Speaker 1Salut à toi et bienvenue dans Le Confessionnal, le podcast diabolique de Vade Retro. Au sein du Confessionnal, on parle marketing du livre, stratégie réseau sociaux et marque-auteurs sans bullshit. Salut à toi et bienvenue dans ce tout nouvel épisode du Confessionnal de Vade Retro. Et cette semaine, on va parler d'un sujet, je sais, qui fâche un certain nombre d'entre vous. Est-ce qu'il faut toujours montrer sa tête pour vendre des livres? Je sais que ça, c'est un préjugé qui revient souvent dans le monde du livre, tout simplement parce que les auteuristes qui fonctionnent bien montrent leur visage. Et donc, on a cette croyance qui s'est répandue, qui consiste à dire que pour vendre son livre, il faut que tu montres ta tête. Il faut faire de la vidéo, il faut faire des réels, il faut raconter ta vie, il faut te montrer le matin au café, il faut te montrer face caméra, voilà. Les gens achètent des humains, donc en gros, si on ne voit pas ta tête, c'est mort. Et je sais que le problème pour beaucoup d'entre vous qui entendent ça, c'est que ça vous fait peur. Ça vous donne des sueurs froides. Parce qu'il y en a qui sont timides, il y en a qui n'aiment pas se montrer, il y en a qui tiennent à leur vie privée, il y en a certains d'entre vous aussi qui peuvent avoir un boulot à côté, qui n'ont pas forcément envie qu'on les reconnaisse, que leurs collègues tombent dessus. Et puis, il y en a qui n'ont juste pas envie de devenir influenceuse, en fait. Parce que finalement, ce n'est pas notre métier quand on écrit. À la base, nous, on est là pour écrire des livres, pas forcément devenir influenceuse sur TikTok. Et donc, on peut comprendre que ça en rebute un certain nombre d'entre vous. Et donc, c'est cette question-là qu'on va se poser aujourd'hui. Est-ce que c'est vraiment obligatoire, finalement, de montrer son visage pour vendre ses livres? Et comme d'habitude, si j'en fais un épisode, c'est que la réponse, ce n'est pas blanc ou noir. Avant de débuter, comme d'habitude, n'oublie pas de t'abonner au podcast pour ne pas rater les prochains épisodes. Et je te rappelle aussi de penser à t'abonner au Grimoire, la newsletter de Vadé Retro, dont tu as le lien dans la description. Allez, c'est parti! Alors déjà, pourquoi finalement est-ce qu'on entend autant cette injonction dans le monde du livre? Parce que, comme souvent, elle ne sort pas complètement du chapeau, malheureusement. Le premier point qui explique ça, et on en a parlé la semaine dernière, c'est que le livre, c'est un bien d'expérience. Tu ne peux pas l'essayer avant de l'acheter, avant de l'avoir lu en entier. Et donc, on l'achète sur la confiance. Et la confiance, ça passe aussi par le fait d'avoir un visage en face, en fait, tout simplement. De voir la personne à qui on achète, d'avoir l'impression de la connaître. Le lien se fait beaucoup par le visage. On reste des animaux sociaux, de toute façon. Donc, c'est sûr que quand tu vois quelqu'un, que quand tu entends sa voix, tu vois ses expressions, etc., t'as l'impression de connaître la personne. Et donc, le lien de confiance, il se tisse comme ça. T'as l'impression, finalement, de savoir à qui t'as affaire. Et donc, forcément, un visage de base, ça rassure. Le deuxième point, et ça, on l'a vu aussi dans l'épisode de la semaine dernière, c'est que toi, en tant qu'auteur ou autrice, tu fais aussi partie de l'offre. C'est pour moi une pièce à deux faces. Il y a ton livre et l'auteur. Quand on achète un livre, on n'achète pas seulement une histoire. On achète aussi une voix, un univers, une manière de voir le monde. Logiquement, si tu fais partie de l'offre, il faut aussi qu'on puisse identifier cette deuxième partie, finalement. Savoir qui est-ce qu'on achète, et qui est-ce qu'on donne son argent, qui est-ce qu'on soutient. Et ça passe souvent par le visage. Le troisième point, c'est que, et ça, pour le coup, c'est véridique, c'est que les gens achètent des gens. Un compte où on ne voit jamais personne, où il y a des visuels juste de couverture et des citations sur fond beige hyper standards, en fait, ça paraît froid, ça paraît impersonnel, et on ne sait pas qui est derrière. On n'arrive pas à créer du lien, en fait. On n'arrive pas à s'attacher, tout simplement. Et c'est vrai que, lorsqu'on a un visage, ça crée automatiquement une connexion. Il y a des gens à qui, tu ne vas pas