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⁠Lire, plaisir, guérir avec Philippe Lançon, journaliste et rescapé de Charlie Hebdo

39m 24s

⁠Lire, plaisir, guérir avec Philippe Lançon, journaliste et rescapé de Charlie Hebdo

Dans cet échange, Nicolas Demorand confie à Philippe Lançon son incapacité à lire après une grave dépression, malgré son amour pour la lecture. Lançon lui recommande des polars pour "remettre en route la machine à lire". Demorand suit ce conseil et lit une trentaine de romans policiers, ce qui l'aide à retrouver concentration et plaisir. Lançon explique que le polar, par son récit captivant et sa capacité à transporter le lecteur dans un autre monde, permet de chasser l'angoisse et la lourdeur de l'esprit. Il souligne que la lecture doit avant tout être un plaisir, même pour un critique littéraire. Lançon partage sa propre expérience après l'attentat de Charlie Hebdo en 2015 : blessé, il a trouvé refuge dans la lecture de Proust, Thomas Mann et Kafka, et a commencé à écrire des chroniques depuis l'hôpital. Ces chroniques ont jeté les bases de son livre "Le Lambeau". Il raconte aussi un souvenir émouvant avec le dessinateur Cabu, juste avant l'attentat, autour d'un livre sur le jazz. Pour Lançon, la lecture est une bouée de sauvetage, un moyen de retrouver la vie et l'intelligence par le plaisir, même dans les moments les plus sombres.

