Là où naît le désir : explorer l’imaginaire érotique avec Elya Verdal
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Dans cet épisode du podcast "Exponentiel", Marie des Neiges reçoit Elia Verdal, poétesse et psychothérapeute, pour explorer le plaisir féminin à travers la poésie érotique. Elia explique que son travail, notamment dans son recueil "L'amour en creux", vise à exprimer l'intimité du désir féminin avec des mots authentiques, loin des clichés masculins. Elle souligne l'importance de l'imaginaire érotique comme un espace personnel, sécurisé et libre, qui permet aux femmes de se reconnecter à leur propre désir plutôt que de répondre à celui des autres. La discussion aborde la distinction entre désir et plaisir : le désir est une énergie motrice, tandis que le plaisir nécessite une autorisation intérieure et un lâcher-prise. Elia lit un poème intitulé "L'Orgasme n'est pas une fin en soi", qui décomplexe l'orgasme en le présentant comme une conséquence naturelle de la rencontre des âmes et des corps, non comme un objectif. Elle critique la pornographie pour son absence de lenteur et d'attention, et encourage les femmes à explorer leur sensualité à travers la poésie, un outil puissant pour retrouver leur puissance et leur authenticité. Enfin, elle insiste sur la nécessité de ralentir pour se laisser la place de découvrir ses propres sensations et désirs, dans un monde où les représentations féminines restent encore trop rares.
Découverte de la poétesse Elia Verdal et son univers
Bonjour, Bienvenue chez exponentiel, le podcast dédié à l'exploration du plaisir féminin.
Je suis Marie des neiges et je vous accompagne dans la découverte, la compréhension et l'épanouissement de votre propre plaisir.
Ensemble, nous allons briser les tabous, répondre à vos questions et célébrer joyeusement le plaisir féminin.
Que vous soyez curieuse, en quête de réponse.
Ou simplement à la recherche d'un espace bienveillant ?
Ce podcast est fait pour vous.
Préparez vous à plonger dans un univers de découverte, d'échange et de libération.
Bonjour Elia.
Personne 2
Bonjour Marine et neige.
Personne 1
Alors aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir de recevoir Elia verdale qui est une poétesse qui écrit de la poésie érotique.
Et qui est aussi la fondatrice de la chaire poétique.
On va parler de tout ça, on va expliquer de quoi il s'agit.
La première chose que je voulais te dire avant que tu te présentes peut être.
C'est combien ?
Je suis heureuse de d'aller aujourd'hui avec toi, explorer ce terrain où le corps rejoint, rejoint la pensée, rejoint l'imaginaire, où le corps s'incarne dans les mots, cet espace poétique qui est tellement précieux pour chacune de nous.
Je pense, même si on ignore que que que c'est de la poésie.
Tu as écrit, tu as publié un recueil de de de poésies dont j'avais envie de lire pour commencer de nouveau avant que tu te présentes, un petit extrait de la préface d'Alain Resnais.
Alain Resnais dit ceci, au-delà de sa forme, cette œuvre est l'évidence de la rencontre des âmes qui seules sont évidées.
Donc ton ton, ton recueil s'appelle l'amour en creux, voilà des âmes qui se remplissent et se nourrissent l'une l'autre.
C'est la vie et l'amour tels que nous les rêvons, spirituels et sexués au-dessus de nos âmes, au dedans de nos corps.
Par delà nos différences, je je trouve que cette, cette introduction, ce ce.
Est est particulièrement adaptée à à à ton travail.
Donc voilà, est ce que tu veux maintenant te te présenter peut être autrement que ce que j'ai fait.
Personne 2
Oui, merci beaucoup Marie Eleneige d'avoir relu en plus cet extrait de d'Alain Méné.
Oui, ça faisait longtemps que j'avais plus entendu ça.
Ça me touche.
Alors je suis Elia verdal et effectivement, je suis poétesse.
On peut dire aussi poète ou femme poète.
Vous dire aussi que je suis créatrice d'événements donc, notamment la chaire poétique, le Festival matriminé, l'avenir.
Et je suis aussi psychothérapeute dans la vie de tous les jours.
Gestalt psychothérapeute.
Personne 1
Oui, c'est c'est riche.
Après avoir eu, si je me souviens bien, une vie en entreprise dans dans un dans un univers vraiment très masculin, on.
Personne 2
Peut dire hein ?
Oui, oui, absolument.
J'ai été cadre dirigeante dans la sidérurgie, donc on ne peut plus.
Masculin et effectivement, c'est une expérience aussi importante que marquante.
Personne 1
Je peux imaginer, je peux imaginer.
L'expression intime du désir féminin en poésie
Merci d'avoir accepté de venir chez exponentiel aujourd'hui.
Ce que j'aimerais peut être c'est qu'on on mette tout de suite les choses au point.
On on va pas parler de fantasmes aujourd'hui, en tout cas pas de fantasmes tels qu'on nous les vend dans les magazines féminins.
Mais plutôt de ce qui se tisse à l'intérieur de nous, dans le silence, dans les images, dans les sensations.
Et pour explorer ça, j'aimerais que tu nous nous dises un petit peu, tout simplement, qu'est ce qui t'a amené toi vers l'érotisme dans la poésie peut être vers la poésie d'abord, et puis vers l'érotisme dans la poésie.
Dans quel ordre ?
Personne 2
Merci pour cette belle question.
