Le droit est-il une science ? Ce débat est exploré dans ce podcast, où Jacob Béréby, professeur de droit, défend l'idée que le droit peut être vu comme une science, mais dans un sens distinct de la science dure. Il souligne que le droit est une science moulée, non exacte, sociale et humaine, fondée sur des raisonnements logiques et des recherches systématiques. Contrairement aux sciences exactes, le droit évolue en continu, réagit aux faits et se construit par des pratiques sociales, comme les lois d'expérimentation ou les réponses aux crises. Bien que le droit soit soumis à la subjectivité des juges ou des individus, cette subjectivité ne l’écarte pas de la science, car elle est intégrée au processus de construction du droit. Il est aussi clair que le droit n’a pas de dimension morale intrinsèque, comme les sciences, et qu’il existe pour son utilité sociale. Ce point de vue est étayé par l’histoire du droit positiviste, notamment celle de l’« épitomologie du droit » de Franchetouré, qui a mis en lumière une forme d’abstraction rationnelle. Cependant, le droit reste une science fermée sur elle-même, et pourrait s’ouvrir davantage à la philosophie, à l’économie ou à la sociologie. Enfin, l’absence d’hommes femmes dans la liste des grands scientifiques cités soulève une critique sur la représentation masculine dominante dans les sciences, ce qui renforce l’idée qu’un équilibre plus large est nécessaire dans les approches académiques.
Bienvenue dans les podcasts de l'ISP. Le droit est-il une science? Pour cette nouvelle
saison des podcasts de l'ISP, des changements sont après-vois, des podcasts plus court,
plus accessibles et portant sur des sujets que vous pourrez au moins pour certains déterminés
et choisir. Raison pour laquelle nous vous proposons régulièrement des sondages sur le Facebook
de l'ISP. Il en ressera ainsi dans quelques temps ses promis. En attendant, nous poursuivons
de bonnes habitudes en évoquant des thèmes touchant au droit et à la société. Souvent
d'actualité, encore que le sujet d'aujourd'hui fait exception. La question pourrait être philosophique, extrêmement théorique, néanmoins va essayer de
la rendre pratique et concrète. D'ailleurs, le point de départ de cette interrogation n'est
pas philosophique, mais revendicatif. Un encery, si on sait avenir, lui cet été, propose
de revenir sur la vie et la découverte de 34 grands scientifiques qui ont marqué l'histoire.
Thales, Avicene, Einstein, X ou encore Freude Pasteur sont évidemment cités. Les sciences
dures sont majoritairement représentées. La médecine n'a pas été oubliée. Mais aucun
juriste n'est cité. Quelle scène n'appartient pas à cette liste malgré ces travaux d'épistomes
d'épistémologies juridiques. Pour répondre à ces questions, nous recevons
Jacob Béréby, professeur de droits civils à l'ISP. Bonjour Jacob Béréby.
Bonjour Francouré. Alors, je vous pose la question telle qu'elle, le droit, est-il une science?
Francouré, il est impossible de répondre immédiatement à cette question parouille ou pardon.
Pourtant, elle est totale, mais le vocabulaire est important. Il nous faut envisager la question
d'abord de savoir qu'est-ce que l'on appelle une science. Vous avez parlé d'épistémologie.
Et à raison. En grec, épistémer, signifie connaissance. D'ailleurs, en latin, science a signifie
également connaissance. Si l'on aborde la question sous l'angle, est-ce que le droit est
une somme de connaissance? La réponse pourrait donc être positive, oui, le droit est une science.
Cependant, si l'on a profondi maintenant le raisonnement, on s'aperçoit que le terme
d'épistémologie du droit, ou encore épistémologie juridique, signifie l'étude de la formation
et du développement du savoir juridique. Et le terme savoir est important. L'emploi
du terme d'épistémologie juridique est à cause de ce terme savoir, nécessairement
sujets à caution. Quelle serait ce savoir? C'est-à-dire cette connaissance pensée,
automatisée, réfléchie, si on prend le droit non plus comme une science, mais comme un simple
objet d'organisation de la société. Alors, à la question, le droit est une science,
je vous répondrai personnellement que oui, mais je suis nécessairement influencée par
mes études et peut-être même par une certaine prédension juridique.
