#65 — Odyssée verticale aux Grandes Jorasses, avec Charles Dubouloz
47m 35s
Les Baladeurs existent aussi en BD, rendez-vous sur lesbaladeurs.fr pour les découvrir.Magnifique et gigantesque muraille dressée au cœur du massif du Mont-Blanc, les Grandes Jorasses protègent l’une des faces nord les plus mythiques du monde. Début 2022, Charles Dubouloz s’est engagé en solitaire dans cette face par la voie Rolling Stones. Un itinéraire peu emprunté avec 1200 mètres de paroi abrupte, qui ne voient jamais le soleil et où la température tombe jusqu’à -35°. Un projet d’ampleur de 6 jours et 5 nuits...
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Bonjour, c'est Clément Sakar, du podcast et les balladeurs. Vous avez appris la nouvelle? Après trois ans de travail, on vient de lancer notre toute première bande dessinée, Alaska Highway, signé par l'illustratrice Marie l'arrivée. Elle raconte, à la peinture, le récit d'une aventure du photographe animalier Gérémie Villet et sa rencontre avec un loup dans les terres ennégés du Coranor, que vous avez peut-être écouté dans cette émission. La BD est disponible dès maintenant sur notre site les balladeurs.fr, et dans toutes les livrailles de France. C'est pas un beau cadeau de Noël? Rapprochez-vous de la nature avec Colombia, la marque qu'on soit des vêtements, des chaussures et des accessoires intégrant des technologies testées en condition réelles depuis plus de 80 ans pour les passionnés d'aventures du monde entier. Colombia est fier d'accompagner à nouveau les balladeurs pour cette 6e saison. Rendez-vous sur notre site leshors.com LESOSOTHERS.com pour découvrir notre magazine papier, la carte méthode rectoversa pour organiser vos aventures en France et tous nos autres formats. Magnifique et gigantesque muraille dressée au cœur du massif du Mont-Blanc, les grandes jurasses protègent l'une des fasse-nor les plus mythiques du monde. Restez longtemps à un obstacle majeur dans l'histoire de la conquête des sims, elle demeure aujourd'hui encore l'emblème de l'alpinisme de difficulté. Début de 2022, Charles Duboulose s'est engagé en solitaire dans cette face par la voir Rolling Stones. Un hétinéraire peut emprunter et truffé de difficulté technique, 1200 mètres de parois abruptes avec des fissures déversantes et du mauvais rocher, 1200 mètres de parois glacés, qui ne voient jamais le soleil et où la température tombe jusqu'à -35 degrés, 1200 mètres de solitude, des forts titanesques et de bivouac et prouvants. Un projet d'ampleur de 6 jours et 5 nuits, comme une déclaration d'amour à la montagne, devenu l'une des plus belles ascensions solitaires de ces dernières années, de quoi inscrire son nom à côté des dodeux, des stivales et boivants, dans l'histoire de la face nord des grandes joieuses. Les difficultés que je peux rencontrer dans ce genre d'ascension, elles sont très nombreuses, il n'y a pas à quelque chose vraiment de plus difficiles que l'autre, ce qu'il faut se rendre compte, c'est que tu accumules beaucoup de choses. Ça peut être le soir au bivouac trouver un endroit pour pouvoir dormir assis ou à l'onger, ça c'est une des composantes de difficultés, le froid, c'est quand même difficile de rester au froid tout le temps, tu manches peu, tu fais des longueurs qui sont quand même dures, tu t'engages donc dans la tête il faut être prêt à chaque longueur à retourner t'engagé, le fait d'être seul, quand t'es deux ou trois, tu as fait une longueur un peu dures, t'as envie de te reposer, tu demandes à ton pot qui passe et toi tu peux l'assurer et tu arrives à te détendre et à récupérer un peu d'énergie quand t'es seul, tu perds ton tout en devant, tu y vas, tu y vas, tu te pose beaucoup de questions, mais la grosse différence que je pourrais souligner entre le solo et le fait d'être encordé, c'est la prise de décision, en fait on ne se rend pas compte, mais quand on est encordé dans une face, on se consulte, je ne sais pas moi, 100 fois ou 200 fois dans la journée, manière très inconsciente, tu penses que c'est par là où tu te pose plein de questions au cours de la journée, mais c'est de manière tellement fluide, tu t'en rends pas compte, et en fait quand t'es seul, toutes ces questions, tu continues te l'époser, sauf que c'est tout à dire répondre, et bien souvent il faut se faire confiance, parce qu'il faut prendre une décision et il faut se conforter dans le choix là, donc voilà, cette prise de décision, en étant en solo, ça pourrait être une vraie difficulté à part entière, comme au même titre que le froid, au même titre que la fatigue que le sommeil, que voilà, donc ça fait, on pourrait dire accumuler de toutes ces choses-là, qui font ces ascension hivernales, solitaires, oui, ça fait des, au final ça fait quand même des vraies entreprises, c'est un vieux, difficile dans lequel il faut mettre beaucoup d'énergie pour aller au sommeil. Faire un grand solo très long, c'est quelque chose que j'avais en tête qui murissait, qui a mis des années à murer, mais c'est quelque chose que j'avais, on pourrait dire un peu en toile de fond dans ma tête, en allant dans Rolling Soach, cherché un vrai côté aventureux, je ne voulais pas une voix qui avait été faite 15 fois, même en cordée, où tu avais des photos, où tu avais un topot très détaillé, moi je suis allé là-dedans vraiment à l'aventure, avec le topot auquel je me suis référé, il y a un croquis papier qui date de 2011, de Patrick Déront-Rapas et Cédric Perrya, qui avait fait exactement à la même période que moi en hiver, au mois de janvier. Ils en avaient sorti un petit croquis, je les remercie bien d'ailleurs, et voilà, j'avais juste ce simple croquis fait aussi l'obique, c'est maigre quand t'es dans une face pour te repérer dans une face de 200 mètres, voilà, ça reste, ça reste quelque chose de très aventureux, et c'est vraiment ce que je cherchais. Pour moi, l'ascension des jorasses, elle commence quelques jours avant, quand je vois le créneau météo se dessiner. En fait, c'est simple, je m'étais prévu, je m'étais dit, c'est hiver, je ferais bien la face, non, des jorages, je ferais bien Rolling Soach dans solo, je m'étais plus ou moins bloqué tout l'hiver, parce que ne sachant pas qu'en les conditions allaient être favorables, eh bien, t'es obligé de te bloquer des grands créneaux et d'être en alpiniste, il faut quand même être assez opportuniste, et en termes de durée, c'est vrai que c'est très dur à estimer, je m'étais dit, je pars une semaine plus ou moins de jours, je