Go back

L'Atlantique aux temps modernes : soumettre ou échanger ? avec Éric Schnakenbourg [2/3]

from Storiavoce, un podcast d'Histoire & Civilisations

27m 39s

L'Atlantique aux temps modernes : soumettre ou échanger ? avec Éric Schnakenbourg [2/3]

L'émission explore la complexité de la colonisation atlantique entre le 15e et le 18e siècle, dépassant la vision simpliste d’un processus unilatéral. Elle met en lumière la cartographie comme un acte culturel, où les représentations de l’espace varient selon les civilisations. Les Européens, bien que dominants, ne créent pas un monde statique, mais un espace en mouvement, dont les cartes évoluent avec les découvertes. Le concept de « colonie » s’inscrit progressivement dans une logique de souveraineté et de subordination, construite au fil du temps, pas dès le départ. Le commerce triangulaire, souvent présenté comme dominant, n’est qu’une minorité des échanges ; le commerce direct, notamment la traite des esclaves, est bien plus important. Cependant, ce commerce repose sur des échanges réciproques où les Africains et les Amérindiens trouvent des bénéfices, malgré les inégalités. L'appropriation des terres est contestée par des questions de première arrivée ou de première exploitation. Le choc micro bien décimant les populations amérindiennes permet aux Européens d’imposer leur domination. Enfin, l’évangélisation, souvent associée à la conquête, se mêle à des pratiques locales, donnant lieu à des syncretismes qui persistent aujourd’hui dans les sociétés d’Amérique du Sud. Ce tout montre que la colonisation est un processus profondément dynamique, interconnecté et marqué par des interactions culturelles et économiques complexes.

