Speaker 1Hello collègues écrivains, petit épisode un peu improvisé et décousu mais j'avais envie de te parler cœur à cœur un peu ce 2 juin, donc le jour où sort le podcast. Je reviens d'une semaine de vacances et avant j'étais aux Imaginales et dans cet épisode je voulais te parler de plusieurs choses mais surtout d'une histoire un peu personnelle autour de l'identité d'auteur et qui concernera peut-être plus les personnes qui écrivent depuis assez longtemps mais si tu es débutant je pense que ça va te plaire aussi. Je vais aussi te parler un peu des Imaginales justement qui est un salon littéraire auquel j'ai participé cette fois-ci en exposante cette année et pas en visiteuse comme je le faisais tous les ans depuis quand même assez longtemps, peut-être 5 ans. Et en fait ce que je voulais te dire par rapport à ça, d'une part c'est que c'était incroyable de faire ça comme premier salon en tant qu'autrice de fiction indépendante, puisque c'est de ça qu'on parle même si j'ai profité du salon aussi pour participer au speed editing, c'est-à-dire un speed dating avec les éditeurs. Vraiment incroyable comme expérience, je le recommande j'ai pu échanger avec 4 éditeurs autour de mon manuscrit de science-fiction, où j'ai un monoragon et du coup recevoir un peu leur point de vue, leur conseil leur question, et ça c'était vraiment, ça n'avait pas de prix. Ils m'ont tous demandé de leur envoyer le manuscrit mais ça ne veut pas dire grand chose, si ce n'est que déjà le pitch était intéressant et ça, ça fait plaisir. Après, je sais bien comment ça fonctionne et je sais aussi que c'est très facile de dire envoyez-moi ça. Dans tous les cas c'était quand même une excellente expérience de parler de mon histoire en fait avec tous les visiteurs. Alors là, j'ai reparti du côté exposant où je vendais mon livre "Cris dans le chaos" notamment sur les imaginales et tu sais, un truc que j'avais du mal à conscientiser et qui m'est venu un peu à la dernière minute c'est que pendant tout le long, je me suis un peu dit "est-ce que je vais mettre quelque chose en rapport avec "j'écris un roman sur mon stand" ah ouais, je fais quand même de l'accompagnement d'auteurs depuis 5 ans maintenant est-ce que ça ne serait pas l'occasion? Surtout qu'aux imaginales, il y a un public pour ça. Et je t'avoue que j'ai beaucoup hésité et finalement, je me suis dit non. Si tu as vu des photos de mon stand, sinon il y en aura bientôt sur mon compte insta bah non, les photos de mon stand c'était mon identité d'autrice qui était là c'était mes engrenages, mon espace, mes étoiles, la belle couverture de "Cris dans le chaos" mais aussi le recueil dans lequel j'ai été publiée récemment, le recueil de Nakamoto. Et ça m'a fait, c'est une première étape là déjà, tu vois, je vais parler d'identité, ça m'a fait déjà quelque chose d'étonnant. Ça m'a fait déjà quelque chose de me dire que non, ce salon n'était pas là pour faire de la pub, pour que j'écrive un roman que je voulais vraiment profiter de ce moment-là à fond pour mon identité d'autrice. Et d'ailleurs, tu le sais peut-être, mais j'ai deux comptes Instagram, du coup j'ai le compte "J'écris un roman" avec lequel je donne des conseils d'écriture et le compte "Ingrid Lemaire, auteure" avec lequel je parle de mes romans. Pourquoi? Parce que peut-être que tu n'es pas du tout intéressé par la science-fiction et auquel cas mon compte "Auteur" ne t'intéressera pas des masses vu qu'on parle quand même essentiellement de ça là-bas. Et justement, ça m'a mené à une certaine réflexion, mais globalement, après les Imaginales, je devais partir en vacances en Angleterre à un festival, exactement, qui est Burning Man, Angleterre, et en fait, je ne te fais pas les détails du déroulement, mais il se trouve que je ne suis pas allée à ce festival du tout et que du coup, je me suis. Enfin, en tout cas, il y avait une énorme incertitude autour du fait que je puisse y aller, et en fait, je suis arrivée, j'ai passé tous les guichets de la sécurité à Gare du Nord, je n'avais jamais fait ça, et là, je vois, en fait, l'embarquement pour l'Eurostar, et moi, je m'étais dit : "Bah, je vais quand même à Angleterre, et