Baisse de la natalité en France : la faute aux femmes ?
from L'Heure du Monde
21m 25s
La baisse de la natalité en France est un phénomène complexe, profondément ancré dans l’histoire sociétale et politique du pays. Historiquement, le taux de naissances était élevé entre les années 1945 et 1975, notamment grâce à des discours natalistes encouragés par l’État et les ideologies de la fin du XIXe siècle, qui associèrent la natalité à la puissance nationale. Ce discours a été renforcé par des lois restrictives comme celle de 1920, qui interdisaient la contraception et l’avortement, et en imposaient le devoir de maternité aux femmes. Cependant, à partir des années 1970, l’émancipation des femmes, la légalisation de l’avortement et l’ouverture des droits familiaux ont permis une remise en question profonde de cette obligation. Aujourd’hui, le taux de natalité est en baisse constante, atteignant 1,566 enfants par femme en 2025, le plus bas depuis la Première Guerre mondiale. Ce recul est lié à un report de l’âge des naissances et à des facteurs économiques et sociaux. Le solde naturel de la population est devenu négatif en 2025, signalant une première fois depuis 80 ans plus de décès que de naissances. Bien que la France conserve encore un taux de natalité supérieur à la plupart de ses voisins européens, la tendance est partagée dans l’Europe, avec des conséquences majeures sur l’âge de la population, notamment un allongement de l’espérance de vie et une augmentation du nombre de personnes âgées. Ce déclin démographique soulève des questions critiques sur l’avenir des sociétés, notamment en matière de maintien des systèmes de retraite, de main-d’œuvre et de viabilité économique.
Bonjour, c'est Claire Less. J'avais une question. Pourquoi fait-t-on moins d'enfants?
Ne vous inquiétez pas, j'ai aussi les réponses. Enfin pas moi, mes collègues du journal.
Et pour vous expliquer, 5 épisodes ne seront pas de trop.
Je vous propose donc cette semaine de plonger avec nous dans les autres rubles de la natalité française.
Cette série d'épisodes a été enregistrée en public dans le cadre du festival du monde en septembre dernier.
Bonne écoute!
Bonsoir à toutes et à tous. Je m'appelle Claire Less et il est lors du monde en public.
Aujourd'hui, quelle femme dans cette salle a échappé à la fameuse question?
Et toi, tu veux des enfants?
Voir carrément, le bébé s'y pourcan.
Devenir maire n'a pourtant plus rien d'une évidence en 2026.
Et pour comprendre pourquoi, je suis avec Solène Cordier, journaliste aux services sociétés du monde et grande spécialiste de la natalité.
Avec Solène, nous allons parcourir les époques.
Car, souvenez-vous, il n'y a pas si longtemps, la France se targait d'être une championne en matière de natalité.
Aujourd'hui, l'indice de fait condité à atteindre son niveau le plus bas depuis la préguère.
Que c'est-il donc passé?
On commence tout de suite par une rapide histoire de la natalité à la française qui est, vous vous en doutez,
directement liée à l'histoire du statut social des femmes dans notre pays.
Baisse de la natalité en France, la photo femme, un épisode de Marion Bautorelle, avec l'aide de Mabartelini-Bangoura,
réalisation à Mandeine-Robbière.
Je me prenais pas ici sur ma maternity. Je ne me vois pas avoir des enfants.
Et en fait, j'aurai eu son que je pourrais être une bonne mère mais pas une mère heureuse.
C'est que ma mère en avait, je me suis dit que, en fait, c'est le chemin de une femme, en fait.
J'en ai déjà parlé avec ma mère et mon père et eux, à leur époque, c'était un peu une évidence. Personne ne se posait trop la question.
Je me vois autour de 35 ans avoir des enfants, puis j'ai plutôt pris au ryze et ma carrière.
Si c'était à refaire actuellement, peut-être qu'au final, il n'en aurait pas non plus.
