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Comment j'ai réussi ma plus belle évasion après 25 ans de détention. | Laurent Jacqua

17m 37s

Comment j'ai réussi ma plus belle évasion après 25 ans de détention. | Laurent Jacqua

Dans ce témoignage poignant, un ancien détenu raconte son parcours de 25 ans derrière les barreaux. Condamné pour avoir tué un agresseur en 1984, il a subi la violence, l'isolement et la maladie (séropositivité). Après une cavale violente et une prise d'otages, il a été placé en quartier d'isolement. Pour survivre, il s'est tourné vers la lecture, puis l'écriture, créant le premier blog carcéral et publiant un livre. Soutenu par un professeur de philosophie et inspiré par des auteurs comme Tolstoï et Camus, il a trouvé dans les mots une force libératrice. Devenu père et diplômé, il a finalement obtenu une libération conditionnelle, prouvant que la culture peut transformer même les vies les plus brisées. Son histoire montre que l'évasion la plus puissante est celle de l'esprit, et que la plume est plus forte que les armes.

Transcription

2460 Words, 13599 Characters

French
[Musique] Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Tête en français Le Podcaste officiel de la communauté tête francophone. Je suis Michel Lébi Francelle et je suis ravie de vous retrouver cette semaine pour une nouvelle dose d'inspiration. Aujourd'hui, on va explorer les confins de la résilience humaine avec un témoignage bouleversant. Mon invité a passé 25 ans de sa vie derrière les baraux. Il a connu la violence, l'isolement, la maladie et la rébole. C'est un homme qui a passé sa vie à essayer de s'évader au sens propre, comme ou sans se figurez. Préparez-vous à être secoué. On écoute le rangaka. [Musique] Il y a quelques années de ça, une certaine époque. J'étais dans un cachot son à maison d'arrêt de freine et je tournais dans la cellule puisqu'on nous retirerait le matel à l'époque. Donc on pouvait qu'on restait de bouts. Dans un coin de la cellule, il y a les toilettes. J'entends quelques bulles. Je me penche, je me approche, je regarde. Qu'est-ce que je vois? Je vois la tête d'arrêt qui sort, qui prend une respiration et qui repart. Alors là, je peux vous dire que je ne suis pas le haut toilette tout de suite. Donc je me suis retrouvé à un moment donné, à me dire que j'étais dans une situation un peu difficile. Mais comme j'étais seul, c'est l'isolement total. On est dans noir, on voit personne. Ça faisait quelques jours que j'avais pas discuté avec quelqu'un. Je me suis dit, je vais partager mon pain avec lui. J'ai posé un petit bout de pain au bord des toilettes. Et j'ai attendu le lendemain, hop, il avait disparu. Deux jours plus tard, pareil, la même chose. Et finalement, l'hora a commencé à être un petit peu appris voisé. Et quelques jours plus tard, je me suis retrouvé à côté de mon ami l'hora. Je faisais mes petites confidences et je jouais raconter un peu ma vie. Et il m'écoutait. Et était en train de grignoter son petit morceau de pain, mais il m'écoutait. Et j'étais là, j'étais. J'avais une compagnie, j'avais un soutien, j'avais une écoute. C'était formidable. Bon, on arrive au terme des 45 jours de mi-tard et il va falloir se quitter. Donc on sait à si, côte à côte, on sait regarder, on sait faire nos adieu et je vous assure, j'ai vu une petite lame des deux côtés et je suis sorti du mi-tard. Je me suis posé la question, je me dis mais comment j'en suis arrivé là? Et voilà l'histoire, c'est que en décembre 1984, je suis avec une copine, une ami, ma fiancée de l'époque et je me fais agresser par une huit, huit ce qui n'aide à l'époque. C'était déjà très violent, d'ailleurs il le sent toujours, mais bon. Et malheureusement, j'ai sorti une arme et j'ai tiré parce que je sentais qu'ils allaient lui faire du mal. Bon, j'ai tiré et il y a eu un morais emblécé. Deux jours plus tard, je me retourne dans un fogon cellulaire et je pars pour la plus grande prison d'Europe qu'on appelle Fleur et Merogis. J'ai jamais vu une prison, j'ai jamais vu de fogon cellulaire, ni vu de cage. Et d'ailleurs, je savais pas qu'on pouvait enfermer des êtres humains dans des cages. C'était un choc assez important. Et je me suis retrouvé dans le dispatching, c'est le centre de Fleur et Merogis où on accueille les arrivants. Et là, c'est la première fois, je dois me mettre à poil devant quelqu'un, première humiliation. Ensuite, je vais au grève, on dépose nos affaires, nos cardidentités, etc. Et on vous donne un numéro. Et ce numéro, on le garde toute sa vie en mémoire, 138, 496 c'est que. Ensuite, on voulage en détention. Alors la prison, qu'est-ce que c'est? C'est pas seulement la privation de liberté. Et c'est aussi la misère, c'est aussi le manque d'hygiène, le manque de soins, la surpopulation pénale, et tout un tas de choses qui sont vraiment inhumaines. Et surtout la violence. On arrive en promenade, il faut se