Speaker 1Salut à toi et bienvenue dans Le Confessionnal, le podcast diabolique de Vadé Rétro. Au sein du Confessionnal, on parle marketing du livre, stratégie réseau sociaux et marque-auteurs sans bullshit. Salut à toi et bienvenue dans ce tout nouvel épisode du Confessionnal de Vadé Rétro. Et cette semaine, on va se poser cette question. Ton roman a-t-il réellement une durée de vie de trois mois sur le marché du livre? Vous avez peut-être déjà entendu cette phrase, surtout si vous êtes en édition indépendante, qui vous dit que pour vivre de votre métier d'auteur, il vous faut sortir trois à quatre livres par an parce qu'un roman a une durée de vie limitée à trois, quatre mois de manière générale sur le marché. En gros, si on en croit cette croyance, un livre qui sort serait considéré comme neuf pendant trois mois et au-delà serait déjà has-been. Donc la question qu'on va se poser aujourd'hui, c'est est-ce que cette croyance, elle est vraie ou elle est fausse? Et tu te doutes bien que comme d'habitude, si j'en fais un épisode, c'est que c'est pas si simple que ça. Avant de débuter, je te propose déjà de commencer par t'abonner au podcast pour ne pas rater les prochains épisodes et surtout à la newsletter de Vade Retro, le Grimoire, puisque dans celui qui sortira le 13, je te propose des astuces justement pour contourner ce délai de trois mois et faire vivre ton livre bien au-delà de sa seule période de sortie. Allez, c'est parti, on embarque pour l'épisode. Alors déjà, pourquoi est-ce qu'on a tendance à dire qu'un livre, une fois sorti, a une durée de vie limitée à trois mois? C'est pas complètement déconnant et ça sort pas complètement du chapeau. Je vais vous expliquer pourquoi. Premier point, c'est déjà que ça vient du rythme des maisons d'édition. Ça va dépendre de la maison et de sa stratégie, mais une maison d'édition, globalement, sort plusieurs livres par an. Mettons qu'on prenne une maison qui fait le choix de ne sortir qu'un titre par mois, ça nous fait quand même 12 titres à l'année. Et une maison d'édition est censée, du coup, animer son catalogue et donc faire valoir les nouveautés et les promouvoir à la communauté. Pour ça, elle va avoir une période de promotion hyper limitée pour chaque livre où, en gros, elle va promouvoir ce livre-là pendant une durée déterminée pour ensuite le sortir. Le but de ça, c'est de centrer sa communication autour du titre en question pour favoriser la mémorisation et s'assurer que le lectorat se focus bien sur la dernière sortie en cours. Il y a aussi le fait qu'en librairie, une nouveauté n'est pas forcément exposée pendant 6 mois. On considère qu'au-delà de 2-3 mois maximum, le livre n'est plus considéré comme neuf et donc une librairie ne va pas forcément pouvoir mettre dernière nouveauté sur un titre qui est sorti il y a plus de 3 mois. Au-delà de ces 3 mois, d'ailleurs, le libraire peut renvoyer le roman s'il n'en a pas vendu assez et donc faire de la place aux prochaines sorties. Donc, ces 3 mois ne sont pas complètement déconnants. On a bien un rythme de 3 mois dans l'édition traditionnelle. Le marché s'est calé plus ou moins sur ça, avec des libraires qui peuvent renvoyer, du coup, les romans qui ont été en vendu et qui ont besoin de faire de la place pour accueillir les nouveautés suivantes. Vous le savez aussi, puisqu'on en a parlé grosso modo dans l'épisode de la semaine dernière, il y a de plus en plus de titres qui sortent et donc, forcément, il faut faire de la place aux nouveautés. Il y a un autre point aussi qu'il faut avoir en tête et qui explique qu'on considère vite qu'un livre est déjà, entre guillemets, has-been ou en tout cas n'est plus une nouveauté, c'est la manière dont la communauté littéraire consomme les livres. On l'a vu ces dernières années avec l'essor des réseaux sociaux, les gens sont beaucoup plus dans le compulsif, dans la consommation rapide, avec des gens qui lisent je ne sais pas combien de livres par an. Et donc, c'est vrai qu'un livre qui est sorti il y a 3 mois, en fait, c'est moins sexy en termes de chronique sur BookTok, sur Booksta, on a moins la possibilité de faire le buzz, de se faire remarquer, de faire des vues, des likes, etc. Et donc, c'est vrai qu'au niveau de la communauté littéraire, on va avoir tendance à se lasser beaucoup plus vite d'un titre qui est sorti il y a 3 