À chaque fois, je cherchais, je me dis, je vois pas pourquoi je devais en avoir.
Je n'avais jamais de dire jamais, mais c'est vrai que c'est pas du tout quelque chose qui m'a, qui m'a tiré pour l'instant.
Même au sourde moins, il y a personne qui a des enfants, personne qui a forcément une volonté d'avoir des enfants.
Le processus d'être enceinte, c'est quelque chose qui me fait assez peur.
Je ne vois pas avoir d'enfants là, à cause de l'économie déjà, et le monde dans lequel nous vivons, ça ne motifait pas trop à faire des enfants actuellement.
Bonjour, Solane, bonjour Claire.
Alors c'est paroles de femmes qui ont besoin d'entendre, ont été recueillies dans les rues de Paris par notre collègue Mabartel et Mibangoura.
Et on a eu envie pour commencer de les mettre en miroir avec les témoignages qu'on aurait pu capter, il y a environ 50 ans, si on avait fait ce même micro-trotoir.
- Est-ce que vous avez eu des enfants? - Oui, j'en ai eu huit.
- Est-ce que vous avez souhaité? - J'en souhaitais trois.
- Pour moi, c'est un épanouissement de la femme d'avoir un enfant qui t'a admère ce libataire.
- Est-ce que les naissons, c'était programmé? - Ah non, ça aurait été bien, si ça avait été programmé.
On nous donnait pas le temps de ça.
- A une femme, on lui pose toujours cette question, avez-vous des enfants? On la pense pondueuse.
- J'avais tellement peur de me trouver enceinte, c'est que vous voulez que je reste souhaité me parvoir de rapport.
- Qu'est-ce qu'elle nous dise? Ces archives, qu'est-ce qu'elle nous raconte?
- Beaucoup de choses. Mais d'abord, en fait ce qu'elle illustre, c'est une époque de la France où on faisait beaucoup d'enfants.
Parce que pendant près de 30 ans, de la sortie de la seconde guerre mondiale jusqu'aux années 70-75, on a des naissances qui se sont maintenues à un niveau qui était très élevé.
Et je vois qu'il y a des pics pendant ces années-là réguliers qui vont jusqu'à 800 000 naissances par an.
Avec des variations, bien sûr, mais en moyenne pendant toute cette période, les femmes font entre deux et trois enfants sans difficulté et assez jeune.
C'est évidemment l'époque des 30 glorieuses, donc avec une période qu'on connaît qui s'appelle le baby boom, qui marque cette vitalité démographique.
Et c'est un regain de la natalité qui est encouragé au plan politique.
Après, enfin voilà, j'avais envie de citer un bout de discours du général de Gaulle, justement à la fin de la seconde guerre mondiale, puisqu'en 1945, il appelle de ses vœux, 12 millions de beaux bébés qu'il faut à la France en 10 ans.
Et évidemment, ce sont les femmes qui sont chargées de cette mission.
Et alors comment interpréter ce souhait du général? Est-ce que ça veut dire que, après la guerre, faire des enfants fonder une famille, c'est une manière de redonner à la France sa puissance, sa force?
Alors oui, parce que ça, ça remonte un peu plus tôt dans le temps, le fait que la natalité soit associée à une vitalité du pays, et ça remonte finalement à un autre épisode de notre histoire récente qui est la guerre contre la Prusse et la défaite française en 1871.
Parce que parmi les causes qui ont été invoquées à l'époque pour expliquer cette défaite, il y avait la situation démographique particulière de la France à ce moment-là.
Puisque contrairement aux autres pays européens, on a connu juste avant une baisse de la natalité, ce qui était vraiment une exception.
Donc, cette association d'idée entre la baisse de la natalité et la défaite française a perduré dans les esprits, il y a aussi une construction d'une pensée nataliste à la fin du XIXe qui s'appuie là-dessus.
Et donc, depuis lors, associée à la baisse de la population et des clins assez fréquents, et donc, à contrario, on peut le dire autrement une natalité forte et associée à l'idée de la grandeur française.