Alors l'érotisme effectivement en poésie ou la poésie érotique comme on veut ?
Pour moi, c'était une façon aussi de dire les choses et d'aborder quelque chose de très intime qui nous touche toutes en fait avec les mots au féminin.
Parce que je ne me retrouvais pas en fait dans la poésie classique dite érotique, écrite par des hommes qui ont souvent aussi tendance à emprunter la voix des femmes pour pour dire des choses.
Et je trouvais que c'était important pour moi de pouvoir poser mes propres mots.
Alors ce qui est plus étonnant, c'est que j'ai commencé à écrire quand j'étais adolescente, à 14 ans, et que j'écrivais déjà de la poésie plutôt Sensuelle, on va dire érotique.
Et donc je pense aussi que dans ma dans la poésie érotique, y a une dimension justement sensuelle qui parle des sens, hein.
Et puisque tu as parlé des sens tout à l'heure de sensorialité aussi.
Et qui fait justement de cet érotisme au féminin et de cette poésie érotique un tout qui n'est pas juste un endroit de la suscitation, du désir ou du plaisir dans 1 1 rapport de performance ou ou d'objectif quoi et.
Et je pense que en ça, l'érotisme au féminin apporte quelque chose d'autre.
Et la poésie peut être particulièrement.
Personne 1
Je suis tout à fait tout à fait en lien avec ce que tu viens de dire effectivement.
Pour en revenir peut être pour démarrer de de la base qui est qui est ton ton recueil ?
L'amour en creux qu'est ce que tu as voulu faire ressentir par ce les poèmes de ce recueil ?
Plutôt que dire en fait.
Personne 2
Oui, pour moi l'endroit de la poésie est un endroit de ressenti comme tu le dis très justement.
Et en effet, l'amour en creux évoque, évoque la rencontre amoureuse dont la sexualité et la sensualité qui font partie d'un tout.
Et donc l'idée était d'approcher aussi le cru de de la sexualité, mais aussi la tendresse, mais aussi la douceur, toutes ces évocations différentes qui se retrouvent, je je pense, chez beaucoup d'entre nous, à différents moments, à différents vécus de notre sexualité, et en effet d'en faire part dans la rencontre amoureuse.
Et de faire en sorte que ce ne soit pas ni un déclencheur, ni un sauveur comme on en entend parler, mais plutôt une partie intégrante en fait, d'une rencontre amoureuse, d'une relation, et de faire en sorte que cette sensualité émane à tout moment.
Il y a une dimension sensuelle des choses dans la poésie aussi.
En fait, quand on regarde un beau paysage, si on cuisine et qu'on péterie des pâtes à pain par exemple, voilà, il y a, il y a la sensualité partout.
Et comment on se reconnecte à cette dimension du toucher, du sensuel, mais aussi des odeurs, des parfums différents, sens qu'on a du goût aussi du palais et qui font que notre sexualité peut être enrichie.
Personne 1
C'est merveilleux.
Explorer son propre désir et l'imaginaire érotique
C'est absolument merveilleux.
Donc en en fait, en t'écoutant, je me dis que le plaisir, en fait, ne se joue pas que dans le corps, mais qui ?
Mais aussi que c'est dans ce qui se passe à l'intérieur en fait.
Et les gens qui me connaissent, qui sont venus me voir en en accompagnement chez les exponentielles, savent que je leur.
Proposent toujours, si elles n'en ont pas déjà un, soit de se d'en de se créer un imaginaire érotique, soit de l'enrichir et en fait je me demandais pour toi qu'est ce que c'est qu'un imaginaire érotique ?
Personne 2
Ah ça c'est magnifique comme question.
Alors l'imaginaire érotique pour moi alors c'est particulier parce que pour moi, il vient d'une réalité.
C'est à dire qu'est ce que je ressens dans mon corps, qui est réel et à quoi j'aspire aussi d'une façon imaginaire poétique.
Qu'est ce que j'aimerais vivre en fait ?
Qu'est ce que j'aimerais vivre de de mon érotisme, de ma sensualité ou de ou de ma sexualité.
Et à cet endroit, je pense que l'imaginaire.
Euh.
Permet des évocations qui sont très personnelles, peut être détachées des choses qu'on a l'habitude de nous faire vivre.
Et en ça, je pense, l'imaginaire doit être un endroit de grande liberté.
Oui, de.
Personne 1
Nous faire vivre ou de nous qu'on nous propose en général ?
Je veux dire, je me suis-je me demandais, est ce que tu te souviens du moment où tu as compris ?
Euh.
Que cet imaginaire là changeait tout en fait.
Personne 2
Oui, oui, oui, je pense que j'ai longtemps vécu avec comme moteur le le désir des hommes, c'est à dire ?
Personne 1
Beaucoup d'entre nous.
Personne 2
Exactement.
C'est à dire, comment convenir, comment complaire, convenir ?
Et en effet, à un moment donné, je j'ai réalisé qu'en fait mon désir, c'était mon désir et et je me souviens en effet d'une rencontre très particulière dans laquelle je me suis dite.
Mais en fait, mon désir, c'est mon désir.
J'arrêtais pas de me répéter cette petite phrase un peu comme un mantra pour essayer justement d'être connectée à mon propre désir et donc à mon propre imaginaire comme tu le nommes et et de faire en sorte de pas être influencé impacté pour faire plaisir à l'autre en fait.
