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Épisode 70 : Jean-Baptiste Lecaillon, terroiriste champenois

64m 49s

Épisode 70 : Jean-Baptiste Lecaillon, terroiriste champenois

Dans cet entretien, Jean-Baptiste Lécaillon, chef de cave de la maison Roederer, partage sa vision du champagne. Il explique que la Champagne possède un atout exceptionnel : la capacité naturelle à produire des vins d’une grande finesse, légèreté et sapidité, tout en développant une profondeur unique. Cette profondeur, issue du terroir crayeux, doit être captée à la vigne et transformée avec élégance lors de la vinification. Lécaillon insiste sur l’importance d’une viticulture « à bas intrants », respectueuse de l’écosystème, incluant des pratiques biodynamiques comme les préparations 500, mais sans rejeter la science. Il critique les approches dogmatiques et prône une remise en question constante des savoir-faire, dans un contexte de changement climatique. Son parcours, marqué par des expériences en Californie et en Australie, lui a permis d’apprécier la singularité de la Champagne. À Roederer, la transmission entre trois générations de chefs de cave a consolidé un style maison axé sur la finesse et la profondeur. Lécaillon souligne que la viticulture nécessite patience et humilité : les décisions prises aujourd’hui ne portent leurs fruits que 25 ans plus tard. Il encourage à limiter les intrants et à travailler en harmonie avec la nature, sans chercher à tout contrôler.

