#40 - Fabrice Pellerin : l'écosystème de la performance en Natation - Endurance 30
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Dans cet épisode du podcast "Endurance 30", Nicolas Vandel reçoit Fabrice Pellerin, entraîneur de natation, pour discuter de l'endurance dans ce sport. Fabrice définit l'endurance comme la capacité à prolonger les qualités nécessaires (vitesse, techniques, mentales) pour atteindre un objectif, souvent dans des courses courtes de 30 secondes à 2 minutes. La conversation aborde ensuite l'organisation de la natation en France, reposant sur des clubs associatifs souvent précaires, avec un système de labels fédéraux (clubs excellence, CAF) dispersé. Cette structure limite la confrontation entre nageurs d'élite, expliquant en partie le manque de densité compétitive au niveau national. Fabrice souligne que les méthodes d'entraînement n'ont guère évolué depuis 30 ans, avec des pratiques similaires (volume, séries) et peu d'innovation scientifique. La fédération impose des critères de sélection stricts mais intervient peu dans l'entraînement, laissant une liberté aux entraîneurs tout en manquant de partage d'informations, de recherche et de débats. Il note toutefois que les performances progressent grâce à la mondialisation et au mimétisme, permettant aux nageurs de repousser leurs limites mentalement.
Personne 1
Bonjour à tous et Bienvenue sur le podcast endurance 30.
Je suis Nicolas Vandel et J accompagné avec enthousiasme des sportifs amateurs dans la réussite de leur projet d'endurance depuis plus de 10 ans, du 10 km à l'ultra trail en passant par le marathon où là spartan race.
J'ai également été membre du staff de l'équipe de France de ski nordique de 2013 à 2023 et eu la chance d'être olympien 3 fois.
Pour terminer, je suis auteur du livre la prépa physique de l'endurance disponible sur Prépa-endurance.com.
Le sujet me passionné et c'est.
Pourquoi ?
J'ai créé ce podcast, je reçois coach, préparateur physique, kiné sportif pour parler autour de ce vaste et passionnant sujet.
L'esprit de ce podcast est de rendre l'information simple et accessible à tous.
Bonne écoute, Bonjour à tout le monde et Bienvenue dans endurance 30.
Aujourd'hui on va parler de natation.
J'ai le plaisir de recevoir un un des entraîneurs référence à la matière, en l'occurrence Fabrice Pellerin.
Fabrice, le plus simple c'est que tu te présentes toi même.
Personne 2
Et bien Bonjour, merci de m'accueillir.
Je m'appelle donc Fabrice, je suis l'entraîneur principal d'un club du Sud de la France qui s'appelle l'Olympique Nice natation.
Voilà, j'en suis le responsable et ma foi j'ai alors j'ai été entraîneur national.
C'est moins le cas-là sur les 2 saisons qui viennent de s'écouler.
Mais je suis toujours aux affaires on va dire.
Personne 1
OK, en en relation avec Loïs Robin Monaco que je remercie parce que c'est lui qui nous a mis en contact.
Donc ça ça m'a fait plaisir que tu me l'as dit.
Je lui ai dit que j'avais jamais osé te contacter mais du coup C'est lui qui m'a dit mais tu dois inviter Fabrice donc je le remercie pour pour ça et on va attaquer un petit peu dans par la question.
Phil rouge que je pose un petit peu à tout le monde qui est de savoir ta définition de l'endurance en quelques mots ça serait quoi ?
Personne 2
Ta propre définition ?
Ma définition de de l'endurance, ce serait la capacité du nageur à faire durer les qualités qui lui permettent de d'atteindre l'objectif qu'il qu'il s'est fixé souvent l'objectif en cours.
Alors ça reste un petit peu vague tout ça.
Mais si je prends pour référence, pour ce qui nous anime en tout cas, que la compétition consiste pour nous à à toucher devant l'adversité, au bout, Ben d'une trentaine de secondes, d'une minute de 2 Min selon les épreuves.
Comme ça, spontanément, je dirais que plus ou moins spontanément, je dirais que le, le, l'endurance, c'est cette capacité qu'a le nageur.
De de faire durer, de mener jusqu'à son terme l'ensemble des qualités qui qui vont lui permettre justement Ben de toucher devant et pas et pas derrière.
Si tel est son son projet et dans qualité, alors après je mettrai en un effectivement la qualité de vitesse.
Cela reste, on l'oublie parfois dans l'autre sport et peut être dans d'autres sports, mais la qualité de vitesse reste la qualité on va dire fondamentale.
Et ensuite toutes les autres, comment dire qualités, qu'elles soient disciples ou pas, psychologiques ou ou pas, physiques ou pas, mécaniques, et cetera.
Donc c'est c'est une sorte de de maelstrom, une sorte de, de, de, de, de grosse casserole dans laquelle on peut identifier des choses pas toujours, mais qui sont nécessaires justement à à la victoire à un moment donné.
Je sais pas si j'ai bien répondu, si je réponds mal, je pense que c'est.
C'est lié au fait que justement cette cette notion d'endurance je pense et est une notion qui est qui est mal saisie par dans notre discipline autour de laquelle on tourne depuis son début.
Finalement, chacun a son avis, sa définition et.
Et c'est vrai qu'il y a un parfois débat, voire malaise autour de.
La notion de d'endurance dans notre sport qu'est la natation.
Personne 1
Elle, elle est pas mal répondu et.
Et c'est pour ça que j'aime bien poser la question, parce que selon les profils, chacun a sa propre définition, avec ses ses propres conceptions, ses propres, son propre passif, et cetera.
Et c'est super chouette.
Et et sur la vitesse, je reviens.
Je reviens aussi sur ce que je connais plus, le ski de fond qui est une épreuve d'endurance, et on se rend quand même bien compte que plus on avance.
Plus la notion de vitesse, elle est fondamentale parce que par exemple, si tu analyses un peu une discipline à haut niveau, tout le monde est capable de tenir à une allure seuil ou moyenne, ça tient.
Et les différences, elles se font de plus en plus en fait dans les sprint final finaux, pardon, ou dans la capacité à accélérer dans une bosse pour faire péter un groupe.
Donc c'est vrai que cette notion de vitesse, avec tout ce qu'il y a autour, c'est quand même un point commun avec tous les sports.
Parce qu'en fait tous les sports.
En tout cas les sports individuels, il faut aller le plus vite possible.
Donc il y a quand même toujours une notion de vitesse avec un curseur qui est qui est plus ou moins monté.
Mais ça ça m'a plu hein la définition sur le coup et pour introduire un petit peu le podcast j'inviterai les gens, on va pas faire un doublon à écouter l'épisode avec Julien vecchen de de secrets d'entraîneurs qui était vraiment chouette.
Où notamment il y a une grosse partie sur la la pédagogie en fait que t'as où t'as expliqué un peu ta manière d'entraîner ta ta pédagogie, et cetera.
Donc j'inviterais les gens à aller en complément et je vais pas te te requestionner forcément sur le sujet même si on va y venir un petit peu forcément savoir comment l l'entraînement est organisé et j'ai 2 3 petits points d'introduction parce que moi j'ai pas nageur donc je suis content de recevoir des des gens de sport que je connais pas.
Je nage comme un caillou 2 fois par an en moyenne pour pour la fête simple donc pour moi c'est c'est de la haute intensité.
Sinon je je coule par exemple et il y a il y a 2 3 points en fait que que je voudrais voir avec toi.
Et je pense ça va introduire la chose.
Je vais te les présenter, je te laisserai y répondre.
Le premier c'est dans ce podcast là tu disais justement que tu fais parfois tu mets parfois en place des choses sans fondement scientifique dans la conscience.
Mais que ça fonctionne parce que les athlètes se l'approprient.
Et je trouve que dans la manière d'entraîner, j'ai trouvé ça vraiment, vraiment intéressant de mon point de vue et.
Et le 2e point, on y viendra un petit peu après.
Mais c'est pour introduire sur la natation ce que j'aimerais aussi commencer par par.
Révoquer, c'est le fait que c'est un un système qui est différent que dans d'autres disciplines.
Je vais prendre le ski de fond par exemple, que je connais bien.
C'est un système qui est très qui est très subventionné, c'est à dire qu'il y a des ligues départementales, régionales, et cetera.
Et à partir d'un certain niveau, tous les meilleurs athlètes sont regroupés avec les entraîneurs nationaux et sort des clubs pour leur faire simple.
Et la natation, de ce que j'en sais, c'est pas du tout le même système et j'aimerais que tu nous en dises un petit peu plus déjà sur l'organisme.
De la natation parce que je pense que c'est intéressant pour comprendre pas mal de choses.
Personne 2
Alors pour le pour la natation en France alors elle, elle repose sur sur l'existence d'association principalement.
Je sais pas, je vais, je vais dire ça on va dire à la louche.
Il y a à peu près 1000 clubs en France référencés.
Et donc bah ma foi, on doit notre natation française à ces associations de taille familiale ou ou ou plus importante, souvent dans des conditions qui sont bon.
Voilà minimales précaires avec 2, 3 lignes d'eau ici ou là, après les scolaires, avant le avant, le le le, le public.
Voilà donc dans des conditions un petit peu on va dire, pour le coup très amateur.
Et puis ensuite, il y a une organisation fédérale qui bon selon les cycles, selon les saisons et et les les projets de des des différents présidents vont, on va dire, labelliser des structures.
Il existe des clubs excellence qui sont comme des pôles France on va dire, qui sont bon, de l'ordre d'une dizaine on va dire en France.
Et puis après il y a il y a pas mal de ce qu'on appelle les CAF, ce sont des centres d'accès on va dire à à la formation, c'est quelque chose d'assez récent, mais il y a quand même pas mal de CAF.
Sur la région Paca par exemple, il y en a 7 qui sont censés être des structures dans lesquelles on forme en fait, on détecte et on forme des des on va dire la future génération de nageurs.
Donc mine de rien, ça fait quand même.
En théorie, un sacré réservoir entre cette multitude de petits clubs.
Et puis ces ces labels qui sont qui sont distribués à mon goût.
Il y a, il y a, il y a trop justement de de de de choses.
En fait, on a, on a donné un petit peu partout, parfois un peu pour faire plaisir, parfois un petit peu pour des jeux.
On va dire électoralistes et du coup, on observe.
L'existence de de d'un grand nombre de zones identifiées comme étant des des des zones haut niveau.
