#51 - Lucie : "'J'ai connu le harcèlement scolaire"
30m 33s
Lucie recounts her traumatic experiences of being bullied in school due to her mother's bipolar disorder, highlighting the lack of support from adults. Despite facing severe challenges, she found solace in art and music, eventually achieving academic success in higher education. After college, she joined a student group for a sense of belonging, but struggled with inner turmoil and self-destructive behavior. Despite the journey of overcoming adversity, Lucie's story underscores the long-lasting impact of bullying and the importance of mental health support in educational settings.
Transcription
5925 Words, 32510 Characters
Bonjour, c'est Marine d'Increse. Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouvel épisode et je voulais vous remercier encore et toujours pour votre fidélité et vous êtes à chaque fois plus nombreuses et nombreux à écouter le podcast et c'est fou, parce que j'aurais jamais imaginé ça quand j'ai lancé ce projet il y a deux ans. N'hésitez pas à nous suivre aussi sur le compte Instagram @IncresePodcast, c'est super chouette du pouvoir aussi échanger avec vous sur Instagram. Pour ce nouvel épisode, j'acquai au micro Lucie pour parler de harcèlement scolaire. Dès la primaire, Lucie a été victime de harcèlement à cause de la maladie de sa mère qui était bipolaire et donc différente. Lucie nous raconte les années à l'école, sans amis, rejeter et violenter par les autres enfants, sans qu'aucun adulte à l'époque prenne vraiment cela au sérieux. Lucie t'est moyen aujourd'hui pour aider toutes les personnes qui traversent qu'à la traverser et pour sensibiliser sur les ravages du harcèlement. Vous écoutez en crise le podcast pour aider à remettre du sens qu'on t'il n'y en a plus. Pour ce nouvel épisode d'Increse, je suis heureuse d'accueillir le micro Lucie. Bonjour Lucie, bonjour. Pour celles et ceux qui te décourent avec cet épisode, est-ce que tu peux nous dire en quelques mots qui est Lucie? Je suis Lucie, du coup j'ai 31 ans, je suis actuellement enceinte, il me semble que c'est important. Et je suis comédienne, intermitante du spectacle à Saint-Etienne. J'en ai commencé l'hésispoir par le début et le début c'est l'enfance. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur où tu as grandi, est-ce que t'avais des frères et soeurs? C'est grandi à mon méran qui est un petit village de la drôme. J'ai une grande soeur qui s'est beaucoup occupée de moi parce que j'avais une maman qui était bipolère, qui n'ait plus là, elle a décidé de fin, c'est suicidé il y a 7 ans. Et ça, un petit peu, sont en importance parce que c'est justement à l'école et je pense par rapport à la maladie de ma mère que les enfants, en fait, m'ont arcelé parce que c'était la folle du village. Tout ça, après j'ai quand même eu des moments heureux mais c'est vrai que c'était une enfance assez compliquée et caoutique, je dirais. J'imagine, effectivement, t'es venu témoigné au micro-durisque que tu souhaites partager et qui, en plus, est malheureusement très d'actualité sur leur cellement scolaire. Je te laisse choisir dans l'histoire à quel moment tu veux nous faire commencer cette crise? Ça a commencé assez tôt pour moi à l'école maternelle, ça allait et puis j'y arrivais à la primaire. Là, ça a été un petit peu la descente aux enfers parce qu'elle avait beaucoup de rumeurs par rapport à la maladie de ma maman. C'était quand même il y a quelques années, l'enfance, tout ça et ma mère dans le village, c'est même fait exorciser, c'est ça qu'on dit. C'est pour dire quand même aussi l'endroit qui était très petit, donc voilà, ça s'est beaucoup su. Et puis, bon, une maman bipolaire qui sort dans le village en crise de délire, nuit, en chantant ou des choses comme ça, c'est des choses qui malheureusement sont répéter, repéter, repéter et répéter. Et c'est les parents qui le disent aux enfants, etc. Et donc dès la primaire, ça a commencé là, en fait, coup dès que j'y arrivais, c'était des insultes, c'était, je me suis fait beaucoup violenter aussi. Et puis, il y avait personne dans le sens où je vois bien que les professeurs à l'époque, heureusement maintenant, je vois bien que ça quand même changait, mais il se mettait vraiment en serre, qui est discuté entre eux pendant les récrets et puis alors là, ils pouvaient se passer, pouvaient n'importe quoi, en fait, c'était terrifiant. Ce le fait de se sentir vraiment