m'étais dit ultra rapide, j'ai mes 5 jours, et si, ben, je suis lent, il faut que j'ai accepte d'être lent, je peux aller jusqu'à 9 jours, 10 jours, si vraiment, voilà, je vois la météo qui arrive, je prends en contact avec un routeur météo que s'appelle Lyon Gizondaneur, qui est un routeur météo très connu, je lui explique mon projet, et je lui dis, est-ce que tu penses qu'il y a quelque chose, il me dit oui, un créneau qui semble se dessiner, donc au moins, la sensuelle commence à ce moment-là, au moment où je me dis, le créneau arrive, il faut que je prépare mon matoise, donc là, je fais table rase, j'écarte tout dans mon salon, et je récupère tout le matoise dont j'ai besoin, je prépare, je pèse, je prends Jean-Lève, je remets, je vais chercher, je sais des copains, le mato, ce qui me manque, voilà, c'est 2-3 jours assez intense avant, et je commence à apprendre le topo par coeur, le maigre topo, t'y l'obique, je commence à l'apprendre par coeur, je regarde la face, je pense vraiment, je voudrais nuit, donc là, pour moi, je suis déjà un peu rentrée dans l'ascension, même si je n'ai pas encore allé, le matin, je me rend, je part chez moi, tout à l'heure, du bord du lac, je me rends à Chamonix, j'ai la boule au vent, j'arrive, j'ai à pu amonger, je suis hyper stressé, c'est marrant, je suis très stressé parce que je vais faire, vraiment, ça m'inquiète au plus profond de moi, et puis je suis dans notre côté motivé, au point d'y aller, c'est assez surprenant, c'est deux sentiments de te dire, mais pourquoi je vais là-dedans, et en fait, dans ma vie d'Alpenis, dans ma vie d'homme, j'ai quand même vraiment envie d'aller vivre ça, je prends la bêne de l'éguï du midi, je suis avec ces montages, un caméraman, il y a ma femme qui est là pour nous aider au portage et deux copains guides qui sont là pour m'aider au portage jusqu'au pied de la face, donc on prend la bêne de l'éguï du midi, et là, c'est drôle, moi j'ai un sentiment assez particulier, c'est qu'il pourra se plaindre copains guides, et qu'on est au mois de janvier en plein milieu d'un cycle, et qu'on a des sacs énormes, et qu'on croise du monde, et moi, j'ai pas du tout envie d'annoncer ce que je vais faire, ce n'est pas une habitude de dire en avance ce qu'on va grimper, et surtout, on va dire que l'objectif me paraît tellement ambitieux, que je ne me sens pas les épaules de dire aux gens, oui, moi, je vais aller grimper ce que se passe tout seul en plein cœur du mois de janvier, donc il y a plein de copains guides et mes deux potes guides qui mettent au portage, eux ils ne sont pas stressés, forcément, donc ils sont beaucoup plus volubiles que moi, ils croise des copains guides, bah on est de char, ils va essayer d'aller dans le religion, et moi j'aurais préféré à ce moment-là être une toute petite fournée, il fait le truc dans mon coin, et ils me croise des personnes, on descend la vallée blanche, et puis on va au pied des joras, c'est toujours hyper long, on a des gros sacs, mais on met quasiment quatre heures en ce qu'ils rendent, pour aller au pied, et puis, et puis, bah là, c'est le moment, on va dire où tout bascule, tu te laisse les copains, qui t'ont aidé au portage, tu refaites ton sac, tu te changes, et puis, tu te redouces tout seul, la face nord des joras, c'est une énorme murée, il y a un plus tute approche, et plus c'est imposant, au loin elle paraissera elle paraissera haute, mais quand tu vas au pied tu te sens tellement petit, en fait, à l'impression que plus tu te rapproches, plus la montagne te demine, c'est un sentiment qui est pour nous, les alpinis, qui est à chaque fois assez bluffant, quand tu rate les photos, tu rien d'un topo, que tu prépare beaucoup ta course, tu dis "ah oui, ça passe ça, ça passe là, ça passe là, et puis tu, on va dire, tu t'acoutues même petit peu à la face sur laquelle tu vas aller, et en fait, quand tu arrives au pied, j'ai l'impression que ça fait un reset, et que tu es au pied d'un monstre, et que c'est vraiment haut, et tu dis "ouah, mais je vais aller passer une semaine là-dedans, donc cette murée des joras, c'est quand même assez imposante, surtout quand tu es au pied, on pourrait dire, c'est une vraie fois ça froid, il fait toujours très très froid au pied, il y a tout le temps un petit vent, du glacier qui descend, et puis la ligne Rolling Stone, et elle fait partie des plus longs voies de la face, c'est à dire qu'elle part en bas de la pointe Walker, elle arrive en haut, donc ça fait 1 200 m, sur le sort au point le plus haut de la face nord des joras, elle est coupée de rocher, de glace par moment, de ligne de fissure, une ligne de fissure très évidente au milieu qu'on voit depuis assez loin, Rolling Stone, c'est tout ça, c'est du mauvais rocher, c'est des plaquages de glace un peu fin, c'est du rocher parfois un peu meilleur, quand tu arrives au pied de la face nord des joras pour grimper une voix comme Rolling Stone, c'est aussi beaucoup d'un connu, ça c'est un truc qui a assez un palpable, c'est dur à expliquer, mais l'un connu que t'as quand t'es au pied de une face comme ça, alors t'es un connu perso, est-ce que je vais y arriver, est-ce que tu suis assez fort, est-ce que j'ai eu mon machin, les un connu d'ici un, est-ce que je suis au bon nom, est-ce que je suis machin, les un connu de rocher ou de condition que tu vas trouver, c'est plein d'un connu qui te fournit des sentiments assez fort quand tu veux au pied de la face. Donc je me retrouve tout seul au pied de la face et que je vois les autres partis, j'ai une motivation qui je pense est juste dingue dans ces projets, dans ces volontés d'aller en montagne, je pense qu'il y a ça qui est quand même très fort chez moi, je dois avoir un feu intérieur de dingue, et d'un autre côté j'ai peur, sentiment de peur d'un connu, et puis cette extrême motivation d'aller vivre cette aventure qui je pense va me remplir, j'ai trop envie d'y aller quand je suis au pied, j'ai quand même ce qui en ressort, c'est j'ai envie d'y aller et j'ai pas envie d'y aller pour faire un pot de casse ou pour qu'on en parle après, j'ai envie d'y aller parce que j'ai une vraie motivation perso d'aller vivre ce moment en montagne. Moi généralement j'essaie de me dire dans ces moments, si t'as fait tout ça et que t'as chemin de vie et que t'as chemin de ment, c'est pour maintenant, en fait, c'est pas pour être fort, j'en sais rien, la salle d'escalade ou tranquille au chaud, au bar, on racontant des oeufs en buvant des