Lera de Torchon, dans son émission « Torchon », analyse le livre « Humourir » de Thélison Aurélien, un roman sur l’immigration et l’exil des Haïtiens. Ce livre connaît une forte visibilité médiatique et des ventes importantes, notamment grâce à son lien avec l’identité québécoise et aux prix littéraires. Lera reconnaît la pertinence du sujet, mais critique fortement le style répétitif et automatique de l’œuvre, marqué par des anaphores, des comparaisons abstraites et une structure uniforme. Ces éléments, bien que perçus comme poétiques par certains, sont jugés désagréables et proches d’un style généré par l’IA, ce qui dérange Lera. Elle souligne que le rire utilisé dans le texte sert à atténuer la misère, ce qui explique l’absence de miserabilisme. L’auteur estime que le livre évoque des réalités importantes mais est dénué d’émotion authentique. Lera conclut que, bien que le sujet soit pertinent, le style répétitif empêche une expérience littéraire émouvante. Elle ne recommande pas le livre, en dépit de sa reconnaissance médiatique, affirmant que son analyse souligne une tension entre succès populaire et qualité narrative.
Hello, c'est Lera de Torchon et je suis ravi de vous annoncer que nous avons un, c'est
bon ça, mais avant que vous en parlez, je dois vous avouer quelque chose, il n'y a pas
que la critique littéraire qui est musclée dans ce podcast, il y a aussi moi.
Et oui, ici, c'est gros cerveau et gros bisquotto, ça fait deux mois que je suis coaché
à la salle de sport et qui dit Musque, dit Protéin.
Mais le poulerie, bien carnet et bien sangou, des go Musqueux, ça me disait rien du tout
et c'est là qu'intervendant notre sponsor Coro.
Coro propose une gamme de plus de 900 références des super-aliments, des snacks pour beaucoup
vegan et bio, cet épicé en ligne, moi, ça me permet d'ajouter tout un tas de protéines
végétales dont tout m'est repas, comme leur protéine en poudre, vegan, gouvernie, oui,
oui, je suis de plus cette personne là.
Mais pour vous, vous le choix qu'ils ont, vous pourrez juste qu'il fait leur snack, pimpé
votre petit d'agg, vous trouvez le petit élément impossible à trouver ailleurs, grâce au
cas de promo Torchon, T-O-R-C-H-O-N, qui vous donne 5% de réduction sur votre paye sur
tout le site coro.fr, sans minimum d'achat et toute l'année.
Merci à Coro de rendre cet épisode possible, grâce à leur super-aliment et leur super-sponsorisation,
j'ai pouvoir ne pas y aller de ma morte dans mes critiques.
Bonjour et bienvenue dans Torchon, le podcast qu'il est délivre pour que vous n'ayez pas
à le faire, les livres qui font l'actualité que ce soit dans les médias ou sur les réseaux sociaux.
La rentrée littéraire, c'est le moment de frénésie du monde du livre avec plus d'une
centaine d'auteurs sur les starting blocks pour vous convaincre que leur livre s'est
le meilleur.
Vous convaincrez-vous l'élector, mais aussi les libraires, les journalistes, les influenceurs
et les jurés de prix littéraire.
Pendant tout le mois de septembre, dans Torchon, je vais lire et décrypter les livres qui
font le plus parler de même, pour vous dire qu'à le livre Ville, Hype et lesquels sont
de véritables torchons.
Cinquième épisode aujourd'hui, sur le livre, c'était ça « Humourir » de Thélison
Aurélien paru aux éditions grâce et en France cet auton et paru initialement aux éditions
du beau réel au Québec en printemps 2020.
C'était ça « Humourir » c'est le premier livre, donc de Thélison Aurélien, journaliste,
poète chroniqueur et maintenant écrivain québécois d'origine haïsienne, dans ce livre
qui est bien un roman.
Il raconte l'histoire de sa propre migration, mais aussi de celle de beaucoup de haïsiens.
On y suit Jeunesse d'Orléon, qui fuit la violence des gangs de son quartier de Boreau
France, et un long périple qui passe par la République Dominicaine, le Brésil, les pays
d'Amérique Central, dont le Mexique et puis les Etats-Unis jusqu'à son arrivée et son
installation au Canada.
Pendant tout ce périple, il réchappe à la mort d'un cheveux, il croise des exilés
de nombreux pays, il raconte aussi de leur faire administratif, les faux papiers, les
mensonges pour sauver sa vie, le besoin de raconter la vérité face au discours
anti-migration pesant.
Ce livre c'est la sensation de la rentrée littéraire, mais sur tous les plans.
C'est une sensation médiatique, une sensation dans le top des ventes, et puis une sensation
aussi dans les prix littéraires.
