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5.8 Aurélie Wellenstein - Ecrire la porte fermée - Repost

47m 40s

5.8 Aurélie Wellenstein - Ecrire la porte fermée - Repost

Dans cet épisode du Café des auteurs, Ingrid Lemaire reçoit l'autrice d'imaginaire Aurélie Wellenstein, qui publie son onzième roman, « Le Désert des couleurs », le 20 mai. Celle-ci revient sur sa vocation précoce, née dans l'enfance et confirmée à treize ans par la découverte de Stephen King, dont les essais sur l'écriture l'ont durablement influencée. Elle raconte son parcours long et exigeant, de la micro-édition frustrante jusqu'au succès de « Le Roi des Fauves », installé dans la durée grâce au bouche-à-oreille et aux prix littéraires. Elle évoque ensuite « Le Désert des couleurs », récit de voyage solaire et optimiste écrit en réaction à la période anxiogène de la crise sanitaire, à l'opposé de la dark fantasy de « Ierdam ». Elle explique comment « Mère Morte » utilise l'imaginaire post-apocalyptique pour sensibiliser avec empathie à la destruction des océans et à la souffrance animale. Sur la technique, elle défend des intrigues efficaces au rythme de thriller, aux enjeux clairs et rapides, inspirées du « marche ou crève » de Stephen King. Enfin, elle prodigue des conseils bienveillants : écrire « porte fermée » sans se soucier du regard extérieur, ne pas compter les mots, utiliser la méthode Pomodoro, respecter son rythme et cultiver avant tout le plaisir de l'acte créatif plutôt que la performance ou la publication.