Sauf qu'en fait quand on y regarde de plus près, on on voit qu'en fait il y a dans chaque structure un ou 2 nageurs vraiment valables éventuellement, mais du coup on se prive de de cette capacité à à faire se rencontrer ces nageurs.
Cette notion de frottement dans la préparation qui pourrait être une belle source de, de, de.
D'émergence.
En fait, elle est, elle est annihiler dans dans le fonctionnement, parce qu'on a, on a, on a distribué comme ça des des, des labels, un petit peu à droite, à gauche et.
Et du coup, les nageurs ne ne bougent pas, ne se rencontrent pas et restent dans leur, dans leur ligne d'eau, dans leur, dans leur cadre.
Voilà, ce qu'on observe, c'est que les petits clubs, les clubs familiaux ont toujours formé des nageurs, les les, les nageurs en France sont toujours.
Globalement hein issus de de de petites structures et que finalement leur survie, leur taux de survie dans ensuite quand on les fait bouger dans des structures plus importantes ou ou des structures labellisées, il est pas si important que ça.
Donc il y a une perte à un moment donné.
Et et voilà ce qui fait qu'aujourd'hui la natation française, je dis aujourd'hui mais c'est c'est quasiment de tout temps repose sur l'existence de d'individualités.
On le voit olympiades après olympiades, on a un ou 2 nageurs qui ramassent 2346 médailles, peut être cet été.
Et après il n'y a rien, il n'y a rien actuellement, il n'y a rien chez les filles.
Chez les garçons on a 122 et demi.
Nageurs qui qui peuvent ramener des médailles cet été aideront peut être un relais à gagner une 5e, une 6e ou une 7e médaille.
Mais on ne peut pas parler de densité, absolument pas.
Voilà un petit peu pour faire le pour pour dessiner le paysage de notre sport.
Personne 1
En en fait finalement cette cette densité alors de niveau, mais cette densité à l'entraînement par la confrontation qu'on peut.
Parfois tu vois, les gens parlent des kenyans en course à pied, des Norvégiens en ski et cetera, ils vont regarder les méthodes d'entraînement, et cetera, et cetera.
Mais je pense que la base de d'une nation d'ovidence dans tous les sports, c'est qu'en fait ils se confrontent sans se mettre la cartouche à chaque fois, mais en tout cas au quotidien avec athlètes du même niveau.
Ou de très haut niveau où il se tire vers le haut.
Et ça par exemple, c'est quelque chose qu'on retrouve pas si je comprends bien dans la nation française.
Et mon autre question c'est que vu qu'il y a pas mal d'entités un peu individuelles, est ce qu'il y a réellement une doctrine fédérale ?
Ou est ce que chaque club, club élite on va appeler comme ça a ses propres process d'entraînement et fait comme bon lui semble ?
Personne 2
Bon, il n'y a pas de comme ça peut exister dans d'autres sports, je pense peut être à l'aviron.
Où c'est les les choses sont assez centralisées me semble-t-il.
C'est vrai que nous chacun fait un petit peu ce qu'il veut-il y a une une formation qui est assez sommaire finalement pour décrocher son diplôme d'entraîneur.
On s'appuie sur des bon.
Voilà sur une méthodologie de l'entraînement qui que tout le monde connaît avec les filières physiologiques, les fréquences cardiaques, voilà.
Donc on décroche son diplôme assez assez aisément.
Et ensuite ma foi, Ben les entraîneurs font un peu leur tambouille comme ça dans dans dans leur coin.
Il y a pas vraiment de surveillance, il y a pas vraiment de suivi, il y a pas de formation continue stricte et de de de qualité, ce qui donne un petit peu là tout ça éventuellement, et cela reste une bonne chose, ce sont finalement nos critères de de sélection.
Ils sont quand même globalement réputés pour être assez exigeants.
Par exemple pour se qualifier sur un championnat du monde, sur un championnat d'Europe ou des Jeux olympiques, on a finalement un One shot.
On a une date précise à laquelle il faut sortir.
Ben le le meilleur du jour.
Il y a des quotas hein.
Il y a 2 nageurs qui partent ou 4 par exemple sur par par épreuve, sur des championnats d'Europe.
Il faut le faire l'après 12h00, pas le matin.
Voilà.
Donc en fait il y a, il y a quand même on va dire un cadre qui est posé par les critères de sélection, je trouve ça bien, je trouve ça bien parce que ça cette contrainte là qui est réelle en France, elle permet aux aux coachs de de modéliser nécessairement si ils veulent Ben justement construire une performance avec le nageur, l'accompagner dans sa préparation.
Vers le jour J donc ça je trouve ça plutôt plutôt pas mal.
Après effectivement, alors moi j'apprécie beaucoup que nous soyons dans un cadre fédéral qui ne se mêle pas de tout en fait, qui pose un cadre de contrainte et qui laisse finalement peut être liberté à à à créer, à innover.
De manière à ce que Ben des Coachs puissent émerger avec leur méthodologie, avec leurs convictions et et des nageurs également puissent affirmer leur singularité.
Ça, je trouve ça bien.
Moi, je me suis construit là-dedans et j'ai beaucoup apprécié personnellement.
Après, je trouve qu'il manque quand même on on manque de partage d'information, on manque d'échange, on manque d'occasion de débattre véritablement.
Il n'y a pas beaucoup de parution, on ne fait rien paraître en natation, vraiment.
Si on veut de l'information on va ressortir des des des vieux bouquins qui ont maintenant peut être 20 25 ans et il n'y a pas de de de mise à jour de veille scientifique.
Même le service recherche et développement de de la Fédération on est resté aux années 80 quoi hein ?
On fait une prise de lactate le doigt mouillé.
Au sortir de l'eau et puis après on met le résultat dans un tiroir.
Mais voilà, ça s'arrête là finalement, ça ne va pas beaucoup plus loin et et.
Et je trouve ça dommage parce que d'un côté on a un beau potentiel justement, avec à partir des critères cette volonté de laisser les coachs s'exprimer et et pouvoir faire émerger des choses intéressantes.
Et en même temps, je pense que ça mériterait aussi que soit organisé, créé, motivé, des des occasions de débattre, d'échanger justement sur nos problématiques, nos questionnements, nos, nos trouvailles quand ça a lieu d'augmenter notre capacité à faire paraître, à éditer de manière à ce que qu'il y ait des traces.
Je je vais donner un exemple.
Il nous manque aujourd'hui par exemple.
Le suivi historique des nageurs qui sont actuellement en vitrine dans notre sport, c'est à dire qu'il aurait été intéressant de dire voilà je sais pas moi, un Léon marchand, Maxime brousset et d'autres encore.
Ben à quel moment est ce qu'on les a identifié ?
Qu'est ce qu'ils faisaient quand ils avaient 10 ans, dans quelles conditions ils le faisaient ?
Est ce qu'ils nageaient 2*3*5 fois par semaine ?
Quelle a été leur courbe de de de progression ?
Alors il y a eu des tentatives mais il n'y a jamais eu de de de suivi dans le domaine et donc du coup on ne peut s'appuyer que sur des représentations et on ne peut pas s'appuyer suffisamment sur sur un vrai historique, sur de de vraies datas, sur sur quelque chose de, de, de longitudinal.
Voilà donc.
Tout reste sur des théories qui sont assez assez anciennes, même si elles sont encore très valables, et sur une construction empirique des choses.
Voilà sur, on va dire, le la transmission de de choses que l'on répète de de génération en génération.
Sur l'entraînement, sur le volume qu'il faut faire, sur le nombre de séances qu'il faut accomplir.
Rien n'a changé depuis 30 ou 40 ans.
Voilà.
Personne 1
Et justement, j'avais c'est à la première vraie question et t'as commencé à y répondre.
Ça fait un moment que t'es dans dans le business, enfin dans l'entraînement.
Depuis ça se compte en dizaines d'années Hein, t'as connu, t'as connu les médailles Olympiques, t'as connu pas mal de choses, sûrement tous les niveaux en tant qu'entraineur.
Et est ce que est ce que fondamentalement l'entraînement a évolué depuis 30 ans ?
Et à la fois en France et à la fois de manière générale.
L'orientation, tu sais, j'essaye qu'on a un prisme un peu large sur le coup.
Est ce que ça a évolué ou est ce que finalement c'est toujours la même chose ?
Parce que c'est nécessaire, parce que c'est culturel ?
Personne 2
Non, non, rien n'a vraiment évolué.
Alors il y a des modes de temps à autre.
Il y a des choses qui sont qui sont apparues sur la musculation par exemple.
C'est vrai que il fut un temps où on.
On avait un petit peu de retard sur la la partie musculation.
Moi, quand j'ai démarré, entraîné le langage pour de bonnes raisons et de mauvaises raisons, c'était enfin le discours.
C'était non, non, non, non, pas de musculation, notamment chez les jeunes ou parce que on va, on risque de les blesser.
Ça n'est pas nécessaire.
Nous, dans notre activité aquatique, on va peut être freiner leur, on va dire leur, leur maturation biologique.
Et on a on a pris une bonne dizaine d'années de retard sur sur notre pays dans ce domaine là.
Aujourd'hui il s'est rattrapé hein largement.
Donc ce qui a changé c'est peut être justement la préparation hors de l'eau.
Et là encore finalement il y a des modes hein.
Voilà c'est un peu de kettlebell, il y a eu 2323 machines comme ça, qui qui qui qui qui viennent, qui durent 2 3 ans et puis qui repartent dans dans l'oubli.
Mais finalement on reste sur du classique.
Encore une fois, il y a pas mal de coachs qui s'occupent eux-mêmes dans les dans, dans les clubs de de la musculation.
Ils fonctionnent sur des représentations, ils ont-ils ont lu 2 3 bouquins, voilà.
Parfois ils font aussi très bien les choses comme ça hein et et et dans l'eau finalement, on fait les mêmes choses qu'il y a 30 ans hein, le même nombre de séances d'entraînement par semaine, rapidement, 2 fois par jour.
Des séances de de 01h30 à 02h00, plutôt 2 h d'ailleurs, voilà un kilométrage qui fait 5 6 7 km en moyenne chez la population adulte et même enfant parfois.
Et et puis des séries qui se ressemblent hein.
Voilà c'est 10*200 M 30*100.
Voilà donc finalement.
Et puis on va parler de de seuil aérobie, on va parler de de travail.
Anérobylactique d'allure, de course ou pas.
Enfin bref, les mêmes choses aujourd'hui sont utilisées sont dites il y a peut être 20 ou 30 ans donc je pense que rien, rien, rien n'a évolué en fait hein.
Voilà.
