Speaker 1Salut à toi et bienvenue dans Le Confessionnal, le podcast diabolique de Vadé Retro. Au sein du Confessionnal, on parle marketing du livre, stratégie réseau sociaux et marque-auteur sans bullshit. Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du Confessionnal. Aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir Abby du portail Autoédition. Salut Abby! Allo, comment vas-tu? Ça va très bien, merci. Je suis vraiment ravie de t'avoir aujourd'hui pour ce nouvel épisode. Merci d'avoir accepté déjà mon invitation. Avec grand plaisir, sincèrement. Abby, on va commencer par la question rituelle avant de te demander de te présenter. Es-tu prête à aller à Confesse? Je suis prête à 1000%. Très bien. Alors, Abby, pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas, tu animes notamment le portail Autoédition qui est un média dédié aux indépendants du livre et qui met en avant notamment les indés. On va longuement parler de tes activités aujourd'hui, de tes combats, de tes prises de position, de l'envers du décor aussi. De ce que c'est quand on anime un média comme le tien. Mais avant de parler de tout ça, je vais d'abord te demander de te présenter pour celles et ceux ici qui ne te connaîtraient pas encore. Qu'est-ce que tu peux nous dire sur toi et sur ton parcours?
Speaker 2Ouh, plein de choses. On va essayer de faire court quand même. Écoute, moi, je suis passionnée par l'Autoédition depuis 2017. Je suis tombée dedans et je n'en suis jamais sortie. Je compte ne jamais en ressortir. J'ai lancé le portail de l'Autoédition en mai 2020. Depuis, je mène tout un tas de projets. Très différents, les uns les autres, sur la forme. Mais qui ont tous un fond commun qui est de valoriser les auteurs indépendants.
Speaker 1Et d'où est-ce que ça t'est venu? Tu disais que tu es tombée dans l'Autoédition en 2017. Comment est-ce que ça t'est venu? Est-ce que toi, tu écrivais de ton côté déjà? Ou comment est-ce que tu as eu cette idée de lancer ce portail-là?
Speaker 2Ouais, ouais, ouais. En fait, j'écris depuis. Ça, c'est classique, mais j'écris depuis que je sais tenir un crayon. Et du coup, j'ai toujours eu ce désir fou d'être publiée, de voir mon nom écrit. Sur un livre. Et un jour, j'ai rencontré une autrice autoéditée. Et là, je me suis dit, waouh! Donc, c'est possible de le faire sans attendre qu'une sainte graal maison édition t'accorde les pleins pouvoirs. Et donc, je me suis dit, mais c'est incroyable. Et donc, j'ai commencé un petit peu à découvrir l'univers de l'autoédition comme ça. Et en fait, à cette époque-là, donc en 2017, j'ai découvert qu'il y avait énormément, énormément de mépris vis-à-vis des auteurs indés. Parce que c'était beaucoup de préjugés en mode, bon, t'façon, c'est Tetch Ginette qui publie ces recettes. C'est The Cuisine, c'est machin qui publie son torchon. Voilà, beaucoup, beaucoup de préjugés qui me dérangeaient énormément. Parce que moi, j'ai commencé à en lire par curiosité en me disant, je vais me faire mon propre avis. Je vais voir ce qu'il en est. Et alors, j'ai lu des choses qui ressemblaient peut-être un tout petit peu à ça. Mais surtout, j'ai lu énormément de choses qui étaient franchement très, très chouettes. Et je me suis dit, du coup, go les défendre, en fait. Moi, j'adore parce que ça offre des univers, des personnages, des contes, des histoires qui sont hors ligne éditoriale, qui sont vraiment originaux. Et je me suis dit, vas-y, moi, j'ai envie de les mettre en avant. Donc, c'est parti. Et plus j'en lisais, plus je devenais fan de ce genre de choses. Et puis, ça ne s'est jamais arrêté, globalement.
Speaker 1Et donc, toi aussi, au niveau de tes romans, tu es en édition indé? Ou est-ce que tu es hybride? Comment est-ce que tu gères?
Speaker 2En fait, à cette époque-là, j'avais essayé. Enfin, non, je me suis auto-édité. Mais alors, de la pire des manières qu'il ne faut surtout pas faire, c'est-à-dire que je n'ai pas forcément suivi toutes les bonnes démarches qu'il fallait faire, etc. J'étais tellement empressée, prête-prête et très, très ambieuse de publier mon livre. Donc, c'est bien parce que, du coup, j'ai fait toutes les bêtises qu'il ne faut pas faire. Et quand j'ai découvert un peu plus toutes ces règles, tout ce qu'il fallait faire de qualitatif pour sortir un livre correct, j'ai retiré mon recueil de nouvelles, parce que c'était un recueil de nouvelles à cette époque-là, de tout partout. Et je me suis dit, en fait, moi, ce qui m'intéresse, c'est surtout de lire les autres et de les mettre en avant. Donc, aujourd'hui, j'ai écrit plein de choses. Encore, je continue. J'ai des manuscrits dans les tiroirs et tout ça. Mais ce n'est clairement pas du tout dans mes priorités de m'auto-éditer. Et du coup, je saurais mieux le faire aujourd'hui avec tout ce que j'ai pu apprendre au fil de toutes ces années, en fait.
Speaker 1Et surtout, ce que tu me disais à l'instant, alors j'espère quand même qu'on aura la chance de te lire un jour, mais ce que tu me disais juste avant qu'on lance l'enregistrement, c'est que tu es aussi en poste à côté, tu as un autre job. Donc, comment est-ce que tu gères un peu ça? Parce que de ce que je vois du portail, et on va en parler, tu fais énormément de choses. Donc, tu as parlé de passion, et je pense qu'il faut au moins ça pour mener tous ces projets-là de front. Comment est-ce que tu t'organises?
Speaker 2Eh bien, oui, oui, complètement. J'ai un travail à côté, 35 heures. Je suis soignante dans une maison de retraite. Je m'occupe des personnes âgées. J'adore mon métier. Je me sens vraiment à ma place et je me sens utile. Donc, c'est super chouette parce que je me sens utile dans mon métier et je me sens utile dans ma passion. Donc, c'est trop cool. Et ouais, donc, c'est vraiment une passion qui a pris énormément de place, qui a supplanté un peu toutes les autres. Et comment je m'organise? C'est simple, dès que j'ai du temps libre. Dès que je suis à la maison, dès que j'ai du temps libre, c'est 98% de mon temps, il est dédié à tout mon contenu, à mes idées, à mes réflexions, à mettre en place mes projets, à réfléchir à ce que je peux faire, à comment je peux le faire, à qu'est-ce que je vois qui m'intéresserait d'exploiter. C'est dès que j'ai du temps libre. Il y a 1% du temps, c'est pour mon entourage et le dernier pourcent, c'est pour aller courir. Globalement, c'est vraiment beaucoup, beaucoup de temps. C'est très chronophage, mais ça me passionne. Je ne regarde absolument pas les heures passées.
Speaker 1Et je pense pouvoir te remercier au nom de tous les Indés pour tout ce que tu fais pour nous. Parce que c'est bénévole, on peut le rappeler aussi. C'est le temps de ta vie que tu prends, tu viens de le dire très justement, sur ton temps perso, pour organiser des concours, des choses comme ça. Je pense pouvoir te remercier au nom de tout le monde en te disant vraiment merci pour tout ce que tu fais. Parce qu'à chaque fois, tu sors des nouveaux projets, des nouvelles idées. Et le monde de l'édition Indé compte aussi sur des acteurs comme ça pour développer. Bravo et merci d'avoir annoncé tout ça.
Speaker 2Écoute, avec grand, grand plaisir. Vraiment, tout ce que je fais, c'est vraiment 100% fait avec passion, tout simplement. C'est presque devenu naturel. Tout ce que je fais, c'est vraiment parce que ça me passionne de le faire et ça me fait tellement kiffer de partager toutes ces choses-là et de vivre aussi un tas de choses. En fait, j'ai fait un tas de rencontres. Je discute beaucoup avec des auteurs, forcément, beaucoup avec des lecteurs. Donc, c'est génial. Tout ce que ça m'apporte
Speaker 1aussi, c'est incroyable. Et du coup, tu nous en as parlé au début. Tu disais que le but, c'était de soutenir la littérature Indé. T'es tombée dans le truc et c'est devenu ta passion. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement pour toi, valoriser la littérature indépendante, concrètement, au niveau du portail? Qu'est-ce que t'as mis en place?
Speaker 2Beaucoup de choses. Beaucoup de choses. Si tu veux, je peux te lister un petit peu quelques concepts que je mène. Donc, le plus gros et qui est mon préféré de tous les préférés, de tous les préférés, parce qu'on a forcément, c'est les présentations des nouveautés auto-auditions trimestrielles. Donc, tous les trois mois, je présente les nouveautés auto-auditions. Ça porte très bien son nom. En poste, sur Instagram. Au départ, je le faisais en poste et en story. Même au tout départ, au départ, c'était que en story. Puis, j'ai fait story et poste. Et maintenant, je fais que poste. Donc, voilà. Où l'idée, je présente les nouveautés en affichant les couvertures, en indiquant les genres littéraires et en mentionnant les auteurs et les autrices. Et à partir de cette année, les graphistes également qui ont réalisé les couvertures, parce que pour moi, c'était super important. Ça, on pourra en reparler un peu plus tard si tu veux. C'est tout autour du combat contre l'IA et tout ça, les couvertures. C'est mon nouveau combat de cette année. Mais du coup, il y a ça, vraiment, qui est le seul concept le plus récurrent. Parce que c'est une fois tous les trois mois. Ensuite, il y a une émission sur YouTube que je mène aussi plus ou moins régulièrement, plusieurs fois dans l'année, qui s'appelle « Souriez, c'est auto-édité », que je mène avec Audrey de la Pâte Graphique, où là, on reçoit plusieurs auteurs, plusieurs autrices, et on échange avec eux autour de leurs œuvres. Ou alors, on leur pose plein de questions, on passe un bon moment. C'est toujours très chill, très chaleureux. C'est super sympa. Puis, c'est sur une chaîne YouTube, donc ça offre aussi un autre canal de diffusion. Il y a ce que j'ai tout récemment créé et mis en place, la Book Squad Auto-édition. C'est que j'ai composé un comité de personnes qui adorent lire, qui souhaitent lire des œuvres auto-éditées, et qui s'engagent sur le temps donné, donc c'est l'espace de trois mois, à lire au moins une œuvre et à partager leurs ressentis sur leurs réseaux sociaux. Donc là, ça permet vraiment d'élargir encore plus, parce que du coup, ce que je vois sur Instagram, notamment, je vais surtout beaucoup parler d'Instagram parce que c'est mon principal réseau, mais ce que je vois, c'est qu'il y a plein de petites bulles, en fait, de contacts, plein de petites bulles d'auteurs par-ci, par-là, et moi, je suis un petit peu privilégiée parce que tous ces auteurs, enfin, beaucoup d'auteurs me suivent, et du coup, je vois toutes ces petites bulles, je vois qu'il y en a qui interagissent souvent ensemble, donc je reconnais un peu les bulles. Et c'est difficile de créer les connexions, je trouve, parce que ces connexions se font lors des événements en présentiel, dans des salons, des trucs comme ça, mais c'est des moments où tu n'as pas avancément non plus le temps d'aller discuter 3h, 4h avec ton voisin de table, etc. Et là, la Book Squad d'auto-audition, ça permet d'accéder un peu à toutes ces bulles, parce que les lecteurs, voilà, qui composent ce comité-là, mon comité, eh bien, permettent d'offrir une plus grande étendue au niveau visibilité, en fait, aux auteurs, aux autrices. Donc ça, j'adore cette idée, et je crois que c'est devenu mon deuxième concept préféré, forever. Après, j'ai plein de petits posts différents, comme je partage mon journal de lecture pour dire, bah voilà, moi aujourd'hui j'ai les 90% d'oeuvres auto-auditées, donc comme ça ça partage aussi à cette valorisation-là je fais des suggestions de lecture, que ce soit en vidéo ou en post aussi, en fonction de thème de trop, ça dépend j'aime bien également mettre en avant les campagnes lules, parce que c'est super important de les soutenir avant même qu'ils soient parus donc voilà, ça permet de les mettre en avant également je les repartage, etc je bénéficie un petit peu de la visibilité qu'on m'offre en fait, donc c'est un peu un cercle vertueux que j'aime beaucoup je noue quelques partenariats, voilà avec différentes personnes, avec des graphistes avec des correctrices je suis également marraine du PPI du Prix des Plumes Indées ça permet de mettre en avant aussi d'une autre façon je fais des retours de lecture et j'ai un podcast également qui s'appelle Passion et Auto-audition où je lis des extraits je fais des interviews j'ai des témoignages différentes choses là aussi il y a plein plein de choses honnêtement même moi je m'y perds des fois mais j'adore ce que je fais il y en a tellement dans tous les sens et ce qui compte le plus pour moi dans tout ce que je fais c'est que si je fais quelque chose c'est parce que ça me fait kiffer de le faire à aucun moment donné je me force en quoi que ce soit et je ne fais quelque chose sous la pression si je monte un projet, si je le publie, etc c'est que j'ai envie de le faire à 3000% et du coup je le fais forcément à 3000% avec mon coeur de passionnée donc je pense que ça se ressent un petit peu
Speaker 1franchement je suis admirative de tout ce que tu fais sachant le job en plus que tu as à côté je crois que tu dois avoir des journées qui ne font pas 24h, c'est pas possible
Speaker 2tu sais que je je recherche des journées de 48h vraiment des fois j'aimerais bien avoir beaucoup plus de temps mais ce qui est vraiment très très chouette c'est que dans mon métier dans la vraie vie dans la vie réelle dans la vie de moldu qu'on a c'est que dans mon métier dans la vraie vie c'est que c'est un métier où tout ce qui est internet tout ce qui est réseaux sociaux n'existe pas parce que la génération des personnes âgées les dépasse complètement donc c'est des heures de temps où je suis complètement déconnectée je suis complètement loin de tout ça ce qui fait que quand j'y reviens pour ma passion ça me fait une vraie pause aussi bien voilà, aussi bien mentale aussi bien pression enfin voilà ça me fait vraiment de vraies pauses donc je trouve que c'est un super équilibre pour moi en tout cas
Speaker 1c'est vrai que du coup on va en parler mais t'as du coup beaucoup de médias différents entre la newsletter le podcast, Youtube, Instagram t'as vraiment construit un écosystème de médias et c'est vrai que le fait de pouvoir couper, moi je le vois avec Instagram en étant connectée en permanence au bout d'un moment ça pèse donc c'est bien que t'aies réussi à trouver ton équilibre et justement par rapport à tous les médias que t'as construit qui sont quand même assez diversifiés à quel moment t'as senti que tu commençais à avoir de l'influence au-delà de ton cercle c'est-à-dire qu'au début t'as lancé une initiative mais on sait jamais jusqu'où ça peut aller à partir de quel moment tu t'es dit ah ouais ok là ça commence à prendre de l'ampleur ça se passe par plusieurs choses
Speaker 2la première fois où j'ai ressenti ça c'est quand je lançais les présentations des nouveautés auto-audition trimestrielles donc ça fait plusieurs années que je fais ça maintenant et quand j'ai constaté que systématiquement et c'est vraiment factuel aujourd'hui quand je fais ça, quand je suis en pleine période des inscriptions et des présentations des nouveautés auto-audition systématiquement mon nombre de followers croît et ne descend jamais par rapport à ça et quand j'ai remarqué ça je me suis dit waouh c'est un truc de fou parce que ça fait des pics de croissance 4 fois dans l'année et c'est dingue comme c'est vraiment systématique et quand j'ai remarqué ça je me suis dit c'est fou parce que du coup tous les 3 mois il y a de plus en plus de gens qui sont là et qui soutiennent ce que je fais et qui du coup participent à la visibilité des autres et je trouve ça trop génial et la deuxième chose qui m'a frappée, qui m'a fait dire c'est que c'est quand je commençais à recevoir des messages sortis de nulle part de gens qui viennent me dire, surtout sur Instagram ou sur thread un petit peu maintenant mais surtout sur Instagram qui viennent me dire j'ai découvert ton compte, c'est absolument génial ce que tu fais, je voulais juste passer dans tes messages pour te dire ça et ça c'est plein d'amour dans mon petit coeur c'est du sucre à l'état pur et c'est juste je suis en mode c'est cool, trop bien parce que moi ce que je fais c'est juste ça me fait kiffer de le faire et du coup visiblement c'est dans l'autre sens aussi donc c'est incroyable et je sais qu'il y a un troisième moment dans ma vie qui a fait que je me suis rendu compte aussi de l'influence que j'avais c'est quand je suis surtout visiteuse sur un salon qui s'appelle les Imaginal qui se passe à Epinal dans les Vosges et ça fait quelques années que j'y vais maintenant tous les ans parce que j'ai la chance d'habiter pas très très loin ça c'est juste trop bien et en fait c'est quand on me reconnait de manière spontanée parce que maintenant je commence à connaître pas mal de monde donc c'est moi qui vais les voir en mode c'est trop bien, on se voit, on s'est déjà croisé donc ça fait plaisir de se revoir soit c'est en mode on se connait sur les réseaux et tout mais l'année dernière c'était la toute première fois que j'étais en train au moment de m'installer pour manger avec d'autres personnes là quelqu'un s'est approché en mode et je me suis dit est-ce que c'est toi Abby? et je ne connaissais pas cette personne à la base sur les réseaux ça fait juste trop bizarre quand quelqu'un vient te voir en disant te reconnait dans ce moment là je me suis dit waouh ça me dépasse un peu là ça commence vraiment à me dépasser un petit peu
Speaker 1il y a aussi le fait que moi par exemple j'étais à la convention des auteurs indépendants en fin d'année, tu commences aussi à porter la voix quelque part de l'auto-édition dans des tables rondes des conférences, comment tu le vis quand c'est comme ça?
