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7 octobre : le témoignage poignant du représentant de l’OMS en Israël - Dr Michel Thieren

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7 octobre : le témoignage poignant du représentant de l’OMS en Israël - Dr Michel Thieren

Michel Tiraine, a WHO representative in Israel, shares insights on his experiences amidst the ongoing crisis in the region. He reflects on the complexities of international responses to the situation, emphasizing the need for continued vigilance. Tiraine discusses the concept of "pre-Shoah" and the rise of antisemitism, stressing the importance of remaining alert to such issues. He recounts a solemn oath made after witnessing mass casualties, highlighting the responsibility of being a vigilant witness. Additionally, Tiraine addresses challenges faced by international organizations, including discussions on famine allegations and political pressures.

Transcription

5617 Words, 30808 Characters

Bonjour et bienvenue sur Mosaïque, la chaîne en quête du sens de l'actualité. Il n'est pas dans nos habitudes de recevoir sur Mosaïque des personnalités officielles ayant des responsabilités publiques exception fait donc aujourd'hui avec notre invité Michel Tiraine qui est représentant de l'OMS l'organisation mondiale de la santé en Israël. Bonjour Michel Tiraine. Bonjour Antoine. Vous allez nous parler de la façon dont vous avez vécu à votre poste donc à l'OMS en Israël, ces événements depuis le 7 octobre, le 7 octobre et depuis le 7 octobre, témoignage particulièrement précieux en tout cas rare car on le verra vous avez vécu de l'intérieur à la fois ces événements et aussi la dissonance entre la réalité israélienne et la manière dont le monde et les organisations internationales d'ailleurs ont pris position pendant cette période. Mais un mot d'abord peut-être de l'actualité comme d'habitude comment vous percevez la phase actuelle est-ce que le retour des otages, la suspension certes bien précaire on le voit encore tous les jours avec des reprises éventuellement de ripostes israéliennes sur des attaques contre l'armée. Est-ce que cette malgré tout cet apaisement donc et surtout le retour des otages vous semble avoir changé la manière dont les occidentaux perçoivent la situation? Moi je pense que les fondamentaux sont toujours là certes il y a eu un instant de joie et d'espoir c'est indéniable c'est normal il faut aussi rappeler que la crise des otages n'est pas terminée nous sommes dans 743 jours c'est très important que les dépouilles d'otage qui n'ont pas survécu soit restitué c'est très important pour les familles c'est aussi très important dans la religion juive tant que la personne n'a pas reçu les sacrements du défunt c'est un manque très important donc il faut bien se rendre compte que les choses il ya eu ce moment d'espoir ce moment de joie bien partagé on l'a vu mais il ya aussi ça continue on est à 743 jours tant que la dernière dépouille n'est pas restituée ce ne sera pas terminée il faut aussi savoir que c'est une crise d'otage qui qui est la plus grande crise d'otage de tous les temps j'ai calculé plus ou moins on est à plus ou moins 100 000 jours cumulés de détention dans les contes dans les conditions qu'on connaît qui ont été partagés par 250 000 otages depuis depuis deux ans je pense comme je disais que les les fondamentaux sont sont toujours là je pense je dirais même que la libération des otages a peut-être créé une situation où israël n'est même plus sympathisable par rapport à la prise d'otage c'est à dire que maintenant on en viendrait presque à dire israël tes et vous vous avez vos otages et donc ce dernier lien où on pourrait dire tiens on justifie ceci cela même celui là maintenant il est plus là alors je dis pas que c'est comprenez bien ce que je veux dire je dis simplement que il ya aucune raison pour que ce qu'on observe aujourd'hui au niveau de la montée de l'antisémitisme et des récits biaisés par rapport à la guerre ne disparaissent de si peu parce que les racines sont sont sont toujours là je crois d'ailleurs qu'il faut s'attendre à peut-être même un regain inévitablement les journalistes et les observateurs pourront retourner à gaza et là il y aura forcément plutôt une base une validation du du récit et je pense que le récit du voyant sera même pire que le récit d'aveugle et donc je suis pas tellement optimiste mais non par rapport à la guerre et la reprise tout ça bon bah là je laisse à des