Transcription

9109 Words, 50497 Characters

French
Speaker 1Et aussi, ce n'est pas forcément une bonne idée de se faire relire trop tôt par d'autres. Moi, ce que j'aime bien, c'est moi, c'est perso, mais c'est ce que Stephen King appelle écrire la porte fermée. Comme ça, vous ne vous sentez pas jugé.
Speaker 2Bienvenue au Café des auteurs, le podcast pour les écrivains en herbe et créateurs perdus dans la jungle des conseils contradictoires. Je m'appelle Ingrid Lemaire, je suis coach littéraire chez J'écris un roman.fr, formatrice et auteur. Ma mission avec ce podcast est de te détendre, de t'inspirer et surtout de te guider. Que tu souhaites écrire, trouver des lecteurs ou vivre de ta passion, je t'apporte des conseils concrets et bienveillants et des interventions de professionnels. Prépare ta boisson chaude favorite, c'est l'heure de souffler un peu.
Speaker 3On est avec Aurélie Wellenstein. Allô Aurélie. Bonjour. Est-ce que tu pourrais te présenter rapidement tes livres?
Speaker 1Eh bien, alors Aurélie Wellenstein, je suis autrice d'imaginaire principalement. J'écris depuis bien longtemps et je publie depuis 2013. Ce sera le onzième roman qui va sortir le 20 mai prochain. Je suis plutôt dans le registre fantaisie, mais je fais des incursions aussi post-apôtre, dans le fantastique des fois. J'ai écrit trois ouvrages pour la jeunesse.
Speaker 3Et les autres, c'est du jeune adulte?
Speaker 1Adulte? Oui, alors ça, c'est une question.
Speaker 3C'est une question piège.
Speaker 1C'est un peu la question piège. Donc en fait, en grand format, mes livres sont publiés en young adult, sauf Liardam, qui est vraiment en adulte. Et en fait, quand ils passent en poche, chez Pocket Imaginaire, là, ils sont au rayon adulte. Ah ouais? Oui, je pense avoir écrit vraiment des romans, ce qu'on appelle du roman passerelle, qui peut être lu un peu par tout le monde.
Speaker 3Pour en avoir lu quelques-uns. Je pensais que c'était plus jeune adulte, mais en fait, quand on est un adulte, ça se lit très très bien. Et c'est des thématiques qui parlent à tous. C'est assez large, finalement, comme public, je pense.
Speaker 1C'est assez universel, on va dire, comme les thèmes qui sont abordés. J'écris pas des textes avec des adolescents qui vivent des aventures. C'est des personnages qui sont adultes, pour la plupart. Enfin, ça dépend des bouquins, mais dans Liardam, dans Liardam, le héros a 33 ans. Dans Dieu oiseau, ils ont. Ils ont 21 ou 22. Taux, la trentaine. Voilà, c'est pas des enfants, quoi. Comme on peut voir dans certains titres. Young adultes qui sont vraiment sur le passage de l'enfance à l'âge adulte. C'est pas trop, mais.
Speaker 3Et du coup, avant de parler justement du Désert des couleurs, etc., est-ce que tu peux nous parler un peu de tes débuts? Peut-être ta première publication, ou comment t'as commencé à vraiment te dire que ça allait être ta voie, peut-être?
Speaker 1Alors, moi, c'est vraiment une vocation. C'est même assez mystérieux, parce que j'ai eu ce désir d'enfant. J'avais, je pense, 6-7 ans. Quand les profs à l'école vous demandent « Mais quel métier tu veux faire plus tard? » Moi, je m'étais fermière-écrivain. Parce que j'étais. Je voulais aussi avoir des animaux, et je m'imaginais que fermière, c'était vivre avec ses animaux, et écrivain. Tout de suite, j'ai eu cette envie-là. J'ai commencé à raconter des histoires quand j'étais vraiment enfant. Après, tu les écris, tu fais de la fanfiction, tu fais de la fanfiction avec les personnages du dessin animé que t'aimes bien. À 10 ans, j'avais. J'ai écrit un roman, j'ai inventé un éditeur, j'avais fait une couverture, j'étais très fière de moi. Alors, je sais pas où tout ça est passé. Après, vers 13 ans, on m'a offert. Ma copine de l'époque m'a offert « Cimetière » de Stephen King. Et là, vraiment, ça a été. Je pense qu'il y a eu un changement, une vraie révélation. Je me suis dit « Ah oui, il va quand même, c'est ça que je veux faire. » J'ai lu quasiment toute la bibliographie de Stephen King qui était disponible à l'époque. C'était beaucoup, beaucoup de romans. Je disais. Ça m'a vraiment inspirée, ça m'a appris tellement de choses sur l'écriture. Il y a aussi de ses essais que je vous conseille, « Anatomie de l'horreur » et. Je me souviens plus non plus,
Speaker 3je crois que c'est « Mémoire d'un métier », mais je mettrai les liens dans les.
Speaker 1Voilà, nous vous invitons à chercher sur Internet. Les essais de Stephen King sont très intéressants pour les auteurs. Il a été déterminant dans ma vie. D'ailleurs, c'est quelque chose que je pense, pour beaucoup de gens, je sais pas s'il en a conscience de ça, d'avoir inspiré à travers le monde des tas de gens qui se sont dit « Ah, j'ai envie de faire comme lui. » Donc voilà, à 13 ans, là, ça a été un cas. Après, je suis un peu partie dans la bande dessinée. J'ai fait de la BD, vers 14-15 ans, je les dessinais. Et puis j'ai arrêté parce qu'en fait, ça me prenait trop de temps. C'était quelque chose où tu passes beaucoup de temps sur chaque page à dessiner des petits détails. En fait, je dessinais des histoires qui se passaient en ville. Je passais des après-midi entières à dessiner des immeubles. Je me suis dit « Non, mais là, c'est pas possible. » Donc je suis retournée au roman qui m'apportait plus de satisfaction parce que je trouve qu'on a atteint la « jouissance » plus vite en écrivant qu'en dessinant des BD. Donc voilà. J'ai choisi ma voie. Je me suis dit « Ok, ce sera ça. » Et après, à partir de 17 ans, j'ai vraiment bossé régulièrement sur du format roman. J'ai fait un peu de nouvelles quand j'étais ado. Et ouais, à partir de 17 ans, du format roman. Et c'est très formateur. J'ai vraiment beaucoup, beaucoup écrit à ce moment-là. Après, j'ai fait une longue pause. J'ai repris sérieusement vers 27 ans. Et c'est là où j'ai commencé à publier des nouvelles. Et c'est un bon pied à l'étrier quand vous êtes jeune auteur. Parce que en fait, ce qui est intéressant dans la nouvelle, c'est d'expérimenter des choses. Vous êtes sur un format court. Vous n'allez pas vous perdre dans le texte. Vous pouvez tester des choses. C'est un peu un laboratoire. Moi, j'avais trouvé ça plutôt intéressant pour ça. Et puis, ça vous permet de faire aussi l'expérience de la publication. D'ailleurs, d'avoir vos premiers lecteurs, c'est pas beaucoup. On parle de 100 lecteurs à peu près sur les formats nouvelles, sur les anthologies qui sortent. C'est pas beaucoup, mais c'est une expérience intéressante. Voilà. Et le premier roman, en 2013, j'avais, en trois ans.
Speaker 3Je trouve ça rassurant aussi de se dire que ça peut arriver un peu plus tard, en fait. Oui, c'est ça.
Speaker 1Ça s'est arrivé quand c'est arrivé pour toi. Oui, oui. J'ai un parcours long et debucheuse. J'ai vraiment beaucoup travaillé. Avant d'être publiée, j'ai beaucoup, beaucoup travaillé. Après, je pense que ma chance aussi, c'était que j'ai grandi à une époque où il n'y avait pas vraiment la pression de la publication. Il n'y avait pas Internet. J'étais un peu tout seule dans son coin. Donc, j'ai beaucoup écrit pour moi. J'ai écrit des trilogies de fantasy que je foutais dans mes tiroirs. Je faisais le lire à personne. Et en fait, ça me. Je ne chamboulais pas plus que ça, quoi. J'écrivais vraiment pour moi. Je ne pensais pas à la publication. Je pense que ça m'a aidée à prendre les choses après, avec le. Peut-être plus de distance et de maturité. Quand, enfin, ça arrive, voilà, t'es plus âgée et que c'est cool. Pas de regrets sur tout ça.
Speaker 3Moi, j'ai été tentée un petit peu de reprendre, par exemple, celui-là à mes débuts. Et je me suis dit, ouais, c'est plus simple de se mettre sur un projet où on est adulte aussi. D'avoir. On a plus de recul, ouais, de maturité.
Speaker 1Moi, mes premiers projets, je les ai vraiment enfouis dans un tiroir et je ne les ai pas ressortis. Parce que, comme tu dis, il y a un peu cette tentation-là de se dire, bah tiens, je vais les reprendre. Et en fait, tu travailles énormément pour les mettre à niveau. Après, tout ça, c'est perso. C'est vraiment chacun à sa trajectoire. Mais moi, je ne regrette pas d'avoir fait comme ça. Finalement, de les avoir mis au tiroir.
Speaker 3Et du coup, ta première publication en maison d'édition, c'était quel roman?