Instinctivement parce que je dis instinctivement, parce que je pense qu'on est tellement imprégnés imbibés de de la volonté, du désir de l'autre, que son propre désir passe après.
Et en fait, si on arrive à se à se persuader, à se à se mobiliser à son propre désir, Eh bien l'imaginaire peut peut prendre place.
Et donc oui, je me souviens parfaitement de ça et c'était une expérience vraiment inédite, qui a changé d'ailleurs la donne dans dans ma propre sexualité.
Personne 1
Alors tu parles toujours de désir ?
Tu sais que chez exponentiel je mets l'accent moi sur le plaisir et donc ce qui m'intéresserait en fait aujourd'hui c'est que tu me dises quelles sont pour toi les différences entre le désir et le plaisir.
Et aussi, et c'est très important, qu'est ce qui les relie, comment le désir et le plaisir sont reliés ?
Personne 2
Oui.
Alors oui, moi je parle beaucoup du désir.
Et c'est vrai que, par exemple, en en Gestalt psychothérapie, on évoque beaucoup le désir au sens très large, le désir dans le cœur, c'est à dire ce qui émane de moi en fait, à l'endroit où où je sens ma liberté d'agir, à l'endroit où je sens ma liberté de m'exprimer par exemple, et de faire en sorte que ce dont j'ai envie, ce dont j'ai besoin peut être entendu, peut être réalisé.
Voilà, pour moi c'est un peu ça le désir, c'est quelque chose qui anime aussi.
Donc pour moi dans le désir, il y a une énergie fantastique et le lien direct que je fais avec le plaisir, il y en a pas toujours hein.
Donc on peut avoir du désir sans forcément avoir du plaisir.
Et on peut avoir du plaisir d'ailleurs, sans forcément sentir le désir en soi.
Maintenant, je pense que l'endroit du plaisir est un endroit aussi d'autorisation.
Un endroit où moi aussi je rencontre des des femmes qui qui ont du mal à s'autoriser au plaisir, hein, comme quelque chose qui pourrait peut être être culpabilisant par exemple.
Et qui serait pas à l'endroit non plus de l'écoute de l'autre.
Donc là parfois il YA1 peu un conflit entre l'idée que me faire plaisir c'est un endroit où je suis pas forcément disponible.
Et donc pour moi effectivement, il y a bien une continuité comme tu le nommes entre désir et plaisir, c'est à dire si je m'axe vraiment sur mon propre désir à cet endroit, je peux avoir accès au plaisir dans le sens où je suis dans ce continuum.
De de rester centré sur qu'est ce qui me fait plaisir ?
Sachant que aussi dans le plaisir en fait, on peut absolument être à la rencontre de l'autre.
Mon plaisir peut être le plaisir de l'autre évidemment.
Personne 1
Oui c'est intéressant ce que tu dis.
Oui parce que tu parles du de l'attention au désir et au plaisir de l'autre.
Est ce qu'on pourrait dire qu'en fait il ce ce qui change tout c'est quand on devient attentive ?
À son propre plaisir à soi, ce qui n'exclut pas une attention au plaisir de l'autre.
Mais cet espace d'attention à mon propre plaisir.
La plupart des femmes me disent qu'elles n'y ont tout simplement jamais penser.
Alors pas jamais, mais rarement penser certaines, jamais.
Je trouve que c'est.
C'est extrêmement important ça.
Personne 2
Oui, oui, c'est important.
Et puis c'est 1 1 endroit aussi de de richesse quoi d'exploration.
C'est une aventure en fait, de de se faire plaisir ou d'avoir accès à son plaisir.
C'est s'autoriser quelque chose comme je disais tout à l'heure, mais c'est aussi se lâcher quoi, se lâcher dans le sens.
Pas dans le sens lâcher prise, on a l'habitude de l'entendre, mais se lâcher, c'est à dire s'autoriser se se lancer.
En fait, voilà, se lancer dans dans une expédition ou si c'est une expédition, je ne sais pas, une aventure vers mon propre plaisir et.
Et s'autoriser ça en fait se.
Personne 1
Laisser vivre on.
Personne 2
Peut dire se laisser vivre.
Oui, le plaisir commence par se laisser vivre.
Oui ouais.
Et puis se se foutre la paix.
J'ai envie de dire aussi de façon un peu plus crue.
Personne 1
Je me disais, est ce que tu crois qu'on peut vraiment habiter son plaisir sans 1 1 imaginaire pour l'accueillir ?
Son plaisir hein ?
Personne 2
Oui, tout à fait.
Et son plaisir, on a besoin de l'imaginaire.
Oui je pense, parce que quelque part c'est mon espace à moi.
C'est un endroit aussi sécure, probablement hein ?
Si c'est mon imaginaire, bah en fait c'est moi qui l'ai construit par définition.
Je peux bien m'y sentir, je crois que c'est ça.
Personne 1
C'est mon jardin secret.
Personne 2
Ouais ouais, je pense que le plaisir et l'imaginaire vont très bien ensemble, comme un endroit de refuge aussi, c'est à dire mon imaginaire est à moi, quoi.
Donc c'est quelque chose d'intime.
C'est un endroit où je me sens bien, je les ai-je l'ai construit avec, mais voilà, mes, mes couleurs, mes désirs, mais aussi mes.
Oui, mais mes données à moi en fait mes informations à moi et pas celles des autres, et ça je crois que c'est important.