spécialistes observateurs militaires et de sécurité pour pour le faire mais mais c'est vrai que je ne suis pas tellement on a compris les fondamentaux n'ont pas changé mais vous êtes allés plus loin parce que l'occasion des des deux ans du 7 octobre vous avez publié dans l'actualité juive un texte qui s'intitule nous sommes en pré-choa sous-titré une opinion non-juive en israël nous sommes un période de pré-choa écrivez-vous une affirmation qui peut surprendre en tout cas choqué évidemment mais je l'assume dites-vous dites-nous ce qui vous fait penser que nous sommes effectivement dans cette situation que vous appelez pré-choa bon d'abord je pense que enfin moi j'ai toujours pris la choa l'événement de la choa c'est peut-être un biais de génération ou certaines certains apprentissages comme un compas éthique de mon existence moi le plus jamais ça je prends ça très au sérieux et je pense depuis toujours que le plus jamais ça peut basculer très très rapidement en un à nouveau et donc il faut être très vigilant donc pour moi penser en pré-choa c'est augmenter son niveau de vigilance et c'est donc de se mettre en condition pour éviter que le pire ne se répète donc ça peut surprendre mais c'est ma c'est mon hypothèse de vie c'est mon hypothèse peut-être de travail c'est de dire que ce risque est permanent que le plus jamais ça c'est c'est c'est un vœu d'espoir mais il est mais dire ça c'est différent que de dire pré-choa comme si ce qui se passait en seulement et déjà plus ou moins oui oui donc je sur cette base là ça veut dire que je suis assez réceptice à ce qui se passe donc je fais des comparaisons et pour moi il ya il ya énormément de d'événements qui sont qui faut nommer c'est que par exemple il y a un acharnement multilatéral un acharnement du reste du monde sur israël les il ya eu 173 accusation dans les milieux multilatéral au nusien quel qu'il soit tout cumulé depuis 48 mais 10% peu près entre 15 et 20 10% de ont eu lieu dans les deux dernières années donc il ya un acharnement multilatéral sur israël il ya on a vu les derniers les derniers discours des des états sur sur israël on a vu aussi l'explosion d'actes antisémites alors aussi moi ce que je parfois j'ai du mal à comprendre c'est qu'on écrit de plus en plus on établie une sorte de taxonomie de l'antisémitisme et l'antisémitisme de droite et l'antisémitisme de gauche comme si comme si l'antisémitisme devait se manifester différemment selon la l'entité politique ou l'entité idéologique qui le perpétue donc pour moi je crois qu'il ya il ya ces acharnements du monde et qui particule auquel je suis particulièrement sensible étant dans les milieux multilatéraux un récit très très engagé très biaisé pour moi et et la montée des actes antisémites alors je n'accepte pas j'ai très peu d'inclination pour la contextualisation et de dire que c'est les actes antisémites sont la résultante de ce qui se passe en israël j'ai du mal avec ça parce que ça ça excuse l'actes antisémites lui-même et pour moi il est il est une expression je dirais presque une déviance du genre humain c'est quelque chose qui existe qui est permanent et donc pour le quel il faut être très vigilant le je suis je suis très très sensible à ses comparaisons je peux continuer la liste je peux parler du manque de dialogue humanitaire on en reparlera peut-être un petit peu plus tard mais il ya donc je disais cette sensibilité que j'ai que je développe que je travaille tout le temps mais le fait qu'elle existe il ya énormément d'exemples qui fait que on pourrait se dire si on fait un parallèle avec les années 30 on est dans pleine dent il ya il ya absolument aucune je n'ai aucune gêne à mentionner ça mais c'est très exagéré et prouvé que j'ai tort comme on dirait en 86 en 84 sarajevo l'olimpique en disant moi je pense qu'on est en prêt massacre sarajevo et on me dirait en 86 en 85 84 pardon mais mais michel c'est malade tu veux dire quoi regarde c'est le c'est la c'est l'olimpisme c'est tout ça en 92 sarajevo était quand même pris 4 millions de michel tiraille une question peut-être plus personnelle est-ce que votre qualité de non-juif vous donne une vision différente de celle des juifs aussi peut-être non pas de celle des juifs mais de de l'antisémitisme d'abord je pense que quand on est non-juif on sait peut-être plus ce que c'est que la tentation antisémite que que que que pour une personne juive alors la tentation antisémite c'est simplement se laisser glisser par manque de travail par manque de