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Ces médicaments tuent ton tendon (et tu les prends peut être)

39m 2s

Ces médicaments tuent ton tendon (et tu les prends peut être)

Dans cet épisode, Valentin Copain, kinésithérapeute et préparateur physique, aborde un sujet crucial mais souvent négligé dans la prise en charge des tendinopathies : l'impact des médicaments sur la santé tendineuse. Il souligne qu'un patient peut suivre un protocole de rééducation apparemment adapté, mais sans poser la question de la médication, la pathologie peut s'aggraver, voire conduire à une rupture tendineuse. Il identifie trois familles de médicaments à surveiller. Premièrement, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui, bien qu'efficaces pour réduire la douleur en inhibant l'inflammation, diminuent la production de collagène nécessaire à la cicatrisation et présentent des effets indésirables significatifs. Deuxièmement, les injections de corticostéroïdes, qui procurent un soulagement symptomatique à court terme mais nuisent à la viabilité cellulaire du tendon et aux propriétés mécaniques, avec un risque accru de rupture à long terme. Troisièmement, et surtout, les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones, dont l'association avec les tendinopathies et ruptures est bien documentée, particulièrement en combinaison avec des corticostéroïdes. L'auteur insiste sur l'importance d'intégrer l'historique médicamenteux dans le bilan initial, aux côtés de l'histoire de la douleur, de la charge et du terrain du patient. Il conclut qu'une bonne prise en charge commence par une bonne question, et que la compréhension du contexte précède l'exécution des exercices. Il invite les professionnels à poser systématiquement la question des médicaments pour éviter des erreurs aux conséquences graves.