revenir, et ça, ce n'est pas grave. Mais le fait d'avoir un visage, ça humanise déjà le compte, et le lien se fait naturellement comme ça. Et le dernier point qui nous fait dire qu'il faut absolument montrer son visage pour vendre ses livres, c'est que, quand on se balade sur les réseaux, en fait, tout simplement, on se rend bien compte que ce qui fonctionne, c'est le facecam. Tu scrolles sur TikTok ou sur Instagram, on voit plein d'autrices qui parlent facecam avec leur micro, qui racontent leurs galères, qui réagissent à des tendances. Donc, en fait, on a l'impression que, finalement, c'est devenu la seule manière de se montrer, et que c'est ça ou rien. Et donc, on se dit, si toutes celles qui cartonnent, elles font ça, c'est qu'il faut faire ça, et je n'ai pas le choix, il faut que je passe par là. Donc, cette croyance de, pour vendre mes livres, je dois montrer ma tête, elle n'est pas fausse. Elle est basée sur des éléments concrets. Mais il y a quand même un gros problème dans ce raisonnement. Le problème de ça, c'est qu'on confond montrer sa tête et avoir une marque auteur. Et les deux n'ont absolument rien à voir. Le visage, ce n'est pas une condition sine qua non pour vendre des livres. C'est quelque chose qui va venir renforcer, on va y venir, mais ce n'est pas une condition sine qua non. Et ça peut même faire partie intégrante de ta stratégie de pas te montrer. Et c'est ça, une marque auteur, en fait. La marque auteur, c'est tout ce qu'on va associer à ton nom. Quand on te cite, qu'est-ce qui est associé automatiquement? Qu'est-ce qui nous vient? Est-ce que c'est un mot? Est-ce que c'est un univers? Est-ce que c'est une couleur? Est-ce que c'est un animal? Voilà, c'est tout ton univers, le ton avec lequel tu parles, les thèmes que tu abordes, tes valeurs, ta promesse émotionnelle, etc., etc. Par exemple, moi, si je te dis « va des rétros », tu penses « démon », « rose flashy », peut-être « insolence », j'en sais rien. Mais ça, c'est la marque auteur, en fait. C'est ta marque personnelle. C'est ce qu'on dit de toi quand tu n'es pas dans une pièce. Et donc, c'est ce qui va faire que quand quelqu'un entend ton nom, il sait à peu près à quoi s'attendre et il te situe. Et donc, ton visage, en fait, c'est un support possible de cette marque-là. C'est la plus naturelle parce que, dans l'être humain, on se reconnaît par les visages, mais ça peut aussi être par autre chose, par la voix, etc. On va y revenir. Ton visage, c'est un support, un outil possible pour porter ta marque. Mais ça ne veut pas dire que c'est ta marque en elle-même. Tu peux avoir un visage partout sur tes réseaux et avoir zéro marque auteur, zéro crédibilité, que les gens ne comprennent toujours pas ce que tu fais. Ça n'empêche pas l'autre. C'est quelque chose qui se construit. À l'inverse, tu peux ne jamais montrer ta tête et avoir une marque hyper forte. Je te donne un exemple que j'aime beaucoup aussi. Celles et ceux d'entre vous qui suivent déjà Miraya Design. Miraya Design, c'est une community manager et une coach en copie. C'est le writing que je suis, moi, sur Instagram. Je ne sais pas à quoi elle ressemble. Cette nana, elle ne montre pas sa tête. Par contre, quand tu la vois passer, tu sais que c'est elle. Parce qu'elle a une manière de parler, une direction artistique, des expressions qui font qu'on sait quand on la voit passer que c'est elle qui a écrit. On la reconnaît et on a ce sentiment de reconnaissance. Non, tu n'es pas obligé d'avoir ton visage partout sur ton Instagram pour vendre tes livres. C'est un facilitateur, on ne va pas se mentir, parce que l'être humain est social et donc voir ton visage, ça va le rassurer, ça va créer un lien de manière beaucoup plus naturelle. Mais si tu ne souhaites pas le faire, il y a d'autres manières de faire. Ce qu'il faut savoir, et là, je reviens sur la marque auteur, c'est qu'en fait, avoir une marque auteur, ça n'est pas optionnel. Et c'est là où, encore une fois, dissocie le bien du fait de montrer son visage. Autant montrer son visage, ce n'est pas obligatoire, autant avoir une marque auteur, ça, pour le coup, ce n'est vraiment pas optionnel. Pourquoi? Parce que déjà, il faut que tu sois mémorisable. On en a parlé dans presque, je pense, tous les épisodes du Confessionnel jusqu'à présent. Et on en a reparlé la semaine dernière dans l'épisode sur la durée de vie du