour dire, "Non, c'est pas le bon moment pour négoisser cet accord." Donc, l'accord, il se met quelque part en stand by et entre guillemets à ce moment-là, quand est-ce que le processus de négociation reprend. Il se passe vraiment rien pendant trois ans. Et c'est au moment où Lula revient à la présidence du Brésil. Donc, Lula, qui est beaucoup plus acceptable pour les Européens qui fait des gestes pour le climat, que l'on rentre dans une nouvelle phase d'opportunité, une nouvelle fenêtre d'opportunité, comme l'on appelait les négociateurs, pour relancer le traité. Et c'est là que la Commission européenne se remet à discuter avec les pays du Mercoursour, et la présidente de la Commission européenne, urse la Vendor-Léenne, pousse pour signer l'accord le plus rapidement possible et elle voit une fenêtre d'opportunité et la début décembre puisqu'il y a un grand sommet qui est organisé au Mercoursour et ça pourrait être l'occasion d'annoncer l'accord enfin après plus de 20 ans de négociation. Et ça nous amène donc à la mobilisation des agriculteurs aujourd'hui. Alors, pourquoi, dans les grandes lignes, est-ce qu'ils s'opposent aujourd'hui à ce traité de libre échange? Alors, comme on l'a dit, il va y avoir 160 000 tonnes de viande bovine qui vont être autorisés pour être exportés en Europe. - Supplementaires par rapport à ce qui existait déjà. - Par rapport à ce qui existait déjà exactement. Et ça peut paraître assez peu quand on regarde les chiffres par rapport à la production européenne. Mais en fait, quand on le compare à ce qui rentre en termes d'importations chaque année, ça commence à faire pas mal. Et surtout, le secteur agricole, c'est un secteur qui est très fragile dont les équilibres peuvent bouger très vite. Et donc, les agriculteurs ont très peur que cette concurrence leur face beaucoup de mal. Et surtout, ils mettent en avant un argument important qui est que, en fait, cette gêne qui va venir du Brésil de l'Argentine allait produite avec des normes qui sont beaucoup moins exigentes que celle qu'on a dans l'Union européenne. D'un point de vue sanitaire, environnemental, social. Et du coup, cette viande qui est produite à moins de recours va arriver et va concurrencer frontalement la viande qui est produite avec des normes exigentes par les agriculteurs européens. Et derrière, le nom respect de ces normes pour qu'on sache bien de quoi on parle aussi de l'utilisation d'Ormond de croissance, d'antibiotique, de faire une des animales. Tout ça, c'est interdit par l'Union européenne. Ce que je comprends pas, c'est énorme sanitaire et environnementale. Elles ne sont pas censées s'appliquer aux importations. On vérifie pas. Pas toujours. Déjà, il y a une partie des normes qui ne peuvent pas s'appliquer parce que ce n'est juste pas prévu dans les textes. Et après, il y a un autre problème qui est que même si sur le papier, on impose aux producteurs sud-américains de respecter certaines normes, comment on vérifie qu'ils l'ont fait. Ce qu'en fait, on ne peut pas vérifier tous les paquets de viande qui arrivent à la frontière sous forme congelée en faisant des analyses. Les analyses ne permettent pas de savoir si des farines animales ont été utilisées, si des antibiotiques ont été utilisées. Donc, en fait, comment on s'assure du respect de ces normes-là? C'est vraiment par la confiance, par la traceabilité. Et la façon dont ça fonctionne, c'est que la Commission européenne, l'Europe, envoie des inspecteurs, régulièrement, faire des audits, chez les partenaires commerçaux pour voir si, en gros, il respecte les règles. Et en fait, qui s'est passé très récemment, c'est que la Commission européenne a fait un audite comme ça, et elle s'est rendue compte que le Brésil ne respectait déjà pas une règle importante qui était de ne pas utiliser des hormones de croissance dans sa viande bovine. Donc, ça a jeté un froid, puisqu'en fait, on s'aperçoit que le Brésil ne tient pas ses promesses sur certaines de ses règles sanitaires. Donc, l'idée, c'est de se dire, est-ce qu'on n'est pas en train finalement d'ouvrir la voix à beaucoup plus de produits qui ne respectent pas les normes européennes qui arrivent dans nos assiettes? Mais là, question peut-être un peu d'oeil, mais globalement, tous les pays du Union européenne il doit respecter les mêmes normes que l'agriculture