bières avec les autres, faut être au pied des jorasses quand t'es prêt, y aller tout seul en plein niveau, c'est maintenant qu'il faut être bon. Je commence à grimper comme ça, on pourrait dire de manière mal, oui, un peu machinalement, j'y vais, allez hop, c'est ce que j'ai envie de faire. La face est très sèche, le bas de la face est très sec et j'ai beaucoup d'inconnus sur les longueurs du bas parce que le peu d'infos que j'avais eu de Cédric et Patrice qui l'avait fait en 2011, c'est que eux étaient dans les plaquages de glace et c'est quand même beaucoup plus facile pour progresser notamment dans les longueurs du bas et moi c'est très sec et surtout c'est du super mauvais rocher. J'ai un tu peux prendre une pierre qui vient en haut parce que le rocher des fois il décide de tomber comme ça et puis c'est aussi quand tu grimpes, ça rend la tâche plus difficile parce que pour protéger, donc pour mettre des points qui sont béton, c'est compliqué, voilà c'est ça qui est très difficile, c'est et à de protéger et pour progresser. Effectivement les premières longueurs sont vraiment laborieuses je rends direct dedans et il n'y a pas d'où je suis sûr du rocher qui est mauvaise, je me protège pas, hyper bien, j'ai vraiment le sentiment de m'engager, pour autant je me tivier j'avance. En matériel j'ai à peu près 35 kilos de matériel sachant que au gramme je connais le poids de chaque musketon et moi je trouve ça génial aujourd'hui dans l'Alpine si qu'on essaye de se dépouiller pour aller vite, pour être un peu plus efficace, j'ai du matériel de bivouac, j'ai des dodoons, j'ai des chaussons du veil, j'ai à peu près tout ce qu'il faut pour essayer d'avoir chaud, j'ai un réchauss, j'ai dû avoir six cartouches de gaz, j'ai de la nourriture, j'avais pris de la nourriture pour une semaine, après en matériel, j'ai plus techniquement, j'ai deux pulets, j'ai une perte crampon, j'ai un casque, j'ai des freines parce qu'on appelle des freines donc des coins-seurs, j'ai des pitons, j'en ai pas beaucoup choix, j'ai parti avec cinq pitons, j'ai un gros jeu de câblé, donc ça, j'en prends beaucoup, si jamais je dois faire des rappels ou quoi, ça remplace un peu les pitons, en fait, et l'avantage que ça, c'est que c'est plus léger, j'ai également deux cordes, j'ai une corde à simple de 50 mètres qui fait 9 mm, donc c'est pas gros quand t'es dans une face nord comme ça sur du 9 mm et que tu en monte sur ta corde, faut vraiment faire gaffe à pas la faire frotter sinon elle se coupe, et j'ai une petite corde très fine de 6 mm qui est un backup, voilà, j'ai tout ça que j'essaye de compacter dans un sac, que je mets sur le dos quand je remonte sur la corde, et un autre sac qui est plus un sac à dos, très léger dans lequel il y a uniquement du volume dans lequel je mets, bah voilà, j'ai un tapit sol, par exemple, une grosse doux doux dedans et un lit de dos, ça je vais gagner un tout le temps, au moins ça relève du volume de l'autre sac et je peux mettre toutes les choses lourdes dans ce barda, je fais seulement de longueur, donc c'est pas loin du tout, et là la nuit commence à arriver, en mode janvier, la nuit à 17h40, elle est là, donc la nuit, la pénom commence à arriver, en fait c'est tout ça, c'est que moi je me dis je grimpe jusqu'à ce qui fasse nuit au maximum des crées nôtres jours, donc j'arrive, fait nuit et là je suis pendue dans une goulotte très raide, et j'ai pas vraiment de moyens de faire un relais correcte le rocher, étant vraiment mauvais, il y a un peu de glace mais pas suffisamment profonde pour que je puisse mettre des broches à glace pour me faire un relais, donc là je plante des pitons, enfin je galère vraiment, à faire un endroit safe, et je peux pas dormir pendu dans mon bottrier la première nuit, c'est pas possible, je ne me relève jamais, fin de l'an de ma matin, je vais être un légume, mais j'ai de rappel à faire, je redescend et je rentre chez moi, donc j'avais pris un tout petit amac très très léger là qui fait une centaine de gramme, et j'essaye de temps le amac, sous que c'est une galère monstre pour le temps, parce que j'ai pas de point d'accroche de chaque côté, donc je le temps, mais vraiment tant bien que mal, il ne s'est pas suffisamment raide pour qu'ils soient pendus dans le vide, donc ils froident un peu contre la glace, c'est un grand monde solitude là. Je ne sais pas bien, j'arrive pas à trop à faire fondre de la neige, j'avais mis les gants au fond du amac, je ne sais pas en rentrant dans clac, une paire de gang qui tombe, je suis là au premier jour, je me dis comment je vais faire tomber tout le monde à tous maintenant, faut que je soit vigilant, j'arrive pas à me tenir en debout sur mes fêtesks que je me mets dans le amac, je suis plus debout sur mes gens, enfin bref logistiquement parlant, ce premier bivouac est une vraie galère, je n'étais pas forcément préparé, c'est entre Himel, le truc qui dit bienvenue, donc voilà c'est assez brutal, c'est un introduction à un fast-nor. La nuit doit faire moins 15, je dois être à moins 15 degrés, j'ai pas de vent, donc c'est une température de l'air, donc il faut se rendre compte, c'est très froid, c'est sûr, autour de moi il y a du rocher très raide, je suis pendant une an du très raide et de la glace. Si les alpinis sont générations d'avant, on fait tant de belles choses, si notre génération, elle continue de continuer de tractiver, c'est parce qu'on est aussi attiré un petit peu par ça, parce que ça nous procure des sentiments qui sont dingues, qui sont très grisants, mine de rien, qui, quand tu ressentes, a vécu des sensations qui sont très fortes, qui seraient quasiment, en tout cas moi, je n'arriverai pas à l'évif dans la vallée, sur mon canapoude derrière mon ordi. C'est une sensation, j'arriverai à l'évif là-haut parce que je m'engage comme ça, parce que je suis dans ce froid, dans cette adversité, toutes ces petites choses-là, ça nous me met sans doute à un état de flow, et oui, si on va en montagne, c'est aussi pour ça, mais je dirais en partie, il y a d'autres choses, moi j'aime un peu bourriner, j'aime quand physiquement, je me dépasse, ça c'est un, ça reste basique, j'ai pas spécialement d'explication particulière, mais j'aime ça, j'aime profondément ça, j'aime cet état, j'aime cet état, ou quand je me dépasse un peu physiquement, voilà, et en montagne, bah oui, il y a ça aussi, en plus du flow, quoi, j'aime, c'est ça peut pas être très basique, mais j'aime aller bourriner en montagne, c'est