Speaker 1Hello! En direct du pays de la page blanche, d'antidotes, des sprints et des conseils d'écriture, souvent donnés par des personnes qui n'y connaissent pas grand chose. C'est de ça qu'on va parler aujourd'hui. C'est un peu chelou comme intro, je la laisse ou pas? Aujourd'hui nous allons parler d'un sujet qui fait couler beaucoup d'encre. C'est pas moi cette chatte GPT qui a fait cette blague. Les conseils d'écriture, plus ou moins bons. Et tu vas voir qu'ils sont souvent pas bons. Sur YouTube, dans les livres, sur Instagram, qu'est-ce que je peux voir comme conseils d'écriture qui en général me font bondir de ma chaise? Les 4 pires que je pourrais brûler au chalumeau à chaque fois que je les croise, mais aussi les 4 meilleurs, parce que quand même, on va voir le positif. Mais qui suis-je pour te parler de tout ça? Moi je suis Ingrid et ça fait cinq ans que j'accompagne des auteurs via mon école d'écriture j'écris en romans.eu et des coachings parce que je suis aussi coach de vie. Je me suis formée à l'écriture créative, mais tu vas voir là les conseils ça va couvrir un petit peu tout et n'importe quoi : la motivation, le scénario et le style. On commence par le pire. Pour moi c'est le pire, je sais pas si c'est le pire. En fait le problème de ce conseil, c'est que c'est un conseil qui dit écrit, montre plutôt que de raconter. C'est nul, ça veut rien dire, ça veut tout rien dire. Alors si on le décline dans ce qui est dit partout sur les réseaux, et que j'ai déjà dit à une époque, bah oui, j'ai pas dit que c'était des mauvais conseils d'écriture que je n'avais jamais donné, on pourrait se contenter du montre plutôt que de raconter quand tu as une émotion particulière à dire. Au lieu de dire qu'il est en colère, dis qu'il sert les points. Alors déjà, ouais, est-ce que vraiment il y a une plus value énorme entre la première et la deuxième version? Et deuxième question : si tu fais ça absolument pour toutes les émotions de ton roman, ça risque d'être très compliqué. Pas compliqué, mais redondant, parce qu'au bout d'un moment, il n'y a pas cinquante-cinq façons de décrire la peur. Alors en fait si, on peut les trouver, mais du coup on va chercher à chaque fois des trucs plus éloignés, etc. Alors parfois, juste dire "j'ai peur", tout le monde comprend. Et du coup, deuxièmement, le showdown tel, c'est pas que ça, c'est pas que décrire des émotions, ça peut être tout et n'importe quoi. Et pour ça, j'ai envie de te parler d'un livre et d'un film que j'aime beaucoup, c'est "La fille du train" de Paula Hawkins, et le film qui est associé. Dans le roman, dès la première page, on sait que la narratrice est alcoolique, elle prend le train toute seule, elle dit qu'elle a des bouteilles de vin dans son sac et qu'elle en boit, et voilà, c'est bon. C'est pas hyper coup de poing comme choix, mais bah tout de suite, on a cette histoire qu'elle est alcoolique. Dans le film, c'est très différent, et très bien fait. En fait, tout le début du film, on sait pas qu'elle est alcoolique. Et c'est pas très grave puisqu'elle n'a pas besoin. On en a besoin par la suite. Et moi, du coup, sur mon canapé, je m'indignais en me disant "mais c'est pas vrai, qu'est-ce qu'ils ont foutu, ils ont oublié de dire qu'elle était alcoolique, ils ont changé le scénario, c'est un scandale", etc. Au début du film, dans le premier quart, à un moment, il y a une maman un peu plus âgée que la narratrice qui se met à côté d'elle et qui est là avec son bébé. Et du coup, on voit l'héroïne qui touche un peu le bébé, qui lui dit bonjour et tout ça, qui lui fait un petit sourire et tout ça. Et là, la maman voit la bouteille d'alcool dans le sac. Et là, on apprend qu'elle est alcoolique. Masterclass, en fait. Parce qu'au cinéma, justement, ils sont obligés de privilégier ce genre de scènes un peu coup de poing parce que les scènes coûtent cher au cinéma, et du coup, une comme ça, ça en remplace 12 autres pas très puissantes. Ben, en fait, c'est