Speaker 1Alors, c'est Le Cheval et l'Ombre, dans une toute petite maison d'édition qui s'appelait Sortilège, qui était de la micro-édition, donc pas diffusée, où on vend les romans principalement en salon. Donc, ça a été une première expérience intéressante, mais une première expérience un peu frustrante. Oui. Je voyais qu'en fait, ce que je vendais, c'était. Les livres qui se vendaient, c'était ce que moi, je vendais aux lecteurs en salon. J'ai vraiment eu le sentiment de ramer. Ça a été aussi un cas pour moi. Je me suis dit, non, je ne veux pas ça. Je ne veux plus faire ça. Je veux être dans une maison d'édition diffusée. Donc, après cette première expérience dans une petite maison, je me suis dit, pour le suivant, je chercherai une maison avec diffuseur. C'était très, très dur. Ça a été très, très dur. J'insiste. J'ai mis deux ans à trouver. Et après, vraiment, les choses ont décollé. Elles ont décollé pour de vrai. À partir du moment où j'ai été publiée chez Scrinio avec Le Roi des Fauves. En fait, j'ai eu du bol aussi parce que j'ai eu deux publications. J'ai eu Les Chevaux de Foudre chez Mania et Le Roi des Fauves chez Scrinio. J'ai signé en même temps. Oui, Chevaux de Foudre a été un carton absolu. Ça a été même complètement dingue. Enfin, un mois, ils s'en ont vendu 2000 exemplaires. C'était ouf, quoi. Et Le Roi des Fauves a taillé son chemin, lui, petit à petit. C'est un roman qui s'est installé dans le temps, dans la longueur, grâce aux bouches à oreilles, grâce aux gens qui l'ont porté, aux lecteurs qui l'ont aimé, qui l'ont porté. Et il s'est vraiment installé. Après, il y a eu la reprise chez Poquette. Voilà. Trois expériences très différentes, en fait. La micro-édition, l'envol très rapide chez Magnard et l'installation sur la durée
Speaker 3avec Scrinio. Oui, et puis c'est vrai que c'est pas du tout le même impact, du coup, où les romans qui sont fréquemment cités pour toi, c'est souvent Le Roi des Fauves. Justement, je pense que maintenant, c'est un des plus connus, peut-être, pour toi, et même, je dirais, pour Scrinio, j'ai l'impression. Enfin, en tout cas, vraiment, à part les tiens, je connaissais pas forcément les autres livres de Scrinio, tu vois.
Speaker 1Mais c'est assez drôle, parce que j'ai l'impression que ça fait la même chose avec Gabriel Katz, avec son Puy des Mémoires, tout mon site, le Puy des Mémoires, alors qu'il a écrit plein d'autres bouquins derrière, et c'est un peu le Puy des Mémoires qui reste, alors que c'était pas son premier, parce que je crois que c'était la maîtresse de Gué. Mais Puy des Mémoires, oui, a beaucoup marqué, et moi, c'est Le Roi des Fauves, en fait. Les gens citent Le Roi des Fauves. Mais lui, oui, il a mis du. du temps à s'installer, et finalement, il a fait une très belle carrière. J'ai eu de la chance aussi, encore une fois, parce que j'ai été beaucoup aidée par le milieu, le bouquin était beaucoup primé. Pas primé, mais a participé à des prix. Il a eu le prix des Alienals, ça, ça l'a pas mal porté aussi, mais il a été sélectionné à tout un tas de prix, ce qui aide énormément les livres au début. J'ai eu de la chance aussi de participer aux Imaginales, ce qui n'était pas gagné la première année. Sinon, je veux aller aux Imaginales, c'est très important pour moi. Bon, d'accord, on te fait une place. Il m'a fait une place un peu à l'arrache au dernier moment aux Imaginales, et là, ça a été extraordinaire. C'est un super souvenir, parce qu'en fait, je débarque avec. J'avais le roi des fauves et Choubou de foudre à l'époque, et j'ébarque entre Marc Castel et Victor Dixen. Je me dis, oh non, les monstres! Je suis entre deux monstres sacrés, qu'est-ce que je vais devenir? Personne ne me connaissait, et c'était trop drôle parce qu'eux, ils avaient des films d'attente terribles, les gens qui faisaient la queue pour Jean-Luc Marc Castel et pour Victor Dixen, qui dédicassent à tour de bras, et en fait, les lecteurs en passent y en temps. Pour ces deux auteurs, ils regardaient les miens pour passer le temps, et du coup, ils disaient ah, ça a l'air pas mal, on va le prendre aussi. Donc, c'est comme ça qu'a commencé ma grande histoire avec les Imaginales.
Speaker 3Si jamais tu es un auditeur de l'épisode et que tu ne connais pas ce festival des Imaginales, parce que nous, forcément, on écrit dans l'imaginaire, donc c'est notre festival préféré, ou l'un de nos festivals préférés, c'est le salon du livre imaginaire qui a lieu à Epinal normalement tous les ans sauf Covid, et qui est parmi les plus populaires de France, et très très apprécié. C'est d'ailleurs quelque chose que je trouve, j'en ai pas spécialement trop parlé avec les autres personnes qui sont passées sur le podcast, mais c'est vrai que le salon en soi et surtout dans l'imaginaire, c'est tout un monde, en fait, et c'est pas qu'un monde où tu viens avec ton livre et où tu dis venez acheter mon livre, parce que t'as aussi justement la possibilité de découvrir d'autres auteurs de rencontrer peut-être des éditeurs, je sais pas si toi ça t'est arrivé?
Speaker 1Ah oui, les imaginaires, déjà, je pense que c'est 30 000 à 50 000 festivaliers sur les 4 jours, donc c'est comme ça. C'est pas un salon du livre, comment dire, hiérarchisé avec les auteurs d'un côté et les lecteurs de l'autre, tout le monde se mélange joyeusement, ça se passe dans un parc, c'est très nature, c'est très vert, on peut aller s'installer au bord de la Moselle, il y a des piqueniques, tout le monde tchatche ensemble, donc c'est très détendu, c'est vraiment une bonne ambiance, et tout le monde les lecteurs, les auteurs, tout le monde aime ce festival et ce que je vois, c'est une vraie fête, en fait, de l'imaginaire, une fois par an, et ça nous mord beaucoup d'ailleurs en ce moment, je rêvais de participer aux imaginaires, pour moi c'est le graal, de participer aux imaginaires, et oui, et sérieusement je pense que ça porte un auteur d'imaginaire, de participer à ce festival.
Speaker 3Ouais, je pense aussi, on a quelques collègues et consoeurs qui, en plus, il y a un prix dans le cadre du festival, il y a aussi le speed dating, où on peut rencontrer des éditeurs, qui a permis à des collègues aussi d'être publiés, parce qu'ils ont rencontré un éditeur dans le cadre de ce festival, donc clairement, si vous écrivez de l'imaginaire, c'est quelque chose à regarder. On a parlé de tes débuts, mais maintenant, on va peut-être venir un petit peu plus dans une période plus actuelle, et tu vas bientôt sortir le 20 mai, ton livre Le désert des couleurs, tu peux nous en parler?
Speaker 1Alors, Le désert des couleurs, c'est un roman assez différent, par rapport au précédent, donc Yardam, qui est un roman très nocturne, très sombre, très enfermé, Yardam c'est un huis de l'eau, en fait, dans une maison de l'eau, j'avais pas du tout prévu d'écrire Le désert des couleurs, j'avais prévu d'écrire de nouveau de la dark fantasy, un peu, à la Roi des Probes, et la crise sanitaire, ça bat sur nous, blocage. Une période triste, enlisée, pas créative, où tu te dis c'était il y a un an, c'était la période marsavée, où tu te dis, mais c'est pas possible de cueillir des fruits créatifs dans cette période, il y avait ce décompte des morts tous les soirs, qui était très haut, plus qu'aujourd'hui, c'était terrifiant, donc vraiment une sale période, et je me dis, non, j'ai pas envie d'écrire de la dark fantasy, donc là, j'ai eu une période un peu stérile, au niveau de l'écriture, et puis je me suis dit, non, mais attends, on va faire complètement autre chose, et j'ai décidé de faire un récit de voyage très solaire, plein de soleil, de grands espaces, de liberté, qui se passe dans un désert coloré, un désert multicolore, où chaque grain de sable est le souvenir perdu d'une personne, parce que quand on marche dans ce désert, on perd progressivement la mémoire, donc les humains se sont réfugiés dans le cratère d'un volcan, où le sable n'est pas encore monté, il monte le long du cratère, tout doucement, mais il n'est pas encore passé par-dessus bord, mais il va le faire, c'est-à-dire que un jour ou l'autre, ce sera fini pour les gens qui se sont réfugiés, le sable va passer par-dessus bord, et donc va effacer la mémoire de tout le monde, donc il faut partir, il faut trouver une solution, il faut trouver un autre lieu à investir, donc il y a des quêteurs, des gens qui partent en quête pour explorer ce désert des couleurs, donc on va suivre deux personnages, enfin trois avec l'animal qui les accompagne, qui est un oiseau télépathes, et ils sont demi-frères et sœurs, et ils vont donc partir chercher un lieu où pourrait s'installer de nouveau l'humanité au sein du désert.
Speaker 3C'est intéressant, parce que même si tu dis que tu n'avais pas envie de décrire la Dark Fantasy, et que le livre va être plus solaire, je trouve qu'on retrouve un peu tes idées aussi sur l'humanité en danger, des réflexions. Qui ressemblent un peu.