Speaker 2ça c'était aussi un truc de fou malade une des expériences les plus folles que j'ai pu vivre depuis que j'ai commencé tout ça, quand j'ai reçu une invitation par les caresses, j'étais en mode waouh, pensez-moi je rêve il s'est passé trois jours où mon cerveau était dans le déni, j'arrivais pas à comprendre ce qui se passait, j'ai même hésité à accepter parce que je me suis dit mais qui suis-je pour dire oui à ce genre de choses et bon finalement j'ai dit oui et c'était trop bien et pareil lors de cette conférence du coup déjà le fait de passer aux côtés de Kimmy et de Gladys à expliquer c'était sur les réseaux sociaux à expliquer tout ce qu'on ressentait tout ce qu'on pouvait constater nous en tant que créatrice de contenu etc déjà c'était incroyable de nous donner cette possibilité-là à nous exprimer et puis tous les retours qu'il y a eu heureusement que ça a été filmé parce que c'est un super souvenir pour moi qui a été magique, c'est qu'au moment où j'ai dit oui du coup moi je lis, je suis passionnée d'auto-édition de P2010 il y a eu une salve d'applaudissements à laquelle je ne m'attendais absolument pas et j'étais hyper gênée en mode non mais j'ai juste dit que j'aimais les boules lire c'est tout enfin vraiment je ne savais plus où me mettre et puis après ça ce qui m'a également marquée c'est que il y a eu une petite pause et là il y a des gens qui se sont mis à faire la queue pour venir me parler et c'était la première fois que ça m'est arrivé il y avait cinq personnes derrière moi et j'étais en mode mais non mais venez on se met en cercle et on parle tous ensemble parce que vraiment c'est juste trop bizarre mais en tout cas ouais cette invitation était juste géniale, le week-end était incroyable et le fait de pouvoir avoir cette place là c'est hyper gratifiant et du coup j'espère en avoir assez profité pour valoriser encore plus la littérature AD et je sais qu'aujourd'hui encore je reçois encore des messages privés de gens qui m'ont dit au fait j'étais à la conférence ou j'ai regardé le replay et ce que t'as dit c'était vraiment trop bien donc encore aujourd'hui j'ai des retombées de cet événement et c'est juste magique
Speaker 1après là ce que tu décris tout simplement c'est les résultats d'une stratégie de média d'influence qui fonctionne parce que quand on te suit je tiens quand même à le rappeler parce que c'est sûr que quand on le vit c'est surprenant on se dit waouh mais en fait mine de rien c'est quand même énormément de travail t'as une ligne directrice qui est claire on t'identifie tout de suite on reconnait tes valeurs humainement on sait ce qu'on va trouver chez toi et donc forcément ton authenticité ton travail, ta stratégie média fait que t'es reconnu et que tu commences à avoir des retombées donc c'est aussi un excellent exemple de ce que ça veut dire avoir une stratégie cross-média qui fonctionne et justement comment est-ce que t'as choisi toi parce que du coup t'as quand même des canaux qui sont variés, comment est-ce que tu les as choisis et quel rôle tu leur attribues? Je les ai choisis d'abord
Speaker 2par expérimentation en fait tout ce que je fais c'est oh tiens j'ai une idée, allez j'essaye et puis je vois ce que ça donne ça part vraiment de ce postulat de tiens pourquoi pas les mettre en avant les auteurs indés en faisant comme ça, en me disant comme si enfin voilà ça part d'une idée des fois je vais prendre plus de temps pour élaborer l'idée en fonction de ce que j'ai envie de mettre en place des fois ça peut aller super vite, pour être complètement honnête, genre l'idée de la book squad auto-édition, en 48 heures j'avais le nom, l'organisation j'avais le premier logo, j'avais le formulaire qui était pris et le post qui était publié en 48 heures j'avais tout qui avait été fait etc et ça dépend des fois des idées ça dépend, en fait je m'écoute beaucoup, je fais beaucoup selon mon mode, selon mon énergie et je pense que c'est ce qui fait aussi ma force parce que du coup je ne me force jamais je ne suis pas les tendances je me priorise d'abord c'est pas forcément calculé en fait tout ce que je fais quand tu parles un peu de stratégie etc je vois complètement ce que tu veux dire mais ça me fait un petit peu sourire aussi dans le sens où j'ai pas de plan vraiment en mode ok bah je vais faire ça ça va me donner tel résultat je passe pas des heures à analyser mes statistiques etc j'étais un tout petit peu comme ça au tout début et puis je me comparais beaucoup aux autres à d'autres créatrices de contenu et en je me suis rendue compte que ça me faisait plus de mal qu'autre chose. Et puis, je me suis dit, surtout, moi, je ne vends rien. Donc, en fait, je ne vais pas mettre la pression pour des choses que je ne vends pas. Enfin, vraiment, il n'y a pas d'importance. Si, bien sûr que si. Mais je veux dire, si demain, je ne poste pas sur Instagram, je vais pouvoir quand même manger demain soir. Ce n'est pas lié à cette pression monétaire, en fait, dans ma vie. Et c'est ça qui est génial. J'ai toujours refusé ça pour ça. Mais du coup, par rapport à mes différents. Je digresse un petit peu, pardon. Mais pour revenir un petit peu à mes différentes plateformes, je les choisis vraiment par expérimentation. Je teste comme ça différents formats. J'avais une chaîne Twitch pendant un temps où je testais le format live. C'était sympa. Il y avait le côté un peu direct, etc. Le format podcast, c'est un média que j'aime beaucoup parce que je le consomme beaucoup, personnellement. Et le côté audio, je trouve que ça apporte une espèce d'approche un peu plus intimiste. Donc, j'aime beaucoup ça. Le format chaîne YouTube, ça permet de créer des concepts plus gros, plus élaborés, comme mon émission avec Audrey. Puis Instagram, c'est vraiment mon point névralgique. C'est vraiment ma place centrale. Et sur Instagram, j'ai mes stories où je parle pas mal. Mais j'ai aussi mon canal qui s'appelle Dans les nuages où là, c'est encore plus intimiste. C'est encore plus. Je vous balance un peu tout en exclusivité. C'est là où je partage mes idées, mes envies, mes erreurs. C'est vraiment encore plus privilégié. C'est plus privilégié que les stories et le reste. Mais c'est vrai que chaque réseau a un petit peu son identité. Mais après, quand j'ai une idée, c'est d'abord sur Instagram, majoritairement. Et après, je me dis, tiens, pourquoi pas faire un truc sur mon podcast, etc. Mais c'est pour ça qu'on voit que sur ma chaîne YouTube ou sur mon podcast, je ne suis pas aussi régulière et aussi active que sur Insta. Parce que vraiment, Instagram, c'est mon point central.
Speaker 1Ça me fait beaucoup rire ce que tu dis parce que forcément, moi, je suis à fond stratégie parce que c'est mon métier. Mais en fait, tu as vraiment une intuition stratégique qui est très, très bonne. Et ça me fait rire parce qu'en fait, tu me fais, tu ne t'en rends même pas compte. Oui, mais c'est ça. Tu me fais, tu ne t'en rends même pas compte. Mais en fait, tu vois, stratégiquement, on dit souvent qu'un média doit avoir un objectif. Et toi, mécaniquement, tu as segmenté comme ça, mais sans forcément y réfléchir en amont. Mais de facto, c'est ce que tu fais. Tu le fais à l'intuition et c'est très bien. Moi, je bosse aussi beaucoup à l'intuition. L'intuition n'est pas l'ennemi de la stratégie. Au contraire, écoutez-vous. Votre intuition, c'est souvent mieux que nous. Mais c'est là où c'est très drôle parce qu'en fait, tu ne t'en rends pas compte, mais tu construis un écosystème média avec une stratégie alors que tu ne le mentalises pas forcément. Et c'est là où je trouve ça super intéressant parce qu'on peut quand même faire de la stratégie sans avoir le nez dans les bouquins ou sans avoir un objectif, comme tu le disais, particulier, chiffré, etc. Ça n'empêche pas derrière de structurer les choses correctement.