mois. Ça devient en tout cas moins intéressant de faire de la com dessus parce qu'on considère qu'il n'y a plus l'effet de nouveauté. Là où c'est intéressant pour des influenceurs ou des personnes qui ont l'habitude de faire des chroniques, c'est quand on a la dernière nouveauté dans les mains, qu'on est parmi les premiers à chroniquer dessus, à donner son avis, etc. Au-delà, on considère que c'est devenu mainstream et sur les réseaux sociaux, pour se faire remarquer, vous le savez, il faut être les derniers sur les tendances, les plus réactifs, avoir les derniers scoops, etc. Donc, c'est vrai que la communauté Booksta et Booktalk ces derniers temps alimentent aussi ce phénomène-là de lassitude dès qu'un titre est vu depuis plus de 3 mois. Ça peut aussi venir des lecteurs. On sait que sur certains segments, je pense notamment à de la romance mafia, par exemple, j'avais cette discussion avec l'une d'entre vous il y a quelques mois de ça. La romance mafia, c'est des tomes, par exemple, qui ne sont pas très longs et qui se dévorent. Donc, la communauté, elle lit extrêmement vite. Et donc, on ne va pas forcément pouvoir capitaliser aussi bien sur des titres comme ça qui ont tendance à se lire très, très vite et qui s'enchaînent finalement les uns les autres que sur des tomes qui nécessitent un peu plus de temps. Donc, en effet, selon le genre dans lequel tu es, l'effet de lassitude peut être beaucoup plus rapide que dans d'autres genres. Il y a aussi un effet, et cette fois-ci, il est mécanique, c'est au niveau des ventes que ça se passe, qui nous fait penser qu'au bout de 3 mois, c'est terminé. Généralement, on remarque que le gros des ventes se fait dans les 3 premiers mois. Pourquoi? Tout simplement parce que l'audience chaude sur un roman, c'est-à-dire celle qui l'attendait, celle qui était prête à l'acheter, qui était déjà sensibilisée. À son lancement, elle a déjà acheté le roman. On considère que dans les 3 premiers mois, grosso modo, les lecteurs, en tout cas, qui étaient sensibilisés au titre, qui en ont entendu parler et qui hésitaient à l'acheter, ils ont eu le temps d'avoir des premiers retours dessus et ils sont déjà passés à l'achat. Et donc, en fait, le bundle de gens, la masse de gens qui étaient prêtes à acheter le livre et qui étaient chaudes pour l'acheter, on considère qu'elle est déjà épuisée. Et c'est là où, sans bonne stratégie, en effet, on peut constater une baisse des ventes parce qu'on n'a pas réussi à entretenir ce momentum. Et à redonner un second souffle à ce livre-là. Mais pour autant, ces 3 mois, ils nous posent problème parce que déjà, grosso modo, ça veut dire qu'il faut que t'écrives 3 à 4 livres par an pour faire des ventes régulièrement. Si vraiment, tu te bases sur ce rythme-là de 3 mois pour générer des ventes, en fait, t'as pas le choix. Ça veut dire qu'au bout de 3 mois, à chaque fois, il faut que t'aies un nouveau titre. Et donc, en fait, ça va te demander de baser la croissance de ton entreprise et de ta carrière, ou en tout cas de tes revenus, sur des sorties récurrentes, sur un rythme de croissance. Donc ça, déjà, c'est quelque chose qui pose problème en termes de stratégie. Tout le monde n'est pas forcément capable d'écrire 3 à 4 livres par an. C'est hyper exigeant, ça prend du temps, surtout si t'es en édition indépendante, ça veut dire que le livre à peine terminé, t'es déjà en train de l'éditer et de commencer à travailler sur le prochain. Très honnêtement, c'est un rythme qui est énorme. Donc, il n'est pas forcément déjà tenable pour tout le monde. Ça pousse littéralement les gens au burn-out et on le voit un peu trop souvent, je trouve, sur les réseaux ces derniers temps, des autrices qui elles-mêmes te disent « En fait, j'en peux plus, j'ai sorti plein de livres à la suite, trop vite, j'ai pas pris le temps de réfléchir à ma stratégie, j'ai pas pris le temps de peaufiner mon texte, j'ai voulu aller trop vite parce que je voyais bien que mes ventes baissaient, fallait que j'avance. » Donc, on voit bien que ça met les gens finalement dans une roue de hamster, dans une espèce de spirale infernale et c'est très dangereux à long terme parce que quand t'es auteur indépendant ou autrice indépendante, ta structure, elle repose sur toi. Et si toi tu craques, c'est tout ton business qui craque. Donc, c'est pas quelque chose