connaissance dans l'antisémitisme pour moi j'ai l'impression que l'antide fin j'ai pas l'impression j'en suis certain que qu'une position antisémite est quelque chose de très facile à adopter on se laisse aller tranquillement on fait des blagues sa dégénère etc mais et c'est beaucoup plus facile que faire l'inverse donc je dirais même que que c'est ce n'est pas en s'informant de contre vérité ou en se laissant influencer qu'on devient antisémite mais c'est en apprenant à ne pas l'être qu'on évite de l'être c'est vraiment il n'a qu'un apprentissage si je rajoute être influencé par quoi vous dites alors nous par des discours par des des par des ponts cifs par des des habitus un certain panurgisme qui est qui est quand même très puissant il y a des gens peut-être de bonne foi qui tombe dedans et puis qui deviennent de mauvaise foi je pense qu'il faut arrêter ça très très vite parce qu'une fois qu'on est dans la dans le panurgisme et dans cette mouvance antisémite je pense que c'est pas évident d'en sortir donc moi je j'ai mis une barrière immédiate et c'est pour ça que je le perçois peut-être à vif et c'est pour ça que je n'hésite pas à dire qu'il faut pas être juif pour souffrir d'antisémitisme moi ça me fait mal de voir tout ça ça me fait mal de voir quand je suis en europe d'où par l'antisémitisme de voir toutes ces manifestations contre le peuple juif ça me fait du mal et c'est parce que je vois que les gens et bien ils ne travaillent pas ils ne travaillent pas ils n'apprennent pas à ne pas d'être antisémite il faut apprendre à ne pas l'être c'est ça que vous nous apprend à le panel voilà c'est c'est alors je dis pas que c'est c'est un peu difficile parce que on pourrait dire mais si c'est tellement d'efforts c'est que toi aussi t'es antisémite non c'est pas ça que je veux dire c'est simplement que il y a quand même eu quelque chose qui s'est passé il ya 80 ans qui est absolument que on peut toujours pas expliquer on a des centaines des dizaines de milliers d'académiques d'études on se posera toujours la question du pourquoi et du voilà donc c'est quelque chose qui du fait de le fait de la Shoah montre qu'on est tous à risque comment on apprend alors comment on apprend pour terminer moi j'ai ma génération c'est de la génération x comme on dit au le début de la fin du beau du baby boom plutôt x mais on comment on apprends de pas l'être ben c'est justement en faisant ce ce postulat que cette chose a existé moi j'ai grandi avec des témoignages qui commencent des études qui commencent à sortir j'étais à l'école publique en belgique et donc j'avais des amis qui qui parlait c'était la la première génération ou la deuxième comme on découvrait la la shoah effectivement on est un espèce de manière que ce qui a eu le moment des des récits puis a eu à long silence et puis il ya eu cette espèce de on en parlait à l'école on disait et moi j'ai une petite anecdote j'avais j'avais 9 ans je pense et j'avais mon ami Fabrice qui était juive de famille juive et son père est venu chercher à l'école et et m'a montré son son avant-bras et donc moi très tôt déjà je me suis posé la question je me sais quoi qu'est ce qu'il veut montrer etc donc je sais pas c'est un avant-bras à tout et donc il faut préciser voilà l'avant-bras à tout et donc survivant de l'holo cause et donc de la shoah et donc et donc ces choses-là se sont accumulées je me suis interrogé intéressé j'ai eu des périodes de c'est pas possible et alors j'ai commencé à travailler ça étudier ça donc j'ai je travaille mon nom mon je pratique mon anti-antisémitisme avec le compas de la shoah moi ça c'est très important Michel diane alors en tant que maintenant on va revenir à votre fonction représentant de l'oms en israël vous vous êtes rendu donc en tant que telle très rapidement sur les lieux des massacres tout y est figé dans le meurtre avez vous écrit en voyant ce que vous avez vu sur place vous avez fait un serment je vous cite c'est depuis les frigos de la base militaire de shoram et le centre médico légal de telle à vie vous les morts d'équiboute c'est de nova reposait sur des étagères enveloppés dans des sacs plastique que j'ai fait le serment de rester très vigilant sur la suite avenir je peux le raconter peut-être cette scène qui vous a conduit à faire ce serment alors oui je peux je peux raconter et forcément ça ça ressemble des émotions donc on est vraiment au tout début parce que j'étais part en israël cet octobre j'étais en europe mais très vite dans les