Dans le classement édistat, le roman se place parmi les meilleures ventes de la rentrée
littéraire, en compagnie de livres d'auteurs que l'on connaît bien ici, comme Amelie
Noton ou Philippe Jaillé Nader.
Dans les médias, il passe dans la grande libérie, il a quatre T dans tes ramas, et puis
les principaux médias en fond des critiques dit-il en BIC.
Il est aussi en liste pour un peu le big fort des prix littéraires, donc le goncourt
le renodot, le féminin et le médicis, à noter.
Dans Babelio, il a une note moyenne de 4,49étoiles sur 5, ce qui est vraiment énorme.
On peut te poser la question de pourquoi un tel engouement autour de ce livre, au-delà
de ce contenu, et ça j'en parlerai plus tard, c'est un témoignage finalement assez
rare sur un sujet important, c'est à dire l'immigration, l'exil, c'est des histoires
qui ont souvent du mal à émerger dans les livres populaires, les livres qui font l'actualité
et les livres de rentrer littéraires, et j'en sais quelque chose.
Pour dire ça un peu plus caricaturellement, c'est un témoignage qui tranche avec la mode
de l'autofiction familiale, un peu germano-pratine, de l'année dernière, c'est pas un bourgeois
par les uns qui racontent son divorce.
Il y a une autre piste, c'est-à-dire que j'ai une auditrice qui m'a dit qu'on a pas
mal fait monter les enchaires autour du manuscrit parce qu'elle origine, il est québécois,
ce manuscrit, et donc grâce à beaucoup investi dans ce texte, il y a un batage médiatique
autour du livre, voilà, qui est organisé par Gracé.
Je pense aussi, mais bon, c'est plus une supposition ici, qu'il y a une question de
réputation de marque, ce livre, c'est un livre des editions Gracé, Gracé qui a eu une très
mauvaise année, je dirais, du point de vue de sa réputation de marque, on va dire avec
le départ de Olivier Nora, et le départ de beaucoup d'auteurs qui ont claqué la porte
de la maison d'édition à partir de ça.
Ce livre, c'est un livre Gracé, mais disons que c'est pas un livre très beaux l'oresque
puisqu'il y a des discours anti-immigration.
Et je pense que c'est ce qui permet à pleins de gens de parler quand même d'un livre
de Gracé, c'est cette chose-là.
Enfin, quand on regarde les critiques de lecteurs sur Babelio, par exemple, on y voit
beaucoup d'émotions, les lecteurs, ils sont ouleversés, on parle d'un souffle narratif,
une tense, un texte puissant, brut, nécessaire, mais en même temps avec de l'humour et semisérabilisme.
Et donc, la question, c'est moi dans tout ça, et bien moi, ce livre ne m'a pas plus
du tout.
Et je suis vraiment bien emmerdée parce qu'au fond, je pense que j'adérais beaucoup
au projet des critères de base, et j'ai déchanté mais vraiment tout du long.
Moi, personnellement, vraiment, je suis content de palire des histoires de 10,000 euros
pour joie parisien, déjà.
Un témoignage brut sur les migrations et des exil, un plaidoyer pour plus d'humanité,
ça avait vraiment tout pour me plaire, et donc cet épisode me met dans une position
très inconfortable, c'est-à-dire que je vais aller à l'encontre d'une réception globalement
positive auxquels j'aurais aimé adhérer, mais je vais essayer de faire de mon mieux pour
me justifier.
Je pense que, fondamentalement, ce livre a un problème de style qui, pour moi, est
quand même très flagrant.
À la fin, j'avais, en fait, créé tout un système de note dans le livre pour noter
les répétitions dans style, et maintenant, je peux un peu vous les décrire assez finement
pour pouvoir vous en parler.
Ce que je dirais de ce style, c'est que c'est un style automatique et répétitif.
Il y a plein de défaites styles qui sont répétées à chaque page, donc à chaque page,
vous aurez à peu près toujours les mêmes éléments, toujours les mêmes choses, et chaque
chapitre est structurée un peu toujours de la même manière.
C'est un texte qui fait 250 pages, donc il y a assez court.
Ce qui fait qu'en soi, c'est un texte qui a assez agréable à lire, assez facile à lire.
On se laisse vraiment porter par ce style, mais malgré tout, l'aspect extrêmement répétitif
pour moi était vraiment rédibitoire.
Donc, voici tous les éléments de ce style automatique, comme ça, vous aurez une bonne
idée à quoi ça ressemble.