Speaker 2Oui, complètement. Je trouve que ça participe aussi à ta crédibilité parce que si c'est un peu le foutoir, alors c'est très bien le foutoir. Personnellement, je me considère et je me décris toujours comme une créatrice de contenu chaotique parce que, enfin, voilà, tentaculaire puisque je suis un peu partout en même temps et parce que ça me fait kiffer de le faire comme ça. En fait, cette image-là de chaos tentaculaire, j'ai été un petit peu fâchée avec ça sur mes débuts, sur les réseaux sociaux parce que je regardais un peu ce que les autres faisaient forcément pour voir ce qui marchait, pour m'inspirer un petit peu aussi. Enfin, voilà, parce que c'est humain de se comparer. Donc, je regardais un petit peu, voilà, par curiosité et tout ça. Et en fait, toutes les personnes, quasiment la plupart que je suivais, elles étaient très régulières. Elles faisaient des posts très. Genre, six posts par semaine, machin, tout ça, avec tel concept, tel concept tel jour et tout. Et j'ai essayé, moi, d'être régulière, parfaitement régulière. J'ai essayé vraiment ce genre de choses, d'avoir un planning. OK, le lundi, je travaille sur Instagram. Le mardi, je travaille sur YouTube. Le mercredi, je fais ça. Et je me donnais même des plages horaires pour travailler en me disant, OK, le matin, je suis au boulot. Donc, l'après-midi, je rentre, je m'en vais. Et puis après, je fais une heure, je traite mes mails. Une heure après, je regarde. En fait, ça a tenu deux semaines et demie, quoi, parce que ce n'était pas moi. Et je culpabilisais au départ de cette organisation-là. Mais je me suis dit, ça ne me ressemble pas. Donc, je ne vais pas me forcer à suivre quelque chose qui n'est pas moi. Parce que je me disais que ça va se ressentir. Et comme en plus, je n'ai aucune pression monétaire, comme je ne me rémunère pas avec ça. Je me suis dit, qu'est-ce que je vais m'enquiquiner à suivre vraiment des plans hyper détaillés, des stratégies hyper claires, analyser mes retours, machin, tout ça. Alors qu'en soi, c'est juste de la passion et je veux que ça reste que de la passion. Depuis 2017, que je fais tout ça, on est déjà venu m'approcher pour me proposer des partenariats rémunérés. Il y a encore quelques temps, je l'ai partagé en poste. On m'a proposé 400 euros. C'est énormissime. Jamais j'aurais imaginé qu'on m'aurait proposé ce genre de choses. C'est un truc de dingue. Mais j'ai préféré dire non, parce qu'en fait, je n'ai pas envie que ça vienne biaiser mon rapport à cette passion. D'ailleurs, je n'en ai pas parlé tout à l'heure, mais ma passion pour l'auto-édition a commencé aux côtés de mon meilleur ami, qui est toujours mon meilleur ami aujourd'hui. On avait un blog en commun où on partageait nos retours de lecture sur ce blog-là. Un blog qui s'appelait Je sais pas lire. Je trouvais ça très drôle. Et du coup, on partageait chacun nos tours, ou ça dépendait, nos retours de lecture et on a commencé comme ça. Aujourd'hui, on est toujours tous les deux très passionnés de littérature indépendante, mais pas de la même façon, parce que moi, j'ai gardé ça en tant que passion complètement séparée de rémunération, de ce genre de choses, alors que lui, il a décidé d'en faire son métier. Il a décidé de partir sur cette voie-là. Donc, on est vraiment sur deux voies parallèles, mais qui avancent dans la même direction. Et combien de fois il m'a dit, mais vas-y, tout ce que tu fais, tu mériterais, etc. Mais je lui ai dit, non, non, non, je suis très, très bien sur ma voie et j'y reste. C'est vrai que quand on voit tout ce que tu fais,
Speaker 1moi, d'un point de vue marketing, il y a énormément de choses que tu pourrais monétiser. Ça, c'est clair et net. À commencer par ton audience, parce qu'aujourd'hui, t'as plus de 5000 personnes qui te suivent. Et c'est là où je trouve que c'est super intéressant aussi ton approche, et c'est pour ça que je voulais que tu puisses aussi exprimer ton point de vue dans le confessionnal. Ok, moi, je parle beaucoup de stratégie, de carrière, d'argent aussi. Moi, je suis quelqu'un qui parle très franchement d'argent, mais on n'est pas obligé de vouloir forcément tout monétiser. Et je pense qu'il y a un point qui est central dans tout ce que tu nous dis, c'est que le point de départ de tout est le fil conducteur. Ça doit rester la passion, ça peut jamais être l'argent. Même le jour où on doit vivre de notre activité. Tu vois, moi, pour l'instant, je propose du contenu gratuit sur Vadé Rétro, mais le but à terme, c'est que j'en vive et je m'en suis jamais cachée. Le but, ça doit toujours de garder cette flamme-là, cette étincelle-là, parce que le jour où tu perds ça, tu commences à subir tes projets et en tout cas, moi, je suis admirative de toute la qualité de ce que tu mets dans tes projets et l'investissement. Et c'est là où c'est beau, c'est que c'est vraiment du bénévolat et c'est vraiment porté par ta passion.
Speaker 2Ouais, complètement. Je trouve que c'est pas parce que tu fais pas monétiser qu'il faut pas prendre ça au sérieux en fait. Enfin, je cherche à valoriser les auteurs indépendants donc je peux pas faire non plus n'importe quoi. Je pense que c'est aussi un petit peu inconscient, mais j'aime bien faire quand même des beaux postes, j'aime bien quand même proposer des concepts qui ont du sens aussi. L'idée, c'est de leur offrir la plus grande visibilité possible. Donc forcément, ce que je vais proposer va être un minimum travaillé parce que, enfin, si je fais ça n'importe comment, ça va pas intéresser les gens. Les gens sur les réseaux sociaux, ça va super vite. Si tu captes pas l'attention, ils passent très très vite à autre chose. Donc je pense que ça joue aussi de manière inconsciente. Mais voilà, je suis d'autres créateurs et créatrices de contenu et je trouve que ça participe à tout ça aussi et c'est important de prendre ça au sérieux un minimum quand même. C'est comme quand un auteur ou une autrice auto-édité va publier son livre. Il y a un minimum de qualité en fait à prendre en compte et il y a des règles à respecter. Il y a des choses à faire. Tu fais pas ça comme ça, va vite. C'est pas possible parce que sinon, tu décrédibilises ton travail et tu décrédibilises en fait même toute la communauté qu'il y a autour et c'est pas cool.
Speaker 1Et on l'a vu récemment avec ce qui s'est passé sur le récent roman, je sais même pas si je peux appeler ça comme ça, de Dark Romance qui n'en est pas non plus.
Speaker 2Tu veux dire le torchon?
Speaker 1Le torchon, je vais même pas citer le. Arrête. Arrête, on n'en parle pas. Et tu l'as très justement dit, en fait, à partir du moment où on commence à avoir de l'influence, comme toi tu en as, ou en tout cas on décide de se saisir d'un sujet, il y a quand même aussi cette notion de responsabilité envers les autres par rapport à ce qu'on va dire, ce qu'on va faire et la qualité de ce qu'on va montrer. Complètement, et à partir du moment
Speaker 2où t'es dans l'espace public, t'as un minimum à faire en fait. Parce que si tu veux publier ton texte sans qu'il soit corrigé, sans qu'il soit mis en page, etc., ça ne correspond pas à ce qu'on attend sur le circuit de la vente. Mais tu peux le faire, tu peux l'imprimer juste pour chez toi, juste pour ton entourage, et c'est ok. Si tu ne veux pas le commercialiser, tu en fais ce que tu veux, ça reste dans ta sphère privée. Mais à partir du moment où tu exposes sur les réseaux sociaux, il y a un minimum de tenue à avoir, il y a un minimum de respect, ne serait-ce que pour toi-même, et aussi pour ceux qui ont envie de te suivre. Et ton but, c'est que les gens viennent voir ce que tu fais, donc autant le faire dans un cadre le plus sympa possible
Speaker 1Et tu disais tout à l'heure que tu avais beaucoup d'idées, que tu avais commencé à constituer ton équipe. Comment est-ce que tu te structures? C'est-à-dire, comment est-ce que tu choisis tes projets? Comment est-ce que tu choisis d'aller ou pas vers un projet? Et comment est-ce que tu montes tes équipes aussi? Parce que du coup, tu disais à juste titre que tu n'étais pas toute seule, que ça commençait à faire beaucoup de choses à gérer. Comment est-ce que tu arrêtres tout ça?
Speaker 2En fait, c'est la première fois où j'ai un comité de lecteurs, donc j'ai lancé ça vraiment il y a très très peu de temps. J'ai fait une sélection pour choisir des personnes avec des profils assez différents, pour avoir une variété de lecteurs et de lectrices. Surtout, en fait, c'est que des lectrices. C'est la première fois que je décharge Oui et Non, parce que ce n'est pas des œuvres que j'aurais forcément lues, parce que j'ai ma propre pile à lire de retours de lecture qui m'attendent. Mais là, c'est encore autre chose. C'est une façon de déléguer la visibilité, on va dire. Mais sinon, pour la plupart de mes concepts, je suis toute seule. Et d'ailleurs, c'est assez rigolo, parce qu'il y a encore beaucoup de personnes qui pensent qu'on est plusieurs derrière le portail de l'autodidacte. Et à chaque fois, je suis en mode. Non, mais tutoyez-moi, parce que je suis toute seule derrière. Vraiment, je ne suis pas encore multiple dans ma tête, même si des fois, je peux poser des questions. C'est parce que tu as un poulpe, en fait, ce que tu disais tout à l'heure. C'est ça, je pense qu'on doit être trois cerveaux l'un dedans. Enfin, vraiment, il doit y avoir un truc comme ça. Mais comment je choisis? En fait, je ne choisis pas. Dès que j'ai une idée, je me dis, comment je pourrais la mettre en place? Et puis, soit je la mets en place tout de suite, soit il se passe quelques temps avant que je la mette en place, parce que je réfléchis à comment je pourrais faire, à quels impacts ça aura derrière. Enfin, surtout à comment ça peut être mis en place, que ça soit trop chronophage pour moi. Ça, c'est nouveau, parce qu'avant, je faisais beaucoup, beaucoup de choses sans prendre en compte tout le travail que ça allait me demander tout du long, et même après. Et aujourd'hui, je réfléchis d'abord à, OK, j'ai envie de mettre en place cette idée, mais comment je peux optimiser le temps qu'elle va me demander, en fait? Parce que je me suis rendue compte que c'était très, très chronophage, mais que malheureusement, on le dit tout à l'heure, les journées ne sont pas extensibles, pas encore. Donc, il faut prioriser aussi, quoi.
Speaker 1Et ça, c'est super important de tenir aussi dans le temps, parce que quand on fait beaucoup de choses, on va vite avoir tendance à se vider. Et tu le disais, toi, en plus, tu n'as finalement pas de pause dans le sens où tu fais ça sur ton temps libre. Et au niveau de tes valeurs, tu vois les équipes que tu as choisis pour faire le book squad, comment est-ce que tu les as. Est-ce qu'il y a eu une sélection, d'ailleurs? Comment est-ce que tu as constitué le groupe?
Speaker 2Oui, complètement. Il y a eu déjà un formulaire d'inscription où j'ai dit, voilà, tous ceux qui sont intéressés par le concept. Donc, l'idée, c'était de s'engager à lire au moins une opportunité en trois mois de temps et publier son ressenti sur les réseaux sociaux pour offrir une visibilité à l'auteur ou à l'autrice. Donc, il y a eu beaucoup de personnes qui se sont inscrites. Moi, j'ai pris le formulaire et, en fait, j'ai choisi les personnes en fonction, déjà, de la manière dont elles rédigeaient leur retour de lecture. J'ai choisi en fonction de leur genre de lecture aussi. Je trouvais ça plus intéressant d'avoir différentes personnes qui aimaient lire différentes choses parce que, quoi qu'il arrive, tous les trimestres, il y a toujours. Il y a toujours une multitude de genres différents. Si j'avais qu'un comité qui lisait que de la romance, ça aurait été dommage parce qu'il y a différents genres, en fait. Donc, autant avoir différents lecteurs. Et, en fonction aussi de leur style sur Instagram, de ce qui me plaisait, en fait, voilà, c'était différents petits critères comme ça. Et aussi de leur sérieux sur les réseaux sociaux, un minimum, quand même, voilà, pour prendre des personnes qui me semblaient de toute confiance parce que, mine de rien, les auteurs, à la base, qui participent à ce concept, qui offrent généreusement leurs oeuvres à la book squad d'auto-édition, ben voilà, ils prennent un risque. Ils prennent un risque parce qu'ils me transmettent leurs oeuvres et après, c'est moi qui donne aux différents membres. Ben voilà, quand il y en a un qui me dit. Enfin, quand il y en a une qui me dit « Ah, ben moi, je veux lire tel truc », eh ben, c'est moi qui, après, fais le transfert. Mais il faut être sûr, voilà, il faut être sûr d'avec qui on collabore. Donc, j'ai essayé de vraiment prendre soin de. de choisir des personnes de confiance. En tout cas, pour la première book squad, j'ai eu aucune mauvaise surprise. Ça s'est très, très bien passé. Et là, j'ai très, très hâte de pouvoir former la deuxième book squad, du coup. Voilà, parce que, du coup, le principe aussi, c'est que tous les trois mois, je change les membres pour, voilà, offrir une variété de lecteurs et de comités tout au long de l'année, quoi.
Speaker 1C'est intéressant parce que ça te permet aussi d'éviter de générer une certaine dépendance, entre guillemets, à un groupe ou de rafraîchir un peu les effectifs, du coup. Oui, c'est ça. Et je trouve que.
Speaker 2Je trouve que ça, du coup, participe à l'élargissement de la visibilité des auteurs et à atteindre les différentes bulles dont je te parlais tout à l'heure. Comme on est. Les réseaux sociaux, c'est super vaste. Eh bien, là, ça te permet de, voilà, de toucher le plus grand monde possible, quoi.
Speaker 1Et justement, quand on est auteuriste et qu'on te contacte, donc je pense qu'on a bien compris, grâce à tout ce que tu nous as dit jusqu'à présent, que contacter le portail de l'auto-édition, c'était pas en mode ukulélé, c'était un acte stratégique et que ça devait être réfléchi avant. Qu'est-ce qu'il faut avoir, justement, réfléchi avant de te contacter? Sur quoi on doit être au clair en tant qu'auteur quand on contacte le portail de l'auto-édition pour bénéficier de tes services et de la visibilité que tu offres?
Speaker 2Déjà, d'être auto-édité. Ça paraît tellement évident dit comme ça, mais ça m'est déjà arrivé que des personnes se sont dit « Oh, bonjour, je fais partie d'une petite maison d'édition, est-ce qu'il y a moyen d'eux? » Ah non, enfin, je comprends qu'il y ait aussi ce besoin-là de visibilité et cette demande-là, mais moi, c'est pas mon cheval de bataille. Donc, il faut aller voir les bonnes personnes. Mais ça m'est déjà arrivé, donc déjà, d'être sûre de ça, en priorité. Ça me fait rire, mais je comprends qu'il y a aussi toute la détresse derrière de ces personnes-là, mais du coup, je suis pas le bon canal pour ça. Du coup, déjà ça. Et puis aussi, de s'intéresser à ce que je fais, parce que ça m'est déjà arrivé également de recevoir des messages de personnes qui m'ont dit « Bonjour, voici mon livre, au revoir. » Non, enfin, ce genre de choses ne se fait plus normalement. Je crois que j'en ai un petit peu parlé sur la conférence, on en a dû en parler sur la conférence, sur les caresses, il me semble. Mais ça, non. Enfin, il faut soigner un minimum la prise de contact. Donc, si les personnes, elles viennent sur mon Instagram, elles n'ont pas à scroller pendant 10 ans pour voir ce que je fais, parce qu'en quelques postes, elles arrivent à capter un peu qu'est-ce que je fais, qu'est-ce que je propose. Et ça passe beaucoup mieux quand elles viennent me dire « Ah, bon, j'ai regardé un petit peu ton contenu, ça, ça m'intéresse, ça, ça m'intéresse. Comment je peux y participer? » Et j'y réponds bien volontiers en message privé à toutes les questions ou même en commentaire. Enfin, j'ai toujours eu mes messages privés très, très grand, grand ouverts. Donc, être curieux,
Speaker 1être toi édité et être curieux. Et c'est aussi une preuve de respect quand on arrive chez quelqu'un et que les infos sont déjà affichées, de prendre au moins le temps d'aller chercher l'info soi-même parce que ça te prend du temps, mine de rien. Et ton temps, il est précieux parce que le temps que tu vas mettre à répondre à des questions dont les réponses sont affichées sur ton profil, c'est du temps que tu ne passes pas à autre chose. Donc, c'est aussi important de rappeler que quand on contacte un prestataire, que ce soit toi, mais par exemple, ça peut être des graphistes ou des correctrices, des bêta-lectrices, quand les tarifs sont affichés, qu'il y a déjà des FAQ sur le profil, bien penser à aller les regarder avant. On enfonce des portes ouvertes, mais ça va toujours mieux en le disant, je pense.