Transcription

9734 Words, 56213 Characters

French
Et en entrant de cette expérience sur ces terroirs éloignés, je me suis aperçu plus je goûter les 20 ici en Champagne, plus je me suis aperçu de la chance phénoménale qu'avais cette région, c'est-à-dire qu'on était capable d' justement de créer cette profondeur. En fait, elle est là, elle est naturellement là. Il s'agit simplement de l'amplifier. Le vin, le jajah, le pinard, le pif. Il existe une ribembelle de terme pour désigner ce brevage que nous aimons tant, le jus de raisin fermenté. Et c'est parce que nous les mons plus que tout, que nous voulons mieux comprendre ce qui fait un bon vin. C'est pas, je, climat, éterroir, participe, mais avant tout, il y a la pâte des vignorones et des vignorones. Je suis Romain, je suis Florion, je suis Antoine. Nous sommes trois copains et nous nous en nom à la rencontre de ces hommes et de ces femmes dans leur domaine pour les interroger sur la magie de leur métier et leur vie au milieu des raisins des vignes et des bariques. Bienvenue à toutes et à tous dans le bon grain de livresse. Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, je vous propose de rencontrer l'une des personnalités les plus respectées du viniable Champ Noir. Directeur général Adjoint et chef de cave de la maison Roderheur. Jean-Baptiste Le Cahillon a bâtiss à réputation sur une approche scientifique sensible et rigoureuse. Nous nous sommes retrouvés un lundi matin au premier heures de la journée pour une discussion passionnante et surtout à cœur ouvert. Un grand moment que je suis très heureux de partager avec vous. Bonjour Jean-Baptiste Le Cahillon. Bonjour. Merci infiniment de nous recevoir ici à Rince dans les bureaux et dans un très beau salon de la maison Roderheur. Est-ce que vous pouvez vous présenter pour vous introduire après nos auditeurs et nos auditrices? Je suis chef de cave de la maison Roderheur. Directeur général Adjoint depuis une trentaine d'années. Depuis 1999, je suis dans cette maison. Vous avez intégré la maison directement après vos études? Oui, tout à fait. Avec un petit passage aux Etats-Unis. Nosralis, puisqu'on avait des affaires en Australie, et puis près trois ans au Australie. Vous êtes un enfant de la région? Tout à fait, je suis une éarance. Ma famille est depuis des générations dans la région, dans le vignoble et hors du vignoble. Vous n'avez pas fait vos études ici, en tout cas votre diplôme de nologie. Pourquoi vous avez choisi d'aller étudier ailleurs? Vous rentre dans la guerre des écoles. Quand je suis très tôt, il y a envie de faire se métier, éclairé par de nombreux grands champs noirs travaillant dans des maisons ou dans des vignoble de la région. Donc, étant jeune Adolescent, je me suis posé la question de quelle étaient les meilleures études, le meilleur parcours, pour pouvoir prétendre à faire se métier dans les meilleures conditions. Il y a une voie royale qui est mat-sup-mat-s-p et rentrée dans l'école d'agronomie. Donc d'étudier l'agronomie d'abord, la viticulture. Et puis ensuite, se spécialiser en viticulture uneologie en finale. Elle est à la grande Montpellier, qui est là l'école française, qui sort à peu près une trentaine d'étudiants par an, spécialisés sur ce domaine-là. Donc, très simplement, j'ai fait ma prépare, j'ai fait ma sub, j'ai fait ma t-s-p, j'ai passé les concours et je me suis partie à Montpellier. - Ça vous a plu? - Oui, bien sûr. C'était fascinant avec un corps profésoiral exceptionnel à une époque où on avait encore la chance d'avoir des professeurs qui étaient inspirants sur le plan et aussi pionnier dans leur recherche. C'était une certaine époque où les gens étaient très engagés sur leur recherche. Et voilà, j'ai eu cette chance d'avoir des grands professeurs en viticulture et en enologie. - Ça a changé? - Ça. - D'après vous aujourd'hui? - Je pense que tout a changé. C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui l'approche et peut-être un petit peu plus consensuel, un petit peu moins pionnière, un petit peu moins. Comme on dit, on y a plus de normes, plus de choses à respecter, plus de procédures. Je pense que tout c'est un peu allourdit. Et à mon peu dit, peut-être la chance que j'avais, il y avait l'esprit méditerranien avec parfois quelques coups de gueule qui apporte une dimension supplémentaire dans l'approche. - L'ambiance est un peu plus feutrée en champagne? - Oui, en champagne. C'est pas tant à la champagne que je pensais, c'est plutôt à l'école à Paris avec le mode de fonctionnement des grandes écoles françaises qui sont peut-être un peu plus aujourd'hui feutrée. - Alors, vous rentrez en 89 chez Rodeur. Comment ça s'est fait cette opportunité et quel image vous aviez de cette maison avant d'y entrer? - Alors moi, je suis rémoire. Je suis rémoire, j'ai eu la chance, j'ai grandi ici dans 1. Je connaissais beaucoup de. déjà de maisons de réputation. Mais, bon, l'Urdera a été une maison plutôt discrète, même si Frédéric Rousseau, qui est l'actuel président de la maison, qui était un an de sous-moi dans le même lycée et le même collège. On se connaissait peu, mais on se connaissait. C'est toujours ça qui compte. Et ensuite, il y a surtout. Il y a surtout. on connaît un peu toutes les maisons, un peu comment ça se passe. Alors, l'Urdera, c'était une maison plus discrète, plus. que j'avais quitté pas forcément dans mes connaissances les plus intimes de la champagne. Et comment s'est fait ce choix, c'est-à-dire que Jean-Claude Rousseau, le père de Frédéric Rousseau, qui lui-même a fait la gros Montpellier, mais est venu un jour à Montpellier et a dit, "Je cherche votre meilleur élève, ça tombe bien, j'étais majeur de promotion, et en plus, j'étais champonnois, donc la reconte s'est fait tout naturellement." Et vous rêvez de quoi, en rentrant ici? J'ai pas d'idée particulière, je pense, qu'on rêve de se de rentrer pleinement dans ce métier avec passion et avec motivation de participer à une aventure collective. C'est ça dont on rêve, après qu'elle soit ici ou là. Je pense que ce n'était pas très clair. Je pense qu'elles opportunités se sont. Les planètes se sont alignées au fur et à mesure. Et les planètes sont bien alignées, puisqu'en 10 ans, vous devenez chef de cave de la maison. C'est quoi le parcours pour passer de jeunes embauchés à chef de cave en une dizaine d'années? Alors, je suis arrivé une époque où on était. Je pense que déjà, on avait. Il y avait un gap technologique qui se passait un peu dans toutes nos métiers, c'est-à-dire qu'on passait à l'arriver de la fameuse informatique de base. On passait du papier de la gomme et du crayon qui était comme on notait la traceabilité dans les maisons de champagne ou dans toute l'arrivée des premiers PC. L'arrivée de l'informatisation industrielle était un de mes premiers projets à mener au niveau de cette maison. Et ça m'a donné une connaissance, un type de tous les processus et de toutes les métiers. Je pense que j'ai pu faire grâce à ça. Personne voulait faire ce travail de développer l'informatique parce que ce n'était pas très passionnant. Mais ça m'a forcé sur ce projet-là à travailler avec chacun à tous les niveaux. Et donc, puisque je voulais diffuser cette nouvelle technologie au plus près de l'ensemble des opérateurs. Et donc, ça m'a donné un accès à un team à chaque métier. Et en même temps, bien sûr, j'ai poursuivi à un parcours de dégustation avec mon prédécesseur. Avec son prédécesseur, on avait la chance d'être 3 générations. Le chef de carvantitre, son prédécesseur à la retraite et son successeur en devenir. Et donc, j'ai passé une dizaine d'années avec mes deux prédécesseurs à discuter du style maison, à goutter les vins, à rentrer dans la profondeur, dans cette maison, en termes de goutts et de dégustations. Et ça m'a permis d'avoir, au bout de 10 ans, une très bonne vision de ce que je voulais faire et de comment je voulais le faire. - C'est quoi le style maison de Chérodoror, justement? - Alors, Chérodoror, on est très orientés, terroir. Ces n'autres cultures, on pense que notre champagne doit être issu d'abord d'un lieu, d'un terroir particulier et doit le montrer dans sa dégustation. Alors là, il faut pousser un peu plus loin à réflexion et c'est-à-dire, c'est quoi la champagne? La champagne, ou en tout cas, la vision qu'on a de la champagne chez le reddreur, c'est une vision d'abord de terroir créueux. Et on pense que la champagne est capable de faire des vins blancs d'une très grande finesse. On a la chance, à la fois climatiquement, pédologiquement et historiquement d'avoir une très belle capacité de faire des vins de très grandes finesses que j'appelle la finesse. c'est des vins qui ont un équilibre qui sont pas très alcool eux, qui sont en grande fraîcheur et surtout qui ont une sapidité, qui nous font saliver, qui nous donne envie dans le bois, etc. Il y a vraiment une apétence, une caractère des vingt champagnes que j'appelle moi la finesse, la finesse des légances, ils sont digestes, c'est des vingt digestes, des vins faciles à bois. Et puis voilà, donc au redrère s'inscrit complètement dans cette idée que on essaye de faire des vins à la fois les plus fin, cette finesse, cette légèreté, ce côté parfumé, éterré, qui est l'essence de la champagne, mais en même temps par la vision du terror que l'on a et par la culture du terror que l'on va faire, développer une autre dimension