Speaker 1Hello les collègues écrivains, aujourd'hui on va parler de mon sujet préféré, le scénario. Bon ok, le cerveau est à ex aequo avec le scénario. Et notamment des trois bases de scénario à connaître quand on écrit des romans. Ces bases-là je les ai étudiées pendant que j'ai étudié l'écriture créative aux Etats-Unis. Donc ce sont vraiment des vraies techniques de scénariste. Et aussi demain, alors je sais que ça fait un peu short, mais demain soir 20h j'organise une masterclass sur vraiment comment rendre ton roman captivant avec les techniques des scénaristes. Et là, au lieu d'une vidéo de Youtube de 10 minutes, elle dure 2h et on va vraiment faire tout le plan de ton histoire que tu cherches à l'écrire, à la réécrire ou encore à la rendre génialissime. Avant d'attaquer avec les bases, j'aimerais quand même te dire un truc que je trouve fondamental. On a du mal à identifier souvent nos blocages, mais je te jure que dans 95% des cas, pour les auteurs que j'ai accompagnés, que ce soit en écriture, en réécriture, etc., ce qui ne fonctionnait pas c'était le scénario. Et ça c'est une bonne nouvelle parce que le scénario, ça s'apprend, c'est vraiment une technique. Et du coup, plus on maîtrisera cette technique, plus on sera à même d'identifier un petit peu ce qui cloche dans notre texte. Et c'est souvent ça qui bloque. C'est pas forcément les blocages psychologiques qu'on s'imagine avoir au sujet de l'histoire. Oui, mais c'est très personnel, blablabla. Ce qui, bien sûr, peut être le cas. Mais souvent, il y a aussi des petits couacs de scénario qui n'aident pas du tout à écrire une bonne histoire, mais aussi tout simplement à se motiver à écrire. Parce que quand on ne sait pas où on va, c'est pas très motivant. Allez, on attaque tout de suite avec notre première base de scénario. Et oui, bien sûr. Tu la connais. C'est le conflit. Le conflit, c'est bien sûr le moteur de toutes les histoires. D'ailleurs, en général, pour résumer les histoires, moi, dans mes masterclass, je demande aux gens, est-ce qu'il fait ça et il se passe ça est une histoire? Pas forcément. Ça peut être juste l'actualité. Il fait ça en France et il se passe ça au Japon. Par contre, dès qu'on commence à dire il fait ça, mais il se passe ça, on a le conflit qui naît. Le conflit, c'est pas forcément une guerre, un baston, un octogone. C'est vraiment, en général, ce qui empêche son personnage d'obtenir ce qu'il veut. Et ça, ça peut être interne, ça peut être externe, ça peut être plein de choses différentes. Il peut y avoir plusieurs conflits. Plus ça va être diversifié, plus ça risque d'être intéressant. Je te donne un exemple. Dans le Seigneur des Anneaux, Frodon, il veut aller détruire l'anneau. Et donc, il y a plusieurs choses qui l'en empêchent. Il y a Sauron, ouais, mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi le fait qu'il n'est jamais parti de chez lui. Il y a la tentation du pouvoir. Il y a. Ça donne toute une réserve de péripéties où on va se demander si le personnage va réussir à atteindre son but. C'est ça, en fait, qui est intéressant avec le conflit. C'est que le conflit, il va venir mettre un peu de suspense. Et le lecteur va se demander, mais du coup, il va y arriver ou pas. Et il va avoir envie de lire. C'est ça qui est bien. N'oublie pas que sans conflit, ton histoire devient un peu la promenade du dimanche. Ce n'est pas un problème. Il y a des romans qui arrivent très bien à faire une belle petite promenade du dimanche. Et ça se détend. Sauf que, déjà, peut-être que ce n'est pas ce que tu as envie d'écrire. Et surtout, ce n'est pas facile du tout de se motiver à écrire une histoire comme ça. Là où, quand il y aura du conflit, ça va te donner la motivation, etc. On va faire un petit test. Prévision, sortez vos cahiers. Si tu es capable de résumer ton histoire et qu'il n'y a pas le mot « mais », c'est peut-être que ça manque un petit peu de compte. Allez, on passe à la deuxième phase de scénario. Et c'est le désir du personnage. Ton personnage doit vouloir quelque chose de clair. Toi, tu veux bien un truc clair dans la vie. Tes potes aussi. Voilà. Quelqu'un qui ne veut rien. Alors, j'en ai déjà longuement discuté avec certaines personnes, effectivement. Parfois, les