Speaker 2Mais oui, c'est nécessaire. Malheureusement, c'est encore nécessaire aujourd'hui. Donc, voilà, il faut se renseigner
Speaker 1un minimum, complètement. Si on revient un peu au portail et à tout l'écosystème que tu as construit, donc tu disais qu'aujourd'hui, il y a de nouvelles initiatives qui se lancent aussi dans le milieu pour mettre en avant les auteurs édités et c'est très bien, enfin, auto-édités et c'est très bien. Qu'est-ce qui fait, selon toi, vraiment la différence du portail, ton identité? Qu'est-ce qu'on est sûr de trouver quand on va chez toi et qui fait vraiment ta signature unique?
Speaker 2Déjà, la salutation. Quand je dis Aloha, je pense que je suis la seule à dire ça parce que ça commence même à détendre sur ma vie privée maintenant quand je décroche. Oh bah non, bonjour! Ça commence un petit peu à dépasser mon temps de passion. Je dirais ça, je pense, mon côté un peu authentique 100%. Je dis les choses, c'est l'éducation. Quand ça ne va pas, je le dis aussi. Par exemple, fin l'année dernière, il s'est passé un mois et demi, presque deux mois où j'ai dit, là, je prends une pause et en fait, à la fin de la pause, j'ai dit, je rallonge la pause parce que ça ne va pas. Donc, je pense qu'il y a ce côté où je dis les choses quand ça ne va pas et quand ça va. Donc, je pense qu'il y a vraiment ce truc-là authentique qui compte beaucoup et puis la multiplicité de mes contenus. Je pense que c'est vraiment ce que tu m'as dit tout à l'heure. Ça me fait beaucoup rire le fait que je sois un peu partout et que tu trouves ça dingue, que c'est un discours qu'on me tient souvent et je ne sais toujours pas quoi répondre quand on me dit ça. À part, c'est avec plaisir, vraiment. Parce que c'est souvent qu'on me dit, là, là, mais tout ce que tu fais, comment tu fais? Je dis, je fais avec passion, quoi. Je ne sais pas comment l'expliquer autrement et je fonctionne comme ça tout le temps. J'aime bien faire différentes choses. On prend de la grosse tête aussi
Speaker 1parce que tu restes aussi super accessible. Tu vois, aujourd'hui, tu as quand même une grosse communauté. Alors, ça va te sembler évident ce que je te dis, je le vois déjà sur ta tête, mais tu pourrais aussi jouer de ton influence, prendre la grosse tête, que ton attitude, tu vois, soit impactée par ça. Et c'est vrai que, tu vois, moi, quand je t'ai écrit, je n'étais pas sûre que tu allais accepter mon invitation. Je me suis dit, bon, moi, je suis encore toute petite. Abbey, elle a construit déjà un truc énorme. Ça a été super accessible et ce n'est pas le cas de tout le monde aussi. Donc ça, c'est important de le rappeler.
Speaker 2Oui, c'est vrai, ça me paraît tellement évident. Tu vois, le côté, enfin, toute la communauté auto-édition, ce que je trouve vraiment très, très chouette, c'est que la plupart des auteurs et des autrices, ils sont très accessibles. C'est ça qui est chouette, c'est que contrairement aux grands auteurs ou même d'autres auteurs de maisons d'édition, quand tu as un auteur préféré, tu ne peux pas forcément aller lui parler. Voilà, par exemple, genre Robin Hobb, c'est une autrice que j'aime beaucoup, parce que c'est une autrice, il me semble. Je sais que jamais je ne lui parlerai de toute ma vie. Mais du coup, aujourd'hui, je lis beaucoup d'oeuvres d'audités et c'est génial de pouvoir aller discuter très facilement avec ces auteurs-là, que ce soit sur les réseaux ou même en ligne. Quel plaisir quand je suis sur les imaginales. Je mets trois heures à faire quatre stands parce que du coup, je passe une demi-heure avec chaque personne et c'est trop bien. Et ce côté accessibilité, pour moi, il est très important. Combien de fois mon conjoint m'a dit « Oh, mais réponds pas à cette personne. » Par exemple, un auteur qui vient qui me dit « Bonjour, voilà mon livre, lisez-le, au revoir. » Vraiment, aucun effort, sur la présentation, sur ce que je fais, etc. Mais moi, je prends toujours le temps de dire « Ah, du coup, non merci, c'est pas trop mon truc. » « Présentez pas ça comme ça, ça se fait pas. » Je prends le temps, en fait. Et mon conjoint me dit « Mais ces gens-là, ils se rendent peut-être pas forcément compte aussi que c'est pas forcément bien. » Je suis comme « Ouais, mais moi j'aime bien prendre le temps et bref ce qui m'intéresse moi dans tout ce que je fais c'est aussi les échanges humains en fait c'est ce qui m'ourrit énormément par exemple dans le formulaire des inscriptions aux présentations des nouveaux taux et des auditions je laisse toujours un encart à la fin en mode si vous avez un petit mot il n'y a aucune obligation des temps la plupart du temps les gens laissent un petit mot et ça moi c'est un vrai régal j'adore lire enfin bref les échanges humains c'est pour moi essentiel donc je suis ouais j'adore répondre donc n'hésitez pas si vous voulez venir parler en message privé c'est un grand grand plaisir après honnêtement si vous êtes 5000 à venir parler en même temps je risque de mettre un petit peu de temps mais j'y répondrai toujours en tout cas c'est vraiment dans ma façon d'être
Speaker 1et justement tu parlais du fait que des fois t'es obligée de refuser certaines oeuvres j'ai vu que t'as posté récemment un message qui disait je refuse je crois que c'était deux romans parce que les couvertures étaient faites à l'IA t'en as parlé rapidement tout à l'heure selon quels critères tu acceptes ou tu refuses des oeuvres et comment est-ce que tu gères ensuite la communication des refus parce que c'est jamais agréable de dire à un auteur je prends pas ton roman donc comment est-ce que tu gères le processus de sélection et l'annonce des refus? ça va être très simple pour l'annonce des refus je fuis je le
Speaker 2fais pas directement c'est mon côté fuir le conflit non non en fait pour expliquer un peu comment ça se passe donc pour ce concept des présentations des nouveautés auto-audition je lance un formulaire d'inscription où voilà toutes les infos sont demandées sur des consignes très claires très détaillées j'essaie à chaque fois que ce soit très détaillé très clair et voilà par exemple je dis pour la couverture faut que ce soit tel format de fichier tel etc etc enfin voilà et ça permet de faire une sélection parce que je le précise bien si les consignes ne sont pas scrupuleusement suivies le formulaire sera de fait invalidé parce que malheureusement je prenais ce temps-là avant mais maintenant je ne peux plus je ne peux pas prendre le temps de corriger chaque formulaire ce n'est pas possible avant je le faisais et quand j'ai remarqué qu'avant j'ai passé 3 heures mais littéralement 3 heures aller chercher la couverture de machin parce que je n'ai pas le bon format aller chercher le genre littéraire parce qu'il ne me l'a pas indiqué aller chercher le pseudo Instagram parce qu'en fait je ne sais plus qui c'est je suis en train de faire mes posts et du coup j'aimerais bien mentionner la personne mais j'ai oublié et elle ne me l'a pas dit et du coup je suis en train de la rechercher pendant 3 heures je perdais beaucoup trop de temps et c'est dommage donc du coup j'ai un formulaire très complet donc ça passe par ça et du coup voilà mon nouveau cheval de bataille à partir de cette année c'est que je lutte contre l'utilisation de l'IA pour générer des couvertures qui seront utilisées pour vendre des livres etc parce que c'est du vol tout simplement du vol du travail d'autres artistes ça a été maintes et maintes fois prouvé aujourd'hui il y a tellement de façons différentes tellement d'alternatives pour faire autrement pour ne pas utiliser l'IA pour ça donc à partir de cette année dans le formulaire du premier trimestre 2026 j'ai bien spécifié toutes les couvertures qui sont suspectées d'être de l'utilisation de l'IA seront de fait refusées et quand j'ai traité mon formulaire il y a quelques jours il y avait deux couvertures qui me paraissaient très très suspectes parce qu'on commence encore à savoir les discerner assez facilement et donc là voilà j'ai demandé conseil à plusieurs graphistes c'est ce dont j'ai parlé en story et j'ai également passé ces couvertures dans des détecteurs voilà d'IA et je suis allée également voir les deux personnes qui étaient à l'origine de ces couvertures pour avoir leur retour et c'est bien avéré que c'était l'IA dans les deux cas donc je leur ai dit ah désolé mais là c'est pas possible et moi je ne peux pas cautionner ça en fait donc je prends rarement position mais là pour moi c'était vraiment important de le faire donc voilà ça fait désormais partie de mes valeurs clairement affichées revendiquées et tout et tout
Speaker 1c'est une question que je me pose souvent alors je sais qu'il y a des détecteurs mais à l'œil nu comment est-ce qu'on reconnaît une couverture faite à l'IA alors bon je parle pas d'une couverture chat GPT parce que là c'est évident mais quels sont les indices qui nous permettent de voir qu'on est sur une couverture où il y a de l'IA par exemple quand tu vas voir
Speaker 2des malformations au niveau des mains un doigt en trop une main bizarrement dans un angle bizarre enfin qui n'est pas réaliste t'as aussi un espèce de filtre jaune les textures enfin c'est plein de petites choses comme ça qui m'ont mis de la puce à l'oreille il y avait une des deux couvertures où les yeux du personnage étaient très bizarres et je me suis dit mais ouais sinon là il y a un truc qui va pas il y a dans la deuxième couverture c'était les proportions le personnage central avait des toutes petites jambes et un très gros buste je me suis dit bah il avait pas fait
Speaker 1le leg day à la salle en fait c'est pour ça
Speaker 2ouais bah c'est ça c'est ça enfin il manquait quelques centimètres quoi enfin ouais c'est plein de petites choses comme ça après je pense honnêtement et c'est ce qui me fait peur c'est que dans les années à venir ça va être de plus en plus difficile de détecter ce qu'il y a ou pas mais en tout cas tant que j'y arrive je le fais et du coup quand j'ai refusé ces formulaires là je ne contacte pas les auteurs pour leur dire bonjour je refuse là je l'ai fait dans ces deux cas là parce que c'était spécifique il y a mais il y a deux formulaires qui ont en plus qui ont été invalidés de fait parce que les consignes n'ont pas été respectées correctement une des consignes qui en fait posent souvent problème c'est la couverture moi je demande uniquement la première de couverture format jpeg ou png tout simplement et bien il y a deux formulaires de deux personnes qui ont réussi à m'envoyer leur livre dans des mock-up déjà faits sauf que moi ça me pose problème parce que moi j'utilise mes propres mock-up donc je ne peux pas récupérer ça veut dire qu'il faut que je prenne le temps d'ouvrir un onglet à côté d'aller rechercher la couverture à côté de l'importer de la récupérer enfin c'est pas possible je ne fais plus ça aujourd'hui c'est pas possible ça me demande trop de temps donc de base je passe au formulaire d'après et c'est tout et du coup c'est déjà arrivé que des personnes m'ont envoyé des messages après les présentations en me disant bonjour je ne me suis pas vue dans les présentations pourtant je suis sûre d'avoir envoyé un formulaire et là du coup je prends le temps de dire bah oui c'est que t'as probablement pas suivi les consignes et malheureusement j'ai invalidé ton formulaire mais je prends pas du tout le temps de tirer aux personnes bah du coup j'ai refusé ton formulaire là j'ai pris le temps dans les deux cas des deux couvertures IA mais parce que je voulais aussi avoir leur avis à ces personnes et les deux ont été très honnêtes donc c'est très bien mais je trouvais ça un peu culotté puisque vraiment c'était écrit en gros en rouge dans mon formulaire mais elles auront essayé ça n'a pas marché mais sinon je prends pas le temps et parce que c'est du temps que je n'ai pas forcément enfin voilà puis j'ai pas les conflits donc j'ai toujours peur de me faire des conflits un petit peu engueuler quoi donc je fuis
Speaker 1ouais mais après enfin voilà c'est aussi c'est ce qu'on disait tout à l'heure le fait de se comporter comme un professionnel de lire les consignes enfin une maison d'édition quand elle refuse ton manuscrit elle t'explique pas spécialement pourquoi elle le refuse non plus après c'est du temps c'est ce qu'on disait tout à l'heure que tu peux pas forcément utiliser à faire autre chose t'es pas payé pour ça ce que tu fais est déjà très clair enfin au bout d'un moment c'est aussi aux gens de se responsabiliser alors ça fait jamais plaisir de voir qu'on n'est pas retenu mais c'est aussi toi ça te permet aussi bah déjà de te protéger de protéger ton énergie parce que c'est un peu l'envers du décor dont on parle pas toujours mais toi il y a aussi tout le travail sous-marin qu'on voit pas parce qu'il est pas publié sur les réseaux sociaux mais dépiler des formulaires trier, vérifier enfin ça c'est hyper chronophage oui donc si ça peut te déculpabiliser voilà c'est normal que tu doives aussi protéger ton temps sinon tu te retrouves à faire la secrétaire