seul, livré à soi-même, au milieu de gens qui sont censés, du coup, nous protégés, nous surveillés aussi et personne l'obsé. Ça paraît fou de t'entendre ça. J'imagine que tu avais peur d'aller à l'école et que c'était une angoisse pour toi. Après, c'était une époque aussi où on ne parlait peut-être pas aussi suffisamment de psychologie, de phobie scolaire, par exemple, je ne suis même pas sûr que les mots ont été posés. À aucun moment, moi, je sais juste que, en tout cas, j'avais des gros problèmes de vente, du coup, j'ai raté beaucoup l'école parce que la peur revente vraiment d'y aller et j'avais fait des tests. On m'avait dit, bah, vous avez des ganglions à cause du stress, ça c'est dans mes souvenirs d'enfance, après, je ne sais pas plus, mais vraiment, je pense que ça se voyait, ou à même au niveau physiologique. Voilà, j'ai quand même du commet mal à l'école, il n'y a pas eu de mise en place, comme maintenant j'espère qu'il y en a, c'était en continu. Donc, j'avais pas d'amis. Par exemple, les anniversaires, quand on invite des gens, j'ai quand même essayé d'inviter des copies de mes personnes devenées et c'était souvent, bah, de façon ta mère elle est folle, on ne va pas confier nos enfants à quelqu'un. Alors qu'il y a des moments où elle était stable, enfin, je veux dire, il n'y avait pas de. Et tu avais pu en parler un peu à ta famille, à ton père ou à ta soeur. Eh ben, c'est là aussi où je vois que ma famille était quand même très dysfunctionnelle. Ma mère, je pense que c'était celle qui comprenait le plus. Je pense que ça a dû être terrible pour elle parce qu'elle a dû aussi comprendre que c'était quelque part pas de sa faute, mais vous voyez ce que je veux dire, que ça venait d'elle quand même. Mon père, je me rappelle, qui disait "arrête ton cinéma". Et mon père, c'était quelqu'un, il est toujours là, je l'ai toujours, hein, mais c'était quelqu'un de très colérique. Et je sais que quand je pleurais ou quand je disais que, voilà, que ça allait pas, j'ai des souvenirs vraiment assez violents de lui qui va me jifler, qui me disais maintenant "arrête ton cinéma", de faire ton intéressant ou des choses comme ça. Donc, j'avais vraiment pas grand monde, j'avais peut-être ma grande soeur qui a un moment, je me rappelle, je crois qu'elle en avait eu marre, elle était venue à la sortie de l'école, elle avait essayé de parler avec une dégrande soeur aussi d'une gamine qui m'insultait et me frappait et je crois que ça en était venue au. Enfin, voilà, ça avait aussi. ça avait pas fait l'effet sconté, ça a été un petit peu violent, et puis voilà, il y avait des bandes aussi de villages. Enfin, en tout cas, c'était à ce moment-là, c'était vraiment où elle est bande un peu rival, les frères et les soeurs qui se mèlent de ça, voilà. Et ta grande soeur, elle n'était pas concernée aussi par des gens qui se moquaient d'elle à l'école? Non, bah après, on avait 7 ans d'écart, donc ça fait quand même un petit peu grand, elle est au moins au collège, mais ce qui n'a pas forcément aidé, parce que après quand on a une grande soeur qui est au collège, on rentre au collège et puis. Et aussi les gens qui l'a connaissés, donc suffit qu'elle dit des trucs un peu bizarres et en fait, ça m'a suivi. Je pense qu'on était considéré comme vraiment bizarres, juste par rapport à une maladie psychie d'un membre de la famille, quoi. Et qu'on aurait pu attendre de l'empathie ou du soutien, de se dire que c'était difficile pour toi, petit-ti, et on aurait pu espérer que les parents des autres élèvent leur explique, il fallait être gentil. Bah ouais, rien que ça, et puis se dire aussi, bah, cette gamine, parce que voilà, j'étais quand même, je pense pas avec un peu de recul, parce que. Je pense que, du coup, ça m'a rendu un peu bizarre, c'est-à-dire que j'avais pas d'un mis pour jouer, donc je me suis. Enfin, j'étais souvent toute seule, j'ai fait beaucoup de rôleurs, de vélo, je trainais toute seule, il y avait vraiment un truc où j'avais que la musique et petit à petit, en fait, à force d'être seule. J'ai vraiment des styles un peu particuliers, c'est-à-dire que, à 12 ans, du coup, j'étais rejetée, je pense, je sais pas trop, j'ai pas trop de réflexion là-dessus. J'ai pas trop pensé, mais je m'étais raser un peu la tête, j'étais très goutti, que je traînais les cimetières, enfin. Voilà, je me suis un petit peu mis en marge aussi, parce qu'on me mette en marge, et que peut-être que