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Couloir de la mort, quel sens donner au temps qu’il reste?

27m 48s

Couloir de la mort, quel sens donner au temps qu’il reste?

L'émission "Angle droit" explore le sujet de la correspondance entre des bénévoles français et des condamnés à mort aux États-Unis, avec l'invité Valentin Cunil-Ecallais, auteur du livre "Le monde dans 5 mètres carrés". Valentin explique avoir initié cette correspondance en 2016 avec Rénaldo, un détenu en Floride, après avoir pris conscience du soutien persistant à la peine de mort en France et été marqué par un projet artistique sur le sujet. Son engagement est motivé par une opposition de principe à la peine capitale, qu'il juge absurde moralement et économiquement, et non par une fascination pour le crime ou une certitude sur l'innocence de son correspondant. Il décrit comment cette relation épistolaire, qui dure depuis quatre ans, offre à Rénaldo, incarcéré depuis l'âge de 18 ans, une fenêtre sur le monde et un soutien essentiel pour "maintenir son humanité". Malgré un quotidien carcéral extrêmement appauvri, Rénaldo a développé une culture autodidacte riche, permettant des échanges profonds. Valentin souligne le contraste entre la banalité de nos rencontres sociales et l'isolement radical des détenus. Il évoque également sa visite en prison, un espace de "trève" ambivalent, à la fois tragique et humain, qui questionne la déshumanisation systémique du système pénal. Pour Valentin, cette correspondance est un acte de solidarité politique et humaine, offrant un réconfort et un sens au condamné, parfois jusqu'à soutenir ses batailles juridiques.