Speaker 2bien sûr bien sûr enfin tu vois si tu peux te raconter un peu une petite anecdote qui m'est arrivée l'année dernière il y a eu vraiment une situation un peu conflictuelle ça m'arrive très rarement mais c'est arrivé en fait lié aux présentations des nouveautés auto-auditions il y a donc l'émission Souriez c'est auto-édité c'est lié à ce concept là parce qu'on présente enfin on échange avec des auteurs qui ont fraîchement auto-édité un livre avec Audrey et en fait pour cette émission dans le premier formulaire des inscriptions aux présentations on dit voilà si ça vous intéresse laissez votre mail et on vous enverra un deuxième formulaire moi ensuite je récupère cette liste de mails et je leur prépare le deuxième formulaire et je leur dis voilà l'émission se tiendra telle date de telle heure à telle heure ça se passera comme ci comme ça si vous êtes intéressé manifestez-vous dites oui ou non et vous serez pré enfin pré-inscrit vous serez dans la liste des personnes susceptibles voilà d'être invité mais ça ne vaut pas une inscription parce que nous on ne peut pas inviter 15 personnes parce que sinon l'émission a une durée de 15 heures c'est pas possible on va inviter que 4 personnes en tout cas jusqu'ici c'était 4 personnes donc on leur a dit voilà de dire oui ça ne vaut pas une inscription définitive quelques temps après voilà donc l'émission le formulaire se passe se clôture on fait notre choix avec Audrey des 4 invités qu'on allait recevoir j'annonce j'ai même pas c'était ça le truc c'est que j'ai même pas eu le temps d'annoncer j'ai juste annoncé en story les invités ont été contactés l'émission est en train de se préparer ça va être génial et tout et là j'ai même pas fait le poste officiel pour dire voilà c'est telle date telle heure à tel endroit et tout qu'un auteur fait un poste en m'identifiant et en identifiant Audrey en disant telle date telle heure tel endroit je serai sur l'émission etc qui n'était pas du tout un des 4 auteurs qu'on avait contactés et du coup je regarde ça et je me dis mais pourquoi il fait ça enfin je comprenais pas et surtout que moi je l'avais jamais contacté du coup parce qu'il faisait pas partie des 4 choix et je me suis dit ben vraiment je comprends pas d'où il sort cette info pourquoi il annonce son invitation alors que du coup il n'avait pas eu donc je lui envoie un petit message je dis ben voilà écoute je comprends pas ton poste est-ce que tu peux même le supprimer parce que du coup ça partage une info qui n'est pas vraie Moi, mon poste, il va arriver demain ou après-demain. Tu ne fais pas partie malheureusement des auteurs invités. J'en suis vraiment désolée, mais je ne comprends pas ce que tu fais. Et là, cette personne s'est énormément fâchée, presque à m'insulter, etc. Ce n'était pas évident à gérer. Honnêtement, c'est la première fois que je gérais une personne aussi virulente dans mes messages privés, où il m'a dit « Oui, mais je me suis engagée et puis je me suis annoncée auprès de ma communauté. » Donc là, tu me fais passer pour un clown, tu me fais passer pour un menteur. Et puis, j'avais prévu de passer dans un bar et que ce bar retranscrive en direct. Tu aurais pu avoir une visibilité de fou. Ça a pris des proportions. Et moi, j'étais en mode « Mais en fait, il y a juste une incompréhension de ta part. » Parce que moi, à aucun moment, je t'ai dit « C'était OK ». Enfin, je ne sais pas à quel moment toi, tu as compris ça, mais ce n'est pas du tout ce qui s'est passé de notre côté. Donc, je suis désolée si tu as mal compris et que tu t'es emballée un peu tout seule. Et ouais, c'était vraiment compliqué. Il a fallu quelques messages pour que le ton redescende. Alors moi, je suis restée toujours très correcte. Mais lui, vraiment, il était vraiment menaçant et insultant à me dire « Oui, mais c'est à toi de me trouver une solution. C'est toi qui m'as mis dans cette situation. » Je suis en mode « Bah non, en fait. C'est toi qui t'es emballée tout seule. Moi, je n'ai rien fait. Je ne t'ai jamais confirmé. Dans le formulaire, c'est bien écrit que ça ne vaut pas une invitation parce qu'on doit faire le choix avec Audrey, etc. » Enfin, c'était vraiment compliqué. Ouais, ce genre de choses, ce n'est pas le genre de choses qu'on voit et qu'on peut s'imaginer derrière parce que je suis sur Instagram depuis 2020. Donc, ça fait quand même six ans cette année. J'ai une communauté tellement bienveillante, tellement adorable, tellement toujours reconnaissante et gentille, etc. Enfin, pour ça, j'ai beaucoup de chance parce que ce n'est pas toutes les communautés qui sont aussi sympas. Mais la mienne, la plupart des personnes, enfin 99,9% des personnes qui me suivent sont des. C'est ce que je vais te dire, non?
Speaker 1On a la communauté qu'on mérite.
Speaker 2Ouais, c'est ce qu'on dit apparemment, c'est ce qu'on dit. Mais du coup, cet individu-là, c'était l'une des premières fois, puisque ça m'est arrivé peut-être deux fois depuis 2020, où voilà, on m'a parlé de manière aussi méchante, en fait, aussi horrible et presque à m'en faire culpabiliser. Et enfin, truc de fou, quoi. Enfin, vraiment, je suis en mode « Waouh, ça ne va pas ou quoi? » Et il ne faut pas oublier que.
Speaker 1Enfin, là, c'est un rappel. Pour celles et ceux qui nous écouteront, même si je ne suis pas trop inquiète sur le bon câblage des personnes qui nous écoutent, parce que moi, sur Vadé Rétro, je fais aussi assez attention aux gens qui sont dans ma communauté. Mais en fait, rien n'est jamais acquis. On est sur du contenu gratuit, c'est du bénévolat, il y a des règles. Rien n'est jamais dû, en fait. Et c'est vrai qu'on a certains et certaines autoristes qui, des fois, se permettent de faire les divas sortis de nulle part. Alors qu'en fait, on est tous dans le même écosystème, on est tous dans le même bateau. Et on est dans un écosystème qui est fragile. Et tu vois, un comportement comme ça, ça pourrait aussi te dégoûter, te dire « Bon, ben j'arrête » ou « Je ferme les soumissions à tel type de personne ». Enfin, ce type de comportement, ça nuit aussi à tout le monde. Donc, c'est important de se rappeler que c'est du bénévolat et qu'on est là pour s'entraider, quoi. Pas pour exiger les uns des autres. Parce que c'est quelqu'un, au final, qui prend sans rendre non plus en retour. Donc, voilà, il y a des comportements un peu comme ça depuis. Des petites cassettes qui sont parfois un peu gênants. Mais bien sûr, bien sûr.
Speaker 2Vraiment, c'était une escalade d'insultes, etc. Il m'a dit « Oui, pourquoi tu m'as fait passer, etc. » Moi, j'ai rien fait du tout. Honnêtement, les 24 premières heures, quand j'ai lu ces messages, je me suis sentie vraiment mal. À tort. À tort. Quelques heures après, enfin, quelques jours après, je me suis dit « Mais c'est pas à moi de me sentir mal dans l'histoire! » Mais sur le coup, ça m'a vraiment impactée. Alors, ça ne m'a pas impactée au point de me dire « J'arrête tout ». Mais dix comme ça? C'est de quoi faire des dégâts derrière, en fait. Et heureusement, c'est. Voilà, comme je dis, c'est très, très, très rare. Ça ne m'est arrivé que deux fois. Et tant mieux. Et pourvu que ça ne m'arrive plus jamais. Mais il faut être solide aussi. Quand on est sur les réseaux sociaux, il faut être solide et il faut se protéger. Honnêtement, il faut se protéger un minimum et garder une certaine distance. Tout en restant très authentique. Moi, je suis très authentique et, comme tu l'as dit, très accessible. Parce que c'est dans ma nature d'être comme ça. Mais si demain, tu viens me tenir ce genre de propos. Honnêtement, ce personnage. Là, j'ai pris vraiment beaucoup de temps. Et j'ai pris du temps à lui écrire beaucoup. Pour lui expliquer vraiment ce que je ressentais. Le pourquoi il y a eu l'incompréhension, etc. Mais en fait, ce genre de personne ne mérite pas forcément autant de temps et autant d'énergie. Mais j'ai été trop sympa parce que c'est mon côté trop gentil et comme ça. Mais si j'en ai quinze comme ça demain, clairement, je vais juste bloquer un but et on n'en parle plus. Je ne sais pas que ça a à faire. Tu auras des comptes à rendre à personne pour autant non plus. C'est ça. C'est ça, en fait. Sur les réseaux sociaux, on est trois milliards. Ce n'est pas pour que. Je me sente impactée par ce genre d'individu qui ne mérite pas mon temps, mon énergie, mes émotions.
Speaker 1Et je sais que ça arrive aussi réciproquement avec des auteuristes, avec certains lecteuristes qui peuvent être aussi très présents. Ce n'est pas parce qu'on est sur les réseaux sociaux. Tu as l'impression que quand on est sur les réseaux sociaux, on appartient aux gens. Oui. Et c'est très bien, je trouve, que tu rappelles qu'il y a des limites. Qu'il y a des choses qu'on ne peut pas se permettre, que c'est des êtres humains derrière. On ne peut pas tout dire et qu'on n'a rien à exiger, en fait. Et le fait que. Tu vois, tu as tenu ta position parce que tu aurais pu céder. Tu aurais pu dire, OK, je te fais une place si tu t'es engagée. Enfin, tu aurais pu céder. Et je trouve que le fait que tu ne l'aies pas fait, c'est important aussi.
Speaker 2Oui, bien sûr. Et c'est vrai que je le vois aussi dans certaines prises de parole d'autrices où elles disent, voilà, il faut arrêter de venir nous dire, on exige le tome suivant dans un délai de temps court. Ça ne marche pas comme ça, en fait. Même pour ces personnes qui, du coup, ont ce côté en plus monétaire, commercialisé, etc. Ce n'est pas au lecteur d'imposer quoi que ce soit. Ça ne marche pas comme ça. Ça ne marche pas comme ça du tout.
Speaker 1Surtout qu'après, derrière, l'auteur va faire un burn-out et ils ne vont pas comprendre pourquoi la saga ne se termine pas. Ne vous étonnez pas si vous nous pressez comme des citrons. C'est normal. Et je voulais revenir sur ce que tu disais tout à l'heure sur la monétisation. Donc, toi, tu as été très claire sur le fait que ce n'était pas du tout ton mindset, que tu ne voulais pas du tout monétiser ça pour des raisons de passion, tout simplement. Est-ce que tu as songé à externaliser certaines parties pour pouvoir t'en détacher parce que ça devenait trop? Ou est-ce que pour l'instant, le modèle, tu le gardes comme ça, tel qu'il est, et tu vas continuer de nous rajouter des projets par-dessus des projets?
Speaker 2Je pense que je vais rester telle qu'elle parce que c'est vraiment ma façon de fonctionner. Et j'ai essayé de me restreindre un projet par un projet, mais je n'y arrive pas. Je suis trop malheureuse. Je suis malheureuse comme les pierres, donc ce n'est pas possible. Mais par contre, c'est vrai que je ne me monétise pas et que je n'accepte pas les collabs qu'on peut me proposer. Mais j'ai quand même une page Tipeee où il est possible de me faire des dons parce qu'en fait, j'ai créé cette page Tipeee parce qu'on me l'a demandé. Ça fait bizarre de dire comme ça, mais j'ai plusieurs personnes qui m'ont dit « J'aimerais bien te soutenir un peu plus que ci, que ça. » Donc j'ai une page où je n'en parle presque pas. J'en fais mention juste dans mon formulaire de temps en temps en mode « Au fait, il y a une petite page si vous voulez soutenir. » Et c'est le seul moment où j'en parle. Et je ne suis même pas sûre si moi, dans ma newsletter, j'en parle. Je ne crois pas. C'est vraiment le seul moment où je le fais. Mais voilà, c'est la seule chose que j'ai mis en place. Et encore une fois, c'est ce principe de « il n'y a aucune obligation ». Parce que voilà, moi, je ne veux pas imposer ça comme je ne me l'impose pas non plus. Mais ouais, pour moi, c'était vraiment un choix qui s'est fait très, très vite et qui se maintiendra. Et je l'ai toujours dit et je le redirai s'il le faut. Tous mes contenus sont gratuits et le resteront ad vitam aeternam jusqu'à temps que Meurs s'en suive maintenant. Et en tout cas, moi, je vous invite.
Speaker 1Je vous invite quand même, même si elle nous dit que ce n'est pas obligatoire. Moi, je pense qu'on peut tous aller voir. Tipeee de Habi pour la soutenir. De toute façon, je mettrai le lien en bas de l'épisode pour qu'on puisse aussi aller soutenir le projet. Aucune obligation, bien sûr. Mais tu vois, je trouve que c'est très bien qu'on ait aussi cette porte-là pour te donner un peu d'argent si on le souhaite. Mais c'est aussi une manière de financer le temps que tu passes, les logiciels que tu payes. Parce qu'on n'en parle pas, mais tu as des frais aussi derrière. Donc, c'est aussi une manière, je pense, de te renvoyer la balle. Si tout le monde met 5 euros, tu as une communauté de 5000 personnes. Ça peut te faire un jour. C'est un joli petit billet à la fin. Donc, voilà, c'est aussi important de le dire. Non, non, moi, je trouve ça normal. Pour faire aussi de la création de contenu, je vois le boulot que c'est. Je suis admirative de tout ce que tu fais et de la visibilité que tu nous donnes. Parce qu'on le sait, c'est l'enjeu numéro un quand on est indé, qu'on n'est pas connu, surtout sur des premiers romans. Bien sûr. Justement, comment est-ce que tu mesures de tes services en termes de vente, en termes de visibilité pour les auteurs? Est-ce que tu as quelques chiffres à lui donner? Est-ce que tu as une idée un petit peu des retombées que ça peut avoir?