Et longtemps d'ailleurs, la France est targée d'être la championne de la natalité au niveau européen, c'était vraiment un motif de fierté.
Et, tu m'enchanais, à l'instant, le XIXe siècle, j'aimerais qu'on s'y arrête un peu, on va écouter une historienne, Christine Bar, elle est spécialiste de l'histoire des femmes et du genre.
Et elle nous explique justement ce qui change au XIXe siècle dans la société, notamment pour les femmes.
Du côté des femmes, une certaine émancipation, l'accès au travail salarié, l'exode rural, l'urbanisation avec toutes les peurs qu'elle charit des ordres morales, c'est aussi l'époque d'une première évolution sexuelle.
Et l'époque, également, d'une de grandes craintes concernant le développement, la circulation des maladies sexuellement transmissibles qui créent de l'infertilité, on ne sait pas les soigner, elle peuvent conduire à la mort.
Dans quel contexte politique aussi, ça nous, il y a une montée de l'extrême droite nationaliste, de l'action française, et dans son programme, la défense de la natalité et de la famille traditionnelle.
Mais il y a aussi, dans le camp républicain, qui est au pouvoir, un disque en italiste qui est gâge de patriotisme et qu'on trouve absolument partout.
Autre contexte, à prendre en compte, le contexte scientifique, avec la naissance de la démographie, tous les grands démographes de cette époque sont des natalistes fervants et le disque en italiste a donc force scientifique.
Là, on comprend bien pourquoi ce discours nataliste, cette idéologie, en quelque sorte, s'impose, mais comment ça se matérialise dans le quotidien pour la population, est-ce que ça passe par des mesures politiques, par exemple?
C'est un discours effectivement qui est très répandu, en tout le monde, enfin, de la fin du 19e siècle, jusqu'à même nos jours.
Et donc, ça s'appuie, comme on l'a dit, sur la peur d'une dénatalité, et donc sur l'idée qu'il faut favoriser les naissances, encourager les couples à faire des enfants.
Et donc, pour ça, il y a des politiques qui sont publiques, qui sont imaginées pour encourager cette natalité.
Parce qu'il faut rappeler, bon, ce que dit Christine Bartrebiens, c'est que c'est une injomption qui vise en premier lieu les femmes, qu'on incite à la fin du 19e siècle au début du 20e à ce consacré à cette tâche-là en priorité,
au détriment de, je vais utiliser un terme un peu anachronique, mais de leur vie professionnelle. Et comme elle le dit, ça arrive à un moment où, justement, les femmes entrent sur le marché du travail, elle commence à investir les usines, les manufactures.
Donc, cette pression pour faire des enfants et pour ramener les femmes à la maison, ça rencontre aussi une offensive contre le travail féminin qui existe dans différents pens de la société.
Et ça se traduera au plan politique, par des interdictions, un certain nombre d'interdictions à la fin du 19e siècle, sous couvert, justement, de protection du rôle reproductif des femmes.
On leur interdit le travail dans les milliers les carrières, le travail la nuit. Donc, on peut estimer que c'est une bonne chose, mais voilà, ce sont quand même des mesures politiques qui sont prises à l'époque.
Et avec en parallèle des discours conservateurs assez puissants qu'on entend avec une rétorique très antiféministe, une culpabilisation des femmes et notamment les rares qui hausent revendiquer une libre maternité.
C'est le cas de certaines figures féministes comme Nélie Rousselle, ou de quelques figures qui appartiennent au courant mal-tusien.
Et donc, pour faire terre ces rares femmes qui hausent parler de maternité libre, la loi va s'en mêler aussi au début du 20e siècle, est-ce que tu peux nous raconter ce qui se passe à ce moment-là?
Oui, ben, j'avais envie de rappeler une date qui, qu'on oublie un peu aujourd'hui, mais qui est celle de 1920 et qui est le vote d'une loi qui était vraiment importante à l'époque.