Transcription

4759 Words, 27334 Characters

French
[Musique] Angle droit, une émission de Marie-Beaut-Éton. Aujourd'hui, couloir de la mort, qu'elle sens donner autant qu'il reste, avec Valentin Cunil-Ecallais. Entre le fort et le faible, c'est la liberté qui auprime et la loi qui a fourché. Écrire à des hommes hors du monde, t'as l'éle choix d'une poignée de français correspondant avec des condamnés amores américains. Nobles mais inutiles diront certains. Cette engagement ne change en rien au sort de ces détails. A tort, d'abord parce que soutenir à qu'on a la mort donne du sens autant qu'il lui reste, ensuite parce qu'en telle soutien prodigue à certains l'énergie nécessaire pour batailler juridiquement, voire parfois, pour obtenir révision de leur condamnation. Ressa sa voir, côté bénévoles, comment décliner cette solidarité, doit-on leur offrir par ses courriers une vie par procuration, comment se lier à ces hommes appelés à mourir sous peu, comment au fond tenir sa juste place. On en parle ici et maintenant. Bonjour, Valentin Cunil-Ecallais. Bonjour. Alors, je rappelle que vous êtes hauteur ces derniers jours d'un ouvrage qui s'intitule le monde dans 5 mètres carrés, dans lequel vous retrasser votre correspondance avec Rénaldo, qui a été condamnée à mort et a une 12 end années aux États-Unis. D'abord, première question, pourquoi avoir décidé de correspondre avec un condamné à mort? Alors, au tout début, j'avais une vision assez théorie qui a assez, entre guillemets artistiques de la peine de mort, via des films comme "La dernière marche" ou "Lombard de la haine". Et puis, au fur et à mesure, cette vision-là, elle est devenue un peu plus profondément politique, après que j'ai appris, quand vous y aurons la moitié de la population française, en vérité, était encore favorable à la peine de mort et que des parties politiques étaient encore favorable à son rétablissement. En l'occurrence, c'était en 2015 et le Front national n'avait pas encore enlevé de son programme, la peine de mort. Moi, j'ai fait des études du coup en École d'Art et un jour, une de mes camarades a réalisé un projet graphique autour de l'être qu'une de ses amis échangés avec un condamné à mort au Texas. Et ce projet a été un choc, en fait. Mon ami sur le coup n'était pas fier de son projet, mais moi, ça m'a énormément marqué et ça m'a donné envie de m'engager auprès de la quête, l'action des crétiens contre la torture et la peine de mort, pour entrer, bon aussi, encore, correspondance. Quel était votre vocation au départ? Est-ce que c'est une volonté chez vous de proposer à ce qu'on a à mort une forme d'ailleurs, de lutter contre leur rétrécissement de la vie de l'esprit? Quel est votre souhait premier au fond? C'est exactement ça. En fait, déjà, je crois la volonté profonde d'être utile à mon échelle, même à une seule personne, parce que c'est déjà immense. Il y a un versat du courant qui dit que l'homme qui vient en aide à un solument, vient en aide à l'humanité entière et c'est quelque chose auxquels je crois beaucoup. Et je me suis dit que, voilà, moi j'étais étudiante en art, j'ai toujours adoré écrire, j'ai toujours adoré dessiner. Et je me suis dit que c'était parfait pour ça, pour la correspondance, que c'était quelque chose que j'aime faire et que je pouvais faire dans la durée. Après, je ne m'attendais pas à grand-chose, en fait, je suis entrée là dedans, sans savoir grand-chose. Je me suis juste dit que je voulais m'y engager profondément, sérieusement, même si il pouvait avoir des aléas qui m'ont épousé à arrêter. Mais il se trouve que, en l'occurrence, je suis tombé sur quelqu'un avec qui j'ai pu me lier véritablement d'amitié. Et du coup, ça fait 4 ans que ça dure. Est-ce que, alors, Renaldo, s'en courant dans le détail sur ce qui lui est reproché et se pourrait être éconagé, dit moi, je n'ai pas avolé, je n'ai pas tué qui, que ce soit. C'est son discours. Est-ce que vous, la réalité de ce qu'il a fait et quelque chose qui vous importait, ce qui vous importe de savoir ce qu'il a fait, ce qui vous importe de connaître la vérité, ou est-ce que votre mobilisation quelque part est une mobilisation de principe, quelque soit les actes qui peuvent lui être reprochés? Alors, je me suis engagé, sans savoir à l'avant, avec qui j'allais être disant en contact, pas du tout. Et c'est d'ailleurs quelque chose que je trouve très important dans le programme de correspondance de la quête. C'est que, on se soumait, voilà, son nom à la liste de correspondants. Et ensuite, c'est la quête qui nous donne un nom et une