Alors, quels sont les arguments contre l'idée que le droit est une science?
Evidemment, ces arguments sont largement énoncés par des non juristes. On y conviendra.
Très souvent, ces arguments sont ceux des partisans d'une conception très restructive
du terme science. D'ailleurs, cela signifie le plus souvent que la science est nécessairement
dure et nécessairement exacte. Le droit n'entre pas a priori dans cette catégorie.
Alors, on ne va pas lister tous les arguments contre l'idée que le droit est une science,
mais je vais tout de même faire trois observations. D'abord, dans la liste que vous avez
énumérée, donc dans la liste de sciences et à venir, parmi les 34 grands scientifiques,
l'on trouve des médecins. Vous avez très justement cité Avicene et Pasteur. Là aussi,
on pourrait discuter de savoir si la médecine est une science. Ca semble être un acquis
pour les auteurs de ce hors série. La médecine est pourtant traditionnellement considérée
d'avantage comme un art, une pratique, plutôt qu'une science. Ce qui serait une science
est bien l'istologie ou encore l'embryologie, l'immunologie, la génétique serait des sciences.
Et c'est cette somme de savoir qui constituerait, dans les mains et bien d'un médecin, une
pratique un art. Le droit à ce titre n'est pas non plus une science à proprement parler
au sens dure, et le droit peut aussi, alors, effectivement, ne pas être considéré comme
une science. Autre argument qui va contre l'idée que le droit est une science, deuxième
argument. Et encore une fois, ça ne sera pas une liste exhaustive. Le droit serait trop
lié à la volonté des individus, à une volonté même collective. On pense au contra-social
de Rousseau. Le droit serait donc dépendant de l'homme, dépendant de ce qu'il souhaite,
de ce qu'il veut, dépendant de ce que la collectivité pense. Après tout, dans notre
modèle constitutionnel, le Parlement à l'expression de la volonté générale, c'est le Parlement
qui, en théorie du moins, promule, non pas promulie, décide des lois, le droit, lui,
donc, serait contingent à la volonté quand une science, elle ne serait pas aussi intempérente,
ne serait pas changeante, ne serait pas mouvante, et ne serait donc pas dépendante,
de la volonté. Enfin, il y a un troisième argument, peut-être plus technique qui relève
de la technique même scientifique, le droit se construit de manière verticale et descendante.
Qu'est-ce que ça signifie? Le droit est un phénomène vertical et descendant. Cela
signifie qu'il n'y a pas d'empirisme, dans le raisonnement si logistique, on part de
la règle de droit, de la majeure, qui est justement postue la juridique, pour aller
vers son application et vers la solution. Il n'y a donc pas d'empirisme véritable,
il n'y a pas comme en science le constat d'un fait, pour construire une théorie. Il
n'y a que d'éduction, il n'y a pas induction en droit.
Newton et sa pomme, Einstein et la sensor, ou encore Einstein et le train, ou encore Einstein
et les éclips sont au contraire historiquement des images que l'on a de la construction
et de la théorie de la gravité par Newton, ou encore de la théorie de la relativité
par Einstein. Ils se sont inspirés de faits et de situations réelles, ils ont fait
le constat scientifique avant de théoriser une règle, elle abstraite. Le droit est exactement
le cheminement inverse. On pourrait contre dire cela, en disant que justement, dans notre
époque moderne, le droit est extrêmement réactif et que très souvent, voire malheureusement,
c'est à la suite d'un fait d'hiver que le droit est bien évolu, réagit. On pense,
par exemple, aujourd'hui à l'introduction du terme féministide, à durcir la loi
contre les violences conjugales au vu de l'actualité, mais ceci n'est pas une construction
scientifique. C'est un phénomène causal, on se dit que, à raison ou à tort, la loi
ne protège pas aujourd'hui suffisamment certains individus, on va donc régir. C'est la
même histoire que la loi Bérou, visant à définir l'animal comme un être doué de sensibilité,
alors que c'est une chose, mais cette introduction de l'être douée de sensibilité dans la
loi, était une réaction à une vidéo absolument navante de celui qui balanceait à un
choc contre un mur. Ceci, départ, une réaction scientifique, c'est une réaction causal, c'est
une réaction très humaine à ce titre-là. Donc, eh bien oui, les détracteurs du droit en tant que
science ont raison. Merci à l'inverse. Est-ce que vous auriez des arguments pour,
allant dans le sens que le droit est une science? Je vais essayer d'être juste dans mon propos,
déjà d'un point de vue quantitatif. Je me suis limité à sélectionner trois
arguments contre l'idée que le droit était une science, alors qu'il y a plus d'arguments
cela contre, c'est vrai, qui ont pu être avancé. Des arguments pour, je pourrais en citer aussi,
beaucoup, peut-être plus d'une dizaine quand je me suis essayé à leur ressensement, mais je vais
essayer d'être juste et de l'enciter que trois à nouveau, histoire et bien de jouer la parité,
de jouer l'égalité, de jouer l'équité dans ma démonstration. Alors, le premier argument
pour, il est presque le contre-pied de l'un de ceux que je viens de prendre. J'ai évoqué le
syllogisme comme phénomène démonstratif, s'opposant à l'idée d'induction et donc à l'idée d'empirisme.
