Go back

Inde : les « cafards » défient le pouvoir

from L'Heure du Monde

23m 52s

Inde : les « cafards » défient le pouvoir

Le mouvement des Cafards en Inde, né d'une satire ironique après une critique du président de la Cour suprême, s’est rapidement transformé en une force politique significative. Abidji Dipke, un jeune de la caste des Dalites, a lancé une campagne humoristique sur Instagram, qui a rapidement attiré plus de 20 millions d’abonnés. Ce mouvement s’est renforcé autour de trois leaders clés : Saurav Das, un journaliste d’enquête, et Achari Chhota, ancien porte-parole d’opposition. Les jeunes du mouvement ont mené des inspections des écoles publiques, révélant des conditions déplorables : écoles fermées, toits en ruine, manque d’eau et de nourriture. Ces vidéos, partagées en live, ont profondément choqué l’opinion. Le mouvement a ensuite attaqué la révision des listes électorales, où des groupes vulnérables, notamment les musulmans, craignent d’être rayés et perdre leurs droits sociaux. Des manifestations ont éclaté, parfois violées par la police, mais les jeunes ont répondu par de l’humour, des vidéos virales et une résistance face à l’intimidation. Ce phénomène marque une rupture avec la peur historique des Indiens de s’exprimer. Le gouvernement de Narendra Modi, longtemps perçu comme impérial, est en défensive, avec des arrestations et une répression brutale, mais la jeunesse semble désormais délibérée et non effrayée. Bien que la chute du pouvoir Modi ne soit pas certaine, ce mouvement souligne une crise profonde de confiance dans les institutions, un fossé générationnel et une montée de la mobilisation sociale, qui pourrait avoir des répercussions majeures lors des prochaines élections.

