Histoire de l'art 1 - Des origines à la Renaissance
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Cette première partie de l’histoire de l’art, basée sur l’ouvrage d’Ernest Gombrich, retrace l’évolution artistique des origines à la fin du 16e siècle. L’art préhistorique, profondément lié au sacré et au magique, sert des fonctions d’exorcisme ou de communion, comme en témoignent les totems et masques. L’Égypte impose ensuite un art codifié, géométrique et fonctionnel, destiné à accompagner les souverains dans l’au-delà, avec une stabilité remarquable, sauf sous Akhenaton qui sécularise brièvement les représentations. Les Grecs, inspirés par l’Égypte mais libérés de ses contraintes spirituelles, inventent le raccourci et la perspective, plaçant l’esthétique et le mouvement au centre, avec des sculpteurs comme Phidias, puis l’art hellénistique diffuse ce langage à travers le monde méditerranéen. Les Romains, plus pragmatiques, marquent l’histoire par leurs infrastructures, tandis que le christianisme et l’Orient (Byzance, Islam, Asie) développent des formes symboliques et décoratives distinctes. Le Moyen Âge occidental alterne entre art roman, influencé par les croisades, et gothique, novateur techniquement, avant que Giotto ne préfigure la Renaissance. Celle-ci, centrée sur Florence, révolutionne la peinture avec la perspective, l’anatomie et des maîtres comme Léonard de Vinci, Michel-Ange ou Titien, tandis que le Nord excelle dans les textures et la peinture de genre. Le 16e siècle voit le maniérisme, une régression volontaire par originalité, et la Réforme protestante redirige l’art vers le portrait et l’illustration, préparant la modernité artistique qui sera abordée dans la seconde partie.
Début du périple : des origines à l'art préhistorique
Bonjour à tous et Bienvenue dans ce nouvel épisode de cette nouvelle série d'historiapolis.
Une série en 2 temps qui sera consacrée à l'histoire de l'art, des origines jusqu'à nos jours.
Cette série sera principalement en fait consacrée à la peinture, à l'architecture et à la sculpture et cherchera à entrer un peu dans le détail.
Pas trop en fait, dans la mesure de ce qui peut se résumer en un peu moins d'une heure.
En 2 épisodes, on parcourra les grandes étapes des évolutions techniques ou stylistiques qui ont jalonné l'histoire des différentes formes d'expressions de l'esprit et de l'imagination humaine.
Pour cette série, je m'appuierai sur l'un des plus grands classiques, l'une des plus grandes références en matière d'histoire de l'art, 1£, qui est conseillé à tous les étudiants.
Histoire de l'art du professeur à l'université de Londres Ernest Gombrych.
Et notre périple commence aux temps les plus reculés de l'histoire, aussi loin que l'homme a su maîtriser avec ses mains la technique du dessin.
Nous remontons donc à la préhistoire.
Les premières représentations humaines ont généralement porté sur ce qui entourait immédiatement les hommes et représentaient en général des animaux ou des visages.
Gombris nous demande de faire en quelque sorte un effort de prise de distance sur nous même, et en abordant l'histoire de l'art par l'art préhistorique, en essayant d'envisager la représentation artistique par le point le plus éloigné possible de réflexion et d'imagination humaine de celle de l'homme occidental contemporain.
C'est à dire celui des tribus préhistoriques, afin de créer une sorte de confrontation ou de comparaison sur ce qu'il y a de plus universel dans la conception de l'art par l'être humain, qu'il soit moderne ou des temps les plus reculés.
Ce qui est frappant concernant l'art préhistorique, c'est qu'il n'est jamais séparé du religieux, du transcendantal, du magique ou du superstitieux.
Il sert à maudire ou à Communier, exorciser, posséder symboliquement du Vaudou au masque cérémoniel en passant par le totem.
Il sert à obtenir les faveurs des dieux ou à contenir leur colère.
Il en va de même pour le gibier, on le peint pour ne plus le craindre.
Ainsi, tout dans l'art préhistorique a du sens, doit avoir du sens et un sens immédiat d'assistance, de réparation ou d'exorcisme.
Pyramides et symbolisme : l'art égyptien millénaire
Mais venons en de suite aux premières formes d'art que l'on va qualifier sans mépris aucun pour ce qui se faisait avant, mais on va dire d'art civilisé.
