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5.34 La folle histoire de mon roman le plus fort

17m 13s

5.34 La folle histoire de mon roman le plus fort

Dans cet épisode très personnel, l'autrice parle de son roman *Eclipse*, une dystopie jeune adulte aux accents de dark fantasy, publiée le jour de l'enregistrement. L'histoire suit Oda, une héroïne qui s'automutile et qui doit réussir une mission d'infiltration au sein d'un gang de rebelles opposés à la méditation de l'univers Téloé. Le roman est profondément autobiographique : l'autrice a vécu quinze ans d'addiction à la nourriture, et c'est cette expérience de l'autodestruction et de la reconstruction qu'elle a voulu transposer dans la fiction. Elle explique avoir aussi nourri le récit d'un désenchantement professionnel dans une start-up d'énergie renouvelable qui broyait ses employés, et avoir créé le chef des rebelles en s'inspirant directement d'un ami proche. *Eclipse* est un spin-off de sa duologie des guerriers de l'esprit, et il explore la manière dont Oda est devenue la femme mentalement forte que les lecteurs découvrent dans *Cris dans le chaos*. L'autrice insiste sur sa volonté de montrer la guérison d'une addiction non pas comme un chemin linéaire, mais comme un chaos fait de boucles et de retours en arrière. Elle raconte aussi le parcours éditorial difficile du roman, les corrections qui ont altéré son naturel et une scène problématique qu'elle a fini par modifier. Malgré les difficultés, elle affirme que c'est son roman préféré, le plus intime qu'elle ait publié, et qu'elle en est extrêmement fière.