Néanmoins, les performances des nageurs évoluent.
Pour des raisons qui ne sont peut être pas tant liées à la méthodologie que ça et plus au fait que par observation.
Aujourd'hui, par mondialisation.
C'est vrai qu'il est-il est facile aujourd'hui de de s'imprégner, de de déclencher des des phénomènes de mimétisme.
Ben par observation de vidéos, de photos, de retransmission télévisée.
Ou simplement de de lecture de performance, même brute.
Lire un chiffre, ça, ça génère des choses en imagerie interne, chez chez les nageurs, chez les coachs et qui font qu'aujourd'hui, une fois qu'on a qu'on a conscientisé qui que l'être humain était capable de de nager à telle allure.
Je pense qu'il y a des nageurs qui qui déclenchent eux-mêmes spontanément cette possibilité là.
Donc quand des des portes subtiles s'ouvrent dans l'inconscient de chacun.
Et je pense que c'est à cela avant tout que l'on doit la progression de notre natation quand elle se produit, mais un peu moins sur notre capacité à innover dans la, dans la préparation des athlètes et dans et dans leur détection aussi.
Personne 1
C'est vrai que la natation hormis la période combinaison mais le matériel a très peu d'impact hormis quand il y a eu cette période là.
Mais de manière générale par rapport à sûrement 30 ans en arrière, il y a un maillot, un bonnet, et cetera.
Donc c'est très comparable en terme peut être de de performance.
Et ce qui est intéressant dans ce que tu dis c'est c'est aussi cette dimension culturelle où les gens ont peut être plus accès à l'information.
Ils disent, lui il est capable de faire ça, il est capable de nager à telle vitesse ou il est capable.
J'en sais rien peut être de dans qui est tel volume de faire peu importe des choses comme ça.
Et finalement c'est plus la barrière mentale que physiologique qui se brise un petit peu par rapport à ça, avec un cercle vertueux qui est donné par l'accès à l'information générale.
Si je résume un petit peu alors que l'entraînement a pas évolué ?
Tant que ça.
Et mon autre question sur ça c'est et c'est c'est toute la subtilité et c'est pour ça que l'entraînement est passionnant.
Est ce qu'il faut réinventer la roue ou est ce que finalement de toute façon c'est nécessaire ?
On est obligé de passer par là et on peut retourner le problème dans tous les sens.
Il y a des petits effets de mode mais on en revient quand même à au cœur du problème qui avait déjà été identifié il y a 30 ans en arrière.
C'est c'est un peu des questions qu'on se pose toujours hein ?
Personne 2
Bonjour, alors j'ai j'ai un exemple concret, on a vécu un un épisode dans notre sport bon qui était à la fois pénible et en même temps c'était une source d'apprentissage phénoménale il y a quelques années.
Donc on fait leur apparition dans notre sport, les combinaisons.
Ouais, c'est à dire que bon voilà, on a Jean maillot et puis à un moment donné on a mis des combinaisons et puis à un moment donné quelqu'un s'est dit tiens Ben si on mettait des des combinaisons en polyuréthane, en néoprène, et si on mettait 2 combinaisons, et cetera, et cetera.
On a recouvert le le corps de plus en plus et du coup on a vu Péter un petit peu à droite à gauche des records du monde.
Et les nageurs.
De niveau de de tout niveau finalement hein.
Ont ont vu leurs performances vraiment augmenter de façon considérable.
Tant et si bien que finalement tout le monde s'est dit, bon, là ça va un petit peu trop loin.
Il faut qu'on qu'on règlemente tout cela parce que tout le monde n'était pas, on va dire, soigné à la même enseigne.
Il y avait une différence entre celui qui qui avait la possibilité de mettre la main sur une combinaison faite sur mesure.
Avec un Max de Néoprène dedans et puis voilà celui qui pouvait pas débourser 3 405 100€ dans une combinaison.
Et finalement bah aller à Decathlon pour prendre le le le le tissu le plus simple.
Donc on a un petit peu réglementé ça et on est revenu en arrière après en terme de en terme de de de matériaux et de et de forme de combinaison.
Sauf qu'en fait au moment où on a mis ce ce ce matériel là, on a vu les performances exploser.
Et on s'est dit bon bah là c'est mort quand on va enlever ce matériel là, bah on va revenir 3 4 secondes derrière sur sur 208, secondes derrière sur 400, et cetera, et cetera.
Sauf que très rapidement ces performances ont été rattrapées.
C'est à dire que même en à à nouveau en enlevant le matériel et en reprenant le chemin des entraînements rapidement en quelques quelques mois, ces performances là aujourd'hui ont toutes quasiment toutes été.
Effacer dans le plus simple appareil on va dire presque.
Donc en fait c'est bien, il est bien une question de culture là, il est bien une question de comment dire.
On a, on a observé une chose qui était possible et du coup on a voulu les nageurs en premier bien sûr.
Finalement regoûter à cette possibilité là.
Et et et du coup les nageurs ont retrouvé ont retrouvé le chemin, le chemin de la performance qui avait été effectuée avec le matériel sans ce matériel là et moi ça je trouve c'est c'est vraiment finalement.
Alors c'était pénible sur le moment parce que on ne maitrisait plus rien.
Mais avec le recul, c'est une formidable démonstration de ce qu'est capable de faire l'être humain.
Il a construit la possibilité d'un monde finalement.
Ce qui répond partiellement à ta question, c'est à dire que je crois que la, la force réelle, elle est dans la capacité des individus à à désirer.
D'abord à il y a un acte de foi derrière tout cela, c'est à dire à à se dire voilà, il y a ça, j'en ai envie, je le pense possible pour moi, et si ça ne l'est pas, je vais le rendre possible d'une façon ou d'une autre, et ensuite à trouver le chemin.
Un chemin intime bien souvent, qui qui qui permet de réaliser la la haute performance.
Ou une meilleure performance, tout simplement.
Et ça, quelle que soit la méthodologie que l'on a utilisée, quel que soit le coach que l'on a, quel que soit l'environnement dans lequel on on, on s'exerce.
Voilà donc je je crois beaucoup à cette, à cette puissance là, à l'histoire que nous racontent les athlètes, finalement, dans leur, dans leur cheminement plus qu'à plus qu'à autre chose.
Personne 1
C'est c'est le sens, le sens qu'ils vont donner et qu'on va donner à ce qu'on fait.
Et et sur le matériel t'as mis le doigt sur quelque chose de d'important et je pense qu'il dans dans le sport de haut niveau en tout cas quand on cherche la haute performance c'est pas toujours équitable.
Et toi t'as mis le doigt sur ce qui s'était passé avant ?
Tout le monde avait pas forcément accès et moi j'ai connu ça dans forcément dans dans le ski hein.
Entre on va prendre un exemple de combinaison pour le saut à ski des nations phares qui ont 2 couturiers à l'année, des des.
Une trentaine de combinaisons dans la saison, quand les plus petites nations, même si la France n'était pas à plaindre, c'est c'est pas ça, mais on a une couturière qui se déplace pas, il y a beaucoup moins d'accès, et cetera.
Ça c'était pareil sur le fartage, sur les sur plein de choses comme ça.
Et tu peux pas pour moi hein, tu peux pas reprocher tant que la la législation le permet, la course en avant vers la performance matérielle.
Parce que dans le sport de haut niveau, ton ton objectif c'est d'être le plus performant possible en respectant les règles hein ?
Évidemment.
Donc en fait ça court dans le sens et il y a.
Il y a il y a un débat en ce moment qui a pas lieu d'être en course à pied sur les chaussures carbone.
Tant que c'est autorisé.
L'entraînement, il va va évoluer en conséquence.
De toute façon, ça permet de plus s'entraider, s'entraîner plus vite.
Mais quand ?
Quand ?
L'enjeu c'est un une médaille olympique, une médaille mondiale, tout ce que tu veux, tous les moyens possibles à utiliser, ils vont être exploités au maximum.
Et et je pense qu'il faut pas être naïf par rapport à ça.
La performance de haut niveau c'est produire le plus haut niveau de performance possible et c'est pas le monde des bisounours non plus.
Et et c'est c'était bien aussi.
Je pense que tu fasses cette cette parenthèse dessus et sur l'entraînement justement ça.
J'ai j'ai bien aimé ta réponse parce que t'as pas sorti de de méthodologie toute faite d'entraînement.
T'as plutôt donné une approche globale de la discipline et et de la performance en fait par les gens.
Et par contre pour recentrer un petit peu sur de l'entraînement pur ou pas qui est une question que je me pose beaucoup et que beaucoup de gens se se posent.
Pourquoi nager autant de kilomètres et autant de temps pour une épreuve qui va durer entre 30 secondes et 2 Min ?
Et ça la culture du volume elle est énorme en natation j'ai l'impression, on l'a beaucoup en ski hein.
Franchement je suis pas choqué, les volumes ils ne choquent pas ce que font les nageurs, mais par contre pour une discipline aussi courte, pourquoi il y a autant de temps d'entraînement ?
Et j'ai même envie de te dire si si, je comprends un peu, la discipline c'est du temps d'entraînement, des effectifs c'est pas. 2 h dans la piscine et finalement je fais un sprint de 10 secondes et je récupère 3 Min.
Ça nage, ça nage, ça nage et quelle est ta ton explication par rapport à ça ?
Personne 2
Là, c'est vraiment un gros morceau.
C'est vraiment un gros morceau thématique dans notre sport et je pense qu'il y a il y a 2, il y a 2 facettes à cela.
La première, c'est que.
Bah le l'être humain.
L'homme est sur les 5 ou 6000 espèces mammifères qui qui existent sur terre est peut être le seul avec le grand singe à à à ne pas savoir nager de façon innée.
Alors il sait le faire sur les toutes les toutes premières semaines de son existence.
Si on jette un nourrisson dans l'eau, voilà qui a qui a qui a un mois ou 2 mois.
Je m'encourage pas à le faire hein, mais quand on le fait finalement il a les yeux ouverts et puis il avance gaiement, il se débrouille.
Alors il va falloir à un moment donné le sortir pour qu'il puisse respirer.
Mais en tout cas la question n'est pas n'est pas posée, est ce que est ce que je sais nager ?
Est ce que je ne sais pas nager en fait, il nage tout simplement.
Et puis puis à un moment donné ça se perd tout ça, ça se perd rapidement.
Et encore une fois, on est, on est probablement.
Je ne veux pas dire de bêtises, mais je suis quasiment sûr de ma comment dire de de de de mot d'affirmation ?