battre tout de suite. C'est un univers dur et il faut y survivre. Donc, ben, je suis en prison, je commence ma peine. Et à l'époque, c'est les années 80, donc on est en 1985, il y a une maladie assez répandue qui commence à faire une grande épidémie qui arrive. Et donc, il y a les tests qui arrivent, testent pour savoir si on a le cida ou pas. Et j'en fais un, et j'apprends que je suis séropositive. Donc, ma vie commence mal. Partir de là, j'ai qu'une chose en tête, c'est de mes vallées. Parce que à l'époque, on pensait qu'on pouvait vivre trois ans ou cinq ans, maximum. Et donc, j'ai qu'une obsession, c'est mes vallées. Je fais ma peine quatre ans, fleur et ma logise, ensuite, je suis transféré. Et je me retrouve à obtenir une permission à mi peine. Parce que bon, j'ai pris 10 ans à l'époque et on comprenait que je m'étais fait agresser. Mais bon, j'ai pas d'espoir, je suis malade, je sais que je vais peut-être mourir demain et je ne supporte plus la prison. Telle qu'elle est, cette façon inhumaine de traitée légende, je ne la supporte plus. Donc, je me mets en cavale. En cavale, il n'y a pas 36 solutions pour survivre en cavale, faut de l'argent. Il ne peut pas aller travailler. Je me mets à voler et je rentre dans un système de breakage et je deviens un break-heur. Je me fais attraper, je prends deux années en plus et en 93, je finis par sortir en fin de peine. Et là, toujours pareil, pas de remettre pour la maladie, la prison m'avait vraiment cassé. Ça veut dire que c'était vraiment un système qui vous rend violent et qui vous transforme. J'ai 28 ans, quand je termine ma peine et je récidive. Je reprends les armes et je remonte sur des breakages et je suis dans un processus ultra violent. Je me fais attraper en 94. Je sais que là, je pars pour des années et que je vais mourir en prison. Et finalement, comme je sais que c'est terminé pour moi, je tente tout pour le tout. Et le 9 octobre 1994, c'est l'anniversaire de la condition de la peine de manger. Je choisis cette date pour mes vadets. Je fais rentrer des armes dans la prison et je fais une prise de tage et je réussis à sortir. Je fais une cavale très violente aussi avec des breakages, des hold-up. Et finalement, en 95, je me fais arrêter par le raid et au main-carcère. Et je me retrouve en quartier d'isolement parce que je suis devenu un homme dangereux et un ennemi de la société. Ce qui est vrai. Cinquante quartier d'isolement, c'est voir personne pendant toutes ces années. Isolée totale. Et pour tenir l'isolement la seule solution qu'il y a, puisqu'il n'y a rien, c'est de lire. Et j'ai découvert la littérature. J'ai commencé à lire et j'ai trouvé dans les mots une façon de voyager, une façon de écouter le monde, ou à quoi, dont j'étais privé. Et j'ai trouvé ça, la force des mots, c'était vraiment quelque chose de puissant qui pouvait m'emmener quelque part. Et me faire m'évader en fait. Et après ces années d'isolement, en 2000, en 2015-2000, je finis par sortir et je suis transfère à la maison d'arrêt de la santé. Et là, je retrouve des gens, je les touche pour voir si c'est vraiment des humains. Donc je commence à revivre et je m'as cri à des cours. En prison, il y a des profs qui viennent. Il y a une université par I7 et il y a une section qui s'appelle la section des étudiants pêchés. C'est pour les prisonniers. Et là, je tombe sur un prof. Un prof de filo qui s'appelle François Chouquet. On discute et il me dit que les mots sont plus forts que les armes. Oui, évidemment, j'ai rigolé au début. Ah, c'est bon, il est bien gentil, mais bon bref. Mais j'ai continué à faire des études. J'ai commencé à écrire un petit peu et il m'a fait lire de Tolstoy, Seline, Camus, à la recherche du temps perdu, comme si j'avais que ça a faire, mais il m'a porté quelque chose. Vraiment, c'était vraiment une richesse. Et finalement, j'ai commencé à écrire un petit peu et je lui ai montré mon premier manuscrit. Et m'en courage et m'a dit, voilà. Enfin, j'existais quelque part dans la société. J'ai existé pour quelqu'un, quelqu'un me lisez. On existe. En 2002, je suis qu'on a des définitifs. Et je prends 30 ans. 30 ans, c'est long. J'ai de quoi lire trois ans. bibliothèque, France-Mité-Ren. Donc, bon, voilà, je prends 30 ans, je prends 30 ans. Je vais vous dire franchement, à ce moment-là, quand j'ai pris, j'ai été transféré directement au central de sécurité. Et, bon, j'ai tenté de m'évader encore une fois. J'ai pris deux ans en plus. Mais bon, c'était le jeu. Comme je ne pouvais pas supporter de rester en central, je faisais des émutes. J'ai mis le feu à Clervo. C'était. bon, horrible. Mais, voilà, c'est le parcours. C'était difficile d'accepter cette privation de liberté. Donc, j'étais à peu près à une vingtaine d'années de prison, déjà, c'était poque. Finalement, de mes six, je me suis dit qu'il fallait que je m'évade de ma condition d'individu dangereux. Devenir quelqu'un