Transcription

4321 Words, 26425 Characters

French
Court d'histoire. Une émission de la rédaction de Story A Voté. On retrouve Marie-Gwen Carichon. Bonjour, chers éditeurs. Je suis Ravi de vous retrouver pour notre deuxième court d'histoire consacrée à l'aclantique Je reçoit Eric Snackenbourg, qui vient de publier aux éditions armant-collins. Le monde atlantique, un espace en mouvement 15e, 18e siècle et je suis Ravi de rencontrer aujourd'hui Eric Snackenbourg. Bonjour. Merci d'être venu une deuxième fois pour ce deuxième court d'histoire. Je rappelle que vous êtes professeur d'histoire moderne à l'université de Nantes et directeur du centre de recherche en histoire internationale et atlantique dans le premier court d'histoire. Vous nous avez parlé de l'aclantique comme réalité géographique, comme espace découverte par les Européens et j'aimerais qu'on s'attarde aujourd'hui sur la colonisation. Qu'est-ce que coloniser évidemment dans son sens large, comment concevoir cette colonisation non pas comme un phénomène figé et unilatéral, mais comme un moment de l'histoire qui connaît un grand nombre de mutations d'évolution entre les peuples et entre les territoires. L'Atlantique, donc vous le dites très longuement dans votre ouvrage et c'est important de le repressiser. C'est un espace en mouvement en tension, un lieu des changes et d'interaction. Avant de parler de la colonisation en tant que tel, j'aimerais qu'on parle des cartes puisque pour coloniser un espace, il faut avant tout le connaître, il faut l'intellectualiser si je peux m'exprimer ainsi et vous dites dans votre livre que avant le 15e siècle, certaines civilisations africaines et américaines, leur propre cartographie, ce n'est pas seulement les Européens qui imagine le monde autour. Vous pouvez nous dire quelques mots sur ces cartographies? Et bien, représentez l'espace et, précisément, une réalité anthropologique puisqu'on la retrouve dans des tas de civilisations. Par exemple, aujourd'hui, nous para absolument évident et naturellement de mettre le nord en haut et le sud en bas, mais en réalité, c'est une convention. Donc, la cartographie, c'est un élément qui est un élément culturel, c'est vraiment un aspect de la culture. On peut représenter l'espace autour de soi, pour avoir des finalités politiques, mais aussi avoir des intérêts en termes de navigation. Alors là, on n'est pas dans le monde Atlantique, mais on sait par exemple qu'il y avait des représentations de l'espace dans les peuples du Pacifique, précisément pour pouvoir représenter des itinéraires de navigation entre les îles. Après, la deuxième chose, c'est que représenter l'espace sur une carte, c'est aussi avoir une certaine conception du territoire. Alors, c'est pour ça que des peuples, par exemple, qui sont nomadres, n'ont pas le même rapport à la représentation précisément de l'espace. Et si nous en revenons aux Européens, représentez l'espace, c'est aussi cela approprié. Alors, cela approprié sur le plan intellectuel, vous avez raison, mais c'est aussi cela approprié sur le plan politique. Parce qu'il ne s'agit pas simplement de représenter l'espace et de faire un trait de côte, il s'agit aussi de nommer l'espace. Les cartes servent aussi à nommer l'espace et on sait à cet égard la fortune et le succès du nom américain qui a été pour la première fois inscrit sur une carte et à partir de là, reproduit et le terme s'est imposé. Donc, la cartographie, c'est une opération qui est extrêmement compliquée sur le plan intellectuel parce qu'il faut réduire une immensité à un support qui est appréhendable par l'œil. Donc, on voit que c'est extrêmement difficile d'autant plus que la terre est en ronde et bien encore aujourd'hui, il y a des questions de projection et en fonction des projections que vous choisissez et vous donnez plus ou moins de poids à telle ou telle région. Est-ce que ces cartes, notamment les cartes qui sont réalisés par la européenne, tendent à représenter l'Atlantique comme un monde? Et bien, alors il faut d'abord, peut-être, rappeler que la première carte européenne sur laquelle figure l'Amérique, c'est une carte espagnole de Rwantla Kosa qui a été réalisée en 15 cents. Alors, la question c'est effectivement la question du monde atlantique et on, d'ailleurs, ce sont des problématiques qui vont être aussi, enfin qu'on voit déjà dans l'espace méditerranéen. Finalement, compte on représente l'espace