Je rappelle que la science n'est pas nécessairement un phénomène empirique. Le syllogisme, c'est à
dire, et bien le postula équationnel, selon lequel on réalise une démonstration logique et quelque
chose qui est très établi en droit et aussi à la base des mathématiques. La résolution d'une
équation à 1 ou 2 inconnue ne procède ni plus les moins que de la technique du syllogisme et
le syllogisme judiciaire, c'est la résolution d'une équation tout simplement. On part d'une
règle abstraite, on y introduit des données, des faits et on conclure dans une solution. Ça n'est pas
parce qu'il n'y a pas d'empirisme, qu'il n'y a pas de science, parce que la science peut aussi être
démonstratif. Deuxième argument, il sera un peu historique.
Il faut savoir que le terme "cience" en lui-même a évolué dans le temps.
D'abord, le terme "cience" a eu une dimension seulement contemplative.
C'est d'ailleurs très bien expliqué dans le hors-série que vous citiez Franchetouré,
dans l'antiquité et même tout au long du Moyen-Âge, la science est d'abord observation,
voir seulement observation.
A la vocation à expliquer ce que la nature nous offre,
elle n'a pas à vocation à expliquer ce qu'elle a la nature.
Mais seulement à constater,
eh bien, ce qui en n'est, ce qui en ressort.
À ce titre, le droit n'est pas non plus une science.
Le droit, c'est pas la constatation d'un élément naturel.
C'est absolument sur et certain.
Seulement, il faut savoir que le terme "cience" a évolué.
Et bien, tout simplement, on va dire, les réactions intellectuelles d'un homme nouveau au moment de la Renaissance,
à partir du XVIe siècle, on nous est surtout au XVIIIe siècle.
Le terme "cience" prend une nouvelle dimension, le terme "cience" prend un tour dynamique, un tour constructif.
On dit que les sciences se sont industrialisées.
Qu'est-ce qu'il faut entendre?
Il ne faut pas nécessairement y voir la révolution industrielle pour justifier d'une nouvelle approche scientifique.
Il faut surtout comprendre que on crée ce qui peut être créé dans un but d'efficacité.
Autrement dit, on ne crée pas seulement pour des raisons théoriques.
On ne va plus se lier par des théorèmes, s'ils n'ont pas d'implication pratique.
La création scientifique a une vocation d'utilité, notamment d'utilité publique,
un but aussi de satisfaction sociale.
Cela répondent à l'air de l'industrialisation, aujourd'hui cela répond à l'air de la consommation,
cela répond à l'air de l'information.
En tout cas, la science c'est d'abord quelque chose d'util.
Et de ce point de vue-là, le droit est évidemment une science.
Le droit à une finalité sociale, à une vocation sociale,
le droit se crée ou est créé dans un but utile finaliste.
Et donc le droit, oui, a une dimension parfaitement industrielle.
Donc le droit se réunitience pour cela, en tout cas dans la définition moderne de la science.