c'était mon seul moyen de m'affirmer. Ouais, et du coup, de choisir toi, de t'être différentes, et pas que ce soit imposé par le groupe, peut-être que c'est ça. Et tu as réussi, en termes de. Parce que tu as expliqué que tu avais des mots de ventre, que parfois tu pouvais pas aller à l'école, à cause de ces douleurs. Tu as réussi à scolèrement à tenir le rythme. On m'a fait redoubler, parce que, du coup, il faut biscolère, donc pas envie d'y aller, donc forcément pas envie d'apprendre. Pas, c'est même pas pas envie, c'est pas trop le choix, je dirais. Et on m'a dit, on va te faire redoubler, comme ça, au moins les gens qui te harcèlent, ils vont passer au niveau suivant et puis. Et ça ira mieux. En gros, je trouve ça un petit peu débile dans le sens où ça ne règle pas le problème, en fait. Mais en redoublant, c'est vrai que ça a été un petit peu plus facile après, sauf que, après, je suis allé dans le collège. On n'y a pas 36 collèges quand on est à la campagne, quoi. Donc, je suis allé au collège, là où il y avait les personnes qui m'avaient arsoler pendant tant d'années. Et ça, c'est reproduit. Ça s'est reproduit, mais j'ai eu une amie à ce moment-là, une très très bonne copine que je vois plus à l'heure actuelle, mais qui m'a un peu, je pense, vraiment aidé, vraiment sauvé à cette période-là. Et aussi, ça ne sais pas si je te ferai le dire, parce que c'est quand même assez violent. Mais à un moment, j'en ai eu tellement marre de me faire frapper, insulter tout ça, qu'il y a une des arseuses, je l'ai pris sa tête et je l'ai claté contre un mur. Je l'ai pété le né au collège. On n'a plus jamais fait chier. Après, ça a été, voilà, ça a été maintenant, c'est stop, quoi. Et après, je faisais un petit peu ma vie avec cette copine-là, voilà. Le lycée, c'était un petit peu mieux aussi. Et la fac, c'était génial, mais c'est vrai, quoi, que primaire collège, ça a été très compliqué. Ce qui est horrible dans ce que tu nous partage, et j'espère que les adultes sont plus sensibilisés aujourd'hui, mais c'est inacceptable que. On te dise, bon, tu redoubles, ça va faire que les gens y partent de rien mettre en place pour essayer de te protéger du point de vue des adultes. Par rapport à la nuit que t'as réussi à avoir au collège, déjà, je suis content de savoir que t'as réussi à avoir ça, parce que c'est évidemment hyper important dans sa construction. Qu'est-ce qu'il fait d'après toi, qu'elle a posé, ce qu'en plus, je pense que ça devait être difficile pour elle, doser être ton ami, vu que tout le monde disait qu'il fallait pas l'être. Qu'est-ce qui d'après toi fait qu'elle a réussi à venir vers toi? Pour le coup, je pense que c'est par rapport à son histoire personnelle, c'était quelqu'un qui avait des parents très strictes. Du coup, j'avais des parents un peu. On va dire un peu l'axis, du coup, ils m'ont toujours un peu laissé faire ce que je voulais faire. J'avais un style vraiment un peu décalé tout ça, et je crois qu'elle est venue pour ça, en fait. Parce que après, la suite de l'histoire, c'est que du coup, on sortait, on faisait des conneries, on allait dans des concerts, tout ça, on s'habillait un peu. Là, c'était le look émo, et bon, ces parents au bout d'un moment, ils ont dit bon t'arrête de voir cette fille. Alors qu'on s'est claté, c'était pas, mais je pense que c'était pour braver l'interdit qu'elle s'est dit. Je vais aller vers la personne un peu rebelle que tout le monde rejette. Voilà, cette fille-là, maintenant, j'ai pu du tout de nouvelles, je crois qu'elle est venue. Elle est bien rentrée dans le moule que ces parents avaient fait pour elle. J'espère qu'elle est heureuse. En tout cas, vous savez, c'est une amie étusée à faire un dessin animé avant qu'on commence leur gistrement si tu veux une disant parler. Oui, avec plaisir. Vu que je savais qu'on allait faire cet enregistrement, du coup, c'est pour ça que je me rappelle, mais j'ai re-regardé Lilo Estich, qui est quand même un assez vieux dessin animé. En re-regardance des dessins animés, je me suis dit, mais c'est dingue, parce que la petite fille dans le dessin animé me fait beaucoup penser à moi. Dans le sens où, c'est sa grande soeur qu'il élève, parce que ces parents, je crois, ils font le petit son mort. Et elle se fait arceler un peu par les gens de son île, parce qu'elle est sur une île. Et elle se sent extrêmement seul. Et elle rêve d'avoir un seul ami. Et là, il y a Stitch, qui est une