Les promesses de la neurostimulation | Carine Karachi
13m 31s
Cette transcription présente une exploration fascinante du cerveau humain, animée par la chercheuse Karin Karachi. Elle explique que nos gestes automatisés, comme serrer la main ou nager, sont des programmes moteurs subconscients qui définissent notre identité et persistent même dans des maladies comme Alzheimer, où la mémoire procédurale reste intacte. En contraste, la maladie de Parkinson affecte les structures profondes, perturbant les automatismes. La stimulation cérébrale profonde, technique française mini-invasive et réversible, restaure ces fonctions en plaçant des électrodes au millimètre près. Karachi montre des cas spectaculaires : une danseuse Alzheimer retrouvant une chorégraphie, un patient Parkinson retrouvant la marche, et des modifications émotionnelles inattendues (mélancolie ou rire) dues à un léger décalage de la cible. Cette découverte permet désormais de traiter des troubles psychiatriques graves (violence pathologique, syndrome de Gilles de la Tourette) en modulant les émotions. Cependant, elle soulève des enjeux éthiques : faut-il utiliser cette technique pour « augmenter » les capacités humaines (mémoire, vigilance) au-delà du soin ? Karachi insiste sur l’espoir pour les patients souffrant de maladies tragiques, mais appelle à une réflexion sociale et politique pour encadrer ces avancées. Elle conclut avec l’histoire émouvante d’une patiente Tourette, dont la vie a été transformée par la stimulation.
[Musique] Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Tête en français, le podcast officiel de la communauté tête francophone. Je suis Michel Lévi Francea, et je suis ravie de vous retrouver cette semaine pour explorer les frontières fascinantes de la médecine et de notre propre humanité. Aujourd'hui, on va planger au cœur de l'organe le plus complexe et mystérieux qui soit le cerveau. J'accueille une eurochérienne chercheuse d'exception qui travaille à l'Institut du cerveau et à l'hôpital de la pitié salpétrière à Paris. Son quotidien naviguait dans nos réseaux neuronaux pour tenter de les réparer. On écoute Karin Karachi. [Musique] Qu'est-ce qui nous définit en tant qu'un des vidus? Qu'est-ce qui fait qu'on est sois? Est-ce notre apparence physique? Grand, gros jeunes. Oui, mais on fait du sport, on m'écrit, on se fait faire du botox. Est-ce notre tempérament? Curieux, j'allais bien veillant. Oui, mais on se modifie avec l'expérience. Alors, qu'est-ce qui reste de nous malgré le temps qui passe? Mon expérience de nos chirangiens me fait dire que ce sont nos gestes qui nous définissent intimot. Je m'explique. Quoi de plus personnel que votre mère vous faisant en voir au coucou de la main dans la ruche? Ou bien la manière dont un ami nage l'été dans la mer? Ou bien moi, ma façon de m'exprimer à vous est de parler avec mes mains. Nous avons tous un répertoire gestuel qui nous est propre, qui nous caractérise et qui va perdurer toute la vie. Il s'agit de programe moteur, appris et automatisé par les régions profondes de notre cerveau. Ce sont des programmes qu'on appelle subconscient. Cela veut dire que nous n'y pensons pas quand nous les exécutons. Et comme nous n'y pensons pas, notre personnalité s'exprime à travers eux. Prenez un autre exemple. Vous ne serrez pas la main de la même façon à votre patron, qui a votre meilleur ami, c'est évident. Et c'est au sein des structures profondes du cerveau que saupère se fabule mes langes entre mautricité d'une part et émotion d'autre part. Je vais vous montrer la vidéo d'une ancienne danseuse. Elle est atteinte d'une maladie d'Alzheimer déjà un stade avancé. Regardez. Vous avez vu? Elle se souvient parfaitement de la chorégraphie du lac des signes qu'elle a appris, réappris, sur appris. Comment c'est possible? En plus dans ces gestes, vous avez vu la grâce, l'émotion qui se dégage. Et bien, c'est possible, parce que la maladie d'Alzheimer elle touche le cortex, c'est-à-dire la surface du cerveau. Mais les structures profondes sont préservées. Alors certes, la mémoire biographique, épisode Xenva, mais la mémoire procédurale, elle reste. Dans la maille de Parkinson, c'est l'inverse, le cortex est normal, et ce sont les structures profondes du cerveau qui