qui est tenable à long terme. On en avait parlé, je sais pas si vous vous rappelez sur l'épisode sur la stratégie. Une stratégie qui est pas viable à long terme, ça peut pas être une stratégie. En tout cas, c'est pas quelque chose que tu peux tenir ad vitam aeternam sans la délimiter dans le temps. L'autre point qui me pose problème, et là c'est ma casquette de chef de produit qui parle, c'est qu'en fait tu ne maximises pas le potentiel réel de ton livre. Quand un livre est considéré comme mort au bout de trois mois, bah en fait pour moi c'est un livre qui est gâché. Parce qu'on a pas réellement eu le temps de le laisser trouver son public, on a pas eu réellement le temps de construire une stratégie sur le long terme, et on gâche finalement un titre qui pourrait vivre encore des années, tout simplement parce qu'on a pas mis la bonne stratégie en face. Un point également qu'on peut souligner, et ça on le voit, c'est que quand on sort quatre livres par an, si tout le monde fait ça, au bout d'un moment le marché il est complètement inondé et c'est clairement le cas d'ailleurs. On voit que on a énormément de titres qui sortent, que c'est, pardonnez-moi l'expression, mais la course à l'échalote, et qu'au final on s'y perd parce qu'il y a tellement de sorties, il y a tellement de campagnes ulules qu'on sait même plus où donner de la tête. Ça va contribuer également à dilapider l'attention de nos lecteurs, le processus de mémorisation, et donc c'est vrai que finalement on atterrit sur un marché qui est complètement saturé, avec des livres qui sortent tous les deux jours. Un autre point qui est problématique, c'est que ça réduit finalement le temps de mémorisation que ton lecteur va avoir par rapport à ton roman. Vous le savez, je vous l'ai dit plusieurs fois, il suffit pas juste de voir un livre pour l'acheter. Tes lecteurs, ils ont besoin de se souvenir de qui tu es, de quoi tu parles, de mémoriser ton pitch, ta promesse, ton univers, et c'est ça qui va faire qu'à terme ils vont acheter, parce que ça va créer de la confiance. Quand un livre est considéré comme mort au bout de trois mois et qu'on arrête de faire de la com dessus, on n'a même pas finalement laissé réellement le temps aux gens de découvrir le livre, d'hésiter, de se poser des questions, d'y aller. Au contraire, on le sait, les gens ont un temps d'attention qui est beaucoup plus restreint par rapport à avant, et c'est justement du fait que nos lecteurs sont beaucoup moins concentrés qu'il faut d'autant plus répéter le message. Et donc si tu considères que ton livre, il est mort au bout de trois mois, ça couplé au fait qu'en plus tes lecteurs, ils n'ont plus de mémoire, tu peux t'assurer que ton livre, il est mort avant même d'être sorti en fait. Et le dernier point, et c'est celui qu'on va décortiquer un peu plus en détail dans la dernière partie de l'épisode, c'est qu'en fait, ces trois mois-là, ils confondent la durée d'exposition d'un livre en librairie et la durée réelle du cycle de vie de ton livre sur le marché, et ça n'a rien à voir. Donc c'est tout ça qu'il faut décortiquer, parce que grosso modo si on ne change rien, le bilan c'est que toi tu penses qu'il faut écrire 3-4 livres par an si ce n'est plus. Alors si t'en es capable, c'est trop bien, parce qu'on ne va pas se mentir, plus tu sors de livres de qualité, plus t'as de chances de faire des ventes, et donc plus t'as de chances de vivre de ta plume rapidement, il n'y a pas de débat là-dessus. Mais des fois c'est juste pas ton rythme en fait, et ça ne sert à rien d'essayer de rentrer dans un rythme qui n'est pas le sien. On est quand même sur un métier qui est hyper créatif, il y a des choses qui ne se forcent pas. Le risque aussi de tout ça, c'est que ça peut de plus en plus pousser les auteurs à la productivité, alors qu'on est plutôt dans un métier de créativité, justement, et on sait que les deux ne vont pas forcément très bien ensemble, et on peut avoir des auteurs ou des autrices qui sont de plus en plus tentées d'utiliser l'IA pour aller plus vite dans la rédaction, dans la correction, parce qu'on se rend compte que c'est un outil qui qui peut nous aider à gagner du temps. Et là, on commence à toucher vraiment à l'identité du métier d'auteur, à la manière dont les livres sont construits. Et donc, il y a vraiment un risque aussi sur notre