Parce que c'est le triomphe des discours natalistes avec ce texte qui condamne toute diffusion d'information visant à éviter une naissance.
Et donc, en gros, c'est à durcir les sanctions à l'encontre de celles qui ont recours à la contraception et à l'avortement.
Donc, c'est vraiment une loi importante qui concrétise tout ce discours.
Et puis ensuite, tout au long du 20e siècle, mais là, d'une manière différente, l'argumentaire nataliste va continuer à se déployer aux plans politiques
avec toute la politique familiale qui, qu'on connaît encore
aujourd'hui qui se développe avec une logique de soutien aux familles nombreuses,
la mise en place de notre système d'allocation, la création du caussion familial en 1945.
Et cette logique là est si fort, si préniante, que un responsable politique a même pu
réclamer aux femmes françaises de faire minimum trois enfants, Michel Debray, pour ne pas le
nommer, il était à l'époque député et par ailleurs fermement opposé au droit à l'avortement.
Et donc pour lui, quand on parle de natalité, c'est rien de moins que l'avenir de la France
qui est en jeu. Je vous propose qu'on les écoute, c'était en septembre 1975.
La France va-t-elle de nouveau connaître une période où le nombre des cercueils sera
chaque année supérieur à celui des berços? C'est pourquoi il est important? Coagmentent le nombre
des foyers d'au moins trois enfants. Et alors malgré ce ton assez alarmiste,
voici ce que répondent des Françaises, des Français, à Michel Debray.
D'accord, avec M. Michel Debray, qui demande justement d'avoir trois enfants par contre
au droit de moi. Certainement pas pour t'inforcer. Une sarsse répondsent cette femme et il faut
dire que les droits des femmes évoluent significativement dans les années 70, notamment au niveau du
contrôle des grossesses. Tu vas nous rafraîchera un petit peu la mémoire. Mais d'abord, dis-nous comment
sport finalement la natalité à cette période-là? Alors en 1975, le taux de fait condité, il est
de 1,93 enfants par femme. C'est un taux qui aujourd'hui nous paraît extrêmement élevé. Mais à
l'époque, en fait, c'est pour la première fois un taux qui passe sous le seuil de renouvellement des
générations, donc qui est fixé à environ deux enfants de 1 enfants par femme. Donc ça crée
une alerte, c'est ce qui aussi conduit Michel Debray à formuler ses propos. Et là encore,
on peut rappeler le contexte parce que tout ça est évidemment relié. On est après 1978,
après la révolution sexuelle qui a eu lieu, après la diffusion aussi des méthodes de contraception,
la loi Neuvirte, c'est 1977. Et avant ça, petit retour en arrière, ce qu'on peut retenir, c'est aussi
ce qu'on est dans les dates, c'est la création de la maternité heureuse, c'est l'ancêtre du
planning familial, donc qui rassemble des femmes et des hommes qui, à l'époque, sont opposés à la
loi de 1920 et qui vont construire un argumentaire contre la pénalisation de l'abortement. Enfin,
1975, justement comme on parle d'abortements, c'est évidemment le vote de la loi Veille, qui
dépénalise l'abortement à l'issue de débats très, très dures, qui donne une image aussi de ce
que ces questions-là suicides dans l'opinion à l'époque. La question du libre choix des femmes
arrive dans les débats politiques et voilà, c'est une période d'émancipation, un globalement des femmes,
avec des indications aussi de manifestations. Tout à fait, tout à l'heure, sur la réappropriation du
corps des femmes qu'on entend dans les manifestations.
Donc, la maîtrise de la maternité devient quand même davantage accessible à toutes les femmes.
Oui, c'est ce qu'on entend dans l'archif et j'avais interviewé notamment la psychanalyste
Jeuneviève de Lesites par Seval qui dit qu'il y a une formule que je trouve intéressante,
qui dit qu'on passe dans ces années-là le tournant des années 70 d'un devoir de maternité
qui était très prégnant jusqu'à l'or et voilà, qui s'imposait aux femmes et qui était constitutif
depuis toujours de la condition féminine à un désir de maternité.