Transcription

4326 Words, 24911 Characters

French
-Bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Sophie Larmoyer et il est l'heure du monde. Aujourd'hui. -Les manifestations vont continuer. La jeunesse du pays s'est réveilleux. Elle réclame des comptes et elle réclame des réponses. La jeunesse s'est réveillée en Inde à firme ce jeune homme de 27 ans. Saurav Das est l'un des chefs du mouvement des cafards, un parti politique satirique qui a su cristaliser nombre des revendications des jeunes indiens et qui essaie à travers tout le pays depuis mes derniers. De manifestations en manifestation, les cafards engrange les victoires politiques et de viènes de plus en plus populaires malgré la répression. Ils ont réussi à faire tomber le ministre de l'Education. Ils dénonce les tas dramatiques des écoles indiennes et s'attaquent depuis la rentrée à la révision des listes électorales qu'ils soupçonnent d'être manipulés. Alors, d'où vient ce mouvement des cafards? Comment expliquer cette popularité assez fulgurante? Et les cafards peuvent-ils menacer le pouvoir du tout puissant Narendra Modi à la tête de l'Inde depuis 2014? Pour répondre à ces questions, j'appelle notre correspondante agneux délit Carole Dietrich. Inde, le mouvement des cafards défi le pouvoir, une épisode de garance munehose, réalisation cantaintenau. Bonjour, Carole. Je te propose de commencer cette épisode par la question que tout le monde se pose. En tout cas, moi, je me la suis posée quand j'ai découvert ce mouvement. Pourquoi les cafards? Tu conviendras que c'est un peu particulier comme non? Oui, effectivement, ça a non assez particulier, mais ça donne un peu le ton. Ça donne le ton d'un élément important de ce mouvement qui est l'ironie et lure qui sont maniés à des fins politiques. En fait, cafards, c'est une injure qu'avait préféré le président de la Cour suprême souriaquante en mai dernier. Il s'était quand même permis de qualifier les jeunes chômeurs indiens, de cafards et de parasites. En entendant ça, un jeune étudiant indien en communication à l'université de Boston aux États-Unis. Il s'appelle Abidji Dipke, à poster un tweet en réaction et ce tweet disait, "Et si tous les cafards se unissent et, dans la foulée, y crée une page Instagram qui engrange en l'espace de quelques jours plus de 20 millions d'abonnés." C'est assez énorme. Et le nom de cette page Instagram, c'est le co-clot janta party, ce qui veut dire le parti du peuple des cafards et qui a été créé au départ comme une plateforme satirique. D'ailleurs, le nom co-clot janta party, ça fait écho au nom du parti au pouvoir. Le BGP, le baratia janta party, le parti du peuple indien. C'était déjà un clin d'œil au parti au pouvoir. Plus de 20 millions d'abonnés en quelques jours, c'est un succès complètement imprévu, qui est ce Abidji dipke dont la parole a porté à ce point. Abidji dipke, il a 31 ans, il est issu de la caste des Dalites qu'on appelait autrefois les intouchables. C'est-à-dire cette caste qui est considérée comme tout en bas de la hiérarchie du système très inégalitaire des castes. Aujourd'hui, il est vraiment le visage, l'incarnation de ce mouvement qui transcende à la fois les barrières sociales et religieuses en Inde. C'est quelqu'un dont on dit qu'il est très drôle, très doué en communication, il est aussi relativement charismatique. Et donc lui, quand il a créé ce mouvement, il était à Boston, où il finissait un master en relation publique. Et devant le succès incroyable et inattendu de ce mouvement, il a décidé de rentrer en Inde des bujoins. C'est énorme, monsieur Price aussi, à son arrivée à Delhi. Il est accueillé comme une véritable rockstar. Il y avait des fous qui l'attendaient à l'extérieur de l'aéroport. Donc, il arrive en Inde au réolet d'un certain succès, tu l'as dit, mais au-delà de la satire, il se met à faire de la vraie politique si je comprends bien. Comment se perd la bascule? Il va s'entourer de deux personnes, très importantes, qui aujourd'hui sont les deux autres visages du mouvement et avec qui forment un trio. Il y a Sauravdas, 27 ans, c'est un journaliste d'investigation qui était reconnu déjà un poursais enquête sur le monde judiciaire en Inde. Et notamment pour la mobilisation qui l'avait organisée contre la pollution de l'air à Delhi. En plus de Sauravdas, il va s'entourer d'achutochre en cas, qui est un ancien porte-parole du parti d'opposition, le Hamadmi parti. C'est un parti qui a dirigé la capitale indienne pendant dix ans et pour lequel Abiddi Dipequet a également travaillé dans le passé. Dès l'arrivée d'Abiddi Dipequet en Inde, début juin, les trois se saisissent de la très sérieuse question de la froide au concours d'entrée en médecine. Cette année, en raison d'une fuite des sujets, ce concours qui est ultra compétitif a été annulé puis réorganisé. Et dans la foulée, cette annulation, on estime que plus d'une vingtaine de candidats se sont suicidés. C'est un décon qu'a été fait par les médias locaux et ça a