C'est à dire en fait l'art qui correspond à une civilisation bien précise.
L'art égyptien est d'une importance capitale car il est le premier chronologiquement qui puisse être directement relié aux origines des civilisations occidentales modernes, en ce qu'il a considérablement influencé l'art, les canons esthétiques et la vision du monde grec qui est à l'origine du monde occidental.
Évidemment, ce sont les pyramides, tombeau funéraire qui nous impressionnent le plus.
On voit toujours ici la présence du religieux dans ce que les peuples anciens ont fait de plus beau et impressionnant.
Le dessin égyptien si particulier ne s'embarrasse pas du réalisme des détails, il s'agit d'accompagner le souverain dans l'au delà.
Ainsi, il est important que les personnages attribuent Dieu et Dieu essentiel soient représentés.
C'est pourquoi le dessin est simple, épuré et les lignes sont claires, très facilement reconnaissables.
La méthode des artistes égyptiens nous dit gombrych.
Tient davantage dans celle du cartographe que dans celle du peintre.
Les personnages représentés dans les peintures et sculptures égyptiennes sont également célèbres.
Si leurs yeux et leurs torse sont toujours représentés de face, leurs visages et leurs jambes sont toujours de profil.
Encore une fois, si le réalisme est peu présent, on reconnaît immédiatement les traits physiques des personnages, car c'est de cette manière qu'ils sont le plus rapidement identifiables par l'œil humain.
Très géomètre, les Égyptiens n'ont fait que peu varier leur art durant les nombreux millénaires de leur civilisation.
En effet, l'art des pyramides était davantage considéré comme un artisanat de haut niveau qu'il fallait transmettre dans les règles de mettre à élève que comme lieu d'imagination créative.
Étaient considérés comme particulièrement talentueux ceux qui savaient être les plus rigoureusement fidèles aux enseignements graphiques traditionnels plutôt que ceux qui se démarquaient par des fantaisies.
L'une des seules exceptions fut celle du pharaon à Ménophis 4, plus connu sous le nom d'Akhenaton, qui a beaucoup fait modifier les canons artistiques, notamment dans le sens d'une sécularisation, c'est à dire de se détacher du lien entre l'art et la religion.
Le culte des dieux Akhenaton se faisait beaucoup représenter dans des scènes de vie quotidienne et a bousculé la conception des perspectives et des règles de représentation graphique.
Des bouleversements pas moins surprenants que le culte d'aton imposé par ce même pharaon.
Posant les jalons éphémères de l'un des premiers hénothéismes de l'histoire, l'Énothéisme étant une forme de polythéisme ou un culte presque monopolistique est rendu à un seul Dieu, il n'est pas impossible que ces changements aient eu en partie lieu sous l'influence du contact grandissant entre l'Égypte et d'autres civilisations, notamment la Crète, où les artistes moins contraints se plaisaient à représenter le mouvement. 2 éléments peuvent expliquer la raison pour laquelle beaucoup moins de
reliques et de ruines nous sont parvenues d'autres civilisations antiques, pourtant très durables également, que sont les civilisations de Mésopotamie, d'une part l'absence ou presque de carrière de Pierre, et d'autre part le fait que les babyloniens ne partageaient pas la croyance des Égyptiens en la nécessité de conserver le corps et son effigie pour assurer la survie de l'âme.
Philosophie et sculpture : l'art grec s'émancipe
Par ailleurs chez les Assyriens.
Les scènes qui nous sont parvenues sont beaucoup plus souvent guerrières, mais rendons nous maintenant du côté de la Grèce, les Grecs n'étaient pas limités par la rigidité posant à l'art égyptien.
Ces limites indépassables.
Cependant, l'art égyptien a servi de base incontestable aux Grecs.
Ils reprennent le sens égyptien de la minutie dans la représentation des détails physiques, notamment des visages, mais ne se laissent pas enfermer par des contraintes spirituelles.
C'est d'ailleurs au moment de l'émergence de la philosophie grecque, à une époque où les croyances dans les dieux et diverses mythologies commencent à être remises en cause, sujet que j'ai abordé dans la première série d'historiapolis consacrée à l'histoire de la philosophie, et en particulier la Grèce antique, dont j'ai parlé dans le tout premier épisode de la chaîne.