livre. Le marché, il est saturé. Il y a des sorties tous les deux jours. Les campagnes Ulule, il y en a partout. Elles sont toutes aussi calées les unes que les autres. Donc, on ne sait plus où donner de la tête. Et dans ce gros bordel, finalement, il est beaucoup plus facile de retenir une autrice qu'on connaît déjà qu'un titre tout seul. Un titre, on peut l'oublier, en fait. Une autrice avec un univers complet, fort, assumé, etc. On s'en souvient. Et donc, tu dois déjà avoir un univers qui est cadré et une marque personnelle forte pour pouvoir être mémorisable. Sinon, t'es noyé dans la masse. Le deuxième point, c'est la fidélisation. Une lectrice qui a aimé ton livre, c'est cool. Mais une lectrice qui aime ta marque et qui revient parce qu'elle est convaincue, c'est encore mieux. Parce que ça veut dire qu'elle va te suivre de livre en livre et que ton sort 1, 2, 5, 10, elle sera là à chaque fois. Parce qu'en fait, ce qu'elle va acheter, ce n'est pas juste un roman. Elle va acheter ton univers, ta plume, ta vision du monde, ta promesse d'auteur ou d'autrice en général. Et donc, en fait, elle y va presque les yeux fermés parce qu'elle sait que c'est toi, en fait. Et elle sait ce qu'elle va trouver. Et ça, pour construire une carrière, c'est de l'or. Il faut vraiment arriver à capitaliser sur ça parce qu'une audience qui n'est pas fidélisée, ça veut dire qu'à chaque fois, tu repars de zéro. Tu repars de zéro, tu dois aller chercher des nouvelles personnes. Là où une audience fidèle, finalement, tu sais qu'elle est là et qu'à chaque sortie, elle va répondre présente et que tu peux déjà compter sur cette base-là quand tu sors quelque chose. Le troisième point, c'est la différenciation. Si tu n'as pas de marque auteur, en fait, tu es interchangeable. Ton roman, c'est une romance parmi 100 autres romances. Un thriller, c'est un thriller parmi 200 thrillers. Et en fait, le lecteur, il n'a aucune raison de te choisir toi plutôt qu'une autre personne. Ta marque, justement, c'est ce qui va faire la différence. On va dire, non, moi, j'adore tel auteur parce que je sais qu'il a telle position sur tel sujet ou je sais qu'il arrive à retranscrire personne d'autre ou je sais qu'il a vécu ça dans sa vie et moi, ça me parle. C'est pour ça aussi qu'on va revenir vers toi, c'est cette différence-là. Sinon, ton roman, il est noyé, en fait. Donc, la marque, c'est ce qui fait la différenciation. Le quatrième point, on en a parlé rapidement, donc je ne vais pas revenir dessus, c'est la confiance. Le livre, c'est un bien d'expérience. On l'a vu la semaine dernière. Je t'invite à écouter l'épisode de la semaine dernière si ce n'est pas déjà le cas. On achète un livre sur de la confiance. Plus ta marque, elle est claire, plus ta marque, elle est déterminée, plus on sait qui tu es et ce qu'on va trouver chez toi, plus le lecteur, il sait à quoi s'attendre et les bloquants à l'achat, finalement, ils sont levés. Donc, tu as moins l'impression de prendre un risque en achetant le livre, finalement. La marque, c'est de la réassurance. Elle rassure et donc, elle mène à l'achat. Et enfin, le dernier point, c'est ton catalogue. Quand tu as une marque auteur, chaque nouveau livre va faire vendre les anciens et chaque ancien livre peut faire vendre le nouveau. Pourquoi? Parce qu'en fait, c'est un écosystème. Tes livres, ce n'est plus des produits isolés. Ils font partie d'un tout qui s'auto-entretient. Et ça, ça rejoint ce qu'on disait sur le cycle de vie du livre la semaine dernière. La marque, en fait, c'est un super levier pour faire vivre tes livres sur la durée. Je te donne un exemple. Quelqu'un qui est arrivé, mettons que tu écris du multigear, quelqu'un qui écrit de la romance et des thrillers, je sais que ça arrive, peut-être qu'on va retrouver certaines similitudes dans la plume et on sait que c'est quelque chose qu'on va pouvoir retrouver d'un catalogue à l'autre et donc, on va naturellement naviguer. Le fait d'avoir une marque, c'est avoir une promesse générale qui va se dérouler. déclinés différemment selon tes roulants. Et donc, plus tu vas avoir une marque forte, plus ton lecteur et ta lectrice vont savoir ce qu'ils vont trouver chez toi et vont plus facilement basculer d'un genre à l'autre. Donc, pour toutes ces raisons, la marque auteur, c'est absolument indispensable. Et encore une fois, on peut construire ça sans