Transcription

6163 Words, 34510 Characters

French
[Musique] Ding! Le message d'un ami, d'un copain arrive sur WhatsApp. Il s'inquiète de mon absence prolongé à la radio et demande de mes nouvelles. Je lui apprend que je ne suis sorti ni de l'obère, je n'ai de l'hôpital, il me pose alors une question saisissante. Est-ce qu'au moins tu lis? La lecture. La lecture c'est le grand plaisir de ma vie. La compagne des nuits d'un somnit, comme des journées sur le canapé. Pas un jour sans au minimum, deux ou trois dizaines de pages. Mais la violence de la phase magnate que je viens de traverser, la profondeur de la dépression dont j'essaye de sortir, on brisé ma capacité de concentration et avec elle le fait de pouvoir lire une pauvre petite ligne, ne parlons même pas d'un paragraphe. En ouvrant un livre, j'ai l'impression de prendre une raclée au scrabble d'être incapable de former un mot avec les lettres du rattleier, réponse de mon copain, de mon ami, recommence avec des polares ou des romans d'aventure. C'est le meilleur moyen de remettre en route la machine à lire. Cette ami, ses Philippe-Planson. Françaude terre. Si besoin. Nicolas Demorand. Bonjour Philippe. Bonjour Nicolas. Journaliste à libération et à Charlie Hebdo, gréèvement blessé lors de la tentade du 7 janvier 2015, auteur du long beau ché d'œuvre, livre sidérent par sa violence extrême et sa douceur. Philippe, on se tutoît par SMS et on va continuer à le faire. Dans ce podcast, on a travaillé ensemble par le passé. Tu es rare Philippe dans les médias, c'est le moins qu'on puisse dire. Tu ne cours pas les plateaux, tu ne recherches pas les micro. Et j'étais certain que tu ne voudrais pas répondre à mes questions dans ce podcast. Je me demandais si tu avais envie de revivre, même de loin les épreuves que tu as traversé. Mon doigt, donc, trembler un moment quand je t'ai envoyé à SMS pour t'inviter. Mais tu as accepté. Et je voulais te dire merci Philippe, doublement merci, merci d'être là et merci pour les polares. Grâce à toi, je les ai lu ces polares et tu m'as sauvé. J'aimerais bien savoir lesquelles tu as lu. D'ailleurs, si tu as mémoire, j'ai une liste de 35. Ah oui, oui. Ça sera un peu long pour l'audite. Je t'en vois ça par mail. Et voilà, ben écoute d'une part, il y a quelque chose qui est de l'ordre de la métier, même même si nous ne sommes pas véritablement amie ou un team, mais je dirais plutôt d'un mot d'enfance que j'ai aimé bon, un copain. Un copain qui a été un copain de travail à libération. Et quand les copains aussi vont mal, et qu'on peut leur filer un coup de main, à partir de ce qu'on a essayant de penser à eux, tout simplement, on le fait. En tout cas, j'essaie de le faire. Et là, c'était le cas. Et j'ai réfléchi effectivement, dans l'ordre de la lecture à ce qui pourrait t'aider parce que tu m'avais dit que, en gros, t'avais du mal ce que je comprends, et tout à fait, à te concentrer, et à te relancer dans cette pratique que tu aimes au autant que moi qui est de lire, qui nous est un peu quand même essentiel. Et c'est évidemment quelque chose qui m'était aussi arrivé à d'autres moments. Ça t'a é arriver. Oui, bien sûr, pour d'autres raisons, mais ça pouvait être lié à des moments de tension, d'engoisse, très souvent, et de, comme en dire, de voir de dépression. Et tu sais, il y a la fameuse phrase que je cite approximativement de Montesque, qui est pas un chagrin et une peine qu'une heure de lecture n'est chassée. J'aimerais y croire, mais je ne croix pas trop. Et donc, il faut quand même quelques bécquilles. Il faut la propension et bien sûr l'éducation pour pouvoir le faire, pour chasser cette peine, ou ce chagrin, ou pire. Et donc, ça m'est arrivé à plusieurs reprises, mais je dirais que, par exemple, si on parle de polar, j'ai un souvenir parmi dix autres assez précis, du moment où j'ai lu les polar de Chandler. J'étais envoyé par un homme d'homadaire qui n'existe plus. J'étais tout jeune, suivre un fait d'hiver absolument horrible sur les plateaux au-dessus du lac les mains. Un homme qui avait tué des enfants, qui était un marginal qui vait dans une cabane dans la forêt. Bref, c'était une histoire très lourde. J'étais un très jeune journalist, et je me suis dit que le soir, je me trouvais dans un de ses vieux hôtels, comme il doit y en avoir beaucoup, qui était nus par des traviés personnes. On avait l'impression que ça remontait à la guerre ou à l'avangère ces hôtels. Et le soir, à cette hôtel, j'étais très perturbé par cette histoire. Et par chance, quelqu'un m'avait au faire avant de partir un volume qui réunit celles des aventures de Marlots, le détective de Chandler. Et je me suis indréte toujours à quel point pour le coup, que la torpeur s'était en plein été, il faisait très chaud sur le lémant. J'ai véritablement plongé dans l'univers de Marlots, qui commence d'ailleurs dans une sœur, où il est accueillie par un colonel qui boit du whisky. Et donc, là, j'ai aussi senti la vertu du poleur, alors en plus du poleur très très bien écrit, c'est-à-dire à la fois des personnages, de l'intrigue, et d'une certaine nervosité désenchantée. On va prendre les choses dans l'ordre quand je lisais ces polards, parce que tu m'as fait une ordonnance, Philippe. Donc quand je lisais ces polards, j'en ai eu 35 à peu près entre 30 et 40. Je me souviens plus exactement des polards japonais, des finlandais, des français, des américains, des historiques, des politiques, des séries, des trilogies, des pavés. Et tu as parfaitement raison sur ce point-là. Alors, est-ce que c'est l'intrigue? Est-ce que c'est le qui a tué? Est-ce que c'est le qui est le coupable? Est-ce que c'est le qui est le salaud? Est-ce que ce sont ces questions qui stimulent l'attention et remettent la machine à lire en