C'est donc à cette époque de remise en cause des mythologies ancestrales que les artistes grecs s'émancipent véritablement des canons égyptiens, notamment par l'invention révolutionnaire de la technique du raccourci.
Tandis que le dessin égyptien était plat, la technique dite du raccourci permet de donner l'apparence de la profondeur aux objets en volume, notamment les visages.
C'est aussi pour cela l'attention donnée à la fois aux perspectives mais aussi héritage Crétois au mouvement que les Grecs se rendirent célèbre avant tout en sculpture et dans la réalisation de statues.
Le sculpteur grec le plus renommé est Phidias, c'est lui qui réalisa.
Les fameuses statues aujourd'hui disparues d'Athéna au Parthénon et de Zeus au temple d'Olympie, cette dernière étant considérée comme la 3e des 7 merveilles du monde antique et toutes 2 grandes de plusieurs dizaines de mètres, elles sont unanimement reconnues comme d'extraordinaires représentations du divin qui fascinaient les Grecs.
Il faut également citer le sculpteur Miron, spécialisé dans les statues d'athlète en mouvement, notamment le fameux discoball, dont de nombreuses répliques existent encore aujourd'hui.
Le tout début de la période classique de la Grèce, c'est à dire le 4e siècle avant notre ère, correspond bien à une période d'abandon, en tout cas dans une certaine mesure, de la pensée et des références religieuses.
Si Phidias avait été apprécié pour la qualité de sa représentation des dieux dans ses sculptures, praxitel est reconnu avant tout sur la base de critères plus abstraits purement esthétiques.
C'est en effet un maître absolu sur le plan technique.
Désormais très éloigné des problèmes de cohérence dans la représentation des Égyptiens ou encore des Crétois.
Mais c'est la période de l'Empire d'Alexandre et plus encore les siècles suivants la période dite hellénistique qui vont être les plus décisives dans l'inscription de l'art grecque au patrimoine artistique historique mondial.
La fondation d'un empire par Alexandre est une influence considérable sur les destinées de l'art grec, qui cessa d'être l'affaire de quelques petites villes pour devenir le langage plastique de près de la moitié du monde.
Cette évolution devait fatalement modifier son caractère pour désigner l'art de cette période nouvelle.
On ne parle d'ailleurs plus d'art grec mais d'art hellénistique.
Les riches capitales de ces empires, Alexandrie en Égypte, Antioche en Syrie, Pergame en Asie mineure, exigeaient des artistes autre chose que ce à quoi la Grèce les avait accoutumés.
Durant la période hellénistique se développe l'art du portrait.
Probablement stimulé par les succès individuels d'Alexandre le Grand.
Mais c'est aussi, plus tardivement, l'époque des premières peintures de paysage, qui ne servent plus désormais simplement de décor, mais aussi de sujet principal pour les artistes.
Rome, Orient, Asie : diversité des expressions artistiques
Largement héritiers des Grecs, les Romains s'en distinguent par leur côté plus pragmatique.
En effet, on sait à quel point ceci était doué dans la construction de grandes infrastructures et dans les travaux publics.
Ainsi, si les formes.
Notamment, les colonnes grecques furent largement reprises.
Les 3 ordres de colonnes grecques de Rick, Ioniques et Corinthiens sont utilisés à chaque étage du Colisée.
Les plus célèbres réalisations romaines sont de gigantesques amphithéâtres, aqueducs ou arc de triomphe particulièrement ingénieux.
Les Romains avaient acquis une grande habileté dans la conception des arcades, ce qui leur a permis de construire des bâtiments bien plus solides.
Les sœurs du christianisme se caractérisent par un retour à des formes et à des perspectives plus simples qui vont préfigurer les icônes.
Il s'agit en effet à nouveau de représenter le divin avant tout qui a besoin de symboles plus que le réalisme.
C'est pourquoi les réalisations de l'ère chrétienne ont parfois une certaine ressemblance avec les fresques égyptiennes dans leur absence de perspective et leur peu de réalisme.
Des sujets peints à la fin du premier Millénaire.
La querelle des icônes.