Speaker 1Il y a une dimension très dure. Ça raconte une histoire tragique de personnages, c'est un roman de personnages, mais c'est aussi un roman optimiste, par rapport à ce que je peux faire d'admettre. Je pense que là, j'ai envie de retrouver la foi dans l'humanité. La Dark Fantasy, j'avais plus envie de traiter les vicissitudes de l'humain, ce que j'ai pas mal fait, jusqu'à présent, notamment avec Mère Morte, qui était sur. sur la destruction des océans et des mers, par l'homme. Donc là, j'ai envie de changer en tout cas.
Speaker 3Et pour les lecteurs aussi,
Speaker 1on se dit, non mais là, de quoi on a envie? On a envie de voyager!
Speaker 3C'est vrai! Je pense que c'était pas évident de trouver l'inspiration dans cette période, et encore aujourd'hui, on est encore un peu dans une ambiance
Speaker 1très stressante. Pour les gens qui nous écoutent et qui se disent, non mais là, j'y arrive pas, je me sens triste, je suis à bout, j'arrive pas à écrire, franchement, c'est énorme. Je pense qu'il faut. Je pense qu'il faut pas s'inquiéter de ça, ça va repartir. Moi, honnêtement, Le désert des couleurs, je l'ai écrit dans la période où on était le plus heureux, c'était l'été dernier. C'était cette période un peu où on avait l'impression que c'était derrière nous, et que ça repartait, et là, ça allait. Et aussi, ce qu'on a fait, et je pense que c'était une bonne idée, enfin après, ça dépend de chacun, et puis si vous avez l'opportunité aussi de le faire, mais on s'est mis en groupe. On est partis avec des filles qui écrivent, et on a fait une sorte de résidence d'écriture entre copines, et c'était super chouette. Et du coup, il y a de l'émulation, il y a de l'émulation collective. Je trouve que c'était important. Je crois que chacun, on était tous un peu mal après tout ça, et que du coup, voilà, de se mettre en groupe, de se mettre au vert, avec les ordures, et de dire chacun travaille son texte. C'était très motivant.
Speaker 3Même si on a tendance à écrire dans son coin, et souvent, les personnes qui viennent me voir, elles ont aussi souvent tendance à écrire dans leur coin, mais quand elles voient un peu la puissance de faire vraiment partie d'un groupe, où on se tient au courant, où on partage nos doutes, etc., c'est quand même. une dimension toute nouvelle, et ça nous donne confiance aussi, on se sent mieux, quoi.
Speaker 1C'est de l'émulation, vraiment. Après, il faut que ce soit bienveillant, évidemment, il ne faut pas être avec des gens toxiques, alors là, ça pourrait être aussi bien, mais quand c'est des bons copains que vous connaissez bien, ça peut être un truc à faire l'été prochain.
Speaker 3Carrément. Ça me fait penser, du coup, t'as parlé de Mère Morte, et moi, je voulais aussi en parler un de tes livres aussi les plus connus, et celui avec une des thématiques les plus fortes, parce qu'ils ont tous souvent des thématiques très fortes, mais vraiment, la description, t'as un monde post-apo qui pourrait être tout à fait possible d'ici quelques années, je trouve, est très très marquante. Je sais pas si tu voulais en parler un petit peu là, ou en tout cas nous dire si aussi, voilà, si cette thématique peut-être de l'écologie, des océans, reviendra peut-être dans tes livres?
Speaker 1L'océan, je sais pas, mais je sais pas, voire après, je calcule pas aussi, moi. Ouais. Peut-être. Je ne me projette pas, là, aussi, moi. Au niveau de Mère Morte, donc, c'est plutôt dans la veine post-apo, où la mer et l'océan ont disparu, à cause de l'action humaine, et les océans et la mer reviennent sous forme fantôme pour se venger des hommes. Donc, c'est des marées fantômes qui déferlent sur le monde à toute heure du jour et de la nuit, et c'est pas des phénomènes réguliers, c'est, elles font irruption, en fait, sur le monde, elles peuvent aller absolument partout, ce sont des fantômes, donc elles sont pas forcément à l'endroit où elles se trouvaient avant, elles peuvent aller au milieu des terres, submerger les humains réfugiés, et elles portent dans leur vague spectrale des animaux fantômes qui ont été tués par les humains, et qui viennent pour s'emparer de l'âme de leurs anciens boulots. C'est un roman, en fait, alors là, j'ai vraiment utilisé, si tu veux, l'imaginaire pour parler de choses d'aujourd'hui, à travers des séquences rêves, moi, je les appelle dans ma tête les séquences rêves, elles sont des séquences très courtes, où, en fait, je vais proposer au lecteur de se mettre à la place d'un des animaux, et de revivre leur tragédie intime, et donc ça permet de se mettre à la place de l'animal d'un point de vue très empathique, j'espère, c'est le but, pour épouser vraiment son ressenti dans la souffrance. C'est une scène très dure, mais qui illustre un phénomène actuel, c'est-à-dire, à chaque fois, c'est quelque chose qui est en train de se passer là, de nos jours. Donc, il y a plusieurs thématiques qu'il y a les delphinariums il y a la surpêche, la pollution par les plastiques, les marées noires, la coupe des ailerons de requins, c'est une scène extrêmement dure, ça a été très dur pour moi à écrire, j'ai tout fait d'un coup en fait, je les ai écrits à la fin du roman, en une après-midi, parce que sinon c'était trop suffocant à faire, surtout que je regarde des vidéos pour me documenter, donc c'est absolument atroce, donc c'est un roman qui perd, l'imaginaire permet ça, c'est-à-dire que l'imaginaire va faire tampon entre cette réalité insupportable, insoutenable, et le lecteur pour lui permettre de réfléchir à cette question, mais en même temps avec le prisme de l'imaginaire, donc c'est moins abrupt, c'est moins dur que si on voyait le phénomène en direct, dans toute sa brutalité.
Speaker 3J'ai trouvé ça incroyable, personnellement, parce qu'effectivement, comme tu dis, c'est l'imaginaire, donc on suit le destin d'un jeune adulte, j'ai vraiment beaucoup aimé en tout cas cette façon de dire « oui, mais bon ». On suit une histoire, et à travers cette histoire, on passe par certaines scènes insoutenables, mais on veut quand même savoir la suite.
Speaker 1Après, c'est une trajectoire de personnage qui fait que le héros va beaucoup évoluer dans son regard qui porte aussi sur le phénomène, parce que lui, il est exorciste, il peut combattre les animaux fantômes, donc au départ, il les déteste, c'est-à-dire qu'on lui a appris à haïr les animaux fantômes, et donc son regard va changer au fil du roman. Moi, c'est ça que je trouve aussi intéressant de démontrer par le récit. Après, c'est un garçon qui est pétri de contradictions aussi, parce qu'il est ami depuis l'enfance avec un dauphin fantôme, et qui le cache, c'est ce que je trouve.
Speaker 3J'ai surtout vraiment beaucoup aimé cette capacité à parler de l'insoutenable, et en même temps, y mettre une histoire, et à nous inviter à la suivre, alors que comme tu le dis, on ne pourrait pas regarder juste une vidéo, c'est quelque chose qu'en plus nos yeux refusent de voir, on va censurer. Là, en le découvrant au travers d'une histoire, on fait en même temps face à cette réalité-là.
Speaker 1Je pense que c'est un moyen, par le récit, de s'intéresser à cette cause-là, par l'empathie, par l'émotion, qu'on peut éprouver pour ces personnages, qui est une des voies, parce que là, actuellement, je suis en train de regarder Six Piracies, qui est le documentaire qui passe sur Netflix actuellement, sur l'exploitation des océans et de la mer. Et voilà, c'est très important aussi de regarder ce type de documentaire. Mais le roman, ça va être autrement. Ça va être autrement. Vous allez suivre des personnages, tandis que sur les documentaires, les documentaires vont plus se passer par les chiffres, les statistiques. C'est vraiment autre chose. Les deux sont intenses.
Speaker 3Je suis d'accord avec toi. Et justement, au niveau des thématiques, parce qu'on pourrait disserter longtemps sur celle-ci, mais il y en a d'autres qui te tiennent à cœur, je trouve, qui reviennent de temps en temps. Parler un peu des vicissitudes de l'esprit humain, ça me fait penser un petit peu au Dieu Oiseau.