qui est essentielle dans les vingt redrères, c'est la profondeur. Donc une finesse, une élégance, une délicatesse avec en même temps beaucoup de profondeur, c'est-à-dire une sensation de longueur et de texture surtout dans de matière, qui fait qu'on sent que le jus est dense et le jus des livres et des livres une expression. C'est profondeur, comment est-ce qu'on la capte, est-ce que ça se passe à la vignes, est-ce que ça se passe en cave? Oui, je veux pas trop caricaturale, c'est à la vignes qu'on la capte, qu'on la mine, on va voir, c'est le sol, c'est la partie minérale du sol, c'est la partie, c'est les 4 ou 5 ou 6 ou 10%, je crois que chacun a une vision un peu différente des éléments qui proviennent en profondeur du sol. Ces éléments, il y a une viticule de particulaire, il y a une maturité particulière pour aller capter cette profondeur, mais ce n'est pas seulement ça, c'est-à-dire qu'il ne suffit pas de la capter et de la miner, il faut aussi la transformer avec élegance, c'est une ligne de crête de respecter le produit au maximum, pendant tout processus de vignification. Donc, on peut la capter, donc seulement en la produisant, on les labyrinth, elle est dans la matière première, mais il faut aussi transformer cette ingrédients avec un savoir-faire, un respect, je pense, un respect et une envie d'aller capter ça, c'est cet élément là et qu'il lui donne une dimension, une place centrale, dans le vin final. La vision que vous nous décryvez là en détail, est-ce que c'est quelque chose que vous avez fortement hérité de vos prédécesseurs ou est-ce que vous avez au contraire mis une pâte importante à la maison? Alors, je pense que je l'ai amplifié, c'est-à-dire que je vous ai dit tout à l'heure, j'ai eu la chance dans ma première mission, quand on m'a embauché dans cette maison, on m'a dit "Bah, déjà, avant d'avenir en champagne, avant de venir dans le vaisseau amiral, un an en Californie, donc j'ai participé, on avait un domaine en Californie, puis trois ans en Australie, avec beaucoup bien sûr d'aller retour, mon bilan carbone n'était pas très bon à cette époque-là. Vous avez créé une marque en Australie d'ailleurs? Oui, Yonseine, c'est ça? C'est un marre qui s'appelle Jans, Jans, qui était le premier fervé sang de Tasmanie, de Lille du Sud, avec un climat plutôt frais, justement. Clima, très auxoxéanique, très ventueux, très frais qui permettait de donner ces questions. Donc j'ai d'abord battagé dans ces terroirs que sont le soleil Californien d'un côté et le vent au Australien de l'autre. J'ai battagé dans ces endroits-là pour essayer de m'approcher du modèle champagne que j'avais en tête, ou en tout cas que je connaissais de cette effervescence, et en entrant de cette expérience sur ces terroirs éloignés, je me suis aperçu plus je gouttais les vins ici en champagne, puis je me suis aperçu de la chance phénoménale qu'avait cette région, c'est-à-dire qu'on était capable ici justement de créer cette profondeur. En fait, elle est là, elle est naturellement là, il s'agit simplement de l'amplifier. Et c'est ça peut-être ça que j'ai fait parce que je l'ai regardé avec ce prisme-là, j'ai eu cette chance d'aller gouttais et je continue d'ailleurs à gouttais énormément à d'autres vins pour essayer de me dire mais qu'est-ce qui fait que la champagne est unique et je pense que l'unicité de la champagne c'est d'être capable justement de développer cette extrême finesse avec de la profondeur. En fait, on fait un vin mais un vin d'une très grande finesse. Ça c'est possible n'importe où en champagne. Alors c'est un peu la bagie, c'est-à-dire que bien sûr qu'il y ait des terroirs plus heureux que d'autres, il y a des endroits où ça se fait peut-être un peu mieux qu'ailleurs. Voilà, il y a des grands terroirs, il y a des terroirs un peu plus modestes. Mais pour autant, je pense qu'il y a cette dénominateur commun qui fait que ici on est capable d'avoir une profondeur en plus. Il n'arrudirait pas d'en importe quel terroir mais en général on peut faire cette profondeur en plus. La profondeur là, est-ce que ça nécessite un type d'agriculture particulier? Alors on peut l'avoir naturellement dans des terroirs encore une fois qui le génère naturellement. Mais je pense que ta agriculture particulière qui est celle qu'on a développée ici et qu'on continue à développer parce que tout ne se fait pas en un an en 10 ans, il faut travailler. Il faut vraiment se dire que tout ce qu'on fait en viticulture, c'est à l'échelle d'une génération. C'était ses 25 ans. Ces 25 ans qui permettent, t'assoient quand on plante la vignes, on sait seulement 25 ans après si on a fait le bon travail. Donc il faut avoir cette patience du temps long et on ne sait à la fin que si on a fait les bon choix, il est évident quand même qu'une viticulture a bas un temps. Je vais l'appeler comme ça pour pas rentrer dans les polémiques des uns ou des autres ou dans les écoles que certains croient ou des fonds de d'autres attaques. Je pense que c'est plutôt une viticulture à bas un temps, ce que j'appelle une viticulture à bas un temps, c'est une viticulture en équilibre dans son écosystème. J'ai l'impression que moi on touche un écosystème naturellement créé, plus on le révèle et plus on le rend unique. J'ai l'impression qu'à chaque fois que l'on injecte une pâte extérieure qu'elle soit humaine, qu'elle soit par le travail que l'on peut faire ou qu'elle soit chimique ou qu'elle soit même elle peut être biologique par certains aspects. J'ai l'impression qu'à chaque fois qu'on injecte dans un écosystème équilibré des pratiques différentes, et bien on bouleverse les causes systèmes dans un premier temps. Ça veut pas dire qu'on peut pas trouver un deuxième équilibre derrière et c'est ça qu'il faut chercher, c'est pour ça que le temps est long, mais il faut essayer toujours de se re-routenir la main. Je sais que c'est pas ce qu'on apprend dans nos écoles, je sais que c'est pas ce qu'on nous dit, et je sais que humain on aime bien maîtriser les choses et contrôler les choses. Je pense que on est dans un métier où il faut une certaine, je dis pas qu'il faut rien faire, mais je dis qu'il faut se re-routenir. Voilà, beaucoup de retenus dans ce qu'on fait pour limiter les intran, limiter les actions, limiter les perturbations, essayer d'avoir beaucoup d'humilité par rapport à cet éroir, limiter l'impact sur la vie des sols, essayer de la développer quand on peut le faire, bien sûr, essayer d'aller dans le sens de la vie, mais ne pas essayer de trop changer les choses. Vous avez fait le choix de mettre en place des pratiques, on va dire biodinamiques, je prononce le mot, au domaine, enfin au domaine, dans la maison, comment est-ce que vous en êtes arrivé là, quels ont été vos premières rencontres, on va dire avec les pratiques biodinamiques et question corollaire, comment est-ce que vous envisagez l'application de la biodinamie justement ici? Alors les pratiques biodinamiques, c'est une partie, c'est vraiment une partie et j'y irais même, c'est une toute petite partie de l'immense travail que l'on a fait. Alors les gens aiment bien se résumer, se résumer à quelques pratiques parce qu'elles font parler d'elle, on utilise bien sûr les préparations 500, les 500, la prelle des Tisanes, etc. On fait des préparations biodinamiques dans nos compostes bien entendu, mais j'en retiens que ce sont des choses qui sont issus en fait de la agriculture artisanale et d'une vision dans tous les cas qui ne peuvent pas faire de mal. Non seulement elle ne peut pas faire de mal, mais en plus elle apporte à l'homme qui la pratique et quand je dis de l'homme c'est toutes mes équipes, un sens très artisanal parce qu'on fait des choses. qui sont, c'est pas de la chimie, c'est parfois un petit peu compliqué à comprendre, d'ailleurs parfois, on y comprend. Je pense qu'il ne faut pas chercher à comprendre. Mais je vois ces pratiques biodynamiques comme d'autres, parce que c'est pas que ça, comme la sélection maçalle, qui n'a rien à voir avec la biodynamie, comme la taille qui n'a rien à voir avec la biodynamie. Je vois tout ça dans un ensemble, qui est un ensemble d'être au service de la nature et d'être au service et d'essayer modestement encore une fois de. de aller dans le sens de la nature, d'enrichir cette nature avec des facettes différentes. Tout en allant chercher cet enrichissement, dans des pratiques qui sont historiques, qui ont été faites par nos grands-parents pendant des années où nos arrière-là en parent, et qui finalement ont été pratiqués plus longtemps ici que la chimie qui est relativement récente. La chimie, c'est 50-60 ans, le bio, la biodynamie, l'huile de coute, le travail manuel, c'est 300 ans d'histoire. Donc le temps long et plutôt favorable à ces pratiques-là. Moi, j'ai vécu ça, la biodynamie ou la permaculture ou la régénérative. Il y a plein de termes qui viennent ensemble. Je pense que je vis plutôt ça comme un. le courage d'un retour en arrière. Je pense qu'il est bon, un moment d'un modèle de développement quand on avance, et qu'on empile les pratiques, le savoir-faire, ce qu'on appelle le savoir-faire, il est bon, un moment de toujours de recestionner ces savoir-faire, de redire, je fais ça parce que j'ai appris qu'il fallait le faire, mais je veux savoir pourquoi je le fais. Ce n'est pas le commande des choses qui nous intéressent, et qu'on apprend partout, c'est