Un très violent conflit sur la question de savoir s'il fallait tolérer la représentation du divin ou s'il fallait la considérer comme de l'idolâtrie vient opérer une rupture entre l'Orient et l'Occident chrétien dans le rapport à l'art et à l'image plus iconoclastes encore que les orthodoxes, les musulmans interdisant la représentation du divin, et même dans certains cas des êtres humains, ont acquis un grand savoir faire dans le dessin des formes, qu'elles soient anguleuses ou entremêlées, les
arabesques sont présentes.
Tant en peinture qu'en sculpture, dans les mosquées par exemple, le monde asiatique se distingue lui, tant par ses supports que par son esthétique. les Chinois étaient remarquables pour leurs dessins onduleux et leur maîtrise des courbes.
S'ils n'étaient pas des maîtres dans l'art de la perspective, leurs dessins tranchaient avec le caractère plus rigide et anguleux de l'art égyptien. les Chinois n'avaient pas besoin de beaucoup de couleurs pour apprécier une image.
D'ailleurs, la contemplation d'un dessin devait bien davantage servir un idéal d'harmonie et de méditation qu'un dogme religieux, quel qu'il soit.
C'est davantage en sculpture que l'influence du bouddhisme, notamment, s'est faite ressentir.
Roman, Gothique et la révolution picturale de Giotto
Mais revenons en Occident.
S'il est en partie juste d'affirmer que la fin du premier Millénaire fut de très faible intensité pour l'art occidental, notamment du fait de l'instabilité politique, les invasions germaniques puis nordiques ont amené une touche particulière qui a permis à l'Occident de se distinguer encore plus de l'Orient.
Avec leur culture et leur panthéon, les peuples du Nord et de l'Est bien vite christianisés effectuèrent un syncrétisme qui se manifesta aussi dans les techniques artistiques, que ce soit les architectures d'église ou encore la décoration de Bible.
Nous en arrivons au 12e siècle.
Le 12e siècle est le siècle d'or de l'architecture romane.
Originaire de Normandie, elle est introduite en Angleterre après 1066 et dure à peu près un siècle.
De tous les arts occidentaux, l'art Roman est sûrement celui qui est le plus influencé par l'Orient, notamment parce que les croisades se déroulaient à ce moment-là.
Les sculptures et les peintures figées sont à ce titre assez évocatrices.
Par ailleurs, il faut rappeler que les images étaient censées remplacer les textes pour les masses analphabètes.
Les grands épisodes du Nouveau Testament et les légendes de saints étaient ainsi représentées sans grand réalisme esthétique, mais de manière très simple afin d'être compris.
Il en va de même pour le traitement des couleurs, le bleu, le rouge, le noir et l'or profond.
Des vitraux et des enluminures exprimaient de manière efficace le mystère et le surnaturel sur la différence de rapport à l'art entre Orient et Occident.
Voilà ce que nous dit Ernest Gombrych.
Nous venons de noter certaines analogies entre l'art de l'époque romane d'une part, l'art de Byzance et même celui de l'Orient antique d'autre part.
Mais quelque chose différencie profondément l'art de l'Europe occidentale, de l'art de l'Orient. là-bas, les styles pouvaient durer des milliers d'années sans que rien fit prévoir un changement. l'Occident n'a jamais connu une telle permanence.
Il a toujours été inquiet, sans cesse à la recherche de nouvelles idées, de nouvelles solutions.
Ainsi triomphe au 13e siècle le style gothique né au nord de la France, appuyé sur de véritables révolutions techniques qui permettent l'édification d'églises gigantesques.
Sans avoir recours à d'épaisses parois, les nouvelles conceptions des voûtes et des arcs permettant de soutenir à elles seules les constructions, ceci eut pour effet de libérer l'ancienne place prise par les murs afin de faire place à la lumière pénétrante de majestueux vitraux.
L'un des exemples les plus extraordinaires est la sainte chapelle de Paris, dont les parois sont davantage constituées de vers que de pierres.
Si la sculpture avait considérablement évoluée sous la période gothique d'Europe du Nord, la peinture restait un peu figée.
Peu adepte de la perspective, cantonnée à l'enluminure, c'est au Florentin Giotto que l'on doit dans une fusion de la tradition byzantine, elle même très fidèle au canon hellénistique, restée vivace en Italie, et de la nouvelle école gothique de l'Ouest.
Une révolution dans la conception de la peinture qui préfigure la renaissance.