bête, c'est comme ça. Le réveil du premier bivouac, il est désagréable, parce qu'il faut sortir du duvème, mais c'est aussi super, parce que j'ai passé une nuit tellement mauvaise que je suis content de me remettre en action. Je mets beaucoup de temps à me préparer, c'est tout que là, je t'ai pendu dans le vide, donc je mets quasiment une heure et demi, le temps de faire fondre un tout petit peu de neige, donc de boire un petit thé, de manger un biscuit, de sortir de mon duvème, de remettre mes gros chaussures et mes crampons, de me rééquiper, de plier le amac, de plier ton duvème, de ma chins sachant que t'es pendu dans le vide quand tu fais ça, tout prend beaucoup de temps. Donc les matins, la mise en marche est les jamais rapides, donc généralement, le réveil se fait de nuit et tu vois le jour se lever et l'objectif, vu que les crées d'autres jours sont très courants en hiver, c'est de grimper, de relever du jour jusqu'à la tomber de la nuit. Il faut vraiment optimiser ça, si tu commences à faire le feignant, à te dire, je me lève avec le jour, tu as journée et les grilles, il faut vraiment optimiser, sachant que ce qui te permettra peut-être de passer une journée de moins dans la face. Donc le matin de ce premier bivot, je me réveille, il fait nuit, je prépare tout le matoge, je mets à peu près une heure et demi, à remettre mes grosses, à plier mon duvère, arranger mon amac, à enlever tous les points, à réorganiser mon baudrier, et à repartir, je mets, ouais, je mets une bonne heure et demi et je pars avec le jour, je pars avec le levée du jour, je vois pas le soleil du tout, mais dès que c'est entre chien et lou, on va dire qu'il fait froid, c'est pas agréable les premières longueurs, des premiers mouvements même, tu commences à grimper dans le froid, mais allez, c'est parti là, c'est bon. C'est tellement beau là, c'est rose. La face nord des joraces, en hiver, le soleil lui tourne autour, c'est-à-dire qu'il s'évalaisse, il y a la face sud, c'est la face par laquelle on descend, qu'il est bercée par le soleil, toute la journée. Et voilà, donc cette face nord, elle est à l'ombre, en permanence, c'est une vraie différence, ça veut dire que tu n'as pas un petit moment dans la journée où tu sais que tu vas pouvoir te faire réchauffer le dos, parce que, à ces températures là, un rayon de soleil, ce n'est pas du tout anecdotique. Donc, rayon de soleil, c'est puissant, en face nord, en hiver. Lorsque je grimpe, en solitaire, je suis encore des, j'ai fait quelques parties en solo intégrale, donc là, c'est très simple à se représenter, il n'y a plus de cordes, il n'y a plus rien, je grimpe avec tout mon matériel sur le dos. Sauf que dans une face nord, comme les joraces, tu peux pas faire ça tout le temps, en tout cas, dans une voix comme Rolling Stone. Donc, quand je grimpe encore des, je fais un Rolling, comme si on grimpe A2, je mets des freindes, je m'accroche là avec un Rolling, je fais ma longueur avec ma corde en protégeant. J'arrive, je refais un Rolling, je redescend au relais du bas, donc j'ai fait à peu près une longueur de cordes, ça a peu près 40 ou 50 mètres. J'enlève tout le matériel que j'ai laissé en bas, je mets mon sac sur le dos, et là, je remonte avec des systèmes de toblocans sur ma corde, jusqu'au relais du haut. Donc, en gros, je grimpe une fois la longueur, je redescend à rappel, je récupère ton matériel et je regroupe la longueur sur ma corde. Il faut accepter la labeur, il faut accepter de remonter avec ton énorme sac sur le dos, il faut accepter de faire une fois la longueur en tangage, quand même, plus que si il y a un mec qui a au bout de l'accord d'équité assurde, il faut accepter d'être lent. En fait, c'est un alpinisme solitaire, là, c'est un truc où il faut se dire, je vais être plus long que je serais moins efficace, mais je vais vivre un moment plus long, je vais faire une immersion qui est encore plus puissante en montagne, mais ça, c'est un truc qu'il faut accepter avant de partir, fait d'être seul et de grimper seul. Au petit matin, je me dis aller et continuer de pousser, je pense que c'est mon naturel, un peu optimiste qui dit toujours aller, va dire, va avoir un petit peu plus haut, ça sera peut-être mieux. Donc, je repare, et puis je chemise, je grimpe, je ne perds pas, je vois où ça passe à droite, sur que ça semble complètement impossible, et vu qu'il n'y a pas de glace, c'est dans du rocher des versants, je peux carrément pas passer là. Donc, en fait, je force naturellement une route par la gauche, je monte plus haut dans des fissures, je fais un rappel sur un câblé, et là, je m'engage pas mal, je mets qu'un câblé qui est béton, je sais qu'il est très bon, mais là, je rappelle avec mes deux très gros sacs pour me remettre dans l'axe de la voix, parce que j'arrive pas à y aller naturellement. Et en fait, je ne laisse pas de câblé, je ne fais pas vraiment là, parce que je ne sais pas ce que je vais avoir en haut, et je ne veux pas commencer à me dépouiller de trop de matos, donc là, je laisse déjà du matos là, et ça m'embête un peu. Et là, je fais un rappel, un peu complètement décalé dans des dalles, là, c'est un grand moment de solitude, j'ai ma grosse, j'ai mon gros sac de 35 kg au milieu, j'ai un petit sac sur le dos, et là, je me sens un peu seul, ouais. Là, c'est un sentiment de solitude qui vient vraiment de la peur, tout simplement, à ce moment-là, je ne suis pas hyper bien. Je me dis "ouah, le début du chantier était pas parti, je suis en bas de la face, j'ai encore toute la face qui m'écrasse, et je suis déjà en train de faire du bricolage, je me demande ce que va être la suite, quoi". Quand je commence à grimper, j'ai toujours peur, et j'ai peur pendant 6 jours. Alors, il y a des moments où je me détends, mais j'ai pas une peur qui me fait claquer des genoux, en mange, c'est la peur qui me permet de rester concentré, qui me permet de tenir, qui permet de garder un haut niveau de concentration. L'ontant, j'imagine que si j'en le reste peur, je ferai tomber des mousquets, ton mou, je ferai des conneries, où il y a des moments où je serais moins, où j'aurais l'essence, qui serait moins éguisée. La peur me quitte pas, elle me freine pas, je pense qu'elle m'éveille plus qu'autre chose. Je finis cette deuxième journée, mieux qu'elle a commencé, les longueurs des roules un petit peu plus en dessus, je retrouve un peu l'itinéraire, le rocher, pas si mauvais, et j'arrive à faire un bivouac plus agréable que le