atlantique. Qu'est-ce qu'on représente? Est-ce qu'on représente un espace maritime et, auquel cas, finalement, il faut donner les indications d'évent, les indications des directions? Si bien que la précision du trait de côte n'a pas grand importance, ou est-ce qu'on représente véritablement un espace avec des traits de côte le plus fidèlement possible? C'est vraiment de choix. Les cartes pour les navigateurs et les cartes disons pour les observateurs. Alors, bien sûr, au 16ème siècle, au 16ème siècle, et bien, sont plutôt des cartes pour les navigateurs, mais on voit, par exemple, au 17ème siècle, au 18ème siècle, des cartes qui sont davantage pour but de représenter le plus fidèlement possible l'espace qui vont être réalisé. Sachant que ces cartes doivent être réactualisés en permanence au fil des explorations, au fil des découvertes, au fil de la correction des erreurs et contommées comme ça des cartes côte à côte, on voit, petit à petit, le monde, en quelque sorte, prendre la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. Avant de parler de la colonisation en tant que telle, j'aimerais vous poser deux questions de définition. Comment est-ce que vous vous définissez une colonie? Et comment est-ce que les Européens définissaient une colonie? Alors, en réalité, derrière cette question qui a l'air simple, il y a une réalité extrêmement compliquée. Parce que souvent, quand on parle de colonie pour, disons l'époque moderne, eh bien, on a, en tête, finalement, la colonisation du 19ème siècle. En réalité, dans un premier temps, le terme même de colonie est, évidemment, fondé sur l'antiquité, notamment l'antiquité grecque. Qu'est-ce que c'est qu'une colonie à l'origine? Le sens de ces termes colonies, c'est sur simplement des individus qui vont s'installer dans un espace, disons, plus ou moins loin temps. Mais on voit que, au moins dans un premier temps, il n'y a pas l'idée de la subordination. Et c'est vraiment un point qui doit être, enfin, qui est vraiment important, c'est que le rapport de subordination entre colonie et métropole, c'est quelque chose qui se construit. C'est quelque chose qui se construit à partir du 17ème siècle, et qui va, bien sûr, se renforcer au 18ème et 19ème siècle. Mais avant de ça, avant ce moment-là, eh bien, les Français, par exemple, qui sont installés en nouvelle France, eh bien, au fond, ce sont des Français qui sont installés sur un autre territoire. Et il faut aussi se poser la question, finalement, pourquoi, dans le Royaume-de-France, ne parlons pas de colonie, parce que ce sont des territoires qui sont considérés comme ayant intégré le Royaume-de-France. Eh bien, c'est la même chose pour les espaces ultra-aclantiques. Dans un premier temps, c'est simplement, je dirais, des morceaux de France avec une discontinuité. Et c'est petit à petit, hein, quand une fois que ce rapport de sugestion va se mettre en place. Et vous parlez également, alors, c'est le titre de votre chapitre de colonie et en pire sur lequel je me suis appuyé pour préparer cette émission. On peut parler d'empires entre les 15e et 18e siècle, est-ce que, en fait, le monde acclantique, c'est l'histoire de la formation d'empires. Je vous provoque un peu. Alors, j'en suis consciente. C'est l'histoire de la formation d'empires. Je vais faire une réponse misphilmère 1, oui, non. Parce que, dès là, on voit, par exemple, chez les espagnols, les espagnols ne pensent pas du tout. Enfin, ne pensent pas, en tout cas, avant la fin de deuxième moitié du 18e siècle, ne pensent pas leur possession, comme des empires. Il faut bien voir et là, et on a eu quand même des progrès dans l'historiographie récemment avec l'idée de monarchie composite. Parce que, par exemple, si vous prenez un souverain comme Charles lequin, il est roi d'Espagne, il est aussi, pour prendre simplement deux de ces titres, en pire du saint empire romain germanique. Et donc, finalement, ce sont des territoires qui s'ajoutent à d'autres territoires. Et bien, cette idée vraiment des monarchies composites, elle va être dans un premier temps, l'idée centrale, qui va associer des territoires aux territoires américains, aux territoires européens, par exemple, le cas de l'Angleterre. Et bien, les Anglets américains, c'est-à-dire les Anglais qui vivent en Amérique dans ce qui va devenir les 13 colonies à partir du 18e siècle, ne se pensent pas comme des gens vivant dans une colonie. Ils se