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Le Tribunal de l’Inquisition de Goya

15m 23s

Le Tribunal de l’Inquisition de Goya

Ce podcast de la série "Dipot Cast" explore le verbe "juger" à travers l'analyse du tableau "Le Tribunal de l'Inquisition" de Francisco de Goya. Les intervenants expliquent que Goya ne peint pas l'Inquisition médiévale, mais une institution en crise à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, devenue un outil de contrôle social visant la déviance plus que l'hérésie. Le tableau est interprété comme une critique radicale d'une époque obsédée par le jugement. Goya y dépeint un processus judiciaire immobile et mécanique, suggérant que juger est devenu un état permanent de la société, une forme de violence légale et administrative qui fige le présent et étouffe toute possibilité de transformation ou d'altérité. La force de l'œuvre réside dans le fait que Goya ne caricature pas ni ne moralise directement. Au lieu de condamner, il expose et rend visible. Ainsi, son art invente une autre forme de jugement : par la retenue picturale et la suspension du verdict, il oblige le spectateur à une réflexion critique, évitant ainsi de reproduire la violence même qu'il dénonce. Le tableau apparaît comme une mise en garde prophétique contre le danger non pas de mal juger, mais de trop juger.

Transcription

1998 Words, 12255 Characters

French
Pour jouir et bienvenue dans cette série de "Dipot Cast", imaginé par Major Prépa et Odencia, et qui cette année gravitron autour du verbe jugé. Ce verbe recouvre, dit Paul Rickeur dans le juste "un", une gamme de significations majeures, qui, dans un ordre de densité croissante, vont de opiner, à estimer, puis faire rencontrer le côté subjective et le côté objectif du jugement. Pour enfin, au niveau le plus profond écrit le philosophe, procédé à la conjonction de l'entendement et de la volonté. Veronique Bonnet, professeur de culture générale philosophie, agence-on, saïe à Paris, et moi-même, Frédéric Brétéchet, professeur de culture générale à lettre, à l'externache à vignes, Syka Odencia, un ente, nous vous propose aux texplorer ces significations majeures, en croissant nos approches, tantôt sur des pistes transversales, tantôt, en nous attardant sur un texte. Cette série de podcasts est réalisée avec le concours de Odencia, qui, depuis longtemps, a suplacer les humanités au cœur de ses engagements, et faire de la culture générale un socle fort et nécessaire à la construction, à l'émancipation des étudiants qu'elle recrute, exclusivement que l'aspect preparatoire pour la première année de son programme grand décolle, qu'elle forme et qu'elle accompagne. Poussons donc, désaprésents ensemble, les portes de la justice et du jugement et découvrons ce que j'ai appel. Je vous propose une fois n'est pas coutume, de nous pencher sur une œuvre pictural. Une huile sur panneau, du peintre espagnol Goya, qui est né en Espagne au milieu du XVIIIe siècle et mort en France à Bordeaux, en 1828. Ce peintre majeur va de plus en plus dans son œuvre faire dialoguer les caprices du rêve et de la raison, comme un écho, un temps lui-même en proie au caprice et au bouleversement de l'histoire, un team écolectif. La peinture offrandait l'or comme un tableau en forme de tribunal du temps, comme nous invite à le penser l'œuvre sur laquelle vous allons ensemble nous pencher le tribunal de l'inquisition. Je suis jamais seulement tranchée, c'est toujours prendre position dans un monde historique donnée. Or chez Goya, cette évidence devient tragique, car son époque est une époque qui juge, et qui juge sans cesse. Il juge les croyances, les comportements, les corps et les esprits. Entre 1812 et 1819, avec le tribunal de l'inquisition, Goya ne se contente pas ainsi de représenter un tribunal. Il juge une époque à travers la représentation de ses jugements. Comment le jugement devient-il alors chez Goya à la fois l'objet de la critique et l'instrument par lequel l'artiste juge son temps? Comment peindre le jugement sans y ceder? Et comment juger son époque sans reproduire ce que l'on y dénonce? Avec le tribunal de l'inquisition, Goya ne dénonce pas seulement une institution religieuse datée. Il met en scène un mécanisme universel celui d'un monde qui juge, qui juge beaucoup, qui juge sans cesse, qui juge peut-être trop, qui ne sait plus suspendre son jugement et qui finit par confondre, juger et gouverner, juger et exister. Le tableau apparaît alors comme une méditation radicale sur une forme d'excelles au jugement sur ce que devient