disent fonctionnent. Regardez ce patient par qu'une soignin, sans traitement. Vous voyez, comme la marche est difficile, elle est lente, il n'y a plus d'automatisme. C'est vraiment difficile, il faut beaucoup se concentrer pour initier ces programmes. Nous avons pérés patient, on mi-en place des électrodes de stimulation cerebral profonde, au fin fond de son cerveau. Et voici le résultat, spectaculaire, non? La marche est établie. Les programmes moteurs automatiques sont établies. Sa fluidité, sa rapidité, sa beauté aussi. Alors, la stimulation cerebral profonde, c'est une invention française. Elle nous demande à nous, nous nous recherchons d'être extrêmement précis. On a besoin d'aller au millimètre près dans le cerveau d'impatients donnés. C'est une méthode formidable parce qu'elle est minie invasive, c'est-à-dire qu'on a besoin d'ouvrir très peu la boîte crane pour placer nos électrodes bien précisément. Elle est aussi réversible, c'est-à-dire, on allume la stimulation que nous avons les effets. On est par la stimulation, les effets disparaissent, et elle s'adapte. Elle est adaptable, on s'adapte des patients. C'est vraiment un traitement individuel. Ça fait maintenant 25 ans que nous utilisons, ce traitement en routine clinique pour soigner notamment les patients atteints de maladie de Parkinsonne, et il nous est arrivé de mettre l'électrode parfois 1 millimètre à côté de la cible visée. Et nous avons assisté à des phénomènes inattendues que j'aimerais partager avec vous. Regardez ce qu'il se passe quand on s'immule 1 millimètre sous la cible visée. (mais de la cible) C'est une. J'en ai marre de la vie. On arrête la stimulation, la mélancolie s'arrête au profit d'un désoré. Et voilà ce qui se passe maintenant quand on s'immule 1 millimètre sous l'enaboc. (mais de la cible) (mais de la cible) (mais de la cible) Toujours un grand plaisir pour moi de partager cette vidéo plus sérieusement. Cela veut dire par ces deux exemples, on peut conclure que 1 millimètre de la cible visée, on peut produire un comportement émotionnel. C'est une grande découverte à la fois nos ressentifices et médicats, nos ressentifices car elles nous enseignent sur le fonctionnement du cerveau humain. Medical, car elles veut dire que, si on peut traiter des maladies neurologiques avec des troubles du mouvement, on va pouvoir traiter des maladies psychiatriques avec des troubles émotionnels. Et on a commencé à le faire chez des malades très résistants ou traitement, différents traitements, avec déjà des succès. Si vous m'avez bien suivi, ça veut dire qu'aujourd'hui, on est capable en délivrant des impulsions électriques toutes petites au fond du cerveau humain de modifier les émotions d'un individu. Est-ce qu'on a le droit de le faire? Oui, il me semble qu'on a le droit de le faire dans le cadre patient qui sont en immense souffrance et je pense en particulier à des patients qui ont des accès de violences pathologiques pour lesquelles ils sont hospitalisés en unité pour malade difficile et ils ne peuvent pas vivre livra tellement leurs accès de rage incontrôlables peuvent se retourner contre eux-mêmes ou contre les autres. Donc, qu'elle est soir pour ces patients? Mes deux mains réfléchissons déjà agitons pour le bien du patient ou pour le bien de la société. Il n'y a-t-il pas conflit d'intérêt? Demain, il ne faut pas se le ré on utilisera cette technique non pas seulement pour soigner mais pour augmenter. Augmenter la mémoire, augmenter la vigilance, augmenter nos capacités sensorielles. Nous sommes à l'aube d'une révolution médicale scientifique mais aussi sociale, politique et peut-être anthropologique. J'aimerais finir en vous raconter en l'histoire d'une de mes patients. C'est une patiente que j'ai connu quand j'étais interne. Elle a été la première patiente à être incluse dans un protocole de recherche que nous menions à la salle pétrière qui visait pour la première fois à utiliser la stimulation cérarelle profonde pour traiter la maladie de gile de la tourette. Les images que je vais vous montrer d'elles sont poignantes. Je vais téléphoner avant de vous les montrer pour lui demander son autorisation et elle m'a dit oui parce que pour elle comme pour moi son témoignage est majeur. Vous allez l'avoir à l'encre.