montrer sa tête. Par contre, qu'est-ce qui se passe si tu te prives d'une marque auteur et si tu te dis, bon, moi, je ne veux pas montrer ma tête, je n'ai pas envie de parler de moi, donc je ne fais rien, je laisse mon livre parler pour moi. Qu'est-ce qui se passe? Déjà, le premier problème, c'est que chaque livre, il repart de zéro. À chaque sortie, tu dois tout prouver. Tu dois tout reconstruire. C'est comme si tu étais un auteur débutant, tu capitalises sur rien. C'est comme si à chaque fois, c'était un nouveau départ. Tu repartais à zéro. Tu peux capitaliser sur rien parce qu'en fait, finalement, la seule chose sur laquelle tu te bases, c'est ton livre et ton livre, il est tout neuf. Il vient de sortir. Donc, tu dois tout recommencer. Et c'est épuisant. Tu ne peux pas tenir ça sur toute une carrière. Ce n'est pas possible. Le deuxième problème, c'est que les lecteurs, ils vont se souvenir de ton livre et pas de ton nom. Et ils ne vont pas pouvoir te recommander, du coup. Et tu sais, c'est le truc où on se dit, ah ouais, j'ai lu un livre trop bien l'année dernière. C'était une histoire de. Avec une couverture bleue, là, le truc, je ne sais plus qui c'était. Donc, en fait, trop bien. Le livre, il a plu, mais personne ne sait que c'est toi. Donc, on ne va pas acheter le suivant parce qu'en fait, on ne se rappelle pas que c'est toi. En plus, avec un peu de chance, tu ne m'as pas fait de newsletter. Je te vois. Et donc, du coup, c'est perdu. En fait, la personne, elle a adoré ton livre, mais elle ne t'identifie pas. Elle ne sait pas que c'est toi. Elle ne peut pas acheter le suivant et elle ne peut pas te recommander. Et en plus, bingo, vu qu'elle ne se rappelle pas de ton nom, elle ne va même pas penser à aller mettre un commentaire parce qu'elle n'a pas ce truc de il faut que je soutienne l'auteur. Donc, bref, c'est perdant sur tous les plans. Il n'y a rien qui va. Le troisième problème, si tu n'as pas de marque auteur, c'est que tu deviens complètement dépendant de la pub et des algorithmes. Si tu n'as pas de marque, ça veut dire que tu n'as pas de communauté qui te suit pour toi, pour qui tu es, pour ton travail. Et du coup, la seule façon d'exister, c'est de payer finalement pour être vu, pour tourner à l'extérieur, pour être montré à des nouvelles personnes, etc. Et quand bien même, d'ailleurs, quand tu tombes sous le nez des gens qui ne te connaissent pas, vu que tu n'as pas quelque chose qui permet de t'identifier, qui permet de connecter avec toi, il y a de grandes chances qu'elles zappent. Et donc, en fait, le jour où tu arrêtes de payer, le jour où l'algorithme décide que tu es plus intéressante, tu disparais en fait. Et ça, ce n'est pas pérenne parce que déjà, financièrement, c'est cher. Et encore une fois, c'est du one shot. C'est de l'énergie que tu mets, mais qui ne génère pas de fruits, en fait. C'est quelque chose qui est dilapidé. Le quatrième problème, et ça, on en avait parlé dans l'épisode sur la posture, c'est que si tu n'as pas de marque, tu vas avoir beaucoup plus de mal à convaincre des partenaires parce qu'en fait, tu ne sais pas qui tu es. Quand tu vas voir un libraire ou un salon, si tu n'es pas capable de dire, voilà l'autrice, voilà qui je suis en tant qu'auteur ou autrice, et ce n'est pas prétentieux, c'est juste de dire, voilà quel est mon positionnement, voilà ce que j'écris, voilà quel est mon univers, pourquoi c'est intéressant de travailler avec vous, quelles sont mes valeurs, etc. En fait, tu n'es pas crédible. On a juste l'impression que tu es une personne de plus qui a écrit un livre pendant le Covid, qui ne sait pas trop pourquoi, etc. Alors que quand tu arrives en disant, ben voilà, moi je suis telle personne, voici mon parcours, voici pourquoi j'ai écrit ce livre, voilà pourquoi je veux travailler avec vous, parce qu'il y a des connexions en termes de valeurs, etc. Voici ce que j'attends du partenariat, on n'est pas du tout dans la même posture. Et là, tu vas rassurer et tu vas être dans une posture de partenaire et pas de demandeur. Et ça, en termes cognitifs, ça fait une grosse différence. Et enfin, le dernier problème, et je pense que pour le coup, celui-là, c'est peut-être le plus grave, c'est que si toi, tu n'es pas en maîtrise de ton image, de ce que tu veux que les gens voient de toi, comprennent de toi, ben en fait, c'est les autres qui vont