Transcription

8306 Words, 49717 Characters

French
Imagine ton patient ou ton client qui débarque avec une tendinite d'Achille. Tu démarres le continuum isométrique que tu as pris dans Tendon Révolution, mais là, tu ne vois aucun progrès. Tu continues, tu persistes, et la pathologie s'aggrave jusqu'à une rupture du tendon. Tu tires une sacrée tranche. Surtout que ça aurait pu être évité si tu avais pensé à poser une seule question. Pour ceux et celles qui me découvrent, je suis Valentin Copain, acquisitérapeute et préparateur physique spécialisé dans la prise en charge et le développement des capacités de l'organisme. Et notamment du tissu conjoint. J'aide les personnes à comprendre comment leur corps fonctionne pour mieux l'entraîner, le soigner et le maintenir en bonne santé. Aujourd'hui, l'épisode est dédié à un sujet clé. Le scénario que je t'ai décrit ne m'est jamais arrivé, mais il aurait pu et il pourrait arriver. Parce qu'il y a un sujet qui n'est jamais abordé dans l'entraînement du tendon et qui pourtant peut avoir de graves conséquences. Sûrement parce que les kinés ou les coachs n'ont pas les connaissances suffisantes ou juste n'y pensent pas. Mais le sujet des médicaments est fondamental. En fonction des médicaments que prend ton patient ou ton client ta rééducation, ta prise en charge, ton entraînement peut se solder par un succès ou une catastrophe. Tu dois donc savoir ce qui se passe, notamment auprès de trois grandes familles que l'on va découvrir dans cet épisode. Petit spoil, la dernière est la plus importante et pourtant la moins connue. Allez, c'est parti, c'est maintenant l'heure d'écouter et de découvrir. Ok, donc on est parti pour un nouvel épisode de Blabla en solo. Aujourd'hui, j'aimerais surtout aborder un gros sujet qui me paraît essentiel qui est notamment les bonnes questions à poser dans un bilan pour une tendinopathie, une tendinite. Donc c'est quelque chose qui est important. Si vous êtes professionnel de santé et que du coup vous recevez des patients et que vous devez faire un bilan, je pense que c'est nécessaire de penser à certaines questions et notamment une qui est très souvent oubliée. Donc on va les voir ensemble. Et si jamais vous êtes patient ou sportif, et bien du coup les réponses à ces questions, vous savez qu'elles doivent apparaître dans le bilan et donc du coup c'est des informations qu'il faut fournir ou si jamais vous vous auto-rééduquez, ce sont des informations qu'il faut que vous preniez en compte dans votre rééducation parce qu'elles peuvent être déterminantes et avoir à mon avis un impact colossal sur la réussite ou l'échec de votre rééducation, raison pour laquelle du coup j'y consacre l'épisode. Mais avant de parler de ça, je voulais parler du premier sujet qui est un petit peu mon actualité du moment et qui est mon intervention en Suisse donc à Iverdon-les-Bains les 12 et 13 septembre prochains. Donc on ne va pas tarder à clôturer les inscriptions. Encore une fois, on a décidé de faire quelque chose en petit comité pour favoriser la qualité des échanges et forcément du coup de la transmission des connaissances et de l'apprentissage pour passer du temps sur la théorie, répondre aux questions et essayer un peu d'aller vraiment sur les problématiques spécifiques des coachs et des kinés qui participent à cette formation et évidemment du coup de laisser un maximum de temps pour la pratique puisqu'encore une fois rien ne remplace la pratique et donc l'idée c'est de faire vivre au partenaire. Et donc en participant à un maximum de choses pour qu'ils puissent ressentir et qu'ils puissent du coup directement l'appliquer soit dans leur cabinet le lendemain soit dans leur salle de coaching avec leurs clients. Et j'ai reçu des questions de coach notamment parce que bon les kinés sont un peu plus habitués à ce genre de formation mais comme je l'ai dit, celle-là elle est ouverte à la fois aux coachs et aux kinés donc c'est une première en tout cas dans celle que je donne. On a décidé d'ouvrir ça aussi aux coachs parce qu'on pense qu'il y a des connaissances qu'ils doivent avoir puisque mine de rien, si dans le domaine de la santé, le professionnel de santé que le patient voit le plus c'est probablement le kiné puisqu'ils vont le voir 2 à 3 fois par semaine. Dans le domaine du sport, voire même la première personne qu'un sportif va voir dans son quotidien ça va être le coach sportif ou l'entraîneur. Et donc du coup c'est pas plus mal si le coach a des connaissances déjà 1 pour identifier les pathologies et pouvoir référer si besoin et 2 et bien peut-être un peu mieux gérer les entraînements et les contraintes qu'il va mettre dessus pour pouvoir éviter les récidives si c'est post-rééducation justement de la blessure si c'est en amont de la blessure en prévention donc l'idée vraiment c'est d'apporter un maximum de connaissances aux coachs et au kiné mais les coachs peuvent y participer et je pense que effectivement toute la partie qui va être dédiée à évidemment la grande partie sur les tendinopathies va forcément les les concerner ils vont apprendre énormément de choses puisque c'est quelque chose qu'ils ne voient pas donc il y aura toute une partie sur la pathologie le développement de la pathologie la prise en charge de la pathologie et ensuite la réathlétisation d'une tendinopathie et donc de toutes les pathologies tendineuses donc c'est applicable sur tout ce qui va être tissu conjonctif donc à la fois les ligaments croisés les entorses et évidemment du coup les tendinopathies donc ce sont des pathologies qu'on va retrouver très fréquemment dans le milieu sportif donc encore une fois je pense que si les coachs sont armés pour les prévenir et potentiellement du coup gérer la réathlétisation ou la reprise du sport derrière une fois que le sportif a fait sa rééducation ça me paraît beaucoup plus pertinent donc c'est la raison pour laquelle on a ouvert les places aux coachs donc ceux qui veulent s'inscrire encore une fois le lien sera dans la description je vous invite à vous dépêcher parce qu'encore une fois on va clôturer pour pouvoir ensuite organiser et planifier un petit peu le déroulement des deux jours puisque du coup évidemment il y a énormément de choses à faire en deux jours donc il va falloir que moi par rapport au nombre de participants inscrits je puisse faire les ateliers pratiques arranger les choses etc pour que ce soit le plus fluide possible donc on va pas tarder à clôturer donc ceux qui sont intéressés soit vous avez des questions je vous invite à me les poser et donc soit sur instagram soit par mail vous avez l'habitude ceux qui veulent s'inscrire je vous invite à vous inscrire assez rapidement il reste 3 ou 4 places puisque encore une fois c'était un groupe assez restreint donc pour les kinés et les coachs encore une fois il y aura deux jours de formation là une journée qui sera dédiée à la prise en charge des tendinopathies et pathologies tendineuses donc on va faire un petit peu le domaine sur lequel je suis le plus spécialisé donc c'est là vraiment on va aller en profondeur et on va essayer d'aller très très loin sur la compréhension de quand remettre certains types de contraintes comment les faire évoluer comment détecter les signes que ça va ou que ça va pas et ensuite comment réussir à adapter pour accompagner à la fois le patient sportif de la phase de rééducation jusqu'à la phase de retour au sport et de performance donc ça c'est important et il y aura également une journée qui sera dédiée à la phase de réathlétisation de réhabilitation de préparation physique donc là ça va être également très très intéressant puisqu'on va voir un petit peu comment gérer la charge d'entraînement sur un patient ou un sportif qui revient de blessure donc qui est complètement différent d'un patient ou d'un sport fan un sportif du coup qui n'a pas été blessé on va voir quelles sont les qualités physiques qu'il faut absolument évaluer et comment les évaluer comment ensuite réussir à les développer et jusqu'où il faut les développer parce qu'encore une fois c'est toujours plus facile d'avoir une charge et ensuite comment organiser le développement de plusieurs qualités physiques dans une même séance parce qu'encore une fois c'est quelque chose qui est pas forcément évident que ce soit pour les kinés