française, qui sont également perdants. Donc, si finalement toute l'agriculture européenne elle est perdante dans tout ça, pourquoi est-ce que cet accord est poussé aujourd'hui par l'Union? Nous, on est français, on regarde les secteurs qui nous intéressent. Chez nous, l'agriculture, c'est très important d'un point de vue économique, d'un point de vue symbolique, de poids politiques. Et donc, c'est ce qui nous intéresse le plus, mais en fait, si on regarde l'accord, il y a des gagnants qui sont beaucoup moins mis en avant et qui prennent beaucoup moins la parole, mais qui eux pourraient gagner, par exemple, automobile allemande, l'industrie pharmaceutique, des grandes entreprises, de l'énergie de l'eau, qui pourraient conquérir des marchés publics dans le Mercosour. Il y a aussi certains secteurs, même au sein de l'agriculture, qui pourraient gagner, par exemple, les viticulteurs, qui soient français ou d'autres pays d'Europe, eux verraient leur droit de douane, baissé pour l'exportation. Donc, eux, ça pourrait leur faire gagner des parts de marché. Donc en fait, il y a plein de sous secteurs qui eux pourraient être gagnants et c'est tout le problème d'un grand accord de libre-échange comme ça. On le négoci en ayant des perdants et des gagnants. Aujourd'hui, le raisonnement de la Commission européenne c'est de dire globalement le bilan sera plutôt positif pour l'Europe, mais ça fait une belle jambe à tous les secteurs qui vont être perdants en Europe. Maxime, il y a un autre point qu'on n'a pas encore abordé, c'est l'enjeu climatique, parce que ça peut paraître un acronique, baissé nos émissions de gaz à effet de serre, de signer un accord qui permettra l'exportation de viande de beuf qui est déjà très émétrice en gaz à effet de serre, depuis l'amérique du Sud vers l'Europe. Oui, effectivement, c'est vraiment un des arguments phares pour le coup des organisations écologiques qui se posent à l'accord. C'est de dire que tous ces accords ils vont stimuler les exportations donc la production, c'est-à-dire que le brésil va produire plus de viande bovine qu'elle n'en produit aujourd'hui puisqu'elle va devoir nourrir le marché européen pour produire de la viande bovine actuellement au brésil, qu'est-ce qu'on fait, c'est des paturages, des paturages, ils empiètes sur la forêt amazonienne, donc ça crée de la déforestation. Globalement, il y a eu des études qui ont été faites, notamment une qui était demandé par le gouvernement français il y a quelques années, qui a calculé que ça pourrait augmenter de 5 % la déforestation au brésil, cet accord. Donc vraiment, ça c'est une des craintes les plus importantes, mais au-delà de ça, le fait de stimuler les échanges économiques, c'est sûr que ça ne peut que augmenter la production de gaz à effet de serre. Donc pour contenir tout ça, la Commission européenne dit, "OK, va y avoir ça, mais nous on va essayer de contrebalancer ces effets en rajoutant dans la corps des clauses pour s'assurer que tous les pays vont respecter les accords de Paris sur le climat, etc." Globalement, ce que disent les experts, c'est que c'est un petit peu cosmétique, c'est close-up, ça va pas forcément compenser les effets négatifs pour le climat. Et donc, ce qui est intéressant à la fin, c'est qu'il y a une sorte de convergence des oppositions à se traiter. Alors, est-ce que le consensus contre le traité qu'on observe en France, il est aujourd'hui comment à toute l'Europe? Pas forcément, ce qui est intéressant, c'est qu'en France, il y a vraiment un unanimisme politique quasiment, tous les groupes politiques sont contre aujourd'hui. Et c'est maintenant parce que quand j'ai commencé à travailler sur ces sujets-là, il y a une dizaine d'années sur d'autres traités de libre-échange, il y avait globalement les parties de droite, du centre, et même les socialistes qui étaient globalement favorables à ces accords. Et l'opposition, elle était cantonnée aux écologistes, à la gauche radicale et à l'extrême droite. Et aujourd'hui, tout le monde est contre ces accords. Donc ça tient à deux choses. Il y a vraiment un aspect spécifique avec le Mercaux-Sour, où on a vu et on a expliqué que la question agricole est très présente, et du coup, c'est très sensible en France. Donc, nous, on est très sensible et c'est ce qu'il peut expliquer en partie, le fait qu'il y a une grosse