beaucoup, beaucoup, beaucoup chocé l'opinion, évidemment. A quoi sont-ils ces froides, Carole? Et pourquoi c'est un sujet si important en Inde? Est-ce que tu peux nous expliquer ça? C'est froide, on s'obsone du à la corruption peut-être de fonctionnaires qui disposent des sujets, qui les font fuiter, qui les vendent. Et ces fuites, c'est pas là, on n'est pas face à une situation extraordinaire, c'est un vrai sport national en Inde, ça arrive constamment. C'est extrêmement problématique parce que ces concours, notamment par les concours d'entrer en médecine ou les concours d'entrer dans les écoles d'ingénieurs, c'est un élément essentiel pour accéder à la mobilité sociale pour les jeunes en dire. C'est quasiment la seule possibilité de prendre la senseur sociale, c'est via ces concours-là. Donc ça a suger sensible. Éxtraiment sensible, il faut rappeler qu'on est dans un pays ou près de la moitié de la population à moins de 25 ans. La moitié de la population en Inde, comme dans beaucoup d'autres pays, dans la région mais aussi dans le monde, un manque cruel d'opportunités. Il y a des chiffres d'économistes qui estime que près de 40 % des jeunes diplômes et d'enseignements supérieurs en Inde, sont sans emploi et les inégalités dans le pays ont rarement été aussi criantes. Le mouvement des carphas, en fait, devient, en quelque sorte, le portevoi des frustrations de cette jeunesse-là est très, très vite, dès l'arrivée, d'habitiers d'ipe qui en Inde, dès son retour en Inde, les organisations étudiantes de gauche vont s'allier au cafard. Et il y a d'ailleurs une jeune femme assez remarquable qui va émerger à son tour qui s'appelle Néabora, elle a 29 ans. Elle a la présidente d'un puissant syndicat étudiant infilié aux partis communistes et elle va devenir une véritable icône de la jeunesse et notamment de la jeunesse en Timodi. Il arrive un moment dans la vie de chaque génération où elle doit choisir entre le confort et la conscience pour nous. Ce moment est de nous ouvrir. Voilà Néabora dont tu as d'ailleurs fait le portrait qu'on peut lire dans les pages du monde et donc face à ces inégalités car on le partit des cafards et les organisations étudiantes appelent à des manifestations qui rencontrent un grand succès. Alors, dès le mois de juin, ils vont organiser un sitting au départ, il va être petit, mais peu à peu il y a des milliers de personnes qui vont se joindre à eux. A Jean-Père Mampard, qui est une place à New Delhi qui est située non loin du Parlement, où c'est le lieu de tous les rassemblements, de toutes les manifestations. C'est une sorte de place de la République indienne si on peut faire cette fois par raison. Et les cafards et les gens, les jeunes qui les rejoignent, promettent de ne quitter cette place que lorsque le ministre de l'Education d'Armandra Pradhan aura démissionné. Et ils obtiennent bien de cause fin juillet. C'est assez inédit, c'est vraiment une surprise parce que le gouvernement de Narendra Modi, qui est au pouvoir depuis 12 ans, est réputé pour être sourd à la critique donc c'est pour eux c'est vraiment une victoire. Ces manifestations ont été un immense succès pour nous les étudiants. Cette nouvelle est la meilleure nouvelle qui soit pour toute l'Inde. Cette victoire, elle va vraiment galvaniser le mouvement qui gagne en popularité et je pense que ça va créer un point de bascule désormais, à la fois le mouvement et de nombreux jeunes sont persuadés qu'on peut être au début d'un changement politique profond en main. Voilà pour les débuts tonytrus en du parti du peuple des cafards qui n'a que quelques mois d'existence on le rappelle. Après ce premier succès politique, la démission du ministre de l'Education en juillet, que décide de faire les cafards caroles. Et bien ils vont se lancer dans des actions très concrètes et ils vont lancer au mois d'août un grand audit des écoles publiques indiennes. Pour faire des inspections de ces écoles, ils vont établir une grille d'évaluation, ils vont se faire aider d'experts du développement, des spécialistes de l'Education et l'idée c'est de juger la qualité des infrastructures, la présence d'instituteurs, de proches, le nombre d'élèves par classe etc. Ils vont s'y honner le pays pour inspecter des écoles, le tout portable à la main, pour filmer, diffuser en live sur les réseaux sociaux et ce qui va ressortir de ces inspections, c'est des vidéos ultra choquantes. Parce qu'ils vont mettre en lumière des situations, on voit des enfants qui sont obligés de faire court à côté des vages dans des étables ou on va voir des écoles complètement défoncées avec des toits qui s'effondrent dans certains endroits. En fait, les enfants ont pas d'accès à l'eau potable, la nourriture qui leur est servie est perrimée, évidemment ces vidéos elles vont profondément choquer l'opinion. Regardez comment ça se passe pour les enfants. Est-ce que c'est toujours comme ça? Comment tu fais pour rejoindre l'école? Comment tu fais pour aller d'ici à la bas? C'est compliqué pour les enfants