le faire à ta place. C'est les lecteurs, c'est les chroniqueurs, c'est les réseaux qui vont se faire leur propre idée de qui tu es, et ça ne sera pas forcément celle que tu voulais. Et là, tu ne seras pas forcément en maîtrise ni de ta réputation, ni de ton image, ni du message que tu veux faire passer, ni de comment tu es perçu. Donc, avoir une marque personnelle, c'est aussi une manière de dire voilà comment je veux me présenter au monde, voilà comment je veux être perçu, voilà comment je veux que vous interprétiez mon univers. Donc, comment est-ce qu'on fait tout ça si on n'a pas envie de montrer sa tête? Parce que ça, c'est un vrai sujet. On sait que montrer son visage, c'est quand même vraiment très pratique pour créer de la connexion, mais pour toutes les raisons que j'ai évoquées plus haut, on peut ne pas avoir envie de faire ça. Donc, comment est-ce qu'on fait pour construire une marque solide quand on n'a pas envie de montrer sa tête? Alors, le principe, il est assez simple, et déjà, je voudrais vraiment que tu le retiennes. Ton visage, c'est facultatif. Ta présence, par contre, elle ne l'est pas. Il ne faut pas mélanger les deux. Tu peux être présent sans montrer ton visage. Ça veut dire que tu n'es pas obligé de te filmer. Par contre, tu es obligé d'exister. Il y a plein de manières d'exister sans montrer sa tête. Ça nécessite peut-être un peu plus de technique, mais ça existe. Déjà, tu peux utiliser ta voix. Un podcast, des voix off, des audios. Une voix, c'est unique. C'est une signature unique. Ça crée énormément de proximité. Je sais que ça, c'est quelque chose que vous m'écrivez souvent, que vous avez déjà l'impression de me connaître parce que vous m'écoutez tous les lundis, etc. Quand tu écoutes quelqu'un parler, ça crée énormément de proximité. On a vraiment le sentiment de connaître déjà la personne, d'être proche d'elle. Dans le confessionnal, moi, je te parle dans les oreilles pendant une demi-heure toutes les semaines. En fait, on crée du lien comme ça. Tu peux faire quelque chose de similaire aussi avec tes lecteurs et tes lectrices. Tu peux inventer des nouveaux formats. Ce n'est pas interdit. Au contraire, plus tu vas sortir des sentiers battus, plus tu vas aussi surprendre et aller interpeller des gens. La voix, c'est quelque chose que tu peux utiliser pour créer du lien, pour faire une signature. Je sais que j'ai une copine autrice qui fait ça. Elle a lancé un podcast où, toutes les semaines, elle raconte des choses à ses lecteurs comme si elle parlait à une copine. C'est des choses que tu peux mettre en place. Il n'y a rien qui est interdit, en fait. C'est ça que je veux dire. Ce n'est pas parce que ça n'existe pas déjà aujourd'hui. Si toi, tu as envie de faire quelque chose et que ça peut, encore une fois, attention, apporter de la valeur à tes lecteurs, peut-être que c'est quelque chose qu'il faut creuser. Je referme la parenthèse, mais en tout cas, la voix, c'est quelque chose que tu peux utiliser pour créer ce relationnel-là. Tu peux aussi utiliser une autre partie de ton corps. Là, j'espère que tu n'as pas trop l'esprit mal placé parce que je te rappelle qu'il y a quand même des choses qui sont interdites sur Instagram. Mais tu peux montrer tes mains, tu peux montrer ton bureau, tu peux montrer ton ambiance d'écriture, tes coulisses. En fait, le fait d'avoir une récurrence, par exemple, ça peut être toujours le même stylo, toujours la même tasse, toujours le même objet que tu as sur ton bureau. Par exemple, une petite décoration, on va savoir que c'est toi. Le fait d'avoir de la récurrence, moi, je sais que, par exemple, sur mon compte d'autrice, je montre ma tête, mais j'ai aussi un avatar. J'ai un personnage qui s'appelle Corbac, qui est un corbeau insolent. Et les gens l'identifient et quand ils le voient passer, ils savent que c'est moi même s'il n'y a pas ma tête sur le poste. Donc, ce que je veux dire, c'est que le fait d'avoir de la récurrence sur quelque chose, sur un gimmick, quelque chose qui revient tout le temps, je te dis ça peut être une tasse, un stylo, un logo, une peluche, peu importe. Ça, ça va permettre de t'identifier. Ça peut être un carnet, des post-it, je ne sais pas. Mais c'est des choses qui permettent de raconter quelque chose de toi sans montrer ton visage, en fait. Tu peux aussi travailler un univers visuel très fort, très