Speaker 1Oui. Bon, après, le Dieu Oiseau est un récit extrêmement musclé, extrêmement tonique, avec des enjeux très, très forts, de survie très, très forts. Le Dieu Oiseau, c'est plus un. Enfin, moi, j'étais partie pour parler du traumatisme, surtout. C'est-à-dire qu'en fait, on commence. Le roman, le personnage est détruit. Le personnage est en miettes. Il a 10 ans d'esclavage derrière lui. Il va très, très, très mal. Et là, il a. Il a l'opportunité, au bout de 10 ans d'esclavage, de rebattre toutes les cartes. C'est-à-dire de participer à une compétition qui pourrait même le rendre roi de l'île sur laquelle il vit. Donc, est-ce qu'il en est capable? Est-ce qu'il en est encore capable? Est-ce qu'il n'est pas trop affecté par tout ce qu'il a vécu, par tous ces fantômes qui le hantent? Et est-ce qu'il peut encore se reconstruire? Est-ce qu'il en a l'énergie? Et surtout, est-ce qu'il ne va pas, finalement, reproduire ce qu'il a vécu et sombrer dans une vengeance sanglante? Donc, c'est surtout. C'est un roman qui. Là, on est. C'est pas de la dark fantasy médiévale, parce qu'il y a un côté très. C'est natif américain? Ouais. Mais voilà, donc c'est pas de la dark fantasy dans le Moyen-Âge. C'est très autrement.
Speaker 3C'est le côté plus dark d'une fantasy dans un univers qui n'existe pas et qui est inspiré. Ouais, j'ai eu après le feeling d'être en Amérique du Sud, sur l'île de Pâques. Yes. Et du coup, au niveau de l'ambiance un peu sombre qu'il y a, notamment dans ces romans-là, parce que c'est vrai que, décrit comme ça, pour les auditeurs, on a peut-être l'impression que c'est très très sombre, etc. Et pourtant, c'est à le temps. Moi, le dieu oiseau, je l'ai dévoré. Je voulais savoir! C'est intéressant, je trouve, ta façon de réussir à utiliser une ambiance sombre comme ça, et en même temps, à y situer de l'action, des personnages, des émotions, des destins, et à nous impliquer. Je sais pas si t'as des petits secrets par rapport à ça.
Speaker 1Pour moi, c'est quelque chose de très important. Je veux pas que le lecteur s'ennuie. Pour moi, c'est un manque de respect si le lecteur s'ennuie. Je veux vraiment que les pages se tournent vite, que le récit soit fluide, que les enjeux soient compréhensibles très vite, que ces enjeux soient forts. Donc, en général, dans mes bouquins, au bout de dix pages, on a compris. On a compris où on allait, et au niveau de l'enjeu, c'est assez clair. J'ai pas de mystère avec ça. Je trouve que c'est un moyen d'embarquer les gens vite dans l'histoire. Après, vous avez des astuces qui sont simples pour tonifier vos récits. C'est aussi tout ce qui est à base de contes à rebours. Il y en avait un dans Le Roi des Fauves, c'est-à-dire que. Dans Le Roi des Fauves, ce sont trois jeunes qui sont condamnés à ingérer un parasite qui va les changer en monstres, en hommes animaux, qu'on appelle des. C'est des berserk, c'est inspiré de la mythologie. C'est une mythologie nordique. Et donc, en fait, la métamorphose est lente. Parce que c'est pas une métamorphose instantanée, comme le Garou à la pleine Lune. Mais c'est quand même une métamorphose relativement rapide, vu qu'elle a lieu sur sept jours. Donc, en fait, les personnages ont sept jours pour trouver une solution, sinon, à la fin, ils sont fichus. Ils seront transformés, ce sera trop tard. Ils pourront plus rien faire contre cette animalité, cette folie qui se sera emparée de leur âme. Ils se seront perdus, eux-mêmes. Donc ça, c'est une manière, bien entendu, de mettre du suspense dans le récit. Dans La Mort du Temps, il y a aussi un récit très rapide, dans la mesure où le personnage principal est suivi par un phénomène extrêmement bizarre. C'est. Au tout début d'un roman, il y a un séisme temporel qui va fracturer le temps, et toutes les époques se retrouvent mélangées entre elles, et en fait, le séisme fait des répliques en permanence. C'est toutes les deux minutes, je crois, qu'il y a une réplique, donc le personnage a beau fuir, le phénomène la suit. Donc voilà, c'est pareil, il faut qu'elle marche, qu'elle marche, qu'elle marche. J'adore l'idée du "marche ou crève" de Stephen King. J'adore. J'adore. Et voilà, donc j'aime bien ces enjeux qu'ils soient rapides et qu'ils soient clairs, et j'espère, à le temps, oui.
Speaker 3J'allais dire, l'intrigue, c'est pas des trucs complexes, chorales, avec 15 000 imbrications, mais par contre, c'est efficace, je trouve, et du coup, effectivement, à le temps, ouais, on plonge avec le personnage, mais j'ai vraiment l'impression que c'est souvent un seul personnage dont on suit le destin sur tout le livre. Il y a des cas où il n'y a pas un seul.
Speaker 1Il y a Erdem, qui est "polyphonique", entre guillemets, sur 2-3 points de vue, mais on suit surtout Kazan, et oui, j'aime bien le terme d'efficacité. Après, moi, j'ai presque un traitement thriller, en fait.
Speaker 3Ouais, c'est vrai, il y a un rythme.
Speaker 1J'aime bien le rythme, j'aime bien le muscle, j'aime bien lire ça, aussi, ça va de
Speaker 3près. Ouais, c'est vrai que quand t'as parlé de Stephen King, je savais pas que c'était une de tes références, mais j'ai compris un peu plus ce côté, justement, de "marche à temps", speed, et en même temps, avec toute une palette d'émotions et d'enjeux.
Speaker 1Aussi de typologie, hein, j'aime bien développer ça, et je pense que c'est quelque chose qui s'approfondit aussi au fur et à mesure de mes romans. Les deux derniers, en l'occurrence "Irdam" et "Le désert des couleurs", je pense, sont des romans assez psychos.
Speaker 3Et c'est vrai que ça se ressent un peu, je trouve, même dans les autres, en tout cas les relations entre les personnages et les évolutions, par exemple la relation entre celui qui, justement, a été esclave pendant dix ans et son bourreau, quoi, c'est pas juste "bon bah il a été esclave", on voit toute la palette de sentiments qu'on peut éprouver et la palette d'émotions qu'on peut éprouver dans ce cas-là, je trouve. Au niveau de, plutôt pour le côté écriture technique, parce que je pense qu'on pourrait parler longtemps des thématiques, est-ce que tu prépares tes romans, du coup?
Speaker 1J'ai essayé beaucoup de techniques différentes, ce qui m'a aidée sur "Le roi des fauves", c'est une technique d'écrit de conception, on va dire, du roman en trois actes. Les trois actes, c'est un schéma qui est assez simple : poser l'univers pendant les 25 premiers pourcents, et à la fin, il va se passer quelque chose pour les roues, le point de non-retour. En fait, vous savez, c'est ce qu'on appelle l'acné, il y a un pic, il y a un pic dramatique à la fin de cette première partie de présentation, de mise en situation, par exemple dans Harry Potter. Ça, c'est à l'école des sorcières. Et après, vous avez toute la partie centrale, où les personnages vont développer leurs pouvoirs. Après, il y a une nouvelle acmé au milieu du roman, un nouveau pic dramatique, où là, il va se passer quelque chose, ou "turning point", si on dit en langage dramaturge, qu'un nouveau turning point. Après, ça continue de se complexifier, de devenir de pire en pire pour les persos, et là, on arrive au tout début de la troisième partie, où là, ça va vraiment super mal, avant la grande bataille finale. On se dit, mais ce n'est pas possible, ils ne vont jamais s'en sortir. Mais que vont-ils faire? outils de devenir, ils vont tous mourir. Et après, vous avez la troisième partie, de nouveau 25%, où vous concluez, en fait, vous faites la bataille finale. C'est très schématique, ce que je veux dire. Mais moi, ça m'a vachement aidée pour structurer le roi des fauves. Alors, je n'utilise plus du tout ça désormais. Je pense que je n'en ai plus vraiment besoin. Je fais ça de manière inconsciente. Et aussi, ce que j'ai remarqué, c'est qu'avec l'expérience, je vois assez vite que je suis en train d'aller dans un mur. Avant, j'aurais pris le mur, mais maintenant, je me dis, oulala, ça ne va pas. Et c'est bizarre, c'est que de l'instinct, en fait. C'est ton intuition qui le dit. Là, tu es en train de. ça ne va pas. Tu prends une mauvaise voie. Et du coup, tu bifurques. Attends. C'est aussi ça qui fait que, finalement, on écrit de plus en plus vite et on a le pas sûr.
Speaker 3Tu sais où tu vas.
Speaker 1Et voilà. Au niveau de la préparation, ce que je trouve intéressant, c'est de faire à peine un synopsis. Un cours résumé avec les grands axes, avec les grands turning points, avec les grands pics narratifs. Mais pas plus. Parce que si. Après, encore une fois, ça dépend des gens. Moi, j'ai une copie. Alors, elle, c'est une architecte. C'est vraiment son synopsis qui compte. C'est à ce moment-là où elle fait le récit, c'est le synopsis. C'est quand elle écrit son synopsis. Moi, pas du tout, parce que si je fais ça, j'ai trop peur de m'ennuyer à l'écriture. Et alors ça, pour moi, c'est rédhibitoire, parce que si je m'ennuie, j'arrête. Je préfère faire un très court résumé et écrire à partir de là. C'est pas architecte, c'est pas jardinier, c'est un peu entre les deux. Parce que finalement, au départ, j'étais à fond sur ça. Je me dis, il y a des architectes, il y a des jardiniers. Je trouve qu'on est un peu en train d'en revenir de cette qualification qui est un peu schématique pour dire finalement qu'il y a plein de gens qui sont entre les deux et c'est bien comme ça.