Première chose, c'est qu'il y a beaucoup de phrases aux présents de vérité générale
pour donner des sortes de leçons au lecteur, ou alors des leçons de courer à prix le
personnage principal, mais ça coupe le récit, le récit qui est au passé, et qui vraiment
empêche de vivre vraiment la scène racontée.
Il y a beaucoup d'élipses qui font que certaines informations assez concrètes sont passées
sous silence.
Je sais pas exactement pourquoi, mais moi, ce qui m'intéressait le plus dans ce livre,
c'était les aspects les plus concrets comme on trouve un passeur, comme on le paye, comme
on trouve le argent.
Et ça c'est le plus souvent, pas tout le temps évidemment, passer sous silence pour se concentrer
sur des mines leçons très générales.
Donc, à chaque fois, je vais prendre trois exemples pour vous illustrer ce que je vais
dire.
Alors là, première exemple, pour survivre, il faut apprendre à rire à contre temps,
deuxième exemple.
Sur la route, on apprend vite que la survie n'a rien d'éroïque.
Troisième exemple, souffler, ça ne s'attend pas en un jour.
Donc, ici, c'est marrant, je les ai pris au hasard, et à chaque fois, il y a le verbe
à prendre, ce n'est pas le cas pour tous mes exemples, ils s'en font que oui, il y a
l'idée d'un apprentissage constant qui est fait, et on se demande si c'est nous qui
devons apprendre, aussi c'est le personnage qui a appris, je pense que c'est un mélange
des deux en gros.
Ensuite, si ce n'est pas le personnage qui nous explique ces petites pépites de connaissance,
c'est des personnages autour de lui qui ne parlent mais quasiment que pour dire ces
petites phrases remplissent sa geste, ce que le personnage principal appelle des pépites.
Donc, il les note comme ça dans sa tête, et il les garde, et donc, il y a le train, c'est
une prière à moteur, si tu montes mal, il t'emporte tout entier, ensuite il y a frère,
on ne fuit pas seulement un pays, on suit le silence qu'il nous laisse, et enfin ce pays
est bien, on peut boire l'eau du robinet, mais on ne peut pas boire les paroles, les
gens.
Donc voilà, en fait, les personnages que côtois le héros ne sont là que pour lui servir
d'apprentissage, de petits moments de poésie, mais à nouveau les détails concrets sur ces
personnages là sont un peu passés sous silence, les relations entre migrants ne sont évoquées,
notamment sur la question du rire, et on en reparlera plus tard, mais en tout cas il y
a ce côté où ils sont quand même un peu réduits à une petite phrase.
Ensuite, ça c'est très flagrant, il y en a moins deux par pages, c'est le goût de l'accumulation
et surtout des anaphores, c'est-à-dire qu'au début de la répétition, il y aura toujours
le même mot pour créer une répétition même dans les sons, et donc là je vous en donne
plusieurs, et là tu ne danse pas, tu ne cries pas, tu ne fais pas la fête, tu regardes
le papier, tu le touches comme si ils pouvaient disparaître et tu marches, en silence,
vers la gare, vers l'autre en faire, vers le nord.
Donc voilà, il y a deux anaphores, il y a le tue et puis il y a le verre.
Ensuite, il y a, et je me suis dit, c'est ça être un dorléon, ce n'est pas porté
un nom, c'est porté un regard comme mes mes dadas, un regard qui ne te laisse pas mourir
quand tu devrais, un regard qui te lure le dessus dans ton délire pour te rappeler que
même exilé, même salle, même fièvre, tu n'es pas en chien.
Et enfin, dernier exemple, on gardait ici ce dont l'identité devait encore coller
aux empreintes, ce dont le nom déclencher une alerte, ce dont le dossier appelait une
vérification plus longue, ceux qui pouvaient être jugés, irrecevables ou idemisciaux.
ce dont le passé pensait sembler revenir à la surface comme une boue concroyée en fouille.
Donc vous voyez c'est quelque chose qui est joli à un tendre, je pense que vous l'entendez,
mais le problème c'est que comme c'est constant, au bout d'un certain temps,
cette répétition de vie à la sante, de vie à bizarre, de vie désagréable.
Ensuite, un autre point qui est très important parce que c'est très commun dans tous le livre,
c'est le goût de la comparaison et des analogies, donc les comparaisons il y a vraiment un com par page.
J'ai commencé à aller noter et faire un plaisir, je me j'ai un peu arrêté parce que ça devenait un peu laissant,
mais vraiment il y a un côté où vous ouvrez le livre, il y aura un com quelque part.
Et particulièrement, pour faire un lien entre une chose physique et une chose abstraite et politique.
Donc par exemple, ackemète, petit sec, l'œil noir comme l'oubli, la voix douce comme du Théamère,
autre exemple, l'eau est froide comme un refus. Ou alors, prédat, c'est un sigle qu'on apprend comme un mot sacré.
