Speaker 1Salut à toi et bienvenue dans Le Confessionnal, le podcast diabolique de Vade Retro. Au sein du Confessionnal, on parle marketing du livre, stratégie réseau sociaux et marque-auteurs sans bullshit. Salut à toi et bienvenue dans ce tout nouvel épisode du Confessionnal de Vade Retro et cette semaine, on va parler de produits. La semaine dernière, on a parlé du cycle de vie de ton livre et je t'ai expliqué pourquoi c'était important de connaître ces différentes étapes pour pouvoir maximiser tes ventes sur l'ensemble du cycle de vie de ton roman. Et donc du coup, je t'ai dit un truc que je répète souvent et dont je suis à titre personnel convaincu, le livre est un produit, point barre. Et je sais que ça, ça peut encore choquer des gens parce que c'est vrai que quand t'as passé 2, 3, 4, 5, 10 ans à écrire un livre, à réécrire 50 fois ce putain de chapitre 14, que t'as grincé des dents, que t'as pleuré, que t'as sué sang et eau pour terminer ce roman, qu'on te dise ensuite que derrière c'est un produit, c'est sûr que ça fait un petit peu mal. On a un peu l'impression en gros que. On te met dans le même rayon que la lessive quoi. Et franchement, je comprends. Je comprends que ça puisse vous choquer. Mais aujourd'hui, j'avais envie qu'on revienne à cette question. Et d'ailleurs, c'est une question que l'une d'entre vous m'a posée, Elisa, que je remercie. Est-ce que ton livre est vraiment un produit comme un autre? Qu'est-ce que ça implique pour ta carrière et pour ton marketing? Tu te doutes bien, comme d'habitude, que si je pose cette question, c'est que c'est un sujet qui mérite qu'on y passe un petit peu de temps. Avant de commencer l'épisode, comme d'habitude, je te rappelle de bien penser à t'abonner pour ne pas rater les prochains. Et également de t'abonner à la newsletter Le Grimoire qui partira le 13. C'est une newsletter pensée pour aider les auteurs avec leur communication et je ne les renvoie jamais. Tu as le lien en description. Allez, c'est parti! Alors déjà, on va commencer par l'argument qui fâche. Oui, ton livre est un produit. Donc là, je mets ma casquette préférée de chef de produit et je vais t'expliquer pourquoi je dis ça. Le premier point déjà, c'est que ton livre, il se fabrique. Il y a sa rédaction, sa correction, la mise en page, la couverture, le jaspage, les éventuels dorures, etc. L'impression. Et chacune de ces informations. Ces étapes, elles coûtent de l'argent. Et à un moment donné, cet argent, il faut bien le récupérer quelque part. Donc, qu'est-ce qu'on fait? Le produit, on le vend et ça génère des revenus. Première chose. Le deuxième point, c'est qu'il circule dans une chaîne commerciale, ton roman. En tout cas, si tu décides de le vendre. Tu peux avoir, si jamais tu es en maison d'édition, un éditeur, un diffuseur, un imprimeur. Donc, ton livre passe de main en main, comme n'importe quelle marchandise. Ça implique qu'il faut une chaîne logistique derrière pour que ton roman puisse arriver au magasin et donc au consommateur final. Il y a toute une chaîne de gens. C'est un métier de faire arriver ton livre en rayon. Le troisième point, c'est qu'il y a un emballage. Et si ce n'est pas un emballage plastique ou papier, comme quand tu achètes tes légumes. D'ailleurs, je crois que les emballages plastiques sont interdits sur les légumes maintenant. Il faudrait que je revérifie. Mais oui, ta couverture, ta quatrième de couverture, la manière dont tu vas travailler le toucher de ton livre, les éventuels dorures, la finition que tu vas mettre dessus. Tout ça, c'est l'emballage de ton livre. C'est son packaging. Et c'est ce qui fait qu'il va attirer ou repousser les bons lecteurs. Le rôle d'un packaging en marketing, c'est ça. C'est un peu comme un panneau d'alerte qui dit « Hey, coucou, je suis fait pour toi ». C'est ça le rôle d'un packaging. C'est d'attraper l'œil du consommateur potentiel ou en l'occurrence du lecteur potentiel et de lui faire comprendre que le produit est fait pour lui ou pour elle afin de générer un achat. Tu le sais parce que je le répète souvent, le cerveau humain, il est paramétré grosso modo pour se faire un avis sur les choses en trois secondes et prendre des décisions très rapidement. Ça, c'est la survie