Speaker 2Absolument pas. Et c'est horrible, du coup. Absolument pas, parce que je ne suis vraiment pas du tout dans cette analyse-là de statistiques, de « Ok, quand je fais tel projet, ça a telle portée, ça provoque telle vente, etc. » Parce que je ne suis pas du tout dans ces trucs-là. Parce que du coup, je fais beaucoup de choses à l'intuition et de manière inconsciente. Donc, je ne suis vraiment pas dans ce schéma de pensée-là. Mais par contre, ce que je vois, ce qui est factuel, c'est que mon nombre de followers augmente régulièrement. Donc, ça veut dire des personnes qui suivent ce que je fais, donc fatalement des personnes qui participent à cette visibilité-là que je peux proposer. C'est vraiment ce que je propose. Et par contre, je le mesure surtout par des messages privés que je reçois ou des commentaires, parfois, pour certains de mes posts, où des personnes viennent me dire « Ah, ben, ça s'ajoute direct à ma pile à lire. Ah, ben, je l'ai acheté. Ah, ben, je l'achète. le mois prochain, etc. Ça, je le vois comme ça. Ça, c'est juste dingue. Clairement, quand il y a les présentations des nouveautés auto-éditions, c'est surtout là où je le vois. Où les personnes me disent, hop, allez hop, encore tel livre dans ma palle, tel livre dans ma palle et tout. C'est surtout à ce moment-là où c'est le plus flagrant pour moi. À chaque fois, moi, ça m'émeut et à chaque fois, ça m'émerveille. De la même façon, à chaque fois. Donc, c'est trop, trop cool.
Speaker 1Et t'arrives à toucher beaucoup de lecteurs parce qu'on sait que le monde de l'édition indépendante est un microcosme où finalement, tout le monde se connaît un peu plus ou moins, on se soutient, mais on dit souvent que c'est un réseau qui est consanguin dans le sens où dans nos communautés, on a tous beaucoup d'auteuristes. Les auteuristes lisent aussi, mais on sait que le but, ce serait quand même de toucher des lecteuristes. T'arrives quand même à toucher des lecteuristes, toi, sur ta communauté ou t'es plutôt sur une communauté d'auteurs et d'autrices?
Speaker 2Ce serait intéressant que j'essaye de deviner ça, de chercher pour vraiment avoir une vue beaucoup plus réelle des personnes qui me suivent. Mais à vue de nez, je pense qu'il y a 60% des personnes qui me suivent, qui sont des auteurs et des autrices, et 40% des lecteurs et des lectrices. Parce que c'est ce que je semble observer quand je regarde un peu les personnes qui me suivent et que je suis. Donc ouais, je dirais ce genre de choses. Mais après, c'est encore une fois pas fiable du tout, comme donné, mais c'est vraiment mon ressenti,
Speaker 1je pense que je suis à peu près dans ces proportions-là. Ce qui est plutôt propre, au final. 40%, c'est déjà pas mal de lecteurs et d'autrices.
Speaker 2Ouais, je pense que c'est vraiment ça, parce qu'effectivement, il y a beaucoup, beaucoup d'auteurs qui me suivent, mais une majorité, vu que mon cheval de bataille, c'est vous mettre en avant les auteurs indés, donc forcément, c'est les plus intéressés qui me suivent. Mais comme je fais cette valorisation-là en présentant leurs œuvres, du coup, il y a des personnes qui lisent, qui viennent et qui savent, qui me suivent pour ça. Je sais que de plus en plus, ces derniers temps, sur Thread, j'ai des personnes qui me mentionnent en mode, oh, si tu recherches des auteurs auto-édités ou des lectures auto-édités, ben, va voir le compte du portail de l'auto-édition. Ça m'est arrivé peut-être une dizaine de fois ces six derniers mois, et c'est dingue parce que ça ne m'arrivait pas avant, mais du coup, ce truc, ce sentiment de devenir une espèce de référence, tu vois, ben, déjà, ça fait super plaisir, déjà. Et puis, c'est révélateur de quelque chose. Ça veut dire que, ben voilà, les gens attendent tous les trimestres les nouveautés auto-éditions, et puis ils savent que, ben voilà, s'ils sont en vente d'idées, ben, ils savent que c'est là où il faut chercher, quoi. Attention, je ne suis pas la seule à faire ça. J'en vois de plus en plus, d'ailleurs, qui mettent en avant les sorties auto-édité, et tant mieux, parce que c'est encore plus de canaux de diffusion, encore plus de visibilité, et c'est génial, on n'a pas tous, voilà, les mêmes bulles, ce que je disais tout à l'heure, donc c'est trop bien, mais je pense que, comme je fais ça depuis un certain nombre d'années maintenant, que je suis un petit peu installée, et que j'ai de plus en plus de personnes qui me suivent, ben, du coup, forcément, ça commence à faire du bruit, c'est logique.
Speaker 1Et justement, donc, tu nous disais tout à l'heure que tu ne monétisais pas du tout ta communauté, tes services, donc on sait déjà qu'on ne peut pas te soudoyer avec de l'argent. Mais avec de la nourriture, oui. Ah, ça, c'est intéressant. On va avoir un colis, du coup. C'est clair. Comment tu fais, parce que on sait que c'est aussi un milieu qui est souvent accusé de copinage, l'édition. Comment est-ce que toi, tu gardes ton indépendance, je dirais, éditoriale dans ce milieu-là, parce que ça fait quand même depuis 2017 que tu y es, donc tu as quand même maintenant un sacré réseau et une communauté qui, d'un point de vue stratégique, peut être tout à fait appétissante, peut-être, pour certaines autrices. Comment est-ce que tu fais pour garder ton indépendance et rester équitable dans la manière dont tu répartis ta visibilité?
Speaker 2J'essaye, notamment, par exemple, là, dans mon concept des présentations des nouveautés aux éditions, j'essaye de rester objective. L'idée, ce n'est pas que je présente que des livres qui me plaisent à moi, mais juste les nouveautés auto-auditions. Donc, si les auteurs se recensent, ils seront présentés s'ils respectent les consignes, tout simplement. Mais je ne sais pas, parce que ça me semble un petit peu étranger, le copinage. Alors, évidemment, depuis toutes ces années, j'ai noué des relations. J'ai des personnes avec qui je parle régulièrement, qui, aujourd'hui, sont même devenues de très bonnes copines, enfin, voilà, avec qui on parle même à côté d'Instagram, etc. Forcément, c'est normal, c'est humain. Mais je n'ai pas cette sensation-là de prioriser des personnes, de prioriser des choses comme ça, parce qu'en soi, tous mes projets sont faits pour valoriser les auteurs auto-audités, quels qu'ils soient. Donc, à partir du moment où tu es auto-audité et que ton projet correspond à ce que je recherche dans mon concept, tout le monde est là bienvenu.
Speaker 1Enfin, tout simplement. Et oui, pour ça, je trouve ça top. Bravo. On parlait un peu de l'envers du décor tout à l'heure. On a parlé de cette personne qui s'était potentiellement mal comportée, de l'organisation qu'il y avait derrière. Est-ce qu'il y a d'autres choses qu'on ne voit pas justement dans les coulisses, quand on gère des médias et des projets comme les tiens? Qu'est-ce qu'on ne voit pas?
Speaker 2On ne voit pas forcément tout le temps que ça demande la création des postes, ne serait-ce que déjà juste l'étape de la réflexion. Des fois, je peux passer une semaine à cogiter sur un concept parce que je sais qu'il est bien, mais j'ai envie de le développer un peu plus et de me rendre compte de comment il peut se mettre en place, etc. Donc, ça va être des heures de réflexion, où je reste vraiment dans mon canapé, sous mon plaid, à me dire, bon, ok, si je fais ça comme ça, comment je peux le mettre en place? De quelle façon? Il faut que ce soit compréhensible pour tout le monde. C'est quoi le but derrière? Il faut que ce soit pas trop chronophage, mais en même temps, il faut que je puisse recueillir telle donnée, etc. Donc, il y a beaucoup, beaucoup de réflexions. Et puis, oui, du coup, toute la partie création que je vais appeler graphique, donc tout ce qui est création de contenu pur, donc les postes, etc. Donc, aujourd'hui, ce qui est bien, c'est que j'apprends aussi avec les années, c'est que j'ai des templates, maintenant, vierges, que je peux réutiliser. Et ça fait gagner un temps monstrueux. Les présentations, aujourd'hui, les nouveautés auto-auditions, si on regarde, ça a la même tête. C'est la couverture qui est au centre du poste. Il y a un fond qui reprend la couverture légèrement floutée. Le texte, il est toujours au même endroit. Parce que je garde mes templates. Au début, je les gardais pas du tout. Donc, au début, j'en recommençais tout. Donc, ça me prenait encore plus de temps. Mais maintenant, voilà, en fonction de mes concepts, j'ai mes templates. Et donc, j'ai plus qu'après à remplir en fonction de ce que je fais, etc. Ce qui est aussi très, très demandeur en termes de temps, c'est le montage. Dès que je fais un petit peu d'audio pour le podcast ou un petit peu de vidéo, qu'est-ce que ça prend du temps, forcément? Parce qu'il faut dérusher. Donc, il faut réécouter. Se réécouter, ça, c'est aussi un grand travail parce qu'il faut aimer se réécouter. Ça, j'avais eu beaucoup de mal au début. Maintenant, ça va. Mais il faut se réécouter. Il faut couper les mauvais moments. Il faut améliorer la qualité du son. Quand tu ne t'y connais pas au départ, il faut que tu ailles chercher comment faire. Donc, ça prend du temps aussi. Et encore plus pour le montage vidéo où, voilà, il faut faire attention à la lumière, etc., que ce soit un peu dynamique, mettre une intro, tout ça. Répondre un petit peu au code de YouTube pour que ce soit un petit peu accrocheur, en fait, sur la plateforme. Donc, il y a toute cette partie aussi de recherche, etc. Donc, oui, il y a tout ça qui ne se voit pas forcément. Mais j'aime bien un petit peu en parler, ça, justement, dans mon canal pour dire, ben voilà, j'ai passé tant de temps à faire ça ou là, je suis en train de faire ça. Enfin, ça donne une petite idée, en fait, de tout ça. Mais, ouais, globalement, c'est ça qui demande le plus de temps, quoi, en fait.
Speaker 1Donc, du coup, tu disais que tu avais lancé le portail en 2017. Donc, ça fait quand même un moment. En 2020. 2020, pardon. Passionné depuis 2017 et le portail depuis mai 2020. 2020. Donc, ça va faire quand même bientôt six ans. Ouais, c'est fou. Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour toi quand tu regardes un peu la rétrospective de ces six dernières années? Tu en as fait des choses. Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour toi et est-ce qu'il y a quelque chose que tu aurais fait différemment maintenant à choisir? Ce qui a été le plus difficile pour moi,
Speaker 2c'est, ben, d'apprendre à optimiser mon temps. Pour, justement, pas perdre de temps à aller chercher des infos que je pourrais au préalable demander parce que c'est de la perte de temps inutile et c'est dommage. Après, honnêtement, je pense que j'ai toujours su, quand même, plus ou moins bien me protéger. Ce qui est un peu dur, c'est de ne pas trop parler de ma vie privée. Je le fais, peut-être un peu trop, parfois, mais j'essaye de faire attention à ça parce qu'on n'est jamais à l'abri, parce que ça reste les réseaux sociaux, parce que ça reste un espace public. Donc, par exemple, quand je pars en voyage, j'essaye de, quand je pars hors de chez moi, j'essaye de pas forcément dire où est-ce que je vais ou je le dis, genre, quatre jours après que je sois rentrée, quoi, tu vois. Donc, garder toujours ça en tête, en fait, de faire attention à ça. Qu'est-ce que je ferais différemment, en vrai, pas grand-chose, parce que tout ce que je l'ai fait m'a servi aujourd'hui, m'a fait apprendre plein de choses. Par exemple, histoire des templates que je racontais tout à l'heure. Voilà, aujourd'hui, je sais que je garde, quand je crée un concept, je garde mes templates quelque part. Comme ça, ça m'évite de recommencer, de perdre de temps. Ouais, non, j'aurais rien à changer, en fait, parce que je vois aussi mon évolution comme ça. Et ça, c'est chouette. C'est vraiment chouette.
Speaker 1Et je rajoute juste un truc qui est super important en termes de vigilance, parler du fait de ne pas dire où est-ce qu'on va. Ça, c'est évidemment important, parce qu'on ne sait pas sur qui on tombe. Je vous rappelle qu'il y a une fonction sur Instagram qui s'appelle localisation, qui montre à chaque fois que vous postez quelque chose, où vous êtes. Pensez bien à la désactiver, parce que sinon, si vous postez depuis chez vous, on voit où est votre maison. Donc, pensez bien à désactiver dans les paramètres d'Instagram la fonction de localisation, parce que, comme tu l'as très justement dit, ça reste du domaine public, et vous n'avez pas forcément dans votre communauté que des gens que vous connaissez. Il peut y avoir des gens plus ou moins bien attentionnés, donc soyez très vigilants, surtout vigilantes, parce que malheureusement. On sait qu'on est quand même un peu plus à risque à ce niveau-là et désactiver cette fonctionnalité qui ne sert à rien.
Speaker 2Bien sûr. En fait, l'un des effets, je trouve, un peu l'un des dark sides, un peu l'un des effets obscurs, pervers des réseaux sociaux, c'est que comme c'est assez facile de discuter avec les autres personnes, parce que c'est fait pour, c'est le principe même d'un réseau social, c'est que tu as l'impression de très, très vite, quelques messages de temps, d'être la copine d'eux, de connaître les personnes comme si tu faisais partie de son entourage proche, sauf que ce n'est pas forcément le cas. Donc, tu peux être vite tenté de partager des infos personnelles, etc. Par exemple, moi, je ne dis pas forcément où est-ce que j'habite. Tout à l'heure, j'ai dit que j'habitais pas loin des imaginales, etc. Mais les informations un peu plus privées, je ne les partage pas avec tout le monde, je ne les partage pas comme ça. C'est vrai qu'il faut garder ça en tête, qu'un réseau social reste un endroit qui peut être dangereux parce qu'on ne sait jamais vraiment qui est la personne en face, et on ne sait jamais, comme tu disais, si elle est bien attentionnée ou pas. Et j'ai déjà entendu des histoires de personnes qui se faisaient harceler par des personnes très, très malveillantes. Et c'est dommage. On n'est jamais à l'abri.