On on, on est la seule espèce mammifère à à oublier qu'on qu'on sait nager à un moment donné.
Et donc ma foi, quand on retourne dans l'eau, on a le le chemin inverse à faire, c'est à dire qu'il faut désapprendre.
Notre expérience de de terrien et il faut tout reconstruire ou ce dont l'élément liquide en fait le monde aquatique nécessite pour pouvoir s'y déplacer, s'y mouvoir.
Ma foi c'est toute une une reconstruction et elle est elle est pénible pour l'homme, donc le faire sans y passer un un minimum de temps effectivement c'est peut être c'est peut être impossible pour nous.
Ce qui est fascinant c'est que si on.
On jette un troupeau de vaches dans l'eau.
Même si elles n'ont jamais vu l'eau de leur vie, elles vont savoir nager très probablement.
Ce qui est fascinant plus encore, c'est qu'elles vont le faire avec le même style.
Il y a pas une vache qui va avoir un style, l'autre, un autre style, l'autre les bras tendus, l'autre va passer sur le dos, et cetera, et cetera.
Alors qu'effectivement, quand on sait un petit peu nager chez l'être humain, on voit qu'il y a quasiment il y a des.
Très commun, hein ?
Bien évidemment, qui sont liés à notre notre morphologie, mais à notre propre biomécanique.
Mais il y a quasiment autant de style de nage qu'il y a d'individus sur terre quand on observe les choses de façon vraiment très pointu, très subtile, en liaison avec notre morphologie, encore une fois à notre notre densité, à notre comment dire à notre mobilité, et cetera, et cetera, donc.
Je pense que passer un certain temps dans l'eau pour pouvoir s'y sentir à l'aise et y évoluer avec des vitesses de plus en plus grandes nécessite qu'on y passe du temps.
Voilà, ça c'est, je pense que c'est la première partie de de de la réponse, l'une des parties les les plus importantes et.
Allô ?
Personne 1
Ouais Fabrice, oui ouais je sais pas ce qu'il y a eu ça a buggé.
Ben j'ai toujours l'enregistrement qui est en cours à priori donc c'est bon.
Je sais pas ce qu'il y a eu.
Ben du coup je ferai un montage tu.
Personne 2
N'as pas perdu l'audio ?
Personne 1
Non, non, je l'ai toujours en l'enregistrement.
Ça a d'être bon.
Attends, je vais, je vais le vérifier.
Cet appel enregistré, écoute, ça va être tout bon, ça va me le ressortir.
Bah du coup je te propose de reprendre ce que tu disais en rapport avec notre morphologie.
Comme ça on refait la phrase.
Moi je l'ai noté et puis et puis voilà.
Personne 2
À quel point tu tu tu tu veux que je reprenne précisément ?
Personne 1
Je pense que tu disais il y a il y a.
Tu avais dit, il y a différentes façons de nager en rapport avec notre morphologie et je pense que c'est à ce moment-là que ça a coupé et qu'à la rigueur reprendre.
Il y a différentes façons de nager en rapport avec notre morphologie et on reprend dans 321.
Personne 2
Et donc, effectivement, quand on observe de façon précise et subtile les nageurs dans l'eau, on observe qu'il n'y a pas un nageur qui nage comme comme un autre, où il y a quasiment autant de nages qu'il y a de qu'il y a d'individus, parce que cela est à mettre en relation avec la morphologie de chacun, sa densité, sa taille, sa mobilité, sa souplesse.
Et et donc voilà.
Donc effectivement je pense que passer du temps dans l'eau et peut être un passage obligé pour pour l'homme, pour faire une sorte de petite, de petite métaphore qui me vient.
C'est un très bon acteur.
Un très bon acteur sera capable de de nous faire croire l'espace d'un instant qu'il est un très bon pianiste.
Par exemple, si on regarde.
Je sais pas si je peux me permettre autant de digressions, mais si on regarde Ryan Gosling dans la la Land, voilà il a fait 2 mois de piano intensif et voilà, on se laisse piéger quoi le gars, c'est un jazzman averti.
Quand on regarde Tom Hanks dans Forrest Gump qui parcourt des kilomètres en courant, je trouve que c'est c'est bien fait, on y croit, on a l'impression que ce gars.
Qui est un coureur de fond et qu'il a arpenté la plupart des chemins terrestres.
Il a même des tics de course, on voit et qu'on pense.
Il a un bras dans une position, ça, ça fait vraiment penser à des gars qui parcourent des kilomètres et des kilomètres.
Par contre, le meilleur acteur au monde pourra difficilement nous faire croire que c'est un nageur de haut niveau.
Même s'il s'entraîne même avec le meilleur coach au monde et qu'il y passe du temps, on verra assez rapidement que bon, le gars, il a appris à nager, mais.
Ce n'est pas un expert, il n'a pas, il n'est pas à l'aise comme peut l'être Michael Phelps ou un autre de nageur, même de niveau moyen de niveau national.
Voilà donc passer du temps dans l'eau.
Je pense que c'est le le passage obligé pour pour l'être humain.
Après le revers de cette médaille là, c'est que je je trouve que on démarre peut être un peu trop tôt.
Et là on revient sur peut être l'absence de de de réelles formations, de réelles connaissances au niveau physiologique au niveau de notre activité, notamment dans la formation des coachs.
Il m'arrive très souvent de voir des des, des, des gamins de 10, 11 ans déjà nagés 2 fois par jour à raison de de 02h00 par jour de 02h00 par séance.
Ce qui est énorme en fait.
Alors effectivement, tout cela est accompagné quand ils sont jeunes de d'amélioration de leur performance.
Mais en fait on on on met en corrélation un un peu rapidement leurs progrès en natation avec le temps qu'ils ont passé hebdomadaire à s'entraîner.
Sauf qu'on oublie que c'est peut être au moins autant dû au fait que comme ils sont jeunes, Eh bien ils connaissent des des des poussées organiques qui sont qui sont fortes.
Et que tout leur système fonctionnel est en est en est en grande évolution.
Et peut être que juste ça en accompagnant cela de de d'une heure 30 d'entraînement par jour.
Ma foi, ça suffirait à observer les mêmes résultats.
Mais personne ne se donne les moyens de de vérifier, personne ne s'autorise.
À dire voilà je sais pas moi j'habite à Nice.
Par exemple à Cannes, si on nage 2 fois par jour quand on a 12 ans, bah moi je vais oser entraîner les jeunes dont j'ai la charge seulement une fois par jour parce qu'on a peur d'être d'être moins bon.
Et donc je trouve que on est trop négligent là-dessus.
Considérer qu'il faut peut être passer du temps à un moment donné pour pour pouvoir rendre familier.
Cet cet environnement aquatique, OK.
Par contre, je pense qu'on pourrait faire évoluer les choses de façon pertinente dans l'intérêt des nageurs et de leur longévité.
Par exemple, si on on repensait, on questionnait vraiment la la méthodologie de l'entraînement chez les chez les plus jeunes.
Alors on applique l'entraînement des adultes chez les de très jeunes enfants.
Et ça c'est dommage.
Et il y a au-delà des des croyances et de la représentation que l'on peut avoir de notre activité aussi, des contraintes qui sont là, des contraintes plus politiques on va dire.
C'est à dire que il est difficile pour un club d'obtenir des créneaux d'entraînement dans les piscines parce que contrairement à d'autres sports, une piscine c'est partagé par un club sportif, par la petite mamie qui vient de faire son aquagym.
Par les scolaires qui viennent apprendre à nager, par les pompiers qui viennent faire leur sauvetage le soir à 22h00.
Par le Water Polo qui a besoin de la natation ?
De la piscine par le plongeon qui a besoin d'une piscine ?
Par la natation synchronisée, qui a aussi besoin de d'une piscine.
En fait, on partage notre aire de jeux avec une multitude d'autres activités sportives ou moins sportives.
Et du coup, quand on a 2 lignes d'eau.
Pendant 2 h, on ne les lâche pas, quoi.
Et je pense que ça, c'est l'une des également l'une des raisons pour le pour laquelle personne ne veut renoncer au au créneau qu'il a, qu'il a durement, difficilement gagné auprès d'une mairie.
Voilà et.
Et donc on n'a pas.
On ne se donne pas les chances de de d'essayer autre chose, d'essayer autre chose, notamment chez les jeunes.
Pourquoi ne pas passer de de de 8 séances hebdomadaires quand on a 11 ans à à 4 ?
Et puis il y en a une qu'on que l'on va faire sur terre, on va jouer au basket et puis l'autre on va faire du trampoline.
Ça nous apprendra peut être des choses aussi en terme d'organisation.
Bref, personne ne s'autorise ou ne peut s'autoriser à faire cela pour les raisons que j'ai que j'ai décrites.
Voilà.
Et ça c'est c'est assez propre à notre sport je trouve.
Bah.
Personne 1
Ouais les raisons pragmatiques en fait de créneaux de piscine.
C'est vrai que moi qui connais pas la discipline j'avais pas du tout pensé et et c'est marrant de te parler.
On applique l'entraînement des adultes aux enfants et ça c'est quelque chose je pense qui est commun à pas mal de sport individuel.
Le ski moi j'ai bien connu ça et on connait encore malheureusement ça.
Quand tu observes avec.
Bah soit faire beaucoup d'heures soit faire beaucoup.
De ce qui à roulettes très jeune et un mimétisme à l'été, un entrainement.
Moi j'ai déjà vu dire faut faire des seuils parce que les grands font des seuils, mais faire des seuils à 13 ans, pour qui, pourquoi, comment ?
Il y a pas d'intérêt.
Et ce mimétisme de ce qui se fait à haut niveau, je je pense que c'est pas c'est c'est pas le chemin de construction pour amener vers le haut niveau.
Finalement c'est déjà c'est déjà une pratique, un entraînement qui laisse plus de marge de manœuvre en fait pour un petit peu plus tard et dans la formation.
Dans la formation d'un jeune, c'est sûr qu'il va manquer quelque chose et ça va m'amener à la à la question suivante, est ce que t'en parlais chez les jeunes ?
Mais c'est peut être valable aussi chez les chez les comment chez les adultes hein, on parle souvent d'entraînement spécifique et non spécifique, d'autant que la natation finalement, si je résume bien, tu tu l'as bien, tu l'as bien dit.
Il y a un grand oublié des débats dans tous les sports, c'est la technique.
C'est un sport qui est éminemment technique je pense, ce qui fait que vu que c'est pas un environnement.