le pourquoi des choses qui comptent. Le climat change. Les conditions changent. L'homme change lui-même. Le homme ne travaille plus de la même façon qu'il travaillait à 30 ans, il n'as puer plus au même chose. Tout change. Il faut re-questionner nos pratiques au regard de ces changements et ne pas rester toujours dans la même chose, dans le même modèle, en rajoutant à un modèle qui existe quelque chose en plus. Je pense qu'à un moment, il est bon de dire, je suis allé au bout de l'exercice, la chimie. Je fais barchardière, non pas parce que je suis contre la chimie, parce que je suis pour la chimie et la science. Je trouve que la science est plutôt favorable. C'est pour ça que j'ai du mal à m'assimiler à certaines écoles de la biodie dynamique qui sont contre la science. Je suis très scientifique dans mon approche. Mais je dis, rec questionons tout. Il compris les acquis scientifiques. Les acquis scientifiques qui correspondent encore une fois, on est dans un domaine très compliqué. Il y a de la biologie, il y a de la climatique, il y a de la pédologie. Quand on parle des causes systèmes, c'est très complexe. Le biologique intervient avec le minéral, le minéral qui intervient avec le climat. Et tout ça, ça joue. Et tout ça, ça bouge. Le climat change nos pratiques. Changes, les équipements change, l'homme change. Donc il faut avoir le courage de se dire, de rec questionner les pratiques, d'aller chercher d'autres pratiques qu'on ne pratiquait plus, mais de voir si ça marche et si ça nous apporte quelque chose. Voilà. Je pense que la biodie dynamique a ouvert grâce à des grands pionniers, dont je ne suis pas. J'ai plutôt, il y a des gens qui sont passés en biodie dynamique avant nous. Et que j'ai beaucoup pratiqué avec qui j'ai beaucoup discuté. Je pense que la biodie dynamique a eu un certain courage, je veux dire, le modèle. Le modèle actuel est peut-être non durable. Faisons un pas en arrière ou un pas de côté pour essayer d'imaginer un avenir plus durable. Plus durable, à base intran encore une fois, en essayant en étant moins consommateur d'énergie, aussi l'énergie, l'essence pour la chemise, essayer de retrouver un équilibre, une sobriété dans les pratiques, qui fait que l'homme, lui-même, devient plus en équilibre dans son écosystème. Si vous comprends bien, ça c'est des réflexions qui devraient être générales, au moins au niveau de la région. Et j'imagine au niveau du pays ou du continent. Est-ce que si on se concentre sur la champagne, aujourd'hui, c'est des réflexions qui avancent et qui vont assez loin au niveau des instances, notamment du CIVC? Oui, oui, oui, oui. Je pense qu'on est en champagne, peut-être collectivement, très avancé sur le dossier, en termes de réflexion sur la RSE, sur le développement durable, sur ces grandes actions. Après la difficulté, les choix qu'on fait, les uns, les autres. Il faut arriver à voir, laisser les uns, les autres, avoir leur propre chemin au milieu de tout ça. Il y en a, comme dans tout le système, il y en a qui vont plus vite que d'autres, qui vont plus loin, qui poussent les phares, il faut les regarder, il faut utiliser toute leur expérience pour enrichir le système. Je pense que d'approche collective, champagne-oise, elle est de cette nature aujourd'hui, d'être assez favorale. Après, il y a une organisation champagne-oise qui ralentille le système, effectivement. Comme vous le savez, le champagne, c'est quand même 70% de raisins qui sont vendues du vignoron au négociant. Et donc, les vignorons, non, peut-être pas, c'est la perception du produit final total. Ils ont un raisin, qu'ils donnent un vignoron, mais ils n'ont pas le rendu sur le goût final, sur ce que ça peut donner, sur les choix. Et je pense que ça, c'est peut-être un ralenti-seur de notre interprofession. D'avoir une famille en amont qui est peut-être un petit peu. qui est consciente de ces paysages, conscientes de son patrimoine, peut-être un peu moins consciences de la façon dont le raisin capte ce laissances du lieu. Voilà. Et ça, c'est à nous, les vignificateurs, d'apporter cette émoignage et d'essayer d'engager, par l'exemple, de les vignorons dans la bonne direction. Mais je pense que collectivement, pour répondre à la question, je pense que la champagne a fait un travail considérable vers des certifications environnementales, qui n'est en disant, vers les baisse de consommation chimique, d'herbicide, notamment, pas partout. Il y a toujours des contrôles, mais globalement, les chiffres sont plutôt favorables. Justement, les herbicides y avaient eu un moment au niveau du CIVC, une politique d'arrêt des herbicides. Vous savez où est-ce que ça en est, aujourd'hui? Oui, alors ça continue, c'est-à-dire qu'on essaye de à chaque fois à d'avancer les chiffres montrent une progression considérable de la baisse. Ça va peut-être pas aussi vite qu'on voudrait. Et puis, il ne faut pas se tromper quand on arrête. Quand on a les herbicides, c'est une chose. Mais je pense qu'il y a un tout qui est plus grand. C'est ça, la difficulté. Les gens aiment bien les raisonnements un peu simples, les herbicides, mais après les herbicides, qu'est-ce qu'on fait? Donc, c'est pas suffisant, c'est un élément dans les éléments. Donc, je pense qu'il faut regarder le tout, le tout où est-ce qu'on progresse et on peut progresser un peu plus vite. Je comprends qu'il y a des situations. Alors, je ne vais pas prendre un exemple champenoire, je vais prendre un exemple plutôt redagnien. Je comprends que, en gros, hermitage sur des coteaux extrêmement tendus, extrêmement difficiles, les délinierons, ils ont le choix entre la pioche ou un petit peu d'herbicide. Je comprends que, dans certaines situations économiques, et d'herbicide, ça saut la viticulture aussi. Donc, il faut faire très attention à ce qu'on. Les grandes idées, on les partage, et je pense que tout le monde les partage. Maintenant, la vitesse ou l'onivare, c'est ça qui est un petit peu plus compliqué. Et la situation économique des uns ou des autres, peut-être pas sans savoir la difficulté de la viticulture française aujourd'hui. Aujourd'hui, ça va être compliqué d'expliquer aux vignorons que demain, il faut qu'il dépense encore plus d'argent pour faire leur travaux, alors qu'il y a déjà du mal avant de leur bouteille de vin, à la fin du mois. Alors, je voudrais qu'on approfondisse un peu sur les questions de recherche et de sciences, parce qu'il me semble que une des choses que vous avez apportées dans cette maison, c'est beaucoup de recherche, notamment la sélection maçale sur les et également des recherches sur le pino noir. Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de ce que vous avez mis en place les 25 dernières années et des recherches scientifiques que vous avez faites chez Rodor. Oui, alors, je vous disais, on a parlé bio-dynamie tout à l'heure. Une des recherches scientifiques, c'est que j'ai depuis 20 ans des parcels en bio-dynamie, à côté d'une parcels en bio, coupées en deux. Et on vignifie tous les ans séparément, et on regarde tous les indicateurs. Encore une fois sur le temps long, qu'est-ce qui différencie avec les préparations bio-dynamiques d'un vin qui n'est pas eu. Qu'est-ce qui change alors? Encore une fois, c'est des tendances. On a l'impression qu'il y a peut-être un peu plus le vin en bio-dynamie donne l'impression. Et je dis bien, c'est une impression qui mérite d'être vraiment triée au fil des années. On a l'impression que le vin qui a fait a eu les préparations biodynamiques, attendance d'être encore plus sur la réserve que le vin qui a été en bio tout court. Il a une sorte de fraîcheur et d'expression aromatique qui est plus lente à se développer qu'un vin en bio. Pourquoi on ne sait pas, on essaie de l'expliquer, c'est compliqué. On attendance à préférer les vin en bio au bout de trois mois de vignification, mais au bout de six mois, revenir sur les 20 en bio dynamis. Et là, on a des tirages en bouteille pour voir dans le temps long aussi, au bout de 10 ans, est-ce que c'est toujours le cas? On les en bouteille, c'est pareil, on peut dire, voilà, on fait un raisin en bio et un raisin en bio dynamique, c'est la même par celle, pendant j'ai le même jour, elles sont vinifiées de la même façon, elles sont tirées en bouteille et 10 ans après, qu'est-ce qu'ils restent? C'est ça qu'on essaie de voir, c'est ça que j'appelle le côté scientifique, c'est de la petite science. Mais au moins, c'est rigoureux de dire, je ne me laisse pas attender par une idée aussi belle soitelle. Qu'est-ce qu'il faut vérifier l'effet? Qu'est-ce que ça fait en dégustation? Est-ce que dans le temps long, est-ce que 10 ans, 15 ans? Donc ça m'a trabe un 5 ans à démontrer que la différence. Il y a des millésimes, on préfère le vin en bio, il y a des millésimes, on préfère le vin en bio dynamis aussi. Il semble que les millésimes, un peu frais, la bio s'en sort mieux et les millésimes un peu humides, un peu chaud, la bio dynamis, s'en sort mieux. Donc tout ça, c'est détendance et il faut le temps long, encore une fois, pour le démontrer. Sur le plan haut de là de la bio dynamis, on a ouvert dans les années 80, on a ouvert tous les éléments. Alors il y avait les pratiques chimiques, la bio dynamis, le bio. Mais il y avait aussi la sélection clonal, qui nous posait quelques questions d'une part de son utilisation. Peut-être une satisfaction à l'époque, en