opposition. Mais de façon plus générale, il y a eu vraiment un changement de l'opinion publique sur la question du libre-échange, parce que depuis 10 ans, il y a eu très hungry, puis il y a eu le souverainisme, il y a eu la crise du Covid, l'inflation, il y a eu énormément de choses qui ont changé notre vision du libre-échange, du fait que ça pouvait avoir des conséquences plus négatifs que ce qu'on pensait sur les délocalisations, sur les inégalités. Et donc globalement, le l'air du temps est moins favorable au libre-échange. Alors ça, c'est valable pour la France, mais il ne faut pas non plus en faire une généralité, parce qu'effectivement, à l'échelle européenne, on retrouve des positionnements qui sont quand même plus favorables à se traiter. L'Allemagne, l'Espagne Italie sont globalement favorables à l'accord, parce que eux, ils y voient un intérêt économique et ils y voient moins de désavantage pour leur secteur fort. Et bonjour à vous toutes et tous, un an après cette échange, donc que j'avais eu avec Maxime, on fait le point avec Matil de Gérard du service planète. Bonjour Matil. - Bonjour Jean-Ginquième. - Tu couvres les sujets liés à l'alimentation et la condition animale, tu as travaillé sur les conséquences environnementales de cet accord. Et donc, on le disait, il y a un an la Commission européenne espérée que les 27 états membres valideraient le projet de texte d'accord avec le Mercosour. Et un an plus tard, on a l'impression d'en être toujours au même point avec la Commission qui espère un vote dans les prochains jours pour pouvoir ensuite aller signer l'accord avec les pays du Mercosour avant fin de décembre, on dirait un peu un marronnier de Noël, comme on dit dans le métier. Alors pourquoi est-ce qu'on parle à nouveau de cet accord? - Alors, c'est vrai qu'il y a un effet de calendrier qu'on observe sur les fin d'année parce que au sein du Mercosour comme au sein de l'Union européenne, il y a des états qui assurent une présidence tournante et qui, à la fin du mois de décembre, vont passer la main à un autre état qui va ensuite prendre la relève. Et là, en ce moment, c'est le Brésil côté Mercosour qui assurent la présidence tournante et le Brésil a très envie de signer cet accord avant de passer la main, notamment au Paraguay, qui reprendra au mois de janvier et qui est beaucoup moins alent sur cet accord. Et côté, Union européenne, c'est surtout la Commission qui pousse très fort pour que ça avance dans les prochains jours. Alors, d'une certaine façon, l'accord, il n'y a aucune obligation à ce qu'il soit signé à une échéance précise. Il est négocié depuis 25 ans, quelque part, on n'est plus à quelques mois après. Mais il y a un effet d'affichage qui fait que ces parties veulent que ça soit signé là dans les prochaines semaines. Et puis, il faut aussi prendre en compte le contexte général de tensions commerciales. Avec les droits de doigne et la nécessité de trouver de nouveaux débouchés commerciaux pour les blocs qui se les voient imposés par les États-Unis. Exactement, l'Union européenne, en particulier, veut pouvoir afficher une relation de partenariat stable, notamment avec les pays d'Amérique latine. Et alors, Matilde l'ont entendu dans notre épisode "Slash Archive" de l'année dernière. L'accord suscité beaucoup d'opposition, notamment venant du secteur agricole, est-ce que le texte a un peu évolué depuis un an pour tenir compte de ces oppositions et est-ce que les lignes ont un peu bougé? Alors, le contenu de l'accord en tant que tel, il n'a pas bougé. C'est le même que celui qui a été présenté. Il y a un an par la commission européenne. Donc, les quotas, les contingents de produits importés qui sont prévus, ils sont toujours les mêmes. En revanche, Bruxelles a quand même entendu les contestations. Et ils ont réfléchi à quelques réglementations additionnelles, mais qui ne sont pas dans l'accord pour tenir compte, notamment des craintes du secteur agricole. Elles sont ces réglementations additionnelles à des degrés divers. Certaines sont encore très floues et n'ont même pas encore été présentées. D'autres sont déjà en discussion. L'une de ces mesures, c'est notamment un règlement sur la close de sauvegard. Ça veut dire quoi? Alors, une close de sauvegard, c'est ce qui permet de déclencher, dans un premier temps, une enquête si jamais un