Non naturel pour les gens, on y passe du temps et quelque part est ce que est ce qu'il existe des entraînements ou des modalités d'entraînement qui peuvent venir en en support à la natation pour faire franchir des des paliers en natation, en termes de motricité, en termes de.
Force en termes de plein de choses différentes.
Ou est ce que finalement le cœur du problème il est Ben en fait quand Antoine nager il y a rien de plus spécifique que l'adaptation et on fait un peu de renfo à côté.
Tu vois je je je schématise un petit peu mais c'est pour pour avoir ton ton point de vue là-dessus.
Eh bien.
Personne 2
Encore une fois, il y a les 2.
C'est vrai que on on est, on est en pleine dualité mais constamment dans notre dans notre sport.
C'est à dire que quand on discute avec des coachs, là comme ça entre nous.
Très souvent il revient le fait que on a observé dans nos groupes des jeunes débarqués qui qui démarraient peut être avec un ou 2 ans de retard entre guillemets par rapport au reste du groupe et qui très rapidement se retrouvaient au même niveau ou même se retrouvaient finalement leader dans un groupe et avant cela bon, ils avaient vaguement après nager mais surtout ils avaient fait un peu de danse.
Ils avaient fait de la, de l'athlétisme, voire un peu de musique.
Et souvent ce sont ces nageurs là chez lesquels on reconnaît un talent entre guillemets.
Donc il y a bien quand même cette ça vient un peu nous titiller quoi.
Cette idée que c'est quand même peut être hors de l'eau que l'on apprend les fondamentaux qui vont nous servir dans l'eau aussi, ce qu'on apprend en danse, ce qu'on apprend.
Encore une fois en athlétisme même ce qu'on apprend peut être même en jouant de la musique.
Néanmoins, très rapidement on est rattrapé par notre culture, notre voilà ma foi, notre notre inconscient collectif.
On dit Bon Ben oui, mais à un moment donné, Ben tu vas arrêter un petit peu tous les autres sports et il va falloir passer un peu plus de temps dans l'eau.
Il y a des il y a des il y a des termes que j'entends très souvent dans notre sport, c'est il faut avoir la caisse, voilà.
Hein ?
Pour pour aller vite, à un moment donné il faut avoir la caisse.
Et en fait quel est le lien entre avoir la caisse ?
Déjà qu'est ce que ça veut dire avoir la caisse et ensuite quel lien on peut faire entre avoir la caisse et aller vite à un moment donné, sachant qu'aller vite dans l'eau c'est c'est 50 M, c'est 30 secondes, c'est j'arrondis hein, c'est une c'est c'est une minute grand maximum sur 100 M.
Voilà pour nous un nageur de demi fond.
Un nageur de demi fond, c'est un nageur qui fait du 800 et du 1500, c'est à dire une épreuve qui dure moins d'un quart d'heure quoi.
Si on dit ça à un triathlète par exemple qui va faire l'ironman de Nice, je pense qu'il il va.
Il ne va pas du tout comprendre de quoi on parle.
Quoi qu'un nageur d'endurance, qu'un nageur de fond de demi fond, c'est un effort qui va durer moins de 15 Min.
Donc on on touche là du doigt le fait que on fonctionne avant tout avec des représentations et et une culture ambiante, ce que l'on a du mal à à questionner, à remettre en question.
Effectivement, voilà ce que je peux en dire par rapport à ta question, quoi ?
Personne 1
Ouais mais tu tu vois, tu tu dis souvent on fait la réflexion au-delà de la variété des sports en fait, qui qui développent la motricité générale et cetera, qui peut être utile plus tard.
Je pense qu'il y a quelque chose aussi en faisant des sports d'hiver et notamment chez les jeunes.
Après chez les plus âgés je sais pas, j'ai j'ai pas la réponse.
Enfin même chez les jeunes je l'ai pas, mais j'ai une piste de réflexion.
C'est qu'en fait les variétés de situations, ça développe aussi la capacité à s'adapter et à apprendre.
C'est à dire que quand on a des sports très techniques, peut être que si on a une variété de sport, quand on était plus jeune, à chaque fois on a dû apprendre des nouveaux gestes, faire face à des nouvelles situations, développer de nouvelles compétences, et cetera, et cetera.
Donc en fait le le cerveau, si je résume, et c'est que ma pensée, hein, il sait faire, il sait s'adapter, il sait apprendre de nouvelles choses.
Et plus les situations étaient variées, plus on a entraîné sa capacité.
Et à apprendre de nouvelles choses.
Et peut être que plus tard, quand on se met pleinement à une discipline.
Eh Ben ce qui peut faire la différence, c'est que je vais donner un exemple, il est très tiré par les cheveux parce que je connais rien la natation.
Mais si tu vas lui demander de bouger un petit peu son orientation de coude ou de main, ça je sais pas comment ça s'appelle, mais tu vois ce que je veux dire de modifier un peu sa technique ?
Eh Ben peut être que c'est plus facile pour une personne qui a été formée à.
À s'adapter à son environnement de plein de manières de le faire.
Que quelqu'un qui a été dans un moule depuis tout jeune, c'est un peu la vie que j'en ai en fait.
Oui, je partage ton point de vue.
Personne 2
C'est vrai que parfois on demande à des nageurs de se de se corriger techniquement en utilisant Ben un un lexique hein ?
Voilà on va dire.
Relâche toi ou alors on va dire gène toi.
Et en fait bah il n'est pas certain que le nageur ait la ait la bonne compréhension de entre le message que l'on émet, celui qui est reçu et interprété il y a il y a peut être un gap qui est qui est qui est super important.
Et comme tu le dis si on a fait un autre sport, si on a fait de de du trampoline, si on a fait de la danse, la GRS peu importe.
Et qu'on utilise le même mot, gagne toi Aline toi fait une pointe de pied pour une danseuse là.
Je pense que effectivement, lui qui a vécu cela, celui qui a qui est passé par cet apprentissage là, saura peut être davantage ce que cela, ce que Cela dit, quoi que ce sera plus évocateur.
Donc je pense qu'il y a une richesse, une richesse.
Qui pourrait être vraiment très utile, vraiment très utile dans notre sport, notamment dans la formation des des des plus jeunes.
Et encore une fois à laquelle on renonce pour plein de raisons, des raisons de contraintes inhérentes à au fait que il ne faut pas lâcher notre notre bassin et au fait aussi que Ben il y a, il y a des peurs quoi, hein ?
S'autoriser cela c'est prendre un petit risque.
Et ce risque là.
Ben ma foi.
Il y en a peu qui sont prêts à le prendre.
Et je je me mets dans le lot aussi hein.
Moi aussi j'ai eu des désirs et des idées d'innovation.
Mais bon, je me suis quand même vachement restreint dans dans ma capacité à sortir du du du sentier dans dans dans certains domaines.
Voilà.
Donc c'est c'est vrai que c'est rassurant de de parler d'endurance, de parler de temps passé dans l'eau, et voilà.
Et puis tant que on a des nageurs qui émergent, il suffit d'un nageur dans un groupe, hein, qui prenne une médaille, une belle médaille à un moment donné pour que finalement votre thèse reste accréditée, hein ?
On passe du temps dans l'eau et on avale les les les bornes et voilà, ça paye quoi ?
Et ceux qui n'y sont pas parvenus, ma foi, Ben ils n'étaient pas assez talentueux ou ils ne ne sont pas allés à sont pas.
Respecter suffisamment les consignes que l'on qu'on leur a donné quoi ?
Personne 1
Mais je je je nuance un peu.
Un un point de ce que je disais aussi, c'est que moi, avec l'équipe de France, j'ai connu des athlètes qui étaient ultra forts en préparation physique au sens large, en gym, en.
En en musculation enfin, qui était très très complet en tant qu'athlète par exemple.
Et sur la dispine que j'avais, c'était sowaski et ski de fond.
Et sur le papier toutes leurs qualités physiques faisaient dire que Ben ils allaient être très fort.
Moi j'avais la relève et finalement en fait, quand ils se retrouvaient en situation sur un tremplin de sowaski ou sur des ce qu'ils font, Ben c'était pas les meilleurs et loin de là.
Et c'est pour ça que c'est c'est.
C'est quand même très fin pour essayer d'amener à de la performance de haut niveau parce que on peut se dire Bah oui ça ça peut être bien de varier les sports comme ça l'athlète est complet, il sait apprendre et tout, mais par exemple c'est pas suffisant et y a pas y a pas forcément de vérité par rapport à ça et et je me suis.
Il y a un peu ce cette retenue que que je peux avoir dans mes propos, moi par rapport à ça, parce que moi je suis rarement sûr de quelque chose, et encore moins quand on.
Personne 2
Parle de haut.
Personne 1
Niveau c'est c'est plutôt des tendances en disant peut être que si on essaye ça peut amener ça mais on.
Personne 2
N'est jamais sûr de rien finalement.
Non, jamais.
Et c'est vrai que je je moi même.
Je suis très critique sur la façon dont aujourd'hui on forme les jeunes et je pense qu'on pourrait faire autrement.
Justement en termes de gestion de volume, de richesse, d'apprentissage telle qu'elle peut être apportée par peut être l'expérience d'autres disciplines.
Néanmoins je reste quand même persuadé, pour les raisons dont dont j'ai parlé, liées au fait que effectivement Ben l'homme perd rapidement cette capacité de nager, donc il faut qu'il qu'il qu'il l'acquiert et donc il passe du temps pour ça.
On peut pas se défaire de d'un certain temps de pratique dans l'eau voilà.
Après on peut augmenter la qualité de ce qu'on fait dans l'eau mais c'est vrai qu'il faut-il faut quand meme s'y s'y plier.
Voilà mais mais.
Personne 1
Justement, en termes de volume et de.
On va dire de fréquences passées dans l'autre, peut être pas forcément de temps.
Tu t'évoquais le modèle américain par exemple où il y a beaucoup de compétition par rapport au modèle français, où il y a beaucoup d'entraînement et très peu de compétition.
Alors il y a des raisons d'organisation, de culture, il y a il y a plein plein de raisons à cela, mais est ce que par exemple finalement est ce que chez les Américains leur volume annuel est beaucoup plus faible que chez les Français ?
C'est très schématique hein ce que je demande, mais est ce que toi finalement ils ont pas vu qu'ils récupèrent entre les compétitions ?
Et cetera.
Est ce que ils ont un un volume qui est moins important finalement, mais une confrontation à la compétition qui fait que ça fonctionne, ou est ce que le volume en fait à la fin, quelle que soit la méthode, c'est sensiblement le même d'une nation à l'autre et d'un système à l'autre.