Décomplexer l'orgasme par la poésie et le ressenti
À à un moment ou à un autre Elia je me dis mais c'est peut être un bon moment maintenant en fait est ce que tu nous lirais 1 1 extrait de ton choix d'un, de, d'un, de tes, d'un, d'un de tes poèmes ou un poème complet ?
D'ailleurs je sais pas si c'est un bon moment pour toi maintenant je mets le le livre là et tu si tu préfères.
Tendre un peu plus tard, hein ?
Personne 2
Alors oui, et et alors ?
Je vais aller un peu à contrario de ce qu'on vient de nommer sur le sur le plaisir.
Mais ça me fait penser à un texte que j'ai écrit YA1 petit moment, mais qui voulait aussi décomplexer l'idée d'absolument aboutir à l'orgasme, hein ?
Comme on a beaucoup lu dans les magazines, et voilà, y avait une espèce de d'injonction comme ça, je trouvais à l'orgasme et j'avais aussi envie de.
Oui, de décomplexer les femmes à cet.
Personne 1
Endroit ?
Là oui, surtout de se rendre compte que la, la meilleure manière de ne jamais atteindre un orgasme, c'est de vouloir l'atteindre.
Parce que l'orgasme, c'est ce qui se passe quand on ne veut, quand on est au-delà de la volonté en réalité, quand on a laissé tomber la volonté, quand elle s'est dissoute et que le corps prend la parole.
Personne 2
Oui, oui, oui, c'est très pertinent.
Donc le texte s'appelle l'Orgasme n'est pas une.
Personne 3
Fin en soi.
Personne 2
Bien entendu, j'aime être caressée.
Personne 3
Que la langue.
Personne 2
Vienne chatouiller mes lèvres.
Personne 3
Que la bouche frétille, ma perle.
Que l'eau salée qui monte à la surface fasse briller ses yeux.
C'est un plaisir joyeux ce plaisir en surface.
J'ai le souvenir fou et vibrant du corps qui exulte, animal qui, d'instinct, cherche à être rempli rapidement.
Comme si la pérennité de mes gènes en dépendait.
Le corps qui cherche le contact physique, qui cherche à être bousculé, malaxé, pris, calé, tenu, contracté, contraint pour mieux être pénétré, percé, aspergé, arrosé.
Je me rappelle de mes fesses caressées, soutenues, ouvertes comme des pans de fenêtre, puis refermées, comme s'il n'y avait rien à y faire.
Et puis découvrir.
Personne 2
Tout ce qu'il y avait.
Personne 3
Plaisir à y faire l'orgasme n'est pas une fin en soi.
Mais enfin, restons lucides, le corps est une ouverture lorsque l'autre vient vous toucher l'âme et que sa chair parle amour malgré lui, que l'on accède à sa propre âme par le frôlement de la peau, ce que l'on ce que l'on appelle faire l'amour est en fait palpé de baume.
L'âme par l'émotion du frisson.
Il n'y a rien d'autre qui ne vaille cette élévation.
Là où l'amour apaise les blessures et que le corps vient rencontrer les cicatrices et les plaies, il existe la vérité d'une âme.
Il existe la vérité d'une âme qui adoucit une âme.
Autant dire que lorsque l'on a colu cela, quel désintérêt évident que celui de.
Personne 2
L'orgasme ?
Personne 3
Tant que tu ne viendras pas rencontrer mon âme, je serai abstinente.
L'impact de la pornographie sur le désir féminin
Extrêmement émouvant.
Merci Elia, merci beaucoup.
Est ce qu'on ferait peut être à la à la lumière de ce que tu viens de dire et de lire.
Un petit zoom sur les femmes en particulier.
Parce que c'est quand même une moitié de l'humanité qui n'est pas tout à fait.
Tu sais ce que disait CE cinéaste français dont le nom m'échappe à l'instant, qui disait, Nous sommes tous égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres.
Et moi j'ai la la sensation que les femmes sont très souvent moins égales que d'autres, donc.
Est ce que tu penses qu'on a que nous, les femmes, nous avons été privées ou appauvries dans notre imaginaire érotique ?
Revenons en à ça.
Personne 2
Oui, oui, oui, bien sûr.
Je pense que on a été privé.
En effet, je pense que la sexualité, les représentations de du plaisir, les représentations de l'amour charnel ont été écrites par des hommes et pour des hommes.
Donc en ce sens, l'imaginaire féminin a très peu de place.
On n'a pas d'exemples très concrets de films, de livres où l'imaginaire au féminin existe.
Alors moi je retrouve un peu en poésie quand même, Anaïs nin que j'ai, que j'ai beaucoup lue, où là justement, je retrouvais des références au féminin avec une une forme de puissance aussi, pas toujours justement à la volonté de l'autre ou à la soumission de l'autre.
Et donc cette idée-là aussi de puissance au féminin, avec un imaginaire décrit et même dicté, hein ?
Par Anaïs Nin, je me souviens, oui, ouvre des portes, permet en effet de se dire tiens là, l'imaginaire est encore à écrire.
D'ailleurs, oui.
Personne 1
Oui, est ce que ça pourrait expliquer selon toi pourquoi certaines femmes ne sentent pas ou ne savent pas ce qu'elles aiment ?
Tu sais souvent ?
Quand on a beaucoup de chance et qu'on rencontre un amant qui vous demande qu'est ce que tu aimes ?
La grande majorité des femmes que je reçois m'exprime une forme de soit de, de, de elles sont complètement désemparées.