secteur qu'on considère comme sensible. Alors, il y a plusieurs secteurs qui ont déjà été identifiés. Le buff, la volaille, le sucre. Si ce secteur constate une forte soit d'évolume importée, soit alors une forte base des prix, enfin, en gros une forte perturbation de son marché. Qui perturbait, à ce moment-là, les agriculteurs européens. C'est exactement. Dans ce cas-là, ces prévus dans l'accord, on peut déclencher une enquête et selon les résultats de l'enquête, on peut suspendre temporairement pour une durée qui serait maximum de deux ans les volumes d'importation. Donc, ça, c'est une forme de mesure de protection qui est dans l'accord, mais dont Bruxelles veut préciser l'interprétation avec un règlement qui va être soumis d'ailleurs au vote du Parlement européen, ce mardi. Et d'ailleurs, il y a des débats sur les conditions de déclenchement de cette close qui sont pas très clairs et à partir de quelle soye on pourrait déclencher cette close. Pour l'instant, beaucoup considèrent que les soyeux sont trop élevés, c'est-à-dire qu'en fait cette close allait quasiment inapplicable. Et par ailleurs, rien ne dit non plus que les pays du Mercosau vont être d'accord avec l'exinterprétation qui en sont faites par Bruxelles. Donc on est quand même encore là, beaucoup dans le flou. Oui, mais la matière dont on parle de volume commerciaux, des faits de soye avec un impact sur les prix, mais il y a d'autres mesures qui crisent, peu les agriculteurs, ce sont notamment les normes, ils disent qu'on leur impose tout un tas de normes environnementales sociales sur leur production et que les produits importés venant des pays du Mercosau, ils n'ont pas à respecter ces mêmes normes. Alors, est-ce que les moyens annoncés sont suffisants pour aller contrôler les fournisseurs en Amérique du Sud et rassurer ceux qui crènent une concurrence déloïlle sur ce terrain? Alors, c'est vrai que la concurrence déloïlle, c'est le cœur du sujet parce qu'on a des vraies différences de standard de production entre l'une européenne et les pays du Mercosau, et un des points qui est très fortement demandé par grande partie des secteurs agricoles, c'est le sujet des mesures miroirs. Les mesures miroirs, c'est une mesure qui permet de s'assurer que les produits importés respectent les mêmes normes que celles qu'on applique aux producteurs des États européens. Et c'est un point très important, en sachant que dans l'accord avec le Mercosau, il n'y a pas de mesures miroirs. Il en existe quelques autres par ailleurs, mais dans l'accord, il n'y a pas de nouvelles mesures miroirs. Alors, la commission, ces dernières semaines, assemblées, vouloient faire un pas en faveur d'une nouvelle mesure miroir, mais ça reste encore très floue. Ça figureait dans un projet qui a fuité ces dernières semaines et dont la version finale va être publiée, ce mardi. Donc, il faudrait c'était prudent parce qu'on n'a pas encore le texte final, mais la commission semble vouloir abaisser ce qu'on appelle les limites maximales de résidues de pesticides pour les substances les plus dangereuses. Alors, ça parait un peu barbare comme ça, mais en gros. C'est important, c'est les pesticides quand même dans ce qu'on mange à la fin. Alors, exactement. Par exemple, si on prend le sucre, on va contrôler des échantillons de produits importés et regarder si ils ont été traité ou pas avec des pesticides qui seraient interdit en Europe. Aujourd'hui, les importations de produits traitées avec ces pesticides ne sont pas interdites, mais l'Europe le semble vouloir baisser les seuils à la limite de détection, ce qui serait un premier pas vers une mesure miroir, même si beaucoup trouvent que c'est insuffisant, parce que déjà, ça ne concerne que les importations d'alimentations qui sont directement consommées par les humains. Or, on importe beaucoup de soja qui lui va directement nourrir les animaux des levages. Et donc, ça, ces produits-là, il ne serait pas contrôlé. Et ensuite, ça ne concerne que les substances les plus dangereuses. Et donc, des pesticides, même s'ils sont interdits en Europe, ne seraient pas concernés par la mesure. Et enfin, il y a la question de comment on contrôle ces importations. Ces dernières semaines, les États membres et la Commission européenne semblent dire qu'on va renforcer les contrôles, mais si jamais, on ne met pas