qui nous a appris ça. Et donc le packaging, justement, il se joue de ces mécanismes-là pour faire en sorte que quand il y a le bon lecteur qui passe devant ton livre, en gros, il ne puisse pas le rater. Donc ta couverture, c'est ton packaging et elle joue ce rôle-là. Le quatrième point qui prouve que le livre est un produit, c'est le fait qu'il est rangé dans des rayons. Tu ne vas pas ranger une romance aux rayons géopolitiques, par exemple, ça n'a pas de sens. Donc le fait que ton livre soit segmenté en rayons, qu'il ait des catégories, ça contribue aussi au fait qu'il soit un produit. Et ça, ça fait partie de la segmentation des produits et ton livre, comme tout autre produit, il y est soumis. Le cinquième point, c'est que ton livre, il est soumis. Il est soumis à de la concurrence et de manière plus générale aux lois du marché. Il y a de la saisonnalité, par exemple, on sort les romances de Noël avant Noël. Tu vas avoir de la concurrence, même si je n'aime pas trop ce mot pour parler du monde du livre, parce que pour moi, ce n'est pas forcément des produits qui sont substituables. Mais bref, tu as de la concurrence dans le sens où tu as de la concurrence au niveau du temps d'attention de tes lecteurs. Si tu as 10 romans qui sortent en même temps que le tien, forcément, sur la même niche, les gens vont hésiter. Donc potentiellement, on peut considérer que tu as de la concurrence. Et comme on le sait, on en parlait la semaine dernière et de manière générale, plus en détail dans les autres épisodes du podcast, en effet, le marché, il est saturé. Donc ton roman, il arrive sur un marché avec des règles que tu dois connaître. Il ne peut pas se soustraire à ce marché-là. Il ne peut pas réinventer complètement les codes. Je sais que beaucoup d'auteurs rêvent d'être le prochain qui réinvente complètement les lois du marché. Non, ça, ça n'existe pas. En tout cas, moi, je n'y crois pas. Parce que déjà, pour réinventer un marché, il faut connaître ses règles et apprendre ensuite à jouer avec. Ça ne se fait pas comme ça. Bref, tout ça pour dire que ton livre, il est soumis à un marché comme n'importe quel autre produit. Le dernier point qui nous prouve bien que ton livre est un produit, et celui-là, il est assez douloureux, il est plutôt terre-à-terre pour le coup, c'est qu'il y a des conséquences s'il ne se vend pas. S'il ne se vend pas, il y a des gens qui ne sont pas rentables, à commencer par toi. Et concrètement, tu ne vis pas de ta pluie. Et si tu es en maison, même chose, l'éditeur va perdre de l'argent et il va réfléchir à deux fois avant de t'éditer. Donc il y a une conséquence directe sur ta carrière, sur ta vie, sur tes ventes, etc. On ne va pas se mentir, c'est comme ça que ça marche. Donc, bien évidemment, d'un point de vue purement factuel, le livre est un produit. Il n'y a pas de débat à ce sujet-là. Pour autant, est-ce que c'est un produit comme les autres? Et c'est là où ça va commencer à devenir intéressant de mettre un petit peu de nuance. Le livre, au titre de la loi, n'est pas considéré comme un produit comme les autres. Et ça, ce n'est pas moi qui le dis, c'est la loi Langue de 1981, qui fixe un prix unique pour le livre, pour empêcher qu'il y ait de la concurrence, pour protéger les librairies indépendantes. Un livre se vend au même prix partout. Que tu l'achètes sur Amazon, en librairie, sur une boutique directement à l'auteur, c'est le même prix. Et le libraire, il peut faire maximum 5% de remise. L'objectif, c'est de protéger le livre, protéger l'accès à la culture, d'éviter qu'il y ait du dumping de prix vers le bas, et de garantir l'égalité d'accès à ce produit qui est considéré comme culturel. En plus de ça, le livre bénéficie d'une TVA à 5,5, ce qui n'est pas le cas de la majorité des produits de grande consommation qu'on achète. Donc on voit bien que c'est un produit qui est chouchouté par l'État, entre guillemets, parce qu'on peut toujours améliorer les choses, mais grosso modo, c'est quand même un produit qui est protégé par l'État. Parce que typiquement, si on compare avec une lessive, une lessive, elle peut avoir des promos à moins 50%, tête de gondole, ça choque personne, tout le monde s'en fout, et c'est justement d'ailleurs