adresse. Et je me suis refusé avant de commencer à correspondre avec Rinaldo. Je me suis refusé à taper son nom sur Internet pour voir justement pourquoi il avait été condamné. Par la suite, j'en ai parlé avec lui et il m'a dit, va voir, parce que après tous ces normes, que tu sais, et qu'on soit à Arme-Égal là-dedans. Donc, je suis allé voir, puisqu'il y a carrément le minute du processur Internet. Il a été condamné pour le meurtre d'une femme retraitée lors d'un braquage qui a mal tourné. Il faut savoir que moi, je refuse de me prononcer sur son innocence ou sa culpabilité. Envant, je suis une chose et sûre, c'est qu'il n'y a pas de preuve matériel, c'est-à-dire ADN, par exemple, ou en preinte digital, sur l'arme qui a tiré. Il a été condamné sur les témoignages de ces deux coaccusés. Qui en échange, on reçut des diminutions de peine. Ça, c'est juste. - C'est établi. - C'est établi. Mais voilà, je me suis engagé en sachant que j'allais peut-être correspondre avec quelqu'un qui a commis des atrocités que je ne peux même pas imaginer. Je savais simplement que je ne pouvais pas correspondre à priori avec des criminels sexuels, puisqu'il y a des limitations de correspondance pour eux. Mais voilà, j'aurais pu tomber sur un homme suprémaciste blanc avec des idées aux racistes hyper-profonds. Et j'aurais tout fait malgré tout pour que cette correspondance fonctionne sans retenir ce encouable. Moi, je crois et quels sont mes valeurs. Mais c'est un principe pour moi. Quelles que soient les conditions, on ne doit pas être condamné à mort. - Donc, au fond, c'est l'injustice et c'est l'il légitimité de la peine capitale qui est le système très répressif, qui va avec, qui vous fait correspondre. Ça n'a rien à voir avec les attaches. Et la proximité de son entreu d'intérêt, la proximité affective que vous pouvez avoir avec un détenu. C'est une question de principe pour vous. - Ah oui, oui, c'est une question absolument, c'est une question de principe. Quand vous dites attache affective, je sais qu'il y a en gros deux images qui collent à la peau des gens qui correspondent avec des condamné à mort ou avec des présonies en général. Soit la petite mami qui n'aurait que ça à faire, soit disant, soit la jeune fille un peu obsédée par la mort et ensuite les médias font les gorges cheveux de ce genre de d'histoire qui sont en fait finalement très, très voyeuristes. Et on s'amuse à condamner le mauvais esprit de ces jeunes filles. Mais finalement, on en profite pour éteraller des histoires sortides. Et non, je ne sais pas spécialement de fascination ni pour la prison ni pour les tuers. Mais pour moi, c'est de vrai être pour tout le monde, pas que pour moi. La peine de mort est absurde sur le plan moral humain et même matériel. Puisque même en étant le plus cynique et pratique du monde, la peine de mort coûte beaucoup plus cher qu'une condamnation à vie. Est-ce que vous êtes, comment dire très au clair, sur ce que lui tire au fond, humainement de ce type de correspondance épistolaire? Qu'est-ce qu'il en a tant au fond? En fait, je pense qu'il faut prendre la question dans l'autre sens. Tous les jours, en tant que personne en dehors de la prison, on rencontre plein de gens. Plins, plein, plein de gens. Il suffit de sortir dans un bar et suffit de rencontrer des amis d'amis. Tous les jours, alors que pour un prisonnier, c'est un travail de rencontrer des gens. Et c'est quelque chose d'absolument vital. Et il doit s'engager dans ces programmes de correspondance, pour vivre ce qui nous arrive le plus naturellement du monde, à un point tel qu'on l'oublie. Vous dites un moment donné, parce que vous êtes très honnête dans votre voyage, à mon égacer du fait que à un moment donné, il n'y a pas grand chose dans ces lettres, qui se répète, etc. Et vous dites, mais au fond, est-ce que je me remiens compte de ce qu'il vit, etc. Moi aujourd'hui, j'ai rencontré plus de personnes que lui, c'est d'idées en dernières années. Exactement. On a du mal à se le représenter, ça. C'est compliqué. En fait, de manière générale, la situation de la prison, on balance des chiffres, on balance des 20 ans de prison, des 30 ans de prison. Et on oublie la réalité de la chose. Moi pour essayer de me figurer la prison, ça change, je n'ai jamais été un carcéré. Je repense à la seule fois de ma vie où j'ai été hospitalisé pendant une semaine, une semaine toute seule dans cette salle d'hôpital, toute propre, où j'avais des livres, des films, tout ce qu'il fallait pour un profiter. Mais c'était horrible. Une semaine dans un confort tout à