gens ne veulent vraiment rien. Mais ça devient presque leur désir, ça. Être tranquille. Tu vois, s'il ne veut pas, rencontrer des gens, ça veut dire qu'il veut être tranquille. On peut toujours trouver ce que le personnage veut. Et ce qui est intéressant aussi, c'est que plus ce désir est concret, plus il va condenser un petit peu l'attention de l'histoire. Par exemple, l'anneau. L'anneau, c'est le désir de tout le monde vu par des prismes différents. Mais du coup, ça condense toute l'attention. De la même manière, un personnage qui a un but à poursuivre, qui souhaite à tout prix aller à tel endroit, réaliser quelque chose, ça sera assez simple de voir comment, gérer l'attention narrative de ce personnage-là, puisqu'on aura un but très clair. Là où les personnages où le désir est plus flou, on va avoir plus de mal. Et vraiment, quand c'est un désir très, très flou, demande-toi vraiment s'il n'y a que ça. Parce que, OK, on veut peut-être faire la paix avec notre histoire familiale. Oui, sans doute. Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi un truc qu'on veut très concrètement au quotidien? Tu vois, par exemple. Et ça, c'est quelque chose qu'on a parfois du mal à identifier quand on est un jeune auteur, on pense beaucoup aux théories. Oui, c'est un personnage abandonné par ses parents, et du coup, il a du mal à construire une famille. Et donc, pour créer cette famille, il va devoir faire la paix, etc. Mais oui, d'accord. Mais en vrai, le personnage, quand il se lève le matin, il ne pense pas à ça. Il pense à quoi? Et par exemple, l'héroïne d'un de mes romans, elle avait aussi une addiction dont elle voulait se défaire. Mais ce n'est pas ce que je vais penser en me levant le matin. Ah, il faut que je me défasse de mon addiction. Elle, elle pensait à « je dois réussir ma mission ». Ma mission, ma mission. Tu vois? Et ça, c'est plus réaliste, c'est plus concret. Et c'est plus, en général, intéressant à écrire. Tu vas trouver plus facilement des péripéties par rapport à ça. En général, tout le monde veut plus ou moins quelque chose. Astuce. Demande-toi ce que ton personnage veut au début de l'histoire, et ce qu'en réalité, au fond, il voulait vraiment. Parce qu'en général, c'est ça. Il y a deux types de désirs. Un peu le désir conscient, et le vrai désir profond et inconscient. John Truby, que tu connais sans doute, un scénariste qui a écrit plusieurs livres sur le scénario, il les différencie en parlant du désir et du besoin. Parce que ce désir profond et inconscient se rapproche un peu des besoins. Des besoins psychologiques. Être aimé, trouver sa place, etc. Là où le désir concret du début, ça peut être justement écrire un livre, partir à l'aventure, etc. Par exemple, dans le film Joker, de Todd Haynes, le Joker, au début, il cherche juste à faire rire les gens, à devenir clown. Ça, ça fait le désir réel, concret. Mais en réalité, c'est pas ça qu'il veut. Il veut être accepté, il veut être vu par les autres. Parce que lui, sa vie, elle est misérable, et il est inexistant aux yeux de la société. Autre exemple. Masterclass, mais attention, ça va spoiler Vénère Fight Club dans les secondes qui viennent. Je te mettrai jusqu'où ça arrête de spoiler Fight Club. J'espère quand même que t'as vu ce film. Dans Fight Club, on a un narrateur qui a pour ennemi un peu la société de consommation superficielle actuelle. Et donc, vraiment, il lui voue une véritable guerre. C'est très conscient. Il veut lui taper dessus. J'exagère, mais il tape sur des gens. Il lui fout le feu. Il fout le feu à ses meubles Ikea, etc. Il voue vraiment une guerre à cette société de consommation. Mais évidemment, ça, c'est son désir conscient. En réalité, c'est pas du tout ça qu'il voulait. Besoin profond, c'est beaucoup plus proche de trouver une identité, de se trouver soi, d'avoir une identité masculine quand même, authentique, et pas du tout l'espèce de fantôme qu'il croise au début du film. Sauf que c'est Tyler Durden qui incarne cette identité masculine. Il s'imagine qu'il a un ami qui incarne cette identité-là, tandis que lui, il reste dans sa nullité un petit peu de gars qui s'acceptent pas. Donc, on a vraiment cette dissonance entre le besoin profond. Là, c'est