comme ça qu'on vend. Le livre, par contre, non, t'as pas le droit de faire ça, c'est un produit qui répond à des règles bien précises, donc c'est quand même le signe que c'est pas un produit comme les autres. Le deuxième point, et là on va parler d'une notion en marketing que peut-être certains d'entre vous connaissent déjà, c'est la notion de produit substituable. Un produit substituable, c'est quelque chose que tu peux remplacer quasiment sans aucune conséquence par un autre. Typiquement, on parlait de la lessive tout à l'heure, que t'achètes du Dash ou du Le Chat, à part le fait que le parfum serait. sera peut-être un peu différent. En gros, t'auras le linge qui sera propre à la fin et qui sentira bon. T'auras pas réellement une vraie différence d'expérience si tu changes de lessive. Là, les fournisseurs de lessive qui écoutent le confessionnel, parce qu'il y en a forcément, je pense qu'ils sont en PLS, mais tu vois un petit peu l'idée. Si t'as la lessive préférée, elle est en rupture de stock, ce que je veux dire, c'est que tu vas acheter celle d'à côté et en fait, ça va aller. Ton besoin de laver ton linge et d'avoir du linge propre, il va quand même être satisfait. Un produit non substituable, comme son nom l'indique, c'est un produit que tu ne peux remplacer par aucun autre. Un livre, c'est le cas. Chaque histoire est unique, chaque expérience de lecture est unique, et donc en fait, si ton roman préféré n'est pas dispo, tu ne peux pas le remplacer par un autre. Et ça, on le sait tous, ça nous arrive quand on a fini une lecture, d'avoir adoré et de ne pas pouvoir trouver exactement la même chose dans un autre livre, parce que chaque livre est entièrement différent. Le troisième point qui fait qu'on peut dire qu'un livre n'est pas un produit comme un autre, c'est qu'il n'a pas de valeur fonctionnelle. Et là, je vais dire un truc qui va peut-être vous faire hérisser les poils sur les bras et partout. Un livre, en fait, ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien physiquement. On ne s'en sert pas pour couper, pour porter des choses. Ce n'est pas quelque chose qui a une fonction utilitaire. Ça ne va pas nous permettre de faire quelque chose, ça va nous permettre de ressentir, d'expérimenter, de vivre. On ne l'achète pas pour ce qu'il fait, on l'achète pour ce qu'il nous fait à nous. Et c'est là où je veux bien que tu retiennes ça. Quand on achète un livre, on n'achète pas un produit qui est censé faire quelque chose. On achète un livre parce qu'on cherche une émotion, un voyage, une expérience, et donc là, tu me vois venir, tu te doutes bien que ça, ça va avoir un impact sur la manière dont tu vas, toi, en parler. Le quatrième point, et ça, on en a parlé si tu as écouté l'épisode de la semaine dernière, c'est qu'un livre n'est pas obsolète, n'a pas de date d'obsolescence. Je le disais la semaine dernière, quand moi, je travaillais dans l'automobile, les modèles, les différentes versions des véhicules ont une date d'obsolescence. Au bout de 5, 6, 10 ans, le modèle va être remplacé par le suivant, avec un châssis plus travaillé, une motorisation plus récente, moins gourmande, un design revu, etc. Un livre, en soi, comme je le disais, on lit encore du Balzac, du Zola, du Hugo, du Sénèque, donc on voit bien qu'il n'y a pas de date d'obsolescence. Ce qui va être obsolète, c'est le packaging autour dont on a parlé tout à l'heure, la couverture, la proposition produit, mais le texte en lui-même, il est impérissable. Et donc, ça, ça fait qu'on est vraiment sur un produit très particulier, parce que globalement, il y a très peu de produits qui n'ont pas de date de péremption comme ça. Sauf ce qu'on peut appeler, par exemple, les produits doudous. Je vais te donner, par exemple, les petits suisses. Je pense que les petits suisses qu'on mange maintenant, grande chance que ce soit la même recette que ceux que nos grands-parents mangeaient. Je ne sais pas si les petits suisses, ça existait déjà à cette époque, mais tu vois un petit peu l'idée. Ce qui va changer, c'est le packaging autour, mais pas vraiment le contenu du produit en lui-même. Il y a des choses comme ça qui restent un petit peu impérissables. Enfin, mange pas les yaourts de tes grands-parents. Mais