une bonne chose à appliquer à l'écriture. C'est-à-dire qu'au lieu de se dire montrer plutôt que raconter, parce que ça veut dire quoi, montrer plutôt que raconter? Elle est alcoolique? Oui, ben, elle a une bouteille d'alcool dans son sac. Ok. Et ben, ce que je te conseille, c'est de te demander quelle est la meilleure manière de montrer ce que tu as envie de dire. Et parfois, on s'en fout. Tu peux juste le dire. Typiquement, si ton gars a peur, tu peux dire qu'il a peur. Parce que la meilleure manière de le montrer, c'est juste de dire qu'il a peur à ce moment-là, parce qu'on s'en fiche de faire tout un blabla. Par contre, là, tu vois un truc un peu important comme ça, et notamment les scènes importantes de ton roman, je trouve que c'est bien de se demander quelle est la meilleure manière de raconter ça, de montrer ça. C'était très long pour le premier conseil. Promis, je vais essayer de faire plus court pour ceux d'après. Deuxième conseil direct, je pense, on va voir le camp des pros et le camp des antis. J'ai nommé les descriptions, parce que oui, les descriptions, il y a deux camps. Il y a le camp de ceux qui adorent les descriptions, qui adorent les écrire et qui adorent les lire. Et en général, il y a le camp opposé, qui n'aime pas les écrire, qui n'aime pas les lire, et dont les livres vont être très, très arides, un peu en description. Et c'est pas grave, en fait. Liste d'auteurs qui ne mettent pas beaucoup de descriptions dans leur roman, voire pas du tout. Annie Arnault, Edouard Louis, Ernest Hemingway, Fred Vargas, Cormac McCarthy, Arlan Coben, et je pourrais continuer assez longtemps. Et pour te rassurer encore plus, page 1 de La fille du feu. Il y a absolument aucune description, ni des personnages, ni du lieu, à part qu'il fait froid, et que le coteau est escarpé. Il n'y a pas besoin d'écrire des tartines pour écrire un super roman. Trust me. Et de ne pas oublier le petit mantra que si tu te fais plaisir à écrire ça, le lecteur prendra plaisir à le lire, et que si tu détestes écrire ça, il y a des chances que le lecteur n'adore pas. Ah, celui-là, je l'aime bien aussi, le troisième. Les répétitions. Est-ce que t'as pas lu au moins 50 fois qu'il fallait éviter de mettre des répétitions? Dans ton roman, ça c'est fou. Plusieurs choses qui se cachent derrière. Mais la première, qu'on oublie tout le temps de te dire, c'est que c'est pas tous les mots. Tous les mots ne sont pas égaux face aux répétitions. Si tu répètes des mots courts, fluides, des prépositions, des mots très très courants, des verbes auxiliaires, être, avoir, etc., tout aussi courts et fluides d'ailleurs, ils se verront même pas dans ton texte. Sauf si évidemment ils sont marqués 50 fois sur une page. Par contre, dès que les mots commencent à être un petit peu plus conséquents, ah oui, une répétition de, je sais pas moi, chaussures, sur deux lignes, bon, ça peut se voir, ça peut être fait exprès. Et là aussi, on n'en parle jamais, mais parfois les répétitions exprès, ça crée un effet de style. Et enfin, il y a un dernier sujet. Et là, mais alors moi, dans les textes d'auteurs débutants, je vois qu'on a essayé d'éviter les répétitions. C'est que les auteurs en herbe ont peur de répéter le nom du héros ou le pronom qui le désigne. Lui ou éventuellement l'autre personnage de la scène. Ceux qui nous donnent des textes du style. Et là, c'est un peu plus compliqué, parce qu'en fait, il y a des textes qui apparaissent dans les textes du style. Ça ne va pas du tout, parce qu'on met des périphrases qui nuisent complètement à la fluidité. On ne sait plus qui est qui. En l'occurrence, là, je parlais tout le temps de la même personne. Et on avait l'impression que je n'arrêtais pas de changer. Ça ne va pas. Si tu prends, par exemple, Les Oubliés de Lama de Florian Sula, l'héroïne s'appelle Kat. Et je te jure que son nom est écrit. Je ne sais pas, je vais prendre la page au pif 204. Sur la page 204, il y a écrit Kat haussa les