Jacqueline, s'affirmer en tant que femme grâce au travail
17m 52s
Jacqueline, née en 1936, raconte comment le travail a radicalement transformé sa vie de femme. Mariée jeune et soumise, elle a interrompu sa carrière pour élever ses enfants. Le décès tragique de sa sœur la pousse, à 40 ans, à reprendre un emploi dans un club de livres. Ce travail, où elle vend des abonnements et conseille les clients, lui apporte une reconnaissance sociale et une valorisation personnelle qu'elle n'avait jamais connues. Elle y développe sa confiance, effaçant ses complexes liés à son manque d'éducation.
Cependant, cette reconquête professionnelle se heurte à l'opposition de son mari, qui refuse initialement son temps plein et la charge domestique reste entièrement à sa charge. Malgré ces obstacles, le travail devient un espace de liberté et d'oubli des soucis familiaux. Il lui permet de s'affirmer, de gagner son indépendance et de construire une nouvelle identité. Aujourd'hui, à plus de 85 ans, elle reste active et sereine, considérant que le travail a été l'élément clé de son émancipation et de son épanouissement personnel. Son témoignage illustre le combat de nombreuses femmes de sa génération pour leur autonomie.
J'ai été une femme soumise quand je me suis mariée et justement, le fil de travailler, j'ai pu prouver que j'étais capable de faire quelque chose. Je ne sais pas la femme que je serais si j'avais pas croyé. Bonjour, bienvenue sur Parole de Vieux, le podcast qui raconte les histoires de nos grand-mères et nos grand-mères. L'épisode aujourd'hui est spécial, car vous allez rencontrer ma grand-mère. Je suis très contente qu'elle t'émoigne dans le podcast, car c'est quelqu'un de très plus d'ic. Elle s'appelle Jacqueline, elle a vie dans le sud-ouest de la France et elle fait bientôt ses 96 ans. Quand je lui ai demandé ce qui avait été important dans sa vie, elle m'a tout de suite répondu que travailler avait complètement changé sa vie de femme. Donc à mon micro, elle s'est confiée sur ce travail, sur les obstacles qu'elle a rencontré et sur la manière dont ce travail, la idée à se construire et à s'affirmer en tant que femme. Je pense que son histoire et ce qu'elle avait pu grâce au travail, a été histoire de nombreuses autres femmes de sa génération. Jacqueline est née en 1936 et a grandi au Maroc. Elle a commencé à travailler jeune pour aider sa famille. Puis elle a arrêté le jour où elle s'est mariée et elle a eu son premier enfant. Plus tard, elle a arrivé en France et a eu deux autres enfants. Donc pendant de nombreuses années, elle a été femme au foyer. Puis un jour, dans sa vie, un événement difficile lui a donné envie de travailler de nouveau. Je suis née au Maroc, à Rabat. J'ai vécu jusqu'à l'âge de 30 ans. J'ai de très bons souvenirs, de très bons moments, bien que nous s'étions pas fortunés. On était privés de rien. Je suis la troisième d'une fratridose enfant. Maman nous a élevé. Papa était un ouvrier. Donc il n'y avait pas beaucoup d'argent à la maison. Donc mes études ont été courtes. J'arrêtais en troisième. Je me suis mise à travailler à 16 ans. J'en veux pas mes parents. C'était comme ça, on était nombreux. Il fallait aider. Donc on a arrêté les études et on allait travailler. Et du coup, t'as commencé à travailler à 16 ans. C'est commencé à travailler à 16 ans. Je suis rentrée à la poste. J'ai travaillé jusqu'à ce que je me m'arrise. Je me suis mariée à 20 ans. Donc j'ai arrêté de travailler. J'ai jusqu'à ce qu'on rentre en France. Je ne travaillais pas. On est rentrée en France en 60 ans. Quel année on est rentré en 63, je crois. Et quand est-ce que t'as venu travailler de nouveau? Je voulais travailler de nouveau. Ma sœur née a été atteint du cancer du sein. Et à cette époque-là, c'était pas comme maintenant. Et j'ai vu les souffrances de ma sœur. Et ça m'a perdu. Et là, elle m'est venu l'idée qu'il fallait que je travaille, que je trouve quelque