Enfin il y aurait un troisième argument, le droit pourrait être considéré, d'ailleurs,
comme la médecine, comme une science, dès lors qu'il y a, eh bien, une recherche juridique.
Il y a des recherches en matière médicale, il y a des recherches en droit,
la recherche, on va dire, d'octoral, universitaire est une réalité.
Et les techniques de recherche emprunte évidemment, les techniques de recherche en droit,
emprunte évidemment, aux techniques de recherche scientifique.
On pourrait prendre trois parallèles, l'investigation, il est complètement aujourd'hui évident
que celui qui fait des recherches en droit doit réaliser des investigations,
des investigations, elle-même en pyrique finalement, puisqu'il va partir parfois
et bien de décision justice, de réalité factuelle, pour se dire qu'elle aurait été une meilleure solution,
qu'elle aurait été une meilleure loi, une meilleure disposition pour régir et encadrer ce phénomène,
autrement dit, pour faire un droit plus réfléchi, un droit certes de réaction,
mais un droit construit par le besoin.
Enfin, je dirais qu'il y a deux autres éléments qui rapprochent le droit de la science du point
de vue de la recherche, le droit à une vocation tout à fait systématique, le fait dénoncer
des règles abstraites, et bien c'est pour les appliquer parfois sans réflexion.
Aujourd'hui, si nous conduisons à droite en France, ça n'est pas le fruit d'une réflexion
approfondie, la règle de droit nous l'impose, elle nous l'impose de manière systématique,
et en aucun cas bien évidemment, on pourrait se dire, bah non, là ça serait plus pratique
de conduire à gauche, etc., etc. Enfin, le droit peut être expérimental, c'est quelque chose
qui est très souvent ignoré du grand public, mais les lois d'expérimentation, c'est
quelque chose qui est de plus en plus évident en droit, les dispositifs visant parfois
à titre original, parfois à titre temporaire, parfois tout simplement à titre précaire,
le droit expérimental est devenu une réalité. Alors oui, deux points de vue-là, et deux
ces points de vue-là, le droit est une science. Alors est-ce que c'est justement la raison
pour laquelle on parle de sciences du droit? Pas tout à fait. Le terme "ciance du droit"
ne signifie pas exactement que le droit est une science. A qui attribuantons le terme
"ciance du droit"? On l'attribue, eh bien, à quel scène que vous avez trait justement
dans cette université, Franchetouré, qui est presque, on va dire, notre père normatif
à tous, si on veut bien comprendre mes propos, n'oublions pas que qu'elle scène est
essentiellement connu, mais si il mériterait d'être connu pour bien d'autre chose,
qu'elle scène est essentiellement connu pour son ouvrage phare et l'intitulé de cette
ouvrage phare va tout de suite nous donner la dimension de sa pensée. Son ouvrage phare
c'est la théorie pure du droit. Téorie pure du droit, autrement dit, pour qu'elle scène,
il convenait presque d'acceptiser le droit sous la forme abstraite, de prendre le droit
dans sa forme la plus neutre, la plus détachée des faits, en faire une théorie, eh bien,
qui soit aussi puissante, aussi pure, qu'une pure abstraction scientifique, qu'une pure
abstraction physique, qu'une pure abstraction, on va dire, mathématique. Pour qu'elle scène,
le droit pouvait exister sans le fait, c'est véritablement son raisonnement. C'est donc
l'idée que qu'elle scène a eu comme grand ambition et bien de construire une science
du droit sur les modèles empiriques, sur les modèles des sciences empiriques, bien que
le droit ne soit pas lui-même à proprement parler une réalité, mais à vocation à s'appliquer
dans le monde réel, il y aurait, dans le droit, une dimension encore une fois, et bien
abstraite, général, un presque phénomène naturel. Et pourtant qu'elle scène, il ne faut
pas l'oublier, était un positiviste, qu'elle scène a essayé de construire une véritable
épistémologie positiviste, qui se traduit en premier lieu par une distinction radicale
entre la science et son objet. Donc, elle scène ne cherchait pas tant à dire que le droit
était une science, mais que l'on pouvait faire du droit à partir du droit, une science
extraire du droit, un modèle scientifique. Et il faut avouer que qu'elle scène a largement
réussi. Il suffit aujourd'hui de dégager le concept de normes, tel que qu'elle scène
a démontré pour comprendre que nos modèles contemporains constitutionnels reposent sur
l'idée effectivement de ce normativisme positiviste, qu'elle est scénien, et de dire
que oui, il y a dans toute norme une forme d'abstraction, c'est tout simplement la notion
de forme que l'on a en droit. Donc, le droit ne serait pas une science à proprement