heures je suis j'ai pris un avion et je suis rentré et donc très vite j'étais voir les les équipouts et et j'ai vu j'ai revu pour la troisième fois dans mon existance que c'est une terre de massacre alors je pourrais vous décrire ce que c'est une terre de massacre mais cette espèce de paysage très silencieux réverbérant sourd et comme je dis figé dans dans dans sortes de paupays du meurtre c'est très particulier c'est c'est c'est pour ça que les deux premières fois juste c'est pour une fois j'ai vu j'ai vu ça juste après enfin dans dans le bleu la grisaille hivernale du srebrenica de 1995 donc juste après les massacres au lieu en juillet et plus bon voilà dans quelques deux trois mois après je suis allé là-bas il y avait personne j'étais tout seul dans cette ville et alors qui galit qui galit en août de 1994 1994 j'ai visité qui galit qui était une ville fantôme ville qui qui habite plus au moins de à deux millions de personnes bah il y avait peut-être 25000 personnes dedans donc il ya quelque chose j'ai toujours trouvé qu'une terre de massacre c'est pas une terre de guerre j'étais en syrie on voit les terres de guerre c'est pas la même chose terre de massacre c'est une terre de massacre on pourrait écrire des livres entier là dessus mais je l'ai senti est ce que j'ai vu à tout ça raza et à berie et à nova c'est une terre de massacre sans la moindre et après ça pourquoi se serment pourquoi se serment après ça j'étais donc j'ai visité les morgue de choram la base militaire de choram en israël où les les morts de c'est qui pute c'était rassemblé et autopsied et donc à m'en donner je me montre on me montre les on dit voilà là il ya les containers frigorifiques et ils voulaient les gens qui me montrait pensaient que ça allait s'arrêter là et j'ai dit non vous devez ouvrir moi je veux rentrer dedans et donc ils m'ont en insistant un petit peu c'était pas par par un pertinence ou par voyeurisme pas du tout c'est parce que de la même manière qu'une terre de massacre il faut la voir il faut l'écouter il faut la sentir mais moi je devais rentrer être proche de de la mort de kfar asa et de berrie que je venais de voir quelques heures avant et donc je suis rentré dans dans ces frigos et là j'ai fait le serment dans cet endroit je décris d'ailleurs un peu dans mon article on voyait envoyer ce qu'on voyait ça disait bien l'horreur de la chose j'ai fait ce serment j'ai dit maintenant je suis un témoin et si je suis un témoin j'ai une responsabilité de témoin il n'y a plus à discuter il faut que je sois très vigilant sur ce qu'on dira sur ce qu'on oubliera sur ce qu'on dira pas etc et c'est ce que j'ai fait depuis deux ans et je fusion à l'OMS a été c'est complètement basculé de faire de la santé des soins hospitaliers soins d'urgence etc santé publique a une sorte de position de témoin vu par un professionnel de la santé et ce fut bien à propos vous dites encore que vous avez fait ce serment car il y eu d'abord le silence des instances internationales et de beaucoup de mes pères tardant à condamner le grand pogrom le plus grand pogrom du 21e siècle et ce qui devineraient la plus grave grise crise d'otage donc de tous les temps dont vous avez parlé et puis on est rapidement passé donc après ce silence à l'accusation renversements d'accusation de famine de génocide comment est ce que vous avez perçu cela de votre place vous dans votre organisation à l'OMS c'est compliqué c'est compliqué moi je pense alors je vais quand même dire quelque chose je ne suis certainement pas là pour faire le procès de l'OMS aux des nations unies je laisse à d'autres le faire moi je donne un témoignage qui est forcément un peu en porte à faux et mais qui est important et il faut savoir que l'OMS est la seule organisation des nations unies qui a un bureau en résidence un représentant en résidence en israël je pense que le vache cher à quelque chose aussi mais c'est c'est un mandat plus moins large en l'occurrence michel tiraine donc voilà voilà donc donc on c'est déjà un mérite qu'ils ont de vous avoir important et donc on pourrait dire mais il s'expose il va non je suis pas là pour faire de la maltraitance à mon organisation mais je suis là pour fournir cette vision que l'OMS elle-même me permet de donner en me positionnant là-bas et donc je crois que l'OMS attache de l'importance aussi au témoignage du de leur médecin salubris qui sont mis là-bas maintenant il est évidemment comme je suis la seule seule staff des nations unies qui travaillent