reconnaissable. Ça peut être des couleurs, des ambiances, une direction artistique qui fait qu'on reconnaît tes postes au premier coup d'œil. Moi, je sais que ça, c'est pareil. Sur Vadé Retro, vous me l'avez déjà dit. Quand on voit un poste Vadé Retro, on se sait que c'est moi. Il y a les cornes, la queue de démon, le rose flashy, on sait que c'est Vadé Retro. Et pourtant, ma direction artistique, elle est hyper simple. Je n'ai pas fait appel à un graphiste, c'est des polices Canva, c'est des couleurs Canva. Tu peux aller chercher très loin quand tu regardes. Mais souvent, plus simple est le plus efficace. Il faut éviter des fois de faire des trucs trop alambiqués parce que le cerveau, il est occupé à trier toutes les infos visuelles. Il ne fait pas forcément quelque chose de compliqué. Par contre, essaye de travailler des choses fortes, reconnaissables qui font que quand on voit ce truc-là, on se dit, ah ok, c'est telle personne. Tu peux aussi miser sur l'écrit. Après tout, tu es auteur ou autrice, donc tu as ta manière d'écrire, ta newsletter, tes post-textes, tes carousels, etc. Ta plume, c'est une signature. Et c'est pour ça que je vous conseille vivement de ne pas écrire vos posts Instagram et de ne pas faire votre communication avec ChatGPT ou Claude ou peu importe, avec l'IA de manière générale. Ta plume, c'est ta signature. C'est vraiment ton meilleur outil. Et d'ailleurs, on parlait de Miraya Design tout à l'heure. C'est quelqu'un qui a une manière d'écrire, une plume qui est particulière, qui est très directe, avec des expressions qui reviennent souvent. Et quand on la lit, on sait que c'est elle. Et c'est ça qu'il faut qu'on arrive à faire avec toi, finalement. C'est quand on te lit, on doit te reconnaître parce que tu utilises les mêmes expressions, parce qu'il y a certaines tournures de phrases qui sont toujours les mêmes. Donc, la plume à ne pas sous-estimer et vraiment s'il vous plaît, n'écrivez pas vos posts avec l'intelligence artificielle. C'est cramé à des kilomètres. C'est rédhibitoire pour beaucoup de gens. Et finalement, ça repousse et ça fait l'effet inverse de ce qui était à attendu. Le dernier point, j'en ai parlé rapidement, je le reprécise, c'est l'avatar. L'avatar, ça peut être une figurine, un logo ou un personnage, une illustration qui va te représenter. Et quand on va le voir, on va se dire « Ah ok, c'est telle personne. » Moi, par exemple, sur mon compte d'autrice, c'est Corbac. Corbac, c'est mon corbeau qui balance tout le temps des conneries et qui est super désagréable avec moi et du coup, les gens l'adorent parce qu'il passe son temps à me balancer des fions. Et bien, ça, ça fonctionne bien parce que quand les gens le voient, ils savent que c'est moi, ils s'attachent au personnage, etc. T'es autrice, tu peux tout faire. Autrice ou auteur, peu importe, tu peux tout faire. Si t'as envie d'inventer quelque chose, rien n'est interdit. Ce qui compte, c'est que ça ait du sens pour toi et que ça ait du sens aussi pour ta communauté. Surtout, le point qui est important, au-delà de comment on le fait en termes de médias, ce qui est important, c'est de prendre la parole. Ce qui va faire qu'on va créer de la connexion avec des gens et qu'on va savoir s'ils nous correspondent, si on a envie de créer du lien avec, c'est « Est-ce que cette personne, elle correspond à mes valeurs? » Et ça, ça passe par des prises de position. Donner ton avis sur le métier, sur les dérives de ton genre, sur les tendances, défendre tes valeurs, etc. Les gens, ils s'attachent à une personne, mais ils s'attachent surtout à des idées et à des convictions, bien plus qu'à des visages, en fait, finalement. Et ce qui va faire qu'on va te ressentir derrière ton compte Instagram, qu'on va créer du lien avec toi, c'est ça aussi. En quoi elle croit cette personne? Est-ce que ses valeurs sont proches des miennes? Est-ce qu'on partage des choses? Est-ce qu'on a des points communs? Donc n'aie pas peur de prendre des positions sur des sujets qui te tiennent à cœur, de donner ton avis, parce que c'est aussi comme ça qu'on va connecter avec toi. Et ce que je voudrais vraiment que tu comprennes, c'est qu'être anonyme, ça ne veut pas dire être absent. Tu peux être hyper discret sur ta vie et sur ton visage, tout en étant hyper présent sur ton univers et sur tes idées. Tu peux aussi prendre une photo de toi de