qui ont un temps réduit au cours de leur séance avec leur patient ou avec les coachs qui doivent gérer parfois un groupe avec des disparités dans les qualités physiques etc donc on va voir comment appliquer la dose minimale effective sur chaque qualité physique pour avoir des adaptations et des résultats assez rapidement et pouvoir du coup continuer à faire progresser la tête tout au long de la saison comment gérer les périodes creuses comment gérer les périodes où du tout il y a beaucoup d'activités de matchs etc bref on va essayer de faire tout le tour de ces questions-là évidemment il y aura des temps d'échanges donc on pourra aborder vos problématiques si vous rencontrez des cas cliniques bien particulier vous pourrez en parler on y réfléchira tous ensemble pour essayer de trouver des solutions on pourra également discuter des difficultés que vous rencontrez peut-être dans le développement de votre business que ce soit dans la kiné ou dans le coaching pour essayer de trouver des solutions encore une fois l'idée c'est d'avoir un petit groupe pour pouvoir être le plus efficace possible trouver les réponses à vos questions trouver les solutions à vos problèmes pour qu'à la fin de ces deux jours vraiment vous puissiez repartir avec à la fois un bagage théorique sur l'éthiopathie la réalisation un bagage pratique puisque encore une fois il y aura pas mal de pratiques et si vous pouvez avoir aussi des clés pour développer votre business je pense que c'est toujours gagnant donc les 12 et 13 septembre à hiver dans les bains je vous ai mis le lien dans la description de l'épisode pour vous inscrire et puis on se retrouve là-bas moi j'ai déjà très à fêter j'ai commencé à travailler un peu sur le contenu il est qu'à la quasi de la formation est quasiment terminé je pense que vraiment ça va être ça va être un game changer pour pour ceux qui vont y participer et donc du coup forcément si vous voulez faire passer un petit peu votre pratique que ce soit dans le coaching ou dans la kinéthérapie au niveau supérieur je pense que c'est the place to be donc hiver dans les bains les 12 et 13 septembre prochain ensuite du coup je passe à mon sujet du jour qui me semble pertinent bah d'ailleurs on reverra évidemment dans la formation à hiver dans les bains parce que le bilan la première séance comme on dit on a jamais l'occasion de faire deux fois une bonne première impression et à mon avis on n'a pas deux fois l'occasion de faire un bon premier bilan donc si vous foirez la première séance généralement après pour récupérer cette erreur ou ces questions manquantes etc c'est pas forcément évident surtout si vous avez démarré la question vous vous rendez compte quelques semaines après donc lors du bilan évidemment on va prendre un scénario un peu un peu classique que ce soit dans la kiné ou que ce soit dans le coaching en haut vous recevez un patient de j'ai pas entre 40 et 50 ans qui a une douleur récente au tendon d'achille ok lui son truc c'est la course à pied donc il court trois fois par semaine depuis plusieurs années il n'a pas particulièrement augmenté son volume donc il n'a pas forcément augmenté son kilométrage il n'a pas changé de chaussures il fait pas de nouveau de sport il n'a pas changé de rythme il a pas changé d'explication évident de son entraînement donc en gros les questions que vous allez poser et qui sont les questions de base dans votre bilan n'apporte pas forcément d'explications sur le développement de sa douleur et de sa pathologie donc après derrière vous faites votre bilan normalement bah les kinés vous connaissez les tests cliniques pour généralement une toniopathie d'Achille ou une toniopathie tout court il y a surtout des critères cliniques à prendre en compte elle peut être diagnostiquée sans imagerie ni rien, en tout cas on peut savoir si c'est une toniopathie et on peut savoir si ça n'est pas une si ça n'est pas une, derrière il faut faire la thèse complémentaire donc une toniopathie ça doit être démontré avec une douleur qui est précise, une localisation précise qui peut être montrée avec un ou deux doigts une douleur qui va fluctuer selon la charge qui va être appliquée dessus donc plus je vais solliciter le muscle qui s'insère sur le tendon plus la douleur doit augmenter plus je mets du repos, plus elle doit diminuer à la palpation généralement c'est douloureux, potentiellement il peut y avoir un épaississement du tendon mais ça c'est pas toujours le cas mais c'est généralement sur les toniopathies qui sont plutôt chroniques qu'on va avoir un épaississement du tendon donc ça c'est aussi un facteur clé et encore une fois quand il y a du repos la douleur doit diminuer et elle doit être majorée dans les positions d'étirement et avec les contraintes de vitesse, donc normalement déjà avec ces tests là, donc il y a plusieurs tests pour chaque tendon mais pour chaque tendon vous avez plusieurs tests et si vous faites ces tests et qu'ils sont tous positifs vous savez que c'est une toniopathie et donc vous n'avez pas forcément besoin d'aller plus loin, donc derrière une fois que vous avez fait votre diagnostic clinique, vous commencez est-ce que je fais de l'excentrique, est-ce que je fais de l'isométrie du protocole HCR, combien de séries à quelle fréquence donc ça je sais qu'il y a plusieurs personnes qui pensent savoir comment le gérer, donc si vous pensez le savoir gérer, tant mieux, ceux qui ne le savent pas vous pouvez remonter dans les épisodes précédents pour le voir ou alors tendons révolution que vous pouvez suivre où vous avez tout le continuum, mais encore une fois ce continuum isométrique c'est quelque chose qu'on va voir à hiver dans les bains, donc dans la formation comment on part du point A pour aller au point B dans l'éducation, une toniopathie quels sont les modes de contraction utilisés, quand les intégrer comment les faire évoluer, c'est quelque chose qu'on va voir mais là c'est pas le sujet, donc globalement vous connaissez un peu ces modes de contraction, vous savez ce que vous devez faire, mais il y a peut-être une question qui est beaucoup plus importante à poser avant toute celle-là, d'accord, avant de savoir exactement par quoi je commence le volume de course, etc. et c'est un sujet qui est souvent oublié dans les bilans, en tout cas quand je fais les formations, quand j'échange avec les kinés ou les coachs, c'est un sujet qui est rarement abordé, et pourtant il est fondamental, mais je pense que les kinés et les coachs ne l'abordent pas parce qu'ils manquent de connaissances là-dessus parce qu'en même temps on n'est pas formé dessus et en fait le sujet c'est notamment les médicaments, la prise de médicaments parce que les médicaments, encore une fois ils peuvent avoir un impact fondamental sur la santé du tendon sur sa manière de fonctionner donc forcément sur la qualité, le temps de rééducation qu'il va y avoir derrière, donc la question en fait à poser, elle est toute simple c'est est-ce que vous prenez actuellement des médicaments ou est-ce que vous avez pris un nouveau traitement récemment ou est-ce que vous avez arrêté récemment et c'est important de savoir si dans les 3 derniers mois il y a eu un traitement qui a été pris, et notamment de certains médicaments qui vont avoir un effet plus ou moins délétère sur le tendon, parce que un patient, il vient peut-être de terminer un traitement antibiotique, par exemple il vient peut-être de prendre des anti-inflammatoires pour une pathologie ou une autre peut-être que son médecin lui a prescrit des injections de corticosterone et ça généralement ils oublient de le préciser, c'est assez fou de ne pas y penser, mais il faut le préciser et généralement, on parle énormément des exercices dans les tendons de pathie, mais beaucoup moins en fait de ce qui doit se passer avant de choisir ces exercices, et notamment la question médicamenteuse, elle est importante donc aujourd'hui en fait je voudrais utiliser 3 familles de médicaments pour vous montrer pourquoi l'interrogatoire médicamenteux doit faire partie de ce bilan et pourquoi il ne faut absolument pas l'oublier donc on va parler évidemment des anti-inflammatoires, donc les anti-inflammatoires non stéroïdiens donc c'est quelque chose qui est en automédication, donc il y en a plein qui en prennent un petit peu comme des