créature qui a été créée en labo, qui débarque sur la terre, mais qui est une sorte de monstre, mais il se fait passer pour un chien. Il est caoutille, qui pète tout. Mais au final, ils vont devenir amis. C'est hyper beau, parce qu'elle a enfin quelqu'un. Lui, elle n'a pas de famille, il veut qu'il a été créé de toutes pièces. Du coup, c'est vraiment cette histoire-là, tu peux faire famille autrement. Et voilà, il n'y a pas longtemps, je l'ai re-regardé, et je me suis à beaucoup pleuré, parce que ça m'a rappelé comment, dans quel état j'étais à ce moment-là. Ça m'aiment beaucoup, quand je t'écoute, c'est à ce qu'en fait, je fais le projet, et je me dis, mais mon Dieu, c'est inacceptable. Un petit enfant, c'est ça, d'être re-racheté par tout le monde. Ça fait monter l'émotion, tu vois, nous t'entendres. Tu nous as expliqué beaucoup de violences, que tu as fini aussi toi par y répondre. Moi, ce qui vient à l'esprit, tu dis que je ne sais pas si je dois le dire. Mais moi, j'entends que dans un moment, en fait, tu te défend. Ça me semble, en fait, après avoir reçu tant de violences et de coups. Oui, c'est normal de se défendre. Mais le truc, c'est que, avant même de se défendre et de mettre la colère, moi, dans cet harcèlement, tout ça, qui a duré quand même un certain nombre d'années, la colère, au bout d'un moment, on la plus contre les autres, on la contre soi. Et moi, je sais que ça a développé chez moi un trouble de la personnalité limite, aussi appelé trouble borderline. Bon, bah voilà, il y a ma mère. Bon, voilà, déjà tout ça, le climat. Mais du coup, plus le harcèlement, tout ça, ça fait quand même des gros traumatismes. Et du coup, la colère, vraiment, que j'avais contre le fait de ne pas être acceptée, je l'ai beaucoup mis sur moi. Ce qui fait que ça a été très dur. Puis, au final, du qu'on n'apprend pas à s'aimer que les autres, on se construit aussi par rapport au regard des autres. Et c'est là où je trouve que le harcèlement, c'est hyper dur. C'est hyper dur, c'est parce que les adultes aussi à l'époque, en tout cas, ne se rendaient pas compte, de jusqu'où ça peut aller. Ça peut détruire la construction d'un adot, d'un jeune adot. Et vraiment, après, c'est compliqué de s'en sortir alors heureusement. On s'en sort, on se suis la preuve. Mais c'est horrible de se détester le plus au monde. Voilà, moi, et une époque, on me disait de façon que t'es celle que tu déteste. T'es la personne que tu déteste le plus au monde. C'est parce qu'on m'avait envoyé aussi cette image là, quoi. C'est un peu un effet miroir. C'est ce qu'on dit que souvent, quand tu ne peux pas exprimer une émotion, tu devrais sortir, tu te la donner à toi, en fait. Et du coup, toute cette colère et cette haine, tu la retournes contre toi. Donc, tu nous racontais que primaire, très dur, collège, pareil, avec quand même une petite ouverture avec une amie. Et ensuite, le lycée a été un peu plus facile. Ça a été moins difficile, parce que déjà, la première année, je suis allé dans un lycée que j'avais choisi, parce que j'avais été prise dans une option, l'option musique. Donc, ça a été assez fou. J'étais hyper contente. J'étais, du coup, avec des gens un petit peu, on va dire différent. Sauf que, bien, vu que j'avais quand même redoublé, que j'avais quand même. J'ai eu pas mal de lacunes. Et en gros, après la seconde générale, on m'a dit bon, ben. Soit tu redoubles, soit tu passes en première STG. Donc, j'étais à l'époque, vraiment, considéré comme un bac qui est un peu poubelle, mais j'avais pas envie de redoubler encore. Et du coup, je suis parti dans un lycée technologique où l'avramant, ça aurait pu très mal se passer dans le sens où j'avais rien d'en commun avec les gens de là-bas, rien. Enfin, les filles, elle parlait beaucoup de maquillages, des trucs et tout. Et c'était. Pour moi, ça a été un petit peu l'enfer, mais heureusement, j'avais pris l'option artistique. Ça m'a fait vraiment du bien, ça m'a libéré, quoi. Et tout le reste, en fait, du lycée. J'ai passé mes trois ans à me dire, dehors de question que tu te refais s'arsoler, ferme ta gueule, rentre un peu dans le moule. Donc, je me suis suradapté. Je me suis vraiment suradapté pour faire mes deux ou trois ans restantes avant mon bac et me casser quoi. Mais ça vage, je l'ai pas trop mal vécu, mais c'était pas. L'adaptation. J'étais fière de moi pour ça. Peut-être pour ça que je suis devenu comme édienne. Et oui, j'entends dans