Soit carrément en colère hein, en disant mais c'est pas à moi de savoir hein ?
Donc voilà comment est ce que ouais ?
Personne 2
Ça me touche ce que tu dis là, la colère là.
Et en effet, moi je pense qu'il YA1 endroit de découverte et d'exploration qui qui n'existe pas forcément, soit dans l'empressement, soit dans les habitudes, soit dans une une vie sexuelle qui est, j'allais dire, orchestrée d'une façon qui me demande pas où est ma place, quelle est ma place.
De quoi j'ai envie ?
Et qui donc, finalement, ne laisse pas non plus l'espace d'imagination ou de de propre réflexion sur l'introspection.
En fait, j'allais dire intime, de sensations, de sensations.
Alors ça demande aussi du de la lenteur, ça demande aussi un rythme adapté.
Ça demande aussi de pouvoir se laisser la place pour l'exploration, pouvoir poser la question à l'autre, de de quoi tu as envie ?
Ça a un rythme tranquille hein, ça a un rythme doux aussi.
Donc je je ne sais pas si la sexualité est souvent associée à ce rythme là, à cette douceur, à cette place de disponibilité aussi, c'est à dire à quel point l'autre est disponible pour entendre ma mon envie de découverte, à quel point je suis disponible aussi pour pouvoir m'autoriser à explorer des choses nouvelles dans mon corps.
Personne 1
Oui, en effet, et et.
Ce que tu, ce que tu évoques là, c'est cette, cette lenteur, cette disponibilité.
Cette attention me touche particulièrement parce que c'est en fait c'est c'est.
C'est l'antithèse de ce que la pornographie propose aujourd'hui.
La pornographie ne donne pas d'espace au temps, ne donne pas d'espace à l'attention.
Voilà.
Il me semble, moi, que la poésie permet ce que d'autres formes, comme notamment la pornographie, mais aussi parfois d'autres formes de de littérature érotique par exemple, ne permettent pas.
Personne 2
Oui, oui, oui, absolument.
L'évocation de la poésie permet d'abord un espace où il y a du silence, Comme tu le disais tout à l'heure au début.
Et aussi, la poésie permet.
Une utilisation des mots qui qui permet à l'imaginaire, à la pensée, de s'évader.
Hein ?
Ça permet l'évasion en fait.
Et là où la la pornographie ne ne laisse aucune place à l'évasion, ne laisse aucune place à l'imagination.
Tout est en gros plan, est guidé, est scripté hein ?
Et ce qui envoie effectivement des messages.
Plutôt perturbant hein ?
Pour pour la sexualité de tous et toutes, c'est à dire on pense être connecté à notre, à notre désir.
Et bien souvent en fait on est régi par des scripts inconscients ou parfois conscients qui sont des reproductions tacites de la pornographie.
Personne 1
C'est c'est extrêmement important ce que tu dis.
Là, on croit être connecté à un désir.
En fait, on est simplement mené dans une excitation et la différence entre excitation et désir.
C'est une question qu'on me pose beaucoup ces derniers temps, donc je vais un jour faire une un développement sous une forme ou sous une autre podcast, article ou ou.
Ou voilà ou réflexion peut être plus profonde sur la différence entre désir et excitation.
Et pour en revenir à la poésie, à la lenteur, à l'imaginaire, je pense qu'il y a aussi une grosse différence, c'est que la poésie, ce sont des mots et tu construis tes propres images à toi, tandis que la pornographie, c'est presque toujours des images qui te sont imposées.
Et qui ne laisse pas d'espace à ton imaginaire puisque on te propose d'une manière extrêmement frontale une image pré prédéfinie, je veux dire hein ?
Personne 2
Oui, oui, c'est vraiment une dictée, hein, on te dicte ce à quoi tu pourrais t'attendre.
Personne 3
Ce que tu dois faire ?
Personne 2
Surtout évidemment hein, on n'est plus dans dans cet endroit là d'ailleurs.
Y a pas de place, y a pas de place du tout pour l'improvisation, y a pas de place pour pour la chair hein, y a pas de place pour pour le corps.
En fait, ce voilà, c'est c'est quelque chose qui est qui est prédéfini, pré mâché.
J'allais dire pour toi et tu tu n'as rien à en dire en fait.
Et donc on on, on est imprégné de ces scripts et il faut savoir que c'est ça a un impact très fort hein ?
Vraiment très très fort.
J'ai aussi des femmes qui viennent me consulter sur cette question là, de d'excitation que tu as nommé et de dire aussi, mais en fait est ce que c'est normal ?
Enfin le mot, le mot normal est dans le mot des de mes, de mes clientes évidemment.
Est ce que c'est normal d'être excité par ça ?
Et donc on redéfinit aussi, de se dire mais en fait, comment on fait quand la violence intègre aussi les relations intimes ?
Comment on fait aussi quand on n'est pas en phase avec sa propre excitation ?
Qu'est ce qui fait justement que y a là quelque chose d'étrange à avoir un décalage entre le script que que que j'ai mâchouillé justement hein, qui est dans mon corps et mon propre désir, qui est peut être ailleurs.
Et donc du coup mon excitation serait peut être ailleurs ?
Personne 1
Et à ce moment-là est ce que tu pourrais dire que la poésie érotique peut transformer notre désir et notre plaisir ?
Comment la poésie érotique nourrit désir et plaisir
Et et en quoi ?