Son brio dans les jeux d'ombres et de perspectives remet le réalisme au centre des préoccupations jusque là.
Comme vous avez pu l'entendre, assez peu de noms d'artistes célèbres ont été cités.
Car, comme le dit Gombrycht, les artistes eux-mêmes ne tenaient pas tellement à acquérir gloire ou notoriété, ils ne signaient presque jamais leurs œuvres.
On ne peut douter qu'ils aient été appréciés de leurs contemporains, mais ils se sont effacés devant la renommée de la cathédrale pour laquelle ils ont travaillé.
Giotto ouvre un chapitre nouveau de l'histoire de l'art dès lors, en Italie d'abord, ailleurs ensuite.
L'histoire de l'art se confondra avec l'histoire des grands artistes en tant que période phare de l'essor des villes comme nouvelle puissance politique.
La première partie du 14e siècle consacre les édifices civils et commerciaux comme nouveau support de l'art pictural et sculptural, tandis qu'il s'exprimait auparavant surtout dans les églises, monastères et châteaux.
L'art du 14e siècle est moins grandiose que celui de l'apogée du gothique au 13e siècle, au sens où l'on cherche moins la hauteur.
Les dimensions gigantesques qui mettent en communion avec le divin.
En revanche, ce que l'art du 14e siècle perd en gigantisme, il le gagne en originalité décorative.
Ainsi la cathédrale d'Exeter en Angleterre, dont la façade est richement ornementée, ou bien la ville, symbole absolue de ce siècle, Venise et son palais des doges subtilement décorés.
Cela vaut aussi pour les statues aux statues de pierres raides et imposantes des églises de l'apogée gothique.
Ce siècle préfère les Statuettes d'Ivoire ou de métal, un peu plus déhanchées et détaillées.
Florence, perspective et grands maîtres de la Renaissance
Après le précurseur Giotto, Florence va véritablement devenir le centre artistique créatif de la Renaissance, le Quattro Cento donc.
Le 15e siècle consacre la cité dont le symbole est sa cathédrale et sa coupole révolutionnaire.
Conçu par le non moins révolutionnaire Filippo Brunelleschi, il mit en effet en place les bases de la perspective en peinture.
Qui allait changer à jamais la technique picturale.
Par ailleurs, la Renaissance est le cadre d'un grand retour de l'art profane.
Les scènes naturelles, militaires, les scènes de vie quotidienne sont de plus en plus représentées.
S'il faut citer en sculpture de Natello, les Italiens ne sont pas les seuls à s'illustrer.
Ainsi, les tableaux du Flamand Jan Van Neck, l'un des plus grands maîtres de la peinture à l'huile, sont remarquables.
Ses époux, arnolfini notamment, sont mondialement connus.
Il est intéressant de constater la différence de méthodes utilisées en Italie et en Europe du Nord.
On peut raisonnablement avancer que toute œuvre qui excelle dans le rendu des belles matières, des fleurs, des bijoux, des tissus est le fait d'un artiste du Nord et très probablement des Pays-Bas, tandis qu'une peinture aux contours audacieux, à la perspective nette, exprimant la beauté du corps humain avec maîtrise, est l'œuvre d'un italien.
Ernest Gombrych rappelle à juste titre que l'évolution de l'art à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance correspond aux évolutions sociales de l'Europe de l'époque.
Paradoxalement, cette période que l'on juge souvent universelle et plus internationale que le Moyen Âge, correspond en fait plutôt à une nationalisation des styles et à une particularisation des écoles.
Le style gothique est le dernier à laisser une empreinte significative dans tout le continent de manière relativement uniforme.
Tandis que les universités médiévales parlaient latin dans toute l'Europe, que l'idéal chevaleresque impliquait la fidélité à un seigneur plutôt qu'à une nation au sens politique du terme, et que les artistes, ouvriers et artisans circulaient librement de chantier en chantier, le 15e siècle voit l'émergence d'une bourgeoisie urbaine et marchande parlant les langues vernaculaires, très soucieuses de ses privilèges corporatifs et d'un certain protectionnisme financier.
Cela devait mener à une réorientation de l'art, désormais plus portée vers le mécénat.
Et la dimension profane.