bonbons il faut savoir qu'il y a énormément d'effets indésirables des anti-inflammatoires non stéroïdiens au-delà de l'impact sur le tendon mais donc on va en faire un peu le tour il y a évidemment les injections de corticosteroïdes qu'il faut aller enquêter et puis il y a la 3ème famille qu'on verra à la fin qui est à mon sens la plus importante parce que souvent oublié, on ne fait pas forcément le lien entre cette famille de médicaments et le tendon, mais les antibiotiques et notamment les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones ça c'est fondamental de questionner dessus parce qu'il peut y avoir des conséquences assez importantes sur le tendon donc l'objectif évidemment c'est pas de vous prescrire ou de déprescrire un médicament, c'est pas notre rôle en tant que kiné ou que coach mais c'est de savoir identifier une information et l'information c'est la prise de médicaments dans les 3 derniers mois, susceptible de modifier notre raisonnement, notre façon de penser notre façon de voir comment la douleur va évoluer et forcément du coup la rééducation avec le médecin ou le pharmacien parce qu'avant de traiter un tendon il faut comprendre le contexte dans lequel ce tendon évolue on ne peut pas guérir dans l'environnement qui nous a rendu malade encore une fois l'environnement dans lequel on évolue détermine généralement l'issue de l'histoire, est-ce qu'on va réussir ou pas et donc du coup si vous ne connaissez pas l'environnement dans lequel vit le patient vous ne pouvez pas rééduquer son tendon donc on démarre avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens donc les anti-inflammatoires non stéroïdiens c'est les plus banalisés on va retrouver l'lipiprofène, le naproxen, le diclofenac bref globalement je pense que dans la majorité des gens qui m'écoutent 80% ont déjà pris ce genre de médicaments 80% peut-être même 90% peut-être 100% j'en sais rien en fait j'ai pas les stats mais je pense qu'énormément de personnes en consomment si on s'intéresse rapidement à leur mode d'action encore une fois le but c'est pas de faire un cours de physiologie là-dessus mais c'est toujours bien de savoir ce qui se passe les anti-inflammatoires non stéroïdiens en fait leur action elle repose principalement sur une inhibition donc l'état de diminution de l'activité de quelque chose une inhibition c'est une diminution d'activité donc c'est l'inhibition d'enzymes qu'on appelle les cyclooxygénases donc en gros ça s'écrit COX et il y en a deux types, 1 ou 2 en gros ils vont inhiber l'action des COX1 ou COX2 et ou COX2 selon les molécules qu'il y a dans le médicament et en gros ça va entraîner la diminution d'autres molécules qu'on appelle des prostaglandines et en fait les prostaglandines c'est hyper intéressant parce que ce sont des molécules qui permettent d'obtenir deux effets alors le premier effet ça va évidemment être un effet anti-inflammatoire puisque les prostaglandines sont des molécules inflammatoires qui vont du coup développer l'inflammation au niveau du tendon et de la lésion donc forcément ça va diminuer l'effet inflammatoire et donc potentiellement si l'inflammation était à l'origine de la douleur on aura aussi un effet antalgique de ces anti-inflammatoires donc là encore déjà ça pose la question d'être sûr que l'inflammation soit la cause de la douleur ce qui n'est pas toujours le cas en tout cas ça peut l'être dans les tendinopathies aiguës donc récentes de moins de trois mois mais ça ne l'est clairement pas dans les tendinopathies chroniques donc beaucoup plus anciennes mais si l'inflammation est la cause de la douleur évidemment la prise anti-inflammatoire par leur inhibition de l'action des molécules inflammatoires va venir avoir un effet antalgique donc ça, ça va plaire aux patients c'est le côté on va dire entre guillemets un peu positif de l'histoire mais le premier message important à retenir c'est que les anti-inflammatoires peuvent avoir un effet donc du coup symptomatique ils vont agir sur les symptômes dans certaines situations donc l'idée c'est pas de tomber dans le discours simpliste de dire les anti-inflammatoires c'est mauvais parfois quand la douleur est tellement importante le patient est tellement algique que du coup il est incapable d'exercer la moindre contrainte ou de faire la moindre chose ou même du coup de dormir la prise anti-inflammatoire qui va du coup avoir un effet sur l'inflammation et sur la douleur peut être intéressante le seul truc c'est que de l'autre côté les prostaglandines donc qui sont des molécules inflammatoires qui vont du coup augmenter l'inflammation sont aussi des molécules nécessaires pour déclencher la réponse de synthèse de collagène donc du coup si on n'a pas de prostaglandine on a également, enfin on n'a pas d'inflammation ça c'est ok, pas d'inflammation donc potentiellement pas de douleur mais du coup on retarde également, on altère également la production de collagène qui est du coup le tissu cicatriciel et ce qui va permettre de faire cicatriser, de faire guérir le tendon donc d'un côté ok super on a diminué la douleur mais de l'autre côté moins super on va avoir du coup diminué la synthèse de collagène ce qui va ralentir la rééducation donc c'est là en fait où on a un problème avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens c'est que ils vont avoir un effet sur la douleur qui déjà potentiellement peut influer sur la douleur qui va influencer de la mauvaise manière le patient qui pense que du coup parce qu'il a plus mal il va mieux et du coup il remet de la charge etc alors que pas du tout et d'un autre côté ça va venir réduire la cicatrisation donc dans le meilleur des mondes les anti-inflammatoires non stéroïdiens on évite de les prendre maintenant si je suis dans une situation où je suis tellement algique j'ai tellement mal que je peux rien faire et que j'arrive pas à dormir dans ce cas là ok pourquoi pas les prendre mais il faut en informer le thérapeute pour qu'il sache que là à l'heure actuelle votre sensation douloureuse, votre perception de la douleur est altérée par la prise de médicaments qui vont du coup réduire l'inflammation et donc potentiellement la douleur donc c'est quelque chose qu'il faut bien avoir en tête ce qu'il faut bien avoir en tête aussi avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens c'est la quantité d'effets indésirables qu'ils vont avoir sur le reste du système puisque du coup les principaux effets indésirables qui sont documentés donc qui sont validés scientifiquement par les études scientifiques sur les anti-inflammatoires ça va être au niveau du système digestif donc là je vous passe la liste mais en fonction de la quantité de votre sensibilité et forcément du coup de vos antécédents entre la dyspepsie, les gastrites, les ulcères des saignements, des complications gastro-intestinales qui peuvent avoir donc ça c'est juste sur le système digestif vous avez sur les reins, vous pouvez faire de la rétention vous pouvez diminuer la filtration des reins glomérulaires il y a des risques d'insuffisance rénale aiguë particulièrement du coup chez les sujets à risque donc chez les personnes qui ont déjà des problèmes rénaux et évidemment au niveau cardiovasculaire vous pouvez avoir des risques d'hypertension des décompensations, d'une insuffisance cardiaque bref, il y a plein plein plein d'effets indésirables des anti-inflammatoires donc évidemment ce ne sont pas des M&M's, c'est pas des bonbons il faut éviter d'en prendre parce que ok, ça va potentiellement diminuer la douleur parce que diminuer l'inflammation est potentiellement l'inflammation est la cause de la douleur mais derrière il y a un risque évident d'avoir des effets indésirables, donc il faut en avoir conscience pour encore une fois l'idée n'est pas de bannir les anti-inflammatoires non stéroïdiens et de dire prendre un ibuprofène ça détruit mon tendon et ça détruit mon organisme, c'est juste de savoir que quand je prends un buprophènes, il y a des conséquences derrière qui peuvent être négatives sur mon système et sur ma rééducation. Donc c'est une information à poser aux patients. Est-ce que vous prenez des anti-inflammatoires? Est-ce que vous en avez pris? Est-ce que vous êtes sujet à en prendre? Oui ou non. Et si jamais vous êtes sportif ou quoi, et que vous en consommez, vous