une société lorsqu'elle ne vit plus que pour juger. Mais avons toute chose et afin de ne pas commettre des rares de jugement contextualisons l'œuvre sur laquelle nous allons nous pencher aujourd'hui. Contrairement à une idée reçue, l'inquisition que Pinguoya n'est pas celle du Moyen-Âge triompant. Mais c'est une institution déjà en crise que les tintes crépusculaires du tableau donnent à voir. A la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, l'inquisition espagnol subsiste davantage comme apparaît de contrôle social que comme autorité théologique incontestée. Elle jugent moins des éräs hydroctrinales que des comportements, des paroles, des attitudes, des signes avant-corheur d'un normalisation moderne. Or ce déplacement est essentiel. Le jugement ne porte plus sur ce qui est faux, mais sur ce qui est déviant. C'est précisément ce que Goya saisit, le tribunal, où l'on jugent sans éclat, sans passion, presque par habitude, dans un moment de désenchantement général. Et en effet le moment historique dans lequel Goya peint son tableau est celui de la désillusion des lumières. Goya accrue au lumière. Il a soutenu les réformes, il a s'élaboré la raison. Mais l'invasion appolée au nien, la guerre, puis la restauration absolutiste, lui révèle que la raison peut cohabiter avec la barbarie et que le progrès peut engendrer de nouveaux mécanismes d'opression. L'inquisition, loin d'être un vestige archaïque, devient dès lors chez Goya le symbole, d'un monde moderne, obsédé par le jugement incapable de tolérer l'indetermination, les cartes, le doute. Goya en effet lui-même connu la suspicion, la censure, la menace. Il a été le témoin et même la victime indirecte du jugement. Surdité, isolement, processant, intenti, ses oeuvres, retrait final à Bordeaux, où l'artiste meurt en 1828, sa trajectoire biographique est ainsi marquée par la conscience égue de ce que jugé signifie pour celui qui est jugé. Ce n'est donc pas tout à fait un regard extérieur que propose le tableau, mais un regard impliqué. A inquiét, presque autobiographique. Celui d'un homme qui sait qu'à trop jugé une société finie par se retourner contre ses propres créateurs, entrant donc à présent compagnie de Goya dans le tribunal de l'inquisition. Goya peint le tribunal, mais peindre, c'est déjà jugé à une époque. Et pour comprendre cela, il faut commencer par regarder le tableau comme un geste critique. Pindre ici ce n'est pas de la neutralité. C'est déjà en partie et mettre un jugement. Ce que Goya montre d'abord, c'est une scène immobile. Les juges sont assis. Les accusés sont assis. Personne ne parle. Cette immobilité est essentielle. Elle suggère que le jugement n'est plus un événement, mais un état permanent. En peignant cette fixité, Goya ne décrit pas seulement une scène judiciaire. Il donne à voir une époque immobilisée par sa propre habitude de juger. Ainsi le tribunal devient comme un symptôme d'un mal historique. L'inquisition que Pinguya n'est pas celle de son âge d'or, nous l'avons dit, c'est une institution finissante, mais persistante. Une institution qui, en quelque sorte, se survit à sa légitimité. En la représentant ainsi, sans grandeur, sans ferveur et sans doute sans foi, Goya ne condamne pas seulement l'inquisition. Et le juge une époque incapable de renoncer à ces vieux mécanismes de contrôle qu'elle ne semble plus à même de véritablement ni penser ni maîtriser. Semblant se transformé en victime de ses propres habitudes devenus normes, en lieu et place des lois dont elle est censée pourtant être la voix. La mécanique du jugement, par trop de jugement, semble des lors se faire chemin. Voie qui n'a plus rien à dire, une voix meuette. Le tribunal, dès lors, se fait le symptôme visible d'un monde qui ne sait plus penser autrement que par un jugement mécanique. Et le tribunal de l'inquisition de Goya fait donc de juger une forme de violence historique, le jugement ici. N'est pas une abstraction morale. Il est historiquement situé. Il est l'expression d'une époque inquiète, menacée, crisper sur ces normes. Goya montre que la violence du jugement n'est lorsque l'histoire se ferme et lorsque le présent refuse toute altérité. Pindre ce tribunal, c'est d'une certaine façon déjà dire. Voilà ce que nous sommes devenus en ayant jamais cessé de juger. A ce stade Goya a posé un diagnostic, mais reste à comprendre la nature précise de cette violence du jugement. Dans le tableau, rien de spectaculaire, pas de cris, pas de surprise. Et pourtant la violence est diffuse. Elle règne partout. Elle résite dans