Par ailleurs, les révolutions techniques évoquées précédemment nous rappellent combien les dimensions de religion, de philosophie, d'art et de sciences sont imbriquées.
Le peintre FRA Angelico nous le rappelle de manière brillante.
Maîtrisant à la perfection les innovations techniques de la peinture de l'époque, il met ses nouveautés au service d'une vision très pieuse et mystique de la peinture.
Les lois mathématiques de la perspective.
Les découvertes en anatomie et la fouille des ruines romaines changent beaucoup le rapport à l'art en Europe du Nord, le gothique reste influent plus longtemps, mais les styles septentrionaux et méridionaux ne sont pas sans s'influencer respectivement.
Le peintre français Jean Fouquet est un symbole de ce mélange des fortes tonalités chromatiques du gothique, de cet intérêt pour la texture des objets, fourrure, étoffe, Pierre et du sens italien de la géométrie, de la symétrie, des volumes.
À la fin du 15e siècle, l'espace germanique développe une forte technicité dans la création de gravures sur bois et sur cuivre.
Et pour cause, l'invention de l'imprimerie par Gutenberg à Mayence en 1454 donne au bassin rhénan une grande avance en la matière.
Les artistes en Italie du Nord deviennent de véritables stars respectés au même titre que les poètes et les autres artistes, tandis qu'ils avaient longtemps été relégués.
C'était déjà le cas à l'époque athénienne, au statut de simples artisans.
Les grands sculpteurs, peintres et architectes ne cherchent plus à s'attirer les faveurs des élites.
Ce sont au contraire les bourgeois et l'Église qui se battent pour mettre à leur service les artistes les plus renommés.
L'un des travaux les plus importants du moment est la reconstruction grandiose du Palais Saint Pierre à Rome.
La construction est d'abord confiée à Bramante, puis à sa mort à Raphaël et enfin à Michel-Ange.
Les projets initiaux autour de Saint Pierre étaient trop dispendieux.
D'ailleurs, les querelles autour de la reconstruction sont en partie à l'origine de la réforme dans les pays du Nord.
On ne peut pas ne pas citer bien entendu Léonard de Vinci, dont l'œuvre considérable et très variée n'a d'égal que son caractère inachevé.
Comme Michel-Ange, le génie de de Vinci compensait largement sa tendance à la dispersion, à la désorganisation et à ne pas forcément tenir toutes ses commandes, à l'inverse par exemple de Raphaël, dont la fiabilité était plus réputée.
Il faut enfin citer comme peintre le pérugin, connu pour ses peintures douces et harmonieuses permises par la technique du Sfumato inventé par Léonard de Vinci, consistant à rendre flous les contours des personnages et objets afin d'en augmenter le mystère et la beauté.
Les 2 plus grands peintres vénitiens sont giorgioole et le titien.
Tous 2 furent d'une influence mémorable sur l'évolution de la peinture, notamment car ils réinventèrent l'utilisation des couleurs avec eux.
La peinture n'était plus simplement du dessin auquel on ajoutait de la couleur.
Le pinceau lui même commandait la forme et le mouvement dictait l'émotion. en Italie du Nord, on pourrait également ajouter le corège, particulièrement doué pour les jeux d'ombre et de lumière.
Renaissance Nordique, Maniérisme et l'impact de la Réforme
Il est indéniable que la renaissance d'Europe du Nord a été influencée par celle de l'Italie.
Plus que l'inverse, cela ne signifie pas pour autant qu'elle soit dénuée d'intérêt.
Au contraire, en fait, ce qui frappe les artistes du Nord.
Au contact de l'art italien, ce sont 3 choses, le traitement scientifique de la perspective, puis la connaissance de l'anatomie et la représentation du corps humain dans toute sa beauté.
Enfin la reprise des formes de l'architecture antique qui semblaient alors inséparables de toute dignité et de toute beauté.
A cette époque, à Nuremberg, émerge probablement le plus grand graveur sur bois de l'histoire, Albert Durrer, par la qualité de son travail, mais aussi parce qu'il fut l'un des premiers germaniques à se rendre en Italie, à Venise notamment.
Il permit d'introduire l'influence méditerranéenne dans l'art septentrional de l'époque.
La moitié et la fin du 16e siècle est une période très importante pour une raison précise, c'est sûrement le début, au sens intellectuel, de ce qu'on pourrait nommer la modernité dans l'art.