ce que tu nous partages, tu nous parlais de la musique plus jeune, là, des art plastiques. Toutes ces activités-là ont été pour toi un peu une aide. Oui, clairement, ça m'a. J'en avais trop besoin d'ailleurs, je crois que pour. Ah oui, pour mon bac, du coup, en option art plastique, j'avais décidé des trucs un peu. J'avais fait des tableaux troués et tout ça où j'avais vraiment parlé de mes trois années au lycée, comme quoi ça avait été l'enfer, et tout mis sur. J'ai eu 18 et demi où j'ai commencé à tout dire, mais c'est. Oui, oui, non, ça a toujours été un exuteur, ça fait. C'est essentiel. Et ensuite, tu nous disais donc que tu avais réussi à être suradapté, à rester discrète, pour surtout pas revivre un phénomène de rejet, après le lycée, qu'est-ce que tu as fait? Tu as changé de village, de ville. Et ben alors, je pense qu'après le lycée, ça a été un petit peu les. Bon, j'avais des séquels psychologiques, on va dire de tout ça, mais après le lycée, étrangement, je me suis inscrit à la faque et pas d'un point de fin. J'ai fait une double licence. Donc tout le monde m'avait dit tu arriveras jamais, en gros, je suis arrivée à la faque avec mon bac STG option, ou sur Art Plastic, et j'ai fait une double licence, c'est l'aide moderne, air du spectacle. Donc quand même français, bien français. Franchement, le premier semestre, enfin, même au début, les prophéties, ils m'avaient dit tu arriveras pas. C'est juste pas possible, quoi. Je ne suis jamais allé au rattrapage. J'ai eu ma double licence. Là, franchement, j'étais fière, quoi. Et ça a été la faque, ça a été super. Tu peux être fière, c'est impressionnant de m'aider de fronte de Cursus. Oui, mais moi, je ne suis toujours pas comment j'ai fait. Et à ce moment-là, en termes de relation amicale, tu étais plus intégrée et tu avais des amis? Oui, oui, j'avais des amis et puis surtout, après, voilà. Là, j'en suis pas fière, par contre, mais j'ai fait partie d'une confririe étudiante, qui est assez connue, qui s'appelle la Falluche. Et donc là, tu rencontres des gens de toute la France, tu fais des congrès, tu fais des soirées. Donc, j'ai un petit peu pris ma revanche dans le sens où. Mais même là, il y a eu des moments où. Ouais, c'était pas assez quand même une micro-société un peu. Et là aussi, j'ai eu un peu des problèmes pas de harcèlement. Mais il y a pas mal de gens qui sont un peu ligés contre moi. Mais c'est parce qu'en fait, je pense que j'avais aussi. Non, je savais pas que j'étais parce qu'en vrai, j'étais très malheureuse aussi à ce moment-là. Je vous dirais que j'avais quand même pas mal de séquelles. Mais la Falluche, du coup, pas mal d'alcool, les soirées étudiantes, tout ça, c'était pas. J'étais pas construite, en fait. Donc, je pense que j'avais l'impression d'être intégrée, de plaire, de tout ça. Et puis, en fait, c'était beaucoup de vent, beaucoup de superficialité et beaucoup d'alcool. Mais j'étais quand même moins seule. J'étais quand même apprécié par certaines personnes. Pas partout, évidemment. Aujourd'hui, si, enfin, j'espère, si un enfant est victime de harcèlement scolaire, je pense que déjà, les adultes dans l'école prennent des mesures. Et je pense aussi à l'accompagnement thérapeutique pour aussi accompagner des enfants. Je pense avoir la réponse, mais je t'ai la poste quand même, si toi, à cette époque-laise, qu'on t'a aidé en temps de l'envoir quelqu'un, un médecin pour un psychologue ou. Ma mère avait essayé de m'emmener quand même voir quelqu'un. Mais c'était horrible, je ne parlais pas. Ouais, non, c'était horrible. Donc, j'ai pas trop. On n'a pas trop continué. J'ai arrivé pas, en fait, c'est débile. C'est juste que la personne-là ne me convenait pas. Et on n'a pas spécialement creusé. A ma famille, ce n'est pas à dire. A fois, absolument, qu'elle trouve quelqu'un pour parler, pour. non, non, c'était. Bon, on a essayé, ça marche pas trop petit. Ouais, non, t'as pas eu cette ressource-là. Et toi, aujourd'hui, avec des yeux d'adultes, et le recul que tu as, qu'elle regarde, tu portes sur cette période, quand tu y repenses, quand tu me la racontes. Il n'y a pas longtemps, je suis redescendue dans ce petit village de la drôme. Et j'ai vu une défi qui me arcelait vraiment. Et ça va faire irre, parce que je me suis dit "Putain, pardon, purée." Excusez-moi. Elle est toujours en même endroit. Elle a fait, je crois qu'elle avait quatre ou cinq enfants, avec le même mec de