Speaker 1Chaque roman va plus loin, plus haut, plus fort. Si, comme moi, tu aimes aller au fond des choses, creuser la recherche de la vérité, un peu comme un héros de polar, je pense que nos manières d'écrire se ressemblent. Et que si tu n'as pas déjà compris toi-même, plus tu prendras le temps pour écrire cette histoire et découvrir où elle veut t'emmener, et plus le voyage te transformera. Hello collègues écrivains, en direct de Tokyo, pour notre épisode du Café des auteurs. J'ai pas mal de choses à te dire, tu as dû voir le titre. Je vais te parler de la vraie, intime et dérangeante raison pour laquelle j'écris, qui m'est tombée dessus le premier jour que j'ai passé à Tokyo. Mais avant, je voulais te parler de mon nouvel accompagnement. Je suis super contente de m'être associée à Inès de Preface Factory pour te proposer un accompagnement de l'idée de roman jusqu'à la publication, alors de l'écriture du premier jet jusqu'à la publication, ou même la réécriture jusqu'à la publication, ça marche aussi. Ce qui est important, c'est qu'enfin, ça y est, je peux te proposer une solution complète, et ça me tenait à cœur. Quelque chose où tu te laisses guider, où tu es accompagnée, et où tu ne te demandes pas 14 fois à quelle étape tu en es, est-ce que tu as le droit de t'inscrire dans une école, est-ce que tu peux publier ton roman, etc. Je te mets tous les détails dans la description de l'épisode, et bien sûr, un endroit où poser tes questions. Et c'est parti pour notre épisode, qui, je te l'avoue, me fait un petit peu peur. En fait, je t'ai écrit une lettre, tu pourras la lire intégralement sur Substack, mais je vais te lire le début, car il y a plusieurs autres raisons d'écriture assez communes que j'explore dans cette lettre, et aussi parce que, peut-être que ça me donnera des idées aussi pour les prochaines vidéos, si tu aimes bien certaines parties de cette lettre. Alors c'est parti. Cher collègue écrivain, c'est mon premier jour à Tokyo, et j'ai eu une envie subite de te parler de la vraie écrivain. de la vraie écrivain. La vraie raison qui nous pousse à écrire, pas celle qu'on se raconte, celle qui se niche au fond de nos tripes. Mais d'abord, la première raison. Cette année, mon salariat est sur pause, et j'avais un horizon infini de possibles devant moi. J'ai choisi de retourner au Japon pour la quatrième fois, et d'y écrire mon prochain roman. Alors oui, je ne suis plus l'aventurière qui partait en 2017 faire le tour du monde avec 9 kilos sur le dos en mode 100% vegan, mais j'aurais pu faire plus original, sauf que ce voyage ressemble beaucoup à comment je prépare mes romans. Un biais allé, une intention, écrire, vivre en Asie, explorer, une vague idée des étapes, Japon, Corée, retourner à Hong Kong. Je suis certaine que tout changera à mesure que les jours se dérouleront, tout comme mes romans se déplient et se révèlent à mesure que les mots se posent, comme les pièces d'un puzzle géant qui se dévoilent par morceaux. Cette magie de l'écriture et de la créativité, ce n'est pas la raison pour laquelle j'écris, c'est celle pour laquelle je continue de le faire, roman après roman. Et c'était impensable de ne pas commencer par là. Et donc, la raison pour laquelle je me lance dans chaque roman? Un peu comme mes personnages, j'ai toujours une intention, un but dans lequel j'écris ce livre et pas un autre. Créer un univers basé sur la méditation et l'explorer pour crier dans le chaos, fouiller le passé d'un personnage parvenu à se relever de ses blessures pour Eclipse, m'amuser à promener une navette spatiale au milieu des ouragans pour mon roman qui sortira en 2027. Bref, l'intention initiale, le désir du personnage, comme dirait Troubi. De même, notre intention, parfois toute simple, peut finir par nous dépasser. Et on en passe d'un « il voulait juste rentrer chez lui » à « il va sauver le monde ». Ah non, ça c'est le héros. Alors plutôt, on passe de « je voulais juste écrire une histoire SF intéressante » à « j'ai créé un truc de fou » ou comme dirait mon ami Bélion, « je suis un génie ». Voir « mon livre va sauver le monde ». Oui, les écrivains aiment sauver le monde. On est un peu des Batman munis d'un clavier. Revenons à nos romans. En écrivant la transformation de nos héros, on se transforme soi-même. En puisant en nous pour nourrir notre histoire et tenir sur la durée de l'écriture d'un roman, on devient quelqu'un d'autre. Chacun de mes romans m'a changé, mais je dirais que le plus fort, c'est d'aller au bout du projet. Cette expérience, dans mon cas, dépasse tout ce que j'ai vécu. Même mon tour du monde, ma reconversion et surtout n'importe quelle expérience éditoriale. Oui, même vendre 2500 livres. Oui, oui. C'est si facile d'écrire quelques mots sur un clavier et si dur de faire face au blocage, au doute, à la vie qui s'acharne pour nous empêcher d'écrire. Tu le sais déjà. Je sais, je sais. Dans mon cas, j'ai toujours l'impression d'écrire le mauvais roman par rapport à mon énergie, mon inspiration, le timing, etc. Bien sûr que mon cerveau me fait miroiter qu'un autre roman serait mieux pour m'empêcher d'écrire celui-ci. Mais au point d'avoir des idées de génie en permanence sur les autres, c'est un peu fort de café. Enfin non, c'est totalement. totalement normal, mais on en parlera une autre fois. Ajoute à ça les projets en retard. Comme par exemple, le fait qu'au lieu d'écrire actuellement le livre que je pensais écrire ici à Tokyo, je termine tant bien que mal mon polar de cet été. En général, je peste contre ce décalage. Mais je finis par reconnaître qu'il a du bon, souvent. Il me permet de me reconnecter à mon intention avec le roman. Ressortir le polar sombre que j'imaginais à Lyon, ici à Tokyo, m'a fait me poser quelques questions et déjouer le blocage sur lequel je butais depuis quelques semaines. Je m'étais égarée dans un détour juridique qui s'éloignait beaucoup de ce que je voulais pour ce polar féministe coup de poing. Enfin, c'est mon intention. Le voir avec d'autres yeux a balayé le bourbier juridique et je suis revenue à une intrigue plus simple. Plus en phase avec mon souhait. Sauf que, chez Troubi, le héros finit par comprendre qu'il s'était trompé tout le long. Il avait un besoin profond à combler avec cette histoire. Et vient donc, enfin, ce premier jour à Tokyo, celui où j'ai commencé cette lettre. Car oui, il m'a pris quelques jours. La vraie raison intime et dérangeante pour laquelle j'écris. Oui, normalement je te lis des morceaux plus courts des lettres, mais là je me suis dit que t'allais m'assassiner si je te faisais un teasing comme ça et que je te dévoilais pas la fin. Après un départ très stressant et effréné qui incluait un salon du livre catastrophique, après trois jours de voyage, je me suis réveillée, ce matin-là, à Tokyo. Et j'ai gagné le café le plus proche par un temps radieux. Le café, appelé Get Better, ne comporte qu'un petit banc pour s'asseoir et dégager un bon parfum d'arabica. Je me suis installée, j'ai griffonné quelques mots sur ma tablette en attendant mon espresso et j'ai été frappée par une certitude. J'ai su pourquoi j'écrivais, vraiment, au fond de mon cœur, depuis dix ans. Pour me créer une famille. N'y vois pas de mélodrame, j'en ai bien une, même si elle est loin de moi. Et surtout, je parle davantage du besoin d'être entourée et compris que d'une réelle famille. Le besoin d'avoir des semblables. Et je soupçonne qu'on soit nombreux dans ce cas. Surtout, la team neuro-atypique. Coucou les copains! Pour la suite de cette lettre, il va falloir aller sur mon sub-stack parce que c'est pas fini. Je parle justement de ce besoin d'être entourée et compris quand on écrit une histoire, et un petit peu de comment on peut se débrouiller avec ça, mais aussi trouver notre vraie raison d'écrire. Et je te rappelle que mon accompagnement de l'idée à la publication est désormais disponible, et surtout que jusqu'au 15 octobre, il y a une réduction de 100€ sur l'accompagnement complet. Je te remercie encore d'avoir écouté ce petit podcast en direct de Tokyo, fait un peu avec les moyens du bord, mais je suis quand même très contente de te retrouver, et je te dis à la semaine prochaine au Café des Auteurs.