termes de biodiversité, par exemple, de dire, je plante une part celle qui fait un état avec 8000 pieds, parce qu'on plante à 8000 pieds en champagne, 8000 pieds du même individu. Sur le plan intellectuel des années 70, c'est ésoitable, parce que c'était la vision à aller chercher les meilleurs individus. Sur le plan aujourd'hui, dans la vision de 2021, pour nous, de 2025, pardon, pour nous, c'est de dire, c'est au contraire une faiblesse, c'est-à-dire qu'il faut avoir jusqu'à 30 individus dans une même part celles, pour que ces individus, et ils ont un patrimoine génétique légèrement différent, c'est tous des pieds de noir, mais ils sont un patrimoine génétique, tous différents. Et donc, il fleurisse à peut-être à deux jours des cas, à trois jours des cas, il murisse à deux jours des cas, à six jours des cas, parfois à 15 jours des cas, et ils ont une capacité, donc ils ont des cycles physiologiques, qui sont légèrement décalés. On voit des individus qui sont riches en azote à l'avandange, d'autres, le voisin, qui est un autre individu de pied de noir, qui est faible en azote à l'avandange. Il y a un métabolisme qui n'est pas le même. On a des individus qui sont plutôt précauses, d'autres qui sont plutôt tardifs en maturité, ce n'est pas la même chose non plus en termes de métabolisme. Et donc, on a une richesse, on a quelque chose qui est formidable, de diversité génétique au sein un traversillé tal, à l'intérieur, même de chaque sépage. Et ça, on s'en est rendu compte à la fin des années 90, et on s'est dit, là aussi, c'est une pratique des anciens, parce qu'à 100 ans, c'était très bien connu par les anciens, on s'est dit, il faut aller rechercher dans les vieux vieilles par celles, tous ces individus et relancer une sélection sous forme d'un conservatoire, et de les recalifier, de repasser du temps. Donc, on a aujourd'hui des ingénieurs agro-enstages, des BTS en stage, des licences de la vignes en stage. On a 8 à 10 différents stages hier, tous les ans. Donc, on a un gros effectif de jeunes étudiants, avec un pilote qui est ici dans nos équipes, qui essayent de noter la floresment différente, la maturité différente, les analyses différentes. Et de pouvoir en faire une force de résistance naturelle. Je parlais tout à l'heure de base intran, si on veut être bas intran, il faut avoir des profils génétiques différents qui résistent chacun, à sa façon, chacun un moment différent aux différentes attaques des maladies. Voilà, ça, c'est une dimension sur laquelle on a beaucoup travaillé depuis 20 ans. Aujourd'hui, on a une collection plus de 150 différents pinonnoirs. On est en train de replanter d'autres. Dans 5 ans, la collection, elle sera de 400 individus. Donc, on a 400 individus de pinonnoirs différents, qui ont jusqu'à 15 jours des cartes de maturité différentes et qui ont des résultats analytiques. D'ailleurs, je vous quittrerai tout à l'heure pour déguster une quinzaine d'individus qu'on a déjà dégusté plusieurs fois et qu'on redéguste pour dire, "Moi, celui-là, c'est un peu plus salin, celui-là, un peu plus fruité, celui-là un petit peu plus en texture." Voilà, déterminer leur différence de goût pour voir comment est-ce qu'ils peuvent au final être des agents, des vecteurs de goût qui permettent d'agrandir notre choix et notre complexité. Donc, il y a deux angles à cette recherche, il y a l'angle résilience génétique, adaptation climat des individus, et puis, il y a d'autre pas, un autre angle qui est le angle du goût, diversifier le goût pour avoir une palette la plus large possible qui permet au moment de l'assemblage de faire des choses, des choses d'une grande complexité. Ça voulait s'en une palette de choix énorme. Là, vous nous parlez des individus, mais après, il y a la décoation entre chacun individu et le lieu où on envisage de le planter. Comment ce que vous faites votre choix, quand vous avez une parcelle, va planter? Alors là, on est dessus. C'est-à-dire qu'on a. Il a fallu 20 ans pour faire cette collection et au bout de 20 ans, seulement on est en capacité de la replanter, de l'utiliser. Donc là, on est en plein sur le sujet. C'est ce sujet là aujourd'hui ce qu'on travaille, c'est comment faire? Alors, on a déterminé qu'il fallait au moins 30 individus, assez voisins qui ont 3 ou 4 jours de maturité équivalente. Donc, planté par unité de 30 ou hasard, et bien entendu, on a 3 familles d'individus. On a sur les 4 jours, on a les individus des 5 premiers jours, les individus du milieu et les individus de la fin. Donc des précauses, on va dire normaux et des tardifs. Et bien, aujourd'hui, très simplement, un terror plutôt tardif. C'est-à-dire un terror plutôt frais, plutôt exposé à la difficulté de maturité, on va les mettre des individus précauses qui vont faire un cycle un peu plus court. Vous avez un exemple de terror art tardif? Oui, alors par exemple des terror de la vallée de l'Arde, qui sont des terroirs très tardifs, qui ont généralement 10 jours derrière haïe, par exemple, si on prend haïe comme référence, on est 10 jours derrière, et bien, on va plutôt mettre la série précause. À l'inverse, sur un terror plein sud type cumière, qui est un amphithéatre extrêmement protégé, on va essayer d'aller mettre des terroirs des individus tardifs pour allonger le cycle et retarder leur maturité. Cheux m'infeuzeons, on se rend compte quand même. Et ça, c'est intéressant que les individus que l'on sélectionne, qui ont connasse électionné dans différentes parcettes de la champagne, gardent quand même relativement même si ils sont plantés dans un autre endroit le goût du terror de origine. Et ça, ça nous interpelle beaucoup en termes de génétiques. C'est-à-dire que est-ce que, et c'est une question, qu'on va aller ouvertes, ni généticiens, et je pense qu'on n'est pas en mesure de dire ce dont il s'agit, si c'est de la génétique, de l'épigénétique, etc. Mais de dire, il est étonnant qu'un individu sélectionné à AI soit planté à l'eau bout de la champagne et goûtent toujours un peu AI. Donc ça veut dire que ces sépages qui sont très anciens qui ont passés des issues de sélection massale locale, donc ça fait probablement sans 50 ans de 100 ans qui sont en champagne, probablement dans le même secteur. Est-ce que ces individus, c'est une question ouverte, non pas mutée, ce ne sont pas adaptés à ces lieux pour développer un goût particulier. Et quand on parle de goût du lieu, on peut peut-être ouvrir la discussion, beaucoup de gens pensent que c'est lié à un climat, à un sol et à une exposition. J'ai l'impression, on touche du doigt quelque chose qui nous excite un peu en ce moment, c'est de dire que finalement, il y a peut-être quelque chose encore plus puissant qui serait l'adaptation du VGTA l'au lieu. Et le VGTA l'aurait peut-être un goût encore très particulier. J'en discutter avec notre ami Arnolalman, qui est chaffée toa l'Ilycia, c'est qu'il me disait, mais moi j'ai un potager, je mets mes herbes pour faire mes sauces. Et bien ici, je sors mes herbes, elles ont un goût de ce terror là, elles sortent avec un goût salé. Alors qu'elles n'ont pas ailleurs. Alors ça, c'est les faits terroroires, c'est pas les faits génétiques. Mais je pense qu'il y a une combinaison. En tout cas, il y a une combinaison qui fait que. Un individu s'adapte au lieu de. Donc c'est peut-être ça, aussi, qu'il faudra ouvrir. C'est garder cette adaptation au lieu ne pas la diffuser. C'est-à-dire. Alors, tenter de la diffuser, observer sur la paire ou sur la paire pas. Mais en tout cas, essayez de. Voilà. La génétique, si il y a un message que j'aime bien donner aujourd'hui, c'est que finalement, le terror, c'est peut-être aussi une grande partie du terror, c'est probablement le végétal qui vit dans ce terror depuis des années, même manière, c'est un homme. Le territoire, c'est des familles qui vivent depuis trois générations. C'est un territoire qui a développé son identité. Je pense que le végétal probablement suit ce même chemin. Donc ça veut dire que vous prenez un pino noir d'Ai que vous plantez à cumière pour X raison. Sur sa vie entière, on va dire sur 70, 80 ans, peut-être plus si on a de la chance. Ce pino noir d'Ai va avoir un petit peu. de garder son caractère d'Ai, mais petit à petit, va évoluer pour devenir un pino noir de cumière. Voilà, c'est ça. Alors qu'est-ce qu'il sera de la génétique ou de l'épigénétique? L'épigénétique étant la mutation rapide, la génétique étant la mutation longue. Qu'est-ce qu'il sera? Qu'est-ce qu'il restera? Est-ce qu'il deviendra pas cumière au fil du temps, etc. Donc il faut qu'on se pose la question, peut-être. Et là, je reviens la replantation de dire que les individus qui ont été sélectionnés aïdes doivent retourner aïdes pour continuer cette sélection. C'est l'action d'ailleurs pour la petite histoire, bio pas bio. Je pense que cette sélection, on la rouvre dès lors qu'on se remet en bio. Je pense que le fait de avoir abandonné le bio dans les années 70 avec l'arrivée de la chimie, je pense qu'on était bio jusqu'aux années 60. Il n'y avait pas de chimie. On a fait des siècles de bio. Ensuite, la chimie est arrivée et je pense qu'on a mis une couverture. On a tellement protégé la vignes qu'on a. Elle ne sait plus adapter comme elle s'adapter avant aussi, elle devait se battre parce qu'elle. contre les maladies, des créés, des défenses, le plus naturel possible, pas toujours