Donc, c'est vraiment un changement majeur qui est aussi visible avec les évolutions législatives à l'époque.
On peut citer, voilà, toujours à titre d'exemple, mais en 1970, disparait dans le code pénal
la notion de chef de famille qui est remplacée par celle d'autorité parentale.
Il y a aussi l'instauration du divorce par consentement mutuel à cette époque.
Donc voilà, on voit qu'on est dans des moments importants pour l'histoire des femmes et des familles.
Et donc, on l'a compris pendant un certain temps, toutes ces évolutions dans la vie des femmes
n'ont pas eu vraiment d'impact très flagrant sur la natalité puisqu'elle est restée,
elle vait pendant longtemps comparativement d'ailleurs à nos voisins européens.
Mais cette période est peut-être révolue car voici ce qu'on a pu entendre au tout début de cette année 2016.
Le solde naturel de la France est passé en négatif, il y a eu l'année dernière 6 000 décès de plus que de naissance.
La dernière fois qu'on a eu plus de morts que de nouveau naît, c'était au sortir de la seconde guerre mondiale, il y a plus de 80 ans.
Pour la prévision, ce solde négatif, il va rester négatif pendant les prochaines années voire décennies, ça peut déjà le dire aujourd'hui.
Alors, le solde naturel de la France qui est devenu négatif, est-ce que tu peux déjà nous dire ce que ça veut dire tout ça?
Alors ça, c'est mesuré par les démographes chaque année, le solde naturel, c'est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès.
Plus de cercueils que de berceaux, voilà. Et c'était le cas pour la première fois en 2025, sur une année complète.
Donc, ça a été un changement qui a été pointé notamment dans le bilan démographique de l'Institut qui paraît en janvier.
Donc, ça, ce sont les données de 2025 et c'est le dernier bon bilan dont on dispose.
Ce qu'on sait, c'est donc qu'il y a 645 000 naissances qui ont été enregistrées cette année-là.
C'était une baisse de, un peu plus de 2 % par rapport à l'année précédente, qui elle-même enregistrait une baisse par rapport à l'année d'avant.
Et en parallèle, on a toute mortalité qui continue de, enfin, qui est assez élevé, notamment parce que les premières générations,
le nombreuse du baby boom arrive à des âges élevé et, pour une certaine partie d'entre elles, à des âges où on décède, donc voilà, ces courbes se sont croisées à cette année-là.
Et par ailleurs, autre chiffre à retenir de ce bilan démographique annuel qu'on a consulté au mois de janvier, c'est l'indicateur conjointurale de fait condité, c'est-à-dire le nombre d'enfants par femmes,
qui descend à 1,566 en 2025, et c'est le chiffre de plus bas, là, pour le coup, depuis la fin de la première guerre mondiale.
Donc, ça aussi, ça a fait aux fices d'électrochoc.
Et toi, ce fameux bilan démographique de l'in賽, tu le consultes chaque année, depuis quelques années, qu'en précisément, cette baisse continue des naissances à démarrer.
Est-ce qu'on a un point de départ?
En ce cas, en 2011, il y a une première baisse des naissances, c'est, voilà, en 2010, on a un pic, disons, et à partir de là, ça décroit, avec des légères variations, mais globalement, on est sur une tendance à la baisse depuis l'heure.
Et en même temps, à ce moment-là, on s'en, voilà, ça devient pas une alerte parce que la population continue de croître.
On passe le cap des 65 millions d'habitants dans ces années-là. Donc, les démographes ne nous alertent pas sur cette bascule, à ce moment-là, c'est vraiment assez récent.
Et voilà, ce qu'on peut dire, c'est que, pendant longtemps, il y a eu un discours très prudent sur cette tendance à la baisse, puisqu'elle était assez, assez constante.