l'époque. Enfin, voilà, qu'elle avait dû rencontrer au collège. Et tout, je me suis mis. Elle n'est pas sorti de là, quoi. Elle n'est pas sorti. Pour la première fois, au lieu de me dire. Enfin, j'avais pas de n'y rien, mais je me suis dit, mais j'ai vécut tellement d'autres trucs au final. J'ai eu un regard en mode. En fait, j'ai eu de la peine pour elle. C'est horrible à dire. Mais je me suis dit, meuf, toi, t'as vécu des trucs bien horrible et tout. Mais t'as bourlingué, t'as fait des trucs, t'as. Voilà, tu manques sur scène des fois, tu. Avec les faits durs que t'as. Parce que, au final, je pense que c'est aussi ça qui fait qu'on est ce qu'on est. Mais enfin, il y a quand même des moments où je me dis purée si j'avais pas vécu ça. J'aurais peut-être plus confiance en moi. Il y a des choses quand même où je vois bien que j'ai des blocages. Enfin, voilà, je ne l'en veux pas non plus. C'est comme ça, ça fait partie de moi maintenant. Quel type de blocage, par exemple, si tu as envie de le partager? J'ai encore des groupes, mais ça, c'est aussi des. beaucoup au trouble de la personnalité limite, mais ne pas réussir à se dire. Je vais chaler. Non, mais ce dire qu'on n'est pas aimable. Là, leur actuel, enfin, voilà, je vais être maman. J'ai un amoureux que j'aime énormément, qui m'aime énormément, mais même ça. Et j'arrive pas vraiment à le. à le conscientiser, à me dire, en fait, c'est possible que quelqu'un, même tes amis, t'aimes exactement pour ce que tu es. Et ça, c'est dur, quoi. C'est dur aussi pour les gens qui même, du coup, parce qu'ils n'arifent pas. Disment enfin, mais c'est pas possible que tu remets toujours tout en cause. Tu vois pas que je. Voilà que je t'apprécie que je t'aime, que. Et ça, je trouve ça dur, parce que j'ai l'impression qu'on m'a volé quand même quelque chose qui me semble et quand même les sens même de la vie. C'est cool, ça me fait l'image du panier Persé où tu l'as rempli d'amour, mais ça faut toujours remettre comme ça. Ouais, voilà, c'est ça. Comme tu dis, c'est. Tu sais pourquoi c'est comme ça, et après, c'est effectivement le chemin d'une vie de réussir à redonner de l'amour à cette petite fille qui l'a pas eu. Mais d'ailleurs, je suis extrêmement fière parce que là, j'ai une compagnie de théâtre qui s'appelle la compagnie des cliques du coup qui est sur Saint-Etienne et qui est une compagnie spécialisée dans les spectacles de prévention et à but pédagogique, et ça fait quelques années que j'y suis. Maintenant, ça fait 7 ans. Et on a un spectacle sur le harcèlement scolaire. Et nous, on fait toujours des spectacles, donc des pièces, et puis après, on discute avec le public. Voilà, avec les ados qui posent des questions tout ça. Et la dernière fois, j'ai vu une jeune fille qui me ressemblait énormément parce qu'en plus elle vait, je fais rouge, enfin. Voilà, comme moi, à l'époque, tout ça. Et je voyais bien que, enfin, voilà, elle pleurait, c'était faire soler et tout ça, et elle était venue me voir à la fin de la représentation. Elle venait de perdre sa maman, moi aussi. Et je lui ai juste dit, un jour, tu trouveras les personnes au collège, c'est compliqué et tout ça. Mais je lui ai dit, un jour, ça arrivera forcément, tu trouveras des personnes avec qui, tout ira bien, avec qui tu t'entendras. Et enfin, voilà, on s'est fait un câlin et tout ça. Et je suis extrêmement content de faire ce que je fais parce que j'ai aussi l'impression de pouvoir aussi aider là pour moi ou m'a pas aidé. Il y a quand même une phrase, il y a beaucoup, enfin, c'est un peu une phrase bâteau, mais j'aime bien la phrase qui dis soit la dute pour évoluer à voir pour toi quand t'étais enfant. Et ça, j'essaie vraiment de le faire pour les autres et pour les enfants essentiellement. J'ai re-lémotion qui monte. C'est hyper beau et fort. Ce que tu nous partage, effectivement, avec sa défilé miroire de cette jeune fille que tu vois et qui vit des choses que t'as vécues et c'est super. Je trouve que tu es ici aujourd'hui par ton travail à continuer à aider de soigner les sensibiliser sur ce excel qui peut être victime de ça. D'ailleurs, je me disais que je trouvais ça hyper courageux ou enfin, hyper toi qui a tellement souffert des autres du regard de l'autre et tu serais devenu comédienne et donc tu ailles t'exposer sur scène au regard de l'autre. Et ça aussi hyperfin dans l'histoire. Après, c'est aussi parce qu'on ne sent pas nous-mêmes. C'est pareil, c'est