Go back

FAZER SÓ O QUE VOCÊ QUER TE LEVARÁ À RUÍNA // #68/365

3m 58s

FAZER SÓ O QUE VOCÊ QUER TE LEVARÁ À RUÍNA // #68/365

La sécheresse qui frappe la France depuis la fin juin touche durement la Bretagne, pourtant réputée pour son climat humide. Avec un déficit pluviométrique de plus de 70 % en moyenne et des températures records de 42 degrés, les agriculteurs sont en grande difficulté. À Menrock, en Ille-et-Vilaine, Benoît Leduc, éleveur de vaches laitières en bio, constate que ses prairies sont complètement grillées et que son maïs a brûlé, avec des épis de seulement 10 centimètres au lieu de 30 et une fécondation avortée. Il estime ses pertes à près de 50 % et doit déjà puiser dans ses réserves de fourrage prévues pour l’hiver. Il a même cessé de traire certaines vaches pour économiser le fourrage de meilleure qualité. Gaëtan Dubreuil-Jardin, éleveur voisin et délégué à l’environnement, souligne que la Bretagne, dépourvue de réserves d’eau, peut entrer en sécheresse plus vite que d’autres régions. Le prix des aliments bio atteint déjà 650 euros la tonne et pourrait augmenter. La solidarité entre éleveurs bio, habituellement un filet de sécurité, est impossible cette année car toute la France et même l’Europe sont touchées. Face à cette situation, Gaëtan a arrêté la culture du maïs, jugée inadaptée, tandis que Benoît envisage de cultiver du sorgho, plus résistant mais moins nutritif, et de demander des dérogations pour utiliser du fourrage non bio. Pour lui, c’est la pérennité de l’élevage bio breton qui est désormais en jeu.

Transcription

734 Words, 4332 Characters

French
Speaker 17h04 sur France Culture, l'heure du reportage de la rédaction consacrée à la sécheresse qui frappe la France depuis la fin juin. Avec un déficit pluviométrique de plus de 70%, en moyenne, les agriculteurs sont en grande difficulté, même en Bretagne. Les éleveurs de vaches laitières et cultivateurs de maïs s'inquiètent pour leur avenir. Fatou Lordiouf est allé à leur rencontre à Menrock, en Ile-et-Vilaine.
Speaker 2Donc là, on voit bien, les vaches sont dehors. Elles commencent à essayer de grappiller quelques brins d'herbes ici et là, parce qu'elles commencent à avoir faim. Il n'y a strictement rien à manger, c'est complètement grillé, quelques mauvaises herbes, mais sinon, tout ce qui est air et gras, non. De toute façon, d'ici une heure, je vais les rentrer pour leur redonner à manger.
Speaker 3Benoît Leduc élève des vaches laitières en bio. Depuis le 15 août, le département d'Ile-et-Vilaine est en alerte sécheresse maximale. Hier, il n'a presque pas plu, alors que les températures sont montées jusqu'à 42 degrés, du jamais vu dans la région. L'agriculteur n'a jamais compté que sur la pluie pour arroser ses prairies pour le pâturage et ses champs. Il cultive uniquement de quoi nourrir ses bêtes, de l'herbe et du maïs.
Speaker 2Donc là, on voit que le maïs a brûlé, en fait. Là, on entend bien, la plante est complètement morte. Donc l'épi est tout petit. Au lieu de faire 30 centimètres, il en fait 10. Et on voit bien qu'il y a très peu de grains. Ce qui fait la valeur du fourrage, c'est quand même la graine. La fécondation a complètement été avortée. La terre est encore super sèche. Là, je suis proche des 50% de pertes. Là, aujourd'hui, il n'y a rien à faire. Hormis là, c'est les jours prochains, en fait, de récolter le maïs, pour ne pas entacher le peu de valeur qu'il a.
Speaker 3La conséquence se voit aussi près de la grange, où les réserves de fourrage sont déjà largement entamées.
Speaker 2Les stocks que j'ai constitués d'herbes qui sont dans le silo. J'en donne déjà. C'est de l'herbe que je n'aurais pas à donner cet hiver. Et le maïs, quand je vais le récolter, je vais commencer à en distribuer, en fait, direct. D'habitude, j'ai du maïs jusqu'au mois de juin, juillet. Là, je ne sais pas du tout comment je vais faire si on n'a pas un automne doux. Je ne sais pas. J'ai préféré, justement, arrêter de traire celles qui commençaient à donner un peu moins de lait. Donc, elles passent au foin. Et pour, justement, donner le fourrage de meilleure qualité, pour celles qui donnent vraiment le plus de lait.
Speaker 3Benoît Leduc rend visite à Gaëtan Dubreuil-Jardin, éleveur laitier voisin. Il est délégué à l'environnement de l'intercommunalité Quénon-Marche-de-Bretagne. Selon lui, la situation est extrêmement inquiétante pour presque tous les agriculteurs de la région.
Speaker 4Même si on est arrosé en Bretagne, on peut être plus vite en sécheresse que dans d'autres régions parce qu'on n'a pas de réserve d'eau.
Speaker 3La nourriture pour les vaches devient de plus en plus rare et coûteuse. Le prix des aliments bio s'élève déjà à 650 euros la tonne. Mais les deux exploitants craignent que cela n'augmente. D'habitude, ils comptent sur l'aide des réseaux d'agriculteurs bio. Ils mettent en relation les éleveurs qui manquent de fourrage. Avec ceux qui ont des surplus. Mais cette année, impossible de compter sur la solidarité locale.
Speaker 4Même les élevages intensifs conventionnels vont aussi avoir des problèmes. Donc même celui qui aura des stocks cette année, il ne les donnera pas. Il faudra bien que lui trouve une rentabilité. Il faut faire venir de l'alimentation et encore toute l'Europe est touchée. Dans des sécheresses avant, il y avait des régions de France qui étaient épargnées. Cette année, c'est 100% de la France. On a des situations qui sont quand même historiquement... Moins graves.
Speaker 3Gaëtan Dubreuil-Jardin a déjà arrêté de produire du maïs parce qu'il juge que ce n'est plus adapté aux conditions climatiques. Benoît Leduc, lui, songe à se mettre à cultiver le sorgho, une céréale africaine qui résiste nettement mieux à la sécheresse mais qui est moins nutritive pour ses bêtes. À contre-cœur, il envisage de demander des dérogations pour donner du fourrage non bio à ses vaches. Pour lui, c'est la pérennité du modèle d'élevage bio breton qui est désormais menacé.
Speaker 1Le reportage de l'élevage bio breton de la rédaction signée Fatou Lordiouf.