d'arriver jusqu'à la bas. Je pense qu'elle font un petit peu. peu peur aux autorités aussi. Parce que par exemple, je suis parti avec une équipe du parti des cafards fin septembre qui a été menée par Sauravdas. Et on est allé en outre-pradeche, qui est l'étale le plus peu plédende et l'un des plus pauvres qu'il limite offre de la capitale indienne. On est parti pour inspecter des écoles et toutes les écoles dans lesquelles on s'est rendu étaient fermées à double-tour, c'est-à-dire qu'il y a eu un portail et ils étaient cadnassés, les professeurs, les instituteurs avaient pour ordre absolument pas nous laisser entrer. Et il y a quand même une situation où les autorités étaient allées jusqu'à il y avait le mur d'ensemble de l'école par dessus lequel on pouvait voir le mur initial. La veille, les autorités avaient décidé de rérocer ce mur. Donc on voyait encore les briques et le ciment tout frais pour qu'on puisse pas voir au-delà. Donc plutôt que de consacrer des moyens à améliorer les conditions d'enseignement des enfants, les autorités, dans un espèce de mouvement de panique, ont construit un mur plus haut, ont mis des cadenas. Donc ça rendit long à la fois sur l'état des écoles mais aussi sur peut-être le pouvoir de cette campagne sur l'opinion publique. Tu les as vu à l'oeuvre du coup les cafards ces militants de terrain? Tout à fait et moi j'ai été estomacé par leur efficacité, ils sont incroyable, ils vont hyper vite, ils arrivent, ils sont une dizaine, on arrive devant une école, elle est fermée à clé, tout le monde s'en s'opportable, passe en mode selfie, passe en live sur les réseaux sociaux et il disait bon bah voilà, on fait une inspection d'une école avec le parti des cafards, le gouvernement de l'outre Pradèche refuse de nous laisser rentrer pour qu'elle raison contre il a caché et ça va super vite. Et donc avec ce rabdas, on va dans une école elle est fermée, on monte dans la voiture, il répond à mes questions et en même temps il monte ces vidéos là, il met une musique de fond, il met une légende, il la tweet, il la poste sur instagram et ensuite il reposte tout ça sur ces listes de diffusion WhatsApp et on a rien de temps, l'histoire est devenue complètement viral alors que moi je n'étais pas encore entre au bureau, je n'avais pas encore écrit une ligne de mon article, donc ça va une vitesse d'ingé. Carole est-ce que toutes les écoles sont vraiment dans un état aussi déplorable et si oui pourquoi? Alors ça dépend des Etats en réalité, il y a des Etats qui ont plutôt des résultats, des résultats probants dans lesquels les écoles sont pas totalement laissés à l'abandon mais de manière générale on peut dire que l'éducation publique en Inde elle a été laissée à l'abandon et ça c'est fait au profit du privé. Ça date évidemment pas de Narendra Modi mais ça c'est vraiment aggravé accentuer depuis son arrivée au pouvoir, depuis l'arrivée des nationalistes indos au pouvoir en 2014, la part du budget de l'Etat consacrée au ministère de l'éducation par exemple elle a diminué de près de moitié, près de 13 écoles en disparu chaque jour du réseau scolaire, rien qu'en 2025, de 1926 et ça ce sont les chiffres officiels en disant on sait aussi que plus de 93 000 écoles du gouvernement ont fermé leur porte, donc c'est énorme et d'après le Parti des cafés en tout cas ce que disait par exemple Sauravdaz, quand on en discutait lors de cette inspection et pour lui c'est un choix délibéré du gouvernement, lui il estime que une jeunesse pour eux, une jeunesse non-éduquée c'est une jeunesse qui se les sera davantage en doctrine et qui se laissera davantage séduire par l'idéologie d'une nationalisme indos qui est l'idéologie du parti au pouvoir du Parti de Narendra Modi. En tout cas ces inspections elles ont le mérit d'omettre en lumière l'Etat de délabrement de l'éducation et ça a vraiment eu l'effet d'un électrochoke dans l'opinion publique indienne. Ces dernières semaines les jeunes du Parti des cafards ont mis en pause en quelques sortes leur combat pour les écoles pour s'attaquer deux fronts à un tout autre problème, celui de la révision des listes électorales. J'aimerais que tu nous en parle. Est-ce que tu peux nous expliquer de quoi il s'agit? Fin septembre, en fait il y a une enquête du quotidien en Gloufon, Yvonne l'Express qui a mis en lumière de graves dysfonctionnements au sein de la Commission électorale, alors même que cette dernière est lancée dans un exercice ultra comproversé de révision des listes. C'est une révision à grande échelle, l'objectif affiché par la Commission électorale, c'est de nettoyer les listes électorales. Je suis primée les doublons, les personnes mortes mais aussi les immigrés notamment les immigrés du Bangladesh voisin. Et cette exercice il est encore en cours d'ailleurs et il va être mené dans une trentaine d'Etat donc c'est d'ailleurs dans la quasi-totalité du pays. La procédure elle est extrêmement complexe et on a l'impression que les électeurs peuvent être mis en demeure et