Mais bon, pareil, non plus, voilà, elle s'inscrivait dans le temps, mais il n'y avait pas d'alerte.
C'était des variations à observer, les démographes dissées, peut-être que ça peut remonter, redescendre. C'est juste, voilà, c'est 3, 2, 3 dernières années,
qu'il prenne acte du fait que cette natalité en baisse, ça devient une tendance démographique qui pose tout un tas de questions.
Et en fait, il le prenne acte parce que la question qu'il pose aujourd'hui, c'est, est-ce que les générations qui sont nées à la fin des années 90,
qui vont arriver aux termes de leur vie, faire t-il dans les années qui viennent, vont faire autant d'enfants que celles des générations précédentes.
Et finalement, la réponse est moins, elle est plus incertaine.
Donc, il pose des questions, c'est des démographes, est-ce qu'ils apportent déjà quand même des éléments de réponse qui permettrait d'expliquer pourquoi on fait moins d'enfants?
C'est la aventure là-dedans.
C'est pas vraiment le rôle de démographes de nécessairement répondre à cette question, en tout cas ce qui peut nous apprendre, ce qui nous dise depuis un certain nombre d'années pour le coup,
c'est qu'il y a un recul de l'âge des naissances.
Donc, les femmes, les couples font des enfants au moyen de plus tard, pour tout un tas de raisons.
J'ai noté que, alors là, on est à 32 je crois, de mes mois en moyenne, tandis qu'on était à 29 ans, en 64 ans.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que l'âge du premier enfant a reculé et ce qu'on observe aussi, voilà, c'était la question.
C'est la question, parce qu'on fait des enfants plus tard, on en fait moins. Et finalement, c'est ce qui semble se vérifier au fil des ans.
Et alors, j'ai une toute dernière question dans les extraits qu'on a entendu un peu plus tôt sur le sol de négatif.
Il y avait une professeur d'économie, Pauline Rossi, qui est autrice de l'ouvrage, le déclin démographique, une urgence économique.
Et elle disait qu'on peut prédire ce déclin sur le long terme, mais comment tu interprètes ces propos? Est-ce qu'on est sûr que, voilà, c'est la suite logique de l'histoire des femmes qu'on vient d'élaborer un peu rapidement, qu'on va nécessairement décliner sur le plan démographique?
Non, je ne suis pas. J'ai pas de certaine situation. En revanche, ce qu'on peut rappeler, c'est qu'en France, on a encore une fait condité qui est supérieure à la plupart de nos voisins européens.
Toutefois, si on observe ce qui se passe chez eux et qui semble nous arriver aujourd'hui, c'est qu'effectivement, cette fait condité elle continue de baisser, les naissances continuent de baisser.
On peut imaginer que ce sera le cas, ce dont on est sûr, c'est qu'on a une population vieillie.
Il y a un allongement de l'espérance de vie et d'avantage de générations issus du baby boom,
qui sont plus nombreuses et qui arrivent à des âges élevées.
Et voilà, ça augure d'un changement sociétal majeur qui est à une société où finalement,
on va avoir beaucoup plus de personnes âgées et très âgées et moins de jeunes
avec, j'ai noté, voilà, sont des projections démographiques qui existent en France,
mais qui existent aussi au niveau mondial et là, on rejoint donc cette tendance-là
avec une baisse de la population qui est anticipée dès 2070-2080 par les démographes au public mondial.
Et avec les personnes de plus 65 ans qui sont plus nombreuses que les moins de 18 ans à la fin du siècle.
Donc ça va poser des questions en pagaille, important dans les années à venir.
Merci Solane. Merci.
Vous venez d'écouter le tout premier épisode de notre série consacré à la baisse de la natalité en France.
Et demain, dans l'heure du monde, on explore les causes de ce changement sociétal majeur.
En se demandant notamment, si nos modes de vie moderne sont toujours compatibles avec la parentalité,
vaste sujets. Alors je vous dis à demain et très bonne journée.