fait convenable, c'était abominable. Donc il faut aussi imaginer quelqu'un qui a passé déjà 15 ans de prison. Et j'ai oublié le début de la question. Oui, je peux vous imprener un petit peu à une de ces lettres qui n'a pas beaucoup de contenus. Et vous dites, mais aujourd'hui, j'ai rencontré plus de personnes nouvelles que lui-même, c'est d'idées en dernières années. Je reviens un passage d'une de ces lettres où il vous explique ce dont il a besoin. Il dit, je cite, "J'ai besoin de conseils et de soutien pour maintenir mon humanité. J'ai besoin d'amour sous toutes ces formes, c'est-à-dire de mots gentils, de tendresse, en respectant les limites de chacun, de livres pour élever mes pensées. Je bataille avec de grandes questions, dieux, le but de la vie, le sens de l'espoir. Qu'est-ce qui fait que la vie vous d'être vécu? Ce sont des phases qui sont assez bouleversantes. On comprend que vous avez à faire quelqu'un qui a une vraie capacité d'introspection. Est-ce que vous avez été tournés de ces facultés qui étaient les siennes à réfléchir, à échanger, à être dans une quête spirituelle? On s'en s'lare assez profonde. En soi, quand j'ai commencé la correspondance, je ne m'attendais à rien, donc j'ai été avec Rinaldo simplement sur prise en bien, l'être après l'être. C'est assez merveilleux de voir que de personnes qui n'ont vraiment pas grand-chose à voir au premier abord, puissent avoir finalement autant de choses à se dire. Ce qui est fou, c'est que nos vies, nos chances, nos opportunités n'ont pas du tout été les mêmes. Mais en attendant, on réussit à échanger sur des choses culturellement hyper variées. Il est autodidacte. Rinaldo a été arrêté à 18 ans. Dans ces centres interrets? Ça peut finir aussi imaginer. À 18 ans, l'été vous sortez du lycée. Et maintenant, arrêtez tout et tout reste faites l'emprison. Il va bientôt avoir 32 ans, l'almoire prochain. Toutes ces années, il les a à sa manière mise à profit pour apprendre, de manière incroyablement écléctique, incroyablement écléctique, toutes les sources d'inspiration possible imaginables. Tous les livres qu'il pouvait avoir sous la main, il les a lu, il en a appris, il a échangé. C'est fou parce que ça crée une culture qui ne correspond à aucun schéma. Moi, j'ai fait mon parcours en écola, c'est un milieu assez particulier, même si on peut croiser des gens différents. Mais il y a des structures d'apprentissage et de culture. Alors que Rinaldo, il me sort, mais des choses, tellement, auquel je ne m'attends pas, tous les jours, c'est une source d'apprentissage pour moi aussi. Quelle est, au fond, la bonne distance à avoir dans ce type de relation qu'elle est à la nature, à la limite même de la relation qu'on peut engager? Comme je dis, c'est pas un ami dont vous allez vous rapprocher, parce que vous avez des centres d'intérêt commun, parce que vous avez une proximité affective qui fait que vous allez devenir ami. La vie vous a mis l'infas à l'autre. Comment trouver la juste distance? C'est pas forcément facile de garder la juste distance parce qu'il y a forcément beaucoup de choses émotionnelles qui rentrent en compte. Mais je pense qu'il faut simplement être extrêmement honnête et ça vaut pour tous les éléments de la correspondance. Ça, c'est quelque chose. La quête nous y prépare un petit peu dans la première lettre qu'il nous envoie avant que nous commence à écrire en disant, présenter les choses simplement, présenter si vous avez envie, notamment des financièrements ou si vous ne pouvez pas ne culpabiliser pas vis-à-vis de ça. Il précise aussi qu'il est possible que les détenus parlent de leur problème affectif et sexuel, puisque ils en sont intégralement privés. Et là, pareil, si on est à l'aise pour parler de ça ou pas, il suffit de poser les limites et de voir aussi ce qu'on a envie, nous de vivre. Moi, je connaissais très bien mes limites, mais je connais des gens qui ont fini notamment par épouser la personne avec qui ils correspondaient. Et voilà, je pense qu'il faut simplement être extrêmement honnête puisque les gens dans le corps de la mort n'ont pas tant à perdre. Il y a suffisamment de gens qui les abandonnent ou les trompes pour ne pas leur infliger ça à notre niveau non plus. Je rappelle que dans le cas de la catch, en gros, on se parle de 342 personnes français correspondent avec des condamnements américains. Vous êtes vous-même Valentines Trégionne puisque vous avez 23 ans, vous avez commencé en 2016, cette relation-là, cette relation épicélère-là. Est-ce que vos proches vous ont dit, attention, tu te exposes à un