plus de moyens financiers concrets dans ces contrôles et humains, ça restera des promesses un peu creuses. Or, pour l'instant, dans un contexte budgétaire un peu tendu, on n'a pas vraiment entendu qu'il y aurait plus de moyens pour augmenter ces contrôles. Et puis, il reste un dernier point. L'idée d'un accord de libre-échange, c'est de simplifier de faciliter le commerce. Et donc, les États du Mercosour peuvent aussi être fondés à s'opposer un renforcement des contrôles ou à de nouvelles règles, justement sur les fameux pesticides interdits. Alors, tu nous parles de premier pas. Est-ce que toutes ces mesures vont être suffisantes pour appaiser la colère des agriculteurs français? On voit que c'est encore très flou et il manque encore beaucoup d'éléments concrets. Le sujet reste évidemment très sensible et la majorité des organisations syndicales, des syndicats, des interprofession, trouve que le contenu n'y est pas en matière de mécanisme de protection. Et on peut imaginer qu'ils ont sans doute raison comme on l'a vu. Une manifestation est prévue à Bruxelles. Pour la suite, on ne sait pas ce qui va se passer. Ça va dépendre aussi des votes des prochains jours. Mais on sait aussi que l'hiver, c'est une période propice aux mobilisations agricoles parce qu'il y a moins de travail dans les champs. Et puis il y a aussi d'autres sujets de contestation avec la question sanitaire dans les élevages bovins en France en ce moment. Intéressons-nous maintenant ma tile d'eau au prochaines étapes. Si les états membres de l'Union européenne votent pour cet accord dans les prochains jours, est-ce que le Mercosour l'accord avec les pays du Mercosour va entrer immédiatement en vigueur? Il va falloir déjà que cet accord, il soit adopté par le Conseil européen, c'est-à-dire par les 27 états membres, il faut une majorité de 65 % des états membres. On sait au vu des forces en présence que l'Allemagne est très favorable, elle a notamment un intérêt pour son industrie automobile et pour son industrie pharmaceutique. D'autres pays sont très favorables, notamment l'Espagne. La France, elle, avec un secteur agricole qui est très exposé aux conséquences de l'accord avec le Mercosour et l'un des plus fort opposants à l'accord. Elle peut compter à priori aussi sur la Pologne, l'Irlande, la Hongrie qui sont opposée, mais les lignes peuvent encore bouger, c'est quand même très serré et à priori la France n'aura pas la minorité de blocage. Si le Conseil adopte bien l'accord, ensuite la Commission peut très vite dès la fin de cette semaine, le 20 décembre se rendre au sommet des états du Mercosour, qui aient organisé au Brésil ce week-end et signé l'accord entre les deux parties. Mais ça ne veut pas dire pour autant que l'accord est ratifié. Il reste notamment une étape importante au Parlement européen, qui ne sait pas encore prononcer sur l'accord en tant que tel. Or, un grand nombre de redéputés veulent notamment voter une motion préalable pour saisir la cours de justice de l'Union européenne pour vérifier si le contenu de l'accord est compatible avec les traités européens. Si cette motion est votée, cela va suspendre pour plusieurs mois la ratification de l'accord. Et alors d'un autre question, Matilde, le 27 novembre dernier, les députés français dans une rare, en ce moment, quasi une animité, ont adopté une résolution invitante au gouvernement à s'opposer à cet accord. Est-ce que cela peut avoir des conséquences sur la ratification finale du traité? Est-ce que la France, elle seule, peut faire capoter l'accord? Alors la réponse elle est simple, non. Ok. Il n'est pas du tout prévu que l'accord eumerco-sourc soit ratifié par chaque Parlement national. Après ce genre de vote, il envoie un signal aux autres états membres, notamment, donc ce n'est pas rien. On est dans une bataille politique, un bras de fer, donc le gouvernement français, dans son opposition, peut se valoir du soutien du Parlement. Mais de toute façon, la France seule ne peut pas bloquer cet accord. Et on comprend en tout cas en écoutant Matilde qu'on n'a pas fini de parler de cet accord avec le merc-co-sourc. Merci Matilde. Merci Jean-Yves. La suite du feu éton, vous pouvez la retrouver sur le monde.fr, dans nos rubriques, économie et planète. Leur du monde s'est terminé pour aujourd'hui et je vous dis à bientôt. [Musique]