chose pour m'occuper l'esprit et ma sœur est décédée. Ce que ma sœur a souffert, il fallait que je me change les idées, que je pourrais essayer de minimiser la peine. Voilà. Le décès de sa sœur a poussé Jacqueline à chercher un travail. À l'époque, il n'y avait pas besoin de diplôme pour travailler. Alors rapidement, elle a trouvé un poste devant deux chez François Zir, un club de livre. Elle m'a expliqué ce qu'elle faisait et pourquoi elle se sentait si bien dans ce travail. Et par connaissance, c'est pas connaissant, parce qu'à cette époque, on trouvait du travail, on n'avait pas besoin de diplôme pour travailler. Par connaissance, on m'a proposé un emploi à trois, deux fois par semaine, dans un club de livre qui démarrait à peau. Et j'ai dit oui, je l'ai prise, parce que je voulais travailler. J'ai commencé en 1976. 1976, j'avais 40 ans. J'ai travaillé jusqu'au 20 ans. jusqu'à 60. Et du coup, c'était quoi ton poste? Qu'est-ce que tu faisais? Alors, ce que je faisais, dans ce club de livre, il fallait trouver des abonnés. C'était un club où on a acheté tous les trois mois, un livre. Je vendais donc des livres, je vendais des cassettes, des disques, parce que à l'époque, c'était les disques. Après, il venait le CD. Mais les gens, il fallait qu'ils soient abonnés. Ça fait que ces clients, je les revoyais tous les trimestres. Et puis, à force, je revoyais les gens. Les gens cherchaient à être servi par moi. Et j'avais vraiment des retombées. Je ne sais pas. J'ai plaisé certainement. Et on cherchait à être servi par moi. Et il m'arrive de rencontrer des anciens adhérents, qui me saluent, qui me reconnaissent et qui me demandent des nouvelles. Non, je me plaisais beaucoup au travail. Je conseillais les gens pour y venir. Tu sais qui venez vers moi. Je veux offrir un disque. Le genre de musique. Je conseillais, je t'assurais. Ça me plaisait. J'ai mise ce que je faisais. On avait des concours. Donc on nous disait par exemple de vendre un livre. Et je me proposais de nous, j'arrivais à le vendre. Et j'ai contribué à faire des bons chiffres d'affaires. Et après, on est changé de voyages. Je suis à l'en Angleterre. Je suis allé en croix-ci et à du Provenique. Et puis après, j'avais des satisfactions autour, quand même vous travaille. Parce qu'on avait un éterrécement à l'évolution de la société. Donc je touche des primes. Voilà, je cannie bien ma vie. D'abord, à mi-temps, Jacqueline se révèle dans ce travail. Et passe rapidement à temps plein. À la maison, ce nouveau boulot n'est pas très bien accepté par son mari. Elle m'a confié les obstacles auxquels elle faisait face. Et comment elle gérait vie professionnelle et gestion du foyer. Ça a été difficile à un tout le temps où j'ai travaillé. Ça a été difficile parce qu'on n'a pas pu l'accepter pas. Il voulait pas que je travaille à temps plein. Mais je n'ai pas eu le choix. Comme la boutique avait voulu. De deux jours par semaine, je suis passé à mi-temps. Et du mi-temps, il fallait un temps plein. Alors où je prenais le temps plein ou où je partais. Pourquoi, Papi? Vous voulez pas que tu travailles? Parce que ça changeais sa vie. Il voulait pas mettre les enfants à la cantine. Quand je suis passé à mi-temps, j'ai dit les enfants qu'il faut les mettre à la cantine. Et vous voulez pas? Tu m'enlèves, vous le plaisir de manger avec le midi. Je peux pas, on les met à la cantine. Il a accepté. Les enfants étaient à la cantine. Et le soir, je te l'ai dit, je rentrais. Il n'y avait rien de fait. Il fallait que je fasse les courses en sortant du travail à sept heures ou sept heures et demi. Et après le matin, je me levais à six heures du matin pour préparer le repas. Pas du soir, il n'y aura pas du midi parce que Papi le rentrait le midi à la maison. Mais tu sais, je me suis mariée, j'avais aucune expérience. Je suis tombée sur cet homme qui avait beaucoup de très fortes personnalités. Et puis qui m'a écrasé, qui m'a