type d'échange très particulier et potentiellement très douloureux parce qu'on est quand même pas ça quelqu'un qui peut, à tout moment, à qui on peut à tout moment dire, votre execution sera telle jour à telle heure. J'en ai ce que vous créniez ça, est-ce que vous créniez encore aujourd'hui ça? Alors, c'est un peu particulier dans le cadre d'Rénelles-Dôres puisque en 2016, sa sentence a été déclarée inconstitutionnelle par l'état de Floride ainsi que des centaines d'autres prisonniers puisque l'état de Floride, ainsi que d'autres états, pratiquaient des centaines de morts avec des juries non-unanimes, ce qui était techniquement inconstitutionnelle depuis 2002. Et en 2016, ils se sont en fin au du compte que toutes ces centaines ne se n'avaient pas lieu d'être et les ont panulés. Du coup, Rénelles-Dôres ainsi que des centaines d'autres doivent bénéficier d'une recentance, ce n'est pas un nouveau procès. Simplement la face de culpabilité n'a pas été effacée mais c'est la sentence qui doit être revotée. Et il y a deux possibilités, soit de nouveau une peine de mort parfois des dizaines d'années après l'effet, soit être condamné à la prison à vie sans possibilité de sortir anticiper. Sans possibilité de sortir anticiper, ça veut dire que en imaginant que son avocat ou un nouvel avocat puisse démontrer ou pu s'apporter de nouvelles preuves d'une éventuelle non culpabilité, il n'y aurait pas possibilité d'un nouveau procès d'une nouvelle audience, en cas d'éléments nouveaux. Là, c'est des détails juridiques, mais en tout cas, c'est pas du tout programme. D'accord, pas de problème. Je reviens malgré tout à ma question, c'est à dire que vous dites que pour Rénelles-Dôres, la question d'une exécution éminente ne se pose pas puisqu'il a tant que sa recentance, comme vous dites, on peut imaginer qu'un jour la question se pose, comment vous vous êtes préparés à ça? Alors, j'avoue que de manière générale, j'applique le mantra de Rénelles-Dôres en quelque sorte qui dit un instant à la fois. Pour l'instant, la question ne se pose pas, et j'avoue que je ne préfère pas trop l'anticipé et puis de toutes les choses, les unes dépendent de nous, les autres n'en dépendent pas, et ça c'est vraiment une des choses sur lesquelles je n'ai aucune prise. Donc, dans de manière très stoïsienne, vous vous dites, je n'y pense pas puisque ça ne dépend pas de moi. Pour l'instant, on va dire ça. Vous avez eu l'opportunité de vous rendre dans la prison à quel est-ce-t-elle pour vous faire un vol intérieur? Vous avez rencontré, est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu dans cette expérience carcérale? C'était extrêmement particulier. Donc, j'étais en effet, donc, en voyage d'études aux États-Unis, et donc, j'étais toute seule sur le continent, quoi. Du coup, j'ai eu la possibilité d'être logée chez une femme, bon, le Marie, est également dans le couleur de la mort, et qui, donc, je suis resté chez elle pendant trois jours, et chacun de ces jours, elle m'accompagnait dans la salle de visite du color de la mort. C'est un endroit très particulier. Déjà, on est tous ensemble. Il n'y a pas de vitre. C'est une salle remplie avec des tables et toutes les personnes qui ont une visite ce jour-là sont rassemblées. Donc, j'ai pu rencontrer non seulement Marinaldo, mais aussi certains de ces camarades. C'est un endroit particulier, et même si c'est en prison, c'est presque hors de la prison car c'est un lieu à part. C'est un lieu de trève entre détenu. Quelque soit leur différent jamais, jamais, il n'y aura quoi que ce soit en salle de visite, c'est une règle absolue. Et c'est un lieu à la fois avec beaucoup de bonheurs, puisque c'est, on voit des. J'ai vu un grand paire qui découvrait le visage de sa petite fille pour la première fois. C'est un endroit où les gens se rassemblent, mais c'est aussi un endroit très très trist, très tragique, puisque. J'ai vu un des hommes du color de la mort qui étaient tellement vieux. J'arrive pas à imaginer quel âge il avait au juste, parce que les années passent pas de la même manière, les barres. Mais c'était un vrai crefqueur, et voir pareil, une maman en déambulateur, en revisitation fils qui avait lu même l'air d'être aussi vieux qu'elle, c'est très particulier. Et j'attendais le moment de la rencontre avec un petit peu d'appréhension, puisque voilà, je correspondais depuis un an et demi avec Rinaldo. Je me disais. Je me disais, est-ce qu'il va avoir la même voix que dans ses lettres en quelque sorte? Et en fait, ça s'est passé extrêmement naturellement dans le color de la