un exutoir, dans le sens où c'est pas toi. Donc tu peux être qui tu veux. Donc c'est génial. Dans le travail, je suis un peu compliqué parce que je suis jamais contente de ce que je fais. Il y a eu quand même des problèmes. Mais une fois que t'es sur scène, c'est la liberté totale. Vous dites tout. Et qu'est-ce que tu aurais envie de dire que tu nous l'as un peu expliqué avec cette jeune femme que t'as rencontrée à la représentation? Qu'est-ce que t'aurais envie de dire à toutes celles et ceux qui écoutent cet épisode et qui sont peut-être eux-mêmes victimes de harcèlement auxquions approches ou leurs enfants qui victimes de harcèlement? Est-ce que tu aurais envie de leur dire? Ça, c'est un peu comme dans tout, surtout à leur actuel. C'est déjà, faut croire les gens. Quand quelqu'un dit, je suis arts-solés ou tout ça, faut croire l'enfant. Aussi, soit même si on l'a accepté le fait que, oui, on se fait arts-solés. Parce qu'on est quand même beaucoup dans le déni, par contre, ou par peur aussi. Donc, jamais remettre en cause la parole de quelqu'un, il y aura toujours quelqu'un qui sera là, même si la personne n'ont la connaît pas encore, même si elle n'est pas encore arrivée. Nous, c'est un peu aussi ce qu'on dit aux enfants. Quand ils disent oui, mais on l'a, par exemple, il y a beaucoup d'enfants et ça, c'est horrible parce qu'ils disent, moi, je l'ai dit. Je l'ai dit aux CPE, je l'ai dit. Et du coup, nous, voilà, on se retrouve en tant qu'adulte face à des adultes qui font pas ce qu'ils devraient faire. Et on voit bien que les enfants parfois, ils se sentent hyper abandonnés. Mais du coup, on dit, il y a des adultes où il y a des personnes qui ne peuvent pas entendre ce que toi tu vis. Ils ne peuvent pas, ils sont dans l'incapacité ou alors eux-mêmes, ça leur fait trop mal, ou va avoir quelqu'un d'autre, et encore quelqu'un d'autre, et encore quelqu'un d'autre. Parce que, final, c'est que ça, c'est qu'il y a forcément un moment une personne qui sera là pour toi. Et c'est pour ça que je pense que c'est une responsabilité aussi un peu collectif, c'est de se dire, c'est à nous aussi d'être la personne qui sera là pour l'autre. C'est un super conseil, parce qu'effectivement, je me suis dit, mince, effectivement, qu'est-ce que je dirais un enfant, si il me répond, mais je l'ai dit, je l'ai dit, et de, effectivement, de dire, va continuer de le dire, parce qu'il y a au bout d'un moment, tu vas trouver la personne qui va avoir la réaction de t'aider et de t'écouter et de sortir de cette situation qu'un enfant devrait pas connaître, que personne devrait connaître. C'est horrible parce que nous, par exemple, dans les débats ou dans notre spectacle, on parle du mode du travail pour ensuite aller dans le monde scolaire. Et il y a des enfants et ils disent, mais ça existe aussi le harcèlement pour les adultes. Parce que je pensais que ça s'arrêtait quand même, vous êtes plus mature, enfin, voilà, c'est horrible de se dire, ben ouais, en fait, parce que des chiagroupes, des chiag. Moi, tout ce que j'ai à dire, c'est de ne harceler pas, enfin, juste à un moment soigner, on est quand même tous humains, on est tous scroupes que l'empathie, voilà, juste l'empathie, et il faut être là pour les autres. C'est assez aberrant quand on voit des enfants, qui disent, mais non, mais les adultes, enfin, voilà, il y a eu des vagues de suicide dans certains grands groupes. C'est la société aussi qui veut que c'est compliqué, mais on n'est pas obligé de fiverre ça, il me semble. On peut faire autrement. Bien sûr. Et je trouve que cette phrase, elle fait froid dans le dos, tellement elle tape là où ça fait mal qu'un enfant te dise naïvement, mais c'est pas possible que c'est chez les adultes, parce que vous, vous êtes grand et mature. Et je trouve que cette phrase, ouais, elle dit tout, en fait, bah, en fait, non, c'est pas plus beau. Faut que t'es adduite. C'est ça qui est horrible. Du coup, c'est hyper dur de dire, mais vous inquiétez pas, ça veut quand même dire, c'est passé, enfin. Ça va, enfin, quand même, je trouve que. Déjà, rien que, voilà, ton podcast, c'est hyper essentiel. Enfin, il y a quand même des choses qui se mettent en place. Je pense qu'on est quand même sur le bon chemin. Ouais, je suis dans la team optimiste aussi, de me dire que. Il faut, face. Même si ça fait cliché de dire et de redire ça, mais que la parole se libère, que des comportements qui étaient encore