dominé. D'ailleurs, il n'est pas qu'on parle de François Yves. Malgré ces obstacles, Jacqueline a travaillé pendant 20 ans et a pris sa retraite à l'âge de 60 ans. Au-delà de l'indépendance financière que s'elle lui a portée, ce travail lui a permis d'être reconnu et valorisé. Ce travail a été libérateur et l'a aidé à s'affirmer dans un monde où elle pénit à trouver sa place. J'étais pleine de complexes. Pourquoi j'avais ces complexes? Parce que j'avais pas fait d'études. Je me sentais complexé. En plus, j'étais timide. Pour moi, les débuts, ça a été mon command d'hierre. Qu'est-ce qui était dure? D'affronter les gens, d'aller vers les gens. Je t'avoue que je peux pas dire que j'ai une vie heureuse. Pendant que tout le temps que j'ai travaillé, j'étais bien au travail, j'étais bien. Non, puis ça me plaisait, ça me plaisait. Parce que quand j'ai metté les pieds dans la boutique, j'oubliait tous les emmerdes de la maison. J'oubliait tout. Ça m'arrivait d'arriver en pleurant la boutique et une fois ma patronne m'avait dit, Jacqueline, quand tu mets les pieds dans la boutique, il faut que je oublie toutes les soucis. Et c'est vrai que bon ben, j'oublie tout. J'étais, je partais au travail, mais ça n'a pas été une corvée pour moi de malgré les tâches que j'avais. Je partais, j'arrivais dans la boutique et j'étais plus la main ou quoi. J'avais oublié tous les "la maison" moi. Je oubliait tout et j'étais bien. J'étais bien, ça me plaisait. Je ne me suis pas nouillé. Et la façon dont j'étais considérée, ben ça me faisait, je sentais que je plaisais, que si les gens venaient vers moi, c'est que j'avais quelque chose qui plaisait. J'étais venant, j'étais souriante. Je m'arrangais, j'étais coquette, j'étais, je plaisais. Et comment, justement, s'est travaillé, mais t'as construit? Pas tu sais, m'a fait prendre conscience que finalement, je n'étais pas une femme quelconque par le contact que j'avais avec les gens qui cherchaient à se servir par moi, pour qu'ils venaient me demander conseil, qui m'a fait prendre conscience que j'étais une femme comme beaucoup de femmes. Parce que ma fille me disait, toi, tu es bon à faire le ménage et c'est tout, même encore, il me l'a dit, t'es foi. Tu bonnes coquettes à faire du ménage. J'étais une femme soumise quand je me suis mariée. Et justement, le fil de travailler, ça m'a sorti, j'ai pu prouver que j'étais capable de faire quelque chose. Moi qui mit et puis j'allais vers les gens, comme je suis maintenant, tu sais, je me fais partout, je suis apprécié. Donc je me dis quand même, c'est que, bon, je sais pas aussi qu'on l'utilise. Je sais pas la femme que je serais si j'avais pas travaillé. Je sais pas si j'aurais évolué comme j'ai évolué. Et aujourd'hui, du coup, t'as à 85 ans. Aujourd'hui, j'ai 85 ans. Dans peu de temps 86. Mais j'essaie de garder le plus. J'ai besoin de sortir. J'ai besoin de contacts. Je fais des activités de la gym pour les personnages, pour éviter les suites. J'ai découvert la sauphrologie. Et ça, je pense que c'est ça qui me calme, qui m'abaisse, et je me sens bien. Et je fais un peu de marche. Puis voilà, je dis que la vie est belle, que ça continue. Voilà, c'est ici que c'est terminé épisode. Le témoignage Jacqueline m'a beaucoup touché. D'abord parce que c'est ma grand-mère et que son histoire c'est un peu la mienne, mais surtout parce que son histoire, témoignent du vécu de nombreuses femmes pour qu'il travaillait à être une bataille et libération. Il y a une citation de Simon de Beauvoir, dans le deuxième sexe, qui lui suit très bien cet épisode. Elle dit, c'est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qu'il a séparé du mal. C'est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète. Voilà, j'espère que l'épisode vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à le partager autour de vous. On se retrouve le mois prochain. D'ici là, prenez soin de vous et de nos aînés. À bientôt!