Podcast Summary
Key Points:
La natalité en France a connu une forte baisse depuis les années 1970, passant de près de 2 enfants par femme à 1,566 en 2025, le plus bas niveau depuis la Première Guerre mondiale.
Cette diminution est liée à un recul de l’âge des naissances, avec les femmes qui ont désormais tendance à avoir des enfants plus tard, en moyenne à 32 ans contre 29 en 1964.
Historiquement, le discours nataliste s’est imposé en France au 19e siècle, en lien avec la peur d’une défaite nationale et une idée de grandeur fondée sur une forte natalité.
Des lois comme celle de 1920 ont interdit la contraception et l’avortement, renforçant la pression sur les femmes de devenir mères, au détriment de leur autonomie professionnelle.
À partir des années 70, l’émancipation des femmes, la légalisation de l’avortement et l’évolution des droits familiaux ont permis une remise en question du devoir de maternité.
Le solde naturel de la France est devenu négatif en 2025, marquant la première fois depuis 80 ans plus de décès que de naissances.
Bien que la baisse des naissances soit constante depuis 2011, elle n’a pas été perçue comme une urgence jusqu’à récemment, en raison de la croissance de la population.
La France conserve encore un taux de natalité supérieur à la plupart de ses voisins européens, mais la tendance à la déclin est partagée dans l’ensemble de l’Europe, avec des conséquences sur l’âge de la population et les futures générations.
Summary:
La baisse de la natalité en France est un phénomène complexe, profondément ancré dans l’histoire sociétale et politique du pays. Historiquement, le taux de naissances était élevé entre les années 1945 et 1975, notamment grâce à des discours natalistes encouragés par l’État et les ideologies de la fin du XIXe siècle, qui associèrent la natalité à la puissance nationale. Ce discours a été renforcé par des lois restrictives comme celle de 1920, qui interdisaient la contraception et l’avortement, et en imposaient le devoir de maternité aux femmes.
Cependant, à partir des années 1970, l’émancipation des femmes, la légalisation de l’avortement et l’ouverture des droits familiaux ont permis une remise en question profonde de cette obligation. Aujourd’hui, le taux de natalité est en baisse constante, atteignant 1,566 enfants par femme en 2025, le plus bas depuis la Première Guerre mondiale. Ce recul est lié à un report de l’âge des naissances et à des facteurs économiques et sociaux.
Le solde naturel de la population est devenu négatif en 2025, signalant une première fois depuis 80 ans plus de décès que de naissances. Bien que la France conserve encore un taux de natalité supérieur à la plupart de ses voisins européens, la tendance est partagée dans l’Europe, avec des conséquences majeures sur l’âge de la population, notamment un allongement de l’espérance de vie et une augmentation du nombre de personnes âgées. Ce déclin démographique soulève des questions critiques sur l’avenir des sociétés, notamment en matière de maintien des systèmes de retraite, de main-d’œuvre et de viabilité économique.
FAQs
La natalité diminue principalement car les femmes ont tendance à avoir des enfants plus tard, souvent après 30 ans, et ce phénomène est lié à des changements sociaux, économiques et culturels.
L'âge moyen des femmes au moment de leur première grossesse a augmenté, passant de 29 ans en 1964 à environ 32 ans aujourd'hui.
En 2025, l'indicateur de taux de naissances par femme (taux de fécondité) est de 1,566, le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale.
Le solde naturel négatif signifie qu'il y a plus de décès que de naissances dans un pays, ce qui a été observé pour la première fois en 2025.
Des lois comme celle de 1920 ont interdit la contraception et l'avortement, renforçant le discours nataliste et imposant aux femmes de faire des enfants, au détriment de leur liberté de choix.
La révolution sexuelle a permis aux femmes de maîtriser leur corps et leur reproduction, ce qui a conduit à une baisse progressive de la natalité et à un désir de maternité plus personnel.
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