Personne 2
Aujourd'hui, je je pense qu'aujourd'hui il y a une une, une sorte de d'universalisation, de mondialisation, de de la méthodologie, de l'entraînement un peu partout, c'est à dire que voilà, il y a pas de de.
De différence monumentale d'un d'un pays à un autre, on sait plus ou moins ce que font les autres, les les autres savent ce que ce que l'on fait, et finalement une sorte de nivellement autour d'un d'un consensus d'entraînement.
Ceci étant dit, à l'intérieur maintenant de du temps passé dans l'eau, je pense qu'effectivement il y a des différences qui peuvent être très importantes, bien plus par contre que que l'on ne pourrait le soupçonner.
Dans un club, même si c'est un pôle France où il y a 6 8 nageurs par exemple, avec un niveau hétérogène où on part pour 6 ou 7 km d'entraînement pendant 2 h à faire de l'aéro ou travail au seuil, ma foi, je ne sais pas si tout va être vraiment utile, si le chaque mètre parcouru dans cette séance là va être va être utile et j'aurais plutôt tendance à penser que pas forcément.
Voilà par contre, quand on est dans une université américaine et qu'on plonge comme ça peut arriver dans des grosses universités à 50 le matin de bonne heure, qui a des groupes de spécialité, qui a sur les 50, statistiquement forcément un mec qui va toucher les pieds ou qui va être juste devant.
Et c'est toi qui va avoir envie de lui toucher les pieds et que Ben voilà, tu sais que dans le weekend qui vient.
Eh Ben tu as une compétition par équipe et il faut gagner une place.
Il y a les relais, et cetera, et cetera.
Je pense que l'énergie n'est pas du tout la même.
Je pense que du coup, le sens que tu mets à ce que tu es en train de faire au moment où tu le fais n'est pas du tout le même.
Voilà quand t'es, quand tu reviens.
Maintenant, je reviens en France avec ces 6 7 nageurs là dans ton bassin à Béthune ou voilà, j'ai rien contre Béthune.
Mais bon, je prends un exemple un peu un peu un peu caricatural.
Et que il fait encore nuit et que tu sais que ta prochaine compète elle est dans 2 mois et qu'il y a rien de collectif.
Voilà, tu seras tout seul face à ton truc.
C'est c'est pas du tout la même façon de vivre, de vivre ta discipline et ton sport quoi.
Donc autant sur le temps que l'on passe dans une dans un bassin, dans une piscine, aujourd'hui peut être à peu près le même partout, autant l'intention que l'on y met le le le le.
L'aspect social qui est existant, le les désirs que ça crée, la la valorisation que ça génère.
Parce que dans un collectif en fait, où tout le monde à sa place parfois, Ben par définition tu peux trouver ton poste là-dedans et tu te dis voilà bon moi je je suis à 5 secondes derrière le meilleur, mais si je gagne 1/10, Ben dans le relais ça va quand même compter pour les copains.
Du coup, ça, ça n'est pas du tout la même chose, ça n'est pas du tout la même vie en fait.
Et je pense que sur le sur le contenu du coup et sur l'approche culturelle des choses de la compétition, le rapport à la à la compétition, le le rapport à la Communauté, il est très différent, il est-il est-il est je pense beaucoup plus puissant dans ces pays-là que que chez nous quoi.
Et c'est là-dessus que l'on a vraiment du mal à faire bouger les lignes.
C'est à dire que nous pour créer un.
Une sorte de de de compétition par équipe un un système ou plutôt que de faire une compétition tous les 2 mois qui une compétition qui va durer 4 jours et dans laquelle tu vas nager une fois 30 secondes par exemple va proposer peut être un autre format de compétition.
Tu dis voilà maintenant on va nager peut être toutes les 2 semaines mais c'est une compétition qui dure à 2 ou 3 h et on fait plein de courses, c'est plutôt des relais plutôt que des courses individuelles.
Non, non, on a essayé de proposer.
Il y a des collectifs de coachs là qui ont essayé de proposer comme ça une sorte de de de rénovation.
Mais on ne lâche pas nos habitudes quoi.
Voilà, et ça, ça, je pense que ça nous pèse ça, ça nous cause un préjudice considérable.
Ouais.
Personne 1
Mais c'est intéressant hein ce que tu dis ?
La confrontation sur des sports comme ça c'est intéressant.
Mais.
Mais je prends souvent l'exemple même quelqu'un qui prépare.
Un trail qui est long en fait, c'est un trail par exemple, c'est une course face à lui même hein de toute façon.
Et Ben tu vas prendre 1 h de course à pied, comme 1 h dans un bassin hein, comme 1 h de tout ce que tu veux entre la personne qui l'a fait mécaniquement robotiquement en veillant à pas dépasser sa zone 2 à la pulsation près, et et l'autre personne en fait, qui va jouer avec le terrain, qui va vivre sa séance, qui va travailler les relances hein.
C'est pareil en ski, en course à pied et tout finalement 1 h.
C'est assez à basse intensité au sens large hein.
C'est la même cible entre la personne qui l'a fait de manière robotique et la personne qui a vécu sa séance qui a joué avec ça.
Bah c'est pas la même chose et c'est pas le même sens que tu donnes à la séance.
Et je suis presque sûr.
C'est pas les mêmes effets même si physiologiquement tu es dans les mêmes zones, tu vois, c'est un petit peu.
Personne 2
Où je veux en venir ?
Par rapport à ça, je pense que vraiment le la chose la plus importante, c'est de définir l'entraînement.
Mais là vraiment, c'est quoi s'entraîner ?
C'est à dire que globalement les coachs français en natation c'est s'entraîner.
Ben c'est travailler je sais pas moi son son, son seuil lactique c'est travailler sa vitesse absolue c'est voilà, être capable de nager à telle allure pendant telle durée.
Donc en fait on est, on est très centré sur.
Sur des notions physiologiques biologiques.
Mais on prépare quoi comme ça ?
C'est à dire qu'en fait, si on pense à la compétition avant tout sur le dispositif, là de la réflexion, on se dit, bon en fait, en vue d'une compétition, s'entraîner ce serait apprendre à doubler quelqu'un, ou alors apprendre à gérer ses émotions, sa prise de décision au moment où quelqu'un va nous doubler par exemple.
Donc là, on ne parle pas de physiologie, on ne parle pas de de de biomécanique, on ne parle pas de muscles, on parle de Ben, d'attention, de prise de décision, de gestion émotionnelle, de technique aussi.
Comment on fait pour passer d'une vitesse à une autre, pour pouvoir doubler quelqu'un, pour éviter de se faire rattraper, et cetera.
Et donc à partir de là se dessine un environnement, c'est à dire effectivement quand on a 6 nageurs dans l'eau de niveau assez différents.
Et qu'on leur demande de nager avec une fréquence cardiaque, je sais pas de 120 par exemple.
Bon, Ben personne ne va se doubler quoi.
Chacun est dans son couloir et va simplement faire des allers-retours à la fréquence cardiaque demandée, à l'allure demandée, et cetera.
Et il n'y a aucun lien, absolument aucun lien avec ce qui nous attend le jour J en compétition.
Ce qui nous attend en compétition, c'est doubler quelqu'un ou être doublé par quelqu'un, toucher devant, toucher derrière, voilà, ce sont des choses comme ça.
Donc si on veut remettre ça au cœur de notre préparation, Ben ça, ça implique de de créer l'environnement qui va avec.
Et ça implique peut être de se dire Ben en fait non, je ne suis pas dans l'environnement qui va me permettre de préparer ça.
Ça veut dire qu'il faut changer la constitution de nos groupes, il faut changer la façon dont on répartit les nageurs en France.
Il faut tout repenser en fait.
Et c'est vrai qu'aux États-Unis, Ben.
On les cite souvent en exemple, hein ?
Parce que il y a davantage cela quoi.
Il y a davantage de de points communs entre le quotidien du nageur qui s'entraîne et ce qu'il va trouver en compétition.
Voilà quand on encore une fois, quand on a 8 lignes d'eau, qu'on plonge le matin de bonne heure et que Ben on est 30, 40, 50, et Ben ça, ça va se produire, être doublé, se faire doubler.
Et donc il y a plus de choses qui sont travaillées en rapport direct avec avec la prochaine compétition quoi.
Donc nous, quand on a un nageur qui malgré tout cela un nageur français arrive quand même, et ça arrive hein, à tirer son épingle du jeu en compétition internationale, c'est que le gars est vraiment bon quoi hein, on en a hein.
Mais forcément il se compte sur le doigt d'une main à chaque à chaque olympiade.
On est incapable de au-delà de ces 2 3 nageurs qui sont, qui sont un peu à part, hors norme.
On est incapable de de créer un un contingent de de de sportifs qui vont Ben rentrer dans des finales et jouer des podiums quoi.
Personne 1
C'est.
L'intérieur sport avec bobtari, quand il était parti au Kenya, ça m'avait marqué.
Il était médaillé mondial sur tipe 3e, il part au Kenya et le premier, ils ont des.
Personne 2
C'est soit.
Personne 1
Des FARC Lake, soit des séances tempo, peu importe hein.
La première séance qu'il fait avec eux, il pète, il il finit 50e de la séance parce que c'est une compète, alors c'est pas à chaque fois, mais c'est toutes les semaines, tu vois ce que je veux dire ?
Et puis la 2e séance, et cetera, et en 2 ou 3 semaines, et ça, ça m'avait marqué.
Il il rélève son niveau pour arriver à accrocher le groupe.
Personne 2
Et il faut pas me.
Personne 1
Faire croire que ces données physiologiques, elles ont évolué en 2 ou 3 semaines.
Et ça c'était, je trouve qu'en ce moment, même si je suis un un grand défenseur de la basse intensité de manière générale, on en fait trop avec cette fameuse zone 2 où on met les gens dans du formol et dans un environnement aseptisé.
Et la compétition, c'est jamais ça.
C'est c'est rarement un environnement aseptisé.
À partir du moment, même sur un environnement fermé comme la natation, il reste ouvert parce qu'il y a de la concurrence, parce qu'il y a plein de choses comme ça.
Bien sûr, je vais pas expliquer comment on cause la natation hein, j'y connais rien mais j'ai du mal avec ça parce qu'on veut tellement.