vraiment côte à côte avec le gouvernement israélien et pas pour en être biaisé non plus mais je suis forcément en minorité numérique dans ma propre organisation et c'est vrai que moi étant là-bas depuis ce que je viens de vous raconter à choram et à kaffa raza je tapais du pied en disant mais ils ont toujours rien dit alors son c'est peut-être le gain le week-end on trouvera l'immobilisme de ces organisations l'OMS c'est quand même une même si elle est née en même temps qui sera elle à un mois d'intervalle finalement la constitution de l'OMS et la déclaration de ben-gurion ont un mois d'écart dont c'est des ces jumeaux l'OMS a bien vieilli et israel est toujours aussi jeune mais mais l'OMS c'est quand même une inertie peut-être qu'on peut excuser ça mais mais je trouvais qu'il y avait il y avait trop de questionnement par rapport à ce qu'on fait sur le maintenant est ce qu'on faut faire ça il faut qu'il y avait trop de questionnements pour moi justement il ya il ya partout dans le monde une volonté de contextualiser et c'est pour ça que je dis dans mon article il ya cette espèce de winnais qui qui arrive pas la date hein oui mais le 7 octobre oui mais c'est pas arrivé dans un dans le vide le 7 octobre oui mais il ya context le 7 octobre oui mais c'est quand même un passage de d'une guerre plus long que de pratiquement un siècle etc et moi ça je réprouve tout totalement parce que on ne peut pas c'est comme si on disait la show a oui mais alors je ne compare jamais la show à orace mais il ya cette espèce de volonté de dire oui mais il ya context non il ya pas de context il ya pas de context possible au meurtre du amas c'est c'est absolument pas possible donc pour moi il faut il faut le dire il faut en tout cas le marquer le coup je peux pas demander à une organisation d'état d'aller de se comporter comme une organisation non gouvernementale on chacun son son rôle mais c'est vrai que je tape un peu du pied et vous dites quand même que déjà en décembre 23 donc quelques mois après un dans une réunion de gouvernance multilatérale sur gaz à jeunève à laquelle vous assistiez on pouvait entendre combien il serait important de pouvoir démontrer scientifiquement l'occurrence d'une famine voilà des mois à venir de pouvoir utiliser le terme à des fins de communication et de pression politique sur la puissance occupante à savoir israël tout cela était donc quand même explicitement dit dans ses réunions au plus haut niveau alors alors il y a cette c'est en fin de cette réunion alors je dirais pas ni de ou de ce n'est pas nécessairement le maître assurez vous mais il ya eu effectivement en fin de réunion un regroupement d'experts et ils se sont posé la question suffisamment fort et moi j'étais là et j'étais absolument estomacé qu'est ce qui disait donc je disais ce que j'ai dit dans l'article qu'il faudrait pouvoir trouver faire pression avec un tel vocable parce que ça marchait beaucoup mieux donc moi j'étais quand même très choqué de ça ce qui m'a beaucoup choqué dans tout ça c'est que les coupables et les gens à aider ont été désignés dès le début dès le 8 octobre et de en plus leur crime ont été annoncé donc quand on dit il faudrait démontrer le la famine c'est on a déjà énoncé le crime quand on parle de génocide alors là on peut aussi j'ai l'OMS n'a jamais rentré là dedans il y en a d'autres mais très tôt on a parlé de ces on a on a prononcé ces deux termes qui sont quand même des termes très limite très très restrictifs en termes de semen une sémantique très puissant on les a jetés en pâtur comme ça dès le début donc on a énoncé les crimes et après on a essayé de les démontrer et moi ça c'est pas du tout normal ce qui est important dites vous ce fut pas la justesse du mot mais ça mise en résonance dans le vide abyssal des réseaux sociaux du moment que le mal fut fait le mal est fait on a le sentiment que que finalement la fin de la guerre ne va pas changer grand chose à cette volonté de considérer qu'il y a effectivement eu un génocide cette vision quasiment idéologique oui cette retard on aura beau alors les rapports on jugera je veux dire moi je les ai lu je constate simplement qu'on n'a jamais eu de rapport je suis bien cherché par rapport au rwanda le génocide coup les sources il y a eu un rapport d'enquête plutôt sur le lycée ferronusien il y a un rapport d'une commission d'indépendante il a 24 pages il y a un paragraphe sur la justification du génocide il n'y a pas seulement de pages de justificatif vous