puis si ça se trouve, je ferai autre chose, etc." Et je connais des personnes qui peuvent m'accueillir et tout ça. Je n'avais jamais été autant dans l'improvisation, c'est pour te dire. Normalement, moi, je suis côté "prépare-auteur de l'extrême", tu connais. Et en fait, là, je vois l'embarquement de l'Eurostar et je me dis : "En fait, non, je ne veux pas, mon corps s'arrête comme ça." Petite expérience de vie. Il me dit : "Non, non, non, là, tu n'as pas besoin de ça. Les Imaginales, c'est éprouvant. En fait, je venais de sortir les Imaginales, on était le dimanche des Imaginales, et moi, j'étais à Gare du Nord." Et du coup, je m'arrête. Je me dis : "Bah, en fait, je ne vais pas prendre l'Eurostar, et je ne vais pas aller en Angleterre, et je ne vais donc pas faire les vacances que j'avais prévues, parce que j'ai besoin de ralentir, et j'ai besoin de vraiment m'arrêter." Et. Et là, je pensais beaucoup, justement, aux Imaginales, au côté écriture, au fait que je devais encore dire "si" et "ça" sur Instagram, etc., faire des stories. Et en fait, il y avait beaucoup de choses qui tournaient dans ma tête, et je me suis dit : "Bon, là, on a besoin de repos, on va aller souffler." S'en est suivie une aventure quand même assez rigolote, puisqu'il a fallu que je ressorte de là en ayant passé la douane, donc les gens m'ont. Une gentille personne m'a fait refaire tous les guichets à l'envers. Tu vas voir, je vais quelque part avec cette histoire. Et. Mais ça serait une. Je me suis dit que ça serait une énorme idée de roman, tout ce que je viens de te dire. D'ailleurs, une fille qui arrive comme ça, pfff, et qui se dit qu'elle va pas embarquer. Bref, on retourne sur cette histoire d'identité. Et en fait, si tu veux, je me suis rendue compte, surtout, que j'étais. Que j'étais limite. Alors, je vais pas. J'aime pas employer ce mot à tort et à travers de burn-out, mais en tout cas, que j'étais dans une surcharge émotionnelle et mentale incroyable à ce moment-là, et que mon corps a juste dit stop. Maintenant, tu vas pas t'embarquer dans de l'aventure encore avec ton festival, etc. Et si tu veux, le festival, il est très lié à l'écriture pour moi, puisque c'est. Enfin, Nogafam City, que j'ai publié récemment, parle de Burning Man. Burning Man, c'est quelque chose qui me ressource beaucoup au niveau écriture, qui m'inspire, et qui était censé, là, apporter tout un tas de choses. Et là, je me suis vraiment dit non, non, non, non, non. Moi, enfin, je n'y vais pas. Je vais me reposer. Et en fait, j'ai réservé un hôtel. Là, en 5 minutes, à Paris, et je suis allée me reposer dedans. Et quand je dis que je me suis allée me reposer, c'est que j'ai passé 4 jours à rien faire. J'étais peut-être déjà, d'ailleurs, dit que je ne comptais pas écrire en juin. Eh ben, du coup, voilà, c'était un peu le point culminant de la fin des imaginaires et du début de mes vacances. Et donc, j'ai passé une semaine de vacances dans ma grotte à couper tous les réseaux sociaux. J'ai désinstallé Instagram de mon téléphone, etc. Et je sentais, en fait, vraiment que j'étais partie un peu trop loin. Et c'est là que je voulais venir avec cette longue histoire, qui est que parmi les choses que j'ai. Alors, je n'ai pas écrit grand-chose pendant cette semaine-là, mais j'ai notamment écrit un truc que j'ai affiché sur mon bureau, qui est. Je ne suis pas mes romans. Je ne suis pas un compte Insta. Je peux tout éteindre. Je suis autre chose. Je peux me détacher de tout ça. Et oui, du coup, le son est différent, puisque je tournais la tête. Et ça, c'est quelque chose que j'avais besoin, je crois, de réaliser par moi-même. Et j'accompagne des auteurs qui écrivent depuis très longtemps. Et je pense qu'on se fond dans ce personnage-là qui est notre identité d'auteur. Et on en a besoin quand on se lance. Parce que sinon, on ne ferait rien. Se fondre dans son identité d'auteur, c'est accepter de le devenir un jour. Là, par contre, quand on l'est depuis très longtemps, et qu'en plus, on a choisi des genres littéraires un peu durs à publier, comme moi, de faire un parcours du combattant, de passer par des chemins détournés, etc. Par exemple. Comme moi, de