qualifiés de doute pour des raisons qui semblent assez superficielles mais il y a aussi d'autres questions qui se posent parce que il y a des organisations de la société civile mais aussi des médias indiens qui ont pointé du doigt le fait qu'il y avait une sûre représentation des électeurs qui étaient défavorables au pouvoir dans les électeurs qui vont être radiers et dans les électeurs qui sont menacés d'être radiers. Et donc c'est à dire sa vie des populations les plus pauvres mais aussi les musulmans. Ces populations elles ont d'abord peur de perdre leur droit aux prestations sociales parce que dans beaucoup d'Etat les autorités n'ont cessé d'affirmer que cela serait le cas. Si vous êtes radier des listes électorales vous perdez votre droit aux prestations sociales mais aussi que leur citoyenneté à terme soit remise en cause qu'en fait qu'on les accuse d'être des migrants illégaux du Bangladesh et il retourne ensuite d'être placé dans des camps de détention. Il y a vraiment une peur au sein de la population et particulièrement évidemment au sein de la minorité musulmane. On estime qu'il y a déjà 133 millions d'électeurs qui ont été rayés des listes électorales. C'est énorme. Alors face à cette situation les cafards ont appelé à une mobilisation historique. Est-ce que ça a pris et à quoi ça ressemble? Alors ça a été un joyeux bazar, la mobilisation a commencé dès le 2 octobre et tout au long de cette première semaine du mois d'octobre. On a assisté à un espèce de jeu de chai et la souris entre les manifestants et la police puisque les rassemblements par exemple à New Delhi était interdit et les manifestants ont bravé sa interdiction. On a vu des vidéos de jeunes se faire arrêter, être jeté dans des bus et en fait à peine ils sont retrouvés dans le bus qui cassent les vitres qui ressortaient et qui plongaient dans la foule depuis les fenêtres du bus comme si ils étaient à un concert de rock comme si c'était des rock stars. On a aussi vu cette fille qui a fait le tour des réseaux sociaux. Une fois que le bus était plein de manifestants elle a couru et elle a volé les clés du bus et elle est partie en courant. Il y a eu d'autres images d'un bus qui tombe en panne et qui doit être poussé par des policiers devant des manifestations hilaires. Mettez-vous derrière pour faire avancer ces bus de mer? Pourquoi le bus n'avance pas? Il y a eu d'intimidation, il y a eu des arrestations mais ça suscite beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de rire. Et puis ensuite il y a eu un appel à mobilisation pour le 10 octobre, le samedi 10 octobre qui était le jour de la grande mobilisation. Le délire a été placé littéralement en état siège, le dispositif policier par un militaire qui a été déployé et je pense sans précédent internet a été coupé, les trains ont été empêchés d'arriver dans les gardes de New Delhi. Mais donc personne n'a pu atteindre le lieu de la manifestation qui était cette fameuse place de Jean-Pérman de Tarr. Mais il y a eu plein de petites manifestations éclaires qui ont éclaté à travers la ville toute la journée où on a vu l'un encore, je suis allé de la souris avec les autorités et ce jeu là il a duré pendant quasiment une semaine. Maintenant ça c'est un peu esoufflé mais la colère elle continue de gronder parce que le parti du congrès avec d'autres parties d'opposition qui a organisé un immense rassemblement d'immenses premiers novembre, il y avait des dizaines de milliers de personnes qui étaient présentes à Delhi. Et ça montre bien le mécontentement, la capacité de la jeunesse à se mobiliser mais aussi la capacité retrouvée de l'opposition à mobiliser un dans les rues. Manifestation contre les fraudes aux examens, puis pour l'école publique et ensuite contre la manipulation des listes électorales, ça fait beaucoup de monde dans les rues en quelques mois qui défile pouvoir alors comment réagissent les autorités, carole, comment gère-t-elle la contestation? Au début au mois juin il y a eu une répression violente lors d'une des manifestations et au final ça a été contre-productive pour le gouvernement. Donc là ce qu'on voit depuis la mobilisation sur la question du nettoyage des listes électorales, on est plutôt sur des arrestations à tour de bras, de l'intimidation on essaie de dissuader les jeunes de descendre dans les rues. Et il y a quand même eu un point de bascule, c'est qu'on a aussi vu pour la première fois les autorités embarquées des journalistes à tour de bras comme si ils étaient des manifestants. Et donc là on voit bien que le régime est sur la défensive et qui ne veut absolument pas d'image de ce qui est en train de se passer. Les leaders du Parti des cafards ils ont été intimidés eux aussi. Évidemment et le 10 octobre la fameuse date de la grande mobilisation, les trois visages du Parti des cafards arrivés à New Delhi depuis Bombay en avion. Ils sont là pour nous arrêter directement depuis l'avion, c'est une dictature. Et ils ont été arrêtés alors qu'ils étaient encore à bord