Donc ça c'est quelque chose qui est constant, ce rapport entre chose concrète, chose abstraite et politique,
avec le com comme liant, mais parfois c'est juste une analogie, il n'y a pas forcément ce com qui est là pour lier.
Et alors on en vient au point qui moi, la main le plus, était désagréable, vraiment.
C'est cette structure de ce n'est pas si, c'est cela, ou ce n'est pas si, mais cela.
Il y en a au moins un partage, parfois il y en a genre 3 partages, et sûrement vous l'avez entendu dans les exemples que j'ai donné précédemment,
parce que en fait dans les autres exemples que j'ai donné, il y a beaucoup de passages où c'est ce n'est pas ceci, c'est cela.
Donc j'ai besoin d'un et encore 3, j'ai souris par respect, et je me suis rappelé qu'ici ce n'est pas ce que tu sais qui compte,
c'est ce qu'il croire que tu inures. C'est qu'ici le ridicule ne tue pas illégalise.
On ne jugé pas ma vue, seulement ma place dans leur système.
Ça, c'est constant, constant, qu'on soit. Enfin, un hier moment, je me suis dit, mais je pense que c'est un peu le rôle d'un éditeur de voir ce genre de choses,
souvent un auteur parfois oublié en fait son propre style, il ne se rend même plus compte, et donc souvent c'est souvent l'hecteur extérieur qui s'en raconte et qu'il le dise,
les répétitions, ça marche un peu comme ça, et là je comprends pas comment les dix heures du texte n'a pas pu. ou peut-être qu'il y en avait encore plus, c'est qu'on en a déjà relevé pour moi, enfin je sais pas.
Ensuite, plus globalement, la structure de chaque chapitre est toujours la même, donc on commence avec le chapitre précédent, c'était horrible, mais le pire est à venir.
Je vais vous parler d'un truc horrible, donc il y a un petit tiseur au début pour vous dire que ça va être bien horrible.
Il se passe des choses assez afreuses, mais bon ça c'est la réalité de la migration, et à la fin de chapitre, il y a un peu des moments un peu inspirants du style "ouf, je suis arrivé, je suis vivant, je suis en vie, j'ai un peu gardé madinité quand même, j'ai appris quelque chose, j'ai changé, etc etc".
Et, chapitre suivant, mais en fait, c'est pas fini, il y a encore une chose horrible qui va m'arriver.
Donc c'est chaque chapitre comme ça à cette unité de sens, c'est à dire, j'avais dire du travaux d'ercule, mais oui, de l'épreuve va passer, donc il y a une épreuve, une épreuve, une épreuve, et à la fin de chaque épreuve, en fait, on en retient quelque chose, on en retient une certaine forme d'apprentissage, et hop le prochain chapitre sera à nouveau terrible.
Il y a beaucoup de phrases de justification sur pourquoi il est parti tout au long du récit, pourquoi il mange sur son identité à certains moments, et cette justification, et je trouve un peu étonnante, parce que dès le premier chapitre, on comprend pourquoi il part.
Il y a un moment où j'étais en fait, j'envoie, oui, non, mais c'est bon, c'est fait, c'était ça ou mourir, ça y est, tout est dans le titre, pas la peine de me répéter en boucle que c'était ça ou mourir, et donc là aussi, même chose, la répétition au début est normale, mais à la fin est très étonnante.
Et finalement, dernière répétition, c'est le thème du rire, il y a toujours quelqu'un pour rire dans une situation horrible, donc c'est vraiment toujours la même scène, donc quasi tous les chapitres ou en chapitre sur deux, je dirais,
c'est à dire qu'il soit sans truc horrible, et hop, il y a quelqu'un qui rire, et ça détend l'atmosphère, ou du moins ça crée un sentiment de solidarité, où ça permet de ouf, voilà, en fait, tout ça, c'est pas très sérieux, et tout ça, et donc je vais vous donner trois d'exemples, donc c'est sur trois ans différents, par exemple.
C'est ça, la solidarité entre d'années, on rire pour ne pas exploser, parfois on rire fort, juste pour couvrir le bruit des armes au loin, et enfin, j'ai rire, il n'a pas rire, il était sérieux.
Toutes ces répétitions de style, l'accumulation, l'anaphore, les comparaisons, les analogies, je pense que c'est pour ça que beaucoup ont identifié ce texte comme étant poétique, parce que c'est des figures de style qu'on attend dans le texte poétique.
Mais moi, l'inverse, j'ai pas trouvé ça très poétique, à l'inverse, j'ai trouvé ça très peu inspiré, et d'humerci, dans un nocéant de critique positif, j'ai trouvé deux critiques assez similaire aux miennes sur Babelio.