route selon toi? Oui, je pense qu'il y a quelque chose qui est vraiment de l'ordre du récit, c'est-à-dire avec le suspect, il y a toujours, même si ce sont des, comme beaucoup maintenant des polards depuis longtemps, en sociaux, d'atmosphères, et qui finalement prennent en charge la société et la raconte telle qu'elle est, qu'elle soit à française, quand d'inav, etc. On n'a jamais uniquement l'impression d'être dans la littérature. On est quelque part, c'est la littérature, c'est l'écriture, qui vous amène à un monde dans lequel il se passe quelque chose. Il se passe quelque chose de grave, de lourds, et c'est peut-être cette lourdeur et cette gravité saisie par le récit qui permet de chasser la sienne de lourdeur et gravité de l'état dans lequel on est, de même, c'est un cliché, mais j'en connais comme ça, que sa chasse certaine des angoisse est à l'insomni. Il y a pas mal d'insomniacs, de gens, en tout cas de gens, qui ont des problèmes avec leur sommeil, qui lisent des polards la nuit, et d'ailleurs, moi, je suis pas insomniac du tout, mais ça m'est arrivé de lire des un certain nombre de polards. Je pense qu'on peut être fili au polard de manquelles, de denteque, qui très classiquement m'amenaient jusqu'à 3, 4 ans du matin. Oui, c'est possible de lâcher. Oui, mais voilà, c'est ça. Alors, ça aide les insomniacs à en durer l'insonie, et ça aide ceux qui ne le sont pas à le devenir. C'est ce qu'on appelle, le bingo. Tu m'as dit, Philippe, le polard, c'est le plaisir. Le plaisir. Et ce, aussi, par là, que tout recommence que la vie revient. De toute façon, quand même, je pense que si on lit, en tout cas, moi, si je lis, c'est d'abord pour me faire plaisir. Tu me dis, il y a une de mes fonctions principales, c'est d'être critique littéraire, et ce qui peut paraître contradictoire, parce qu'on le sait un boulot. C'est un boulot, et puis on lit beaucoup de livres qui ne font absolument pas plaisir. Donc. Donc. D'éfinition d'un critique. Donc, il y a quelque chose d'ailleurs, la passe, et parfois, et trois, t'es le critique. En tout cas, tel que moi, je le vois, tel que je le vis, doit chercher son plaisir d'abord là où il est. C'est là où il est, c'est là où il n'est pas forcément au départ. Donc, il y a dans la critique une affaire des forts, mais qui ne fait qu'exagérer quelque chose qui est de la lecture. Et je pense que c'est ça qui aussi, on pêche de lire quand on va pas bien, c'est que quand on ne va vraiment pas bien faire des efforts, c'est difficile. Tout simplement. Et la lecture exige des efforts. Donc, le polar peut-être qu'il s'écrète un miel qui fait passer plus facilement à l'effort au départ. Moi, ça a été un médicament pour moi, comme aucun autre. Philippe, pendant que je me tapais mes 35 romans, toi tu réalisez Chester Heim, les pays recueilles, Cercaille et Fossewaire chez Gali Mar, collection Quarto, extra ordinaire, auteur affreux américain. venus s'installer en France après avoir fait de la tome aux États-Unis, pas que ça, mais notamment ça. Il a été très vite publié dans la série Noir quand il s'est installé chez nous. Pourquoi lui? Il y avait un livre qui était sorti et qui parlait lui. Et dans ce livre, à un moment donné, il est question ou de Chester Himes, ou de la Raine des Pommes, son premier roman, connu, parce qu'il en a écrit beaucoup qui sont moins bien et qu'on ne connaît pas. Et donc, à ce moment-là, et d'ailleurs, c'est vraiment très contradictoire avec la efficacité critique, j'arrête de lire ce que je dois lire pour aller vers ce que je veux lire. Et c'est parti. Et donc du coup, j'ai commencé à relier en vérité, mais c'était intéressant parce que j'ai les avais lu adolescent, ils étaient dans ma famille, mais dans la série Noir, où ils étaient traduits de manière, à Vroximative, j'avais le quartot chez moi qui était sorti bien longtemps après, que je n'avais jamais lu. Et donc, j'ai repris ce quartot, et là, je me suis remis sérieusement tout en lisant la biographie de Himes, quand je connaissais extrêmement mal. Et j'ai découvert, comme toi, tout ce qu'il avait vécu, c'est vrai qu'il est passé par. - Ah, c'est une vie impressionnante. - C'est une vie très impressionnante, qui est évidemment un nourrit son travail. En tout cas, tu as raison, Philippe, la machine à lire, c'est remisant route pour moi. Je t'ai écrit alors pour te dire que j'allais voir si j'allais mieux. On lisant un livre sur la mort. Le livre s'appelle "Ce qui reste", c'est le dernier roman de l'Allemand Bernard Schlink, consacré à un homme de 76 ans, qui apprend qu'il a un concert du pancreas, et qu'il ne lui reste plus que six mois à vivre. Pour préparer cet entretien, j'ai relué aussi le long beau que j'avais mis ton de temps à lire quand il est sorti. Tellement, je redoutais la description de ce qui était arrivé à certains de mes amis, comme Bernard Marys, ou comme toi, mon cher Philippe. Et tu m'as répondu par S&S, "Ne te sens pas coupable d'éprover du plaisir". Continue à lire ce qui te fait plaisir. Ne va pas faire un stress test avec un roman sur la mort pour voir si t'es capable d'en caisser le choc. C'est quand même une belle définition de lecture, je trouve. Continue à te faire plaisir. Oui, enfin, encore une fois, je te le redis, il me semble que c'est la première raison de lire. Après, il y a des gens dans la profession, comme je disais, et qu'ils lisent pour leur travail, et qu'ils ne lisent évidemment pas que des choses qui leur font plaisir. Mais quand on n'a pas pour profession de passer son temps à lire, c'est la première vertu que ça donne, parce que le plaisir, quand même, éveille l'intelligence aussi. Donc, et ouvre le champ, enfin, ça, je suis à peu près certain, ça se simule. On se retrouve dans un état presque fourique, quand