bref, j'arrête là la comparaison avec le petit suisse. Mais en gros, il n'y a pas vraiment de modèle 2027 qui va venir remplacer ton livre, sauf si tu décides, toi, de travailler le packaging autour, et donc là, de le considérer comme un produit différent. Enfin, le dernier point, et je pense que c'est celui qui pose finalement problème aux auteurs, c'est qu'un livre, c'est une part de toi. On écrit tous de manière différente, mais globalement, quand tu écris, c'est quand même plus ou moins une catharsis, et donc ce que tu vas mettre dans ton roman. de manière générale, c'est une part de toi, une part de ton âme, une part de qui tu es, de ce en quoi tu crois, de ce pour quoi tu te bats, etc. Donc c'est pour ça que le mot produit, il a tendance à heurter, parce qu'en fait, c'est tellement personnel, c'est tellement intimement entrelacé avec qui on est, qu'on a du mal à se dire que c'est juste un produit. Parler de son livre comme une marchandise, en fait, ça peut vous donner l'impression que vous allez devoir vous vendre, vous vendre vous-même. Donc ça, c'est normal que ça puisse vous gêner. Donc non, clairement, pour toutes les raisons qu'on a évoquées plus haut, ton livre n'est pas un produit comme les autres. Donc comment on s'en sort de cette dualité? En concluant que oui, le livre, c'est bien un produit, mais que par contre, ce n'est pas un produit comme un autre. Et c'est quoi alors? C'est un produit émotionnel et culturel. Ça veut donc dire qu'il a une double nature, à la fois économique, parce qu'à main d'ornée, si tu veux vivre de ta plume, il va falloir que ça te rapporte de la thune, sonnante et trébuchante. Parce qu'un livre, ça se fabrique, ça se vend, il y a des coûts, il faut que ça soit rentable, sinon ce n'est pas pérenne, tout simplement. Mais un livre, ça a aussi une nature émotionnelle, parce que quand on achète un livre, on achète une expérience, on l'achète pour ressentir des émotions. Ça, du coup, comme je le disais rapidement tout à l'heure, ça va changer complètement la manière que tu vas avoir de parler de ton livre et de finalement le promouvoir au monde. Et là, je vais t'expliquer un petit peu pourquoi. La première conséquence du fait que ton livre soit un produit émotionnel, c'est que déjà, tu ne vas pas parler du livre en tant que produit. Tu ne vas pas dire, achetez ma nouvelle romance de 365 pages avec couverture vernis et embossée. Ça ne fait rêver personne. Sauf les gens qui sont fans de couverture vernis et embossée, mais bref. Ce qu'on va acheter, c'est le frisson, l'attention émotionnelle, sexuelle, tout ce que tu veux entre les deux personnages, les larmes, les rendez-vous manqués, etc. C'est ça qu'on va acheter. Donc, ta communication, elle ne peut pas se baser sur acheter mon livre, il est dispo en Kindle. Tu vas nous faire ressentir l'émotion, le frisson, l'attente. Tu dois nous parler de ce que tes lecteurs vont ressentir quand ils liront ton livre et pas de ce qu'ils vont physiquement avoir entre les mains. Et même si jamais tu veux parler de ton livre physiquement, parce que pour le coup, là, tu sais que ça fait partie de l'expérience, tu vas le présenter différemment. Tu vas leur dire, par exemple, d'où au toucher, des choses comme ça. Donc, il faut vraiment se concentrer sur l'aspect émotionnel des choses et pas purement produit. C'est d'ailleurs pour ça que des auteurs qui nous parlent de leur livre comme d'un produit normal, finalement comme d'une lessive, ont beaucoup de difficultés à vendre parce que brocher 362 pages, ça ne fait rêver personne, en fait. La deuxième conséquence, c'est que le livre, c'est ce que les économistes appellent un bien d'expérience. Alors, on a parlé de l'expérience. L'expérience émotionnelle, juste au-dessus. Là, quand je dis bien d'expérience, c'est une notion qui a été théorisée par un économiste qui s'appelle Philip Nelson, si tu veux tout savoir, en 1970, qui explique qu'un produit d'expérience, c'est un produit dont on ne peut pas connaître la valeur tant qu'on ne l'a pas essayé. Typiquement, un pull, quand tu l'achètes en magasin, tu vas aller l'enfiler dans la cabine, tu vas voir si t'es bien dedans, s'il n'est pas trop petit, pas trop large. Tu vas voir ce que va