de l'avion sur le tarmac et ils ont été détenus pendant 24 heures avant d'être lâché. Et donc ce sont des opérations d'intimidation en quelque sorte. Tout à fait et puis en un dont on sait aussi que le pouvoir est pas forcément tendre avec les dissidents, avec l'opposition, lors de la précédente grosse vague de protestations massives en 2019/2020 contre la réforme de la citoyenneté. Il y a des étudiants qui ont été arrêtés et il y a deux d'entre eux notamment qui croupissent toujours en prison. Mais là on voit aussi qu'il y a eu un point de bascule, on est face à une jeunesse qui ne semble pas effrayé par la répression, qui est aussi, il faut le dire, je pense, épargné parce qu'on est face à une homme. On est face à un mouvement qui est héroclite de la classe moyenne où on a à la fois des indos ou des musulmans. Alors que la mobilisation précédente contre la réforme de la loi sur la citoyenneté, on avait besoin. beaucoup de figures de figures d'étudiant musulmans et donc c'était facile pour le pouvoir en place de les diaboliser. Là, c'est plus compliqué aussi pour Narendra Modi de faire ça. Mais c'est vrai qu'il y a un verrou qu'à sauter, les gens au moins peur, et pas que les jeunes, les personnes plus âgées aussi, par exemple lors d'une manifestation, je discutais avec une dame qui doit avoir une 60 ans d'années et qui disait que ça faisait 10 ans que les indiens avaient peur de descendre dans la rue, peur de ce pouvoir-là, de ce qui pouvait leur faire. Et que la nouvelle génération, elle, finalement, ne semblait ne plus avoir peur et qu'il fallait soutenir. Narendra Modi lui-même, est-ce qu'il est fragilisé par ce mouvement? Alors, il est évident que l'image de l'homme fort de l'Inde a été abîmée et notamment par le tour parodique et satirique des cafards, parce qu'il est moqué de toute part. Et il faut dire que la génération z indienne, que le parti des cafards, ils sont extrêmement drôles, ils sont ultra insolents, ils tournent tout en dérision. Et il y avait notamment cette vidéo où Narendra Modi, finalement, on sent qu'il essaie de parler à ces générations z, qui lui échappe. Et donc, il essaie d'investir Instagram, de passer sur les mêmes formats que. Et donc, il y a cette fameuse vidéo, et il en a fait plusieurs depuis, où il a son téléphone portable en mode selfie, mais qui tient beaucoup trop près son visage, donc c'est un peu gênant à regarder. Et où il dit. - Hi, friends! - Hello, friends! Et tout ça a été repris par les manifestants sur les réseaux sociaux et ils se sont moqués, mais vraiment sans filtre quoi. Et il n'y a rien qui leur fait peur, même l'intimidation, par exemple, avant la manifestation du 10 octobre, quand on délit, avait été placé en état de siège, on aurait pu imaginer que finalement, les visages du mouvement étaient quand même un peu avec quelques appréhensions, etc. Et en fait, ils ont publié une vidéo, la veille. Encore, il faut hyper insolente, on les voit qui rient, alors je déployais et équipement d'Araindra Modi, ça va votre choix artérial. - Sir, blood pressure checker, t'es là, à un point de vue. - Là, quand même, vous avez déployé tellement de force, ça va la santé. Bon, allez, à demain! - Allez, on va faire bétiquer. C'est une bonne fois. - C'est une fois. - Et effectivement, on assiste, du coup, à un espèce défrigement de la toute puissance d'une nationaliste en doux et de son parti. Et du coup, là, on voit bien aussi ces échecs sur le point, sur le plan économique. Il a échoué industrialiser le pays, il a échoué à créer des emplois. Et il faut dire que ça fait quand même aussi 12 ans. Les nationalistes en doux sont au pouvoir, donc il y a une forme d'usure du pouvoir. Et il y a un vrai fossé générationnel. Et donc, c'est vrai qu'on a l'impression qu'il a jamais été aussi février le politiquement, mais aussi un populaire. Et il y a certains manifestants aujourd'hui qui réclament sa tête. - Et ça te semble plausible, ça, Karol, est-ce qu'on est en train de assister aux clés plus cultes de son pouvoir? - C'est toujours difficile à dire. Et surtout en Inde, en tout cas, les experts avec lesquels j'ai pu parler disent que en Inde, on a cette vision que les gouvernements vont et viennent à travers le processus électorale. On ne va pas forcément assister à une chute de gouvernement, mais il pourrait très bien être remplacé lors de la prochaine échéance électorale en 2019. Mais c'est loin, donc, Créan était écrit et tout dépend de la façon dont ils vont gérer la crise profonde qui traverse la jeunesse et la société indienne. - Merci, Karol. Merci Sophie. - Pour continuer à suivre l'évolution de cette révolte des cafards en Inde, je vous invite à aller lire les articles écrits par Karol Dietrichs sur le monde.fr. Par exemple, ce super portrait, j'évoquais tout à l'heure qu'elle a consacré à Néabora, la nouvelle icon de la jeunesse anti-Modi. Quant à moi, je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de l'ordre du monde. Merci de votre fidélité et bonne journée.