savez que c'est quelque chose qui va influencer votre perception de la douleur et qui potentiellement peut altérer le fonctionnement de votre tendre. Donc, en gros, si on est dans le côté pratique, j'arrive au bilan la question que je pose. Donc, lorsqu'un patient arrive avec une tendinite ou une tendinopathie, moi, ce que je veux savoir, c'est est-ce que vous prenez des anti-inflammatoires? Et si vous en prenez depuis combien de temps? Pourquoi vous en prenez? Est-ce que c'est parce que vraiment c'est très très algé, que vous n'arrivez pas à dormir, vous n'arrivez pas à bouger, etc. Ou est-ce que c'est parce que vous avez une gêne et que vous vous êtes persuadé que c'est la bonne solution? À quelle fréquence vous en prenez? Parce que ça encore, ça va jouer. Et est-ce que du coup cette prise de médicaments, elle découle d'une prescription médicale donc déjà vous savez que c'est à moitié, enfin c'est plutôt encadré. Ou est-ce que c'est de l'automédication? Dans ce cas-là, vous devez quand même vérifier ce que fait le patient parce que généralement quand on ne connaît pas exactement, personne ne lit les notices, personne ne va sur le Vidal pour voir du coup la quantité qu'il faut prendre. Donc des fois, ça part un peu en cacahuètes. Et donc surtout, qu'est-ce que le médicament, il change à vos symptômes? Parce qu'il y a un autre piège clinique, si le patient prend un anti-inflammatoire et que du coup sa douleur diminue, il peut augmenter donc comme je disais sa charge, simplement parce que son signal symptomatique, donc sa perception de la douleur, est atténuée. Et ce n'est pas une raison pour lui interdire son traitement, évidemment, attention, on se calme, chacun reste à sa place, mais c'est une raison pour ne pas interpréter naïvement, il a moins mal, donc son temps d'entendre l'air davantage, donc j'augmente la charge. Parce que soulagement symptomatique, donc diminution de la perception de la douleur et restauration des capacités, clairement, ce n'est pas des synonymes. Donc il faut bien les séparer dans notre réflexion et faire en sorte de ne pas tout mélanger. Donc ça, c'est le premier médicament qu'il faut enquêter le deuxième, c'est les infiltrations de corticostéroïdes, puisque là, vraiment, c'est le piège à court terme. Les infiltrations, normalement, le patient s'en souvient parce que potentiellement ça peut, enfin l'aiguille, on s'en souvient, parfois la douleur de l'infiltration, on s'en souvient, et puis généralement, il y a un petit protocole où il faut acheter le produit, il faut aller chez le médecin, le médecin nous infiltre, j'espère sous échographie, ne faites jamais d'infiltration de corticostéroïdes sans échographie. Donc il infiltre sous échographie, donc généralement, c'est un événement un peu plus marquant que juste l'avoir pris des médicaments de manière orale. Donc là, c'est pareil, imaginez, je sais pas, on invente une deuxième situation, il y a un patient qui souffre d'une tendre hépatite depuis plusieurs mois, il reçoit une infiltration de corticostéroïdes, et quelques jours plus tard, il vient revoir au cabinet, parce que, évidemment, le médecin lui a dit, après l'injection, on fait deux jours de repos, donc il vient revoir après son petit repos, je n'ai quasiment plus mal, et donc du coup, forcément, pour le patient, c'est un peu spectaculaire, il est hyper content de ne plus avoir mal, mais c'est précisément pour cette raison, du coup, que c'est vendu, et que l'intervention, elle est séduisante, c'est parce que, parfois, quand, encore une fois, l'inflammation est la cause de la douleur, l'infiltration de corticostéroïdes, ça va avoir pour fonction de réduire l'inflammation, et donc potentiellement de réduire la douleur, et comme c'est quand même beaucoup plus efficace de faire des injections de corticostéroïdes plutôt que de la prise anti-inflammatoire de manière orale, et bien, il n'a plus du tout mal. Le problème, il apparaît, lorsqu'on confond, évidemment, encore une fois, la diminution de la douleur avec l'amélioration durable du tendon. Donc là, il y a eu pas mal de travaux qui ont été faits sur les infiltrations de corticostéroïdes, il y a notamment une importante revue systématique, donc dans la qualité des études scientifiques, c'est assez haut, qui porte sur, du coup, différentes tendinopathies, donc l'avantage, c'est qu'ils ne sont pas concentrés que sur la tendinopathie d'Achille ou Rotulienne, ce qui est souvent le cas, mais là, ils en ont fait plusieurs, ils ont montré que les injections de corticostéroïdes pouvaient être efficaces sur la douleur à court terme, donc ça, on le savait, mais que cet avantage s'inversait au suivi intermédiaire et long terme pour certaines tendinopathies, donc ça veut dire qu'en gros, si vous faites une injection et que vous avez des améliorations au court terme sur la douleur, tant mieux, mais qu'au long terme, ça va plutôt avoir tendance à augmenter la douleur. Donc c'est là où, en fait, on a un problème, c'est qu'à moyen et long terme, c'est plutôt négatif à court terme, pourquoi pas, à moyen et long terme, c'est négatif. Et il y a eu des publications plus récentes qui insistent également sur le risque de récidive et sur l'absence de bénéfices durables, donc du coup, c'est pour ça qu'il faut éviter déjà, un, d'en faire, et deux, de les faire de manière routinière, ces injections. Alors, pourquoi, nous, ça nous intéresse au niveau biologiquement parlant, on va dire? Donc, les effets des corticostéroïdes, ils agissent sur la prolifération et la viabilité des cellules tendineuses, donc ça va venir réduire cette viabilité, donc ça va venir dégrader la qualité des cellules du tendon, donc là, on a quand même un vrai problème, parce que déjà que le tendon, il n'en a pas énormément des cellules, surtout si vous n'avez pas été très actif jusqu'à vos 17 ans, que vous avez eu plusieurs pathologies, donc les cellules sont mortes au fur et à mesure, on sait que le renouvellement est extrêmement lent, et extrêmement faible, donc forcément, plus vous avancez en âge, moins vous avez de cellules. Si en plus, vous faites une injection qui va venir diminuer leur viabilité et leur prolifération, on a encore un autre problème. La deuxième chose, c'est que ça va agir, comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens, sur la synthèse et l'organisation du collagène, puisque forcément, si vous diminuez l'inflammation, on l'a vu, vous allez diminuer l'activité des fameuses prostaglandines, et en diminuant l'activité de ces prostaglandines, vous allez, ok, diminuer l'inflammation, mais vous allez surtout diminuer la production de collagène. Et enfin, l'injection de corticostéroïdes, ça va venir modifier certaines propriétés mécaniques du tendon, notamment au niveau de la raideur. On sait qu'un tendon sain, ça doit avoir un certain niveau de raideur, donc ça veut dire qu'il doit être suffisamment, il faut un certain niveau de force pour le déformer, et l'injection de corticostéroïdes va venir modifier ces propriétés mécaniques. Donc, les effets, évidemment, ils semblent dépendre à la fois de la dose d'injection, de la fréquence de votre injection, de quel tissu et de l'état du tissu dans lequel il est injecté, et du délai après l'injection. Mais, on sait qu'il existe un risque de rupture tendineuse rapportée après injection, même si l'incidence précise, donc le nombre de cas et le lien causal sont difficiles à quantifier. Mais quoi qu'il en soit, il faut bien avoir en tête qu'une injection de corticostéroïdes, c'est très très loin d'être anodin. Normalement, même si je sais que parfois ça peut arriver, l'injection de corticostéroïdes, c'est clairement pas un traitement de première intention. On commence pas une rééducation par ça, d'accord? Quand vous allez voir votre médecin, c'est la première chose qu'il vous dit, c'est que sur votre tendinite ou tendinopathie, la première chose qu'il faut faire, c'est une injection de corticostéroïdes, fuyez! C'est pas réglo, c'est pas la bonne chose à faire, d'accord? Alors il faut vérifier qu'il n'y ait pas de conflit d'intérêt, que le médecin qui vous prescrive ça soit un médecin qui vous fasse l'injection, évidemment, mais même dans le cas où le médecin vous réoriente vers un radiologue ou quelqu'un qui est plus à même pour faire