savez quand on j'ai fait la médecine quand on a on apprend le traitement d'une maladie si le traitement est décrit en dit page c'est qu'il n'y a pas de traitement donc sinon un traitement c'est trois lignes vous prenez ça vous prenez ça parce que ça marche et ça et ça tue la maladie donc au plus gros sont les rapports au plus suspect ils sont bon je vais me faire taper dessus mais mais il y a quand même quelque chose écoutez moi ce que j'ai je ressens dans le récit c'est pas uniquement qui je trouve biaisé que je trouve tout le temps du même côté c'est que il y a souvent une une sorte de jouissance on perd la langue de bois alors alors que la langue de bois devrait être peut-être là on la perd il y a une sorte de de on décrit on annonce on fait le récit de cette guerre avec une certaine certain plaisir et c'est là que pour moi tous ces récits d'où qu'ils viennent ils sont intes d'antisémitisme ça fait peut-être réducteur mais je le ressens et je le ressens la lumière de tout ce que je vous ai dit avant ça sera bon critère finalement cette notion de cette pointe de jouissance qu'il y a à dire du mal des juifs ou à dire du mal d'israël il serait le symptôme même de l'antisémitisme et la caractéristique et je dis pas que les gens se marre je dis pas que non mais il ya un timing c'est toujours un nom de la morale quand même c'est toujours oui il y a un timing par exemple le timing entre une accusation à propos d'une autre guerre sera différente le timing à propos de la guerre à gaza donc le timing est c'est plus rapide c'est plus descriptif si on lit les rapports c'est plus descriptif et c'est pour ça je me dis mais la langue le timing tout ça oui on condamne autant pour ce qui se passe en ukraine on condamne d'accord j'ai une discussion avec un ami d'une ONG qui me dit mais Michel ne t'emporte pas on fait la même chose en ukraine je dis non vous faites pas la même chose vous avez pas les mêmes timings et vous avez pas le même langage oui on a le même langage oui mais il ya il ya il ya peut-être trois lignes de plus il ya un objectif il ya un certain impressement on va dire il ya un impressement et ya un descriptif il ya comme un peu de c'est un peu jouitif quand même on est on est content de trouver ce qu'on pensait de voilà on est content on aime s'entendre parler comme le disait récemment Eric Danon sur notre chaîne l'antisémitice un peu comme le tube de dentifrice aussi une fois que la patte est sortie bien on peut pas vraiment la faire rentrer le tube alors ça je suis d'autant plus d'accord que pour moi on me dirait est-ce qu'on peut revenir en arrière est ce qu'on pourrait revenir auprès cet octobre en termes d'antisémitisme non l'antisémitisme ce il a tout à fait raison l'ambassadeur Danon que d'ailleurs j'ai rencontré quand j'étais en israël une fois ça va ça va toujours de l'avant ça va toujours de l'avant c'est comme pour l'instant c'est un c'est un barrage qui a sauté ça s'arrête pas comme ça et c'est pour ça que vous parlez peut-être pour revenir au début de près chowa parce que un processus est en cours ce qui ne veut pas dire il y a un processus qui est en cours et moi je fais tout ce que je peux enfin c'est d'en dire rien à mon niveau pour essayer de la retenir ça nous témoigner quand même ce qui est déjà beaucoup je témoigne parce que c'était très important à nouveau précisons le tout mon propos je pense que je le dis dans mon article moi je ne n'y pas les souffrances de gaza simplement que j'ai une position de représentant en israël nous avons un représentant très compétent agaza qui qui qui parle de réalité gaza et moi je je vois la réalité par rapport à ma position d'observateur en israël et par rapport à la personne que je suis parce que j'ai demandé d'aller en israël quand même j'y suis donc j'ai demandé j'ai des raisons aussi personnelles parce que je voulais aller et donc j'ai une sensibilité qui me permet aussi d'être très très réceptif à ces biais alors vous l'avez dit vous n'êtes pas juif comment vous expliquez que certains réagissent comme vous malgré tout dans le chez les non-juifs et mais pas beaucoup mais beaucoup de d'autres ne réagissent pas comme vous qu'est ce qui fait la le partage finalement entre cette position et l'autre ben c'est c'est le travail je prends ça comme un travail moi j'ai j'ai pris ça comme une discipline d'existe une discipline de vie une hypothèse de travail que rien n'est jamais gagné tout ce que je fais je l'établie par rapport à ça c'est mon compas