Podcast Summary

Key Points:

  1. Le mouvement des Cafards, né de la satire et de l'ironie, s'est transformé en une force politique importante en Inde, répondant aux frustrations des jeunes sur l'éducation et la répression.
  2. Abidji Dipke, un jeune de la caste des Dalites, a lancé l'idée du parti des "cafards" après avoir été touché par une critique du président de la Cour suprême, et a vu son mouvement exploser avec plus de 20 millions d'abonnés sur Instagram.
  3. Le mouvement s'est rapidement consolidé autour de trois figures clés
  4. Ces inspections ont révélé des conditions déplorables dans les écoles publiques, notamment des écoles fermées, des toits en ruine, et un système d'ignorance où les autorités ont même construit des murs pour cacher les faiblesses.
  5. Le mouvement s'est ensuite concentré sur la révision des listes électorales, où des populations pauvres et musulmanes craignent d'être rayées, mettant en jeu leur citoyenneté et leurs droits sociaux.
  6. Les manifestations ont été violentées par la police, mais les jeunes ont répondu par un humour percutant, des vidéos virales et une résilience face à l'intimidation, marquant une rupture avec la peur historique des Indiens face à l'État.
  7. Le gouvernement de Narendra Modi, souvent perçu comme impénétrable, est désormais en défensive, avec des arrestations de leaders du mouvement, une suppression de l'internet et une mise en place de dispositifs de répression massifs.
  8. Malgré la résistance, le mouvement des Cafards est vu comme un signe de changement profond, soulignant un fossé générationnel et une montée de la contestation sociale en Inde.