d'autre, parce que j'en avais un petit peu marre. Donc, en 2006, je me retrouve à la centrale de poissie. Et là, je crée le premier blog d'un détenu, d'un prisonnier, sur le nouvel obs. Le premier, aujourd'hui, c'est au tout ce internet. Le premier, c'est moi qui l'ai fait. Où j'ai expliqué dans des chroniques la vie carcérale, tout ce que je défendais. Voilà, comment lutter contre un système qui n'outue, enfin, mon bref. Et puis aussi l'absurdité du système. Et d'autres textes, des endits capables en prison, etc., etc., etc. Alors, évidemment, l'administration pénitentielle était contre. Parce que c'était interdit. C'est interdit de communiquer, ça ne passe pas l'insensure. Mais, aujourd'hui, ça ne me fait toujours pas comment j'ai fait. Pendant quatre ans, j'ai fait passer mes textes sur internet sans qu'ils le savent. J'ai aussi rencontré Fabien Marseaux, un concert. Il vient avec sa b-q. Fabien Marseaux, c'est grand corps malade. Excusez-moi. Est-ce que j'ai aimé chez lui? C'est que grâce à ces mots, grâce à son slam, c'était du personnel handicapé, il s'est levé et il a pu exercer son art. Donc, c'est la force d'émo qui ont permis ce miracle. On va dire, il n'y a pas eu besoin d'aller à l'or, il a fait du slam. Il a réussi à faire une carrière. Donc, on est devenu très pote, très amis. Parce que moi aussi, l'écriture me permette grâce au blog et j'avais édité mon premier bouquin. J'étais pu, un individu d'enjeu, je suis devenu un écrivant et un piggiste pour le nouvel obs. Je peux vous dire que l'administration peintentiaire me regardez d'un autre œil. Disz-la, il se passe quelque chose, c'est pas normal. Et en train de nous préparer une invasion, quelque chose. Je vous assure que c'est vrai, et je peux vous dire que même, il prenait mon ordinateur, il le vierait, passait au client, c'est une instance pour surveiller, les ordinateurs, pour voir si j'ai pas de connexion, etc. Et le directeur venait me demander, mais c'est vous qui écrivez ça, je dis non, c'est un fou qui se fait passer pour moi, qui écriait des trucs, vous êtes sûr. Ça passait. Et donc grâce à un bouquin que j'ai fait, j'ai rencontré une jeune étudiant, on est tombé à moureux, les critures, un ménatou. Donc on est tombé à moureux et on a décidé au bout de quelques mois de faire un bébé par loi. Parce que l'humanité, c'est ça aussi. J'ai fait un bébé par loi et en mars 2008, né ma fille. D'au jour après, l'anéissance, parce que je ne suis pas parti tout de suite, et je ne pouvais pas, j'ai été dans la maternité, un délin qu'en comme moi. Je me retrouve dans une maternité et je vais voir mon bébé, on m'a enlevé les menottes. Il y avait une fenêtre, je l'ai regardé quand même, mais parfois c'est plus fort que nous mais bon. Et j'ai pris mon. Enfin, ma fille dans les bras. Et donc on l'a appelé "tile ély". "Tile ély" en cabillent, ça veut dire "liberté". Puisque c'est la seule qui m'a réussi à me faire sortir de prison au bout de 20 ans. Tout ça pour vous dire que j'ai constitué un dossier pour la conditionnelle, j'ai mis 2, 3 ans en béton, parce que j'étais pas pas, j'étais responsable. Et finalement, juste d'application des peines, voyons que j'avais fait 25 ans de prison, c'est dit, "Bon, il est peut-être temps que je le fasse sortir, puisque il est devenu PIG, c'est devenu papa, il est devenu saucy, il est devenu son, et j'ai réussi à avoir mon diplôme universitaire." De Paris-Z. (Applaudissements) Tout ça pour vous dire qu'aujourd'hui, on pense que les racides hivistes, il faut les mettre au placard, et qu'il faut leur serrer la vis, et qu'il faut plus qu'il sortent. Ben moi, je vous prouve le contraire avec mon parcours, je vous dis que c'est possible. Le retour à la vie, il est possible. Et il est possible grâce à des gens et de la bonne volonté. Et finalement, dans toute dictature, la première chose qu'on enlève, c'est la culture. On l'a détruit. Et on devrait même juger l'ignorance pour crime contre l'humanité. Et c'est grâce à la culture que j'ai réussi à m'en sortir, à la lecture, à des profs, donc ils font encourager ce genre de choses. Et je repense à la phrase de chouquet, qui avait dit que la plume était plus forte que les armes. Mais ça vait que la plume qui j'ai réussi, m'a plu belle évation. Merci. (Applaudissements) Quel claque et quel leçon d'humilité. Laurent Jacques-Anne vous rappelle que les murs peuvent enfermer un corps, mais jamais un esprit qui décide de s'instruire et de créer. Ça plus belle évation nous prouve que même dans les endroits les plus sombres, la culture reste une lumière et une voix vers la liberté. Chers auditeurs, vous pouvez retrouver le taux de Laurent Jacques en vidéo sur la chaîne YouTube de Tédix. Et si cet épisode vous a aimu, inspirez. N'oubliez pas de le likez, de le partager, et de vous abonner aux podcasts. Pour ne rien rater, des prochains épisodes, je vous dis à très bientôt. Dans Tédin français.