dans le protocole, donc juste avant le démarrage de l'essai, elle est filmée seule dans une pièce. Elle a pour consigne de ne pas bouger ces notre réféceran ciel de base. La voici. (Applaudissements) (Applaudissements) Elle porte un bandon sur leoeil car elle a essayé de se la racheter. Ça fait partie des autos mutilations de la maladie. Vous avez entendu les tigves au coq qui sont ségrés. La voici, maintenant, après quatre mois de stimulation, spectaculaire, elle a énormément maigris du osevrage médicamentteux. Vous avez l'impression que c'est une photographie, mais elle est immobile parce qu'elle n'a plus de tigue. Elle est capable de rester immobile. Le protocole prévoyait une phase qu'on appelle chame, c'est-à-dire sans stimulation à l'insu de la patiente et à mon insu, parce que j'étais l'examinatrice. Et voilà ce qui s'est passé. Même, je te suis de seul en bureau. Merde! Je suis désolé mais je suis capable. Vous voyez la recrue des sens d'étentatives d'automutilation. Elle porte un grand pensement là où les câbles de stimulation passent. Et vous avez vu ce qu'on appelle la copropraxie, le fait de faire des gestes grossiers, et la coprolalie, donc c'est-à-dire des grossiertés. Donc bien sûr, nous avons remis en route la stimulation rapidement et la voici un an après la fin du protocole. - Elle est vieux. - La première dit, c'est des femmes. - Elle limite ses propretiques. - C'est des femmes. Comme ça, je sais, oui. - Alors ça, c'est un question de père. - Est-ce que vous voyez là? - A comment s'il passe? - Si je le pousse. - Je le pousse. Parce que j'ai passé trop d'allées à se frire. - Et elle va toujours bien depuis. Ces avancées sont fascinantes, mais elles peuvent être aussi inquiétantes. Je pense qu'il ne faut pas laisser l'inquiétude, prendre le pas sur l'espoir de traiter des patients qui sont atteints de maladie intraitable et tragique. Donnant nous les moyens de les soigner. J'vous remercie. - Voilà une plongée extra ordinaire dans les mécanismes de notre cerveau, chers auditeurs, si vous avez aimé ce taux que vous pouvez le retrouver en vidéo sur la chaîne YouTube de Télix. Il y a beaucoup de schéma et de vidéos explicatives dans la version vidéo. Si cette épisode a éveillé votre curiosité scientifique ou vous a donné de l'espoir, faites en sorte de le partager. N'oubliez pas de le liker, mais aussi de vous abonner. Au podcast, si ce n'est pas déjà fait, je vous dis à très bientôt dans Télix, en France. [Musique]
Podcast Summary
Key Points:
Le cerveau est l’organe le plus complexe, et les gestes automatisés (programmes moteurs subconscients) définissent notre identité et personnalité.
La stimulation cérébrale profonde, invention française, permet de traiter des maladies neurologiques (Parkinson) et psychiatriques (Tourette) en ciblant précisément les structures profondes du cerveau.
Un millimètre de décalage dans la cible peut modifier les émotions, ouvrant la voie au traitement de troubles psychiatriques résistants, mais soulevant des questions éthiques sur l’augmentation des capacités humaines.
Summary:
Cette transcription présente une exploration fascinante du cerveau humain, animée par la chercheuse Karin Karachi. Elle explique que nos gestes automatisés, comme serrer la main ou nager, sont des programmes moteurs subconscients qui définissent notre identité et persistent même dans des maladies comme Alzheimer, où la mémoire procédurale reste intacte. En contraste, la maladie de Parkinson affecte les structures profondes, perturbant les automatismes.
La stimulation cérébrale profonde, technique française mini-invasive et réversible, restaure ces fonctions en plaçant des électrodes au millimètre près. Karachi montre des cas spectaculaires : une danseuse Alzheimer retrouvant une chorégraphie, un patient Parkinson retrouvant la marche, et des modifications émotionnelles inattendues (mélancolie ou rire) dues à un léger décalage de la cible. Cette découverte permet désormais de traiter des troubles psychiatriques graves (violence pathologique, syndrome de Gilles de la Tourette) en modulant les émotions.
Cependant, elle soulève des enjeux éthiques : faut-il utiliser cette technique pour « augmenter » les capacités humaines (mémoire, vigilance) au-delà du soin ? Karachi insiste sur l’espoir pour les patients souffrant de maladies tragiques, mais appelle à une réflexion sociale et politique pour encadrer ces avancées. Elle conclut avec l’histoire émouvante d’une patiente Tourette, dont la vie a été transformée par la stimulation.
FAQs
C'est une technique française mini-invasive qui consiste à placer des électrodes au millimètre près dans les structures profondes du cerveau pour traiter des troubles neurologiques et psychiatriques.
En stimulant ou en déplaçant l'électrode d'un millimètre, on peut provoquer des changements émotionnels, comme la mélancolie ou l'euphorie, ce qui permet de traiter des maladies psychiatriques.
La maladie d'Alzheimer touche le cortex, mais les structures profondes du cerveau sont préservées, ce qui permet de retenir des gestes appris comme une chorégraphie.
Elle est mini-invasive, réversible et adaptable à chaque patient, offrant un traitement individuel pour des maladies comme Parkinson.
Elle restaure les programmes moteurs automatiques, améliorant la marche, la fluidité et la rapidité des mouvements.
On peut modifier les émotions d'un individu, ce qui soulève des questions sur son utilisation pour le bien du patient ou de la société, et sur son potentiel d'augmentation des capacités.
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