l'exposition publique, dans la réduction des individus, à des signes. Dans la disparition de toute forme de singularité, Goya nous donne à voir une époque qui a inventé une violence nouvelle, une violence légale, justifiée, à des ministratives. Et s'est précisément cette banalité qu'il a rendredoutable. L'excès se fait nécessiter politique. Jugé se fait pour gouverner. Le tribunal ne sert plus à trancher des fausse exceptionnels. Il fonctionne en continu, en flux constant. A juger trop, le pouvoir ne corrige plus, il se contente de te se maintenir. Et goya suggère que le jugement est devenu un outil de stabilisation historique, on juge pour empêcher le changement, on juge pour figer le présent. La violence du jugement est alors inséparable du refus de l'histoire, car juger les hommes c'est aussi juger la vignère et d'une certaine manière trop juger les hommes, cette empêcher l'avenir. Regardons les accusés identifiés par leurs corozzas, un chapeau pointu. T'aides baissées, ils écoutent la sentence lui depuis la tribune par un moine en position central et dominante au-dessous duquel, juste au-dessous, un inquisiteur, assis, vétude noir portant une croix au coup, mes prises de sa main les condamnées à mort sont même les regarder. Ceux qui sont jugés sont déjà réduits à l'invisibilité qui contraste avec leur coaf, pourtant elle est bien visible. Juger sans être regardé par la masse qui s'aglitine derrière eux indistinct, il n'ont plus d'avenir. Seule, l'acte de juger domine, effaçant l'objet juger. A faire de juger un acte mécanique qui vise à maintenir non sans violence, un état de fait et donc à se maintenir comme pouvoir, à juger sans cesse et peut-être même à trop juger, une époque ne condamne pas seulement des individus. Elle condamne ses propres possibles. Goya jugent ainsi une société qui en multipliant les jugements, se prive de toute potentielle transformation, de tout jugement critique, opposant à la nécessité de juger en gardant une distance critique sur le jugement même une paradoxale impossibilité de juger. Goya ainsi nous met face à un paradoxe. Juger son époque sans pour autant reproduire sa violence. Et Goya ne caricature pas, il ne moralise pas directement, il ne désigne pas de coupable explicite et cette retenue est essentielle. Là où l'époque jugent, Alexet, pour se maintenir, coute que coute. Goya se contente de montrer. Son jugement n'est pas une condamnation, c'est une mise en visibilité. Ainsi le tableau ne conclut pas, il ne tranche pas, il suspend et propose une autre manière de juger par l'exposition, non par la s'entense. En cela, Goya invente une autre forme de jugement, un jugement qui ne ferme pas, qui ne fiche pas et qui oblige le spectateur à penser. L'artiste jugent son époque en la livrant à notre regard, non à la condamnée, non à la condamnant, à notre place. Ainsi l'œuvre accomplit un double geste. Le premier, en révélant d'abord la brutalité du jugement institutionnel qui finit par exister, en attribunal indépendant de toute nécessité morale, s'inventant même des coupables et une culpabilité permanente pour légitimer sa perpétuation. Juget, c'est s'endé lors d'être un moyen, mais devenant une forme d'existence en soi, fondée sur un climat déjà à Cafkeien, de suspicions, de honte et même d'auto-surveillance. Le tribunal de l'inquisition le dédonce pas seulement une institution évolue, il antici plus une pathologie très moderne, l'épuisement du jugement par l'exé. Goya montre que le danger n'est pas l'absence de jugement, mais au contraire son hyper trophé. A trop jugé, la société ne corrige plus, elle écrase, elle ne distingue plus, elle classe, elle ne cherche plus la vérité, elle impose une norme, elle épuisbe bien le jugement. Mais dans un second geste, l'œuvre dessine en creux une autre manière de juger le présent. Goya ne plaît pas pour la position du jugement, mais par l'exemple pictural, pour sa limitation, sa retenue, sa fragilité assumée. Là où le jugement se croit infagible et définitif, il devient inhumain. Là où il accepte sa finitude, il peut encore prétendre à la justice, en ce sens le tribunal de l'inquisition est moins une peinture historique qu'une oeuvre prophétique. Elle nous a verti, que le véritable danger n'est pas de juger mal, mais de juger trop, mais précisément parce que l'œuvre de Goya ne se fait pas jugement pérambitoire, parce qu'elle nous oblige à regarder, ce que l'inquisiteur lui ne fait pas, elle oblige aussi à penser. Et c'est peut-être là la seule forme de jugement qui ne soit pas destructrice. [Musique]