épaules. Elle n'avait que faire. Elle était venue ici. Lâcha Kat. Elle sortit la puce. Elle sortit la puce. Nan, nan, nan. Kat la vit se trémousser. Quand c'est la Kat, je m'appelle Kat. Mais heureusement, c'est l'héroïne. Bon, c'est vrai que là, le nom est en une syllabe, donc c'est particulièrement fluide. Si elle s'appelait Marie-Joséphine, niveau fluidité, il faudrait peut-être trouver un petit truc un peu différent. Mais c'est pour te dire que c'est tout à fait normal de répéter le nom du héros ou de répéter il ou elle pour le désigner. Et le dernier conseil, en fait, j'aurais pu en mettre plein, mais c'est écrire tous les jours. Ouais, pas facile, ça. Alors, il y a des gens pour qui il marche très bien, là, pour une fois. Si ça fonctionne pour toi, mais tu as ma bénédiction, fais-le. Ce qui est bien avec cette idée d'écrire tous les jours, c'est que ça crée la notion de régularité et d'habitude. Et par exemple, effectivement, moi, je conseille toujours de faire une petite action pour se reconnecter à l'écriture, par exemple. Et ça peut juste être d'ouvrir son fichier ou d'écrire une ligne ou un mot. Et ça, c'est vrai que c'est une bonne idée, je trouve, si on a besoin de reprendre l'habitude, par exemple. Mais c'est pas obligé d'être tous les jours, en fait. La plupart des gens n'écrivent pas tous les jours. Parce qu'ils n'ont pas l'habitude. On n'est pas tous Joël Dicker ou Amélie Nothomb. On a une vie, on a une vie bien remplie. Et personnellement, quand j'étais salariée et coach littéraire à côté et que j'écrivais mes livres, j'écrivais surtout une à deux fois par semaine sur une longue plage, un soir en général. Et ça me suffisait largement. Mais cette histoire d'écrire tous les jours, je trouve que c'est une pression. C'est pas forcément compatible avec notre emploi du temps. Et donc, je trouve ça dommage de laisser croire aussi que les vrais écrivains écrivent tous les jours. Pas du tout. Et accessoirement, si t'écris, par exemple, tard le soir, tous les jours, alors que ton énergie, c'est plutôt dans l'après-midi, on va pas parler d'une session d'écriture de super qualité. Donc j'ai envie de te dire, est-ce que vraiment ça vaut le coup? On passe au meilleur conseil d'écriture! Je me sens mieux. Ah, c'est bon. Et alors, on va commencer tout de suite avec un de mes sujets préférés, c'est la préparation. Est-ce que tu prépares ton roman? Qu'est-ce que tu prépares? Et bien, c'est justement ça, mon conseil numéro un. Mais vraiment, je trouve que c'est un bon conseil. C'est celui qui a le plus de valeur ajoutée, en fait. Parce que j'ai vraiment vu pendant cinq ans quel effet il avait sur les auteurs que j'ai accompagnés. C'est tout simplement de trouver la méthode de préparation qui, toi, te convient. Je n'ai pas dit architecte. Je n'ai pas dit jardinier. Parce que ça, c'est des cases dans lesquelles absolument personne ne rentre et qui sèment la confusion plutôt qu'autre chose. J'ai dit, qu'est-ce que toi, t'as besoin de préparer pour écrire ce roman, là, aujourd'hui, ce roman-là, et la personne que tu es aujourd'hui? Et ça, ben, pas toujours facile à déterminer. Il y a un cours gratuit sur mon site. Mon école d'écriture, si jamais ça t'intéresse, pour voir un petit peu ce que t'aurais besoin de préparer, où tu te situes sur le curseur. Un curseur qui va globalement de rien du tout à plein de trucs. Sinon, ben, c'est juste de se poser un peu cette question. Comment je me sentirais rassurée pour attaquer mon premier chapitre, pour écrire avec tous mes personnages, pour me lancer dans mon scénario, etc. Mais vraiment, réfléchir en termes de qualité. qu'est-ce que j'ai besoin de préparer, qu'est-ce qui me convient, qu'est-ce qui me rassure, c'est mille fois mieux que d'essayer d'entrer dans des cases d'architectes, de jardiniers, de paysagistes, de machins. Deuxième conseil, ton rituel d'écriture. Alors ouais, ça a l'air hyper bateau, et non, on parle pas d'un rituel instagrammable avec une