parlé dans l'esprit de quels scène, mais l'objet d'une science spécifique, une science
qui s'efforcerait de décrire le droit et de le rendre utile. Ces prescriptions, ces
normes du droit, qui elle-même exprime des volontés humaines, ne seraient alors pas nécessairement
bon, ou mauvaises, vrais ou fausses, elles existeraient en tant que tel, et elles trouvraient
à s'organiser dans la fameuse hiérarchie d'énormes, dans un fameux système positiviste,
et c'est finalement l'œuvre de quels scène, qui est une science plus que le droit
dans l'esprit de quels scène. Aujourd'hui, on est quand même un petit peu revenu sur
les idées quels scène-yènes, même si encore une fois, il reste à la base de tout dans
notre modèle juridique aujourd'hui et notamment dans notre modèle constitutionnel.
Alors si on a de mes que le droit est une science, comment la caractériser, justement, est
peut-on identifier ces particularités, pourrait-on même aller jusqu'à l'assimilé le droit
au mathématique? Ma pensée est très claire. Je ne suis pas partissant de la théorie quels
scène-yènes selon lequel le droit peut faire l'objet d'une science. Je suis évidemment
pas d'accord avec ceux qui dénoncent l'idée que le droit est une science. Je suis au
contraire extrêmement persuadé que le droit, oui, est une science. Mais il est vrai qu'on
ne peut pas confondre le droit avec les mathématiques. Trois caractéristiques pourraient définir
le droit, en tant que science. D'abord, si le droit est une science, c'est une science
muelle, par opposition aux sciences dures. Les sciences dures ne sont guères et volutives.
Elles peuvent l'être par sursaut, mais les mathématiques restent des objets exacts, des
situations exactes dans une large mesure. Le droit, lui, est en constante évolution. La
rythmeétique n'est pas du monde du droit. Il faut être sincère. Donc le droit sera une
science muelle plutôt floue, plutôt maléable par rapport à une science dure. Ensuite, le droit
sera une science non exacte. Par rapport, là aussi, on compare à une science exacte. Qu'est-ce
que l'on veut dire par là? Le droit est une science non exacte. Tout simplement parce que le
droit est une science humaine. Là aussi, c'est l'opposer aux sciences dures, aux sciences
exactes, aux sciences mathématiques.
une science humaine et rarée humano-meste, une science humaine peut-être à la
fois bonne et mauvaise, vraie et fausse, à priori les mathématiques sont encore une
fois exacte. Enfin, troisième caractéristique, troisième manière, on va dire de
qualifier le droit comme une science. Si le droit est une science, c'est une
science sociale. Comme les sciences politiques d'ailleurs, n'oublions pas que les
facultés de droit s'appellent le plus souvent facultés de droit et de science
politique. C'est-à-dire une science utile à la société, une science qui est à la
fois structurelle, générale, source de garantie pour les individus, mais surtout
une science qui est à disposition des individus. C'est-à-dire une science qui
peut être abordée partout. Alors oui, nous aimons comme les scientifiques, les mathématiciens,
etc, avoir notre langage, l'engage juridique et spécifique, mais on va être d'accord,
apprendre le droit et sans aucun doute plus facile que apprendre les mathématiques,
apprendre les théorèmes physiques, etc. Le droit parle à chacun d'entre nous. Il est
quand même beaucoup plus évident de comprendre, je vais prendre quelque chose qui touche
la société au quotidien, les mécanismes du divorce par exemple, que de comprendre la
théorie de la relativité générale d'Annestein. Il est donc complètement évident que le droit est
une science sociale, au sens du droit comme utilité quotidienne. J'aimerais ajouter un
mot sur l'idée que les particularités du droit en tant que science sont peut-être encore
plus nombreux que celle-ci. On l'a dit, le droit est une science mole, le droit est une
science non exacte, le droit est une science sociale et le droit est aussi une science
intempérente. C'est-à-dire que c'est une science qui se remet en question. Les scientifiques
sont les premiers critiques de leur propre science. Les travaux de recherche visent constamment
non pas à démontrer que le droit a raison, mais à améliorer le droit. Alors qu'il est vrai
que, en physique ou en mathématiques, on va souvent chercher à démontrer ou l'ingénierie,
même, visent à démontrer que des postulatéoriques ont raison. La série Big Bang Theory, malheureusement
terminée, le démontre plus souvent. Alors qu'est-ce que justement les conséquences
de ce constat que vous n'êtes faits et que pour être tombé en déduit rutilement?