dos, par exemple. Tu n'es pas obligé de montrer ton visage. On aura une silhouette, on se fera une idée de qui tu es, mais ce n'est pas forcément nécessaire d'avoir ton visage. Par contre, tu dois être présent ou présente pour construire ce lien de confiance avec ton lectorat. Les deux ne sont pas incompatibles. Et donc pour terminer, je voulais te récapituler quelques erreurs qu'il faut éviter de faire quand tu essaies de construire une marque auteur, parce qu'on les voit quand même passer un peu trop souvent, et ça, ça fait du mal à ta communication. La première erreur, et ça, on en a parlé aussi la semaine dernière, c'est de disparaître complètement derrière ton livre. En gros, je suis timidou, je n'ai pas envie de me montrer, donc en fait, je ne parle pas de moi, je ne parle pas de mon univers, je ne prends pas position sur quoi que ce soit, je parle juste de mon livre, de ma couverture, etc. Ça, ça rend ton livre remplaçable. Ce n'est pas de la discrétion, c'est que tu es absent en tant qu'auteur. Et un livre tout seul, sans personne derrière, il ne va pas aller très loin parce que, finalement, ce livre-là, plutôt qu'un autre, qu'est-ce que ça change, quoi? Pourquoi est-ce qu'on aurait envie de te donner notre argent à toi plutôt qu'à quelqu'un d'autre? Donc ça, ça ne peut pas fonctionner. La deuxième erreur, c'est de faire du facecam si tu n'aimes pas ça. Se filmer et prendre la parole devant tout le monde, si tu n'aimes pas ça, si tu n'es pas à l'aise, c'est affreux pour tout le monde parce qu'en fait, on va le sentir. Tu as entendu qu'il fallait le faire, donc tu vas te lancer, tu vas te filmer, etc. Mais en fait, tu es mal à l'aise. À chaque seconde, tu as envie d'être ailleurs. Tu t'imposes ça, mais tu nous l'imposes à nous. En fait, ça se voit parce que l'être humain est un animal social. Il y a tout le langage corporel, l'éthique, la manière de tenir, etc. Les gens, ils le décodent, ça. Et ton malaise, ton stress, il va transparaître même à travers la caméra. Et on a l'impression d'être face à un oral de rattrapage, si tu veux. Et ça met tout le monde mal à l'aise, c'est une torture. Donc ne fais pas ça, ne t'imposes pas ça déjà, si tu n'as pas envie de le faire. Ne fais pas des choses que tu n'as pas envie de faire. Et surtout, n'imposes pas aux autres des exercices dans lesquels tu n'es pas à l'aise parce qu'il n'y a vraiment absolument aucun intérêt. Il vaut mieux que tu choisisses un canal où tu es à l'aise, qui te correspond à toi, sur lequel tu te sens bien, finalement, plutôt qu'un canal où tu souffres. Parce que ça va véritablement faire l'effet complètement inverse. La troisième erreur, c'est de confondre marque-auteur et vie privée. Ça, vous le savez, j'ai horreur des gens qui racontent leur vie sur les réseaux sociaux. Ouais, en ce moment, c'est compliqué. Il m'est arrivé ci, il m'est arrivé ça. La vie, c'est vraiment de la merde, c'est vraiment trop dur. Là, je suis allée chez le médecin. On s'en fout. On s'en fout, c'est pas ça qui nous intéresse. Avoir une marque, ça ne veut pas dire que tu dois montrer toute ta vie. Tu n'as pas besoin de nous faire visiter ta cuisine, de nous présenter tes gosses ou de nous raconter ta rupture pour être quelqu'un, en fait. Ce n'est pas ça qu'on veut. Sauf si ces choses-là ont un lien avec ton univers. Par exemple, tu nous parles de tes enfants parce que tu écris des livres sur la maternité et que la maternité t'a transformée, etc. Là, on a un fil conducteur. Mais nous parler de tout et de n'importe quoi pour nous dire « coucou, j'existe et je suis quelqu'un de normal », en fait, c'est hyper intrusif. On a l'impression de rentrer dans la vie de quelqu'un, de. de. de partager ses problèmes, etc. Ce n'est pas forcément ça qui nous intéresse. Il faut que ça ait du sens. Il faut qu'il y ait une intention derrière. Donc, attention à comment vous montrez votre vie. Et ça, c'est pareil. Je vous renvoie à l'épisode du podcast qu'on avait fait sur le sujet. Je ne sais plus lequel c'était. J'essaierai de vous le remettre en description de cet épisode-là. Mais on avait fait un épisode sur le sujet où je vous expliquais que, attention, parler de soi, ce n'était pas raconter sa vie. Et qu'au contraire, si tu racontais ta vie, ça pouvait même avoir l'effet inverse. Ta marque, c'est faire des choix. Tu dois choisir ce que tu veux, partager, et tu dois