Podcast Summary

Key Points:

  1. Les agriculteurs européens s'opposent à l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, craignant une concurrence déloyale.
  2. L'accord vise à faciliter les échanges commerciaux entre l'UE et cinq pays d'Amérique du Sud, notamment en réduisant les droits de douane.
  3. Les préoccupations environnementales et sociales, notamment liées à la déforestation et aux normes de production, soulèvent des inquiétudes parmi les opposants à l'accord.

Summary:

L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur suscite une opposition, principalement des agriculteurs européens, craignant une concurrence déséquilibrée. Conçu pour faciliter les échanges commerciaux en réduisant les droits de douane, l'accord soulève des préoccupations environnementales et sociales, notamment liées à la déforestation et aux normes de production différentes. Alors que des mesures réglementaires sont envisagées pour protéger les secteurs sensibles, les inquiétudes persistent quant à la mise en œuvre et au respect des normes équivalentes pour les produits importés.

Malgré la volonté de certains pays européens de bénéficier économiquement de l'accord, l'opposition se renforce, reflétant un changement d'opinion généralisé sur les accords de libre-échange, notamment en raison des préoccupations environnementales et sociales croissantes.

FAQs

Le Mercosour est un marché commun d'Amérique du Sud regroupant cinq pays. L'objectif de l'accord était de faciliter les échanges commerciaux entre l'Union européenne et ces pays.

Les agriculteurs craignent la concurrence des produits agricoles sud-américains moins soumis à des normes strictes en matière environnementale, sanitaire et sociale.

L'exportation de viande bovine émettrice de gaz à effet de serre depuis l'Amérique du Sud vers l'Europe pose des défis environnementaux. Des craintes de déforestation et d'augmentation des émissions sont soulevées.

Des réglementations additionnelles sont envisagées, telles qu'une clause de sauvegarde pour protéger les secteurs sensibles en cas de perturbation du marché. Cependant, le contenu de l'accord en lui-même n'a pas évolué.

Des mesures miroirs sont demandées par certains secteurs agricoles pour garantir que les produits importés respectent les mêmes normes que ceux des producteurs européens. Cependant, dans l'accord avec le Mercosour, ces mesures ne sont pas prévues.

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