t'offrir ce produit avant même de l'acheter. Tu peux l'essayer, en fait. Un livre, ce n'est pas le cas. Tu peux lire les trois premiers chapitres. Tant que tu n'auras pas lu tout le livre, tu ne sauras pas s'il va te plaire ou pas. Même si on peut considérer que, normalement, les trois premiers chapitres sont un bon indice, en soi, tant que tu n'as pas fini le livre, tu ne peux pas savoir. Tu ne peux pas savoir quelle expérience de lecture tu vas avoir. Tu ne connais la valeur qu'après l'avoir consommée. Donc, ça change complètement la manière dont le consommateur, en l'occurrence ton lecteur, va regarder ton livre. Parce que, vu qu'on ne peut pas tester le produit, qu'est-ce qui va faire qu'on va l'acheter? La confiance. Eh oui, j'espère que tu avais la bonne réponse. La confiance, ça change tout. On ne peut pas tester le produit. Donc, on va devoir se baser sur des signaux extérieurs pour savoir si ce produit-là, une fois qu'on l'a acheté, il va bien correspondre à nos besoins, si on va être satisfait de notre achat. D'autant plus, comme je le répète souvent, dans un contexte comme le nôtre, en ce moment où tout coûte plus cher, tout est très compliqué, la valeur confiance, elle joue un rôle central dans le processus d'achat et de vente de tes livres. Comment elle se construit, cette confiance? Déjà, sur des signaux extérieurs. La couverture, l'absence de coquilles dans le livre, la manière dont tu vas structurer ta communication, et aussi de la preuve sociale. Donc, cette copine qui te dit « Ce livre, tu vas adorer. » Tout ce qui est bouche à oreille, les gens qui disent en gros « J'ai testé pour vous et voici ce que j'en ai pensé. » C'est ça qui va permettre de générer des ventes sur le livre, de créer de la confiance. Et donc, c'est pour ça que, véritablement, il te faut absolument soigner cette partie-là pour ton roman. La troisième conséquence, et là, je sais qu'il y en a beaucoup d'entre vous qui vont râler, mais je le dis quand même, parce que je suis là pour ça, c'est que tu fais partie de l'offre, en fait. Quand on achète un livre, on n'achète pas juste un livre. Et c'est l'éternelle question, est-ce qu'on peut dissocier l'auteur de son œuvre? Je ne pense pas qu'on puisse faire ça. Quand tu achètes un roman, tu achètes un package dont l'auteur fait partie. On n'achète pas seulement une histoire, on achète une voix, un univers, une manière de voir le monde, des valeurs. Une lectrice ou un lecteur qui a été convaincu par ton univers, il y a de fortes chances qu'elle te suive d'un livre à l'autre. Donc, en fait, te montrer, toi, parler de ton univers, de ce en quoi tu crois, de pourquoi tu as écrit ce livre, voilà comme ça, quelle vision du monde tu portes, ce n'est pas de l'égo. On n'est pas là pour dire non, mais je parle de moi, c'est égocentré. Ce n'est pas le débat, en fait. C'est juste que tu fais partie du package. C'est une partie légitime de ton produit, en fait. C'est comme si tu avais un produit à deux faces et la deuxième face de la pièce, en fait, c'était toi. Et ça, je le répète souvent parce que, véritablement, j'en suis convaincue, un livre a d'autant plus de force s'il est porté individuellement par son auteur ou son autrice. Parce qu'en fait, sinon, c'est un produit avec lequel on ne crée pas de connexion émotionnelle. Si tu vends juste ton livre en disant ben voilà, ça parle de ça, voici les enjeux, c'est beaucoup moins impactant que si tu nous dis ben en fait, j'ai écrit ce livre parce que j'étais au fond du seau. Dedans, j'ai mis toutes mes expériences, tout ce que j'ai appris. Je me suis battue pour remonter à la surface et c'est cette histoire-là que j'explique dans mon livre. Ben là, je peux t'assurer que la promesse, elle n'est pas la même. Et en fait, ce qu'on va acheter, ce n'est plus une histoire, c'est un morceau de la vie de quelqu'un. Et ça fait toute la différence. Je ne dis pas que c'est facile. Il faut un peu de courage. Il faut accepter de se montrer. Il faut accepter aussi, ben finalement, de s'ouvrir et de se livrer parce que ce n'est pas évident. Par contre, l'impact derrière, il est énorme. Parce que quand tu achètes un livre en sachant pourquoi, par qui il a été écrit, tu vas pouvoir faire un truc qui est