premier, tout simplement, parce que je suis dans une. je suis dans de la neige, entre deux gros cailloux. Je t'arrasse, je tape avec mon pilot, je t'arrasse, et je creuse une petite tranchée entre deux cailloux. Je n'arrive pas à dormir, à l'onger sur le dos, parce que ça passe pas, mon bassin passe pas entre deux cailloux. Je dorme sur le côté, et ce bivouac est pas si mauvais. Là, je commence vraiment à rentrer dans mon sujet. En fait, il y a une routine qui se met en place dans ces phases. Le premier c'est dur, surtout là, je me retrouve pendu dans le hamac, avec toute la difficulté que ça implique, le deuxième est un peu plus sympa, et en plus t'as pris un petit peu tes habitudes, t'as pris tes marques. La troisième journée, et pas si anodine que ça, elle grimpe, je fais beaucoup de longueurs en chaussons des escalades, et des longueurs qui sont dures. Là, j'ai vraiment le sentiment de grimper, des longueurs dures, j'ai une face nord, il fait -15, -20, t'es avec tes chaussons et t'es tout seul. C'est des sacrés moments, c'est des sacrés moments d'alpinites. Je me suis gentiment vers le sommeil jusqu'au névé médian. Là, j'arrive à peu près à la moitié de la face, et puis là, on va dire qu'au troisième jour, c'est dur. J'ai un moment où la corde se retrouve coincée au relais, dans le vent, il fait très froid, et c'est hyper inconfortable. Ce passage, ça fait partie des mauvais moments. J'en ai eu plein des aléas comme ça, mais c'est un peu les aléas du solo. Là, t'es deux, il y a un mec qui t'a des blocs, ton partenaire, un corps de relais. Ce que là, t'as pas le choix, il faut débrouiller pour redescendre. Une fois le pu, c'est du bricolage maison, il faut essayer de faire un relais. Le problème, c'est que j'arrive pas à construire un relais béton, parce que tous les blocs que j'avais devant le nez, ils étaient très mauvais. Je pouvais plus monter, parce que ma corde était bloquée, et je pouvais difficilement descendre, ce que l'escait d'été dure. Je ne pouvais pas de sang, ce n'était pas drape de corde. Donc, on mange un peu bloqué à ce moment-là, et là, voilà, il faut qu'il y ait une grande boîte à outils d'Alpiniste, et là, tu sortes ton expérience, t'essayes de même si il fait froid avec tes dans le vent, de prendre le temps pour essayer de trouver une solution et de sortir de là. Ça, c'est ce qu'on appelle plus couramment dans le milieu de la littérature française, une épée d'un mot classe. Je ne l'ai pas dit quand même, mais. T'attends le bruits du bloc, si tu fais relier là-dessus, c'est que t'as pas envie de dire. Et moi, après tout ça, j'ai jamais eu autant de envie de vivre, jamais eu autant envie de vivre. J'aime, j'aime, j'aime, j'aime, j'aime, j'aime, j'aime, j'aime. C'est vrai que ce troisième journée, il y a de l'adversité, il y a des choses dure, mais je me sens complètement alignée, je suis hyper. Je pense que, pour moi, je suis heureux d'être là, je me sens bien, ces chouettes, j'ai plus sentiment que j'ai eu le premier jour de manger vraiment dans des mauvaises longueurs, et puis avec un truc qui a où t'es vraiment une incertitude de progression. Là, je suis sûre d'être dans la ligne, et puis je me sens bien, c'est vrai que c'est un sentiment de ce troisième journée qui est assez profond, qui est assez intense, qui est chouette, je me sens bien en phase. Depuis le début, j'arrive pas beaucoup à manger, je pense que je suis tellement stressé que j'arrive quasiment pas à m'alimenter, j'arrive peu à boire. Bon, je me dis, tant que je tiens, tant que je tiens, c'est que ça marche. Après physiquement, je me dégrade. T'as forcément moins d'énergie qu'au premier jour, je pense que j'ai déjà pas mal maigre il a au troisième jour. J'ai vraiment mal au main, parce que je grimpe beaucoup à m'invue, j'enlève souvent mes gants, pour toutes les manipes, je fais quasiment sangant, parce que c'est très compliqué de faire avec les gants. Ça devient, on va dire, que ça serait comme une barre d'énergie qui commence gentiment à baisser pour autant, étant bien, mentalement et bien dans mon sujet, tant qu'en compte, t'es peut-être un tout petit peu moins efficace sur certaines choses. Et un truc est sûr, c'est que pour ouvrir, faire mes musquetons, ayant tous les ongles un peu décollé, des crevasses de partout, un peu déplaise sur les mains, t'es moins efficace, ça c'est sûr. Mais après, ça, une fois de plus, ça fait partie du jeu, c'est quelque chose auquel entre guillemets je m'attendais. J'ai l'expérience des ascensions passées qui font que je sais donc quoi, je sais que quand je vais là-dedans, je vais me détruire un peu les mains, parce que c'est mon petit travail et forcément elles vont se rappeler contre le rocher, contre la glace, le froid, ça fait que ça va faire péter la peau. Mais ça, voilà, entre guillemets, c'est impressionnant, mais ça fait partie du jeu. On va dire que je suis rustique et que dans des conditions difficiles, ça me dérange peut-être moins que certains qui n'y aiment pas ça, ça ne dérange pas de faire un mobibibouac, ça ne dérange pas d'avoir froid, pas tous les jours, mais de temps en temps. Et après, est-ce que j'aime souffrir? Je pense qu'il faut, dans tous les cas, t'es un peu obligé d'aimer ça, quand tu fais de la montagne, t'es un peu obligé de vouloir d'accepter ça. En tout cas, d'accepter une certaine enregistrité et tout ça, ça va être chez les officiers, je veux dire, mais est-ce que je souffrirai pas plus? En étant assis derrière un ordis toute la journée, est-ce que pour moi ce serait pas une souffrance serait plus difficile à subir, parce que c'est pas du tout mon état, ni mon comportement, que dans une face nord comme ça, je sais pas. En fait, la souffrance elle est très propre à chacun, finalement. Et en vraiment plaisir, dans ce milieu de toute la journée, je me dis "ouah mais c'est dingue, je me le dis à plein de petits moments, chaque fois que je me retourne, je prends en conscience, quand je suis au troisième jour, je suis bien dans mon truc et je me n'y mets là-t-en. Pour le mieux de la face nord, tu te retournes, t'as les druts, t'as les guillivers, t'as des couches et de soleil, que tu peux avoir que là, quoi. T'as des angles, parce que si tu ne m'ont pas dans la face, les six angles de vue, tu les as pas. Je pense à juste incroyable d'être au milieu de ces montagnes en plein niveau. Là, je galère pour bivouaker, parce que, en fait, je suis dans une peinte de neige, sauf qu'il y a très peu de neige et