Transcription

3411 Words, 19444 Characters

French
Speaker 1Hello collègues écrivains, épisode de podcast très très personnel aujourd'hui puisque je vais te parler de mon roman Eclipse qui sort aujourd'hui. Il s'agit d'une dystopie jeune adulte qui a des traits un petit peu fantasy, dark fantasy, qui est profondément sombre et intimiste parce qu'il parle d'une héroïne qui s'automutile et qui a néanmoins une mission d'infiltration à réussir. Eclipse, il commence là où on l'attend pas, au fond du trou, pas avec une héroïne badass qui va triompher de tous les obstacles tout de suite. Au début, l'héroïne est profondément malheureuse, elle a une mission très très difficile qui l'attend et elle est prisonnière de l'automutilation. Elle a toutes les chances de mourir et donc le stress colossal que cause sa mission la pousse tout de suite à chuter. C'est un roman qui parle de comment se reconstruire quand on part de rien. Et rien que pour ça, je voulais y consacrer un épisode. Alors c'est parti. D'où me vient l'histoire d'Eclipse? Elle est profondément autobiographique, sauf que mon autodestruction à moi, ce n'était pas l'automutilation, c'était la nourriture. J'ai vécu 15 ans avec une addiction à la nourriture, hyperphagie en gros. J'en ai tiré donc ce livre de développement personnel qui s'appelle Food Fighting, qui est sorti en 2021 aux éditions First, où j'explique mon chemin et comment je me suis libérée de cette addiction, parce que vraiment c'était ça. Et il est sorti. Il est sorti dans toutes les librairies de France, il a été lu par 2400 personnes. Mais pour moi, le sujet n'était pas clos, loin de là. J'avais déjà écrit deux romans dans l'univers des guerriers de l'esprit, la duologie de science-fiction que j'ai publié en 2024 et 2025. Et un jour, je me suis dit que je n'avais pas fini avec cet univers-là non plus, et que peut-être je pouvais écrire un spin-off d'un des personnages en justement explorant cette thématique-là de l'addiction, de l'automutilation. C'est justement un personnage qui m'est apparu de manière. assez naturelle quand j'ai écrit le tome 1 en mode "guerrière badass". Et je me suis dit : "Mais comment elle a fait pour en arriver là, elle, cette héroïne, et badass, quand on la rencontre dans "Cris dans le chaos"?" Elle s'appelle Oda, et on est tout de suite impressionnés, parce que dans "Cris dans le chaos", cet univers basé sur la méditation, il y a deux catégories de personnes : les humains et les téloés. Les téloés sont justement les humains plus-plus, ceux qui méditent, ceux qui sont trop forts, qui sont capables de méditer toute la journée, au combat, etc. Et les humains, ils sont nuls pour le contrôle d'esprit. Personne ne le fait, sauf la fameuse Oda. Ça, c'est le cas dans "Cris dans le chaos". Et la question, tout de suite, que je me suis posée, c'est : "Et si l'histoire d'Oda était telle qu'elle a surmonté de grosses difficultés, et c'est pour ça qu'aujourd'hui elle a cette force mentale?" C'est exactement ça, le point de départ d'Eclipse. En 2020, l'idée de base de ce roman, qui m'est apparu assez vite, c'était de lui donner une mission très dure, qui aurait permis de la pousser dans ses retranchements, et en même temps de la voir se dépatouiller avec son côté autodestructeur. Et cette mission très dure, j'ai tout de suite pensé à une mission d'infiltration. Pourquoi pas, par exemple, un gang de rebelles qui sont justement opposés à cette méditation à toutes les sauces de l'univers? Ça montre un petit peu la "dark side", le côté sombre de l'univers de Téloé. Et j'ai foncé sur cette idée, j'ai créé un gang de rebelles hyper charismatiques et vivants, par opposition au Téloé qu'ils comparent à des robots, puisqu'ils sont tout le temps en train de méditer, de contrôler leur esprit. Et, bah, évidemment, du coup, ils ne recrutent pas une Téloé pour cette mission, ils recrutent une humaine, qui ne sait pas contrôler son esprit : Oda. Sauf qu'en fait, elle essaye quand même de le faire. Et parce que c'est ça qui lui permet de ne pas s'auto-mutiler, justement. Il y a un autre truc qui a beaucoup aidé à construire un petit peu l'histoire et les différentes choses que va traverser l'héroïne, et qui va peut-être te surprendre. Il s'agit d'une expérience que j'ai eue, qui est professionnelle, puisque je suis ingénieur dans l'énergie, et en 2020, je travaillais dans une start-up d'énergie renouvelable, qui, sur le papier, était parfaite : cocher toutes les cases, petite entreprise, sujet noble, noble cause! Et pourtant, ça a été un de mes plus gros désenchantements professionnels, parce que cette entreprise-là, du coup, prospérait simplement par le fait qu'elle broyait ses employés. Encore plus qu'une start-up normale, j'ai envie de te dire. Et moi, j'étais un petit peu extérieur à ça, mais j'étais quand même dans cette entreprise-là, et je me suis vue petit à petit