Speaker 3C'est clair. Je suis tellement d'accord avec toi. Je milite activement pour qu'on arrête de dire ça. Alors, même si ça aide, la première fois qu'on entend parler, ça aide à se dire, ah oui, d'accord, il y a moyen de tout préparer ou de se laisser guider. Mais je te rejoins complètement sur le fait qu'aussi, le problème, c'est que quand on est auteur débutant, on a envie de se mettre dans une case et cette case-là, c'est pas forcément celle qui est faite pour nous. Après, je fais pas des essais.
Speaker 1Je l'ai fait avec un truc un peu vraiment technique. Et après, le cheveu de trou, je l'avais fait avec le trubis. Avec les deux étapes du trubis. Vous pouvez tester plein de trucs avec différents romans. Après, vous allez progresser, vous allez vous affirmer et puis vous aurez votre propre façon de fonctionner qui sera la vôtre et qui sera celle qui marche.
Speaker 3Ouais, c'est clair. C'est un peu ça ma conclusion en général. C'est qu'il faut trouver ce qui nous, nous rassure. Et il y a des personnes qui vont être rassurées par des fiches personnages et pas de synopsis ou l'inverse ou rien du tout ou plein de trucs. Et ça dépend du roman. Il y en a certains sur lesquels on va avoir besoin de plus de préparation que d'autres. Et ça dépend de l'humeur, de l'ambiance. Bref, fin de la parenthèse. Effectivement, c'est important, je trouve, de le rappeler parce que on voit encore beaucoup cette histoire d'architecte et de jardinier. C'est pas toujours une chose positive.
Speaker 1Et puis qu'il n'y a pas qu'une seule technique dans votre vie. Vraiment, vous pouvez passer de l'une à l'autre. Puis même, là, je dis ça maintenant, mais peut-être que plus tard, je ferai autre chose. Et tant mieux, c'est émouvant.
Speaker 3C'est la magie un peu de l'écriture. C'est qu'il y a mille chemins pour arriver. Au niveau un peu plus quotidien, est-ce que l'écriture est ton métier à plein temps? Comment ça se passe, tes journées d'écriture, du coup?
Speaker 1J'ai une grosse bûcheuse. J'ai beaucoup, beaucoup travaillé. Moi, j'étais plutôt sur la routine quotidienne. Alors, encore une fois, c'est pas quelque chose que je veux conseiller parce que si vous y arrivez pas, si vous êtes trop fatigué, faut pas se dire, ah mon Dieu, j'écris pas tous les jours, c'est terrible. C'est pas comme ça qu'on fait. Tous les écrivains pros, ils disent, j'écris tous les jours. Non, non, encore une fois, faut respecter son propre rythme. Moi, j'ai fait ça quand j'étais plus jeune. Vraiment, je me suis astreinte à écrire tous les jours. Mais vraiment, tous les jours. Je faisais une récré le vendredi, mais sinon, et puis je disais. En fait, c'est une technique que j'ai lue chez Stephen King. Il a dit, écrivez une heure par jour, une heure. Je crois qu'il dit une heure par jour. Ou une heure par jour, tous les jours, pendant dix ans. Vous deviendrez très bien. Moi, j'ai dit, d'accord, je vais faire ça. Et j'ai fait ça, en fait. Une heure par jour pendant dix ans. Mais, bon, voilà. Faut pas le dresser, ça, comme des grands principes. Chacun son rythme. Et surtout, vous avez le droit d'être fatigué. Et là, maintenant, en fait, c'est ça qui m'arrive aussi. Moi, je m'en rends compte. Parce qu'avec l'âge, et peut-être la crise sanitaire aussi, je suis très fatiguée. Et j'arrive plus à écrire. Il y a des soirs, je ne peux pas. Mais sinon, je travaille la journée en addictologie, à l'hôpital public. Et donc, le soir, je fais trois quarts d'heure. Si je ne suis pas complètement donnée. Et donc, j'ai un peu changé de rythme maintenant. Par contre, je carbure le week-end sur les RTT et sur les vacances. Mais là, quand je dis que je carbure, c'est six à sept heures par jour.
Speaker 3Franchement, je trouve que c'est hyper important aussi de le rappeler. Parce que ce n'est pas parce qu'on n'écrit pas tous les jours qu'on n'est pas plus, moins écrivain qu'un autre. Et ce n'est pas la durée de toute façon qu'on y passe qui fait que ça va fonctionner. Et au contraire, j'ai des personnes que j'accompagne qui ont peu de temps, mais qui l'utilisent au mieux, avec une méthode qui les rassure, etc. Donc, je trouve que c'est hyper important de le préciser. Merci pour ça. Et moi aussi, je suis un peu plus
Speaker 1team week-end. Vraiment, je pense qu'il y a aussi des gens pour lesquels ce genre de rituel peut marcher. De ritualiser ça, de dire, bon, ok, c'est de telle heure à telle heure, et puis j'y vais. Vraiment, encore une fois, il faut écriver ce qui marche pour vous.
Speaker 3Effectivement, ça peut être tous les jours un petit peu. Comme tu dis, ça ritualise, ça crée l'habitude de le faire tous les jours. Tout comme ça peut être, moi, je sais que c'est vraiment le week-end pour moi, parce que en tout cas, c'était le week-end quand j'étais salariée et que j'avais un travail de 8 heures par jour. Parce que, comme tu le dis, si tu rentres le soir et que t'es complètement crevé, ça sert à rien d'écrire, ça va pas être un plaisir, ça va pas être forcément la meilleure énergie mentale pour écrire aussi. Après, ce qui est drôle
Speaker 1quand même, c'est que c'est un peu comme le sport. Souvent, t'as pas envie. C'est comme quand tu te dis, je fais de la course à pied, ah ben j'ai pas envie d'aller courir, j'ai la flemme. Tu te dis, j'ai pas envie d'écrire, j'ai la flemme. Et en fait, quand tu te mets à courir, quand tu te mets à écrire, ben là, justement, l'énergie, elle change. Tu sens qu'il y a un peu une bonne énergie qui s'installe, et quand t'as fini, c'est vraiment les endorphines, t'es hyper content de toi, parfois non, et t'écris de la merde. Ce plaisir d'avoir écrit aussi, je pense que c'est ça qui nous porte. C'est un peu bizarre de se dire ça, le plaisir d'avoir écrit, d'avoir fait une bonne séance, une bonne séance de sport, une bonne séance de.
Speaker 3Je suis complètement d'accord avec toi, c'est vrai que j'avais pas vu ça comme ça, mais. On s'y met pas forcément en se disant « Ouais, allez, je vais écrire, super! » Mais par contre, c'est pendant, après, que là, on se dit « Mais en fait, comment j'aurais pu ne pas y aller? » Parce que parfois, on découvre des choses,
Speaker 1etc. Là, on fait. C'est le Nano d'avril, actuellement. On a un petit groupe aussi, avec des copines, pour écrire ensemble, et c'est pas mal. C'est pas mal. On dit « Ah, alors, toi, t'as écrit combien de mots? » On dit « J'ai écrit tant de mots, ah, c'est bien, bravo! »
Speaker 3Ouais, c'est encore une fois le côté « T'es pas toute seule, quoi! » Quel conseil tu donnerais aux personnes qui écoutent ce podcast et qui sont au début, qui hésitent à continuer l'écriture, ou même à se lancer?
Speaker 1On ne peut pas se laisser paralyser par la peur et par la procrastination. Ça, c'est tuant, par contre. De faire autre chose au lieu d'écrire, on dirait « Ah, ben, je ferai plus tard, ça, faut pas me faire gaffe. » Notamment toute cette procrastination sur les réseaux sociaux qui est très stérile, qui sert vraiment à rien. « Ah oui, tiens, une technique qui est sympa, moi, j'avais découvert ça par Donel Davoust, alors je sais plus le nom,
Speaker 3c'est Pomodoro. » « Ah oui, Pomodoro,
Speaker 1ouais. » « Pomodoro, voilà. Où vous vous mettez un timer et, par exemple, de 20 ou 25 minutes, mais pendant 20 ou 25 minutes, vous faites que ça. Vous êtes hyper concentré. Vous n'autorisez rien d'autre que écrire sur votre texte, et quand le timer sonne, ben là, vous faites une récré de 5 minutes. Vous pouvez aller sur les réseaux sociaux, si vous voulez. Au bout de 5 minutes, vous reprenez de nouveau 20 minutes. Moi, il y a eu une période, encore une fois, je ne fais pas ça actuellement, mais j'ai eu une période où ça a été hyper efficace pour moi, tout ça. Pour revenir à ta question, quand tu dis vraiment de se lancer sans peur, et aussi, c'est pas forcément une bonne idée de se faire relire trop tôt par d'autres. Même si c'est de la merde, vous dites « Ah, mais c'est pas grave, j'ai fermé la porte. Il n'y a personne qui regarde. Je suis toute seule avec mon texte, avec mes erreurs, avec mes errements, mais c'est pas grave parce qu'après, je vais corriger. J'aurai toujours la porte fermée, il n'y aura personne qui regardera. » Vous savez, ce vieux trauma à l'école, quand le prof, il regardait votre copie par-dessus votre épaule. Ça, c'est paralysant, en fait. Donc, moi, je trouve, voilà, de se dire « Je suis tout seul, je suis dans ma boule d'écriture, il n'y a pas de problème, je n'ai pas peur. Je n'ai pas à avoir peur, il n'y a que moi. » Donc, voilà. Si je me plante, ce n'est pas grave. Il n'y aura que moi qui le saurait, et je vais passer le temps qu'il faut derrière pour corriger. Et puis, je passerai encore un jour à corriger. Et puis, le lendemain, puis sur le lendemain, au bout d'un moment, le texte sera bien. Et là, on pourra ouvrir la porte et dire à quelqu'un « Tiens, tu peux lire mon texte. » Voilà. J'ai vu des gens être paralysés par le regard d'autres et parce que c'était trop tôt, en fait. Ils étaient trop pas vifs. Après, il y a d'autres gens que ça peut stimuler aussi, non plus. mais c'est vrai qu'en tout cas il