on lit quelque chose qui vraiment donne du plaisir. Ce n'est pas un plaisir, comment dire, stéril du tout. Non, mais puis on a envie d'en parler aux autres, on a envie de partager, de dire, pourquoi on prend un tel plaisir avec le livre. Après, la tentat du 7 janvier 2015, la première chose que tu relis, si je ne me trompe pas, c'est un mail pour te remettre les faits et une chronologie en tête, à quel moment retrouve-tu des livres? Alors, je retrouve les livres essentiellement par deux canaux. D'une part, j'ai demandé, pardon, de passer chez moi, où ils ont découvert mon appartement, dans lequel il n'y a été pas vu, allez depuis longtemps, ils étaient effarrés par le désordre de livres. C'était un appartement qui était envahi littéralement par les livres. Et je me ravais dit très précisément où trouver les pléates de proustes, essentiellement ça. Voilà. Et la montagne magique de Thomas Man, que je voulais lire depuis longtemps, et donc je me t'ai dit, c'est le moment. C'était une mise en abîme de ta situation, la montagne magique. C'était pas clair. Je me disais que je vais le lire. J'avais fait des essais, mais ça m'a aidé pas. Je crois que c'était beaucoup plus simple que ça, c'était la maison prustienne, c'est une maison que je connais bien. La maison Man, j'ai connaissé un être moins bien, et la montagne magique, je n'avais pas lu, donc il y avait d'une part un endroit qui m'était totalement familier. Et d'autre part, l'idée de lire un grand roman. Je me dis, quand j'ai compris très vite quand même que j'y étais pour un bout de temps, je me suis dit, c'est peut-être l'occasion, si j'y arrive. Et la deuxième source, c'est ma chave de service et amie Claire de Varieu, qui libération. Qui m'a apporté entre autres choses les lettres amylénas de Kafka, qui venait de sortir dans une nouvelle édition. Et voilà, déjà ces trois livres, après il y en a eu d'autres, mais ces trois livres ont été vraiment. Comment dire? Si ça gie de grimper, il y a le camp de base. Que devenu le livre que tu fais huitais avec Kabu au moment où surgissent les deux terroris, c'est un livre de photos sur le jazz, antitulé Blue Note. Tu sais ce qu'il en est advenu? Oui, oui, très bien, puisque je suis retourné quelques mois après. Je ne sais plus exactement quand. Dans les locaux, pour en fait voir si y avait des choses qu'on pouvait encore récupérer qui n'étaient pas sous-cellées du fait de l'eau. Et donc, en fait, c'est là que j'ai retrouvé ce livre, enfin qui était là, Tachet de Sand. Ce qui était si déran, c'était que la pièce, la salle de la conférence de rédaction de Charlie, était. certes avait été nettoyé, mais elle était exactement comme le jour où la tentative est eu lieu. C'est-à-dire qu'elle était petrichée dans le temps. C'est des choses que j'avais vu dans des pays en révolution, des endroits absolument sacagés, et puis on y retourne longtemps après, et pour une raison ou une autre, les choses sont restées exactement en l'état. Donc, il y avait cette sensation qui était si dérente. Vous parlez de quoi avec Kabu, en feuilleton, alors là-bas? En fait, ce qui s'est passé, c'est que Kabu, qui avait énormément le jazz, plutôt le jazz, les Big Band, mais pas seulement il était très. Très hérudie, hein? Très hérudie avait fait un admirable album sur le jazz, plusieurs, mais un en particulier que j'ai toujours, et en fait, j'avais écrit une chronique dans Charlie, qui était liée à Coltrane et en particulier à son bâteur, à Elvin Jones. Et en fait, Kabu m'avait raconté et avait fait un dessin pour accompagner ma chronique, mais je dirais que c'est plutôt ma chronique à accompagner son dessin, où il racontait qu'un jour au Festival de jazz de Marciac, dans le sud-ouest, par un été, avec comme il y a dans le sud-ouest, une chaleur épouvantable, Elvin Jones jouait, c'était un espèce de géant, un bâteur d'une élégance extraordinaire, donc il y avait été le grand bâteur du quartet de Coltrane dans les années 60, et tout à coup l'orage s'est déchaîné. Et les gens partaient, parce que c'est un orage du sud-ouest, c'est des plus torrentiels, le tonner, les éclairs, et Jones, il n'a pas bougé, il l'a continué, et Kabu me disait et avait montré dans son dessin, que c'était comme c'était lui le démurge, c'est-à-dire que c'était lui qui déchaînait l'orage avec sa batterie. Et quand j'ai reçu, donc, juste avant la tentasse livre, Blu-Nott, la première chose que j'ai fait, que j'ai reçu à libération, c'est d'arriver ce matin-là pour lui montrer, en lui en t'a vu ça, parce que dedans, il y avait des photos d'Alvin Jones, qui étaient magnifiques, une ou deux si je me souviens bien, et on a regardé les photos. Et véritablement, c'est la dernière chose que j'ai faite avec Kabu, puisqu'il y a vraiment les tours sur rentrer quelques minutes plus tard. Le long beau Philippe, tu l'a écrit plusieurs années après la tentasse, est-ce qu'on ne peut écrire sur certaines choses avec la distance du temps ou tu savais déjà sur ton lit d'hôpital que tu écrierais, tu pensais déjà à des phrases qui se formaient dans ta tête, qu'elle a été le processus de création de ce livre? - Le processus a été un peu différent et largement inconscient, c'est-à-dire que dans un premier temps, ce que j'ai fait très vite depuis mon lit d'hôpital, c'est d'écrire chaque semaine dans Charlie, pas exactement ce que je vivais, mais ce que je vivais à travers ce que je voyais autour de moi. Donc, je parlais de la vie dans ce service de chirurgie maxile ou facial, des infirmières, des aides soignants, des femmes de ménage, de tout. Mais sans véritablement, parce que j'ai quand même cette espèce de. J'avais cette interdit de journaliste, qui n'ont pas le pas vraiment de soi. Enfin, c'est pas quelque chose qu'on est censés faire. Je