Podcast Summary

Key Points:

  1. Un homme a passé 25 ans en prison, dont une grande partie à l'isolement, après avoir tué un agresseur pour protéger sa fiancée.
  2. En détention, il a survécu grâce à la lecture et à l'écriture, découvrant la force des mots comme moyen d'évasion mentale.
  3. Il a créé le premier blog carcéral, publié un livre, obtenu un diplôme universitaire, et est devenu père, ce qui a conduit à sa libération conditionnelle.

Summary:

Dans ce témoignage poignant, un ancien détenu raconte son parcours de 25 ans derrière les barreaux. Condamné pour avoir tué un agresseur en 1984, il a subi la violence, l'isolement et la maladie (séropositivité). Après une cavale violente et une prise d'otages, il a été placé en quartier d'isolement.

Pour survivre, il s'est tourné vers la lecture, puis l'écriture, créant le premier blog carcéral et publiant un livre. Soutenu par un professeur de philosophie et inspiré par des auteurs comme Tolstoï et Camus, il a trouvé dans les mots une force libératrice. Devenu père et diplômé, il a finalement obtenu une libération conditionnelle, prouvant que la culture peut transformer même les vies les plus brisées.

Son histoire montre que l'évasion la plus puissante est celle de l'esprit, et que la plume est plus forte que les armes.

FAQs

Le thème principal est la résilience humaine, illustrée par le témoignage d'un homme ayant passé 25 ans en prison.

Il a survécu en se liant d'amitié avec un rat, en partageant son pain et en lui confiant ses pensées.

En 1984, il a tiré sur des agresseurs pour protéger sa fiancée, ce qui a entraîné son arrestation et son incarcération.

En quartier d'isolement, il a commencé à lire et à écrire, trouvant dans les mots un moyen de s'évader mentalement.

La culture, notamment la lecture et l'écriture, lui a permis de se transformer d'un individu dangereux en un écrivain et pigiste.

Il a constitué un dossier solide, démontrant sa réinsertion par l'écriture, la paternité et un diplôme universitaire.

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