sombrer aussi. Et c'est exactement ce qui se passe dans Eclipse. À un moment donné, c'est-à-dire qu'effectivement, les rebelles ont une noble cause à défendre, mais ça passe par des sous-fifres, en bas de l'échelle, qui font des tâches à la con, des petites mains, tout ça, et qui dévouent leur vie à une cause noble, mais qui les broie. Et ça, c'est quelque chose que j'ai eu du mal à vivre, et le mettre dans Eclipse m'a vraiment fait beaucoup de bien. Ce roman, donc, jeune adulte et autobiographique sur plein d'aspects, que ce soit cette expérience-là, mon expérience un petit peu autour de l'autodestruction, mais aussi des trucs un petit peu plus fun, dont je suis obligée de te parler. Par exemple, l'ami d'enfance de l'héroïne, qui est un peu inspiré de ma meilleure amie d'enfance à moi. Il y a aussi le contexte, un petit peu, la ville d'origine de l'héroïne, où j'ai essayé de faire un mix entre ce que j'adore, à savoir le Japon, et notamment son côté géothermique super actif, comme dans la ville de Beppu, où il y a des jets de vapeur dans la ville, et ma mozelle natale, avec ses hauts fourneaux. J'ai fait un peu un mix de ça, pour imaginer là où l'héroïne a grandi. C'est pas l'histoire d'une héroïne qui subit un traumatisme, s'en remet et devient badass. J'ai vraiment un gros problème avec les romans qui racontent un truc comme ça. Encore pire, si le traumatisme est d'ordre agression sexuelle. C'est vraiment pas quelque chose auquel j'adhère, parce que pour avoir vécu des années et des années à se remettre de traumas, qui sont peut-être même légers en apparence, et pourtant on a tous un rapport différent à des scènes qu'on a vécues comme traumatisantes, et ça déjà, c'est un truc dont on a énormément débattu avec les bêta lectrices du roman. Moi, je voulais parler de la vraie galère. Par exemple, l'addiction. S'en remettre, c'est pas un chemin linéaire, en fait, où on a le début de "je me remets de l'addiction", et on monte les marches, un petit peu comme un escalier, et à la fin, on a fini de se remettre de l'addiction. C'est un chaos complet. C'est un schéma avec des boucles, des cercles, où on revient en boucle en boucle, des retours en arrière, des cul-de-sac par milliers, etc. C'est ça, se remettre d'une addiction. Et ça, je l'ai vu nulle part dans des romans. Peut-être qu'il y en a. D'ailleurs, ça m'intéresse, si tu en connais. Et ça, c'était très important pour moi de le mettre dans ce roman-là, de donner une vraie vision de ce que c'est de se remettre d'une addiction, en fait, parce que c'est un petit peu ça qui se passe. Et pourtant, c'est pas non plus ça l'histoire principale, parce qu'on s'en fiche, entre guillemets. L'héroïne a une mission à accomplir, c'est ça qui est important. Et donc, c'est avec tous ces milliers de casseroles au pied qu'elle s'attaque à sa mission, parce que c'est ça son but, en fait. Et ça, je trouve aussi que c'est très réaliste. J'aime pas forcément les romans où il y a beaucoup de. j'ai pas envie de dire d'apitoiement, mais où ce côté santé mentale est crucial, mais nuit un petit peu au scénario, au reste, parce qu'en fait, on peut faire les deux en même temps. Des tas de gens font ça en même temps, même tout le monde, en fait. C'est ça, pour moi, qui est réaliste, en tout cas. Ce côté un peu différence, je pense, se voit aussi dans cet univers que je n'arrive pas à qualifier. Je t'ai dit des fois dystopie, des fois science-fiction, des fois fantasy, dark fantasy. En fait, la duologie des guerriers de l'esprit, j'appelle vraiment ça un space opéra, parce que pour le coup, c'est ça, c'est un autre monde, ce fameux univers basé sur la méditation. Eclipse, on est plus resserré autour de l'héroïne, et cet univers basé sur la méditation, dans la peau d'Oda, on dirait un peu une dystopie. Mais, sans spoiler, il y a un côté fantasy, dark fantasy. Un autre côté de différence que je t'ai gardé jusqu'ici, c'est dans le côté autobiographique. Il se trouve que j'ai un ami avec qui j'ai travaillé le scénario de ce roman, parce qu'il n'est pas celui du scénario, et aussi cet ami-là est un personnage, en lui-même. Et j'ai eu très envie de prendre cet ami et de le mettre dans mon roman. Il incarne le chef des rebelles, et je n'ai rien changé. C'est un peu scandaleux de dire ça, mais j'ai un peu pompé le chef des rebelles sur une personne existante. Et vraiment, c'était un plaisir à faire. Personne n'a spécialement trouvé que ce personnage-là était différent des autres. Ils l'ont tous trouvé génial, et je trouve que ma mission est accomplie. Je trouve ça vraiment cool de rendre hommage à quelqu'un comme ça, en l'intégrant vraiment un peu à part entière dans un roman, parce que s'inspirer de gens que je connais, je le fais tout le temps, mais toujours de manière très éloignée, alors que là, il n'y a pas beaucoup d'éloignement. Maintenant, j'aimerais te parler un peu