Il y avait vraiment un nocéant de magistral et des mouvements qui concluaient leurs analogies en disant que le style avait un petit côté post-linkedin écrit par Unia.
Et aussi, ces critiques disaient, ce que je vais dire là tout de suite, c'est que je ne pense pas que le texte soit écrit par Unia.
Je pense surtout que l'IA a beaucoup changé mes goûts en matière d'écriture, c'est-à-dire qu'il y a un style que je ne peux plus lire, parce qu'il m'agasse beaucoup trop.
Ça me vide le bourdon, c'est du slop, quoi. Et même si c'est pas écrit par Unia, maintenant je ne le supporte pas de lire des choses, parce que ça me rappelle un peu ce, ce, ce slop linkedinien, quoi.
Et en même temps, ça explique beaucoup, l'augmentation autour du texte, parce qu'en fait, le style IA, c'est pas un style random, enfin, allez à toi, c'est statistiquement le style le plus efficace, le plus populaire, celui qui marche le mieux pour beaucoup.
Et donc c'est un style qui est totalement calibré pour atteindre son but, c'est-à-dire émouvoir, inspirer, faire en sorte que les gens lient de ce que tu as à dire.
Et donc je veux revenir à un point qui, vraiment moi, m'a marqué, c'est la critique qui a été fait par beaucoup de gens, que ce n'était pas un texte miserabiliste.
Il y a plusieurs scènes où Jonas doit raconter son histoire de l'igration à des inconnus. Et donc soit il fait une sorte de clône pour gagner de l'argent, soit il doit raconter son histoire à un juge canadien pour les mouvoirs et faire en sorte qu'il soit gardé au Canada.
Et dans les deux cas, en fait, les calibres sont récits pour être acceptés par d'autres. Et donc attendez, je vais vous donner un exemple.
Donc il doit gagner de l'argent et il se rend compte qu'il ne peut pas être faire des acrobassies. Il dit, moi, je n'avais pas d'équilibre, pas de bouteille, pas de corde.
Mais j'avais une bouche, une langue et des histoires. Alors j'ai commencé à parler, à raconter, à inventer, à mentir avec style.
J'étais un grillo en exil. Je faisais rire les brésiliens avec des histoires d'aïti après t'es à la sauce comique.
J'ai inventé des proverbes, je jouais les idios, je faisais des voix, j'imité les douaniers. Je caricatureais Jésus, le Pasteur, le passeur et personifié même le cafard du Macdo.
Et les gens riaient, les vieux, les enfants, les vendus de bombons, les livres à vélo, ils riaient parce que j'étais drôle. Et moi, je riais par nécessité.
Et ça, je pense que c'est l'une des raisons pour laquelle il y a autant cette humour comme ça, cette notion du rire constant.
C'est qu'ils prendent des pensettes avec nous, quoi, y'a sculpté. Non, mais vous inquiétez pas, je vais vous raconter mon histoire, mais de temps en temps, vous allez m'entendre rire, donc c'est bon, c'est ok.
Et une autre chose, c'est qu'il faut quand même qu'il nous aime eux.
Et donc ça, on le retrouve quand il parle à la commissaire, c'est-à-dire la juge qui va juger s'il peut rester au Canada.
Et donc, elle m'a demandé de raconter mon histoire depuis le début.
Mais cette fois, soucèrement, j'ai levé la main, j'ai dit, je jure de dire la vérité, et j'ai raconté.
Le quartier, le feu, les gangs, la fuite, les routes, le brésil, le rado, le Darien, le Mexique, cbp1, le froid, le Canada, la chambre à 600 dollars, l'aide sociale à 829, j'ai raconté tout.
Enfin, tout ce qui rentait dans la casse crédible.
Kevin, donc son avocat, m'a regardé avec fierté, comme un professeur satisfait son élève, il a pris la parole.
Donc, client est un homme droit, il a fut une situation inténable, il a tout fait dans les règles, il veut simplement vivre.
Et la juge a hoché la tête, puis elle m'a demandé si j'avais peur de retourner en IT.
J'ai dit, madame, je préfère mourir ici de froid, que la baparbelle.
Et donc, là aussi, on comprend mieux le style de Thélyson oréliens.
À la fois, il essaye de nous faire rire pour ne pas trop trop nous choquer.
Et en même temps, il doit nous émouvoir pour justifier le fait qu'il soit au Canada, pour justifier sa présence en Occident.
Et donc, je pense que c'est pour ça que ce style est si répétitif et si désagréable pour moi,
mais qui n'est vraiment pas pour beaucoup de monde, enfin, c'est un style qui marche bien, parce qu'il arrive, comme ça, à la fois, nous émouvoir.