exceptionnel. Tu vas donner aux gens la possibilité d'avoir les sous-titres. Et je sais qu'à titre personnel, il y a des livres que j'adore. Quand tu les lis et que tu as un petit peu les sous-titres, tu vois l'histoire d'une manière complètement différente et c'est ça que je veux vous dire. C'est qu'on ne peut pas se contenter de vendre un livre comme si c'était un paquet de lessive. Il faut accepter de vous montrer un peu plus et de donner finalement une part de vous pour que les gens puissent réellement être touchés par votre texte. Parce que sinon, ce qui va se passer, c'est que vous allez sortir votre texte et vous n'allez pas comprendre vraiment pourquoi il n'est pas pleinement compris par les gens. Ben oui, mais je ne comprends pas. Moi, ce texte, je l'ai écrit. C'est vraiment des enseignements personnels que j'ai mis dedans. Ben oui, mais en fait, tu ne nous as pas expliqué vraiment ce qu'il voulait dire, ce livre. Pourquoi tu l'as écrit? Qu'est-ce qu'on doit comprendre? Dans quelle période de ta vie tu l'as écrit? Pourquoi? Et la différence, véritablement, elle se fait là. Donc oui, je suis désolée, vous faites aussi partie de votre offre en tant qu'auteur et autrice. La quatrième conséquence, là, c'est plus une notion purement marketing pour le coup, c'est que le prix ne va pas véritablement être une variable d'ajustement. Dans beaucoup de secteurs, notamment la grande consommation, quand on a besoin de booster un petit peu ses ventes ou de gagner des parts de marché, on va faire des offres spéciales, on va baisser les prix, etc. Le livre, il est protégé par le prix unique, donc en fait, ce n'est pas véritablement quelque chose sur lequel tu peux jouer quand tu as besoin de booster tes ventes. La valeur, elle va devoir se trouver ailleurs, dans la proposition produit, dans le packaging, etc. Mais la variable prix, tu ne peux pas jouer dessus. Donc, ce qu'on va venir chercher, finalement, ce n'est pas du prix sur un livre, sauf qu'on peut considérer que les gens qui achètent en Kindle, ils achètent plutôt pour le prix, mais et encore, parce que l'expérience de lecture, elle n'est quand même pas la même. La valeur de ton roman, elle va vraiment se constituer dans le texte, dans ta vision du monde, dans les émotions qu'on va ressentir. On est vraiment sur une approche complètement différente. Et enfin, la cinquième conséquence, et pour le coup, celle-ci, je la trouve vraiment positive, c'est que le temps joue pour ton livre. Ton livre, il ne périme pas. Il peut trouver son public plus tard. Tu as des livres qui explosent des années après être sortis, et donc, tu as le droit de faire preuve de patience et de donner sa chance à ton livre sur une durée longue. Il y a beaucoup de produits qui n'ont pas cette chance. Typiquement, les téléphones ou des produits comme ça qui sont remplacés tous les six mois, ils doivent être vendus très, très vite parce qu'on sait très bien que le prochain, il arrive dans six mois, un an, deux ans. Donc, en fait, on est sur des laps de temps assez courts. Ton livre, ce n'est pas le cas. Ton livre, en soi, il ne périme pas. Tu n'as pas cette variable de temps. Tu vas l'avoir dans le sens où tu as besoin de générer des revenus avec, mais tu n'as pas cette notion d'obsolescence de produits. Donc, de la même manière, ta com ne va pas être gérée de la même façon. Donc, en gros, ça veut dire qu'il faut que ton cerveau réfléchisse selon deux manières, comme une marketeuse pour la structure de ton produit et comme une artiste pour la manière dont tu vas en parler. Et donc, pour bien faire ça, il y a des erreurs qu'il faut éviter. La première erreur, c'est de croire qu'un bon livre se vend tout seul. C'est ma préférée, celle-là. Et d'ailleurs, c'était littéralement le premier épisode du podcast. Quoi? Parce que je te l'ai dit plus haut, mon livre, c'est un produit. Donc, en fait, tu ne peux pas te baser uniquement sur le texte. Tu dois absolument te concentrer sur ce qu'il y a autour. Le packaging, le réseau de distribution, tout le reste. Tu ne peux pas juste attendre que ton texte porte ton roman tout seul sur le marché. Ça ne peut pas fonctionner. Ton livre, ça peut être un chef-d'oeuvre absolu. Si le packaging est éclaté et s'il n'y a pas de communication, ça restera un chef-d'oeuvre inconnu. La deuxième erreur, et on l'a mentionné un petit peu tout à l'heure, c'est de vendre ton livre comme un produit, en gros comme une lessive. Achète mon livre, achète mon livre, il est à 19,90. Tu peux le trouver sur Kindle, machin, truc. Il est dispo dans l'abonnement. 