mort, dans la salle de visite. Les prisonniers considèrent leur visiteur comme leurs invités, prennent extrêmement soin de eux, et on a pu parler de choses très profondes sur la religion, sur la littérature, sur l'art, et aussi sur des aspects très concrets de son incarceration. Et de ce point de vue, là, c'était une expérience assez forte. Et puis simplement aussi voir de mes yeux ce système, cette prison, me rendre compte que par exemple, les gens qui travaillent en prison, chacun individuellement, là, ils sont adorables, ils font leur travail, ils le font bien, ils le font respectueusement. Et c'est là qu'on se pose la question à quel moment, dans ce qu'à quel moment ça devient une monde? à quel moment ça devient inhumain? Alors que tous ces gens, un par un, sont aussi gentils et respectueux? Est-ce qu'il n'y a pas dans la division du travail, de manière presque systémique et intrinsèque, une forme de déresponsabilisation de chacun? Exactement, mais le vivre, c'est quelque chose de voir. On en parle, on en parle pour plein de choses, pour le nazisme entre autres, mais le vivre, pendant ces quelques jours, c'était très étrange, une dissociation très étrange. Lors de cette rencontre, moi, j'ai été étonnée de la banalité aussi, de ce que vous pouvez vous dire, vous jouez pas mal? Ça du faire trois jours, vous avez la possibilité de le voir trois jours tout de suite. Est-ce que, alors que pour nous-mêmes français qui n'avons plus à patir? de cette sentence-là et qui est la voyante manière très philosophique, existentiel. Est-ce que quelque part chez ces qu'on a n'a à mort, il y a une volonté au contraire de parler d'autres choses, d'être léger, badin, de ne pas être renvoyé à cette finitude-là? Est-ce que vous avez ressenti ça avec Rénaldo qui voulait vivre à travers votre correspondance aussi la banalité quotidienne de la vie? -Totally, bien oui, en salle de visite en quelque sorte, malgré toutes les limitations, on essaie de recréer des instants en fait de vie familiale. C'est ça que j'ai beaucoup remarqué. C'est par exemple Rénaldo qui insiste pour, entre guillemets, me faire la cuisine. En mélangeant les petites choses, tout de près, qu'on achète à la cantine, c'est la volonté de jouer au carte et de me battre en fin à la bataille course. J'ai vu un bébé à la table à côté de nous et un moment son grand-père est allé à la cantine. En disant, est-ce que vous pouvez me passer un carton? Et le carton a servi de voiture improvisé à la petite fille. Ce sont vraiment des petites parenthèses de vie familiale qui essaient de se recréer. C'est pour ça que ces moments sont extrêmement précieux, parce que pour certains prisonniers, il n'arrive jamais et pour d'autres, ils sont très rares. -Est-ce que les conditions d'étention des personnes qu'on a néamorcent sont bien distinctes, bien différentes des longu pains, des panéclassiques? -Il sont entièrement séparés de la population générale. Donc, leur cours n'est pas la même. La cour des populations générales, par exemple, il y a de l'herbe. C'est très bête à dire, mais il y a de l'herbe. Alors que celle des condamnés amores, elle est entièrement bétonnée. Donc en fait, ça fait plus de 12 ans que Rénaldo n'a pas touché un seul végétal vivant, même pas un brun d'herbe. Biblieux, t'exé la même chose. La plupart des prisonniers peuvent normalement circuler entre les rayonnages. Les condamnés amores ont une salle à part, qui est séparée par un grand mur avec une vitre. Et ils doivent en fait rechercher dans un catalogue en ligne les livres disponibles et les faire demander par une personne qui travaille de l'autre côté de la barrière. C'est très particulier, et puis évidemment, c'est l'isolement. Donc, une cellule de 5 m², l'isolement vingt-trois heures sur 24. Techniquement, elle devrait pouvoir sortir tous les jours un petit moment, sauf qu'en fait, il se trouve que ces moments sont regroupés, plutôt à deux trois moments de la semaine. Donc, il ne peut même pas faire fois sortir tous les jours. Est-ce que vous êtes en mesure de dire aujourd'hui comment cette échange épistolaire a impacté votre vie à quelques niveaux que ce soit, d'ailleurs en termes de sensibilité, en termes de prise de conscience politique? Est-ce que vous s'enriez dire voilà ce que ça a changé chez moi? Le fêtez, donc, j'ai commencé à 19 ans, et donc entre temps, je pense que j'ai grandi sur beaucoup de points, mais la correspondance avec Rinaldo m'a donné vraiment, je pense, un sens éguide de la valeur des choses, de la moindre chose, puisque quand on voit à quel point n'importe