Ça fait peur en fait de faire confiance à la sensation, à la confrontation, de pas tout maîtriser parce que derrière l'entraineur ou le scientifique ou etcétéra il va dire non mais attends là tu peux pas justifier ce que tu fais, ce que soit à l'entraineur soit la, soit à l'athlète hein.
Et ça fait peur aux gens et je pense qu'il faut sortir de là.
Enfin c'est un avis hein.
Personne 2
Je suis absolument d'accord.
Je suis absolument d'accord.
Bien souvent ce sont des des limites, des craintes qui nous empêchent de de de sortir de que l'on a répété pendant des décennies et ce qui a plus ou moins marché quand même.
Donc bon, Ben voilà.
Bon, ça c'est c'est quelque chose que l'on retrouve ailleurs, pas que dans le sport d'ailleurs hein, dans la vie professionnelle.
Voilà, mais c'est vrai que Ben on est, on est quand même bien cadenassé par par tout cela, et encore une fois c'est.
C'est la raison pour laquelle je pense, une institution comme une fédération a un rôle à ce moment-là, pas sur la, pas sur comment dire la la la dispension de contenu vraiment ou de méthodologie type, mais sur sur la création d'un environnement, d'un, d'un, d'un cadre de contraintes, notamment sur les, sur les moments de rendez-vous quoi, sur les, les, les, les compétitions.
Qu'est ce qu'on pourrait faire pour que.
Les compétitions, dans leur format, dans leurs enjeux, suscitent une sorte de, de, de, de d'adaptation, de, de révolution, d'innovation dans les unités d'entraînement.
Après ça, c'est une belle mission fédérale.
Donc voilà.
Alors de temps en temps, bah il y a des des encore une fois des nageurs qui sont qui sont un peu hors norme et qui.
Qui eux arrivent à à comment dire, à à créer ces contraintes pour eux-mêmes et à et et à se préparer de façon plus spécifique à à ce qu'ils vont trouver sur leur chemin le jour de la compétition.
Quoi, hein ?
Mais ce sont des des des individus qui sont isolés, qui sont rares et et voilà qui sont précieux quand on les a entre les mains, mais qui ne font qui ne sont pas légion quoi.
Personne 1
Et en fait si, si.
Je résume un petit peu tout le monde, mais c'est valable à tous les sports, tout le monde sait plus ou moins comment il faut s'entraîner.
Il y a il y a pas de méthode secrète sur les grandes lignes, sur la physio, l'organisation de l'entraînement et tout et et ce qui peut manquer en tout cas, ce qui peut faire franchir un palier si je suis bien, c'est plutôt la capacité à créer un environnement et un contexte qui va faire la différence en fait.
Pour être préparé à la compétition et non pas forcément être préparé à maîtriser son entraînement tout le temps, c'est plutôt à maîtriser, presque l'aléatoire, oui, c'est.
Personne 2
Cela, c'est, c'est vrai que le quotidien, le quotidien du Nageur, c'est quelque chose de très raté.
Tout est attendu par le nageur.
Il sait qu'il va arriver, il sait qu'il va avoir 1000 M d'échauffement, il sait qu'il va avoir la série un, la série 2, la Série 3.
Il sait que comme on est mardi, Ben il va avoir une série avec une zone mixte au milieu.
Il sait qu'à la fin il y a 3 plongeons à faire.
Voilà, il sait qu'il va prendre la douche, rentrer chez lui, manger, et cetera, et cetera.
Il y a pas un moment dans là-dedans où en fait, il va devoir s'adapter.
Il va devoir faire face à un dilemme, devoir trancher, prendre une décision, prendre la bonne ou la mauvaise.
Devoir s'adapter à finalement à une inconnue l'inconnu ça va être l'adversaire quelqu'un qui vient et qui qui produit quelque chose de de de nouveau sous ses yeux donc effectivement cette capacité à à gérer l'imprévu à à s'adapter finalement dans notre sport en France c'est quelque chose que l'on rencontre bien souvent uniquement le jour J mais c'est un peu tard le jour J c'est c'est trop tard quand on arrive aux Jeux olympiques et c'est un peu tard le jour J c'est c'est trop tard.
Quand on arrive aux Jeux Olympiques Ben c'est un peu tard le jour J c'est c'est c'est trop tard quand quand on arrive aux jeux et c'est et c'est un peu c'est trop tard quand mais c'est pas comme c'est quelque chose et c'est quelque chose et c'est quelque chose et c'est un peu c'est un peu c'est un peu c'est un peu c'est un peu un peu un peu l'est un peu c'est pas un peu l'est un peu c'est un peu l'est un peu un peu un peu un peu un peu un peu un peu un peu un peu un peu un peu un peut c'est pas
le j'est pas bien et c'est pas un peu c'est pas le j'est pas le j'est pas un peut C donc donc donc donc donc donc un peu un peu un peut c donc donc donc donc donc donc donc donc donc et c'est pas un peut c donc commec donc donc donc donc donc donc donc donc c'est un peu un peu un peu c'est un peu un peut c donc donc un peu c'est un peu c'est un peut c un peut c un peut c un peut c un peut c un peut c un peut c un peut c un peut c un peut c un c'est c un peut c un peut c un peut c un c'est un
peut c un c'est pas un peu un peut c un peut c un peu un peut c un peut c un peu c'est pas un peut c un peut c un peut c un peut c un c'est pas un peut c un c'est pas un peut c un peut c un peut c un c'est un peut c un peut c un c'est c un peut c un peut c un peut c un peut c un c'est c un c'est SC un peut c un peut c comme c un c un Ben ma foi de se dire Ah là le bassin d'échauffement il est-il est vachement froid, je m'attendais pas à ce que l'eau soit à 25 ensuite waouh mais le gars que j'ai
devant moi mais il fait 2 M 0 5 je je n'ai jamais rencontré un énergumène pareil.
Oh celui-là m'a l'air très doué en coulé ou bref il ne gère que de l'imprévu mais il le gère après des mois passés à à ne connaître que le prévu justement.
Voilà encore encore une fois la richesse de de de l'imprévu telle qu'elle peut être amenée par des compétitions ou en tout cas un par des Derby.
Je ne sais pas par tout ce qui pourrait être entrepris pour pour justement préparer directement l'athlète aux échéances.
Ça, ça nous manque encore une fois.
Voilà, je prends un exemple.
Un exemple concret, bon Ben voilà, nous un nageur, il fait du 50 crawl, du 100 M d'eau, Ben il se prépare pour ça, il va aller en compétition et il sait qu'il va avoir son 50 à faire et voilà, c'est c'est plié quoi, c'est c'est pas pareil si finalement on arrive à une compétition et on tire au sort les épreuves dans lesquelles on va s'élancer, juste ça.
Bon voilà, c'est c'est vraiment un truc dérisoire, mais ça pourrait.
Générer chez les les sportifs une capacité à s'adapter, à se transformer de façon profonde.
Finalement, et c'est vrai que les les Américains, pour revenir à eux, finalement, ils connaissent cette excitation, cette mobilisation lors de leur sélection, leur trials qui se déroule souvent 3 semaines ou un mois avant le les Jeux olympiques ou les championnats du monde.
Ce qui fait qu'après, quand ils vont paradoxalement, quand ils vont au championnat du monde ou aux Jeux olympiques, c'est comme une redescente pour eux, c'est comme si ils redescendaient une petite pente et les choses redeviennent très faciles pour nous, c'est l'inverse pour nous.
On arrive au chemin de France, on connaît, nos adversaires sont toujours les mêmes, voilà, on sait ce qu'on va faire le matin, on va gérer, on sait ce qu'on va faire l'après 12h00, et voilà, puis après on arrive au championnat du monde et waouh, on est parachuté là, sur le gril et.
Tout est nouveau, tout est tout est inédit.
Voilà et ça c'est c'est.
C'est trop complexe pour un pour un sportif quand il n'y est pas préparé quoi.
Voilà donc et encore une fois le lien qui est fait entre nos représentations les plus physiologiques de de l'entraînement et la gestion de ces comportements le jour J bah il est-il est pas évident quoi, il est pas évident.
Personne 1
Ben si je pouvais donner un conseil au par par toi évidemment aux sportifs amateurs qui nous écoutent et surtout les coureurs à pied, c'est que si vous avez l'opportunité, mais ça rejoint ça hein, d'aller vous entraîner de temps en temps avec quelqu'un de plus fort que vous ou un groupe plus fort que vous.
C'est ça aussi qui fait progresser.
Et même si vous êtes-vous avez pas respecté votre zone physiologique le jour J, la séance d'après, vous ferez un peu plus de piano pour que ça récupère.
Mais c'est assez frappant.
Moi je le fais de temps en temps.
Je vais courir avec des gens que je couche qui courent beaucoup plus vite que moi sur des séances au train.
Alors Ouais tu t'accroches hein pendant la séance, mais t'arrives à en retirer quelque chose derrière qui est qui est fondamental.
Alors là on parle pas de haut niveau hein.
Mais je donne aussi vu que le le Podcast est un peu généraliste et et je pense que finalement Ben l'apprentissage par et la progression elle ne passe pas uniquement par le respect des valeurs physio.
C'est c'est juste des moyens, des garde-fous, mais ça va pas plus loin que ça, et encore plus maintenant où la sensation, on peut essayer d'en parler avec le RPE, les maintenant, tout le monde veut objectiver le RPE, enfin le objectiver, la sensation, et cetera, et cetera.
Et peut être qu'il y a pas besoin d'aller aussi loin que ça, il y a juste besoin de se dire Bah qu'est ce qui m'attend le jour J ?
Et j'apprends à faire face à un petit peu toutes les situations et après je vois bien Comment ça va se passer.
Et on arrive un petit peu en fin d'émission et j'ai j'ai une question à te poser parce qu'on me la pose souvent et je botte toujours en touche.
J'ai pas mal de de gens qui me suivent et qui qui entraînent en natation ou qui font de la natation et qui me demandent je te jure c'est vrai je sais pas quoi répondre.
Est ce que tu penses que de faire des footing pour la natation c'est intéressant ou pas ?
Et vu que je me suis jamais pensé parce que j'ai pas été confronté avec des nageurs, j'ai pas la réponse à part leur dire que pour le stopper rose ça fera peut être du bien mais c'est la seule voix que j'ai.
Personne 2
Alors moi je pense que c'est bien.
Alors c'est vrai que les nageurs il n'y a pas, il y en a pas beaucoup hein, qui déjà qui savent courir.
Parce que justement on les a extrait de de la terre justement et on on leur demande régulièrement de se débarrasser du du du réflexe de terrien.