pensent simplement comme des Anglais avec les droits des Anglais, avec les devoirs des Anglais, mais ils se trouvent qu'ils vivent à plusieurs milliers de kilomètres de l'Angleterre. Donc, il n'y a pas cette idée de la colonie quant à l'empire, et bien, le terme va apparaître d'abord, enfin, va être utilisé beaucoup chez les Anglais dès le début du 18e siècle. comme la capacité à rassembler dans un ensemble plus ou moins cohérent des territoires dispersés avec des caractéristiques différents. Donc l'idée de colonier et d'empires évidemment, ce sont des idées qui sont liées, mais encore une fois il faut se méfier de la manière dont on entend ces termes-là parce que ce sont des termes qui sont très connotés 19e siècle avec les grands empires coloniales. Oui, il n'est pas du tout dans la même logique et d'ailleurs vous l'avez dit dans la première mission le premier but de ces explorations c'est avant tout de trouver des richesses en asie. Donc petit à petit c'est cette idée de colonisation comme on entend aujourd'hui qui va se faire, mais ça prend au moins 3 à 4 siècles. Tout à fait c'est à dire l'idée de colonisation est un peu plus rapide, c'est à partir du moment où on se rend compte par exemple si on prend l'exemple des antiques que l'on peut qu'il y avait d'abord du tabac puis de la camassue pour faire du sucre. Et bien là les choses vont être les choses vont être différentes parce que si on prend l'exemple de la production du sucre par exemple. Et bien le sucre c'est une richesse importante par exemple pour la France. Et bien il faut s'assurer que le sucre produit dans les territoires français alors au 18e siècle les principaux c'est saint doming, la goethe loup et la martinique. Il faut s'assurer que cette richesse profite à la France. Donc il va se mettre en place, ce rapport colonie métropole avec le fameux système de l'exclusive qui théoriquement interdit tout commerce dans les colonies françaises avec des étrangers. C'est une théorie puisqu'en réalité il y a un contrebanc qui est extrêmement actif. Comment l'Europe se partage-t-elle littère? Comment est-ce que les puissances européennes s'arrangent avant tout sur leur propre territoire pour se mettre d'accord sur qui va coloniser quoi pour parler un petit peu? En réalité elle s'arrange plus ou un le premier le premier élément évidemment très important. C'est le traité de Tordes et Sias de 1494 qui est une partition finalement du monde entre hiberique, entre portugais et espagnol. Et bien donc on détermine une limite et cette limite le territoire qui sera situé à l'Est donc vers l'Afrique et l'océan indien correspond aux domaines portugais et à l'ouest aux domaines espagnol. Cependant, ce traité de Tordes et Sias qui est intraité diplomatique va être remis en cause évidemment par les français, par les anglais, par notamment les nerfs landés. Et bien il s'agit de s'emparer pour de manière concrète comment cela se passe-t-il? Il s'agit de s'emparer de terre en considérant et là aussi il y a une difficulté que ces terres sont ce qu'on appelle des terres nulies, c'est-à-dire des terres qui n'appartiennent à personne. Or il y a bien des habitants sur ces terres, il y a bien des amérindiens qui sont établis là. Et donc il y a toute une opération de justification de la appropriation de ces terres par la conquête militaire. Puis un élément qui est très important, c'est le choc micro bien qui va considérablement affaiblir les populations améradiennes et donc on va s'emparer de terre. Mais au fond, quand on parle de la fondation de colonie, comment s'approprier une terre? Est-ce qu'il suffit simplement d'être le premier à être arrivé sur place? Mon plan de l'étendard du Roi fait une proclamation et on considère que cette il, par exemple, appartient à notre souverain? Ou est-ce que c'est les premiers qui arrivent sur place et qui véritablement commencent à exploiter? Donc qu'est-ce que c'est que s'approprier une terre? Et la colonisation, les débuts de la colonisation en Amérique, pose cette question là. Puisque pour certains, évidemment, les espagnols considèrent que, parce que Christophe Comment a découvert ensemble de terre aux Antilles, eh bien, c'est vrai, suffit d'être arrivé le premier. Donc la question du Roi de découvert est remise en cause par les Français et les Anglais qui considèrent que certes ils sont arrivés après les espagnols, mais ils sont les premiers à véritablement