plus de comment le roman a vécu sa vie, que ce soit l'écriture, la réécriture, mais aussi sa vie éditoriale, parce qu'il en a plus ou moins eu une. Eclipse a énormément changé au fil du temps, depuis l'intention que je t'ai racontée, jusqu'à la publication qui a lieu cinq ans après les premières lignes, six ans même. Le fait que j'ai voulu écrire un roman plutôt jeune adulte, initiatique, était juste une idée de départ. Mais comme tu peux le voir, mes intentions étaient plus grandes que ça, et finalement, il n'était plus très jeune adulte et initiatique, une fois que le premier jet était écrit, et pareil après la première réécriture. Il restait très sombre, très axé sur ce côté addiction et galère. Et c'était peut-être pas le plus passionnant à lire. Et avec des cycles de bêta-lectures, etc., j'ai pu en faire un truc un petit peu plus intéressant. Et en juin 2020, 2023, j'ai trouvé un agent pour ce roman Eclipse, qui a cru. Avec cet agent, il s'est passé plusieurs choses. Tout d'abord, une éditrice m'a fait un retour sur l'histoire, et ça, je voulais t'en parler, parce que ça, c'est très intéressant. En fait, elle m'a fait changer quelque chose qui relève un peu du dosage des informations. C'est-à-dire que, entre guillemets, si je voulais caricaturer, je donnais beaucoup d'informations au début du roman sur le passé de l'héroïne, en disant : "Elle est comme ça. Regarde ce qu'elle va en faire." Là où l'éditrice m'a plutôt conseillé de dévoiler petit à petit ces infos, pour garder le lecteur en haleine, pour ne pas avoir. pour avoir encore une part de mystère, etc. Ces deux visions très différentes qui rendaient la lecture très différente, alors qu'en réalité, la mission se déroulait de la même manière. Et je trouve que ça, c'est super intéressant, rien que pour ça, d'avoir un peu de travail éditorial sur un roman, ça permet aussi de se rendre compte un petit peu de ces différences de traitement qui peuvent avoir lieu, même si on a des préférences. Et donc, j'ai aucun regret d'avoir fait ce changement-là, je l'ai gardé dans la version que j'ai publiée. Les changements que je n'ai pas gardés, c'est la suite de cette aventure. Je ne vais pas passer beaucoup de temps là-dessus, parce que c'est un sujet sur lequel j'ai peu de recul, mais disons qu'ensuite, il y a eu les corrections, un peu, de théoriquement langue, mais en réalité, c'était des corrections assez difficiles à faire pour moi, avec énormément de retravail, parce que le correcteur voulait changer un peu le niveau de langage. Ce que je peux comprendre, parce que je pense que les éditeurs visaient, c'est une hypothèse qui n'engage que moi, mais je pense que l'éditeur, voulait des maisons d'édition plus généralistes. Donc, effectivement, on hausse un petit peu le niveau de langage. Mais du coup, ça perdait un petit peu de son naturel, et surtout, quelque chose qui ne plaisait pas au correcteur, c'était ce côté répétitif. Il nous disait, il disait, donc c'était plus de la correction de forme, là, c'était du fond, c'était, on sait déjà ça, elle a déjà dit ça. Sauf que, pour un roman sur l'addiction, ben, ça ne marchait pas très bien, parce que l'addiction, c'est, par essence, une répétition infinie de la même chose. Alors, évidemment, je ne répétais pas cent fois la même chose, mais il y avait un côté un peu répétitif, parfois, que ce soit ce qu'on fait, en étant addict, ou comment on essaye de s'en sortir. On se répète des choses. On arrive à un certain palier, on voit qu'on en est capable, et on se le répète pour franchir le palier d'après, etc. Et ça, ben, après ces corrections-là, je ne reconnaissais plus trop cet aspect, et je trouvais qu'il était moins bien traité. Et, bon, de toute façon, voilà, cette histoire s'arrête là, puisqu'après un an et demi de contrat, l'agent ne m'a pas trouvé d'éditeur, malgré ces très, très nombreuses corrections, et donc j'étais, à nouveau, libre d'utiliser mon texte. Ça a été très compliqué pour moi, ces corrections. Ça a été un vrai chemin de croix, et en même temps, je l'ai, finalement, vécu comme une expérience intéressante, parce que ça faisait exercice d'écriture, même, vers la fin. Mais, évidemment, je ne te cache pas que, mentalement, c'est très dur de changer autant quelque chose qu'on a écrit. Une autre expérience, plus positive, cette fois-ci, en dehors de ce parcours-là, j'ai discuté avec les éditrices d'une maison d'édition, que, cette fois, je nomme sans problème. Il s'agit de la maison d'édition Les Arts des mots, maison d'édition lyonnaise, en envisageant une parution d'éclipses dans la maison. Et, en fait, on a discuté un petit peu de certaines scènes, de tout plein d'aspects du roman, et discuter avec des personnes qui ne connaissaient pas du tout le roman et qui le découvraient m'a aussi permis de me rendre compte que quelque chose dans le roman me dérangeait profondément. Alors, malheureusement, je