que j'arrive tout de suite à la glace noire et j'arrive pas à me tailler une plateforme suffisamment grande pour dormir. En tout cas, pour m'allonger, pour avoir un truc, je ne sais pas, de 70-70 cm de la largeur de mes épaules, j'arrive pas à avoir autant de largeur. Donc, je galère, tu t'eras de la glace noire pendant une heure et demi. Je tape, je tape, je tape, il fit déjà nuit depuis longtemps. Voilà, je galère, je mets du temps à trouver un bivouac. Là, j'ai été rêvé par le froid et en gros, je dors deux trois heures et puis après, j'attends que la nuit passe. Je suis là, je regarde mon téléphone ou j'attends, quoi. En gros, je me rends dans un quart d'heure, je suis rêvé une demi heure, c'est ça. Après, c'est plus par cycle, c'est plus de la patience. Il y a vraiment ces deux trois heures de sommeil que je dirais profond, qui sont hyper réparateurs et après, t'attends que la nuit passe. La nuit, ce que j'essaye de faire, c'est de me reposer au max et de me dire, tu dors pas, mais c'est quand même une période d'une activité, c'est quand même une période que tu récupères. Des efforts de la journée, ils sont tellement longs, tellement continuent quand elles ont solo, que la nuit, tout le moins d'autre, qu'il faut essayer de se relâcher au maximum, c'est de me relâcher, j'ai de dormir, j'ai de penser à des trucs cool, mais c'est plus une phase d'attente et après, tu vois bien quand t'es entre deux autres et dans un état un peu pas liturgique, mais t'es là, t'es un moitié endormi de somme-nolence, on m'a dit. L'on de ma matin, on repartant, je mets du temps à partir, je vois le soleil en face qui se lève là et qui commence à éclairer toutes tes pantes à l'est, c'est hyper agréable et moi, je suis toujours dans l'ombre, je me demande ce que je fous là. Et surtout, pour la mise en marche du matin, le mini rayon de soleil, il changerait tout quoi. Le mini rayon de soleil, il t'aide à sortir de ton duvet, il t'aide à enlever ton gang pour faire fondre de la neige et là, il n'y est pas, mais c'est aussi le jeu de la face nord des jorasses en univers, c'est assez drôle. Et quand je pars, c'est des longueurs de goulote, qui des roues assez bien, j'avance bien et puis plus je monte plus la journée dure, pareil, je fais de la grimpe en chausson, je commence à rentrer gentiment dans l'adversité. Et ce jour-là, il y a un vrai tournant, c'est que le vent se lève, et le vent se lève fort, et moi, ce vent, je n'avais pas spécialement prévu avant mon ascension, quand j'avais prévu les choses avec IAN, le routeur, sauf que, en fait, au moins de janvier, en univers, dans les périodes anticluniques, il y a souvent du vent qui s'installe et ça, voilà, enfin, ça fait aussi partie du jeu, si je n'avais pas prévu, mais voilà, le vent est là, entre guillemets, je suis prêt pour la fronter quoi. Le vent arrive, et c'est du vent du nord, qui me tape en plein dedans, du vent du nord en univers, c'est glacial, il fait hyper froid dans la face. C'est le jour-là, c'est très très dur, parce que j'ai froid, parce que je suis dans le vent, je trente, même dans l'action, j'arrive pas à m'échaufer, et là, c'est une journée qui est finalement, et assez difficile. Le vent en montagne est facile, il n'y a rien, et quand t'es tout seul, c'est une vraie galère. Il y a aussi des passages, des escalades qui sont difficiles à passer, je pense que j'ai très peu de sensation au bout de mes mains, au bout de mes pieds, ou plus, j'ai vraiment beaucoup de sensation. C'est une vraie journée de montagne, et moi, j'en ai la peine, et qui en arrivant au bivouac, le vent ne s'est absolument pas calme, et donc la nuit est géniale, parce que je suis sur une espèce de, on pourrait dire qu'il y a une petite dalle d'un mètre carré à peu près un moins d'un mètre carré, mais qui est vraiment posé et qui prend dans le vide, il y a quasiment 800 mètres de façant de soucis. C'est juste tout d'un instant droit, et donc quand j'arrive, je vois cette dalle, sauf qu'il est plein de glaces et de neige, et en fait, il y a quasiment prise par la glace et la neige, donc il est quasiment vertical, mais en creusant, en creusant avec mon piolet, je vois que c'est une dalle qui est tout plate, et là, c'est un moment génial, c'est un bivouac assez incroyable ou des sols au milieu de la vaste nord des joras, ça fait 4 jours, 8 ans, et là, je perd mon téléphone. Le seul moyen de liaison que j'avais avec l'extérieur, c'était un téléphone, on fait des choix dans le matos, et je m'étais dit qu'il y a une radio, ça pèse à peu près 350 grammes, et je n'en prends pas, parce que je n'en aurai pas besoin, je sais que j'ai du réseau à peu près partout dans la vaste nord, et voilà, si j'ai un problème, j'aurais mon téléphone, j'ai pris des batteries annexes, et donc je suis sur cette petite vieire qui est juste géniale, et en revanche, j'ai pas assez de place pour faire fond de la neige et être allongé en même temps. Je me lève pour récupérer mon réchaux, et j'ai écouté de la musique, et j'entends la musique qui part dans le vide. Là, j'ai un petit moment de bug, non pas que j'ai peur de plus avoir de contact avec qui c'est vrai, mais j'ai plus un moment de bug pour les gens, notamment ma femme, et c'est mon tas, ce qui est attendu des nouvelles, et généralement, je faisais un petit message tous les jours pour des nouvelles, et là, je me dis "Oh wow, je suis là sur cette vieire, et je peux prévenir plus personne", c'est vraiment ça qui me dérange de ne pas pouvoir prévenir les gens là quand je suis dans ce moment-là, et d'ailleurs, je pense que je ne suis tellement pas lucide ou je suis tellement dans mon truc, on est au quatrième jour, que je me dis "Bon, et bien, si je peux pas leur faire un texto, je vais faire un WhatsApp, mais non, j'ai pas le WhatsApp non plus". Mais si je peux pas, je vais faire un message, non, mais je peux pas, mais en fait, non, je ne peux plus rien faire, et ma façon de raison, j'ai l'impression que j'arrivais pas à intégrer, que je venais de faire tomber mon moyen de communication, quoi. J'ai plus de téléphone, j'ai plus de musique là, je suis triste parce que la nuit, surtout quand tu fais froid et que t'attends, la musique, c'est super chouette, ça te rappelle plein de bonnes choses, ça a très chauffe le coeur. Là, j'ai plus de musique, j'ai plus rien, et je me dis que ça va être long, ouais. Je sais pas qu'elle arrive, il fait nuit, il y a du vent pour changer, toujours pareil. J'ai mis une demi heure, j'ai