362 pages, couverture solide, j'en sais rien. Non, ça ne fait rêver personne ça, au secours. Et le matraquage comme ça, en fait, ça va user la confiance. Confiance qui, comme on l'a dit plus haut, est absolument essentielle pour tes ventes. Parce que la confiance, c'est ce qui fait vendre un bien d'expérience. Vu qu'on ne peut pas tester le produit, on a besoin de ressentir le produit avant de l'acheter. Donc, surtout pas ça, s'il vous plaît, parce que ça, c'est une catastrophe. La troisième erreur, c'est de proposer un résumé de ton intrigue au lieu de nous teaser sur une émotion. Ça, je le vois trop souvent. En gros, on nous sert sur un plateau, ce dont parle le livre. Et il n'y a aucune tension, il n'y a aucune tension, on se dit bon bah ok d'accord ce livre il va parler de ça, on a déjà plus ou moins les tenants, les aboutissants, ce qui va se passer, en fait ça fait pas rêver ça, nous ce qu'on veut savoir c'est parle-nous des conflits, parle-nous des tensions, parle-nous des obstacles, parce que ce qu'on veut pouvoir imaginer c'est comment ça va se résoudre, comment ça va se passer, et là il y a de la tension, là on a envie de savoir et donc on va déjà être finalement dans une expérience de projection de wow comment ça va finir, et quand t'arrives à générer ce comment ça va finir chez un lecteur qui n'a pas encore acheté ton livre, bah là tu sais que la prochaine étape c'est bah j'achète le livre pour savoir comment ça va finir, et donc c'est ça qu'il faut pas que vous oubliez, c'est qu'un résumé ça te dit ce qui se passe dans le livre, mais ça te dit pas ce que tu vas ressentir quand tu vas le lire, ça te dit pas pourquoi t'aurais envie de le lire en fait, et ta lectrice c'est ça qu'elle veut ressentir, ou ton lecteur, comprendre ce qu'elle va ressentir quand elle va lire ton texte, les questions qu'elle va se poser etc, et pas juste savoir qui a tué qui. La quatrième erreur, et ça tu la connais parce que je vous la répète souvent, c'est de parler à tout le monde, t'as peur d'exclure des gens, t'as peur de rater des ventes, et donc en fait tu vas avoir un message hyper générique pour parler de ton livre, et donc généralement du coup tu parles à personne, les gens comprennent pas que c'est pour eux ou que c'est pas pour eux, et c'est la foire à la saucisse. Et c'est ça le problème, c'est qu'un produit émotionnel, donc ce qu'est le livre, on en a parlé, un produit émotionnel ça s'adresse à une cible précise, parce que tout le monde ne ressent pas les mêmes choses, tout le monde n'a pas les mêmes besoins, tout le monde n'a pas les mêmes attentes, donc un livre justement, en tant que produit émotionnel, il va aller taper précisément, un besoin particulier, chez une personne particulière. C'est la même chose qu'un parfum par exemple. Pourquoi il y en a qui vont acheter des parfums plus musqués et d'autres plus doux? Bah parce qu'en fait peut-être que t'as envie d'être plutôt discret, et donc tu vas pas prendre un truc hyper sucré, hyper lourd, qui reste 5 heures dans la pièce quand t'es passé. Tu vas prendre quelque chose de plus diffus, de plus suggestif. C'est exactement la même chose avec ton livre, tu peux pas essayer de le vendre à tout le monde, ça ne fonctionne pas. Les gens ont besoin de comprendre si c'est pour eux ou pas, et toi t'as besoin de cibler les bonnes personnes. La cinquième erreur, c'est de copier des méthodes qu'on trouve par exemple dans la grande distribution ou sur les autres produits, sans les adapter. Par exemple, "dernières heures pour en profiter", "la pression à l'achat", "bientôt plus stock", ça peut fonctionner, attention, et au contraire ça peut très bien fonctionner, par contre il faut que ça ait du sens. Tu peux pas dire "vite, vite, vite, dépêchez-vous de l'acheter", alors qu'en fait, ton livre, il va continuer à vivre sa vie, et que si on l'achète pas aujourd'hui, on peut encore le trouver