Personne 2
Oui je pense qu'il YA1 endroit qu'on a évoqué de lenteur aussi les mots proposent dans dans la poésie différentes définitions.
Et c'est pas forcément des définitions d'ailleurs, c'est différents ressentis.
Parce que je dans mon dans ma propre expérience, la poésie elle est dans la chair hein, elle est dans le corps, elle est pas, elle passe pas par la tête.
Et donc tu sais, parfois on a des gens qui nous disent mais moi je comprends rien à la poésie, la poésie c'est pas pour moi et en fait il y a rien à comprendre.
C'est justement ça.
C'est à dire que pour moi la poésie est un ressenti.
C'est idéal de se laisser porter par les mots et de voir quelles sensations ça génère dans le corps et les sensations qu'elle qui seraient générées dans le corps, ce seront des endroits d'imaginaire.
Puis, et comme on le disait tout à l'heure, de disponibilité dans mon corps, d'espace à créer, de refuge à créer ce mot là, qu'est ce qui, qu'est ce qui révèle de moi, quelle résonance il apporte à ma sensualité ?
Si je dis ça, qu'est ce que ça fait ?
Si je le dis avec un peu plus de silence, qu'est ce que ça fait aussi, si je lis de la poésie à haute à haute voix, qu'est ce que ça donne à vivre dans mon corps ?
Ça aussi c'est quelque chose, c'est en fait c'est c'est une multitude.
De d'espace possible, la poésie.
Personne 1
Et quand toi, quand tu écris, ça part d'où ça ?
Est ce que ça part d'images ?
Est ce que ça part de sensations, de de souvenirs peut être ou de fantasmes ?
Je veux dire, est ce qu'il y a des choses que tu explores dans l'écriture que tu n'explorerais pas ailleurs ?
Personne 2
D'abord, je je crois que la poésie, l'écriture en général, parce que j'explore actuellement l'écriture d'un récit plutôt roman.
Mais la poésie permet, je trouve, des espaces de liberté qui sont formidables, parce qu'en fait, on peut donner toutes les couleurs et toutes les formes à un mot, et c'est ça que j'adore.
Donc je pars en fait en général d'un mot ou de d'un petit groupe de mots.
Ben je mets plus que 3 ou 4.
Qui m'ont inspiré.
J'adore aussi travailler les expressions communes et leur redonner un autre sens qu'on qu'on n'a pas forcément entendu comme ça.
Et donc c'est quand même un peu une coquille, tu vois ?
J'ouvre la coquille et et en fait il y a plein de petites graines dedans qui me permettent de faire germer ce mot et lui donner une autre forme que celle que j'ai l'habitude dans le quotidien d'entendre.
Personne 1
Donc.
Tu pourrais dire que ton écriture nourrit ton imaginaire, ou bien plutôt que c'est ton imaginaire qui nourrit ton écriture ?
Personne 2
Les 2 vont bien ensemble en fait, hein ?
Je je peux être interpellée par la poésie du quotidien, c'est à dire je crois profondément qu'on peut habiter en poésie, hein le monde, hein, notre quotidien.
Il y a des choses très poétiques autour de nous qui ne sont pas forcément des mots, donc ça, ça me nourrit pour mon écriture.
Et puis Ben mon mon écriture parfois vient.
Créer un imaginaire, créer une idée, hein ?
Ça c'est une idée poétique et qui permet effectivement d'avoir après bah soit un désir, soit une envie qui qui émane de l'écriture.
Les 2 se nourrissent très bien.
Un espace collectif pour la poésie féminine intime
Alors ?
Tu as aussi créé la chaire poétique à à à Bruxelles, donc c'est une fois par mois environ tu réunis des femmes, majoritairement des femmes, qui écrivent, qui écrivent des poèmes, qui écrivent du Slam et qui viennent lire leur travail et et aussi en parler en public.
Donc voilà, qu'est ce qui t'a en en fait donné ?
Envie de rendre cette cette poésie vivante, incarnée et collective, parce qu'on est quand même là dans un intime.
Personne 2
Voilà tout à fait.
Alors la chaire poétique.
Effectivement, c'est un événement qui a lieu une fois par mois et qui permet de faire de la place à des personnes qui sont pas forcément visibles.
Ça, c'était mon choix.
Donc des personnes qui sont plutôt des femmes en effet, ou qui se se se nomment au féminin, hein ?
Et et souvent racisées aussi, donc, qui permet aussi donc du coup de laisser la place de la poésie à d'autres personnes que que celle qu'on voit en librairie.
Donc ça c'était l'une des premières.
Et de faire aussi ce qu'on a nommé tout à l'heure comme poésie vivante qui est dite à voix haute, qui permet à des femmes notamment tu as raison souvent des femmes.
De dire leur chose en poésie, hein ?
Ce que j'appelle leur chose, c'est leur intime, leur vécu, leur trauma aussi, leurs expériences, leur plaisir aussi.
Grande place au plaisir.
Et tout ça est est sensible, hein ?
C'est sensible et intime, donc c'est un public.
Un petit public, c'est pas un grand public.
Il y a une non hiérarchie aussi parce qu'il y a des invités qui sont publiés.
Et donc les personnes qui sont sur scène en émergence dans ces textes sont des personnes qui qui voilà, qui écrivent parfois pour la première fois et qui lisent tremblantes pour la première fois.
Et ça, c'est la magie justement de la poésie, de la chair poétique, de de vivre les sensations dans le corps.