Alors, telles sont les conséquences que le droit est une science ou n'est pas une science.
La question des enjeux de la détermination scientifique du droit est une question difficile.
C'est aussi une question qui, on va dire, touche presque à leur gueule des juristes.
D'abord, l'enjeu premier de savoir si le droit est une science, c'est l'enjeu de savoir si
nous juristes, nous avons le droit d'être qualifié de scientifique.
Comme j'ai dit, c'est presque une question d'orgueil. C'est aussi une question de validation
de nos concepts, de raisonnement et de notre recherche. Bon, les sons se lait de côté.
Si on accepte l'orgueil comme élément déterminant du débat, je dirais que les enjeux sont
en nombre de trois. Si le droit est une science, le droit n'a pas être moral. Les sciences
ne sont pas morales. Encore une fois, on l'a dit, les sciences n'ont pas convocation
de dire ce qui est le bien, ce qui est le mal. Le projet Malatane, la construction
de la bombe atomique, a soulevé évidemment de très nombreuses interrogations sur les notions
de bien et de mal. On se rappelle les propos d'openheimer de ce point de vue-là.
Mais la science atomique, à la base de la bombe atomique, est quelque chose qui, encore
une fois, n'est pas ni bien ni mal. Si le droit est une science, le droit n'a pas
vocation à chercher le bon. Le droit est totalement détaché de la morale et c'est
déjà, en partie le cas. Je le répète, je reprends le même exemple, mais n'y a pas
de dimension morale à conduire à droite. Il n'y a pas de dimension morale au code de
la route ou encore, il n'y a pas de dimension morale à l'organisation très structurale,
très formelle d'élection, par exemple, pour donner des exemples. Donc le droit serait
une science, ça signifierait que le droit existe parce qu'il est utile. C'est encore
une fois cette idée de science moderne, science industrielle. Deuxième en jeu, la vraie
distinction entre le droit et la science, je dirais, se situe au niveau de la justice.
On peut parfaitement admettre que le droit est une science si on distingue le droit et
la justice. La justice est ponctuelle, la justice est humaine, c'est une décision rendue
par des juges. Certains magisera certains professionnels. La justice, elle n'a rien
de scientifique. La justice repose sur la preuve, la justice repose sur la casuistique,
il n'y a rien de naturel, il n'y a rien de divin, il n'y a rien d'exacte, il n'y
a rien de parfait et on ne le revendique pas. Le droit, la règle de droit pourrait
être scientifique, mais mise en oeuvre, cela ne pourrait être que des éléments d'ordre
factuel, des éléments imperfect. La règle de droit, une vocation générale et scientifique,
sa mise en oeuvre ne serait qu'une oeuvre mécanique. Troisième et dernière en jeu, j'aimerais
corriger quelque chose que malheureusement on entend trop souvent et il ne faut pas
avoir une contradiction avec mon propos précédent. On peut parfaitement admettre que le droit
est une science, même si le droit relait d'une certaine forme de subjectivité. L'un
des arguments que j'ai volontairement omis tout à l'heure dans les "contre" l'idée
que le droit est une science et le suivant, on nous dit que le droit est en plein de subjectivism.