peut-être mon compas moral donc je parle de la Shoah et comme je dis c'est c'est un travail pratiquement quotidien et maintenant c'est en tout cas quotidien parce qu'avec tout ce qui se passe il faut vraiment être il faut mesurer est-ce que moi je me questionne en permanence je me questionne en permanence sur ça est-ce que on est toujours à risque mais est-ce que c'est imminent et qu'est-ce qu'on peut faire pour l'éviter il faut toujours se soucier des scénarios du pire toujours et pour moi c'est fondamental vous répondez par ma question si c'est vous dites c'est la différence c'est la non-paresse le fait de résister à laisser aller finalement de la pensée que c'est c'est mais aussi je pense que ma réponse à votre question c'est de dire que il ya par défaut il ya beaucoup plus de risques de glisser vers l'antisémitisme pas glisser donc qu'est-ce qui fait que d'autres font la même chose parce qu'il peut-être il bosse aussi voilà parce qu'il lit c'est parce que ils écoutent parce que ils vont écouter les gens ils écoutent aussi les les les fin il y a un c'est un travail alors vous dites que vous avez demandé à aller en israël donc vous étiez déjà dans cette logique là on va dire est-ce que le fait de vivre en israël ça a changé quelque chose dans cette position que vous aviez déjà a priori ça confirme ça confirme des choses que je savais je pense qu'on ne peut pas grandir dans le monde sans se soucier ou sans s'intéresser à israël je peux très bien passer de je sais pas moi de sans péjoratif pour ces pays du luxembourg ou de la lethonie je dirais que tout le respect d'ailleurs j'ai servi en lethonie que j'ai pour tous les pays mais de manière égale mais on ne peut pas ignorer israël on peut pas ignorer l'antisémitisme on peut pas ignorer la centralité géopolitique historique enfin tout ce que vous voulez culturel géoculturel linguistique d'israël des israéliens des juifs et de l'ébreu se veut dire c'est pas c'est pas possible c'est pas possible de grandir en ignorant tout ça et en se laissant aller comme je le disais un panurgisme ba non travaillé toute dernière question est que vous ne craignez pas que votre témoignage se témoignage encore aujourd'hui michel tiraine ne vous mettent en difficulté au sein de l'om s est ce que vous avez des retours non je pense que au contraire l'om s a le mérite quand même de m'avoir déployé c'est pas toujours facile pour une organisation de faire ça c'est une organisation d'état c'est finalement un secrétariat l'om s un c'est les ms n'est rien d'autre que la que la composition des que les états qui la voie des états qui l'a qui la compose donc il y a ce mérite là donc s'il me déploie là c'est qu'il est en plus il me connaissent ils prennent le risque d'avoir un apport nuancé et j'aime bien le mot nuancé je dis pas qu'il est en complète c'est pas un apport de colère c'est un rapport très très nuancé qui permet aussi une réflexion au sein de l'om s et ce qu'on essaye de faire ce que j'essaie de dire par rapport à l'attitude de mon organisation sur ce conflit ci influence aussi sur son attitude par rapport à d'autres conflits c'est on peut difficilement séparer la santé des conflits de la géopolitique et donc il faut il faut essayer de tester un peu les limites de l'organisation et donc moi je suis probablement très en marge de très à la limite mais c'est nécessaire et je d'ailleurs je pense non seulement je le pense mais je l'attendrai que justement ce genre de témoignage ouvre un dialogue au sein de ces organisations parce qu'il ya quand même beaucoup de gens qui qui serait à la même place que moi il ya beaucoup de gens à l'om s qui qui trouve qu'il ya une vision nuancée qu'il faut apporter combien de temps encore votre mandat je pense que je vais rester je voulais pas partir avant la fin de la guerre de toute façon il faut qu'on commence et puis j'ai je vous je dis c'est une responsabilité je pense que je reste encore un an et un demi de petites années je ne sais pas en tout cas ce sera probablement mon dernier poste voilà merci infiniment merci je vous en prie c'est un honneur pour moi merci de ce témoignage tout à fait passionnant venant de vous et de la manière dont vous le vous l'exprimez et très fort très touchant merci beaucoup et merci à tous pour votre attention merci beaucoup d'avoir écouté cette vidéo et pour suivre nos prochaines interviews et bien vous pouvez vous abonner à mosaïque c'est très simple il suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous

Podcast Summary

Key Points:

  1. Michel Tiraine, a representative of the WHO in Israel, discusses his experiences during the events in Israel.
  2. He highlights the ongoing crisis of hostages and the complexities of international responses.
  3. Tiraine reflects on the concept of "pre-Shoah" and the rise of antisemitism, emphasizing the need for vigilance.
  4. He recounts a solemn oath he made after witnessing mass casualties, emphasizing the importance of remaining vigilant as a witness.
  5. Tiraine addresses challenges faced by international organizations, including discussions on famine allegations and political pressures.

Summary:

Michel Tiraine, a WHO representative in Israel, shares insights on his experiences amidst the ongoing crisis in the region. He reflects on the complexities of international responses to the situation, emphasizing the need for continued vigilance. Tiraine discusses the concept of "pre-Shoah" and the rise of antisemitism, stressing the importance of remaining alert to such issues.

He recounts a solemn oath made after witnessing mass casualties, highlighting the responsibility of being a vigilant witness. Additionally, Tiraine addresses challenges faced by international organizations, including discussions on famine allegations and political pressures.

FAQs

Michel Tiraine a vécu des événements en Israël depuis le 7 octobre, avec une dissonance entre la réalité israélienne et la perception internationale.

La crise des otages est cruciale, avec l'importance de restituer les dépouilles pour les familles et dans la religion juive.

Il évoque une situation de "pré-choa" pour sensibiliser à la vigilance et éviter que des événements tragiques se reproduisent.

En tant que non-juif, il souligne la facilité de glisser vers l'antisémitisme et l'importance d'apprendre à ne pas l'être.

Il a fait ce serment après avoir vu les morts et ressenti l'horreur des massacres, se sentant témoin et responsable de ne rien oublier.

Il constate un certain immobilisme et questionnement des instances internationales, soulignant l'importance de marquer le coup face à des événements tragiques.

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