dans 6 mois. Tu vas faire ça pour des éditions très limitées, des fins de stock, des choses comme ça, mais tu peux pas vendre ça comme tu vends une lessive, avec les mêmes techniques un peu agressives, etc., ça fonctionne pas. Justement, on est sur un produit où plus ça va être émotionnel, subtil, etc., plus ça va marcher. Donc il y a certaines techniques de vente agressives qui ne peuvent pas fonctionner. La sixième erreur, c'est de disparaître derrière ton livre, ou inversement, de le faire disparaître derrière toi. C'est ce que je te disais, si tu te montres jamais, bah tu prives finalement les lecteurs d'une partie de son expérience, parce que tu fais partie de l'expérience. Et inversement, si tu parles que de toi, de ton processus d'écriture, de ton machin, et jamais de ton livre, et bah tu le prives de l'émotion qu'il va ressentir au contact de ton histoire, de tes personnages, de tes enjeux, et donc bah il manque de la même manière une partie. Et c'est un équilibre qu'il faut trouver, qui est pas simple, mais qui va faire que ton lecteur va avoir finalement une expérience complète. Parce que, pour le coup, je le vois beaucoup, notamment chez des auteurs qui débutent, quand tu parles beaucoup du processus d'écriture, des erreurs, et que tu oublies de parler du livre, et de nous faire ressentir les enjeux, l'attention, etc., ce que tu oublies un peu, c'est qu'à la fin, c'est quand même le livre qu'on achète. Donc on a besoin de s'immerger dedans, d'en savoir plus, de se sentir concerné, d'être déjà un petit peu touché par l'histoire. Voilà, c'est un équilibre 50/50 à trouver. Il y a des moments où tu seras plutôt sur ta marque personnelle, d'autres plutôt sur ton livre. Typiquement, par exemple, quand tu vas vendre, tu vas peut-être beaucoup plus nous parler de ton livre que quand tu es en phase de création, tu vas nous parler de tes erreurs. Mais c'est vrai qu'il faut vraiment arriver à trouver cet équilibre-là, parce que c'est les deux phases de ton produit. Et enfin, la dernière erreur, c'est de confondre ton livre et ta valeur personnelle. C'est aussi souvent ça qui fait qu'on a du mal à considérer le livre comme un produit. C'est que c'est tellement lié à nous qu'on a l'impression que finalement, c'est un prolongement de nous-mêmes. Et donc, quand ça ne se vend pas, on se dit : je ne suis pas assez bien, je ne suis pas un bon auteur ou une bonne autrice, je ne mérite pas, etc. Sauf qu'en fait, non, un livre qui ne se vend pas, c'est un produit qui n'a pas trouvé son lecteur, c'est un produit qui n'a pas trouvé son marché, qui n'a pas trouvé sa place, en tout cas, sur le marché. Ça ne dit rien sur ta valeur en tant qu'auteur, en tant qu'autrice, sur tes capacités. C'est un produit. C'est qu'il ne répond pas à ce qu'attend le marché ou qu'il n'a pas été suffisamment bien marketé pour trouver sa cible. Parce que, à titre personnel, je pars du principe qu'à partir du moment où ton livre est bon, a été bien travaillé, il n'y a aucune raison qu'il ne se vende pas. Mais donc, il faut plutôt le voir, au contraire, comme quelque chose de positif. Dire que ton livre, c'est un produit, finalement, ça te dissocie de ses résultats de vente et ça ne dit rien sur ta valeur à toi. Voilà, donc on l'a vu. Factuellement, c'est un produit, mais ce n'est pas un produit comme un autre et donc ça a des implications sur ta manière de le considérer, ta manière d'en parler, ta manière de le vendre et ta manière, finalement, de concevoir toute l'histoire que tu vas raconter autour. J'espère que cet épisode t'a plu, que ça t'a éclairé un peu plus sur la notion de produit. N'hésite pas à me dire dans les commentaires ce que tu en as pensé. Et surtout, pense à t'abonner au Grimoire dont tu as le lien dans la description de l'épisode pour ne pas rater le prochain qui sortira le 13. Voilà, moi, en attendant, je te remercie pour ton écoute. Je te souhaite de bien te porter et je te donne rendez-vous très vite dans un prochain épisode. Ciao! Merci d'avoir écouté cet épisode. Si tu l'as trouvé utile, n'hésite pas à le partager autour de toi et à me laisser un commentaire pour m'encourager. Quant à moi, je te donne rendez-vous très vite dans le conflit sur le rail de Vadet Retro.