Podcast Summary

Key Points:

  1. Le podcast analyse le tableau "Le Tribunal de l'Inquisition" de Goya comme une méditation sur l'excès de jugement dans la société.
  2. Goya ne représente pas seulement une institution historique, mais critique une époque moderne où juger devient un mécanisme permanent de contrôle social et de pouvoir.
  3. L'artiste montre que la violence du jugement réside dans sa banalisation, son caractère administratif et son rôle pour figer le présent et empêcher le changement.
  4. Par son œuvre, Goya propose un contre-modèle de jugement

Summary:

Ce podcast de la série "Dipot Cast" explore le verbe "juger" à travers l'analyse du tableau "Le Tribunal de l'Inquisition" de Francisco de Goya. Les intervenants expliquent que Goya ne peint pas l'Inquisition médiévale, mais une institution en crise à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, devenue un outil de contrôle social visant la déviance plus que l'hérésie. Le tableau est interprété comme une critique radicale d'une époque obsédée par le jugement.

Goya y dépeint un processus judiciaire immobile et mécanique, suggérant que juger est devenu un état permanent de la société, une forme de violence légale et administrative qui fige le présent et étouffe toute possibilité de transformation ou d'altérité. La force de l'œuvre réside dans le fait que Goya ne caricature pas ni ne moralise directement. Au lieu de condamner, il expose et rend visible.

Ainsi, son art invente une autre forme de jugement : par la retenue picturale et la suspension du verdict, il oblige le spectateur à une réflexion critique, évitant ainsi de reproduire la violence même qu'il dénonce. Le tableau apparaît comme une mise en garde prophétique contre le danger non pas de mal juger, mais de trop juger.

FAQs

La série explore le verbe 'juger' à travers ses significations majeures, en croisant des approches philosophiques et culturelles, avec un focus sur la justice et le jugement.

Le podcast analyse 'Le Tribunal de l'Inquisition' de Goya, une peinture qui sert de méditation sur l'excès de jugement dans une société et illustre comment l'artiste critique son époque à travers la représentation.

Goya montre une scène immobile où le jugement devient un état permanent, symbolisant une époque figée par l'habitude de juger, avec une violence diffuse et administrative plutôt que spectaculaire.

Goya révèle le paradoxe de juger son époque sans reproduire sa violence, en optant pour une mise en visibilité plutôt qu'une condamnation directe, invitant ainsi à une réflexion critique.

Goya ne peint pas l'Inquisition médiévale triomphante, mais une institution en crise, servant davantage de contrôle social que d'autorité théologique, jugant la déviance plutôt que l'hérésie.

Goya avertit que trop juger peut transformer le jugement en outil de stabilisation oppressive, épuisant la société et empêchant toute transformation ou pensée critique.

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