publier un livre de développement personnel en premier. En fait, c'est assez difficile, au bout d'un moment, de distinguer la personne qu'on est et la personne qui écrit. Et j'ai vraiment, vraiment vécu cette semaine un peu comme une espèce de désintox dans mon identité habituelle. Il m'arrive ceci, je vais l'écrire. Je suis énervée contre ça, je vais l'écrire. Je vais en faire quelque chose dans mon livre. Et tout ce que je racontais à mes proches, c'était je vais mettre ci et ça dans mes livres et de penser à des livres. Et là, j'ai vraiment ressenti un énorme besoin de. De me couper de tout ça. Et de me dire, ok, cette personne-là, je la mets de côté. Pour l'instant, je ne suis pas elle. Et d'ailleurs, de base, je ne suis pas elle, en fait. Et voilà, je voulais te raconter un petit peu cet épisode-là, un peu décousu. J'espère que ce côté un peu cœur à cœur t'aura plu et ne t'aura pas non plus effrayé pour ma santé mentale. Je vais très bien. Je ne suis pas deux personnes différentes. J'espère que tu l'auras compris. Et tu vois, tout ce que je t'ai dit là, c'est en rapport avec l'identité d'écrivain. Mais imagine que j'ai aussi mon identité d'entrepreneur, la coach. Celle qui t'aide à écrire ton roman. Et c'est toujours le cas. C'est juste que c'est aussi une identité. C'est aussi un masque un peu différent que j'enfile notamment pendant mes séances de coaching. Parce qu'en coaching, on doit avoir cette posture de coach. On revêt volontairement une identité qui est un petit peu différente. Et on en discute beaucoup. Heureusement, en fait. Parce que c'est ça aussi le coaching. C'est des clés, des façons de faire, un processus. Et si je ne le faisais pas, ça ne fonctionnerait pas du tout pour les personnes que j'accompagne. Néanmoins, ça ne veut pas dire que. On est ça. C'est une identité qu'on peut revêtir. Et il en va de même pour l'écriture. Il en va de même pour, d'ailleurs, mon identité de salarié à temps partiel. Que je revais de temps en temps dans la semaine. Et qui est si éloignée des autres. Et c'est assez drôle parce que ma vie personnelle a été très mouvementée ces derniers temps. Et pourtant, ça ne posait pas du tout souci. Que ce soit à l'écriture ou également au travail salarié. Je trouve que c'est finalement cette histoire d'identité d'écrivain. C'est difficile de la revêtir au début. Mais après, on devient bon à ça. Et peut-être que du coup, maintenant que tu sais revêtir cette identité d'écrivain. Parce que je suis sûre que tu le sais. Allez, viens me dire d'ailleurs sur Instagram si tu penses que tu sais ou pas. En fait, une fois qu'on voit un peu comment elle fonctionne et comment y aller. On peut aussi s'en détacher. On peut aussi mieux entrer dans d'autres identités. Moi, j'ai l'impression que ça m'a beaucoup permis de mieux revêtir mes autres identités. Que ce soit un peu mon côté artiste, justement. Hors écriture. Mon côté sportif aussi, beaucoup. Voilà, j'espère que cet épisode complètement décousu t'aura quand même pu apporter quelque chose. Je te l'ai dit, c'était plus destiné à un auteur qui écrit depuis assez longtemps. J'espère en tout cas que si tu écris depuis assez longtemps et que tu as l'impression. de ne pas en être là et d'être encore dans cette identité d'auteur à plein temps, j'ai envie de te dire que ça fait cinq ans, ça fait dix ans que j'étais comme ça, tu vois. Et c'est assez rare les moments où j'ai vraiment déconnecté avec cette identité-là. Et en fait, c'est un chemin. Et tu en es où tu veux sur ce chemin et tout est OK. Si tu veux en discuter, c'est avec grand plaisir. Je te souhaite une très très belle semaine. Et je te dis à la semaine prochaine au Café des auteurs. Ou, ah ah, la semaine prochaine, 9 juin, ce sera la sortie de Pont des Arts. Et du coup, il y aura un petit truc un peu spécial lundi prochain pour fêter ça. Je te mets aussi le lien pour t'abonner à Pont des Arts dans la description de l'épisode parce que vraiment, c'est un des projets qui me tient le plus à cœur. Et c'est aussi encore une autre identité cette fois-ci parce que là, mon identité, c'était productrice. Alors tu vas voir ce que ça donne cette identité-là lundi.