C'est pour ça que ça s'appelle la chair sans eux.
Pour faire une belle place au corps et et montrer qu'en fait la poésie, elle se vit dans le corps, dans les sensations.
Personne 1
Oui, et c'est un endroit merveilleux.
Moi je me souviens de de justement de cette espèce de de sensation d'égalité entre les personnes qui sont publiées et celles qui ne le sont pas, celles qui viennent simplement partager des, des, des, des.
Ce qu'elles ont écrit pour elles-mêmes la plupart du temps, voilà ça, ça, c'est quelque chose que j'ai toujours trouvé très, très émouvant dans la chair poétique.
Même si celles qui sont publiées font en réalité exactement la même chose.
Elles publient cette cette intime, c'est cette ces joies, ces ces ces colères, ces ces tristesses, ces ces histoires, en fait, c'est leur histoire.
Personne 2
Absolument.
Oui, absolument et et et et à cet endroit, l'intime et et collectif, hein, l'intime et et justement fait public, l'intime fait émulation commune quoi ?
C'est ouais, c'est un moment de communion.
Souvent oui, il y a beaucoup d'émotions et et beaucoup de joie.
Effectivement, je suis toujours très touchée de de ça à chaque fois.
Personne 1
Moi, je me souviens de ma première, la première fois où je suis allée à la chaire poétique et où je t'ai dit, je me rends compte que tout peut se dire.
Ça a été un choc parce que je me suis rendu compte qu'en fait, ce qui m'habitait était collectif justement, était universel.
Ce que ces ce que ces femmes disaient trouvaient un écho en moi.
En fait, je ne me sentais plus aussi seule.
Personne 2
Oui, oui, je me souviens très bien de ce moment qui m'a beaucoup touchée et m'a.
Personne 3
Beaucoup marquée et.
Personne 2
Et en effet, Marie de neige, tu as raison pouvoir.
Laisser les mots se dire, être porté par la voix autorise aussi l'autre à ses pensées, autorise l'autre à son écriture.
C'est émancipateur en fait.
Donc il y a une vertu là-dedans qui est importante pour moi, qui est celle effectivement de d'inviter l'autre à être tranquille avec ses mots et son.
Conseils pratiques pour développer son imaginaire érotique
Écriture.
Alors on va revenir peut être dans un petit peu dans le concret.
Il y a des femmes qui nous écoutent et.
Si elles se disent, mais moi, je n'ai pas d'imaginaire érotique.
Par où elle commence ?
Question piège, hein ?
Mais oui, pas tant que ça.
Personne 2
Pas pas tant que ça.
Elle commence par noter des petites choses dans un petit carnet des petits mots.
Je lisais hier une très belle recommandation de Lisette Lombet qui est juste.
Elle vient de finir son mandat de poétesse nationale.
Lisette lombée disait, Cherchez au fond de vous une résonation, une résonance, plutôt une résonance de l'imaginaire peut être de, de, de, d'un endroit de sécurité qui vous permet de de vous lancer dans l'imagination.
Laissez cette idée vraiment émerger en vous, mais dans un temps calme, je dirais dans un temps où on n'est pas pressés et commencer à poser les mots justement sur le carnet.
Et faire en sorte qu'à partir d'un mot, on puisse développer un espace de méditation, d'introspection et de se dire, mais en fait là pourrais germer mon désir.
Et là je pourrais sentir que derrière, il pourrait y avoir quelque chose qui m'appartient à moi, qui serait mot plaisir.
Alors les plombiers disaient quelque chose de très joli, de d'ouvrir un carnet de poésie si on en a un prés de soi.
Ou 1,00£ de chercher sur une page le mot ou la phrase qui nous fait du bien, qui nous rassure.
Et de démarrer de là pour pouvoir créer une forme de de germination et je trouvais ça très beau et donc peut être que c'était une bonne idée aussi d'avoir près de soi 1£ fétiche ou 1 1 ouvrage qui nous rassure et de d'ouvrir à une à une page et de chercher le mot qui nous rassure et sur lequel je pourrais faire peut être germer mon imaginaire.
Personne 1
C'est merveilleux parce que justement figure toi, je me demandais si tu devais offrir une image ou une sensation.
Ou un mot à celles qui nous écoutent pour nourrir leur imaginaire érotique, ce serait quoi ?
Personne 2
Alors ce serait, si on a déjà eu le bonheur de ça, de sentir le fluide à l'orée des cuisses, s'éveiller en soi, de fermer ses yeux.
De se laisser happer soit par un paysage rassurant, c'est à dire une une forêt 111 endroit qui nous rassure.
La mer peut être un endroit qui nous qui nous apaise aussi.
Et d'avoir cette sensation, cet imaginaire qui monte avec le fluide qui peut arriver là dans mon ventre ou prendre peut être sa source dans mon ventre et arriver à l'orée de mes cuisses comme si c'était à l'orée d'une forêt.
Et d'avoir cette sensation très douce de nature qui émerge de moi, qui émane de moi et qui pourrait peut être même jaillir de moi.
Et de faire en sorte que ça c'est l'endroit peut être puisqu'il y a une source où où la graine pourrait fleurir.
C'est le printemps en plus, donc c'est une bonne idée.
Personne 1
Merci infiniment Elia, merci.
J'ai presque envie de de qu'on s'arrête là.
Ce ce ce cadeau, cette image.