l'injection, d'abord, commencez par une rééducation. Le premier traitement pour une tendinopathie, c'est la rééducation, c'est ni le repos, c'est ni le froid, ni la glace, ni les anti-inflammatoires, ni les injections, c'est la rééducation avec un kinésithérapeute formé et compétent, s'il a suivi Tendon Révolution, évidemment, c'est encore mieux, je me le place quand même. D'ailleurs, s'il y a des kinés qui veulent suivre Tendon Révolution, évidemment, c'est disponible à vie, donc je vous remettrai le lien dans la description et vous pourrez suivre le e-learning de chez vous et comprendre pourquoi ces médicaments sont une mauvaise chose et comment être efficace pour montrer aux médecins qu'il n'y a pas besoin de ces injections, il n'y a pas besoin de ces médicaments pour rééduquer une tendinopathie, parce que nous, kinés, nous sommes efficaces et nous sommes formés sur la manière de faire pour soigner le patient, bref, parenthèse et close. Mais, ayez bien en tête que l'injection de corticostéroïdes, ça va potentiellement diminuer les douleurs parce que jouer sur l'inflammation de manière assez rapide est importante au début, mais ensuite, il y aura vraiment des effets négatifs, donc essayez de repousser au maximum ces injections. Et puis, on arrive du coup à notre troisième famille de médicaments qui, elle, est beaucoup moins connue alors que pourtant, elle est assez régulièrement prise, c'est des antibiotiques et notamment les fluoroquinolones. Donc, c'est clairement la question qu'on ne pose pas assez, en tout cas, bon, je pense que, ben, ceux qui ont suivi Tendon Révolution, ils la posent, ceux qui ont suivi Tendinopathie EBP, ils la posent, ceux qui suivront la formation à hiver dans les bains penseront à la poser, mais si jamais vous n'avez pas été informé, vous ne pouvez pas le savoir et si vous ne pouvez pas le savoir, vous ne pouvez pas poser la question, si vous ne posez pas la question, vous ne pouvez pas avoir l'information et si vous n'avez pas l'information, vous pouvez faire des bêtises. Et c'est là où, du coup, ça devient problématique. Donc, c'est une troisième catégorie, c'est probablement celle qui illustre le mieux, du coup, à mon avis, l'importance du bilan parce que ces fluoroquinolones, ce sont des antibiotiques. Donc, on retrouve notamment dans cette famille, pour ceux qui veulent un peu les noms comme ça, peut-être vous les verrez passer, ça finit toujours en acine. Donc, c'est les ciprofloxacine, c'est jamais évident de prononcer, les levofloxacine, xacine, c'est pas évident à prononcer, mais en gros, il y a un truc devant, il y a deux, trois syllabes et après, il y a xacine. Moxifloxacine, ofloxacine, ça, c'est plus facile. Mais du coup, si vous les voyez passer, il faut absolument que ça fasse tilt et ça allume une lumière dans votre cerveau. Et du coup, pourquoi c'est important? Parce qu'en fait, l'association entre une exposition au fluoroquinolone et une tendinopathie et une rupture tendineuse, c'est vachement bien documenté. Aujourd'hui, il y a quand même des sacrées preuves pour montrer que les fluoroquinolones vont avoir tendance à favoriser le risque de rupture tendineuse ou d'apparition de tendinopathie. Donc, c'est pas rien. Par exemple, sur le tendon d'Achille, qui est quand même le tendon le plus étudié, il y avait donc une méta-analyse en 2024, qui est quand même le niveau le plus élevé au niveau des études scientifiques, qui confirme l'association entre les fluoroquinolones et les complications du tendon d'Achille. Donc, évidemment, il faut s'y intéresser. Donc, le risque, il n'est pas identique chez tout le monde. On a vu que le risque et les conséquences négatives vont dépendre du moment de l'exposition, de la dose, évidemment, toujours, de l'âge, plus avancé en âge, forcément, moins ça va le faire, et surtout de certaines associations médicamenteuses. Le pire, c'est l'association fluoroquinolone-corticostéroïde. Donc ça, vraiment, c'est l'association, c'est le duo explosif pour le tendon. En gros, s'il y a ce duo-là, les risques de rupture du tendon, ils sont clairement beaucoup plus importants, et notamment chez les personnes relativement âgées, parce que, comme je l'ai dit, comme le nombre de cellules diminue avec l'âge, la capacité du tendon à se régénérer diminue avec l'âge, il devient de plus en plus fragile, en tout cas plus difficile à renouveler. Donc si en plus vous essayez d'ajouter plus de roquinolone, corticostéroïdes, et on sait que plus on avance son âge, généralement plus on est amené à avoir de la multi-médicamentation, donc on prend plusieurs médicaments, là on a un trio exceptionnel. Donc là si vous faites n'importe quoi avec votre patient, vous pouvez être sûr que vous allez flinguer son tendon, au mieux vous allez aggraver la tendinopathie, au pire vous allez créer une rupture. Donc du coup ça va changer quand même pas mal de choses dans notre interrogatoire, parce que le patient il arrive avec une douleur tendineuse récente, il vous dit je ne comprends pas, je n'ai rien changé à mon entraînement, la mauvaise réponse serait de rester là-dessus et de se dire vous avez forcément trop chargé, ou vous avez augmenté le volume, ou vous n'êtes pas rendu compte, vous avez changé de chaussure, vous avez ceci, cela, machin, etc. Alors que non, en fait, quand vous commencez à réfléchir, vous pouvez vous poser la question sur une maladie récente, est-ce qu'il y a une maladie récente, donc du coup une maladie récente ça peut entraîner la prise antibiotique, est-ce qu'il y a une infection aussi? Vous pouvez directement poser la question, est-ce que vous prenez des antibiotiques, est-ce que vous connaissez leur nom, quand c'est que vous les avez pris, est-ce que vous les prenez également avec des corticostéroïdes, des choses comme ça, des anti-inflammatoires, et là du coup vous obtenez peut-être une information qui change totalement votre lecture du cas clinique, puisque du coup vous comprenez que l'augmentation de ces douleurs n'est pas forcément due à une mauvaise gestion de la charge, mais plutôt à sa médicamentation. Donc ce n'est pas seulement faire trois tests de provocation et mesurer la force de faire un bilan, c'est là où je veux en venir, parce que ça généralement tout le monde est capable de le faire. Le patient il vient, vous avez mal où? Ici, ok, vous avez plus mal quand vous faites ci, ok, vous avez moins mal quand vous ne faites plus rien, ok, super, mais le bilan ça ne s'arrête pas là. C'est vraiment cette première séance, elle est hyper importante. Et donc l'idée c'est vraiment de chercher pourquoi ce tendon est devenu douloureux maintenant, quelles sont les causes, quel est le premier levier sur lequel je vais pouvoir agir. Plus vous êtes bon lors du bilan, plus vous avez une cible qui est fixée et sur laquelle vous allez pouvoir agir, et plus vous avez de chances d'avoir des résultats dans votre rééducation. Plus vous faites les choses au hasard, et moins ça va le faire. Donc du coup essayez d'être plus précis sur le bilan. Je pense que c'est vraiment important. Et d'ailleurs c'est le but de cet épisode, c'est de parler de ce premier rendez-vous. C'est là où finalement je veux vous amener, c'est que ce n'est pas forcément un épisode qui est dédié aux médicaments, parce qu'encore une fois je ne suis pas pharmacien, je ne suis pas médecin, mais c'est un épisode un peu sur le raisonnement clinique que doivent avoir à la fois les professionnels de santé et du sport, donc les coachs également. Vous avez le droit de poser la question quels médicaments vous prenez à votre patient, ça fait partie de votre boulot, parce qu'on adore parler de traitement, de prise en charge, de remise en charge, de renforcement musculaire, etc., de se poser la question de quels exercices, combien de séries, est-ce qu'il faut que je fasse de l'isométrie, de l'excentrique, du HECA, de la plio, est-ce qu'il est suffisamment récupéré, etc. Mais avant de répondre à comment traiter le problème, il faut déjà répondre à qu'est-ce que j'ai réellement devant moi, quel est le problème que j'ai en face de moi. Et pour ça, le premier rendez-vous doit explorer plusieurs dimensions. La première c'est l'histoire de la douleur, donc quand est-ce que la douleur est apparue, comment elle est apparue, est-ce que ça arrivait de manière brutale