sentais quand même que j'étais à la lisière de ça. Donc, je voulais essayer d'utiliser mon expérience pour montrer au lecteur de Charlie à travers une chronique. Donc, quelque chose. quelque chose de personnel. Ce que signifiera vivre dans un endroit pareil et comment les gens vivaient dans cet endroit, travailler dans cet endroit, depuis un unique point de vue qui était mon lit d'hôpital ou mon brancaire si je descends des obloques. C'était ça. Et chaque semaine, le coursier de Charlie m'a mené plusieurs exemplaires du journal, dont l'un a terrissé systématiquement dans le poste de soins où les infirmières régulièrement découpaient la corne. Et c'était aussi quelque chose qui était intéressant. C'était à l'intérieur de ce point de vue, j'étais comme une espèce de localier. C'est-à-dire que j'avais un retour immédiat de ton lectora. De mon lectora qui était légende, dont je parlais, en gardant le rannonima, etc. Mais disons voilà. C'est mieux comme ça. Alors ça, c'était le début. C'était les premiers mois en fait. On va dire que ça ne me rendait pas compte, mais c'était évidemment comme une bande d'essais, en quelque sorte, mais très différent de ce que j'ai fait par la suite dans le lambo. Et donc après, je suis passé aux invalides, à l'hôpital des invalides, où j'ai continué à faire ça. Je me suis un, il y a plusieurs étapes de prise de conscience, mais environ, ça devait être à l'été 2015, aux invalides, marrant du visite, Serge Julie, fondateur de libération, quels grands patrons de Libye, qui, quelqu'un que j'aime beaucoup et qui a beaucoup compté pour moi. Et on s'est installé dans le foyer qui est sous le domne des invalides d'un endroit très beau. où il y a dans ce foyer, tous les patients qui pourillaient avoir la bas, donc des militaires emputés, toutes sortes de gens, c'est vraiment une sorte de cours des miracles. Mais dans un endroit magnifique, bâtisse ou l'14, on était là et puis je disais, tu as vu celui-là, évidemment, je connaissais les gens. Donc celui-là, il est arrivé ici, celui-ci, il est arrivé ça. Et Serge écoutait, et puis avec cette voix métallique qu'il a, avec cette fermeté, qu'il a, il m'a dit, "Mais tout ça, il va faire que le raconte." Je suis un très bien, je l'ai regardé à l'injunction du patron, quoi. Et qu'il était pas tronc, il a été parté, il a été libé, et depuis déjà longtemps. Et je me suis dit, je le dis "Je l'ai pensé, et avec le. Putain, il a raison." C'est-à-dire, et en fait, ça m'a câblé parce que j'étais encore quand même très faible, et écrire des chroniques, semaine, après semaine, c'est une chose, écrire un livre sans n'étudie d'autre. Et donc là, j'ai compris que tout à coup, c'est comme si il montrait la pente, quoi, qu'il allait falloir gravir. Et après, il a fallu beaucoup de temps pour être en état. Et donc, justement, quand je suis sorti de ça, que j'ai vraiment commencé à écrire, finalement assez vite. Et ailleurs, puisque j'ai commencé vraiment le livre en écosse, et je l'ai fini à Rome. Tu le sais Philippe, il y a cette vision très romantique des livres qu'on lit et qu'ils font pleurer les larmes du lecteur. Moi, le long beau me fait pleurer. Les pages qui racontent la tentat en lui-même sont des pages terrifiantes. Elles m'ont fait faire des couches marres de la nuit. Mais il y a tout le reste du livre dont je ne peux pas parler, que je ne peux pas raconter ma compagnie à un copain à qui que ce soit, sans que l'arme ne monte immédiatement. C'est quelques phrases sur tes parents, un mot sur ton frère, tant de mots sur ce qui te traverse toi, au fil des pages. Alors voilà, je te livre ces larmes. J'imagine que je suis pas le premier à t'avoir dit que le livre avait produit ce type de réaction, mais moi j'avoue que je pense que c'est l'une des premières fois de ma vie que je pleure, que c'est de cette manière là que s'exprime la lecture aussi. C'est une première. Oui, ça me touche. Effectivement, j'ai eu quand même beaucoup de manifestations de la part de lecteur et de lecteur par définition tout à fait inattendu dans toutes les catégories possibles de manière, enfin, vraiment, dans la rue. C'est très étonnant. Et je peux dire aussi que de ce point de vue-là, j'ai été protégé par mes lecteurs au sens où ils ont été. Les gens étaient très à fois manifestes, c'est leur émotion, ils étaient discrets. C'est ça qui m'a vraiment frappé. Et c'est l'idée que je me fais de la lecture, c'est-à-dire l'intensité et la discression, la lecture, c'est un quand même un acte fondamentalement solitaire, une pratique solitaire et silencieuse. Mais quand elle coule sur la chute, c'est quand même. Alors après moi, c'est. Cette émotion, moi, précisément, les choses parfois terrines que j'ai pu éprouver, bien entendu, l'écriture m'a permis de les mettre à distance. Elle n'a pas permis que ça. Je pense que moi, je voulais vraiment écrire. Et c'est mon métier, puis c'est ce que j'aime avec l'hier. Mais ça m'a permis vraiment de mettre à distance et d'ailleurs, je pense vraiment qu'on part vient écrire exactement et à faire ressentir ce que tu dis si on y parvient. En épuisant, en soi-même, il faut que ces sensations soient épuisées, en soi, ces émotions pour qu'on puisse les restituer. Et la seule fois où j'ai vraiment. J'ai éprouvé tout à coup, et où je me suis dit "tiens t'a écrit ça" et où tout à coup ça m'est revenu dessus. C'est à temps-je où j'étais à la Bibliothèque nationale de France et où Paudalidesse, de Nupodalidesse, a lu le chapitre dans la salle de conférences à réaction après la tenta, quand j'ouvre un œil et voilà. Et que je vois les morts et que je comprends mon état, etc. D'une part, j'avais l'impression le temps avait passé et j'avais le sentiment que ça avait été écrit par un autre. C'est que c'était