En effet, la technicité et l'inventivité de l'art en architecture, en peinture, en sculpture, a atteint un tel niveau de puissance et d'harmonie avec les grands maîtres comme Léonard de Vinci, Michel-Ange ou encore Raphaël.
Qu'on assiste à un ralentissement de l'inventivité et à une difficulté à dépasser les standards précédents.
Les artistes du 16e siècle sont soit contraints de copier sans grande imagination les maîtres, soit en sont réduits à inventer des formes alternatives un peu pathétiques pour se distinguer ainsi, et c'est là le caractère inédit de ce mouvement dans l'histoire.
Pour la première fois, ce n'est pas pour améliorer par l'émergence d'une technique nouvelle ou d'un courant 9 que l'a révolue.
Ce n'est pas pour le porter vers un sommet encore plus haut, mais parce que l'impression générale est que le sommet a déjà été atteint et qu'il deviendra trop difficile de le surpasser.
Que les artistes décident volontairement, alors qu'ils maîtrisent largement les techniques de leurs prédécesseurs qui leur ont été transmises par les écoles qu'ils ont fréquentées, d'effectuer une régression qualitative par souci d'originalité.
On le voit très clairement, chez le parmesan par exemple, il y a une tendance volontaire à rompre avec l'harmonie des formes.
Revenant vers les corps disproportionnés d'avant la Renaissance, malgré les acquis techniques, afin de se démarquer et de paraître original dans la Madone au long cou par exemple.
Ainsi n'est il pas surprenant que le peintre le plus emblématique de cette époque fut originaire de Grèce, région où l'art byzantin fut longtemps plus tenace qu'ailleurs, et qui éprouva une sensibilité naturelle pour une peinture un peu moins harmonieuse, mais de nouveau à même d'éveiller une ferveur plus mystique.
C'est en Espagne.
Pays où avait subsisté un mysticisme très médiéval que s'implante et connaît un grand succès Domenico teotocopoulos, dit le Greco.
Ses tableaux semblent éminemment modernes.
Il fut d'ailleurs longtemps raillé et c'est vers le 19e 20e siècle que les critiques accordent une nouvelle considération en sa faveur. en Europe du Nord, la question du renouvellement de l'art à cette époque est davantage d'ordre religieux qu'esthétique.
En effet, la réforme protestante a initié un mouvement.
Si l'on peut utiliser ce terme à la chronique d'iconoclasmes dans les pays germaniques, par impératif protestant de sobriété, on juge l'ostentation immorale et on refuse de plus en plus la décoration des églises par des tableaux, fresques et autres sculptures.
Dans ce trou noir de l'art religieux du Nord, les artistes allemands trouveront un échappatoire dans l'art du portrait et dans l'illustration de livres.
Le plus fameux représentant d'entre eux est Hans Holbein le jeune, barré par la réforme.
Ce talentueux artiste de originaire d'Augsbourg va trouver une porte de sortie dans un pays qui, bien que réformé à sa manière, possède à la fois une identité septentrionale, une cour puissante et une bourgeoisie commerçante ascendante très friande de portraits, l'Angleterre et sa capitale en plein essor, Londres, on l'a vu.
Les septentrionaux, en particulier les Hollandais, s'étaient spécialisés dans la capacité à dessiner superbement des scènes ou objets précis comme les étoffes, les fleurs ou les coupes.
D'un penchant très naturaliste, ils devaient faire croître un mouvement que l'on nommerait la peinture de genre, représentant de nombreuses scènes de la vie quotidienne et sociale, armées d'un solide sens de l'humour et de l'ironie.
Remarquables à ce titre sont les tableaux du Flamand Peter Bruegel l'ancien.
Il y a presque une dimension satirique dans son œuvre.
Voilà donc pour cette première partie de l'histoire de l'art où nous avons effectué un long chemin depuis les heures les plus reculées de la préhistoire jusqu'à la fin du 16e siècle.
La prochaine partie abordera plus franchement la modernité artistique, de la période baroque jusqu'à la période contemporaine.
Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le liker, à le commenter et à le partager.
Et à bientôt sur historiapolis.
Podcast Summary
Key Points:
L’art préhistorique est indissociable du religieux, du magique et du superstitieux, servant à exorciser, communier ou maîtriser symboliquement le monde.