ou est-ce que ça arrivait de manière progressive, puisque du coup ça va donner des informations différentes, qu'est-ce qui augmente, qu'est-ce qui diminue les symptômes, donc ça c'est pour la partie douleur. Ensuite, évidemment, la charge, mais ça généralement on y pense, qu'est-ce qui a changé, le volume, l'intensité, la fréquence, la surface, le sport, la musculation, est-ce que c'était une reprise après une période d'arrêt, etc. Mais ça généralement, c'est peut-être le sujet auquel on pense le plus, la charge. Ensuite, le terrain, la personne que j'ai en face de moi, qu'elle agit là, quels sont ses antécédents, est-ce qu'il a des comorbidités pertinentes, parce qu'encore une fois, souvent on a parfois plusieurs pathologies, surtout chez les personnes âgées, quels sont ses antécédents tendineux, quel est son sommeil, sa récupération, est-ce qu'il fume, est-ce qu'il boit, est-ce qu'il mange des fast-foods, est-ce qu'il a une alimentation équilibrée, est-ce qu'il a un taux de protéines dans son alimentation qui est suffisante. Ça encore, c'est déjà un terrain sur lequel on va beaucoup moins. Et puis, quatrièmement, les médicaments, et du coup, j'espère que dorénavant, vous penserez à poser la question, à vous prier récemment, pensez-vous, prenez-vous actuellement des médicaments, s'il dit oui, lesquels, s'il dit non, pensez aussi à insister et à poser la question de dire, ok, quels sont les médicaments, est-ce qu'il y a des anti-inflammatoires, est-ce qu'il y a des corticostéroïdes, est-ce qu'il y a des antibiotiques, vous pouvez, si vous avez les noms, citer quelques noms pour essayer de rafraîchir sa mémoire, parce qu'encore une fois, des fois, les gens, ils n'y pensent pas. D'accord? Donc là, la question sur ces trois familles, elle doit être posée, pas parce qu'elles expliquent toute les tendinopathies, évidemment, c'est pas ça le sujet, mais parce qu'un patient exposé développera nécessairement un problème, en tout cas, il y aura une condition supplémentaire à prendre en compte dans la rééducation. Donc, du coup, pensez vraiment à poser cette question. C'est probablement l'une des choses qui a le plus évolué dans ma manière de prendre en charge, moi, les tendinopathies. Vraiment, le bilan, c'est quelque chose de fondamental parce qu'encore une fois, le continuum isométrique, bon, moi, ça fait plusieurs années, du coup, que je le pratique, je le maîtrise, etc. C'est pour ça que maintenant, je me permets de partager mes connaissances dessus et d'essayer d'aider les kinés et les coachs à mieux rééduquer, à mieux l'utiliser. Mais plus je progresse, et moins je pense que la différence entre deux kinés ou deux coachs va se faire sur leur catalogue d'exercices. Franchement, les exercices que j'utilise sont des exercices très basiques, qui sont utilisés dans tous les cabinets. Ma réflexion, je pense que, du coup, il y a une différence dessus par rapport à mon expérience et ce que j'ai pu voir, donc la réflexion qui est agie. Mais ce qui fait la différence, c'est peut-être ce qu'il y a avant l'exercice, donc le bilan, le diagnostic différent c'est d'être sûr que je sois une tendiopathie. Si c'est une tendiopathie, est-ce que c'est une tendiopathie corporelle, insertionnelle, au niveau de la jonction? Est-ce qu'elle est chronique? Est-ce qu'elle est aiguë? Est-ce qu'il y a des calcifications? Est-ce qu'il n'y a pas de calcifications? Est-ce qu'il y a une lésion? Est-ce qu'il n'y a pas de lésion? Etc. Donc c'est la compréhension du contexte, c'est l'identification des facteurs susceptibles de modifier les capacités du tendon. Donc, comme ça, en fonction des questions que je vais poser, des informations que je vais recueillir, je vais savoir si, ok, ce tendon-là, il va évoluer à cette vitesse, ce tendon-là à cette vitesse, sur ce tendon-là, je peux me permettre de faire ci, sur celui-là, je ne peux pas me permettre de faire ça, etc. Donc, évidemment, c'est important. Et ensuite, c'est la capacité à transformer toutes ces informations en plan de traitement, en prise en charge, en mode d'entraînement, etc. Et donc, c'est la philosophie un peu derrière Tendon Révolution et toutes les formations que je vais apporter. L'idée, ce n'est pas simplement de dire, voilà, 5 exercices pour le tendon d'Achille, ça, ce serait un parfait réel sur Instagram, ça ferait du clic, etc. Mais moi, mon idée, c'est plutôt que vous soyez capable de recevoir un patient ou un client, si jamais vous êtes coach, et du coup, de vous dire pourquoi il a mal, comprendre pourquoi il a mal, ce qui entretient potentiellement son problème, ce qu'il est capable de tolérer aujourd'hui, et comment, du coup, je vais pouvoir l'aider et construire la suite. Parce qu'encore une fois, une bonne prise en charge, ça commence rarement par une bonne technique, mais ça commence très souvent par une bonne question, et derrière, une bonne réflexion. Donc, du coup, si vous devez retenir 3 choses de cet épisode, je pense que on va faire une conclusion, quoi. Premièrement, qu'un médicament, ça peut modifier les symptômes sans avoir restauré la capacité du tendon. Donc, c'est notamment pour les anti-inflammatoires et les corticostéroïdes. Il va y avoir une diminution des symptômes, mais ça ne restaure pas la capacité du tendon. Deuxièmement, certaines substances peuvent également interagir avec la biologie tendineuse ou être associées à un risque tendineux. Donc, ça, c'est les 3 familles que je vous ai citées. Et enfin, que l'historique médicamenteux doit faire partie de votre bilan. Donc, la prochaine fois que vous recevez un patient pour une tendiopathie ou un client dans votre salle de gym, avant de lui montrer votre premier exercice, vos call for assist, ou la chaise, posez-lui cette question, ou alors vous lui posez la question pendant qu'il fait la chaise, mais il faut qu'il soit mentalement prêt à faire les deux. Quel médicament prenez-vous actuellement et qu'avez-vous pris comme médicament ces derniers mois? Alors, peut-être que vous n'aurez rien trouvé et ok, on passe à la suite, mais parfois, c'est une simple question qui peut changer la compréhension de tout le dossier, on va dire, et c'est précisément du coup ce que j'attends lors d'un bon bilan. Donc, comprendre la situation avant de traiter la compréhension précède l'exécution. Donc, voilà, j'espère que j'ai réussi à être clair, sur le sujet, j'espère vous avoir réussi à vous alerter sur cette thématique qui, moi, me tient à cœur et me semble hyper importante et un petit peu trop sous-estimée sur ce bilan, parce qu'encore une fois, une tondéopathie, on a tendance à aller un peu vite en besogne, à dire ok, c'est une tondéopathie, ok, il faut que je remette en charge et bim, bam, boum, on envoie les premiers exercices, mais il y a des informations qui peuvent complètement changer la donne, changer la manière dont vous allez rééduquer et l'issue de la rééducation, donc pensez à poser ces questions. J'en termine encore une fois pour vous rappeler du coup la formation à Iverdon les Bains, donc réathlétisation 2.0 sur 2 jours, ouvert aux coachs et aux kinés, avec une partie sur les tondéopathies, une partie sur la réathlétisation, la planification de la charge d'entraînement, donc sur 2 jours, les 12 et 13 septembre prochains, où on va pas tarder à clore les inscriptions, et pour ceux qui veulent vraiment se spécialiser sur la prise en charge des tondéopathies, vous avez Tendons Révolution, donc là encore, Tendons Révolution, c'est en e-learning, j'ai créé ça pour que les coachs et les kinés et les sportifs puissent suivre cette formation, c'est ouvert à tout le monde, c'est un e-learning, vous pouvez prendre le temps que vous voulez, puisque vous êtes de chez vous, vous pouvez poser des questions sur le forum et j'y répondrai, bref, tout ça, c'est dans la description, je vous remercie encore une fois pour votre fidélité, pour ceux qui partagent les épisodes, ça vraiment, ça fait chaud au cœur, ça permet de passer une très très bonne journée, ça, quand je vois ça, et ensuite, de vous dire que si vous pouvez mettre les 5 étoiles sur l'application d'écoute que vous utilisez, ça fait plaisir, et si vous pouvez partager l'épisode, ça aussi, ça fait plaisir. Passez une bonne journée, une bonne fin de semaine et on se retrouve évidemment jeudi prochain.