un livre qui m'a partenée plus et ça, voilà. Donc ça, c'était frappant. Et je dois avouer, il y a l'extraordinaire bien l'hu, c'est à dire qu'il y avait une intensité profonde et en même temps c'était très sobre et en même temps très. Et alors on en rendu vraiment là pour le coup une mouche volée. Et là, là, j'ai vraiment fait. C'est à seule fois où j'ai fait hyplorer. Mais pas parce que je l'avais écrit, mais précisément parce que je me suis retrouvé dans l'état que tu disais, c'est-à-dire j'étais. j'étais pas celui qui l'avait écrit, j'étais celui qui l'isaient. Ce n'était plus moi. Et ça, c'était du avant tout là au talent de Podalides. Mais c'est la seule fois où j'ai senti ça comme ça. Oui, le rapport, la qu'il malle, possible, au texte. Encore un mot dans le lambo sur la précision du vocabulaire médical, une précision qui te fait du bien. Moi, j'ai prouvé aussi le même sentiment. J'aime savoir que lorsque je suis en des pressions que je n'ai plus désire, et bien ça s'appelle de l'année Donnie, d'où ça vient chez toi, Philippe. Qu'est-ce qu'un mot exact fait un corps abîmé? Ah, c'est une belle question déjà. Et bien déjà, je pense que les choses, il faut les nommer. Que les nommer, c'est à la fois d'un côté les apprivoiser et de l'autre, les rendre à leur mystère. Parce que les mots ne sont pas les choses. Ils sont essentielles pour les déterminer à nous humains qui sont des êtres de langage. Et en même temps, ils ne se réduisent pas. Les choses ne se réduisent pas au mot et les mots ne se réduisent pas au chose. Donc ils ont un chant, pas seulement sonore, mais imaginaire, qui leur spécifique, mais encore pour qu'ils soient en quelque sorte, qu'ils aient cette efficacité dont ils parlent, il faut quand même qu'ils soient très précisément attachés à la chose. Donc il faut être le plus précis possible. C'est pas du tout une raison de, comment dire, cuistre ou quoi que ce soit. C'est vraiment quelque chose de qu'elle y est à la fois à notre existence humaine et à l'essence des choses auxquelles on est confrontés ou des phénomènes. Donc évidemment, plus ces phénomènes sont intenses et la souffrance que tu avais pu que tu vivis ou que j'ai pu vivre, c'est des expériences intenses. Et donc là, je trouve qu'en plus on n'a pas le droit d'être vague. Enfin, je veux dire, oui, il y a aussi cet aspect en fantain, c'est à dire les mots aussi nous font rêver, c'est à dire ces mots qui à la fois sont effectivement dans le domaine médical extrêmement précis, qui en souvent des origines grecs. C'est toujours intéressant d'ailleurs de faire leur étymologie. Mais là non plus, ils ne se réduisent pas non plus à l'étymologie, ils ont été transformés et ils deviennent autre chose. Et il faut qu'ils gardent aussi cet aspect un peu magique qui sont, quoi, c'est ça, à la fois ils dévoilent la chose et ils la voilent. Alors quels questions sur toi aujourd'hui Philippe, dis-nous quelle lecteur tu es là en juin 2026, tu lis tout ce qui sort, tu es vorace où tu es maintenant économe de ton temps et de ton attente. En vie, ils sont l'estomac au mangement. Donc en fait, je suis sans doute moins vorace et moins curieux que je n'ai été, enfin pas sans doute, c'est sûr. Et il y en sans doute moins de temps, moins d'énergie, je me concentre davantage instinctivement sur des types de récits qui me plaisent davantage, qui sont actuellement plus depuis un certain temps de l'ordre de la non-fiction sans que je puisse exactement expliquée pourquoi. Mais j'ai pour moi, en tout cas j'ai le sentiment que le récit dont on parlait au départ avec le polar, le sens du récit, c'est beaucoup réfrute installé dans la non-fiction. Oui, qu'on appelle parfois aussi littérature du réel. J'ai aucun de ces termes. Est-ce que c'est lié au fait que ces histoires sont réelles, j'en suis pas sûr. C'est-à-dire il est possible que la réalité oblige lescrivins d'abord à être précis. Et d'autre part, à donner un certain naire à ces histoires. En même temps, il y a beaucoup de textes d'infictions qui ne sont vraiment pas bons. Mais enfin, moi, c'est plutôt par là que actuellement que ça intéresse. Je reçue beaucoup revenu quand même à la poissie, que j'avais jamais vraiment quitté. Donc le romant tondait en fait? Non, pas forcément, mais disons que j'en vois, c'est rare que je trouve sur un romant que je trouve passionnant. Aujourd'hui, tu les remercues contemporain? Oui, oui. Aujourd'hui, tu les trouves édiffiant les romans. Tu les trouves que ce sont des romans à thèse, qu'à la fin, on nous balance la morale de l'histoire. Le problème, c'est que c'est ce que c'est vraiment dès le début, c'est ça le problème. C'est aussi un problème quand on vieillit, c'est qu'on voit assez vite l'efficiel. Il y a des moments où on aimerait revenir en arrière, pas seulement parce qu'on aurait 20 ou 30 ans de moins, mais parce qu'on aurait plus de. Ce qu'on appelle l'infraîcheur, c'est-à-dire une sorte d'ignorance généreuse qui nous permettrait de prendre un peu des vécis pour des lanternes et de ne pas voir de se dire "mais c'est pas possible, j'ai déjà lu ça 10 fois" Donc, c'est vrai, mais ça c'est un peu. J'en ai aussi conscience et voilà. La ce que je me suis posée, la question suivante, précisément, tu étais connu pour la férocité de certaines de tes critiques de livres. Ce Philippe l'en son là, il est passé où? Est-ce qu'il s'est adoucis avec l'âge? Est-ce que ça ne te manque pas Philippe d'être méchant? Je pense aussi que c'est une question d'âge. Est-ce que ça m'a. Le Philippe l'en chaisant? Non, il existe bien sûr. J'ai toujours dans la vie privée. Le mauvais esprit, c'est une hygiène. Oui, et on s'en débarrasse pas. Le mauvais esprit contre les choses qu'on aime pas, mais aussi contre soi-même. C'est aussi se moquer, parce