ne peux pas te dire quoi, parce que ça spoil énormément, ça se situe aux alentours de la fin. Mais, voilà, tu devras te contenter de ça. Il y avait une scène, qui était dérangeante, finalement, pour la personne que j'étais en 2025, et qui, en 2020, ne me semblait moins grave. Et là, je voulais vraiment te parler de ce moment-là, parce que c'est vraiment très différent de parler à, par exemple, un éditeur ou quelqu'un qui a un regard un peu critique, ou même à un lecteur, par rapport à un bêta-lecteur qui a lu tout le roman. Parce que les bêta-lecteurs qui ont lu ce roman-là, ont tous, indifféremment, pas eu de soucis avec cette scène, parce que le roman, en fait, on a un peu un biais d'engagement dans le roman. On a lu tout le roman, et tout semble logique jusqu'ici, et donc c'est bon. Mais, juste raconter « Y a-t-elle scène? » à quelqu'un d'extérieur m'a fait réaliser que ça n'allait pas du tout, et que je n'étais pas ok avec cette scène-là. Elle transmettait un peu un message caché qui me plaisait pas, si tu veux. Et ça, je trouve que c'est très important de le mentionner. Même si tu as eu plein de bêta-lectures, n'oublie pas qu'un bêta-lecteur, il est déjà un peu partiel, parce qu'il a lu tout ton roman jusqu'à la fin. Mais voilà un peu ce que je voulais te dire par rapport à ça. C'est toujours bien de parler à d'autres, de raconter cette histoire, de parler de nos doutes, etc. J'ai à peu près fait le tour de ce que je voulais te raconter par rapport à ce roman. Je t'ai parlé très très rapidement de la bêta-lecture, mais ça a été ma meilleure expérience de bêta-lecture aussi. Je remercie par ailleurs mes bêta-lectrices, Christelle et Vita, Lise, Myritra et Lorraine, pour avoir vraiment apporté un recul que je n'avais pas, parce que cette histoire était trop personnelle. C'est peut-être ce qui a fait aussi que tout le reste, ça a été un chemin de croix, le côté éditorial, etc. Quand on est aussi impliqué dans un roman, c'est difficile d'avoir du recul, et ça je suis tout à fait consciente d'avoir eu plus de mal qu'avec ma duologie par rapport à ça, clairement. Néanmoins, plus la publication s'est rapprochée, plus j'ai eu ce recul. Comme je t'en parlais dans un autre épisode du podcast, celui sur mon livre Où germe l'ouragan, plus on a un regard en mode édition-publication, plus on prend du recul. Néanmoins malgré toutes les difficultés, parce que je pense que tu dois te rendre compte en mettant bout à bout tout ce que je t'ai dit dans l'épisode que ça a été un roman dur à écrire, c'est mon roman préféré. C'est le plus intime que j'ai publié. Ça a été une aventure incroyable, en fait. Je pensais pas que juste mon intention de dire cette histoire que j'ai vécue, je vais faire un roman avec, parce que j'ai pas fini de raconter ce truc, ça s'est transformé en une aventure incroyable, où j'ai continué d'être challengée et poussée dans mes retranchements en même temps que mon héroïne. Où j'ai testé un peu ma volonté de pousser ce projet incroyable jusqu'au bout. Où j'ai testé aussi d'explorer finalement des choses que j'avais peur d'explorer, parce qu'Eclipse c'était ça aussi. Dans mon livre de développement personnel, j'ai parlé d'épisodes un peu perso, sur ma relation à la nourriture, sur le côté addictif, mais c'est beaucoup plus simple d'écrire. Moi, Ingrid, il m'est arrivé ça, que d'incarner une héroïne qui s'y confronte, alors qu'elle est au fond du trou, et qu'elle apprend une mauvaise nouvelle, et donc elle s'isole, et elle va se plonger dans ses pires cauchemars, finalement. C'était un peu comme ça que j'ai vécu certaines scènes. Et j'ai eu du mal d'ailleurs à écrire même le premier jet, parce que parfois ça ne venait pas. C'est le seul roman pour lequel ça m'est arrivé. Sinon, tu me donnes un clavier et pouf, mes doigts, ils écrivent presque tout seul, mais pour ce roman-là, c'était plus dur. Parfois, les scènes étaient émotionnellement insensées, et c'est pour ça que les premières chroniques m'ont littéralement mis les larmes aux yeux, de voir que j'ai réussi à parler à des personnes qui étaient confrontées à ce côté, la voix dans la tête qui nous dit toujours que tout ce qu'on fait est nul, parce que c'est concrètement elle, l'ennemi, dans ce livre, aux exigences qu'on a envers soi-même qui nous pourrissent la vie, aux comportements qu'on va avoir, aux stratégies qu'on va avoir pour faire face à tout ce que l'univers nous balance à la tronche. Et Eclipse, c'est tout ça. Et j'en suis extrêmement fière. J'espère que tu prendras autant de plaisir à le lire que je l'ai eu à l'écrire, parce que oui, je t'ai dit que c'était très négatif, mais c'était aussi très positif. J'en suis très très fière. Plusieurs personnes m'ont dit que c'était mon meilleur roman. Tu me diras ce que t'en penses. Et du coup, je te mets les liens pour découvrir ce roman dans la description.