Mais pas trop nous évouvoir non plus.
Et je pense que ça, c'est la clé pour comprendre ce style automatique.
C'est un style qui veut échapper au miserabilisme et c'est d'ailleurs une qualité qui est soulignée par beaucoup.
Le texte est pas miserabiliste, il est quasiment humoristique par moment.
Et surtout, il y a des passages inspirants.
On voit le héros survivre, apprendre, résister, faire preuve de volonté, c'est un texte calibré.
Et il est calibré pour nous, l'hecteur occidentaux, de bonne volonté.
Et cette valorisation d'un texte non miserabiliste, moi, ça m'a fait beaucoup, beaucoup penser à un livre des doigts-lui,
qui s'appelle que faire de la littérature, qui a un essai, ou plutôt une série d'entretiens, mené par Marie Quéridi,
sur les réflexions des doigts-lui, sur la littérature.
Édouard-lui est en un auteur français, qui a beaucoup écrit sur sa propre famille et notamment sur la misère sociale on a qui a dit l'avécu.
Et son premier livre, c'est pour en finir avec Eddie Belkole, et il en parle de la création de ce premier livre, page 37 et 38.
Quand nous écrivant le premier livre, nous sommes comme le petit garçon qui prépare une chorégraphie dans sa chambre.
On est dans son espace à soi.
Et puis, d'un seul coup,
On arrive devant le monde et le monde nous vous fait comprendre ces règles et ces normes.
Le monde vous donne sa gif.
Donc oui, c'est pour moi après la publication de mon premier roman en finir avec
les dix belles goals que j'ai découvert le champ littéraire, notamment à travers les
attaques.
On m'a accusé de pâteau, de miserabilisme, et moi encore une fois je pensais, mais comment
pourrais-je raconter l'histoire de mon père sans chercher à faire pleurer?
Que veut dire miserabilisme si ce n'est, ne montre pas trop la misère, rend la moins acceptable,
moins violente, moins direct, moins émouvantes, miserabilisme, c'est comme pâteau, ça ne veut
rien dire, ça ne veut rien dire d'autres que t'étois.
C'est un passage auquel je pense souvent parce que j'ai eu le droit, il y a trop de pâteau,
j'ai édois lui qui me rappelle à l'ordre.
Non, vraiment, je pense que ce passage il explique ma grande déception que face à ce livre,
non pas que je voulais du glauque ou de l'horrible, c'est vraiment pas ça que je veux dire,
parce qu'en font, il y en a quand même beaucoup dans ce livre, c'est pas non plus un livre
facile à lire, mais je pense que c'est un livre qui a été calibré pour nous émouvoir,
mais juste assez, mais pas trop non plus, il ne nous met pas mal à l'aise, parce qu'en
l'achetant, on est du côté de l'auteur, on le soutient, on n'est pas du côté de Trump,
voilà, de tous les discours anti-immigration, on résiste face à tout ça.
Je ne peux pas le comparer à d'autres livres parce qu'il se trouve que je dis très peu
de livres sur ce sujet, j'ai du mal comme ça à me dire bon maquette, ce qu'il aurait
pu faire, différemment, ce genre de choses, mais il se trouve que pendant deux ans, j'ai été
bénévole et j'ai donné des cours de flux de français, l'anguette ranger dans une association
de mon quartier pour préparer des élèves aux B1, donc des migrants, des exilés, des gens
qui, voilà, dans la déche, et dans ce cours, je faisais beaucoup parler les élèves de même,
parce que c'est plus utile en fait pour apprendre le français et pour pouvoir pratiquer
leur français, et donc j'ai pu entendre comme ça quelques histoires de migration, alors
ça n'était pas des haïssiens, mais des Soudanais, des Mauritania, et c'est des histoires
qui sont certes racontées dans un français vraiment existant, mais qui sont racontées de
manière très factuelle, et ça ne fait pas du tout le même effet, je ne me suis pas
du sous-centi et mûr inspiré par leur discours, je me suis senti très con, très encolaire,
et surtout j'ai ressenti un immense malaise face à des histoires et face à surtout mon
insuffisant sans que bénévole, et je pense qu'en lisant ce livre, on ne se sont pas
assez con, je pense que c'est ça, ma critique finale, je pense qu'au contraire, on se
s'en fière d'avoir lu ce livre, c'est un peu comme une sorte de bonne action, comme
ça on était du bon côté, et donc voilà, c'est un texte qui paraît de celle-là,
mon avis n'est pas assez misérabiliste, même si évidemment, c'est quelque chose d'un
peu que je pense un peu de personne, pense qu'on ne se texte.