que ça permet d'évacuer un certain nombre de choses et autant le faire en essayant de trouver. Mais ce qui est certain, c'est qu'on a peut-être moins envie de publier son mauvais esprit. Moi, en tout cas, moi, mais c'est un peu. Oui, ça manque quand même. C'est-à-dire il y a des moments, je me dis, je lis un livre ou je vois un film, je me dis, mais c'est pas possible. Donc là, il faudrait faire quelque chose. Et c'est vrai que avant je le faisais, et maintenant je fais plus. Bizarre quand même. Mais je pense que c'est. Peut-être parce que je l'ai fait pas mal quand même, je fais beaucoup. On a pu envie de le faire. Je pense que c'est assez banal, c'est-à-dire qu'il y en a qui continue, j'en vois un ou deux qui sont très peu nombreux. Tu remarques. Dieu est méchant, c'est ça. Oui, mais il y en a plus beaucoup. Tu vois, son le champ critique, il s'est beaucoup réduit. Les critiques ont beaucoup moins d'importés, d'importance, de puissance prescriptive qu'ils n'ont eu. Et donc, en fait, il y a aussi qu'en fait ça, quand on sent que ça peut être, en tout cas symboliquement efficace. Là, j'ai le sentiment que c'est dans ce concert, en plus, dans un monde qui est envahi par les réseaux sociaux et tout ça, où la brutalité est permanente. Ça ne serait qu'un coup des pées dans l'autre plus. Et même si c'est très bien écrit, que ça ne s'entendrait plus. J'ai l'impression que tu es créé Philippe aujourd'hui beaucoup plus sur la peinture que sur les livres, que trouve-tu dans le silence de l'image que tu ne trouves plus dans les livres. D'abord, là, je retrouve une certaine fraîcheur ou naïveté, parce que simplement, je me sens vraiment un amateur. En ce sens, je. d'une part, je travaille aussi en l'isant dieu, mais je ne peux pas vraiment me reposer sur ma culture. Là, il faut vraiment que je boss. Et, évidemment, comme toujours, le travail a une vertu dynamique, c'est-à-dire qu'il nourrit l'entousiasme ou au contraire plutôt l'entousiasme. Et plus on s'informe, plus on comprend ce qu'on voit. Donc ça, c'est une chose. La deuxième, c'est que c'est un autre, en tout cas pour moi, régime des critures dans la presse. C'est-à-dire que je pense vraiment que c'est le travail modeste, puisque ce sont que des articles, de réflexions et de descriptions, et plus dynamique et plus concrets que dans la critique littéraire. Ou, on travaille sur des objets qui sont toutes en des objets abstraites. T'en dis que là, vraiment, on est face à un tableau à une sculpture. Voilà, comment on décrit ça? Pourquoi je le décris comme ça? Tu as un tableau qui est accompagné, comme un livre, pas accompagné. Je reste quand même très attaché aux espagnols, Goya et Avélasequese. Donc je reviens toujours à deux gars et mané. C'est très banal. La littérature permette elle de guérir selon toi, ou est-ce déjà suffisant qu'elle accompagne et qu'elle fasse plaisir? Non, je pense pas du tout. On m'a beaucoup posé la question pour l'embauche, je ne sais pas ce qu'il en est pour toi. Je pense que déjà le fait qu'elle apporte du plaisir une diversion dans ces moments où on est trop concentré sur soi, du fait de la souffrance où on est en soi. Et donc elle permet quand même d'ouvrir si on y arrive pendant qu'on pense que je pense aux petits marselles, ou que tu penses à un faussoir et cercaille ou à Tchant ou à Philippe Marlots, tu penses pas à toi. Donc déjà c'est vraiment important. Et puis je lisais récemment dans le livre de Carrère, la Colcos où il disait qu'il avait très peu de conversations avec des gens qui lui apportaient autant de plaisir et d'intensité. Il le disait mieux que ça, mais que la lecture, que en fait finalement la grande expérience de sa vie, c'était la lecture. Je comprends ça, c'est à dire que quand on est confronté à des très bons textes de quel corde qu'il soit, franchement c'est comme avoir une conversation avec quelqu'un qui vous surprend à chaque phrase. Et ça, dans la vraie vie, ça n'arrive pas, ou très rarement. On se sent souvent à la fois moins con et plus con. On n'est pas dans le smultoc, avec la. On est ramené à quelque chose d'essentiel, être nourré par les livres. Et de surprendant? Oui, je vois pas d'expérience comparable. À les dernières questions, Philippe, sur les polar, puisque c'est par là qu'on a commencé. Si on en recommandait un seul à quelqu'un qui traverse là, un épisode dépressif, une longue convalescence qui n'arrive plus à lire, pour lui remettre le pied à l'étrier, tu dirais quoi? Tu conseillerais quoi? Pour commencer comme ça, je dirais un classique, les romans ou les nouvelles d'acheler la mête? D'acheler la mête. Moi, Michael Connelly, sur l'ocent je laisse les aventures de l'inspecteur Harry Borsch, il y a les premiers des familles emvidables du noirceur total. Sinon, Jean Patrick Manchette, évidemment. Oui, Manchette, Tieri Junquet, Moller Junquette, c'est le formidable. On est d'accord avec mon copain Philippe. Merci infiniment, en tout cas, Philippe, d'avoir été là quand j'allais pas bien, de m'avoir sorti la tête de l'eau, en me remettant sur la voix du plaisir. Bon, retour dans le vaste monde. Merci. L'hier par plaisir, l'hier pour guérir, l'hier pour remobiliser sa capacité d'attention. Philippe Lançon, oui, ma sauver, quand j'allais mal, est-ce qu'il est valable pour la lecture? L'est aussi pour les serrer télé, que je ne pouvais plus regarder avant que les choses lentement, tout se mancent des blocs et que je sois à nouveau ouvert à leur charme. Voilà les 6 épisodes de ce podcast, vous sont disponibles si besoin évidemment. Si besoin podcast écrit par Nicolas Demorand, réalisé par Lola Costantini, préparé par Amélie Stadellmann et Matilde Klatt, mixé par Basil Poker. Je le dédi à Maniaise en théâtre qui a tout compris aussi besoin.