Speaker 3ya des personnes à qui ça fait vraiment extrêmement peur de montrer de montrer ses extraits et je te rejoins totalement sur sur ce côté que c'est pas obligatoire dès le début on a déjà le temps d'écrire même on peut écrire le premier jour nantier si on veut et puis le recorriger en entier si on veut comme tu le dis on a pendant le premier jet et nos premières corrections on peut aussi garder ça pour soi et déjà nous corriger à notre manière comme nous on pense et dans la direction que nous on veut avant de commencer là à chercher des avis extérieurs et à corriger ensuite différemment quoi être indulgent être
Speaker 1indulgent soi même parce qu'on est quand même dans une société très performative les réseaux sociaux c'est du jugement en permanence un peu se déconnecter tout ça l'écriture c'est pour vous c'est votre espace à vous ça peut être votre respiration votre bulle vous y jetez des choses très intimes on y met de soi on y met beaucoup de soi donc voilà être être indulgent être aussi bienveillant avec ça et quand vous relisez les textes des autres aussi vous être bienveillant sur sur le forum qu'aux cyclistes la créatrice lycée bonne disait les gens vous confie leur rêve prenez en soin c'est quelque chose qui m'a vraiment toujours quand je vais ta liens textes j'ai toujours vraiment deux prends soin des autres mais prends soin de toi aussi c'était rêve c'est tout ce que tu vas mettre dans ton roman c'est tellement intime c'est vraiment on écrit avec notre coeur quoi donc voilà je pense que maintenant c'est très dur c'est clair et puis je pense
Speaker 3même tu as parlé de la performance il ya aussi le fait de compter les mots alors certes pendant le nano limo il ya un peu plus de temps on compte les mots et c'est mais moi je recommande pas toujours de le faire en fait il ya plein de fois où on n'a pas spécialement besoin de les compter là aujourd'hui j'ai fait tant de mots ça peut être de temps en temps de regarder où on en est parce qu'on avait prévu d'écrire un roman de x mots et qu'on est vers la moitié mais je vois souvent aussi des auteurs avec il dit là j'en écris 678 aujourd'hui je voulais en écrire x et ouais je du coup je te rejoins complètement sur ce côté où mais c'est pas forcément obligatoire en fait dans le nano oui ça peut être motivant mais mais compter les mots c'est pas une obligation pour être un écrivain quoi
Speaker 1non lionel davos dit de profiter de l'acte créatif de ce chemin qu'on est en train de parcourir parce qu'en fait c'est ça le plus beau c'est c'est c'est dur à croire parce que les gens se disent toujours ah ouais si j'étais publié ce serait tellement formidable ma vie va changer et tout mais en fait ce qui vous rend heureux c'est d'écrire c'est pas d'être publié l'expérience de la publication en fait le roman est publié puis vous oubliez vous êtes en train d'écrire le suivant et c'est ça qui vous c'est d'écrire le suivant j'avais j'avais écouté un podcast de vous intervenez je sais pas son nom c'est michel lucy je pense oui oui c'est ça qui est donc un auteur extrêmement célèbre qui ont des centaines de milliers d'exemples là et c'était drôle parce qu'il dit ça il dit ça on se dira lui qu'est ce qui doit être heureux de vendre des centaines de milliers d'exemples là et en fait il disait que bah lui ce qu'il mange un sandwich à midi et puis il part pas en vacances sur les îles de rêve avec avec tout l'argent qu'il gagne ses bouquins non il écrit en fait encore encore aujourd'hui ce qu'il rend lui son moteur c'est d'écrire et notre moteur c'est ça c'est d'écrire donc vraiment de profiter de l'acte créatif parce que c'est là où vous allez être heureux en fait c'est de ça dont vous allez vous rappeler aussi et peut-être même un peu l'idéaliser parce qu'en réalité des fois on en chie avant sur l'écriture d'un roman et après quand on écrit le suivant on se disait ah ouais mais précédent qu'est-ce que c'était bien ah et puis c'était simple et puis tout allait et puis tout était facile tandis que là vraiment c'est dur et tout ça c'est c'est drôle hein qu'on danse aussi après à oublier par quoi on est passé c'est un peu contradictoire tout ce que je suis en train de dire mais je pense que vous voyez l'idée quoi c'est de profiter vraiment de de cette adrénaline là moi j'appelle ça aussi les états de conscience modifiés parce que quand vous écrivez vous êtes un peu dans votre monde vous êtes plongé ailleurs vous êtes dans une forme de trance légère de connexion avec votre muse avec les esprits les démons de l'écriture c'est formidable quelle chance
Speaker 3c'est clair et j'aime beaucoup ta vision là dessus je t'avais déjà vu en parler je sais plus où justement tu avais parlé un peu de cet état un peu de ouais de trance en fait parce que justement d'ailleurs on parlait de Pomodoro mais Pomodoro moi c'est quelque chose qui m'a aussi beaucoup appris parce que comme on est vrai c'est vraiment un moyen une moyen de comment dire d'écrire à 100% parfois on n'écrit pas à 100% tu vois parce que on peut pas toujours écrire à 100% mais par contre quand on le fait quand on trouve un peu ce qui nous stimule et quand on crée un peu cet état de trance c'est incroyable moi j'ai déjà eu l'impression que mes mains elles écrivaient toutes seules je pense que toi aussi
Speaker 1quel bonheur ça c'est des grands moments et là on écrit
Speaker 3le meilleur en plus souvent là il n'y a pas besoin de faire 36 000 corrections
Speaker 1c'est ce qu'on appelle l'état de flou cette espèce de plénitude où tout va de soi où ça coule ça c'est l'extase
Speaker 3je suis contente qu'on ait pu parler de ça
Speaker 1c'est ça et c'est vrai que parfois ça marche pas il
Speaker 3y a des jours où ça veut pas trop on a moins d'énergie et c'est pas très grave on peut essayer d'écrire un petit peu ou pas on peut relâcher prise aussi et s'y mettre plus tard
Speaker 1ça revient il faut aussi avoir confiance en soi ça revient parce qu'on se dit oh là là j'y arrive pas j'y arriverai jamais de toute façon ça y est c'est mort c'est foutu mais moi ça me le fait tout le temps c'est pas parce que là c'est le 11ème roman que je vis pas ça c'est pas parce que là c'est le 11ème roman que je vis pas ça il y a vraiment des moments où je me dis voilà c'est fini c'est bon et puis en fait ça revient même dès pas le lendemain tu comprends rien pour ton énergie et de retour tout ça voilà ouais de pas être trop dure avec soi même d'être indulgent d'être patient parfois faut pas forcer
Speaker 3super je pense que ça rassurera aussi les personnes qui sont encore au tout début et qui se disent qu'on y arriverait jamais mais le truc c'est qu'être écrivain comme il n'y a pas de mode d'emploi on a tous cette incertitude et toi après 11 romans tu l'as j'avais parlé avec Célia Flo qui disait qu'elle l'avait aussi qui disait aussi enfin qui parlait un peu son syndrome de l'imposteur à ses différents stades de sa carrière et je pense qu'effectivement comme tu le dis c'est pour écrire qu'on fait ça donc la publication c'est un petit peu tout un une autre partie du processus mais c'est l'écriture qui fait tout et effectivement ça nécessite d'être inspiré dans une certaine énergie il y a des jours où ça marche pas très bien etc merci mille fois en tout cas Aurélie je sais pas si t'as un petit mot de la fin merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout je t'offre le guide
Speaker 2relooking pour améliorer ton style d'écriture en 10 exercices tu peux le télécharger sur j'écris un roman.fr slash guide et on se retrouve dans deux semaines au café des auteurs prends soin de toi Sous-titrage Société Radio-Canada