manière de considérer le métier et de le réaliser. Pour moi, le risque numéro un, même au-delà de l'IA, c'est surtout que les gens finissent KO. Et ça, c'est un vrai problème, surtout dans l'entrepreneuriat, parce que quand tu es autoriste indépendante, comme je le disais, ta boîte entière, elle repose sur toi, en fait. Et donc, si toi, tu flanches, c'est tout ton business qui s'écroule et ta carrière d'autrice, potentiellement, qui est mise à mal. Et le problème de ça, c'est qu'on le sait très bien, quand on fait un burn-out, il y a des séquelles, il y a des conséquences. On n'en revient pas comme ça du jour au lendemain. Et donc, c'est vrai qu'il faut être très prudent sur cette injonction à écrire 3-4 livres par an, parce qu'en fait, des fois, c'est juste pas ton rythme et c'est tout. Donc, on va recadrer un petit peu tout ça. La grosse erreur dans ce postulat de « un livre ne vit que 3 mois », c'est qu'en fait, ça revient à méconnaître le cycle de vie réel d'un produit. On est d'accord, en librairie, ton livre, il va être mis en rayon, ou en tout cas, mis en avant pendant 3 mois, parce que la librairie, elle reçoit tellement de trucs qu'elle est obligée de faire un roulement derrière. Donc ça, OK, il n'y a pas de débat. Les librairies, il y a une contrainte physique dedans. Mais est-ce que ça veut dire pour autant que ton livre, il est mort au bout de 3 mois? Ben non, en fait, absolument pas. Et ça, justement, c'est un problème de méconnaissance du cycle de vie d'un produit en général. Là, je vais mettre ma casquette de chef de produit. Mon métier, c'est ça, d'être chef de produit. Donc, concevoir des produits, les mettre sur le marché et piloter leur cycle de vie. Tous les produits ont le même cycle de vie. Les étapes vont être plus ou moins longues selon le type de marché sur lequel tu te trouves. Mais tous les produits ont le même cycle. Et il faut connaître ce cycle de vie parce que ton livre, il y est soumis comme beaucoup d'autres produits. Et plus tu vas être en maîtrise de ces différentes étapes, plus tu vas savoir finalement comment animer ton livre au fur et à mesure de sa vie et donc t'assurer d'avoir des ventes en continu et pas ponctuellement juste au lancement. La première étape du cycle de vie d'un produit, c'est la conception. La conception, on peut considérer que pour ton livre, c'est la phase d'écriture, la phase de préparation de la couverture, la phase de correction, bref, tout ce qui arrive avant sa date de lancement. Tu le sais, je le recommande régulièrement, tu peux déjà faire de la communication pendant la phase de conception. C'est ce qu'on appelle du building public, donc montrer les coulisses de la conception de ton roman, les choix que tu fais, les difficultés que tu rencontres, faire participer ta communauté à la création du livre. Ça, ça va te servir à quoi? Tout simplement à constituer une audience qualifiée qui, au moment où le livre va sortir, sera déjà convaincue par la qualité de ce qu'il y a dedans, saura déjà que l'histoire lui plaît, aura déjà confiance et sera prête à acheter ton roman. Donc ça, c'est la phase de conception. Ensuite, il va y avoir la phase de pré-lancement. La phase de pré-lancement, ça peut être typiquement une campagne Ulule, par exemple, ou des précommandes d'une édition en particulier. Là, l'idée, c'est de valoriser justement cette audience chaude en lui disant, vous allez avoir accès à quelque chose d'exclusif pour valoriser votre présence depuis le début avec moi, votre soutien, etc. Le but d'une phase de pré-lancement, c'est véritablement de générer de l'engouement et une envie d'acheter vite. On ne va pas se mentir. Clairement, toi, quand tu es en phase de pré-lancement, ce que tu dois faire, c'est mettre des choses en place pour que ton livre, il ait déjà de la traction au moment de sa sortie. Ce n'est pas au moment où ton livre, il est sorti que tu commences à communiquer et que tu commences à chauffer les gens. Les gens doivent déjà être chauds bouillants avant même que ton livre soit sorti et tu dois, entre guillemets, leur faire sortir la carte bleue avant. Ça ne se fait pas n'importe comment. Ça peut se faire, par exemple, avec des séries spéciales. Moi, je travaillais dans l'automobile avant. Quand on lançait un nouveau modèle, on lançait généralement des séries spéciales des premières éditions