Si vous voulez, allez plus loin sur la réflexion, sur le rôle de l'émotion et du pâteau
dans un cadre plus politique, et notamment sur quelqu'un qui va raconter son trauma pour
pointer du doigt des dysfonctionnements dans ce système, j'aimerais beaucoup vous conseiller
une vidéo YouTube de deux heures, et oui oui, en anglais, oui oui oui oui, c'est
The Rise and Fall of Misery Memoirs de Sarah Z, c'est une vidéo où elle va s'intéresser
vraiment en détail sur cette mode, de la fin des années 90 début 2000 dans l'édition
des miseries mémoires, donc c'est à dire des gens qui ont raconté leur enfance et leur
adolescence, totalement traumatisant, totalement horrible, une enfance faite d'abus, d'Orphelina,
d'addiction, enfin la totale, et à la fin, ouf, ça finit bien, la personne arrivait
à écrire son livre, et grâce à ça, elle s'en sort de la déche.
Elle va vraiment s'intéresser à ce genre-là, ce micro-jort qui a très très mal fini parce
que l'industrie de l'édition avait besoin de tellement, tellement, tellement de récits
de ce genre qu'elle a beaucoup d'éditeurs n'ont pas fait gaffe et ont publié des livres
écrits par des faussaires, des gens qui n'avaient pas vécu tout ce que c'est, et là,
je me suis posé la question quand j'ai lu ce livre, c'était sa mourir ou mourir, est-ce
que c'est un misery mémoire, je super encore persuadé que ça le soit, tout simplement
parce que ce n'est pas des mémoires, c'est une histoire, c'est un roman, et aussi parce
que quand même, il y a quelque chose d'un peu politique dedans, alors que les misery mémoires
comme le dit Sarah Zad, c'est vraiment des choses qui sont totalement, totalement dépolitisées.
Cela étant dit, il y a quelque chose du misery mémoire dans le livre de "C'était
sa mourir", c'est le template, c'est-à-dire qu'il y a un cadre, il y a un cadre librage
qui est mis en place par ce genre-là, qui est comment faire passer tous ces traumas,
toutes ces événements horrible, cette accumulation dans merde, dans un cadre qui permettra
aux lecteurs de se sentir de pleurer, mais de se sentir heureux de pleurer, quoi.
Et ça, c'est peut-être le point commun que je verrai entre "C'était sa mourir" et
les misery mémoires, et je vous conseille de regarder la vidéo si vous voulez en savoir plus.
Alors, je me rends compte quand disant tout ça, je suis un petit critique littéraire,
la bien privilégie dans son salon, qui dit à une personne concernée comment elle devrait
écrire son vécu, oui oui, je me rends bien compte, mais je me dis que je dois traiter
ce livre comme les autres, comme les autres livres de la rentré littéraire, comme le désérable,
quoi, c'est-à-dire avec honnêteté, sur ce qu'il m'a fait ressentir à moi, ce qu'il
a réussi à faire ou non, et de ne pas prendre des gants alors qu'elle veut dire que je ne
prends pas, quoi. Et puis bon, il y a plein d'autres critiques pour le défendre, vous trouverez
un océan d'avis positif sur ce livre dont je ne fais pas trop de soucis là-dessus, mais
en tout cas, pour moi, c'est un vrai enseignement sur cette rentré littéraire, c'est que
en fait, le sujet fait la majorité du livre, et la réalisation est peu importante, je
pense que si le sujet est important, si il est d'actualité, si voilà, il est au coeur
de nos réflexions, alors déjà le plus gros a été fait, non parce que les gens ne disent
pas réellement livres, je pense que vraiment les gens ont lu ce livre, mais parce que leur
lecture, elle est portée par cette fois dans le sujet important, et c'est pas pour dire
que moi, on ne l'a fait pas, mais c'est parce que en fait, c'est un vrai impact sur la qualité
de la lecture, quoi. Donc bon, conclure, je pense que c'est un texte qui est porté par
le sujet, qui est vraiment intéressant, c'est un témoignage riche, on apprend vraiment
beaucoup sur le vécu d'un grand, et ça a en soi une valeur, mais si une amie me demandait
au tout moins qu'à fait, est-ce que tu me conseilles de l'acheter, franchement, je lui
dirais non, parce que moi ce livre, il ne m'a pas plu. Après, voilà, je suis peut-être,
je suis pas dans la norme, ça va, voilà, je pense que bien rendu compte en préparant cette
épisode, donc vraiment à vous de voir si vous prenez en compte cette critique ou non.