Enfin, je l'ai un peu dit lorsque j'ai évoqué l'idée que le droit est le fruit d'une
volonté collective, je l'ai redis, il y a une minute en disant que le droit est appliqué
par des juges que la justice est humaine, mais cet argument ne tient pas. Toutes les sciences
ne sont pas objectives, c'est faux de le considérer. Il y a dans le subjectivité, dans le rapport
à celui qui fait, à celui qui observe, et bien un aspect scientifique. Je vous donne deux
exemples simples, c'est peut-être prétentieux, mais on l'a dit Newton avec sa pomme, on peut
aussi évoquer Galilé, on peut évoquer Einstein, c'est à chaque fois en tant qu'observateur,
en simplicant eux-mêmes, qu'ils ont, eh bien, observé une réalité scientifique. Ils
ont participé à la construction du donne scientifique. Un autre exemple, l'expérience
du chat de Schrodinger et la démonstration même que la position d'observateur n'est
pas neutre par rapport à une expérience. Si on était dans la boîte avec le chat,
et bien on n'aboutirait pas du tout à ce raisonnement quantique et un certain d'un chat
à la fois vivant et mort à un instant donné. Donc la position de l'observateur, la position
du scientifique n'est pas neutre nécessairement en sciences, alors que le droit soit le fruit
d'abord de celui qui se dit scientifique pour aboutir à l'idée que le droit est une
science n'est absolument pas éronné. J'aimerais, et je vais conclure parce que j'ai
déjà sans doute été trop long, mais j'aimerais ajouter que c'est très souvent une critique
qui est utilisée à l'égard des juristes. Des magistrats notamment ont leur reproche,
leur subjectivité. Il faut faire attention. Il n'y a pas à se défendre contre cette
critique. Encore une fois un magistrat, un juriste n'a pas à être objectif. Ça ne veut
pas dire qu'il doit mettre de ce désopinion personnel. Ça ne veut pas dire qu'il doit
être partiel. Cela signifie que la subjectivité, c'est à dire la prévention humaine et bien
d'une situation, c'est le rôle de la justice même. D'ailleurs, je vous donne un exemple
frantouré. Aujourd'hui, on est en train de critiquer les cours criminels. C'est-à-dire
ces cours aujourd'hui qui vont juger de certains crimes sans juré populaire, alors même
qu'on a cette tendance, c'est-à-dire que la justice humaine est faible. Il y a un
paradoxe ici. Il faut bien comprendre que si notre justice est subjective, que ça soit
par le biais du jury populaire ou par le biais du magistrat, c'est parce que c'est le
seul modèle de justice que l'on peut rendre. Et construire le droit, c'est aussi une
œuvre humaine. C'est donc aussi forcément une œuvre subjective. Ça n'en fait pas
moins une science, parce qu'on peut abotir un peu celui-là général, parce que par
pour jouer ce premier.
prudence et bien en trouve des arrêts de principe, on peut même voir des décisions
de justice qui vont avoir des portées considérables et qui vont avoir cette intelligence
humaine et bien de détacher quelque chose qui vaut pour tous.
Alors le droit est une science, ben j'espère vous avoir un petit peu convaincu que oui.
Jean-Merci Jacob des Révis pour ces éclairages sur le sujet le droit est une science et surtout
votre conclusion qui affirme que le droit est une science, j'irai également dans votre
sens, du moins en apparence le droit à toutes les caractéristiques d'une science,
il est enseigné à l'université par des professeurs de droit, il fait l'objet de nombreux
ouvrages, de nombreux ouvrages, spécifiquement de recherche à travers les thèses et surtout
de théorites doctrinales qui s'opposent de plus en plus désormais.
Mais j'ajouterai que c'est peut-être aussi la raison pour laquelle on n'hésitant à dire que
le droit est une science, c'est peut-être aussi parce que c'est une science qui est refermée
sur elle-même.
Et c'est peut-être une science qui mériterait de s'ouvrir à la philosophie, à l'économie,
à la sociologie.
Alors certes elle le fait, mais peut-être de le faire de manière beaucoup plus large.
Oui c'est aussi parfaitement tout ce que vous avez différentes.