Podcast Summary
Key Points:
Le travail a été libérateur pour Jacqueline, lui permettant de s'affirmer et de surmonter un mariage dominé et un complexe d'infériorité dû à son manque d'études.
Après des années comme femme au foyer, le décès de sa sœur l'a poussée à retravailler à 40 ans dans un club de livres, où elle a trouvé épanouissement, reconnaissance sociale et indépendance financière.
Elle a dû surmonter la résistance de son mari à son travail à temps plein et gérer la double charge du foyer, mais son emploi est devenu un refuge vital qui a transformé son identité et sa confiance en elle.
Summary:
Jacqueline, née en 1936, raconte comment le travail a radicalement transformé sa vie de femme. Mariée jeune et soumise, elle a interrompu sa carrière pour élever ses enfants. Le décès tragique de sa sœur la pousse, à 40 ans, à reprendre un emploi dans un club de livres. Ce travail, où elle vend des abonnements et conseille les clients, lui apporte une reconnaissance sociale et une valorisation personnelle qu'elle n'avait jamais connues. Elle y développe sa confiance, effaçant ses complexes liés à son manque d'éducation.
Cependant, cette reconquête professionnelle se heurte à l'opposition de son mari, qui refuse initialement son temps plein et la charge domestique reste entièrement à sa charge. Malgré ces obstacles, le travail devient un espace de liberté et d'oubli des soucis familiaux. Il lui permet de s'affirmer, de gagner son indépendance et de construire une nouvelle identité. Aujourd'hui, à plus de 85 ans, elle reste active et sereine, considérant que le travail a été l'élément clé de son émancipation et de son épanouissement personnel. Son témoignage illustre le combat de nombreuses femmes de sa génération pour leur autonomie.
FAQs
Le travail a été libérateur pour Jacqueline, lui permettant de s'affirmer et de prouver sa valeur au-delà du rôle traditionnel de femme au foyer. Il lui a apporté une indépendance financière et une reconnaissance sociale.
Elle a repris le travail après le décès de sa sœur d'un cancer, cherchant à s'occuper l'esprit pour surmonter sa peine. Cet événement difficile l'a motivée à trouver une activité professionnelle.
Son mari s'opposait à son travail à temps plein, refusant initialement de mettre les enfants à la cantine. Elle a dû gérer les tâches ménagères en plus de son emploi, se levant tôt pour préparer les repas.
Elle travaillait dans un club de livres, où elle vendait des livres, des cassettes et des disques, et trouvait des abonnés. Elle conseillait les clients et développait des relations avec eux.
Le travail a comblé ses complexes liés à son manque d'études et sa timidité, en lui montrant qu'elle était capable et appréciée. Les clients la recherchaient pour ses conseils, ce qui a renforcé sa confiance.
Elle adorait son travail, qui lui permettait d'oublier les soucis domestiques et lui apportait du plaisir. Elle se sentait épanouie et valorisée par les interactions avec les clients.
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