Merci beaucoup de m'avoir écouté jusqu'au bout, dites-moi en commentaire sur Instagram
ou sur Spotify, si vous pensez que j'ai pas de coeur, et que vous, vous avez réussi à
ressentir de l'émotion en lisant ce livre, ou si au contraire, vous avez été comme moi
gênés par le style, dites-moi si vous avez des récites, d'exils ou de migration qui vous
ont marqué, que vous me conseillez, parce que je suis assez prenaux, je me rends compte que
j'en lis vraiment pas beaucoup, et je n'ai plus qu'à vous dire que le prochain livre
que je lis pour cette série, c'est la solitude des professeurs étain-finis de Yannick
et Nell, je vous dis à très bientôt, premier, premier.
Podcast Summary
Key Points:
Lera de Torchon révèle qu’elle-même est une critique littéraire « musclée » et partage son expérience de transformation personnelle en sport, soulignant l’importance de l’humour et des protéines dans sa vie.
Le livre « Humourir » de Thélison Aurélien est présenté comme un témoignage majeur sur l’immigration et l’exil, en particulier pour les Haïtiens, avec une forte réception médiatique et une place importante dans les classements littéraires.
Le livre bénéficie d’un soutien médiatique important en raison de son origine québécoise, ce qui renforce son potentiel d’audience et de batage, et contribue à son succès.
L’analyse de Lera met en lumière un style répétitif et automatique, marqué par des anaphores, des comparaisons abstraites, des phrases en forme de leçon et une structure uniforme de chapitre.
Ce style, bien que perçu comme poétique par de nombreux lecteurs, est jugé par Lera désagréable, épuisant et proche du style d’IA, ce qui l’empêche de trouver l’œuvre inspirante.
L’auteur utilise le rire comme une stratégie pour limiter la misère dramatique, afin de toucher les lecteurs sans les écraser, ce qui explique l’absence de miserabilisme dans le récit.
Lera compare ce livre à la mode des « mémoires de misère », soulignant que bien que le sujet soit important, la forme répétitive et standardisée nuit à la sincérité émotionnelle.
Malgré une forte reconnaissance médiatique, Lera conclut que le livre ne l’a pas émue, et ne le recommande pas, en raison de son style oppressant, ce qui souligne une tension entre réception populaire et qualité littéraire.
Summary:
Lera de Torchon, dans son émission « Torchon », analyse le livre « Humourir » de Thélison Aurélien, un roman sur l’immigration et l’exil des Haïtiens. Ce livre connaît une forte visibilité médiatique et des ventes importantes, notamment grâce à son lien avec l’identité québécoise et aux prix littéraires. Lera reconnaît la pertinence du sujet, mais critique fortement le style répétitif et automatique de l’œuvre, marqué par des anaphores, des comparaisons abstraites et une structure uniforme.
Ces éléments, bien que perçus comme poétiques par certains, sont jugés désagréables et proches d’un style généré par l’IA, ce qui dérange Lera. Elle souligne que le rire utilisé dans le texte sert à atténuer la misère, ce qui explique l’absence de miserabilisme. L’auteur estime que le livre évoque des réalités importantes mais est dénué d’émotion authentique.
Lera conclut que, bien que le sujet soit pertinent, le style répétitif empêche une expérience littéraire émouvante. Elle ne recommande pas le livre, en dépit de sa reconnaissance médiatique, affirmant que son analyse souligne une tension entre succès populaire et qualité narrative.
FAQs
Ce livre a connu un fort succès médiatique en partie grâce à son origine québécoise, ce qui a renforcé son visibilité. De plus, son éditeur, Gracé, a connu une mauvaise année récente, et ce succès a permis de redonner une importance à sa maison d'édition.
Le livre raconte l'histoire de migration et d'exil d'un jeune homme haïtien, passant par la République dominicaine, le Brésil, le Mexique et les États-Unis, jusqu'à son installation au Canada.
Le style est critiqué pour être trop répétitif, avec des anaphores, des comparaisons abusives et des phrases identiques à chaque page, ce qui peut être perçu comme automatique et désagréable.
Oui, le livre est vu comme un témoignage rare et pertinent sur les expériences migratoires, car il raconte des réalités concrètes comme les dangers, les faux papiers et la survie.
Il intègre de l'humour et des moments de résilience, ce qui permet de ne pas trop émouvoir le lecteur en lui montrant la misère, en lui donnant une forme de solidarité et de survie.
L'auteur ne l'affirme pas, mais le style répétitif et les figures de style semblent très proches de celles utilisées par les IA, ce qui dérange certains critiques qui perçoivent cela comme un style « slop ».
Chat with AI
Loading...
Pro features
Go deeper with this episode
Unlock creator-grade tools that turn any transcript into show notes and subtitle files.