Et donc ils ne sont plus vraiment soumis donc à la pesanteur, aux chocs, et cetera, et cetera.
Donc c'est vrai que du coup, le nageur court peu on va dire, n'est pas très à l'aise, toujours sur terre, à part quelques quelques individus, et c'est bien dommage.
En fait.
Ma réponse, elle est là, c'est à dire que celui qui sait courir, celui qui sait courir, je pense que ça peut être une bonne chose.
Que de remplacer une séance dans l'eau par un bon footing pour plein de raisons.
La première, c'est un petit peu en liaison avec ce que l'on a dit là dans cette conversation.
C'est à dire que ma foi, nager et faire des allers-retours pendant 1 h au seuil aérobie pour avoir la caisse entre guillemets.
Bon, il n'est pas certain qu'il y ait un rapport absolu avec.
Le fait d'être capable de nager plus vite tout simplement et même de tenir pendant 2 Min pour un pour un 200 M Crawl par exemple.
Donc ma foi, le cœur qu'il soit dans l'eau, qu'il soit en forêt, ce sera pareil, ce sera pareil et ce sera peut être mieux en forêt pour le coup.
Parce que bah ma foi, courir dans la nature, voir passer un écureuil, dire Bonjour à quelqu'un qui qui court dans le sens inverse, c'est peut être plus sympathique à ce moment-là.
Que de compter les carreaux pendant 1 h dans l'eau et ensuite peut être qu'on on arme un petit peu le corps, tous ces micro chocs, cette cheville qui doit s'adapter.
Là si on court en forêt un petit peu entre les entre les cailloux, le plaisir de rebondir tout simplement, de se reconnecter, sensoriellement de façon olfactive, de façon de façon diverse avec l'environnement.
Moi je n'y vois que des points positifs, vraiment en terme d'apprentissage, en terme de de en terme social, je pense que c'est une bonne chose.
Alors après si on ne sait pas du tout courir et que on s'y met du jour au lendemain de façon un peu frénétique, peut être que on va, on va se blesser.
C'est souvent le le.
La crainte des coachs et des nageurs, c'est de se blesser en ressortant de l'eau.
Mais si ma foi on sait courir qu'on aime ça.
Je pense il faut-il ne faut pas s'en priver quoi.
Et c'est peut être au moins aussi valable qu'une séance passée dans l'eau à des allures basses qui ne sont pas forcément très utiles quoi.
Et quand des triathlètes me posent la question des triathlètes qui en plus de leur vélo, en plus de de leur course à pied, veulent absolument bouffer du bassin, je leur tiens le discours inverse, je leur dis non mais c'est bon, vous avez fait ce qu'il fallait à vélo, vous avez fait ce qu'il fallait à course à pied dans l'eau faite pour le coup.
De ce dont vous avez-vous allez avoir besoin, quoi créer de la vitesse, travailler votre mobilité spécifique dans l'eau.
Le reste vous allez vous en occuper ce soir quand vous allez prendre votre vélo.
Donc voilà, être capable de jongler et de travailler de façon opportuniste.
Ce que l'on a à travailler dans le meilleur environnement, je pense que ça c'est c'est amener de la finesse dans sa préparation.
Personne 1
Ouais, c'est c'est intéressant ce que tu as dit où le cœur, le cœur, c'est c'est le même dans l'eau, bon et à l'horizontale, voilà verticale.
Mais la physio, elle se travaille différemment partout et peut être que oui, c'est une petite forme de renforcement hein, pour un nageur de courir comme tu le disais.
Et là où ça si je résume un petit peu, est ce que c'est un un jeune entraîneur qui m'a posé la question et qui a des jeunes ?
Et finalement est ce que dans ce process de formation depuis tout jeune, au lieu de les les attention hein, je pèse mes mots parce que je suis pas là-dedans, mais au lieu de les foutre continuellement dans un bassin, de se dire bon on maintient un footing une fois par semaine dans votre formation parce que comme ça vous allez pouvoir le garder toute votre vie et toute votre carrière de nageur, est ce que c'est peut être une voix qui est intéressante plutôt que de tout abandonner et de se
retrouver à 20 ans et de dire Ah bah là je peux pas aller courir parce que si je cours je vais me péter.
Personne 2
Je suis d'accord, c'est vrai que au-delà, au-delà de de la richesse qu'on pourrait trouver dans bah je sais pas moi, notamment chez les jeunes, le fait d'augmenter comme ça une sorte de réserve motrice parce qu'on va faire un peu un peu de basket ou un peu de d'escalade ou de la course à pied au-delà des avantages que l'on pourrait récupérer dans l'eau.
C'est le fait que effectivement il y a une vie après la natation.
Et cette vie commence très tôt parce que la natation est un sport où on excelle assez jeune.
Ça pourrait permettre à des à des individus de rester sportifs au-delà de leur vie de de nageurs, ce qui n'est pas toujours le cas.
Donc ne pas renoncer à à courir ou à faire du ski.
On n'aime pas le ski aussi parce qu'on a peur de se de se blesser.
On a peur de la la la du vrai bobo.
Mais ma foi, conserver ce risque là, conserver ce ce ce les compétences que l'on que l'on a acquises étant jeune, à à courir, à faire du vélo, à jouer au basket, quand bien même on est nageur de haut niveau, je pense que c'est c'est le meilleur conseil que l'on parce que l'on peut donner à tous ceux qui qui se trouvent une passion dans la natation et qui s'y mettent.
Et qui ont l'impression que pour pouvoir progresser dans ce sport, il ne faut plus faire que cela.
Personne 1
Quoi c'est des des des sages paroles de fin et je pense qu'ils peuvent etre applicables à beaucoup de sport et notamment les sports individuels par rapport au sport co parce que le sport co est un jeu permanent donc c'est un peu différent.
Je connais personne qui se lasse du foot ou du basket, y a peu de gens.
Je connais beaucoup plus de gens qui se lasse de la course à pied, du ski ou de plein de choses comme ça parce que peut etre l'environnement a été trop structuré.
Et spécifique trop tôt.
Personne 2
Tout à fait.
Voilà, Eh.
Personne 1
Ben merci beaucoup Fabrice, franchement c'était un c'était un régal alors comme d'hab ça a duré plus de 30 Min.
De toute façon, ma vie éditoriale a changé sur le coup, mais je me suis vraiment éclaté.
On a et moi ça me plaît.
Les gens seront pas surpris.
On n'a pas beaucoup parlé de techniques d'entraînement finalement on a plus parlé de de progression, d'humain et de coaching.
Moi j'ai vraiment pris du plaisir.
Personne 2
Ben c'était partagé.
Merci beaucoup de de l'invitation, c'est toujours.
Un exercice en fait, qui est qui est précieux de de de pouvoir structurer sa pensée, répondre comme ça à des questions que l'on ne se pose pas volontairement ou involontairement soi-même.
Donc merci, merci beaucoup.
Personne 1
Et Ben allez, au revoir à tout le monde.
Personne 2
Au revoir.
Personne 1
Et voilà, c'est terminé.
Je vous remercie d'avoir écouté jusqu'au bout.
Et un petit 5 étoiles sur les différentes plateformes d'écoute, ça fait toujours plaisir et c'est incite à continuer.
Si vous avez des questions vous pouvez me contacter via ma page Instagram Agile point Training.
Podcast Summary
Key Points:
Présentation du podcast "Endurance 30" par Nicolas Vandel, axé sur les sports d'endurance, avec un épisode dédié à la natation et l'invité Fabrice Pellerin, entraîneur principal de l'Olympique Nice Natation.
Discussion sur la définition de l'endurance en natation, perçue comme la capacité à maintenir des qualités (vitesse, techniques, mentales) pour atteindre un objectif, souvent dans des courses de courte durée (30 secondes à 2 minutes).
Explication de la structure de la natation française
Constat d'un manque d'évolution dans les méthodes d'entraînement depuis 30 ans, avec des pratiques similaires (volume, séries), peu d'innovation scientifique, et une absence de partage d'informations ou de suivi longitudinal des athlètes.
Rôle limité de la fédération
Summary:
Dans cet épisode du podcast "Endurance 30", Nicolas Vandel reçoit Fabrice Pellerin, entraîneur de natation, pour discuter de l'endurance dans ce sport. Fabrice définit l'endurance comme la capacité à prolonger les qualités nécessaires (vitesse, techniques, mentales) pour atteindre un objectif, souvent dans des courses courtes de 30 secondes à 2 minutes. La conversation aborde ensuite l'organisation de la natation en France, reposant sur des clubs associatifs souvent précaires, avec un système de labels fédéraux (clubs excellence, CAF) dispersé.
Cette structure limite la confrontation entre nageurs d'élite, expliquant en partie le manque de densité compétitive au niveau national. Fabrice souligne que les méthodes d'entraînement n'ont guère évolué depuis 30 ans, avec des pratiques similaires (volume, séries) et peu d'innovation scientifique. La fédération impose des critères de sélection stricts mais intervient peu dans l'entraînement, laissant une liberté aux entraîneurs tout en manquant de partage d'informations, de recherche et de débats.
Il note toutefois que les performances progressent grâce à la mondialisation et au mimétisme, permettant aux nageurs de repousser leurs limites mentalement.
FAQs
Nicolas Vandel est l'animateur du podcast Endurance 30. Il accompagne des sportifs amateurs dans leurs projets d'endurance depuis plus de 10 ans et a été membre du staff de l'équipe de France de ski nordique.
Pour Fabrice Pellerin, l'endurance est la capacité du nageur à maintenir les qualités nécessaires pour atteindre son objectif jusqu'au terme de l'épreuve, en incluant la vitesse comme qualité fondamentale.
La natation en France repose sur environ 1000 clubs associatifs, avec des structures labellisées comme les clubs excellence et les CAF. Cependant, la densité de haut niveau est limitée, reposant souvent sur des individualités plutôt que sur une masse compétitive.
Non, il n'y a pas de doctrine fédérale centralisée. Chaque entraîneur applique sa propre méthodologie, avec une formation de base et des critères de sélection exigeants, mais peu de partage d'informations ou de suivi scientifique.
Non, l'entraînement en natation n'a pas fondamentalement changé. Les méthodes restent similaires, avec des volumes et séances comparables, bien que la préparation hors de l'eau (comme la musculation) ait connu quelques évolutions et modes.
Les défis incluent un manque de densité compétitive, une organisation fragmentée avec trop de structures labellisées, et l'absence de suivi historique des nageurs pour améliorer la formation et la performance.
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