exploiter. La Césile allait mettre en valeur à dominer leur environnement, à agétir leur population et, par conséquent, ils considèrent que ces îles doivent leur revenir. Alors, il y a des rivalités, il y a des conflits et on constate que, petit à petit, au cours à la fin du 17ème siècle et surtout au 18ème siècle, les questions coloniales vont prendre de plus en plus d'importance dans les relations entre les puissances européennes, avec, en point culminant la guerre de sept ans, puisque la guerre de sept ans, c'est le premier conflit qui débute pour des causes qui sont extra-europènes. Oui, on verra comment l'impact de cette découverte du monde atlantique et de la volonté des puissances européennes de s'approprier, un impact direct dans les sociétés européennes sur leur propre sol. Vous dites dans votre vache qu'il y a une incompatibilité entre les prétensions hyberiques et celles des autres puissances maritimes, est-ce que c'est une réalité qui va courir sur tous les siècles que vous décryvez ou est-ce que les choses vont finalement sans cesse, bouger, évoluer, les alliances vont se retourner aussi facilement que sur un champ de bataille. En fait, les espagnols s'installent dans un premier temps aux Antilles, mais finalement, à partir du moment où ils ont arrivé en terre ferme, c'est-à-dire sur le continent américain, ils vont délaisser les Antilles. Par exemple, pour nous, un élément très simple, si vous prenez Cuba. Cuba a le potentiel d'être une grande ill-sucrière. Elle commence à l'être à partir des années 1760, mais en réalité, jusque là, les espagnols ne produisent pratiquement pas de sucre. Pourquoi ils ne produisent pas de sucre, ou très peu de sucre, parce que les efforts de leurs présences en Amérique sont avant tout orientés concentrés sur la terre ferme et sur les richesses, notamment l'argent du Mexique. Et donc, il y a vraiment des logiques, ici, qui sont des logiques différentes. Les rivalités vont être extrêmement intenses entre espagnols français et anglais. D'ailleurs, les espagnols ont une expression quand ils parlent des îles des Antilles. Ils parlent de l'As-Islas. Il nous t'il a, c'est-à-dire les îles inutiles. Et pourtant, les Français et les Anglais vont s'en contenter quand l'on pense à la jambarique, à Saint-Dommage, ou à la Guadeloupe ou à la Martinique. On peut dire que coloniser c'est pas seulement posséder une terre ou du moins la gouverner, mais aussi maîtriser un espace. Et quand on pense au monde atlantique, notamment pendant l'époque moderne, on pense aux commerces triangulaires. Est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur le lien entre ce commerce triangulaire et l'évolution du monde atlantique comme on s'imagine et comme l'évolue lui-même en tant tel? D'abord, je voudrais préciser une chose qui me semble très importante à propos du commerce triangulaire. Le commerce triangulaire, comme je le marque dans le vrage, est extrêmement connu, c'est la forme la plus célèbre si je veux dire de circulation atlantique et il est enseigné dans les collages et les lycées. Mais en réalité, le commerce régulaire est un circuit qui est minoritaire dans les échanges atlantiques. Si vous prenez, par exemple, le port de nante qui est le principal port négrier français de l'époque moderne, on se rend compte que le commerce triangulaire ne concerne que un tiers 20% des expéditions. L'essentiel des échanges dans le monde atlantique entre l'Europe et l'Amérique, c'est du commerce qu'on appelle en droit-tour, c'est-à-dire du commerce directe. Le commerce régulaire, ça n'est qu'un des aspects de ces échanges atlantiques. Alors, il est extrêmement important parce que le commerce régulaire, évidemment, c'est le commerce de la traite, donc 12 millions et demi d'Africains, je le rappelle. Il faut aussi, peut-être, préciser une autre chose, c'est que les marchandises de traites, c'est-à-dire les marchandises qui sont expédies d'Europe en Afrique. Et bien, ces marchandises ne sont pas contrairement à ce que l'on croit très souvent de la paquautie et des marchandises de mauvaise qualité, évidemment. Il y a des marchandises de mauvaise qualité, mais on voit bien qu'il y a des marchandises qui sont des marchandises précieuses, voire des marchandises de luxe, parce que les acheteurs africains, eh bien, on a qui le savoir, l'expérience des marchandises européennes. Et ça, encore une fois, je crois que c'est une pollution du 