Summary:

Le mouvement des Cafards en Inde, né d'une satire ironique après une critique du président de la Cour suprême, s’est rapidement transformé en une force politique significative. Abidji Dipke, un jeune de la caste des Dalites, a lancé une campagne humoristique sur Instagram, qui a rapidement attiré plus de 20 millions d’abonnés. Ce mouvement s’est renforcé autour de trois leaders clés : Saurav Das, un journaliste d’enquête, et Achari Chhota, ancien porte-parole d’opposition.

Les jeunes du mouvement ont mené des inspections des écoles publiques, révélant des conditions déplorables : écoles fermées, toits en ruine, manque d’eau et de nourriture. Ces vidéos, partagées en live, ont profondément choqué l’opinion. Le mouvement a ensuite attaqué la révision des listes électorales, où des groupes vulnérables, notamment les musulmans, craignent d’être rayés et perdre leurs droits sociaux.

Des manifestations ont éclaté, parfois violées par la police, mais les jeunes ont répondu par de l’humour, des vidéos virales et une résistance face à l’intimidation. Ce phénomène marque une rupture avec la peur historique des Indiens de s’exprimer. Le gouvernement de Narendra Modi, longtemps perçu comme impérial, est en défensive, avec des arrestations et une répression brutale, mais la jeunesse semble désormais délibérée et non effrayée.

Bien que la chute du pouvoir Modi ne soit pas certaine, ce mouvement souligne une crise profonde de confiance dans les institutions, un fossé générationnel et une montée de la mobilisation sociale, qui pourrait avoir des répercussions majeures lors des prochaines élections.

FAQs

Ce mouvement est né d'une satirique après que le président de la Cour suprême ait qualifié les jeunes chômeurs d'indiens de « cafards ». Un jeune étudiant, Abidji Dipke, a répondu en créant une page Instagram où il a lancé l'idée d'un parti satirique appelé 'Co-Clot Janta Party' ou 'Parti du peuple des cafards'.

Abidji Dipke, issu de la caste des Dalites, est l'un des fondateurs du mouvement. Il a lancé le parti satirique au début, puis s'est rendu en Inde pour y développer la campagne. Il est rapidement vu comme un leader charismatique et drôle, et devient un symbole du mouvement.

Les cafards ont mené des manifestations en faveur de la réforme de l'enseignement et ont exigé la démission de l'actuel ministre de l'Éducation. Leur mobilisation a été très forte, et en juillet, le gouvernement a été contraint de répondre, ce qui représente une grande victoire pour le mouvement.

Ils révèlent un état déplorable des écoles, notamment des infrastructures défoncées, l'absence d'eau potable, des conditions de vie insalubres pour les enfants, et le fait que certaines écoles sont fermées à l'entrée des inspecteurs par des murs ou des cadenas.

Les cafards accusent la Commission électorale de supprimer des électeurs, notamment des populations pauvres et musulmanes, en les qualifiant de migrants illégaux. Cela menace leur citoyenneté et leurs droits sociaux, ce qui provoque une forte mobilisation.

Oui, la jeunesse indienne manifeste avec courage malgré la répression. Les jeunes sont non seulement en colère, mais aussi résilients, car ils ont perdu la peur de descendre dans la rue, ce qui marque un tournant dans l'histoire politique du pays.

Chat with AI

Loading...

Pro features

Go deeper with this episode

Unlock creator-grade tools that turn any transcript into show notes and subtitle files.