ok, il n'y a pas si longtemps en arrière. Moi, je vois dans le monde professionnel, par exemple, il y a 10 ans. Il y a j'ai eu des choses, mais qui sont aujourd'hui, qui seraient de moins en moins possibles, et plus ça va, plus les langues se délis, les personnes malfaisantes sont dénoncées, sont sorties, des entreprises. On est encore loin du compte, mais j'ose espérer qu'est-ce que tu fais avec ton théâtre, avec tes représentations, avec tout le tissu local, les associations, les groupes de parole, et tout ce qui existe, c'est qu'il se met en place pour essayer de faire de cette société quelque chose de plus joli. Avant de déterminer cet épisode, est-ce que tu veux nous dire un dernier mot aux auditaires, oui, aux ditrices? Soyez gentils. C'est un peu cucu, mais ouais, soyez gentils et c'est vraiment de vous mettre à la place des gens et de les rencontrer réellement, parce que, en fait, moi, je me rencontre en grandissant et j'ai bien galéré tout ça, mais je sais que ça m'a rendu quand même beaucoup plus proches des autres et j'ai vraiment envie de comprendre l'autre. C'est même pas écouter l'autre, c'est le comprendre. Il y a quand même des choses, des nuances qui sont quand même très fortes et du coup, essayez vraiment de comprendre les gens. Merci beaucoup, Lucie, pour ton témoignage. Merci à toi, moi aussi, ça m'aime eux. Merci. Merci d'avoir écouté cet épisode de "En crise", le podcast pourrait être à remettre du sens quand il y en a plus. Si vous souhaitez retrouver toutes les personnes qui ont témoigné, vous pouvez nous rejoindre sur le compte Instagram, "En crise podcast". Vous pourrez aussi retrouver le lien pour vous inscrire à la newsletter si vous voulez lire des mots en plus de les entendre. Enfin, ce podcast est un projet bénévol, donc si vous voulez le soutenir, c'est tout simple. Il suffit de laisser 5 étoiles sur Apple Podcast, Spotify ou 10h, ou encore en laissant un petit commentaire, ça ne paraît pas grand chose, mais ça aide beaucoup. N'hésitez pas aussi à m'écrire si vous souhaitez témoigner et partager une crise que vous avez traversée et à parler de ce podcast autour de vous. À bientôt! [Musique]
Podcast Summary
Key Points:
Lucie shares her experience of being bullied at school due to her mother's bipolar disorder.
She talks about the lack of support from adults and the impact of the bullying on her mental health.
Lucie shares her coping mechanisms through art and music, leading to academic success in higher education.
Despite finding some acceptance in college and joining a student group, she still struggled with inner turmoil and self-destructive behavior.
Summary:
Lucie recounts her traumatic experiences of being bullied in school due to her mother's bipolar disorder, highlighting the lack of support from adults. Despite facing severe challenges, she found solace in art and music, eventually achieving academic success in higher education. After college, she joined a student group for a sense of belonging, but struggled with inner turmoil and self-destructive behavior.
Despite the journey of overcoming adversity, Lucie's story underscores the long-lasting impact of bullying and the importance of mental health support in educational settings.
FAQs
Le podcast Increse aborde des sujets tels que le harcèlement scolaire, les témoignages de vie et la sensibilisation sur diverses problématiques.
Lucie décrit son enfance comme compliquée et chaotique, marquée par le harcèlement scolaire à cause de la maladie de sa mère. Elle se sentait seule et livrée à elle-même.
Le harcèlement scolaire a entraîné chez Lucie des séquelles psychologiques et un trouble de la personnalité limite. Elle a développé des sentiments d'auto-dépréciation et de colère dirigés contre elle-même.
Lucie s'est suradaptée pour éviter le rejet et a trouvé du réconfort dans les activités artistiques comme la musique et les arts plastiques. Elle a réussi à s'épanouir malgré les obstacles.
Après le lycée, Lucie s'est inscrite à la fac et a obtenu une double licence en Lettres Modernes et en Arts du Spectacle, malgré les doutes de son entourage. Elle a su relever le défi avec succès.
Après ses études, Lucie a rejoint une confrérie étudiante et a participé à des activités sociales. Elle a trouvé une certaine intégration mais a également fait face à des problèmes liés à son mal-être et à la superficialité des relations.
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