suffisante. Mais je pense qu'on a avec la chimie et la protection par l'épesticide, on a certainement créé une. et puis l'effertisation chimico-ci, qui en nourrit la vignes un petit peu excessivement. Je pense que tout ça s'inparticipait à ralentir le phénomène d'adaptation de la vignes à son climat. C'est pour ça qu'il faut revenir en bio pour que la vignes se réadapent à son climat, qu'elle se réadapte à un sol ou qu'on ne va pas nourrir avec de l'alzote comme on fait avec la fertilisation chimique et qu'elle serait donc un régime méditerranéen et pas un régime trop chargé en aliment. Donc revenir à un régime un petit peu plus. Fregal, ou la vignes, ou un peu se battre pour survivre et puis un peu moins de protection de maladie aussi parce qu'il faut que les maladies rentrent. Quand je dis maladie, les insectes, les champignons, les bactéries, il faut que les maladies rentrent parce que si les maladies rentrent pas, la vignes ne connaît pas les maladies. Donc il faut que. C'est la même façon que non, on a un système immunitaire qui doit croiser des maladies pour se rendre de plus en plus puissants. La vignes, c'est pareil, elle a besoin de si on lui interdit tout contact avec ses agresseurs. Elle ne va pas s'adapter et donc elle n'a pas développé un système ou une sélection naturelle qui fraque au bout du compte le lieu aura ses individus particuliers. Alors, Chésilabalobon, parce que ça fait plusieurs fois que vous nous parlez de lieu et vous l'avez mentionné la première fois en parlant du style de la maison, comment est-ce que ça se traduit dans la gamme, cette notion de lieu dans les vents? Alors, le lieu dans les vents, c'est déjà. Moi, ce qui est très important, j'ai 420 lieu, dans mon vigno de maison, les parcels, nous avons 250 hectares, nous ils se voyons 260 hectares, mais on a 250 hectares redraires, et sur ces 250 hectares, j'ai 420 lieu. Ces 400 malieux, je les vignifie dans 450 qu'ils différentes. Donc ça, c'est très important. Chaque lieu est vignifié à part. C'est fondamental, c'est-à-dire que si on veut avoir une connaissance intime des lieux, il faut bouter les lieux régulièrement, régulièrement, chaque année, etc. Donc il faut les vignifier à part. On ne peut pas avoir une connaissance intime du lieu si on ne vignifie pas à part systématiquement. Quand j'entends là par vignification, première fermentation. Donc uneification, comme un domaine bourguignon, un domaine bordelé, j'imagine, de séparer les choses et de les tester, de les évaluer. Juste, me permet, toutes les manifestations, les premières fermentations, sont faites dans le même type de contenant pour tous les lieux? Non, il y a du bois de l'inox. On travaille à peu près à 30 % bois, 70 % inox. On va varier suivant le vin, on va dire que les vin qui sont plutôt murs, plutôt en puissance, on va les mettre dans le bois, et les vin plutôt à l'équilibre, plutôt juste, on va les mettre en inox. Et ça, c'est quelque chose que vous savez parce que vous avez une connaissance en symptom d'État, où il y a eu une sorte de colonne vertebral, qui vous retrouvez à ne rien apprené. Oui, puis on a goûté les raisins avant l'avantage. Et on a gardé les analyses, on analyse tous les raisins, tous les jus, on voit des jus, qui sont plus ou moins équilibrés, etc. Donc on prend des paris, c'est du feeling, à l'avantage, mais vous avez raison. Les lieux ressortent souvent la même tendance. Donc connaissance un type du lieu, ça c'est fondamental. Après, et c'est à partir de ces lieux, qu'on va faire l'assemblage. Donc on a un deuxième métier en champagne. Un chef de cas, un champagne, il a deux métiers. Il est vinificateur. Alors, chez Roderard, je suis en plus vinéron, parce que j'ai mes 260 éctats. Il est vinificateur, comme un vinificateur de Bordeaux ou de Bourbonne, première fermentation. Mais il a un autre métier, c'est qu'il fait une deuxième fermentation. Cette deuxième fermentation, la prise de mousse en bouteille, qui est créée, qui fait suite à l'assemblage. Et je lis forcément l'assemblage en peu d'eau à la deuxième fermentation, et donc pas à la première. C'est de recréer, à partir de ces lieux, de recréer quelque chose qui est, alors qu'on va appeler certaine impénsel ou goûmaison. C'est plus que de goûmaison. Je ne suis pas sûre, qui est un goûmaison. Il y a un style, une idée de ce que ça doit être, c'est-à-dire que ce que doit être un band de champagne, comme on l'a dit tout à l'heure. Donc, à partir de là, on va recomposer et refaire les équilibres, en essayant de créer cette univers parfait de début de bouche, mais il y a de bouche fanbouche, à voir quelque chose qui est cohérent. Alors, on va dire pour simplifier, pour être très simple. On va dire début de bouche le menier, milieu de bouche le pino noir, fanbouche le chardener. Pour être très simple. Mais c'est ça aussi. Ou alors, on peut le dire aussi d'une autre manière, début de bouche les argiles, milieu de bouche, les argiles au calcaire, on peut avoir une lecture aussi de sol, une lecture de sépage, une lecture de sol. En fait, il y a beaucoup de lecture. On peut dire début de bouche, des meniers mutinis, milieu de bouche des pinoirs de marueux et fanbouche des chardeners de la vie. On a aussi une lecture, et on peut faire la même lecture sur les lieux des buts de bouche par ce lieu-là, milieu de bouche par ce lieu-là et celui-là. Donc, le champagne idéal et équilibré l'harmonie, la recherche d'harmonie, je parlais tout à l'heure de finesse profondeur, j'ai peut-être oublié un élément armonie. Alors, sachant que les deux doivent être harmonieusement mêlés. Cet armonie, en champagne, c'est l'assemblage. C'est obligatoire. Enfin, en tout cas, d'après vous, c'est fondamental, on peut atteindre l'harmonie. Alors, je vais dire oui et non. Oui, si on veut l'harmonie tous les ans. Oui. Parce que un lieu n'est pas capable de donner tous les ans la même harmonie. Il peut être excellent et harmonieux une année, et l'année suivante, n'est pas être au rendez-vous. C'est là, et je pense qu'en champagne plus c'est qu'ailleurs, parce que la champagne, c'est un lieu particulier avec un climat extrêmement instable. On est à la frontière entre climat océanique et climat continentale. La rencontre entre l'océan est le continent et il est reçu de nos têtes. Parfois, le continent en gagne et on a une année chaud des sèches. Parfois, le sénangagne, on a des humides et fraîches. Et on a toutes les variations entre ça. On a les 50 nuances. et 50 nuances de climat en champagne. Et c'est pour ça qu'on a inventé les vingt-dresaires, qu'on a inventé l'assemblage. C'est pas pour rien, c'est pas parce qu'il y en a un qui a dit "je veux faire un assemblage", tout ça, c'était pour combattre cette irregularité d'une année à l'autre. Il fallait arriver à recréer l'équilibre qu'on n'avait pas parce qu'on était trop mûres et puis l'anéciante, pas assez mûres. Et puis voilà. Donc les champs noix, c'est un savoir-faire champs-pennos qui a été développé. Et je pense que ce savoir-faire encore plus aujourd'hui avec le changement climatique, on en a besoin. Chalement climatique, pour moi, c'est une tendance réchauffement en certes, mais c'est surtout des variations extrêmes en permanence qui fait que, voilà, que ça change, je pense que les bâtiers assurent son encore plus différent, plus son vendant, je le plus en plus tôt, donc on a des matières qui sont le plus en plus différents de la midésie mal autres. Donc l'assemblage est encore trop et en champagne, pour moi encore plus important. Pour s'adapter aux gens lement climatique. Ident pêche, c'est la partie, c'est l'autre versant de la pièce, qui a des lieux magnifiques, j'en ai, qui sont capables tous les ans de faire des choses magnifiques et identitaires, extrêmement qu'on est capables de reconnaître, mais ces lieux, ils sont rares et moi, ils n'ont d'intérêt dans mon équation, ils n'ont d'intérêt que s'ils sont régulièrement identitaires, c'est-à-dire, si ils ont une signature, une signature qui sera peut-être pas l'harmonie, mais qui sera autre chose. Et là, ça m'intéresse. Et donc ça, ça peut donner lieu à des parcellères, alors moi aujourd'hui, dans notre gamme, puisque c'était la question initiale, dans notre gamme, j'ai trois parcellères de 20 tranquilles, parce qu'il n'y a pas que les bules, il y a les cotouches en peu d'eau. Donc j'ai un parcellère de marueille, un parcellère élère de 10 yens au Pinot noir rouge, j'ai un parcellère du ménil surrogé en chardonné tranquille. Et ça m'as scuvé Camille? L'écuvé Camille. Et j'ai déparcelère, chaque année, j'en bouteille à peu près, allez, une dizaine de parcellères, qui sont des parcellères, différents, chaque année, depuis une vingtaine d'années, j'en bouteille les 10 meilleurs 20, ou les 10 20 les plus identitaires, des 400 values. Et voilà, ça fait 20 ans que j'accumule cette collection. Et on arrive à un moment où, au sapeur soi, il y a des lieux qui s'y retrouvent assez souvent. Et je pense qu'on est prêts maintenant, et je vous parlais du temps long, d'une génération. Je pense qu'après 20 ans d'investigation sur ces lieux différents, on va être en mesure, peut-être, de commercialiser certaines sélieues. Vous avez beaucoup parlé de réflexion, d'expérimentation, d'un début de recherche scientifique. Est-ce que ça faisait partie déjà de la maison, ou est-ce que c'est votre touche personnal qui apporte ça? Alors, on