poser des limites sur ce que tu ne partages pas et pourquoi tu ne le fais pas. La quatrième erreur, c'est de ne pas avoir de cohérence. C'est-à-dire que tu vas changer d'univers à chaque livre. Un coup, c'est sombre et hyper gothique. Le coup d'après, c'est hyper cosy parce que tu sors un cosy mystérieux ou j'en sais rien. D'un coup, c'est hyper minimaliste. Le lecteur, il ne s'y retrouve pas, en fait. Il n'y a pas de cohérence, il n'y a pas de mémorisation. Et ta marque, elle a besoin d'être stable pour qu'on la reconnaisse. Et c'est pour ça que je te dis qu'elle doit être reliée à toi. On est tous multifacettes. On a tous plusieurs aspects à notre personnalité. On n'est pas obligés de choisir entre, je prenais l'exemple, entre le thriller et la romance. Si t'aimes écrire les deux, t'écris les deux, c'est pas un problème. Mais toi, en tant que personne, c'est là où ça devient intéressant. Qu'est-ce que ça dit de toi? Pourquoi t'aimes écrire les deux? Pourquoi t'es capable d'écrire les deux? Ça veut bien dire que la romance te parle d'un côté et le thriller te parle de l'autre. Et toi, t'es la rencontre entre les deux. Et donc c'est ça qu'on veut essayer de comprendre. Et ton fil conducteur, c'est toi. Entre tes différents romans, il y a forcément des choses qui sont reliées, qui sont connectées entre elles, et ça, c'est toi. Parce que quel que soit le livre que tu écris, toi, tu ne changes pas, finalement. Tu es la variable stable entre tout ça. C'est ça qu'il faut arriver à identifier. C'est qui tu es, quelles sont tes valeurs. Quand t'écris du thriller, quel aspect de ta personnalité tu fais ressortir? Quand t'écris de la romance, quel aspect de ta personnalité tu fais ressortir? En fait, nous, on va connecter avec toi. Finalement, quand on va acheter ton livre, on va aller chercher plus ou moins tel ou tel aspect de ton univers. C'est un peu comme un menu à la carte, tu vois. On va avoir ces différentes déclinaisons de toi. Mais ça, il faut que tu le construises pour que nous, on sache à quoi s'en tenir, et que quand tu sors des livres qui, en apparence, n'ont rien à voir, nous, on soit capables de le faire, ce lien, parce que ça, c'est porté par ta marque. Voilà. Donc, on l'a vu. Non, t'es pas obligé de montrer ta tête pour vendre des livres. Je te rassure tout de suite. C'est sûr qu'à titre personnel, je trouve que c'est mieux. Parce que ça facilite vraiment la connexion. Mais si c'est quelque chose véritablement qui te bloque, t'es pas obligé de le faire. Et d'ailleurs, tu peux le faire plus tard. Moi, au début, je montrais pas ma tête. J'avais pas envie d'être reconnaissable. Je préférais rester anonyme. Maintenant, je fais des vidéos et vous voyez ma tronche tout le temps. Donc, t'es pas obligé de faire du tout ou rien. Tu peux aussi faire les choses progressivement. D'abord, te montrer de dos, prendre confiance petit à petit, puis te montrer en story, et puis en fait, voir que ça se passe bien, et petit à petit, te montrer sur des posts. C'est pas blanc ou noir. T'as le droit aussi de faire les choses de manière progressive. Par contre, t'es obligé d'exister si tu veux te servir des réseaux sociaux pour vendre. Et donc ça, ça passe par une marque auteur, comme on l'a vu, qui est forte, qui est cohérente et qui est unique, et donc qui te ressemble. Voilà. Donc, c'est tout pour l'épisode d'aujourd'hui. J'espère qu'il t'a plu et que ça t'a aidé à clarifier ce sujet qui est quand même anxiogène pour un certain nombre d'entre nous. Donc, n'hésite pas à me dire en commentaire ou sur Instagram ce que t'en as pensé, si montrer ta tête, c'est un vrai blocage pour toi, ou au contraire, si tu l'as surmonté et comment tu l'as surmonté pour peut-être aider les autres auteurs et les autres autrices qui peuvent avoir ce souci-là. Sinon, comme d'habitude, je te rappelle de bien penser à t'abonner au Confessionnal pour ne pas rater les prochains épisodes, et au Grimoire, la newsletter de Vade Retro, dont tu trouveras le lien en description. En attendant, je te souhaite de bien te porter et je te donne rendez-vous très vite pour un prochain épisode. Ciao! Merci d'avoir écouté cet épisode. Si tu l'as trouvé utile, n'hésite pas à le partager autour de toi et à me laisser un commentaire pour m'encourager. Quant à moi, je te donne rendez-vous plus tôt. Très vite, dans le confectionnal, on va des rétros.