ou des éditions limitées qui permettaient d'offrir un produit un peu plus qualitatif aux premières personnes qui achètent le produit parce que ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que les premières personnes qui achètent le produit, c'est celles finalement qui te font le plus confiance parce qu'acheter un produit qui n'est pas encore sorti, sur lesquels tu n'as pas encore de retour, tu n'as pas encore de recul, c'est un acte de foi finalement qui est très fort et donc faire des précommandes ou des phases de pré-lancement comme ça où tu vas avoir une version peut-être un peu différente, ça va te permettre de valoriser cette acte de confiance et de dire je suis conscient ou consciente que le geste que vous faites, il est important et je participe aussi, je veux aussi vous remercier pour ça. Donc phase de pré-lancement très important parce que ça va te constituer déjà une base chaude de gens qui vont acheter ton livre avant même sa sortie et qui vont ensuite être les premiers potentiellement à chroniquer, à faire des retours dessus, à en parler autour d'eux, donc ça sert vraiment à chouchouter ton audience, ta base existante, tes chroniqueurs phares, etc. Là, il faut vraiment passer du temps avec ces gens-là, passer du temps à concevoir ça avec eux, à les remercier parce que c'est énorme d'avoir des gens qui attendent ton livre avant même qu'il sorte et qui contribuent à ça. Ensuite, il y a le lancement. Donc ça, c'est le jour de la sortie, communiquer sur ton livre, s'assurer que les gens mettent bien des commentaires dès qu'ils l'ont lu, avoir des chroniqueurs qui font des chroniques. Donc là, on est dans la fameuse phase qui est censée durer trois mois. Les trois premiers mois où en gros ton audience chaude, elle l'a déjà ou elle va acheter ton roman, tu vas avoir les premières chroniques, les premiers avis, et ton produit va être considéré comme une nouveauté. Bon, ça, vous la connaissez bien. D'ailleurs, il y a beaucoup de gens qui sont à fond pendant cette période-là et qui arrêtent après. Voilà, je pense que tout le monde est au clair sur ce que c'est qu'un lancement de roman. Ensuite, on arrive dans une phase qu'on appelle la vie courante du produit. La vie courante, c'est le moment où il est plus tout neuf, mais il n'est pas non plus vieux et le produit va faire sa vie sur le marché. Et c'est là où il faut justement avoir une stratégie solide parce que si tu ne gères pas bien cette partie-là, en fait, progressivement, ton livre, il va tomber dans l'oubli et tu vas te dire bon, la phase de lancement est terminée, il ne se vend plus, c'est normal. Grosso modo, j'arrête et je passe au suivant. Donc, cette vie courante, c'est vraiment une phase très importante, quel que soit le produit que tu as. Et non, il ne suffit pas de laisser le livre vivoter tout seul, on va en parler. Il y a quand même des choses que tu vas pouvoir mettre en place ou en tout cas des erreurs qu'il faut éviter. Après la vie courante, il y a ce qu'on appelle la phase de run-out ou de fin de vie. C'est un produit qui typiquement a fait son temps et va être remplacé par un prochain produit ou en tout cas va être arrêté. Quand je travaillais dans l'automobile, typiquement, quand on arrêtait un modèle parce que ça faisait 5, 6, 10 ans qu'il était sur le marché, on n'arrête pas un modèle du jour au lendemain. Il y a des phases où on va animer le produit en fin de vie avec des séries spéciales à des prix cassés ou avec des éditions limitées avec des équipements particuliers pour écouler les derniers stocks avant que le prochain prenne la suite. Tu vas avoir toute une phase aussi de communication sur le fait que ce produit-là va bientôt s'arrêter pour essayer d'écouler les derniers stocks, de te débarrasser de ce qui te reste. Une fin de vie, ce n'est pas du jour au lendemain, j'arrête les commandes et j'arrête tout. Ça se gère, ça s'anticipe, il y a une phase de décroissance. C'est une phase qui se gère aussi au même titre que toutes les autres. Ton livre, il est un peu moins concerné. À moins que tu décides d'arrêter une édition en particulier parce que tu vas refaire la couverture, on peut considérer que ton texte, en soi, il peut vivre des centaines d'années. Regarde, on lit encore du Hugo, du Balzac, du Zola, du Aristote. Donc en fait, le texte en lui-même, il a une durée de vie en soi qui est plutôt illimitée. Par contre, ton produit livre, le type de format, la couverture, le jaspage, des choses comme ça, tout ce qu'il y a autour, ça c'est des choses que tu peux ajuster ou que tu peux choisir d'arrêter. Et donc là, tu vas avoir une gestion de fin de vie. C'est pareil, ça, j'y reviendrai après sur les erreurs à éviter là-dessus. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que la fin de vie, c'est pas juste j'arrête du jour au lendemain. Ça aussi, ça se gère en termes de marketing et de cycle de vie. Et enfin, le dernier point, c'est la mort. C'est-à-dire quand il ne se passe plus rien, quand le produit n'est plus commercialisé et qu'on ne peut plus l'acheter. C'est vraiment ça l'enjeu. C'est d'arriver à animer ton livre tout au long de son cycle de vie et pas seulement pendant la phase de pré-lancement et de lancement, ce que font à peu près 80% des gens. C'est pas très compliqué à faire, mais déjà, il faut en avoir conscience. Donc je pense que maintenant que tu as écouté cette première partie, tu le sais. Et surtout, c'est savoir comment est-ce qu'on fait pour animer un livre qui est plutôt neuf mais qui est encore plutôt récent, dont les gens peut-être ont déjà commencé à se lasser. Il y a des techniques qu'on va décrypter dans le grimoire de la semaine prochaine et je vais déjà t'expliquer les erreurs à éviter pour faire ça correctement. Alors déjà, on en a parlé, la première erreur, c'est de tout miser sur le pré-lancement et le lancement. C'est-à-dire qu'en gros, t'es à fond pendant ta campagne Ulule, pendant ta phase de lancement et après, tu communiques moins, tu baisses ton budget pub, tu te bases uniquement sur les gens qui ont déjà acheté le livre et t'es déjà dans la dynamique de te dire, ok, c'est quoi la suite? Qu'est-ce que je propose ensuite à ces gens-là? T'es déjà concentré finalement sur la suite de ton calendrier éditorial et ce livre-là, en gros, tu considères qu'il a déjà fait son temps. Ça, c'est une grosse erreur. La phase de pré-lancement et de lancement, c'est des phases importantes dans la vie d'un livre, mais tu ne peux pas considérer qu'il n'y a que ça qui compte. La deuxième erreur, c'est de croire qu'une baisse des ventes signifie que ton livre est mort. Une baisse des ventes, ça veut peut-être juste dire que ton livre arrive en fin d'un cycle de vie. Ça ne veut pas forcément dire qu'il est mort. On en a parlé, il y a différentes étapes, chacune des étapes, elle est plus ou moins longue et elle a ses caractéristiques. C'est pas parce que tes ventes, elles baissent après le lancement qu'il faut considérer que ça y est, tu as atteint toute ton audience. Ça veut peut-être juste dire que tu as vendu à ton audience chaude et que là, il va être l'heure d'aller capter une nouvelle audience et donc de changer de stratégie ou en tout cas de déployer la phase B de ta stratégie. C'est juste la fin de l'effet de nouveauté, ce n'est pas la fin de ton livre en soi. Et ça, c'est nécessaire aussi de le normaliser. Ce n'est pas grave si tes ventes baissent après un moment. Ce qu'il faut essayer de comprendre, c'est pourquoi, d'identifier dans quelle phase de vie ton livre est. Et si c'est juste que tu arrives au bout de ta phase de lancement, ça veut peut-être juste te dire qu'il faut que tu changes ta manière d'aborder ta stratégie, ajuster ta manière de faire des pubs, d'en parler, de changer ta cible, enfin voilà. Mais ça ne veut pas dire que ton livre est mort si tes ventes commencent à baisser. Une autre erreur que je vois très souvent, c'est de penser que, en gros, c'est bon, tout le monde le sait, que ce livre est sorti. Si je continue à en parler, je vais saouler tout le monde. Ça fait déjà trois mois que j'en parle, ça va quoi, les gens, ils le savent. Non. Est-ce que Michel au fin fond de la Corrèze, il sait que tu as sorti ton livre? Non. Donc, tout le monde ne sait pas que tu as sorti un livre et qu'il faut l'acheter, etc. Je caricature, mais en fait, ça a des infos, toi, parce que t'es dedans et que tu parles toujours de la même chose. donc tu as l'impression que la Terre entière est au courant et que tu saoules tout le monde, en fait. Mais non, ce n'est pas vrai. Tout le monde n'est pas au courant que tu as sorti un livre. Tu as communiqué pendant une fenêtre de temps défini, sur une cible définie, via