19e siècle qui fait croire qu'on donne trois bouts de vératrice à un africain. Alors, voit bien derrière les représentations qu'on a aussi, un trois bouts de vératrice à un africain qui en échange va vous donner de l'or, des esclaves, etc. Les esclaves en Afrique s'accoutent cher. Et si ça coûte cher, eh bien, il faut donner à ceux qui vendent des esclaves, il faut leur donner des marchandises de qualité, n'oublions pas que les Européens sont aussi en concurrence entre eux. Donc, si vous donnez, je ne sais pas une mauvaise cargaison de fusil à un interlocuteur qui va vendre des esclaves, eh bien, il va l'apprendre la première fois, mais quand votre rival va donner des fusils de meilleure qualité, évidemment, vous allez en quelque sorte perdre le marché. Donc, le commerce triongulaire, c'est vraiment, c'est quelque chose qu'elle faut faire attention et c'est une image qui est un petit peu trompeuse. Il existe, bien sûr, et il symbolise la mise en relation de ces trois espaces, l'espace européen, enfin le littoral européen, le littoral africain et l'Amérique et de cette interdépendance, mais encore une fois, il faut le remettre à ça juste de place. Vous avez parlé, quand vous parlez de ces échanges, en fait, on a l'impression que les Amérendiens, mais également les africains peuvent y trouver leurs comptes dans les échanges avec les Européens mais pareil, on a. souvent l'image des Européens qui arrivent, qui sacchent ou voire, qui provoquent des génocide. Alors qu'en fait, les choses sont beaucoup plus complexes, est-ce qu'on peut dire que la réussite entre guillemets d'une colonisation par les Européens est liée à leur capacité à s'adapter au peuple qui veulent coloniser et à aller comprendre et à échanger avec eux? Alors oui, bien sûr, il y a des interactions culturelles mais il y a une chose finalement une question un petit peu simple que je me suis posée en réservant cette ouvrage. C'est au fond, pourquoi les Européens ont colonisé l'Amérique et pas l'Afrique? Ce aurait été beaucoup plus simple, en quelque sorte, plus proche, les esclaves auraient été sur place. Et bien, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les Européens à l'époque modernes, non? Alors il y a quelques établissements qu'on peut qualifier de coloniaux en Angola ou dans le sud de l'Afrique mais en réalité, les Européens, que ce soit pour les questions épidémiologiques, c'est-à-dire des taux de mortalité des Européens en Afrique sont extrêmement élevés, parce qu'en fait, en face aussi, il y a des Etats-Africains qui sont des Etats puissants. Donc les Européens n'ont pas pu s'établir sur le mode colonial, en Afrique, en revanche en Amérique, ils ont pu le faire, parce qu'il y a eu le choc micro bien, encore une fois extrêmement important, 90% des populations amérindiennes en un siècle, c'est une moyenne, on était décimés en quelque sorte, la résistance amérindienne en tant que tel, évidemment, était affaiblie, plus la supérieure était militaire. Alors évidemment, tout le monde trouve son compte dans ces échanges dans un premier temps du mois, on le voit en Afrique, puisqu'on estime qu'il y a peu près 3, 4% de l'ensemble des esclaves qui ont été radis, c'est-à-dire qu'on était capturés au sens propre. Autrement dit, à peu près 95% des échanges, pardon, des esclaves qui ont été déportées en Amérique, ont été achetés. Et donc, s'il y a achat, c'est qu'il y a une offre et une demande. Et s'il y a demande européenne n'a jamais cessé, l'offre africaine a toujours répondu. La traite des esclaves, c'est un commerce, il faut donc un acheteur et un vendeur, il faut que tout le monde y trouve son avantage. Et, à l'arrivilement, je ne le parle pas, des malheureux qui étaient dans lesquels des navires naturellement, qui étaient l'évitimes. Mais en Amérique, c'est pareil, il y a des échanges. On le voit par exemple, au 16e siècle, en Amérique du Nord, dans le cas des Français. Et bien, les Amériens indiens, alors c'est une histoire qui a assez amusant, parce que les Amériens indiens amènent des potes castors aux Français qui leur donnent en échange des produits notamment métalliques, qui leur donnent de l'alcool. Et au fond, les Européens ont l'impression qu'ils donnent des marchandises de peu de valeur et optiennent des potes castors qui ont beaucoup de valeur. Ils ont l'impression qu'ils font une très bonne affaire et les Amériens indiens de leur côté. Ils donnent des potes