un vrai personnage. C'est ça ce qui fait le génie de Fight Club. Le moment où on comprend qu'en fait, on avait juste son besoin, qu'il se baladait comme ça avec lui. Excellent film, bien évidemment. Fin du spoil, on continue. Troisième base du scénario, la transformation du personnage. Et c'est la suite directe de ce que je viens de te dire sur le désir et le besoin. Ça marche pas toujours, mais à un moment donné, ton personnage progresse, évolue, fait des choix, se trompe, etc. et monte du coup dans ta. Alors, je décris une pyramide parce que c'est comme ça qu'on l'étudie en écriture créative, mais il monte dans ta progression dramatique jusqu'au climax. Et au climax, il change profondément, en théorie. Et du coup, arrive le dénouement, la fin. Et c'est à ce moment-là, en général, qu'on voit que le désir et le besoin étaient probablement différents et que le personnage réalise qu'en fait, lui, il voulait. Et on se rapproche plus du besoin dans la plupart des cas. Ça, c'est pas forcément facile à faire. Il faut un peu se demander comment le héros va être transformé par cette histoire. Et évidemment, plus il sera transformé, même en mal, plus narrativement, ce sera intéressant d'écrire et on aura une vraie évolution du personnage. C'est ce qu'on appelle l'arc de transformation. Une bonne histoire, c'est pas il voulait écrire un livre et il a réussi. Fin de l'histoire. Pas hyper intéressant. C'est, il voulait se battre contre la société de consommation et en fait, en se faisant, il a découvert autre chose et il a découvert ce qu'il souhaitait vraiment. Et ça, c'est un outil de scénario très très puissant qui peut concerner tous tes personnages, qui peut concerner un peu toutes tes histoires, à condition de bien le maîtriser. Et attention, même dans un livre, dans un récit, entre guillemets, lambda, qui se déroule dans notre monde et où l'histoire a l'air de tenir sur un post-it, il peut y avoir cette transformation importante. Dans La Somme de nos vies, de Sophie Astrabi, sans le spoiler, c'est exactement ça qui se passe. On a un personnage qui se lance dans un truc, qui va observer un petit peu des gens, mais qui va donc en profiter pour apprendre sur sa vie, trouver un peu plus sa place. Et surtout, dans Les Polars, tu remarqueras que j'ai fait un effort, j'en ai pas parlé dès le début, alors que c'est parmi mes genres littéraires préférés. On a exactement ça. On a un policier qui souhaite résoudre une enquête, et en réalité il va se transformer, c'est d'autant plus vrai sur les thrillers, mais également sur Les Polars. Un bon polar, c'est vraiment pas du tout juste une enquête. Il se passe des tas de choses pour le policier qui enquête. Un très bon exemple, c'est la saga de Moe Hyder, avec le personnage Jack Caffery. C'est un personnage très torturé, qui a beaucoup de problèmes, qui doit faire la paix avec le fait que son frère a disparu, etc. Et donc, ses enquêtes vont être toujours teintées de sa vie à lui, de sa psychologie, de comment il va faire évoluer l'acceptation notamment de son passé par rapport à l'enquête sur laquelle il est. Et finalement, l'enquête parfois devient complètement secondaire, même si elles sont vraiment absolument géniales. Et super dark. Je vous pose ça là. En fait, si on zoom un petit peu sur ça, en réalité un arc de transformation, c'est quoi? C'est une situation initiale, un moment de crise et d'apprentissage, et une situation finale qui est différente du coup de la situation initiale. Exemple, Breaking Bad. Très intéressant. L'arc de transformation est énorme dans Breaking Bad. On part d'une situation initiale d'un prof de chimie sympa, à vraiment le mal incarné, Heisenberg, qui incarne le pouvoir. Et cette transformation, la crise et l'apprentissage, c'est vraiment la découverte du pouvoir par Heisenberg. c'est ce qu'on appelle un arc de corruption, c'est-à-dire qu'on passe du bien au mal. On a à l'inverse aussi l'arc de rédemption, donc on passe du mal au bien, et par exemple dans Three Billboards, on a une mère qui est rongée par la colère, obsédée par la justice, qui pendant la crise et l'apprentissage, où vraiment sa colère et sa soif de vengeance vont tout détruire autour d'elle, vont mener à une situation