Podcast Summary

Key Points:

  1. L'importance de poser des questions sur la prise de médicaments lors du bilan initial d'une tendinopathie, souvent négligée par les kinésithérapeutes et les coachs.
  2. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) réduisent la douleur en diminuant l'inflammation, mais altèrent la synthèse de collagène et peuvent ralentir la guérison, avec des effets indésirables digestifs, rénaux et cardiovasculaires.
  3. Les injections de corticostéroïdes offrent un soulagement à court terme, mais sont associées à des effets négatifs à moyen et long terme, une dégradation des cellules tendineuses et un risque accru de rupture.
  4. Les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones (ex. ciprofloxacine) sont la famille la moins connue mais la plus dangereuse, augmentant significativement le risque de tendinopathie et de rupture, surtout en association avec des corticostéroïdes.
  5. Le bilan doit explorer quatre dimensions
  6. Une bonne prise en charge commence par une bonne question ; la compréhension précède l'exécution, et les exercices seuls ne suffisent pas sans une analyse contextuelle approfondie.

Summary:

Dans cet épisode, Valentin Copain, kinésithérapeute et préparateur physique, aborde un sujet crucial mais souvent négligé dans la prise en charge des tendinopathies : l'impact des médicaments sur la santé tendineuse. Il souligne qu'un patient peut suivre un protocole de rééducation apparemment adapté, mais sans poser la question de la médication, la pathologie peut s'aggraver, voire conduire à une rupture tendineuse. Il identifie trois familles de médicaments à surveiller.

Premièrement, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui, bien qu'efficaces pour réduire la douleur en inhibant l'inflammation, diminuent la production de collagène nécessaire à la cicatrisation et présentent des effets indésirables significatifs. Deuxièmement, les injections de corticostéroïdes, qui procurent un soulagement symptomatique à court terme mais nuisent à la viabilité cellulaire du tendon et aux propriétés mécaniques, avec un risque accru de rupture à long terme. Troisièmement, et surtout, les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones, dont l'association avec les tendinopathies et ruptures est bien documentée, particulièrement en combinaison avec des corticostéroïdes.

L'auteur insiste sur l'importance d'intégrer l'historique médicamenteux dans le bilan initial, aux côtés de l'histoire de la douleur, de la charge et du terrain du patient. Il conclut qu'une bonne prise en charge commence par une bonne question, et que la compréhension du contexte précède l'exécution des exercices. Il invite les professionnels à poser systématiquement la question des médicaments pour éviter des erreurs aux conséquences graves.

FAQs

Il est essentiel de demander au patient s'il prend actuellement des médicaments, ou s'il en a pris récemment, notamment au cours des trois derniers mois. Cette question est souvent oubliée mais peut influencer fortement la prise en charge.

Les AINS réduisent l'inflammation et la douleur, mais ils inhibent aussi la synthèse de collagène, nécessaire à la cicatrisation du tendon. Ils peuvent donc masquer les symptômes tout en ralentissant la guérison.

Les infiltrations de corticostéroïdes peuvent soulager la douleur à court terme, mais leurs effets négatifs apparaissent à moyen et long terme. Elles peuvent dégrader la qualité des cellules tendineuses, réduire la production de collagène et augmenter le risque de rupture.

Les fluoroquinolones, comme la ciprofloxacine ou la lévofloxacine, sont associées à un risque accru de tendinopathie et de rupture tendineuse, en particulier au niveau du tendon d'Achille.

L'association de fluoroquinolones avec des corticostéroïdes est particulièrement dangereuse, car elle augmente fortement le risque de rupture tendineuse, surtout chez les personnes âgées.

Les médicaments comme les anti-inflammatoires ou les corticostéroïdes réduisent la perception de la douleur en agissant sur l'inflammation, mais ils ne restaurent pas les capacités du tendon. Une diminution de la douleur ne signifie donc pas une amélioration durable.

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