avait toujours dans la maison, il y a eu une volonté, dans la maison, toujours d'être à la vangarde, des techniques, des nouvelles techniques. Je pense qu'on est une des premières maisons, par exemple, à avoir installé du remue ajotomatique, quand il est arrivé en champagne. On avait une vision, peut-être, à la vangarde technologique, et, certainement, y compris sur certains équipements pour les tracteurs des automates, de pulverisation des choses comme ça. Je pense qu'on était très en avant sur ces moyens-là, ce qu'on appelle "viticulture de précision". On a attaqué des morceaux plus large et plus gros. Je pense qu'il y a comme la sélection maçalle, comme le bio, le papier, le bio, la biodynamie et tout ça. Le sol, sont des gros morceaux qui demandent, peut-être à se structurer un peu plus, un peu mieux. On a encore une fois, on a peut-être amplifier le phénomène. Au départ, pour essayer de comprendre, et puis, à la fin, ça devient une culture. La innovation sobre. On travaille à mes équipes, on travaille à l'innovation sobre. Je veux une innovation qui me fasse diminuer des intran. Si c'est une innovation pour un âge et encore plus, d'énergie, de produits et autres, elle m'intéresse pas, elle m'intéresse moins. Mais les intran, ils sont de plusieurs natures. Ça peut être une innovation intéressante qui fait gagner de la productivité, parce que c'est des tâches compliquées. C'est une innovation qui m'intéresse. De la précision, de l'innovation sobre, c'est ce qu'on cherche aujourd'hui. En préparant cette interview, j'ai appelé quelqu'un que vous connaissez un petit peu. C'est Jerome Baudon, de la revue du Vintrance, qui a quand même grandement participé au fait qu'on soit là aujourd'hui. Et je me fais son relais. Il a me réveu poser une question. Est-ce que la biodynamie ça a changé votre rapport à la science? La biodiemi, avant la biodiemi, j'en ai pas parlé tout à l'heure, mais c'est la permaculture qui m'a changé. J'ai eu la chance de rencontrer en Australie, Bidmolison, et ça m'enchaînait au Japon voire le petit fils de Mazano-Bofoukouoka, donc le père du régénératif et du no farming. La biodynamie, comme toutes ces approches qui, en fait, elle a changé mon regard sur la science dans une certaine mesure. C'est-à-dire que la science demande. La science aujourd'hui, les scientifiques, demande à la biodynamie, demande à la permaculture, demande à toutes ces nouvelles techniques de faire la preuve qu'elles sont efficaces. Et je me demande parfois si la science s'impose la même figure, la même obligation. C'est-à-dire qu'on demande aujourd'hui à la biodynamie et au bureau de prouver qu'ils sont efficaces, etc., et que de faire des essais, qui sont lourds, qui sont compliqués à démontrer, etc., par rapport à un témoin et qui est les pratiques actuelles. Là aussi, on est fossés au niveau scientifique. Donc je pense qu'effectivement, cette approche là, mais je pense que ce n'est pas la biodynamie qu'il a fait, c'est que je l'avais déjà, ce doute scientifique, la première qualité de la science, c'est le doute. La première qualité scientifique, c'est le doute. C'est de savoir, rien n'est jamais acquis, rien n'est jamais prouvé, il faut redémontrer toujours, etc., c'est le doute qui fait progresser, qui fait progresser la science. Le problème de la science aujourd'hui, c'est qu'il est s'achente, ou elle dit être s'achente, et elle n'est pas toujours s'achente. On a vu par un COVID que les scientifiques n'étaient pas de s'achant que ça, parfois, même si ils étaient très s'achant sur les plateaux télé. Donc il faut être très modeste. Je pense qu'on ne comprend pas tout. On ne sait pas tout. Il faut imposer à la science le même, la même chose, la même doute scientifique. On est dans la même mouvement, j'ai dit, dans la même galère, dans le même mouvement, il faut. Alors, je finirais quand même sur la science, parce que le mot science, je suis un scientifique, je reste un scientifique, et je ai beaucoup d'espoir dans la science. Mais la science ne me fait pas peur. La science qui cherche ne me fait pas peur. Ce qui me fait peur, c'est l'usage de la science que l'on fait, qui, de temps en temps, entre. c'est la notion de progrès. Quand la science devient pratique et transposable, quand des pratiques scientifiques se transforment en pratique industrielle ou pratique agronomique, ça devient du progrès. Ce que je pense qu'on a une vision du progrès qui n'est pas tout à fait. qui n'est pas tout à fait la bonne. Je pense qu'on est capable au nom du progrès de faire des abus, des abus de chimie, des abus de produits. Voilà, mais heureusement que les produits agissent. Vous nous avez expliqué que vous avez passé 10 ans quand vous êtes arrivé ici avec les générations de chefs de cave précédente. Est-ce que vous pensez à l'avenir de. votre profession au sein de la maison et quels sont ces missions? À ce flux que c'est sœur? Oui, oui, bien sûr. Alors, j'ai dans mon équipe, j'ai 5, on est 1, 2, 3, 4, 5, on est 6, ça goûte ensemble. Il y a toutes les générations, il y a des 30naires, il y a des 40naires, il y a des 50naires, avec l'idée que cette génération je goûte toujours avec eux, tous, et j'ai dit à 30naires, il y a des moins de 30 ans, il y a un moins de 30 ans aussi. C'est-à-dire la transmission, elle est permanente. Après, il faut qu'il y ait dans le loup, une personne qui sorte et qui montre ses capacités, son envie, sa motivation, sa connaissance fine. Aujourd'hui, j'ai quelqu'un que j'ai identifié dans cette équipe, qui est aujourd'hui, que j'ai fait progresser, d'ailleurs, que j'ai qui est nommé maintenant depuis quelques années, depuis quatre ans, qui a été nommé Chef de Kavadjoin. Donc, je lui donnais le titre d'Ajoin pour le positionner par rapport à ça. Et il est identifié, maintenant, alors ça tombe bien, ça fait 20 ans que je travaille avec lui. Donc, ça va bien, et qu'il a travaillé sur tous ces sujets, plutôt par le côté vineuble, qui est intéressant, c'est que c'est quelqu'un du vineuble que je fais monter sur les vins. Ça, c'est intéressant aussi, c'est peut-être une approche particulière et redrère ce distinct probablement, champagne de beaucoup de maisons. Le vineuble est fondamental, l'approche tout commence au vineuble. Et avant même de parler de vin, on parle de vignes. Ça, c'est fondamental. Il y a beaucoup trop, mais c'est lié à la séparation entre les vineuorons et les négoci. Et les vignificateurs, il y a beaucoup trop de vignificateurs qui ne connaissent pas assez à mon avis, la viticulture. On peut donner son nom à cette personne, peut-être. Oui, oui, aujourd'hui, j'espère, oui, oui, ça s'appelle Ioann Merle. Il travaille depuis une vingtaine d'annériques mois. On arrive à notre dernière question traditionnelle. - Je ne suis pas parti. - Non, non, on n'essaye pas de vous pousser dehors. Est-ce que vous êtes heureux dans ce que vous faites? Oui, ça se voit, je pense, à 100 ans, plutôt que sur ce programme. Je pense que de toute façon ce métier ne peut être vécu que passion. On ne se fait avaler par ce métier, ou on ne le fait pas. Donc on pense vin, on dort vin, 7 jours sur 7. On a toujours une bouteille qui sort et qui nous fait heureux repenser, qui nous ouvre des nouveaux horizons, parce qu'ils comprit lui qui aîn, et on réfléchit, on se dit, je pense que le vin, c'est ça, c'est tellement culturel. Épassionnant, historique, c'est histoire, c'est géographie, c'est chimie, c'est biologie, c'est pédologie. On fait toutes les sciences, en fait. Toutes les sciences appliquées sont en jeu, et encore plus peut-être en champagne, vu la taille de nos exploitations, parce qu'on est encore la taille fait qu'on est structuré aussi. Donc on n'a pas que deux hectares, il y a 266 hectares à faire tourner, des équipes, plus de 100 personnes dans mes équipes. Donc je pense qu'on est complètement, on peut vivre ce métier qu'on complète passion et donc en plein bonheur, parce que sinon, si on fait ce métier avec le stress et avec trop de pression, on fait pas du bon vin. Moi, j'ai toujours le vin, ce goût comme son vinificateur. Si le vinificateur est stressé, le trop ferv, le trop plaire, à certains critiques ou autres, ce vinificateur va forcer le trait de beaucoup de choses et va aboutir à quelque chose qui, on ressentira ce cet envie de trop faire. Je pense qu'il faut vivre ce métier avec une grande philosophie, un grand recul pour que les vins soient aussi détendus, sourriant, et finalement, remplissent le rôle, de réunir les gens avec plaisir, avec douceur, en vide ce voire, et pas de tromper les lèvres, et puis dire "Bon, ben ça y est, j'ai fait, j'ai pas envie d'en voir une deuxième gorge". Merci Jean-Baptiste Lecaillan. Merci beaucoup. Vous en doutez, Charles Auditeur et Charles Auditrice, cette conversation aurait pu durer des heures. Mes questions, les réponses de Jean-Baptiste, ont ouvert d'autres pices de réflexion passionnante qui je laisse perdre, vous nourriront. Merci Jean-Baptiste pour cet échange et bravo pour le travail de toutes les équipes de la maison. Je suis Romain Becker et vous écoutez le bon grain de l'Irresse. Réalisation, Romain Becker et Florian Núñès. Merci Emmanuel Napé pour la pause-reduction, Emmanuel Doré pour le générique original, et à Lénin Mazilu pour les graphismes. On se retrouve très vite pour de nouvelles aventures viticoles. D'ici là avec la T-vous, et buvez bon!