quel carte postale, n'importe quel image, n'importe quel poème peut être précieux pour lui, évidemment que ça entretient qu'il m'exclamine aussi la vision qu'on a avec les autres. Et je pense que ça m'a donné envie de prendre soin, en particulier en soin des gens en quelque sorte, et puis sur le plan politique, évidemment que j'ai eu de 16 de me renseigner sur le sujet de la prison, de la justice que ce soit aux États-Unis, et évidemment en France, puisque nous ne sommes pas les derniers à en prendre les droits de l'homme en France. Et. - À cet égard, du coup, ça vous a un peu changé. Est-ce qu'il vous arrive quand même ce serait tout à fait un fondé? Mais malgré tout, je pose la question. Est-ce qu'il vous est arrivé de culpabiliser d'avoir la vie que vous aviez? Qui relève de votre méritre, de plein de choses, mais aussi de la chance? Comparer à la sienne, puisque vous dites tout à l'heure, qu'il était qu'on a la 18 ans, bon, fondé fait, qui peuvent être absolument bombinables, d'ailleurs. Mais est-ce que parfois vous vous dites l'aller à de la vie, les aller à de la vie, mon placé dans une situation où trajeusement chanceuse quelque part? Je pense que, quelque soit les sujets, il ne faut pas avoir honte de son privilège. Il faut le reconnaître. Ça, c'est très important, le reconnaître. Et ensuite, l'utiliser tout simplement, puisqu'on l'a l'utilisé pour ceux qui en ont eu moins. Et ça marche pour les sujets de la prison, mais aussi les sujets, je pense, de sexisme et dracisme. Oui, j'ai énormément de chances, énormément de privilège, qui ne me met pas de juin à mon méritre, mais à ma naissance déjà. Mais je pense qu'il ne faut pas avoir honte de raconter les choses heureuses dans une correspondance avec un condamné à un mort, puisque ce sont ces choses-là qui font du bien. Et aussi les choses malheureuses, en fait, puisque même les problèmes qui sembleraient minima côté d'une condamnation à mort, j'ai envie de dire tout problème, sans le réminime à côté d'une condamnation à mort, mais ça fait du bien, Rénaldo, de gérer avec moi, en fait, des problèmes que je peux avoir, puisque c'est le rôle d'un ami tout simplement. Et avec des amis, on partage aussi ces choses-là, quoi. Bien sûr. Dernière question Valentin, vous voyez comment l'avenir de cette relation épicélère. À la fin de votre ouvrage, vous évoquez un projet ensemble, un projet de BD si j'ai me la buge. Exactement, puisque donc j'ai écrit ce livre sans image, mais ma formation à la base, c'est aussi l'image. Et Rénaldo décine beaucoup. Je le mentionne dans le livre, mais je ne peux pas le montrer. Et du coup, maintenant que ce livre est fait, je me dis que ce serait bien de faire quelque chose, un projet qui inclut aussi la manière de raconter Dernardo. Et du coup, on a entamé ce projet de BD sur qu'il y a à la fois un projet pour raconter son histoire, notre correspondance, mais aussi parler de ce que c'est que de créer une BD en ayant la plante qui ne sépare et cette situation d'incarceration, puisqu'il y a multe régulation de la prison qui font que c'est un projet compliqué à mener. Mais je n'en ai pas parlé, mais en effet, il y a un arbitraire incroyable que vous listez au tout tout départ, tout ce que vous ne pouvez pas lui envoyer, qui confine à la absurde. Donc il y a une liste qui doit faire trois ou quatre pages, et tout ce que vous ne pouvez pas envoyer, et à la fin, la liste se termine par autre. C'est surtout ça, en fait. Tout ce qu'on nous a pas dit, mais qui peut potentiellement ouvrir sur bon arbitraire le plus total de la prison. Exactement, et d'ailleurs, les seules lettres qui m'ont été refusées, ce sont des lettres qui utilisaient la case autre. Et donc je me suis retrouvé à avoir techniquement. C'est pas le tout les règles. C'est pas le bon grand papier, c'est pas. Voilà, c'est assez agaçant, mais voilà du coup, aussi, à travers ce projet de BD, c'est l'occasion de parler de ça, en fait. Et cela rend la réalité très matériel, finalement, de ces difficultés de correspondance encore plus visible, c'est l'occasion. Merci beaucoup, Valentin Kuhnil-Yukhale, je rappelle que vous venez de faire paraître aux éditions stock, le monde dans 5 mètres carrés. Cette émission a été préparée par Marie-Bouhéton avec à la technique Lucien Rial, et à la coordination Camille Bloomberg. Vous pouvez écouter et télécharger librement l'émission sur le site internet radio.amicus. Tiré Curiae et Poinette à la page de l'émission, et ne manquait bien évidemment aucun épisode en nous suivant sur les réseaux sociaux. [Musique]