Lire de la poésie, oui, mais en fait, ce que tu, ce que tu fais aujourd'hui, c'est que tu nous incites en réalité, nous les femmes qui t'écoutons en fait à écrire de la poésie sans but, juste parce que c'est nécessaire.
Personne 2
Oui, oui, c'est une bonne idée.
La poésie peut aussi être décomplexée, hein ?
En poésie contemporaine, on écrit, en prose, beaucoup, y a plus de rime, y a plus tout ça, donc on peut vraiment juste poser les mots qui nous viennent et et c'est et ça marche.
Et on n'est pas.
Personne 1
Obligé de les lire à quelqu'un, on n'est pas obligé de les de les publier, on peut-on peut les oublier et les retrouver.
J'ai fait cet exercice récemment et je le.
Je le recommande.
Non, je je.
J'aimerais que beaucoup de femmes se retrouvent avec des vieux textes qu'elles retrouvent et qu'elles sentent l'émotion remonter en relisant des mots qu'elles ont oubliés.
Personne 2
Oui, oui, les, les mots sont porteurs, ils sont.
Euh, c'est c'est fort ce que tu dis ?
Parce que les mots gardent les émotions, gardent les émotions comme un secret, comme un journal intime.
Et donc oui, c'est c'est c'est fantastique de pouvoir déposer ces mots sur un carnet intime.
Et il est retrouvé comme un trésor en fait, hein ?
C'est comme si on retrouvait une boîte à trésors en.
Personne 1
Fait alors je vais ouvrir ton ton recueil au hasard.
Et lire au hasard une phrase, C'est un arc-en-ciel, il n'y a aucune couleur à effacer, tu ne me juges pas dans mes fragilités.
Ce que j'ai de fragile laisse une place à ton amour, celui de m'accompagner, de me tenir.
Merci, on s'arrête là-dessus.
Parfait à bientôt et à.
Personne 2
Bientôt merci Marie, Nadège.
Podcast Summary
Key Points:
Elia Verdal est une poétesse de poésie érotique, fondatrice de la Chaire poétique et psychothérapeute, qui explore le désir féminin à travers les mots.
Son recueil "L'amour en creux" aborde la sensualité, la tendresse et la sexualité comme parties intégrantes de la rencontre amoureuse, sans performance ni injonction.
Elle insiste sur l'importance de l'imaginaire érotique personnel, distinct des représentations masculines dominantes, pour accéder à son propre désir et plaisir.
Le désir et le plaisir sont liés mais distincts
La poésie permet de décomplexer l'orgasme, en le replaçant comme une conséquence naturelle du lâcher-prise plutôt qu'un objectif.
Les femmes ont été appauvries dans leur imaginaire érotique par des représentations majoritairement masculines, d'où l'importance de créer un espace poétique féminin.
Summary:
Dans cet épisode du podcast "Exponentiel", Marie des Neiges reçoit Elia Verdal, poétesse et psychothérapeute, pour explorer le plaisir féminin à travers la poésie érotique. Elia explique que son travail, notamment dans son recueil "L'amour en creux", vise à exprimer l'intimité du désir féminin avec des mots authentiques, loin des clichés masculins. Elle souligne l'importance de l'imaginaire érotique comme un espace personnel, sécurisé et libre, qui permet aux femmes de se reconnecter à leur propre désir plutôt que de répondre à celui des autres.
La discussion aborde la distinction entre désir et plaisir : le désir est une énergie motrice, tandis que le plaisir nécessite une autorisation intérieure et un lâcher-prise. Elia lit un poème intitulé "L'Orgasme n'est pas une fin en soi", qui décomplexe l'orgasme en le présentant comme une conséquence naturelle de la rencontre des âmes et des corps, non comme un objectif. Elle critique la pornographie pour son absence de lenteur et d'attention, et encourage les femmes à explorer leur sensualité à travers la poésie, un outil puissant pour retrouver leur puissance et leur authenticité.
Enfin, elle insiste sur la nécessité de ralentir pour se laisser la place de découvrir ses propres sensations et désirs, dans un monde où les représentations féminines restent encore trop rares.
FAQs
Elia a commencé à écrire de la poésie sensuelle à 14 ans, car elle ne se retrouvait pas dans les textes classiques écrits par des hommes. Elle voulait poser ses propres mots pour exprimer une sensualité globale, incluant tous les sens.
La lenteur permet de se laisser de l’espace pour l’exploration intime des sensations, contrairement à la pornographie qui impose un rythme rapide. Cela favorise la disponibilité mutuelle et l’autorisation à explorer son corps sans pression.
Elia explique que les femmes ont été privées d’un imaginaire érotique propre, car les représentations dominantes sont masculines. Le manque d’introspection et d’exploration personnelle les empêche souvent de connaître leurs désirs.
Le désir est une énergie motrice qui anime, tandis que le plaisir nécessite une autorisation intérieure, parfois entravée par la culpabilité. Ils peuvent être liés, mais le désir n’aboutit pas toujours au plaisir, et vice versa.
Dans son poème « L’orgasme n’est pas une fin en soi », Elia critique l’injonction à l’orgasme en valorisant le contact charnel et l’émotion de l’âme. Elle affirme que l’orgasme n’est qu’une partie d’une expérience plus vaste.
La Chaire Poétique est une initiative d’Elia Verdal pour promouvoir la poésie, notamment érotique, comme un espace d’expression et de réappropriation du désir féminin. Elle organise des événements comme le Festival Matriminé.
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