Podcast Summary

Key Points:

  1. L'épisode présente le roman *Eclipse*, une dystopie jeune adulte à tendance dark fantasy, publié le jour même du podcast.
  2. L'héroïne, Oda, souffre d'automutilation et doit accomplir une mission d'infiltration au sein d'un gang de rebelles opposés à la méditation de l'univers Téloé.
  3. Le roman est profondément autobiographique
  4. L'autrice a également puisé dans une expérience professionnelle douloureuse dans une start-up d'énergie renouvelable qui broyait ses employés.
  5. *Eclipse* est un spin-off de la duologie des guerriers de l'esprit, explorant comment Oda est devenue la femme mentalement forte rencontrée dans *Cris dans le chaos*.
  6. Le roman refuse le schéma linéaire de guérison
  7. Le parcours éditorial a été difficile, avec un agent et des corrections imposées qui ont altéré le naturel du texte, avant que l'autrice ne retrouve la liberté de son manuscrit.
  8. Une scène problématique, révélée par des éditrices extérieures, a été modifiée car elle transmettait un message que l'autrice n'approuvait plus en 2025.

Summary:

Dans cet épisode très personnel, l'autrice parle de son roman *Eclipse*, une dystopie jeune adulte aux accents de dark fantasy, publiée le jour de l'enregistrement. L'histoire suit Oda, une héroïne qui s'automutile et qui doit réussir une mission d'infiltration au sein d'un gang de rebelles opposés à la méditation de l'univers Téloé. Le roman est profondément autobiographique : l'autrice a vécu quinze ans d'addiction à la nourriture, et c'est cette expérience de l'autodestruction et de la reconstruction qu'elle a voulu transposer dans la fiction.

Elle explique avoir aussi nourri le récit d'un désenchantement professionnel dans une start-up d'énergie renouvelable qui broyait ses employés, et avoir créé le chef des rebelles en s'inspirant directement d'un ami proche. *Eclipse* est un spin-off de sa duologie des guerriers de l'esprit, et il explore la manière dont Oda est devenue la femme mentalement forte que les lecteurs découvrent dans *Cris dans le chaos*. L'autrice insiste sur sa volonté de montrer la guérison d'une addiction non pas comme un chemin linéaire, mais comme un chaos fait de boucles et de retours en arrière.

Elle raconte aussi le parcours éditorial difficile du roman, les corrections qui ont altéré son naturel et une scène problématique qu'elle a fini par modifier. Malgré les difficultés, elle affirme que c'est son roman préféré, le plus intime qu'elle ait publié, et qu'elle en est extrêmement fière.

FAQs

C'est une dystopie jeune adulte avec des éléments de fantasy et de dark fantasy.

L'héroïne s'automutile et doit réussir une mission d'infiltration très difficile.

L'autrice a vécu 15 ans avec une addiction à la nourriture, l'hyperphagie, qu'elle a racontée dans Food Fighting.

Elle voulait explorer les thèmes de l'addiction et de l'automutilation dans une fiction, après avoir écrit un livre de développement personnel sur le sujet.

Ce n'est pas un chemin linéaire, mais un chaos avec des boucles, des retours en arrière et des cul-de-sac.

L'autrice a dû faire face à des corrections imposant un langage plus soutenu et supprimant les répétitions, ce qui a altéré le traitement de l'addiction.

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