bougie, un plaid, des couleurs automnales, je parle vraiment de ce que tu vas faire à chaque session d'écriture. Pourquoi? Parce qu'au-delà d'avoir ta boisson chaude préférée à côté de toi, ce qui est quand même le must, on est tous d'accord, ça va mettre ton cerveau en condition d'écriture. Et quand tu le fais plein de fois, avec toujours le même rituel, et bien tout de suite, ton cerveau y rentrera dans un mode un peu plus créatif. Et peut-être que ça t'aidera aussi à switcher de ta vie, la vie, à ta vie d'auteur, à ta vie intérieure, créative, à ton roman. Moi mon rituel d'écriture, en général, c'est de me préparer une boisson chaude et de la mettre à droite de mon ordi ou de ma tablette, et c'est à peu près tout, des fois je mets de la musique. Mais en fait, y'a pas que ça. Par exemple, j'ai réalisé que j'écrivais beaucoup. J'écris beaucoup mieux dans les lieux publics que chez moi. Et du coup, ben, effectivement, c'est pas facile pour tout le monde, mais de réaliser où ça marche bien ou quand ça marche bien pour toi, ça fait un peu partie du rituel aussi, finalement. Il paraît que Victor Hugo écrivait tout nu. Il mettait tous ses vêtements dans un placard fermé à clé. Pourquoi? Parce que là, il avait plus d'autres choix que d'écrire, puisque qu'est-ce que tu fais tout nu dans une pièce où y'a juste ton roman, quoi. Et je trouve ça énorme. Alors, troisième conseil, je t'en ai déjà parlé, c'est écrire au bon moment pour toi. Je sais que c'est pas forcément. C'est pas forcément facile, que peut-être que t'as pas le choix que d'écrire à certains moments, mais en général, si on regarde un petit peu les études qui sont faites, notamment sur le métabolisme des gens, y'a la moitié de la population qui a un créneau d'efficacité de 9h-17h. Ben, c'est. Moi, par exemple, j'en fais partie, c'est vraiment le type normal, quoi. C'est pour ça aussi que le travail salarié est en général calqué là-dessus, et qu'ils vont être efficaces pendant ce créneau-là. Du coup, on pourrait peut-être se dire qu'écrire sur la pause midi, si jamais tu le peux, c'est une bonne idée. Y'a un quart des personnes qui y est du matin. T'as déjà entendu? D'ailleurs, du coup, ça s'applique qu'à un quart de la population. Je suis pas en train de te dire que tu dois te lever à 5h du matin pour écrire ton livre. Mais si jamais, toi, ça te dérangerait pas de te lever un petit peu plus tôt, peut-être que t'es du matin, à explorer, ouais, la piste de se réveiller un petit peu plus tôt pour écrire le matin. Et, ben, dernièrement, y'a la nuit, le soir tard, où là, pareil, c'est un petit quart de la population, même moins, qui est efficace sur ces créneaux-là, qui va justement être productif, créatif, sur les créneaux de tard le soir. Et c'est quand même bien d'en être conscient, même si t'arrives pas forcément à te calquer là-dessus, mais tu vois, pour pas forcément forcer, par exemple, si tu as essayé de prendre un créneau et que ça galère. Et mon meilleur conseil, celui qui a changé toute ma vie d'autrice, et qui a fait que mes romans se sont terminés d'un coup, c'est s'entourer. Et encore une fois, oui, ça a l'air bateau. Mais je parle pas de s'entourer, genre d'envoyer ton roman à ta tata, qui n'osera jamais te dire tout ce qu'il y a de faux. Je parle vraiment de te faire des amis d'écriture, de rejoindre, par exemple, une communauté, y'a Instagram, y'a Discord, etc. On en a une sur J'écris un roman, je te mets le lien. Mais vraiment, de trouver des collègues auteurs avec qui tu pourras communiquer, partager, que ce soit tes joies, tes peines, tes galères, etc. pour vraiment ne pas te sentir seule quand tu traverses quelque chose de négatif. Et aussi, tout simplement, pouvoir discuter de tes problèmes. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il t'a plu, tu peux me laisser une note sur Apple Podcast ou Spotify, ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast. 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