Podcast Summary

Key Points:

  1. L'incapacité de lire après une dépression sévère, malgré l'amour pour la lecture.
  2. Les polars (romans policiers) comme remède pour retrouver la capacité de concentration et le plaisir de lire.
  3. Le rôle de Philippe Lançon dans la recommandation de polars pour aider Nicolas Demorand.
  4. La lecture comme source de plaisir essentiel, même face à des épreuves traumatiques (attentat de Charlie Hebdo).
  5. L'expérience personnelle de Lançon

Summary:

Dans cet échange, Nicolas Demorand confie à Philippe Lançon son incapacité à lire après une grave dépression, malgré son amour pour la lecture. Lançon lui recommande des polars pour "remettre en route la machine à lire". Demorand suit ce conseil et lit une trentaine de romans policiers, ce qui l'aide à retrouver concentration et plaisir.

Lançon explique que le polar, par son récit captivant et sa capacité à transporter le lecteur dans un autre monde, permet de chasser l'angoisse et la lourdeur de l'esprit. Il souligne que la lecture doit avant tout être un plaisir, même pour un critique littéraire. Lançon partage sa propre expérience après l'attentat de Charlie Hebdo en 2015 : blessé, il a trouvé refuge dans la lecture de Proust, Thomas Mann et Kafka, et a commencé à écrire des chroniques depuis l'hôpital.

Ces chroniques ont jeté les bases de son livre "Le Lambeau". Il raconte aussi un souvenir émouvant avec le dessinateur Cabu, juste avant l'attentat, autour d'un livre sur le jazz. Pour Lançon, la lecture est une bouée de sauvetage, un moyen de retrouver la vie et l'intelligence par le plaisir, même dans les moments les plus sombres.

FAQs

Les polars, avec leur intrigue et leur récit captivant, stimulent l'attention et remettent en route la machine à lire, offrant un plaisir qui chasse la lourdeur de l'état dépressif.

Il lui a conseillé de commencer par des polars ou des romans d'aventure, car ils sont plus faciles à suivre et aident à retrouver le goût de la lecture.

Il a relu des polars de Raymond Chandler lors d'un reportage éprouvant, et plus tard, après l'attentat, il s'est plongé dans Proust et La Montagne magique de Thomas Mann.

Blue Note, un livre de photos sur le jazz, a été le dernier objet que Philippe a partagé avec Cabu avant l'attentat, en regardant des photos d'Elvin Jones.

Il a écrit chaque semaine dans Charlie Hebdo pour décrire la vie dans le service de chirurgie, sans se focaliser sur lui-même, offrant un regard sur le personnel soignant et les patients.

Serge July, fondateur de Libération, a poussé Philippe à raconter son expérience plus en détail, ce qui a conduit à l'écriture de ce livre.

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