castors, des gâtures qui étaient extrêmement nombreux. Pour eux, c'est une marchandise qui n'a pas une grande valeur et ils optiennent des choses qui, dans leur culture, ont beaucoup de valeur. Et donc, finalement, comme le dit l'Itsyrian Timoty Brook, chacun a eu l'impression de berner l'autre et de faire une bonne affaire. C'est précisément comme ça que les choses se sont mises en place, mais ces échanges qu'on a entre Europa et Amériens, effectivement, ces échanges que l'on voit dans un premier temps, mais dans un deuxième temps, effectivement, avec le renforcement de la population européenne, l'affaiblissement des populations Amériennes, eh bien, on passe sur des échanges, c'est vraiment des échanges qui sont dissimétriques, ce qui n'était pas le cas en Afrique. On a parlé, en fait, de l'économie et c'est intéressant ce que vous dites sur la relativité de la valeur et de l'argent. On a parlé des ambitions politiques, des Européens et qui exportent aussi leurs rivalités outre-continants. Et un troisième pendant la colonisation, mais vous allez me répondre qu'il y en a bien d'autres, c'est l'aspect religieux. On colonise aussi, on traverse l'Atlantique parce qu'on veut apporter la bonne parole à ceux qui ne connaissent pas la religion chrétienne. Quelques mots sur l'évolution de ces missions, entre le 15e et le 18e siècle, ce sera ma dernière question. Il vous reste quelques minutes. – Bien, je vous remercie. L'évangélisation est un aspect, effectivement, très important du rapport des Européens en particulier au monde américain, même si on a aussi des missions d'évangélisation en Afrique. Et là, à cet égard, il faut distinguer d'un côté les catholiques, c'est-à-dire les Français et les Espagnols et de l'autre côté les anglais. Alors, pour les catholiques, pour les Français et les Espagnols, il y a des ordres qui vont être très actifs dans la colonisation. On parle aussi des portugais. Il faut aussi les mentionner. Avec les G Suite et les G Suite, notamment, vont être des passeurs culturels extrêmement importants parce que la conversion G Suite se base aussi sur l'éducation, sur la compréhension, la connaissance des cultures non-europeelles. Et on voit un certain nombre d'ouvages, de dictionnaires, par exemple, entre que ce soit Espagnol, portugais ou français et des langues améridiennes, qui vont être l'œuvre des G Suite. Il s'agit vraiment de convaincre d'intégrer. Alors, je ne dis pas qu'il n'y a pas de relation de force derrière. Il y a bien sûr des relations de force, mais il s'agit aussi de convaincre véritablement les améridiennes de la bonne parole, selon les G Suite. Mais on voit aussi que dans ces processus d'évangélisation, il y a ce qu'on appelle du syncretisme, c'est à dire des mélanges de pratiques pré-colombiennes et de pratiques crétiennes. Par exemple, l'usage du tambour dans les fêtes religieuses crétiennes, du tambour traditionnel. Est-ce que c'est simplement participé à une fête religieuses crétienne, ou est-ce que c'est une rémunissance de culture des cultures améridiennes? Finalement, on se rend bien compte qu'il y a petit à petit au fil du 16ème, du 17ème et du 18ème siècle. Une plus grande rigueur qui va être apportée avec une volonté d'avoir une christianisme, un catholicisme beaucoup plus conforme à ce qui se passe en Europe. Cependant, nul ne peut s'endez véritablement les coeurs et les âmes, mais il y a des survivants. On voit encore aujourd'hui des pratiques dans le catholicisme sud-américain, dans lesquels on retrouve des traces de pratiques qui étaient des pratiques pré-colombiennes qui donnent la spécificité du catholicisme sud-américain par rapport au catholicisme européen par exemple. Merci beaucoup, Eric Chinaconbourg, d'avoir répondu à nos questions pour ce deuxième épisode de notre cours d'histoire sur l'Atlantique. Si vous souhaitez aller plus loin, chers auditeurs, je vous conseille le livre Le Monde Atlantique en espace au mouvement qui a été publié aux d'éditions armant-collins. Nous pouvons hélasque évoquer quelques moments de l'histoire qui sont évoquées dans le livre. Je vous remercie pour votre écoute et votre fidélité et je vous dis à très bientôt pour le troisième et dernier épisode de la série où nous parlerons de l'impact des découvertes et des colonisations sur les sociétés européennes. Je vous remercie et je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission story aboutchée.