L’art égyptien, premier art « civilisé », privilégie la clarté et la reconnaissance immédiate au réalisme, avec des codes stricts (visages et jambes de profil, torse et yeux de face), et reste figé pendant des millénaires, sauf sous Akhenaton.
Les Grecs s’émancipent des canons égyptiens grâce à la philosophie, au mouvement et à la technique du raccourci, avec des sculpteurs comme Phidias et Miron, puis l’art hellénistique élargit son influence et développe le portrait et le paysage.
Les Romains, pragmatiques, excellent dans les infrastructures (amphithéâtres, aqueducs, arcs), tandis que le christianisme revient à des formes simples, et l’Orient (Byzance, Islam, Asie) développe des esthétiques distinctes (arabesques, dessins chinois méditatifs).
Le Moyen Âge occidental voit l’art roman (influencé par l’Orient) puis le gothique (révolutions techniques, vitraux), avec Giotto comme précurseur de la Renaissance par son réalisme et ses perspectives.
La Renaissance florentine (Quattrocento) révolutionne la peinture avec Brunelleschi (perspective), Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, et des maîtres vénitiens (Giorgione, Titien), tandis que le Nord (Van Eyck, Dürer, Bruegel) excelle dans les matières et la peinture de genre.
Le maniérisme du 16e siècle marque une régression volontaire par originalité (Parmesan, Greco), et la Réforme protestante réduit l’art religieux du Nord, poussant vers le portrait et l’illustration.
Summary:
Cette première partie de l’histoire de l’art, basée sur l’ouvrage d’Ernest Gombrich, retrace l’évolution artistique des origines à la fin du 16e siècle. L’art préhistorique, profondément lié au sacré et au magique, sert des fonctions d’exorcisme ou de communion, comme en témoignent les totems et masques. L’Égypte impose ensuite un art codifié, géométrique et fonctionnel, destiné à accompagner les souverains dans l’au-delà, avec une stabilité remarquable, sauf sous Akhenaton qui sécularise brièvement les représentations.
Les Grecs, inspirés par l’Égypte mais libérés de ses contraintes spirituelles, inventent le raccourci et la perspective, plaçant l’esthétique et le mouvement au centre, avec des sculpteurs comme Phidias, puis l’art hellénistique diffuse ce langage à travers le monde méditerranéen. Les Romains, plus pragmatiques, marquent l’histoire par leurs infrastructures, tandis que le christianisme et l’Orient (Byzance, Islam, Asie) développent des formes symboliques et décoratives distinctes. Le Moyen Âge occidental alterne entre art roman, influencé par les croisades, et gothique, novateur techniquement, avant que Giotto ne préfigure la Renaissance.
Celle-ci, centrée sur Florence, révolutionne la peinture avec la perspective, l’anatomie et des maîtres comme Léonard de Vinci, Michel-Ange ou Titien, tandis que le Nord excelle dans les textures et la peinture de genre. Le 16e siècle voit le maniérisme, une régression volontaire par originalité, et la Réforme protestante redirige l’art vers le portrait et l’illustration, préparant la modernité artistique qui sera abordée dans la seconde partie.
FAQs
L'épisode s'appuie sur « Histoire de l'art » d'Ernest Gombrich, professeur à l'université de Londres, un classique conseillé à tous les étudiants.
Ces représentations servaient à maudire, exorciser, communier ou obtenir des faveurs divines, et à ne plus craindre le gibier, avec un sens immédiat d'assistance ou de réparation.
C'est une forme de polythéisme où un culte presque monopolistique est rendu à un seul dieu, ici Aton, marquant une brève sécularisation de l'art égyptien.
Cela s'explique par l'absence presque totale de carrières de pierre et par la croyance babylonienne différente sur la nécessité de conserver le corps et son effigie pour la survie de l'âme.
Les Italiens excellaient dans les contours audacieux, la perspective nette et la beauté du corps humain, tandis que les artistes du Nord, surtout hollandais, brillaient dans le rendu des matières comme les fleurs, bijoux et tissus.
Inventée par Léonard de Vinci, elle consiste à rendre flous les contours des personnages et objets pour augmenter leur mystère et leur beauté, utilisée par des peintres comme le Pérugin.
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