des canaux définis, mais ça ne veut pas dire que tout le monde est au courant. Et c'est un marathon, en fait. Et c'est vrai que quand on est en sprint, que ce soit pendant une campagne Ulule ou pendant une phase de lancement, en fait, on donne tout et c'est vraiment fatigant. Mais il ne faut pas oublier que la vie d'un livre, son cycle de vie, c'est un marathon. Et donc, il faut savoir gérer aussi, sur la durée, la communication, la promotion, comment aller capter une nouvelle audience, etc. Et donc, vraiment, l'erreur la plus importante, selon moi, c'est déjà de considérer que, bon, c'est bon, tu as touché tous ceux que tu avais à toucher, les gens qui devaient savoir, ils sont au courant, et en fait, finalement, ça ne sert plus à rien de communiquer parce que, entre guillemets, tu as déjà épuisé le potentiel de vente de ton livre. Autre erreur que je vois trop souvent, c'est de ne pas suffisamment capitaliser sur les retours de vos lecteurs pour redonner un coup de boost à votre roman. Quand on lance le livre, même si on a déjà travaillé sur ses axes de communication, son positionnement, ses tropes, ses machins, ses angles, voilà. Tu connais ton livre, tu sais comment tu veux en parler, tu le sors, mais ensuite, il se passe un truc. Ton livre, il rencontre ses lecteurs. Et les lecteurs, ils vont venir te voir, ils vont te dire ce qu'ils en ont pensé, et forcément, systématiquement, il y a toujours des choses qui vont ressortir que tu n'avais pas vues. Généralement, c'est plutôt aligné avec ce que tu as mis en avant parce que, mine de rien, tu connais quand même bien ton texte, tu sais comment en parler, donc il n'y a pas a priori d'énormes décalages. Par contre, souvent, tu vas avoir des retours qui vont revenir une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Des gens qui vont te dire, j'ai vraiment adoré ce truc-là, et tu vas te dire, oh waouh, je ne pensais pas que cet aspect-là du livre, il pouvait avoir un impact aussi important. Et donc, prendre le temps de capitaliser sur les retours des lecteurs, comprendre ce que disent les lecteurs, les écouter, identifier ce qui leur a le plus plu, capitaliser sur ces retours, en fait, ça va te permettre aussi de relancer ta com. Tu vas passer dans une deuxième phase où là, tu vas avoir ce qu'on appelle de la preuve sociale, des gens qui l'ont lu, des gens qui t'ont écrit des commentaires, des gens qui t'ont fait des retours. Et ça, contrairement à ce qu'on peut penser, ça ne va pas juste te servir dans les trois mois après le lancement, ça va te servir pendant toute la vie de ton livre. Et donc, il ne faut pas avoir peur, quand tu as un livre qui est sorti comme ça, même si ça fait plusieurs mois qu'il est sorti, il ne faut pas avoir peur d'oser en parler sous un nouvel angle. Parce qu'au contraire, ça peut permettre de convaincre des gens qui étaient habitués à avoir passé tes trois ou quatre principaux angles de communication, mais qui n'étaient pas forcément touchés par cela. Et ça va te permettre aussi, toi, de remettre une certaine dynamique dans ta communication autour de ce roman-là, et d'arriver à en parler d'une nouvelle manière, et donc finalement d'amener de la nouveauté sur ce produit que tu pourrais, entre guillemets, considérer comme étant déjà plus ou moins mort ou plus ou moins connu. Et enfin, la dernière erreur, et celle-ci, je pense que c'est un peu la plus grave, c'est si tu enterres toi-même ton texte avant même qu'il ait eu le temps de déployer son plein potentiel et de vivre tout son cycle de vie. Je sais que c'est dur, parce que vous faites cinquante mille choses en même temps, des fois ça ne se vend pas tout de suite, on n'a pas forcément le temps de tout faire, on est occupé à écrire, à animer ses réseaux sociaux, à gérer ses finances, enfin voilà. Encore une fois, je ne dis pas le contraire. Par contre, n'oubliez pas que la personne numéro un qui promeut votre livre, c'est vous. Et si vous, déjà, vous n'y croyez plus, si vous, déjà, vous arrêtez d'en parler, votre texte, il ne va pas vivre tout seul. Donc vraiment, l'erreur, c'est de dire il ne s'est pas vendu dans les trois premiers mois, donc j'arrête le massacre, en gros, je vais limiter les pertes, et je passe à la suite. C'est une erreur. C'est une erreur parce qu'à partir du moment où ton livre, il a été bien construit, c'est-à-dire