Podcast Summary

Key Points:

  1. Jean-Baptiste Lécaillon, chef de cave de la maison Roederer, souligne que la Champagne possède une capacité naturelle à créer des vins alliant finesse, élégance et profondeur, une chance unique par rapport à d’autres régions.
  2. Sa formation à Montpellier et ses expériences en Californie et en Australie lui ont permis de comparer les terroirs et d’affirmer que la profondeur des champagnes est un don naturel à amplifier par un travail minutieux.
  3. Il prône une viticulture à « bas intrants », respectueuse de l’écosystème, incluant des pratiques biodynamiques (préparations 500, tisanes) sans dogmatisme, et insiste sur le temps long (25 ans) pour évaluer les choix.
  4. L’informatisation de la maison Roederer a été un projet clé pour comprendre tous les métiers, et la transmission intergénérationnelle (trois générations de chefs de cave) a façonné le style maison axé sur le terroir crayeux.

Summary:

Dans cet entretien, Jean-Baptiste Lécaillon, chef de cave de la maison Roederer, partage sa vision du champagne. Il explique que la Champagne possède un atout exceptionnel : la capacité naturelle à produire des vins d’une grande finesse, légèreté et sapidité, tout en développant une profondeur unique. Cette profondeur, issue du terroir crayeux, doit être captée à la vigne et transformée avec élégance lors de la vinification.

Lécaillon insiste sur l’importance d’une viticulture « à bas intrants », respectueuse de l’écosystème, incluant des pratiques biodynamiques comme les préparations 500, mais sans rejeter la science. Il critique les approches dogmatiques et prône une remise en question constante des savoir-faire, dans un contexte de changement climatique. Son parcours, marqué par des expériences en Californie et en Australie, lui a permis d’apprécier la singularité de la Champagne.

À Roederer, la transmission entre trois générations de chefs de cave a consolidé un style maison axé sur la finesse et la profondeur. Lécaillon souligne que la viticulture nécessite patience et humilité : les décisions prises aujourd’hui ne portent leurs fruits que 25 ans plus tard. Il encourage à limiter les intrants et à travailler en harmonie avec la nature, sans chercher à tout contrôler.

FAQs

Il a étudié l'agronomie et l'œnologie à Montpellier, puis a travaillé en Californie et en Australie avant de rejoindre la maison Roederer en 1999.

Le style Roederer est axé sur le terroir, avec des vins alliant finesse, élégance, fraîcheur et une profondeur qui apporte longueur et texture en bouche.

La profondeur est une sensation de densité et de texture qui provient du sol et du terroir, et qui est amplifiée par une viticulture et une vinification respectueuses.

Il les voit comme un retour à des pratiques artisanales historiques, qui enrichissent la nature et limitent les intrants, sans rejeter la science, mais en remettant en question les méthodes modernes.

Le temps long est crucial car les décisions, comme planter une vigne, ne montrent leurs résultats qu'après 25 ans, ce qui exige patience et humilité.

Il a passé dix ans à déguster avec ses deux prédécesseurs, ce qui lui a permis de comprendre et d'amplifier la vision du terroir et de la finesse propre à la maison.

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