Podcast Summary

Key Points:

  1. La colonisation n’est pas un phénomène figé mais un processus dynamique marqué par des échanges, des mutations et des interactions entre les peuples et les territoires.
  2. La cartographie est un acte culturel et intellectuel qui révèle des conceptions différentes de l’espace, notamment entre les civilisations africaines, américaines et européennes.
  3. Les cartes européennes du monde atlantique évoluent au fil des siècles, passant de représentations simplifiées à des cartes de plus en plus précises, reflétant les découvertes et les explorations.
  4. Le terme de « colonie » est ancien et évolue au fil des temps
  5. Le commerce triangulaire est souvent déformé par la mémoire historique
  6. L’appropriation de terres repose sur des débats sur la première arrivée ou la première exploitation, ce qui crée des rivalités entre Européens.
  7. L’impact de la colonisation est profondément asymétrique
  8. L’évangélisation, notamment par les ordres catholiques, s’accompagne de syncretismes culturels, laissant des traces dans les pratiques religieuses actuelles du monde sud-américain.

Summary:

L'émission explore la complexité de la colonisation atlantique entre le 15e et le 18e siècle, dépassant la vision simpliste d’un processus unilatéral. Elle met en lumière la cartographie comme un acte culturel, où les représentations de l’espace varient selon les civilisations. Les Européens, bien que dominants, ne créent pas un monde statique, mais un espace en mouvement, dont les cartes évoluent avec les découvertes.

Le concept de « colonie » s’inscrit progressivement dans une logique de souveraineté et de subordination, construite au fil du temps, pas dès le départ. Le commerce triangulaire, souvent présenté comme dominant, n’est qu’une minorité des échanges ; le commerce direct, notamment la traite des esclaves, est bien plus important. Cependant, ce commerce repose sur des échanges réciproques où les Africains et les Amérindiens trouvent des bénéfices, malgré les inégalités.

L'appropriation des terres est contestée par des questions de première arrivée ou de première exploitation. Le choc micro bien décimant les populations amérindiennes permet aux Européens d’imposer leur domination. Enfin, l’évangélisation, souvent associée à la conquête, se mêle à des pratiques locales, donnant lieu à des syncretismes qui persistent aujourd’hui dans les sociétés d’Amérique du Sud.

Ce tout montre que la colonisation est un processus profondément dynamique, interconnecté et marqué par des interactions culturelles et économiques complexes.

FAQs

Coloniser ne se limite pas à posséder une terre, mais implique une interaction complexe entre peuples et territoires, avec des mutations constantes au fil du temps.

Non, les cartes anciennes sont des constructions culturelles. Elles montrent des représentations politiques, navigables ou culturelles, et reflètent des conceptions différentes selon les civilisations.

Ils ont souvent invoqué la découverte première comme justification, mais cette logique a été contestée par d'autres puissances qui considéraient que l'exploitation effective était plus importante que l'arrivée initiale.

Le commerce triangulaire est un circuit important mais minoritaire. Il symbolise l'interdépendance entre Europe, Afrique et Amérique, mais il ne représente pas l'essentiel des échanges atlantiques.

Les populations amérindiennes ont été décimées par des maladies, ce qui a affaibli leur résistance. En Afrique, les États africains étaient plus puissants et les taux de mortalité européens étaient très élevés.

Non, ces échanges étaient souvent dissymétriques. Les Européens perdaient l'impression d'une bonne affaire, tandis que les Amérindiens vivaient dans une situation de dévalorisation des leurs produits.

Chat with AI

Loading...

Pro features

Go deeper with this episode

Unlock creator-grade tools that turn any transcript into show notes and subtitle files.