où tu as un bon produit, le texte est bon, la couverture est bonne, les axes de communication sont bons, il n'y a pas de raison que ton livre, ça soit un échec, en fait. Ça veut peut-être juste dire qu'il n'a pas eu le temps de trouver son public, que c'est un diesel qui va démarrer lentement, mais qu'il va trouver son rythme plus tard. Et en fait, vraiment, l'erreur numéro un, c'est si toi, tu considères qu'il est mort, en fait, si tu tues toi-même ton livre, tu es certaine qu'il ne va rien se passer. On dit souvent que ceux qui gagnent au loto ont joué. C'est un peu ça, finalement. Toi, si tu arrêtes de parler de ton livre et que tu considères qu'il est KO, avant même qu'il ait eu le temps de vivre tout son cycle de vie, évidemment qu'il ne va rien se passer. Il faut avoir un peu foi aussi en votre texte, en vous-même, en la capacité du texte à trouver son public, et ne pas hésiter, si jamais vous voyez qu'il y a un texte qui ne décolle pas, à vous faire aider, que ce soit sur le marketing, sur les fiches Amazon. Vous avez eu, par exemple, Karim Yo dans le podcast qui est spécialisé là-dedans. Il y a des moyens d'analyser pourquoi un texte ne marche pas. Ce n'est pas forcément parce qu'il ne se vend pas qu'il faut le mettre à la poubelle. C'est ça que je veux vous dire. Vraiment prendre le temps d'essayer de comprendre ce qui a pu se passer dans le cycle de vie de ce livre. Où est-ce qu'il en est? Qu'est-ce qui a fonctionné en termes de stratégie? Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné? Et comment on le relance? Parce que, pour moi, un texte qui a été écrit, c'est une mine d'or. C'est quelque chose qui a de la valeur. Et jeter un texte ou enterrer un texte, pour moi, c'est enterrer un trésor. C'est vraiment comme ça que je le vois. Sauf si on vous dit que vraiment le texte est éclaté, qu'il y a des fautes partout, que l'histoire ne tient pas debout, on va considérer que c'était une erreur de jeunesse et que votre plume va mûrir. Mais si vous avez écrit un livre qui est corrigé, l'histoire tient debout, le texte est bon, il n'y a pas de raison que ça ne se vende pas. Et c'est trop dommage de se dire je l'arrête et tant pis, je passe au suivant parce que là, vous avez de la valeur, vous avez créé un truc qui a de la valeur et finalement, vous allez vous priver de ça alors que le boulot, il a déjà été fait. L'écriture, qui est quand même le plus difficile, a déjà été faite. Et donc la question, c'est comment est-ce qu'on arrive aussi à revaloriser ce travail-là, peut-être à le positionner sur un angle complètement différent et pour redonner une seconde vie à ce livre. Voilà, donc on l'a vu, c'est pas parce qu'un livre a trois mois qu'il est mort, c'est pas parce que les ventes ne débutent pas comme on le souhaite, que le livre est pourri et qu'il ne se vendra jamais, c'est faux. Je discutais avec une de mes copines autrices qui a sorti un livre il y a quatre ans. Elle en vend régulièrement, tous les mois, elle communique encore dessus, elle fait des pubs dessus. Le livre se vend tout seul. Donc non, c'est pas vrai. Il ne faut pas abandonner un livre qui ne se vend pas tout de suite, il faut essayer de comprendre pourquoi il ne se vend pas, s'ajuster et surtout continuer à animer sa vie bien après la sortie. Et l'enjeu, il est vraiment là. Ça s'apprend, il y a des techniques et moi ce que je te propose, c'est que dans le grimoire qui sort le 13, justement, je t'ai fait une liste des astuces et des choses que tu peux mettre en place pour animer un roman bien après sa sortie et faire en sorte qu'il continue à donner envie, à générer des ventes, à trouver son public quand bien même tu n'es plus en phase de lancement et de pré-lancement. Il ne sera renvoyé qu'une fois comme tous les grimoires, tu le sais, donc n'hésite pas à t'abonner, tu as le lien dans la description et quand tu l'auras reçu, j'ai hâte de voir ce que tu vas appliquer pour relancer tes anciens titres ou en tout cas faire perdurer une sortie que tu as eu cette année. Voilà, j'espère que cet épisode t'a plu. N'hésite pas comme d'habitude à le partager autour de toi si tu trouves qu'il est utile et je te rappelle une fois de plus de bien penser à t'abonner pour ne pas rater les prochains. D'ici là, porte-toi bien et je te donne rendez-vous bientôt dans un prochain épisode. Ciao!