Speaker 1Il faut toujours être prudent et prudente. Et je pense que c'est bien, en effet, de le rappeler parce qu'il y a ce sentiment de sécurité dans Instagram. On se sent aussi dans notre communauté. Tu as déjà eu, toi, des haters, comme on dit, des gens qui sont venus te chercher des noises dans les commentaires, parce que je sais que, surtout celles et ceux qui débutent sur les réseaux sociaux, on a tous cette peur de « Ah non, au secours, les gens vont venir m'insulter », alors qu'en fait, dans la vraie vie, il ne se passe rien. Moi, j'ai eu un commentaire négatif en un an et demi que je suis sur les réseaux avec deux comptes, donc c'est pour te dire. Est-ce que toi, tu en as eu parce que tu as beaucoup de visibilité? Ça t'est arrivé, toi, d'avoir des commentaires négatifs? Et comment est-ce que tu les gères?
Speaker 2Honnêtement, pas du tout. Et je pense que j'ai beaucoup, beaucoup de chance. Et je pense que c'est aussi lié à la communauté et à la niche dans laquelle j'évolue, en fait, parce qu'il y a des domaines qui vont être plus propices à ce genre de choses. Par exemple, des créatrices de contenus culinaires ou mode ou lifestyle, forcément, elles vont être plus sujettes à des commentaires qui vont être peut-être plus virulents, plus agressifs, je ne sais pas. Mais en tout cas, je touche du bois, je touche du sang. C'est peut-être aussi une partie de ma chance, parce que j'ai beaucoup de chance dans la vie, honnêtement. Je pense que j'ai une bonne étoile qui veille sur moi. Mais depuis que je suis sur les réseaux sociaux, ou alors, si j'en ai eu, je ne m'en souviens plus. C'est parce que mon cerveau a fait le tri. Mais j'ai eu beaucoup de chance à ce niveau. Je n'ai jamais trop eu de haters, etc. Donc, tant mieux.
Speaker 1Et j'espère que ça continuera comme ça encore très longtemps. Parce que pourtant, l'auto-édition, on sait qu'il y en a certains dont c'est la passion de taper sur l'auto-édition, en en parlant un peu en introduction, en disant que c'est des torchons, que ce n'est pas pro. Et toi, justement, via ton travail, tu contribues à démocratiser une vision professionnelle, structurée, compétente de l'édition indépendante. C'est pour ça que tu aurais pu aussi avoir des gens qui se perdent dans les commentaires. Ils viennent mettre leur avis qu'on ne leur a jamais demandé. Mais si tu n'en as pas, c'est bon signe. Ça veut dire aussi que ça commence à se structurer et que ça commence à être une idée répandue. Bien sûr. Moi, clairement, je
Speaker 2vois une évolution certaine. Entre 2017, où je suis tombée dedans, et aujourd'hui, presque dix ans après, il y a eu une évolution.
Speaker 1Et ça se voit. À quel niveau? Parce que ça tombe bien, c'est la question que j'allais te poser. Comment, selon toi, a évolué à la fois le marché, mais aussi peut-être la posture et la manière de travailler des auteuristes depuis 2017? Qu'est-ce que tu as vu comme changement? En fait, ce qui a changé, principalement,
Speaker 2et tant mieux, je pense que c'est ce qui fait aussi un peu plus terre et c'est ce qui étouffe un peu plus les commentaires un peu anti-auteurs indés, c'est que les auteurs et les autrices aujourd'hui se professionnalisent de plus en plus et proposent des livres d'une bonne qualité. Parce qu'aujourd'hui, il y a tellement de ressources qu'elles soient payantes ou gratuites, d'ailleurs. Il n'y a pas forcément besoin de mettre la main au porte-monnaie pour y accéder. Il y a tellement de tutos, il y a tellement de vidéos, de podcasts, d'expériences, des ressources, des sites. Il y a plein de choses. Il y a vraiment plein, plein de choses. Il y a beaucoup, beaucoup d'outils qui permettent de proposer, de savoir comment faire pour proposer des œuvres de qualité. Et moi, je le vois comme ça parce qu'en 2017, il y en avait déjà des œuvres de qualité, mais il n'y en avait pas autant. Et ce que j'ai également vu comme évolution, c'est le nombre de personnes qui écrivent, le nombre d'auteurs et d'autrices. Et ça, ce n'est vraiment pas seulement un ressenti personnel parce que c'est aussi pour être un biais parce que je suis dans cette niche et que j'évolue que dans cette niche, donc je ne vois pas ce qui se passe autour. Mais ça, ce n'est pas seulement un ressenti. Amazon, notamment par la proposition Coffre Amazon avec ADP Select, etc., ça crée une espèce d'explosion encore plus avec le passage du Covid, d'ailleurs, d'auteurs et d'autrices qui se sont lancés, qui se sont dit « Ah bah oui, mais c'est possible, donc je le fais et en plus, je peux bien le faire. » Donc, il y a eu vraiment une explosion à la fois de quantité et de qualité et ça, c'est juste génial à voir parce que du coup, ça veut dire que c'est possible de le faire si on veut bien faire les choses aujourd'hui.
Speaker 1C'est marrant ce que tu dis parce que c'est exactement le cheminement que moi j'ai fait quand j'ai renoué avec l'écriture. J'écrivais beaucoup quand j'étais gosse et j'ai tout coupé en me disant « Je ne serai jamais édité, il faut être touché par la grâce. » Voilà, c'est ça, les lumières de la Sainte Maison d'édition. Et en fait, c'est le fait de savoir que l'auto-édition existait qui m'a fait me dire « Ok, j'y vais. Par contre, je ne fais pas n'importe comment. Je me forme, je fais ça carré de A à Z, mais par contre, il est hors de question qu'un éditeur puisse avoir droit de vie ou de mort sur mon livre. » Et ce que tu disais, en fait, je pense qu'on est nombreux à avoir déterré nos rêves de gosses quand on a vu que c'était possible de s'éditer en indépendant. Après, pour moi, le marché se segmente en deux. Il y a ceux qui s'éditent sans se soucier des conséquences et de la structure qu'il faut avoir sans vraiment envisager ça de manière professionnelle. Et il y a, pour moi, une deuxième partie du marché qui se comporte vraiment comme des entreprises qui investissent, qui s'entourent, qui montent des équipes, qui structurent vraiment son travail. Et j'ai vraiment l'impression que le marché, c'est ma vision et je veux bien ton avis aussi là-dessus, va se scinder en deux, tu vois, en termes de. Il y aura vraiment ceux qui sont. Moi, j'appelle ça l'édition indépendante parce que je trouve que le terme auto-édition, aujourd'hui, il regroupe tout un fatras et il n'est pas vraiment représentatif de la diversité des livres qu'on peut avoir. J'ai vraiment l'impression que ça va se diviser en deux parties, ceux qui publient sans trop se soucier de la qualité ou des conséquences, tu vois, notamment avec de l'IA, et ceux qui font les choses correctement.
Speaker 2Oui, bien sûr. Et je pense qu'il y a même un troisième groupe qui va émerger, c'est que ceux qui veulent bien faire les choses, mais sans forcément en faire vraiment. une entreprise viable, genre sans forcément vouloir en vivre. Je vois vraiment ce troisième schéma se dessiner. Tu as ceux qui se disent « Ok, moi, je veux publier mon livre, je veux bien le faire, mais ça ne m'intéresse pas d'en vivre, mais voilà, je peux le faire, donc je le fais, c'est cool. » Tu as ceux qui, comme tu dis, le font sans aucun remords et font ça un peu n'importe quoi et ces gens-là participent à l'entretien des préjugés sur l'auto-édition et c'est des gens qui clairement ne sont pas bienvenus sur mes réseaux sociaux et que je ne suis même pas. Et tu as ces gens qui en font vraiment des. des business plans, qui en font tous des stratégies, etc. Et. c'est dingue tout ce qui est possible de faire et tout ce qui monte comme projet autour de leurs œuvres, etc. Enfin, qui investissent vraiment, qui prennent des risques financiers et des fois ça paye, des fois ça ne paye pas. Et voilà, qui aussi réfléchissent à leur évolution. Enfin, voilà, ils montent vraiment une auto-entreprise vraiment très, très sérieuse et très solide, etc. Ouais, pour moi, il y a vraiment ces trois. ces trois schémas-là qui effectivement vont prendre chacun leur voix et je pense qu'il faut juste étouffer ceux qui ne veulent pas faire les choses correctement. De loin, on les met dans un petit coin, là, parce qu'ils ne participent pas non plus à la qualité de la communauté et je trouve que ces gens-là, ils ne font aucun effort parce qu'aujourd'hui, comme je disais, il y a tellement de ressources, tellement d'outils, tellement d'informations, ce serait hypocrite, de dire « Ah, mais je ne savais pas! Ah, mais je ne sais pas comment faire! » Non, non, non, aujourd'hui, tu ne peux plus dire ça. C'est comme tu ne peux plus utiliser de l'IA sans savoir que c'est du voile, du travail d'artiste, etc. Aujourd'hui, pour moi, c'est clairement se fermer les yeux, se fermer les oreilles et faire genre. Mais en fait, non, non, c'est juste être hypocrite et pas faire les bons choix. Aujourd'hui, tu ne peux plus. En 2026, ce n'est plus possible, quoi, vraiment.
Speaker 1Et justement, pour ce qui est de l'IA, je sais que c'est vraiment quelque chose qui inquiète beaucoup le monde de l'édition. On a vu récemment, Arlequin, qui faisait traduire d'abord par de l'IA et ensuite revérifié par des traducteurs. Quelle place tu vois pour l'IA dans notre milieu d'ici maximum cinq ans, parce que ça va tellement vite que je pense notamment, par exemple, aux traductions audio ou aux traductions tout court. Comment est-ce que tu vois l'IA évoluer dans les prochaines années et dans notre milieu? J'ai
Speaker 2l'impression que ça va devenir incontrôlable et ça fait peur. Mais moi, je pense que je vais me calquer un peu sur la façon de penser, la façon de concevoir et de faire avec qu'a Alexandre Astier à ce sujet. C'est-à-dire que lui, de ce que j'en ai entendu en tout cas ces derniers temps, c'est que lui, il utilise l'IA non pas pour créer, mais pour améliorer ce qu'il a créé. Je ne sais pas comment dire. Mais par exemple, pour écrire un script, il l'écrit, lui, mais il cède de l'IA pour aller traquer les incohérences. Dans ce cas-là, moi, je trouve ça OK. Parce que du coup, ça veut dire que le projet de de base, ne vient pas de l'IA. Tu vois ce que je veux dire? Mais c'est toujours dans une certaine mesure, parce qu'il ne faudrait pas non plus que tu viennes en fait grappiller le travail et la qualité humaine qu'il y a derrière, donc dans une certaine mesure. Ce serait, selon moi, je ne trouve pas le terme, mais ce serait bête de ne pas utiliser l'IA, parce que ça fait partie de notre technologie aujourd'hui, c'est évolué à une vitesse folle, et ça nous permet plein de choses. Et l'IA, ça explose là ces dernières années, telle qu'on la connaît, parce que voilà, il y a eu TDPT, parce que Yassi, parce qu'il y a Gemini, machin, machin. Mais en fait, ça fait des années et des années que ça existe. C'est pas nouveau. La forme que ça a aujourd'hui, c'est nouveau, donc on a l'impression que c'est révolutionnaire, etc. Mais enfin, c'est pas nouveau en soi. Il faut juste savoir dans quelle proportion on l'utilise, et dans quelle proportion on lui accorde de la place dans nos créations. Moi, demain, j'ai franchement pas envie de voir les artistes tels qu'on les connaît aujourd'hui disparaître, parce qu'ils ont quand même une patte humaine qu'une IA n'aura jamais, vu que l'IA ne fait qu'apprendre et reproduire, alors que l'humain, lui, il crée de toutes pièces. Donc, c'est différent. Dans tous les corps de métier, je parle pas forcément les graphistes, mais les correcteurs également, quand ils corrigent, c'est pas froid. C'est OK, moi, je pense que cette correction, ça marche mieux pour ci, pour ça. Évidemment que t'as les règles de français, de grammaire, etc. Mais c'est pas que ça, c'est aussi les tournures de phrases, etc. Enfin, je pense que c'est vraiment tout. Et quand t'es auteur et que tu écris, c'est pareil. Quand t'écris, c'est en général avec tes émotions. Et ça, l'IA n'a pas ça. Et à mon avis, il n'aura jamais, même s'il peut faire semblant d'eux.