Podcast Summary

Key Points:

  1. Aurélie Wellenstein, autrice d'imaginaire publiée depuis 2013, sort son onzième roman « Le Désert des couleurs » le 20 mai.
  2. Elle distingue ses romans young adult de ses romans adultes, préférant les qualifier de « romans passerelle » aux thématiques universelles.
  3. Sa vocation est née dans l'enfance, puis s'est confirmée à 13 ans avec la lecture de Stephen King, dont les essais sur l'écriture l'ont profondément marquée.
  4. Son parcours, long et sinueux, l'a menée de la micro-édition à un succès durable avec « Le Roi des Fauves », installé grâce au bouche-à-oreille et aux prix littéraires.
  5. « Le Désert des couleurs », écrit pendant la crise sanitaire, est un récit de voyage solaire et optimiste, à contre-pied de la dark fantasy de « Ierdam ».
  6. « Mère Morte » utilise l'imaginaire post-apocalyptique pour évoquer avec empathie la destruction des océans et la souffrance animale.
  7. Elle privilégie des intrigues efficaces au rythme de thriller, avec des enjeux clairs et rapides, inspirées du « marche ou crève » de Stephen King.
  8. Elle conseille l'écriture « porte fermée », la bienveillance envers soi-même, la technique Pomodoro et le plaisir de l'acte créatif plutôt que la performance.

Summary:

Dans cet épisode du Café des auteurs, Ingrid Lemaire reçoit l'autrice d'imaginaire Aurélie Wellenstein, qui publie son onzième roman, « Le Désert des couleurs », le 20 mai. Celle-ci revient sur sa vocation précoce, née dans l'enfance et confirmée à treize ans par la découverte de Stephen King, dont les essais sur l'écriture l'ont durablement influencée. Elle raconte son parcours long et exigeant, de la micro-édition frustrante jusqu'au succès de « Le Roi des Fauves », installé dans la durée grâce au bouche-à-oreille et aux prix littéraires.

Elle évoque ensuite « Le Désert des couleurs », récit de voyage solaire et optimiste écrit en réaction à la période anxiogène de la crise sanitaire, à l'opposé de la dark fantasy de « Ierdam ». Elle explique comment « Mère Morte » utilise l'imaginaire post-apocalyptique pour sensibiliser avec empathie à la destruction des océans et à la souffrance animale. Sur la technique, elle défend des intrigues efficaces au rythme de thriller, aux enjeux clairs et rapides, inspirées du « marche ou crève » de Stephen King.

Enfin, elle prodigue des conseils bienveillants : écrire « porte fermée » sans se soucier du regard extérieur, ne pas compter les mots, utiliser la méthode Pomodoro, respecter son rythme et cultiver avant tout le plaisir de l'acte créatif plutôt que la performance ou la publication.

FAQs

C'est écrire sans se sentir jugé, en évitant de se faire relire trop tôt par d'autres. Cela permet de laisser libre cours à sa créativité sans peur du regard extérieur.

Non, il n'y a pas de règle absolue. Chacun doit trouver son propre rythme ; l'important est de respecter son énergie et ses disponibilités, que ce soit quotidiennement ou par sessions plus longues le week-end.

La méthode Pomodoro consiste à écrire en sessions de 20 à 25 minutes hyper concentrées, suivies de courtes pauses. Elle aide à maintenir la concentration et à éviter la procrastination.

Il est conseillé de garder son premier jet pour soi et de ne le partager qu'après avoir fait ses propres corrections. On peut aussi être indulgent envers soi-même et se rappeler que l'écriture est un espace intime.

On peut utiliser la structure en trois actes : poser l'univers, développer les conflits, puis conclure. Toutefois, chacun peut adapter sa méthode ; l'important est de trouver ce qui fonctionne pour soi.

Il faut se rappeler que l'écriture est un plaisir avant tout, et que la publication n'est pas la seule finalité. Rejoindre un groupe d'écriture ou participer à des défis comme le NanoWrimo peut aider à maintenir la motivation.

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