de remettre ma chaussette au fondement du A, tellement j'ai édois de défoncer, j'ai rien à toucher, c'est pas malheureusement, non, ils n'ont pas de bois. Deux heures, c'est du "dédois", c'est des boutins, les knackies, les knack, et là, j'ai des onks qui se décolent partout, des crevasses dessous là, j'ai rien à toucher, je trente des mains sans rien faire. J'ai le coeur qui fait fou dans les deux mains. Je me lève le matin, je pars pour le cinquième jour, là, on va dire à la partie de ce qu'on appelle le "croix", à la partie difficile de l'ascension. Donc je me retrouve dans le croix, si ils sont deux ou trois longueurs, dans une partie des versantes, dans du rocher pas très bon, pendu au milieu de la face nord des joie, ça c'est assez dingue. Et là, le matin, j'essaye de vraiment motiver, de m'envoyer plein de bonnes énergies. On doit aller charler la vasite, il va, c'est maintenant que tu dois maîtriser ton sujet et j'avance pas, je mets du temps, je mets 6 heures pour faire 60 mètres. Donc pour faire deux longueurs de 30, j'ai mis 6 heures. Donc j'ai quasiment occupé ma journée dans ce grand bouclier des versants, là. Là, c'est vrai que j'avance pas tout simplement parce qu'en solo, je grimpe la longueur, je la grimpe pas vite, simplement ce que j'essaye de me protéger, mais j'ai pas suffisamment de matériel, c'est des escalades artificielles. Donc ça implique d'avoir beaucoup de matos, mais étant en solo, j'en ai pas non plus pris énorme, donc ça, voilà, il faut que je m'engage quand même dans la longueur. Je fais un relais, il faut que je redescendre et en plus, vu que c'est des longueurs qui ne sont pas droite, sont des longueurs qui traversent. Donc la redescente est laborieuse, la remontée. Dans un truc déversant, en traverser, en solo, c'est un vrai chantier, je mets du temps, je mets du temps, je me tomouline, enfin voilà. Là, je suis en plein coeur de mon sujet et d'un autre côté, je suis hyper concentré et je me dis que si je suis là, maintenant, c'est que j'ai choisi de lettre et que je suis entraînée pour ça et que je suis bon pour faire ça. Et en fait, il y a aussi un côté grisant, je me dis "ouah, enfin, ce que je suis en train de faire là, c'est génial." Je suis au milieu de cette face nord tout seul, là, dans un truc dur et je prends quand même un certain plaisir, ça faut que je l'avoue, je prends quand même un certain plaisir. Et la journée se finit assez bien, dans des longueurs plus faciles, ils vont me rester deux heures, mais en deux heures, je dois faire quatre fois plus de distance que ce que j'ai mis en six heures. Ça, c'est génial, la fin de journée est grisante et là, j'arrive sur un bivouac, enfin sur une pande de neige, justement. Et là, j'arrive à me tailler un bivouac de luxe, bon de luxe et où je peux dormir à l'onger, mais un vrai bivouac où je peux dormir à l'onger. Je suis haut dans la face, je suis quasiment sûr de ma réussite et là, ce soir-là, ce bivouac là, il a quand même un côté hyper agréable, je ne me détend pas parce que je sais que j'ai pas fini. Mais en tout cas, j'ai passé des difficultés, les parties très dures sont derrière moi, je sais pas combien de temps je vais mettre pour sortir encore. Il me reste une douzeaine de longueurs, je me dis un jour ou deux, mais voilà, je suis quasiment sûr de ma réussite et je me rappelle vraiment de ce moment, je me dis oui, je passe un bon moment, je passe un bon moment au bivouac là. Puis, j'ai le temps de contempler le paysage qui est juste dingue, c'est rose autour, tout seul à face d'un déjeu race, je suis haut. J'ai un espèce de sentiment de me dire, je commence à avoir un petit sentiment d'accomplissement qui est grisant, qui est génial, trop heureux d'être là, enfin voilà, c'est un très bon moment ce bivouac. J'ai trop une sortie, je pense qu'à ça, allez au sommet, après je descendre de nuit, j'en ai un affin et un pleine lune. Il faut vraiment que je me débrouille pour essayer de sortir. Il y a deux longueurs, si je m'assure tout le monde, je ne peux pas sortir. Je ne sais pas si c'est vraiment ça me soule, il faut que je n'en revue de cœur, j'enève de la corde. J'ai l'enceau l'intégral et je fide. On va être formidable, il y a 1, j'ai tout. Je garde plus de bouvres, plus de flottes, plus rien, j'avance. Le lendemain je pars, et je me dis, je pars en solo intégral, j'avance de sorge en émarre le lendemain matin. Donc je mets mon gros sac sur le dos, je fais 15 mètres, et en fait je me retourne dans des goulottes qui grimpe vraiment, qui sont vraiment dures, plus le poids du sac, plus la fatigue, plus le rocher, pas terrible. Et là, je me dis, arrête-toi, je pense à ma gamine à ce moment-là. Je me dis, allez, pense à ta gamine, t'as pas fait tout ça pour tomber dans le vide maintenant. Allez, arrête de faire n'importe quoi, rien encore de toi, même si tu mets un jour de plus, c'est pas grave. Et là, j'ai un vrai déclic, j'ai un vrai moment où je me dis, mais il faut rester en maîtrise, en fait. Te dis pas que c'est fini. J'ai une vraie prise de conscience qui m'a très vite rappelé alors d'un j'ai fait 10 mètres en solo intégral, mais c'était dur, en fait. Quand je suis là dedans, je occulte beaucoup de choses, et je pense plus à ma famille, je pense plus. Alors bien sûr, je pense à mon intégral était physique, parce que je n'ai pas envie de tomber, mais tout ça, pour moi, ces questions, j'y ai répondu avant de partir. En fait, je me pose beaucoup de questions avant. Je me dis, j'essaye de faire un état un peu de quel signe au son ouvert, de quel niveau est ma motivation. Ça, c'est perso, c'est des réflexions, perso qui sont peut-être aussi basées sur l'expérience. Mais à partir du moment, je fais le choix de m'engager dans la face, toutes ces questions de risques et ça, je me les suis posés avant. Et j'ai pris le temps de me l'époser avant, est-ce que j'ai encore envie d'aller là-dedans, est-ce que j'ai envie d'aller m'engager comme ça, est-ce que tu vois? Et quand je suis dans la face, j'ai dit bon, c'est bon, j'ai répondu à ces questions avant, je me pollue plus à tête avec ça, j'y vais, j'avance. C'est pas balicique, bien sûr, si je me retrouve face à quelque chose ou j'ai toutes mes chances d'y rester, je ne vais pas y aller, mais voilà, si j'ai répondu à toutes ces interrogations avant, je trouve que ça t'allège l'esprit, une fois que t'êtes dedans, et ça te permet d'avancer un peu plus sereinement, et de garder d'ailleurs de l'énergie pour autre chose. Je