initiale où elle sera un peu plus ouverte au pardon, on va en apaisement de ça. Il y a plein d'autres arcs transformationnels, je ne vais pas tous te les faire, mais j'espère t'avoir donné un petit aversu. Et exercice! Demande-toi au début quelle est la fausse idée que ton personnage a sur le monde. Qu'est-ce qu'il croit qui est faux? Truby en parle vraiment bien, il parle de fausses croyances. Et donc comment il va être amené à changer d'avis? Bon, j'ai menti, il y avait trois bases de scénario, mais je t'en rajoute une quatrième bonus qui est super importante pour moi. Tout ce que j'ai dit là, c'est très difficile à trouver. Je suis sûre que tu as passé toute la vidéo à te dire « Ouais d'accord, mais moi je sais pas ». Et c'est normal. Trouver les mots simples pour décrire les concepts qu'on a choisis pour notre histoire, c'est difficile. Ça nécessite beaucoup de recul. Aujourd'hui, je ne suis pas sûre que tu sois capable de me pitcher ton histoire en une ligne. Dans tous les cas, ce qui est sûr, c'est que plus tu écriras cette histoire, ça dépend aussi du stade où tu en es, l'écriture, la réécriture, etc., mais plus tu passeras du temps dessus, plus ta compréhension va s'affiner, et tu seras capable de trouver ce que je t'ai dit jusqu'ici. En fait, pour te donner une illustration très concrète, quand j'anime cette masterclass en présentiel avec des élèves, notamment dans le cadre de mes retraites d'écriture, en général, je leur fais construire leur histoire sous la forme d'une pyramide montée, dramatique, etc. Et en fait, au début, ils écrivent énormément de choses sur la feuille de l'exercice. Il se passe des tas de choses sur cette feuille, tous les événements, etc. Et en fait, je leur dis, l'objectif, c'est d'arriver à un post-it, où il y aurait juste un truc tout simple, du style, voilà, il se bat contre la société de consommation, mais va découvrir qu'en fait, il cherchait autre chose. C'est le pire résumé de Fight Club qu'on peut imaginer, mais tu vois un peu ce que je veux dire. Au début, on n'a pas cette clarté, donc on a toute notre histoire en tête, tout le résumé. C'est d'ailleurs un peu la même chose quand on écrit un synopsis pour un éditeur, il ne faut pas écrire toute l'histoire. Je t'en parlerai dans une autre vidéo. En tout cas, plus on avance sur notre histoire, plus on va pouvoir condenser tout ce qui se passe dans l'histoire pour arriver au concept clé. Le désir, le besoin, etc. Tu l'auras compris, tu as besoin de temps. Et oui, un scénario super bien, ça ne se construit pas en trois jours. On peut dire que c'est un peu couche par couche. La première couche, c'est ton idée initiale de l'histoire. Ensuite, on va rajouter quoi? On va rajouter des événements, on va rajouter des actions, secondaire, on va rajouter des trucs, etc. Puis, quand on va arriver vers les couches de la fin, c'est le contraire, on va enlever, on va simplifier. Quand tu expliqueras à quelqu'un, ça deviendra hyper simple à faire. Impéro surprise. Les bases de scénario, c'est donc le conflit, ce qui empêche ton héros d'obtenir ce qu'il veut, le désir, ce qu'il veut vraiment, et trois, la transformation, ce qu'il devient pendant l'histoire. Et petite parenthèse du coup sur la masterclass. Rentre ton roman captivant grâce à l'écriture créative. Deux heures des bases de scénario Alors, il y a un peu d'exercice dans les deux heures pour vraiment que tu fasses le plan de ton histoire et qu'il te plaise et que ça la rende absolument passionnante. Je te présente différents outils de scénariste et pas les 22 étapes de Truby. Non, non, non. Des outils simples, concrets et faciles à mettre en place pour resserrer un peu le rythme, identifier les faiblesses de ton histoire, les résoudre et peut-être écarter un petit peu aussi les intrigues secondaires les moins intéressantes. Et resserrer le suspense. On veut du suspense. Elle a lieu demain à 20h sur Zoom, mais il y a un replay également. Je te mets le lien. Je te mets le lien dans la description. Merci d'avoir écouté cette vidéo jusqu'au bout et pose-moi toutes tes questions en commentaire. Vas-y, je suis prête. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. 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