Speaker 1Il y a un truc aussi qui est très important d'avoir en tête. Alors, moi, je te rejoins complètement. Je pense que l'IA, c'est la prochaine révolution. Quoi qu'il arrive, c'est là, en fait. C'est comme si tu refusais Internet. Pour moi, c'est. Le truc est là. Par contre, on a le choix d'apprendre à se former et à l'utiliser de manière éthique. Parce qu'on peut aussi, comme tu l'as dit, s'en servir pour faire plein de choses super. Et je pense qu'il y a un deuxième point aussi qu'on oublie souvent, c'est que l'IA dépend de notre capacité aussi à l'accepter en tant que consommateur. Et ça, il ne faut pas oublier aussi qu'en tant que lecteur, consommateur de musique, client, on a aussi le choix de dire en fait, ça, je refuse. Et je pense que pour moi, tu vois, ça va faire comme beaucoup de technologies, ça va aller à fond. Et puis, au bout d'un moment, on va dire non, mais là, c'est trop, on en a marre. Et ça va redescendre et ça va se stabiliser. On voit beaucoup d'entreprises qui bossent avec de l'IA, tu vois, les serveurs vocaux, les trucs comme ça, c'est insupportable. Moi, je sais que c'est ce genre de truc-là où je vais le rejeter. Et en fait, il y a des choses, si on les accepte pas en tant que consommateur, les marques feront aussi marche arrière. Tu vois, Arlequin, ça a soulevé un tollé. Donc, c'est aussi à nous, dans nos choix, à la fois d'investissement en tant que professionnel et de lecteur, de voir où est-ce qu'on met notre argent et de dénoncer les comportements derrière. Le problème, moi, ce qui me fait un peu peur, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui veulent lire toujours des sorties, tu vois, de plus en plus rapprochées, et qui seront pas trop regardants si le livre, il a été traduit avec de l'IA parce que le tome 2, il sort un mois et demi après le tome 1, tu vois. Moi, c'est un peu ça qui me fait peur. C'est pour ça que je trouve que les lecteurs aussi ont vraiment un rôle pour se responsabiliser par rapport à ça. Parce que je sais pas ce que t'en penses, mais j'ai pas l'impression que ça allait si vite en 2017. Et j'ai l'impression qu'aujourd'hui, les autoristes sont pressurisés comme des citrons, et on va pas se sentir. Enfin, quand t'es autoriste indépendant, l'IA, t'en as besoin, en fait, pour t'aider sur ta stratégie, potentiellement ta création de contenu. C'est un outil, c'est un assistant. Quand t'as pas de budget, t'es quand même obligé de trouver des moyens pour te dégager du temps. Oui, bien sûr.
Speaker 2Bien sûr, non, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, les lecteurs vont être de plus en plus exigeants, mais à quel. à quel niveau? Et surtout, faut pas que les lecteurs oublient que plus ils sont exigeants, plus ça va venir impacter la qualité, en fait, derrière des œuvres qui leur seront proposées. Comme tu dis, si on rentre un peu dans ce. dans ce schéma de consommer toujours plus, toujours plus vite, fatalement, en face, les auteurs et les autrices restent des êtres humains, donc ils ne peuvent pas produire plus vite que leur capacité d'être humain, en fait. C'est pas possible. Et ouais, c'est vrai que là-dessus, les lecteurs et les lectrices, ils ont un rôle très très important, et tu vois, c'est pour ça que pour moi, c'était vraiment très important de prendre position vis-à-vis de l'IA. Ça me démangeait déjà un petit peu l'année dernière, mais comme je ne l'avais pas dit dans mon formulaire, je ne me voyais pas faire marche arrière, je ne trouvais ça pas très honnête. Mais là, à partir de cette année, pour moi, c'est vraiment écrit en rouge, en mode « Bah voilà, si vous utilisez l'IA, c'est non, parce qu'il existe des alternatives, que c'est possible de faire sans pour les couvertures, etc. » Évidemment que rejeter entièrement la technologie, c'est se fermer et. à l'avancée de l'espèce humaine en général. Comme tu dis, aujourd'hui, par exemple, tout le monde n'a presque un téléphone. Enfin, c'est tellement devenu quelque chose d'important dans notre quotidien. L'IA est en train de prendre cette place, mais il faut lui accorder la place qui lui est due et pas la laisser tout manger.
Speaker 1Ce n'est pas possible. Oui, et apprendre à s'en servir. Pas faire des recherches Google avec ChatGPT. Et tu vois, je lisais un article tout à l'heure. En fait, le fait qu'on ne nettoie pas, par exemple, nos boîtes mail, ça consomme énormément sur les data centers. Et en fait, c'est vrai qu'on nous vend souvent l'IA comme un espèce de truc tentaculaire. Je ne dis pas que c'est bon pour la planète. Je dis qu'il y a d'autres choses qu'on fait déjà qui sont pires que l'utilisation de l'intelligence artificielle.
Speaker 2Mais complètement, complètement. Et en fait, aujourd'hui, j'ai l'impression que les générations d'après qui baignaient complètement dans l'IA, etc., sont complètement déconnectées de l'impact que peut avoir l'IA aujourd'hui sur l'espèce humaine en général. Et c'est dommage parce que ça fait peur. Parce que tu te dis non, je ne sais pas trop dans quel monde on va aller si personne, si on ne se rend pas compte, s'il n'y a pas de prise de conscience, mais il faut être vigilant. Et du coup, si nous, on a ce petit pouvoir-là, il faut l'utiliser et il faut prendre position et il faut se faire entendre et il faut refuser et ça aura forcément un impact. Là, pour prendre un exemple, le cas de la Dark Romance qui a tourné, etc., je crois que ça s'est passé en 24, 48 heures. Il y a eu plus de 60 000 signatures sur une pétition qui a tourné absolument partout. Moi, je ne voyais plus que ça dans mon feed Insta, Trade, etc. Mais il y a eu un vrai impact derrière. Ça a été concret. Donc, ça veut dire qu'on a encore quelque chose à jouer. Il y a quand même un rôle encore à tenir et
Speaker 1autant profiter de ce pouvoir-là. Je suis totalement d'accord avec toi et je pense qu'on peut clôturer la première série de questions là-dessus. On va arriver en clôture d'épisode. Donc, je vais te poser trois questions sur les péchés, les plus grands péchés du monde du livre et je suis curieuse d'avoir ton avis. Mais tu as dit que tu allais à confesse. Interdit de mentir sinon le diable prendra ton âme. Premier péché, en ce qui concerne le marché, quel est, selon toi, à ce jour, le plus gros péché du marketing du livre aujourd'hui que personne n'ose dire sur le marché du livre? Faire des beaux livres
Speaker 2au détriment du contenu. Non, mais c'est terrible. Après, j'avoue, moi aussi, j'ai des beaux livres au jaspe dans ma bibliothèque. Relier, jaspe, tout ce qui va avec vernis, dorure, argenture, machin. Mais j'ai peur, j'ai très, très peur, je ne me suis pas penchée sur le sujet, mais j'ai très, très peur que les auteurs, les autrices, privilégient la forme plutôt que le fond, et du coup, concentrent 90% de leurs efforts, de leur sérieux et de leur attention sur, il faut absolument que je propose un objet livre, parce que c'est ce qui se vend. Donc, voilà, faites pas ça, s'il vous plaît, je vous en prie.
Speaker 1Ça finit par se voir au bout d'un moment, je suis tout à fait d'accord avec toi. C'est ça. Péché numéro 2, qui concerne les auteurises, cette fois, quel est le péché le plus fréquent que tu observes chez les auteurises
Speaker 2indépendantes? Vouloir publier trop vite. Ok, c'est super surexcitant, et j'en sais quelque chose, parce que du coup, je suis passée par là et j'ai fait absolument n'importe quoi, donc ne suivez pas ce que j'ai fait, parce que vraiment, j'ai respecté aucune règle de démarche légale, de mise en page, enfin vraiment, il n'y avait rien qui allait. Mais vouloir publier beaucoup trop vite, c'est super frustrant de se dire, ok, entre le moment où je commence à écrire, où j'ai mis le mot fin, et le moment où je vais tenir mon livre dans la main, il va se passer un certain nombre de jours, de semaines, et même de mois, parfois même d'années, parce que ça dépend, ça dépend de plein de choses, mais il y a plein d'étapes très cruciales, entre, qui comptent, et qui permettent de proposer un livre de qualité à la fin. Le passage par des bêta-lecteurs, même des alpha-lecteurs, bêta-lecteurs, correcteurs, illustrateurs, maquetteurs, enfin, il y a toutes ces choses-là qui comptent, qui ont beaucoup, beaucoup d'importance, donc vouloir dire ah bah, je vais écrire mon livre et puis le publier dans la foulée sans faire passer par toutes ces étapes-là, c'est plus possible aujourd'hui, donc ça non plus, il ne faut pas faire, plus faire.
Speaker 1Et ça revient souvent, tu vois, quand j'en discute avec des auteuristes indés, quand je leur demande ce qu'elles auraient changé, elles auraient dit, bah, j'aurais pris plus le temps, si j'avais su.
Speaker 2Bah oui, parce que mine de rien, ça a beaucoup d'impact sur le après, parce que moi j'en vois des fois des auteurs qui disent, ah là là, mais je comprends pas, j'ai publié mon livre et ça se vend pas, mais tu vois que en fait, tu vois un poste qui dit, bonjour, j'ai fini d'écrire mon livre, et un poste qui dit, voilà, mon livre est publié. Bah oui, non mais, enfin, malheureusement, ça ne peut plus marcher comme ça aujourd'hui. Il y a plein de choses à mettre en place et t'as tout ce travail de la correction, enfin, je refais pas tout le listing, mais t'as aussi toute cette part de communication à mettre en place. Il faut faire monter un peu l'attente, il faut en dévoiler un petit peu, enfin, voilà, il faut créer tout ça et si tu brûles les étapes,
Speaker 1bah, ça marche pas, quoi. C'est logique. Et dernière question qui va te concerner, toi, quel est le péché que toi, en tant que média, tu dois surveiller pour rester crédible? Ne pas devenir un panneau publicitaire.
Speaker 2Parce que personnellement, quand je suis des créateurs et des créatrices de contenu, quand je vois beaucoup beaucoup de postes sponsorisés par Triuc Truc, machin et tout alors, personnellement je trouve ça chouette parce que ça leur permet de vivre de leur passion et tout ça, mais je trouve que ça lisse un petit peu aussi les valeurs de la personne et ça me dérange de voir ça, pas parce que c'est chez les autres mais parce que ça reflète ce que je ne veux pas devenir en fait, moi j'ai tellement peur que ça ait un impact sur mon authenticité que j'ai vraiment pas envie de ça et c'est une des raisons qui fait que je refuse d'être monétisée et tout ça parce que je ne veux pas qu'il y ait ce risque là qu'elle soit un petit peu tachée par ça c'est vraiment devenir un panneau publicitaire
Speaker 1sur Instagram je trouve ça super intéressant comme retour mais après c'est cohérent avec ce que tu nous dis depuis le début sur la monétisation voilà on a parlé de beaucoup de choses je repasse les questions rapidement j'ai l'impression qu'on n'en a pas oublié est-ce qu'il y a un sujet qu'on n'aurait pas abordé dont tu aimerais qu'on parle juste les auteurs et les autrices continuez de nous faire rêver
Speaker 2faites-le bien, c'est tout ce qu'on demande en tant que lecteur et lectrice et puis voilà, vive l'auto-édition
Speaker 1quoi finalement et quel meilleur moyen pour clôturer ce podcast merci Abby, franchement j'ai pas vu l'heure passer ça fait une heure et demie c'était super intéressant j'ai vraiment pas vu l'heure et demie passer merci pour tout ce que tu fais je te le redis mais je le pense vraiment sincèrement pour tout ce que tu fais pour tout le temps que tu passes, toute l'énergie la sincérité que tu mets j'espère que tu vas toi continuer de nous faire rêver encore longtemps avec le portail et avec tes 10 000 projets qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite avec le portail quel serait ton plus beau projet celui qui te fait rêver et que tu aurais envie de lancer
Speaker 2mon projet secret, mon désir le plus fou si demain il y a un génie qui te dit ok je te l'exhauste tout de suite c'est de créer mon propre salon du livre c'est mon rêve ultime de toute la vie je sais que ce sera jamais un rêve atteignable sauf si demain je deviens milliardaire mais c'est toujours beau d'avoir des rêves comme ça très très inatteignable mais ça serait de créer mon propre salon du livre avec plusieurs salles plusieurs pièces et que chaque pièce corresponde à un genre et du coup chaque pièce serait hyper décorée que tu rentres vraiment dans l'ambiance du genre littéraire à l'époque associée et qu'il n'y aurait que des auteurs et des autrices d'exception avec plein d'interventions, plein de conférences hyper enrichissantes en vrai pourquoi pas un jour monter
Speaker 1mon propre salon du livre on verra bien alors moi ça me semble pas du tout inaccessible comme rêve et j'espère que tu auras l'occasion de le faire parce que le projet est super donc allez tous mettre des sous dans la cagnotte de Habi pour qu'elle puisse lancer son salon des auteurs indés
Speaker 2ça serait fou franchement et c'est que c'est beaucoup de prise de risque beaucoup d'organisation c'est un projet d'une ampleur gargantuesque et du coup aujourd'hui je me sens pas de lancer un truc comme ça mais ça se trouve dans 5-10 ans je vais te dire allez let's go on le fait je sais pas mais ça serait dingue donc si un jour je me réécoute et je sais que je suis en train de le faire je penserai à toi je te laisserai pas l'oublier de toute façon merci Habi pour ton temps bah écoute merci à toi c'était super intéressant tout cet échange enfin voilà encore une fois merci pour l'invitation ça fait toujours plaisir de pouvoir parler de sa passion je pourrais en parler pendant des heures et des heures donc c'était vraiment très très chouette comme moment
Speaker 1merci beaucoup bah c'est normal moi ça me semblait aussi tout à fait logique de mettre en avant des parcours et des initiatives comme les tiennes qui animent le milieu qui donnent de la visibilité aux auteuristes et qui contribuent aussi à souder l'écosystème tu vois c'est important d'avoir des médias comme ça qui nous rassemblent des initiatives comme les tiennes donc c'était important pour moi de te mettre en lumière merci pour tout le travail le temps que tu as passé avec moi aujourd'hui on va clôturer cet épisode du confessionnel je vous rappelle que vous pouvez suivre Habi dans les liens que je vais mettre en bas de l'épisode pour aller la soutenir et suivre tout son super travail merci je vous rappelle aussi de penser à vous abonner au podcast pour ne pas rater les prochains épisodes super important ouais ça c'est super important parce qu'il y en a encore trop qui écoutent les épisodes et qui sont pas abonnés dans tous les cas moi je vous donne rendez-vous très vite dans un prochain épisode du confessionnal de Vadé Retro ciao merci d'avoir écouté cet épisode si tu l'as trouvé utile n'hésite pas à le partager autour de toi et à me laisser un commentaire pour m'encourager quant à moi je te donne rendez-vous très vite dans le confessionnal de Vadé Retro