Et pour terminer, je ferai juste une bref réflexion, donc on a relevé un introduction
que dans l'heure série, si on sait avenir qui proposait de revenir sur la vie, la découverte
de 34 grands scientifiques qui ont marqué l'histoire, qui n'y avait aucun juriste.
J'ajouterai surtout qu'il n'y avait surtout aucune femme dans cette liste-là.
J'en ai terminé, je vous remercie à tous d'avoir suivi ce podcast.
On va.
Avoir.
Podcast Summary
Key Points:
Le droit peut être considéré comme une science, mais non dans le sens des sciences dures ou exactes, car il est mouvant, humain et social.
Le droit est une science mûle, non exacte et sociale, ce qui le distingue des mathématiques ou des sciences physiques.
Le droit repose sur des raisonnements logiques (syllogismes) et des recherches systématiques, même s’il manque l’induction empirique.
L’idée qu’il n’y a pas d’empirisme en droit est contestée, car le droit réagit souvent aux faits réels, comme en cas de loi féministe ou de droit animal.
Le droit est une science sociale, utile et accessible, qui s’adresse à tous les citoyens et dépasse la sphère théorique.
Des chercheurs comme Positiviste ont fondé une « épistémologie du droit », séparant le droit de son objet, en le rendant abstrait et rationnel.
Le droit est une science qui s’ouvre à l’innovation, notamment par des lois d’expérimentation, et qui se réinvente pour mieux répondre aux besoins.
Le droit, bien qu’humain et subjectif, n’est pas moralement engagé, et sa fonction est d’être utile, pas de déterminer le bien ou le mal.
Summary:
Le droit est-il une science ? Ce débat est exploré dans ce podcast, où Jacob Béréby, professeur de droit, défend l'idée que le droit peut être vu comme une science, mais dans un sens distinct de la science dure. Il souligne que le droit est une science moulée, non exacte, sociale et humaine, fondée sur des raisonnements logiques et des recherches systématiques.
Contrairement aux sciences exactes, le droit évolue en continu, réagit aux faits et se construit par des pratiques sociales, comme les lois d'expérimentation ou les réponses aux crises. Bien que le droit soit soumis à la subjectivité des juges ou des individus, cette subjectivité ne l’écarte pas de la science, car elle est intégrée au processus de construction du droit. Il est aussi clair que le droit n’a pas de dimension morale intrinsèque, comme les sciences, et qu’il existe pour son utilité sociale.
Ce point de vue est étayé par l’histoire du droit positiviste, notamment celle de l’« épitomologie du droit » de Franchetouré, qui a mis en lumière une forme d’abstraction rationnelle. Cependant, le droit reste une science fermée sur elle-même, et pourrait s’ouvrir davantage à la philosophie, à l’économie ou à la sociologie. Enfin, l’absence d’hommes femmes dans la liste des grands scientifiques cités soulève une critique sur la représentation masculine dominante dans les sciences, ce qui renforce l’idée qu’un équilibre plus large est nécessaire dans les approches académiques.
FAQs
Oui, le droit peut être considéré comme une science, mais une science humaine, sociale et malleable, plutôt que dure ou exacte comme les sciences physiques. Il s'agit d'une science qui évolue selon les besoins sociaux et la réalité humaine.
Le droit est une science mouvante, non exacte, sociale et intempérante. Il s'adapte constamment aux évolutions sociales, et sa construction repose sur des principes abstraits, mais appliqués dans un contexte humain et pratique.
Les mathématiques sont exactes et immuables, tandis que le droit est soumis aux changements sociaux, aux volontés humaines et aux contextes concrets. Il s'agit d'une science humaine, pas d'une science pure comme les mathématiques.
Oui, le droit est une science sociale car il vise à organiser et garantir les relations entre les individus et la société, en répondant à des besoins pratiques et quotidiens comme le divorce ou la propriété.
S'il est considéré comme une science, le droit serait indépendant de la morale, car il ne cherche pas à définir ce qui est bien ou mal, mais à établir des règles utiles et applicables dans la vie sociale.
La subjectivité des juges ou des juristes n'empêche pas le droit d'être une science. Elle reflète en réalité le rôle humain dans la justice, où la situation, la prudence et l'expérience influencent les décisions.
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