remets la corde, et j'avance ton miac mal, et en fait le terrain est encore même plus facile à la fin, j'avance vite, par rapport aux journées d'avant, j'avance vite. Et je me retrouve donc dans la voie qui est la classique Walker, et là je vais beaucoup plus vite, il y a du matériel en place, le rocher quand même meilleur, et là où j'ai tous mes automatiques, hyper efficace, avance, avance, avance. Je finis en solo intégrale dans des goulottes, dans un souci de rapidité et d'efficacité, parce que j'en avais marre, et je sais que dans ces goulottes là globalement, je ne peux pas tomber, c'est pas très dur. C'est en piolé crampou, techniquement, c'est pas extrême, donc voilà, je suis assez confiant, je me dis allais avance dans ce parti, et en fait ça me peut faire un grand bon an avant, mais d'ailleurs je sers trois longueurs, ça me prend 10 minutes, quoi. Un truc qui me prendrait une heure et demi, ça me prend 10 minutes, ça déroule, et là je vois assez de monta, ce qui est là pour faire des images, pour me filmer, si je vous donne, moi j'ai plus téléphone, j'ai pas plus là, j'ai pas plus l'avant en contact, et je vois ça tête là où, enfin, c'est un grand moment. Et là, je commence à relâcher mine de rien, c'est vrai que je relâche, et puis je fais les deux dernières longueurs, je m'encorte pour les deux derniers longueurs, parce qu'elles sont plus dures, passées là, il y a une énorme corniche pour sortir au sommet. Donc là, je suis encore déje, je fais cette dernière longueur, là, c'est que du bonheur, parce que voilà, je suis sûr de sortir, il y a mon pote qui est en train de filmer, qui est au sommet, j'arrive de 6 jours mine de rien, parce qu'il n'y a pas un ordain, dans le froid, j'arrive à coucher de soleil, c'est juste dingue, en fait, tout s'aligne. Donc quoi, dans la vie, parfois, tout s'aligne, il y a là, c'est un des moments tout s'aligné, il faisait encore jour, j'arrive au beau moment, je suis encore bien, si je suis génial, c'est de sortir au sommet des jorages, en encore le sourire quand j'en parle maintenant. Il y a un truc qui est difficilement palpable, une nouvelle fois, mais quand tu sortes d'une aventure comme ça, tu viens de faire 6 jours, une semaine, peu importe tout seul, dans l'ombre, dans le red, et que tu n'es tout le temps pas en disant ton bodrier, et tout le temps, et un truc qu'on a du mal à représenter, mais si, en fait, tu n'es tout le temps un peu dans des positions d'un confort, tu arrives vraiment à jamais te détendre. Il est soit par le froid, soit parce qu'il tente d'une position qui n'est pas agréable, soit parce qu'il est un peu en gainage, parce que si tu détends trop, tu roules dans le vide même quand tu bivoisques. Donc, et en fait, quand tu arrives en haut, au sommet des jorages, il y a un truc très particulier, c'est que tu arrives vraiment, c'est une calotte qui est complètement plate, et tu arrives sur un truc plan et jeu au soleil. Donc, il y a un détat de température de 30°, tout devient hyper hospitalier, enfin, c'est 3° détat sur du plat, alors que tu as été pendu dans ton bon arbre pendant 6 jours, et là, je viens grandement, et c'est vrai qu'il y a une vraie rupture au sommet des jorages, entre ce que tu vis dans la face nord, et quand tu arrives sur la goulote en haut, et là, wow, tu peux relâcher quoi. J'ai même pas vraiment de sentiment, de quelque chose d'identifier, j'ai l'impression que je relâche tellement fort, que c'est pour ça que je craque que je pleure tellement content de m'en être sorti, entre guillemets, je me suis mis dans un guépi volontaire, c'était ma volonté, et j'ai réussi à m'en sortir. Et là, je suis au sommet, à plat, avec le soleil qui me chauffe le dos, mais c'est juste dingue, il y a un autre truc, c'est qu'il y a un énorme sentiment d'accomplissement. Pour moi, elle est là dedans, c'est personnel, mais c'était. Voilà, aller dans le haut niveau de ma pratique d'alpiniste, c'est personne, une fois le plus, il y en a d'autres qui disent que ce n'est pas ça, moi, personnellement, c'était un peu un objectif de vie, donc pour y aller, je ne me suis pas levée le matin, je me suis dit que je vais aller faire une association solitaire, j'ai énormément grimper, j'ai passé énormément de temps en montagne, j'ai fait beaucoup d'hivernales, je connaissais, je connaissais tout ça, je me suis beaucoup entraîné, et ben là, il y a un vrai sentiment d'accomplissement, et le fait de se lire, enfin voilà, je suis au sommet de ce truc que je considérais un peu comme un. comme un grâle, c'est super fort d'euros sentir ça. En vanche, je n'y identifie pas sur le moment. Je pense que sur le moment, je suis tellement là à relâcher la pression et la tension, ce petit peur, comme si il est un couvre, il est disparaissé pour pendant quelques minutes. Et bien sûr, il faut rester concentré pour la descente, ce que c'est plus du tout la même chose. C'est que tu craques aussi que je pleure. Et même aujourd'hui, quand j'ai repens, je suis hyper heureux tout simplement, parce que je suis très heureux que la montagne, c'est des pleurs de bonheur aussi et je suis très heureux que la montagne, mes ascensions, elle me fournissent autant de sentiments, je trouve ça trop beau. Je suis pas spécialement un poète ou un rêveur, mais je suis trop heureux que la montagne me fournissent si sentiment là. Lorsqu'il débouche enfin au sommet, Charles du Boulouse retrouve Sébastien Montaze Rosset, qui réalise un documentaire sur cette ascension. Le film de Londres à la Lumière, dont vous avez entendu quelques extraits dans cet épisode, est disponible en VOD en ligne sur Vimeo. Un moment plus tard, Charles du Boulouse est reparti dans cette face nord des grandes juraces, en compagnie de Simon Valfringer et Clovis Paulin, cette fois pour répéter une voix qui jusqu'ici n'a été pratiquée qu'une seule fois, la directissime de la Pointe Walker. Leur succès a encore fait largement parler de lui. Merci à lui pour son témoignage et merci à vous d'avoir écouté cet épisode. Les baladeurs est un podcast du Média Les Hauses. Cette épisode a été réalisée par Thomas Fier, assistée par Nicolas Alberti. Cette histoire a été présentée par Clément Sacard, la musique est composée par Nicolas de Féron et Michael Boga, s'est occupée de la musique additionnelle, Chloe Vibos est assurée du montage et Antoine Martin du mixage. On se retrouve donc 15 jours pour une nouvelle aventure. À très bientôt.
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