Podcast Summary

Key Points:

  1. La Bretagne subit une sécheresse exceptionnelle avec un déficit pluviométrique de plus de 70 % et des températures atteignant 42 degrés, du jamais vu dans la région.
  2. Les éleveurs laitiers bio comme Benoît Leduc font face à des pertes de maïs proches de 50 %, des réserves de fourrage déjà entamées et une impossibilité de compter sur la solidarité locale.
  3. Face à cette crise, certains agriculteurs arrêtent le maïs ou envisagent des cultures plus résistantes comme le sorgho, tandis que le modèle d’élevage bio breton est jugé menacé.

Summary:

La sécheresse qui frappe la France depuis la fin juin touche durement la Bretagne, pourtant réputée pour son climat humide. Avec un déficit pluviométrique de plus de 70 % en moyenne et des températures records de 42 degrés, les agriculteurs sont en grande difficulté. À Menrock, en Ille-et-Vilaine, Benoît Leduc, éleveur de vaches laitières en bio, constate que ses prairies sont complètement grillées et que son maïs a brûlé, avec des épis de seulement 10 centimètres au lieu de 30 et une fécondation avortée. Il estime ses pertes à près de 50 % et doit déjà puiser dans ses réserves de fourrage prévues pour l’hiver. Il a même cessé de traire certaines vaches pour économiser le fourrage de meilleure qualité.

Gaëtan Dubreuil-Jardin, éleveur voisin et délégué à l’environnement, souligne que la Bretagne, dépourvue de réserves d’eau, peut entrer en sécheresse plus vite que d’autres régions. Le prix des aliments bio atteint déjà 650 euros la tonne et pourrait augmenter. La solidarité entre éleveurs bio, habituellement un filet de sécurité, est impossible cette année car toute la France et même l’Europe sont touchées. Face à cette situation, Gaëtan a arrêté la culture du maïs, jugée inadaptée, tandis que Benoît envisage de cultiver du sorgho, plus résistant mais moins nutritif, et de demander des dérogations pour utiliser du fourrage non bio. Pour lui, c’est la pérennité de l’élevage bio breton qui est désormais en jeu.

FAQs

Le reportage traite de la sécheresse qui frappe la France depuis fin juin et de ses conséquences sur les éleveurs de vaches laitières et cultivateurs de maïs, notamment en Bretagne.

Le déficit pluviométrique moyen est de plus de 70%.

Le département d’Ille-et-Vilaine est en alerte sécheresse maximale depuis le 15 août.

Son maïs a brûlé, les épis sont petits et contiennent très peu de grains. Il estime ses pertes à près de 50%.

Parce que toute la France et même toute l’Europe sont touchées par la sécheresse, donc personne n’a de surplus de fourrage à partager.

Gaëtan Dubreuil-Jardin a arrêté de produire du maïs, tandis que Benoît Leduc envisage de cultiver du sorgho ou de demander des dérogations pour donner du fourrage non bio à ses vaches.

Chat with AI

Loading...

Pro features

Go deeper with this episode

Unlock creator-grade tools that turn any transcript into show notes and subtitle files.