Podcast Summary

Key Points:

  1. L'émission aborde la correspondance entre des bénévoles français et des condamnés à mort américains, en interrogeant son sens et son impact.
  2. Valentin Cunil-Ecallais partage son expérience de correspondance avec Rénaldo, un détenu en Floride, motivée par son opposition de principe à la peine de mort.
  3. La relation épistolaire offre au détenu un lien vital avec l'extérieur, combat son isolement et lui permet de préserver son humanité et sa réflexion.
  4. La rencontre en prison révèle l'ambivalence du système carcéral et l'importance des visites comme espace de trêve et d'humanité.
  5. La démarche est présentée comme un engagement éthique et politique, indépendant de la culpabilité ou de l'innocence du condamné.

Summary:

L'émission "Angle droit" explore le sujet de la correspondance entre des bénévoles français et des condamnés à mort aux États-Unis, avec l'invité Valentin Cunil-Ecallais, auteur du livre "Le monde dans 5 mètres carrés". Valentin explique avoir initié cette correspondance en 2016 avec Rénaldo, un détenu en Floride, après avoir pris conscience du soutien persistant à la peine de mort en France et été marqué par un projet artistique sur le sujet. Son engagement est motivé par une opposition de principe à la peine capitale, qu'il juge absurde moralement et économiquement, et non par une fascination pour le crime ou une certitude sur l'innocence de son correspondant.

Il décrit comment cette relation épistolaire, qui dure depuis quatre ans, offre à Rénaldo, incarcéré depuis l'âge de 18 ans, une fenêtre sur le monde et un soutien essentiel pour "maintenir son humanité". Malgré un quotidien carcéral extrêmement appauvri, Rénaldo a développé une culture autodidacte riche, permettant des échanges profonds. Valentin souligne le contraste entre la banalité de nos rencontres sociales et l'isolement radical des détenus. Il évoque également sa visite en prison, un espace de "trève" ambivalent, à la fois tragique et humain, qui questionne la déshumanisation systémique du système pénal. Pour Valentin, cette correspondance est un acte de solidarité politique et humaine, offrant un réconfort et un sens au condamné, parfois jusqu'à soutenir ses batailles juridiques.

FAQs

Initialement par intérêt artistique, puis par conviction politique après avoir découvert qu'une partie de la population française était encore favorable à la peine de mort. Cela a motivé un engagement auprès d'associations pour lutter contre ce châtiment.

Être utile à une personne, même à petite échelle, en lui offrant un soutien humain. Cela permet de lutter contre l'isolement et le rétrécissement de la vie de l'esprit des condamnés.

Non, c'est un principe : l'opposition à la peine de mort est absolue, indépendamment des actes reprochés. L'engagement se fonde sur l'illégitimité de ce châtiment, pas sur l'affection ou la proximité avec le détenu.

Cela lui permet de maintenir son humanité, de recevoir du soutien et de l'amour, et d'échanger sur des sujets profonds comme la spiritualité ou le sens de la vie, ce qui est vital dans un environnement carcéral extrêmement isolant.

Il faut être extrêmement honnête sur ses limites et ses attentes. Chacun définit ce qu'il est prêt à partager, en respectant les besoins et les contraintes de l'autre, sans culpabiliser.

En appliquant une approche stoïcienne : se concentrer sur le présent et accepter ce qui ne dépend pas de soi. Anticiper cette échéance est souvent évité pour préserver l'équilibre émotionnel.

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