Speaker 1Hello collègues écrivains, dans cet épisode du Café des auteurs, je voulais parler un peu de tout ce que tu as le droit de faire. On me demande souvent d'ailleurs sur les réseaux, est-ce que j'ai le droit de faire ci, est-ce que j'ai le droit d'écrire comme ça, dans le désordre, etc., une idée qui existe déjà. Et je voulais en parler avec toi aujourd'hui, parce que j'ai beaucoup à dire sur le sujet. Alors je ne vais pas te faire tous les droits que tu as, parce que tu en as plein, mais on va revenir sur certains qui me semblent importants pour ce petit mini-épisode. Et tout d'abord, au niveau des idées et de l'inspiration, tu as le droit d'écrire une idée qui existe déjà. Même si l'idée de base, ça ressemble énormément à un roman qu'on voit partout, c'est ta façon de la raconter qui comptera en fait, c'est pas le fait que cette idée existe déjà, je t'assure. Tu ne connais pas le nombre de romans qui se basent sur une école de magie qui existe, et pourtant, les auteurs ne se sont pas dit, ah bah mince, ça existe déjà. Et d'ailleurs, tu as le droit de t'inspirer d'une oeuvre que tu aimes aussi. Tu as aussi le droit. Tu as le droit de mélanger les genres, même bizarrement, tu peux faire de la SF romantique dans une bibliothèque post-apo, enfin en fait, vraiment, c'est dommage. Alors, je suis coupable parce que je sais que je demande souvent aux gens leur genre littéraire, mais tu as le droit de répondre à un mélange de plein de trucs. Heureusement, on n'est pas obligé de rentrer dans des cases qui ont été définies par d'autres personnes que nous. Tu as aussi tout à fait le droit d'écrire des choses que tu ne vis pas, tu as le droit d'incarner des personnages que tu n'es pas, d'écrire dans des lieux où tu n'es jamais allé. Bref, tu as tous ces droits. Là où ça va être intéressant, ça va être justement de se confronter à des personnes qui sont concernées ou à ces lieux-là. Mais en tout cas, tu as le droit de le faire. On me demande souvent ce genre de choses aussi. Oui, mais je ne connais pas, etc. Tu peux. C'est ça, la fiction. Et alors, mon droit préféré, tu as le droit de ne pas écrire tous les jours. Vraiment, je n'écris pas du tout tous les jours. Beaucoup d'auteurs que je connais n'écrivent pas du tout tous les jours, loin de là. Et d'ailleurs, Stéphanie Nouaille, que j'avais dans le podcast il y a quelques épisodes, elle, elle avait à peu près deux heures par semaine, à peu près une demi-heure par jour, mais qu'elle ne faisait pas tous les jours, justement, pour écrire son roman. Et ça ne l'a pas empêché de l'écrire, de faire la réécriture et de le publier en quelques années. Tu as le droit, d'ailleurs, d'écrire lentement. Prends ton temps. Ça permet aussi d'avoir plus de recul, plus de maturité. Et les auteurs que j'accompagne qui écrivent lentement, en général, font moins de retravail que ceux qui écrivent comme des flèches. Je fais partie de la team qui écrit comme une flèche. Qui fait beaucoup de retravail. Et ce n'est pas grave. Tu as le droit de commencer 15 projets et d'en finir un seul. Je sais que je dis souvent que ça peut montrer que tu as peur de ton projet actuel, etc. Mais tu as quand même le droit de commencer 15 projets et d'en finir un seul. Ou aucun. C'est aussi une façon d'explorer ton écriture, tes idées, ce que tu as envie d'écrire. Et enfin, tu as le droit d'abandonner un roman. Même si tu as écrit 200 pages, ou 1000, ou tu as mis 2 ans, ou 10, tu as le droit, tu auras toujours le droit de l'abandonner. L'écrit jusqu'ici ne sera pas du temps perdu. C'est comme si on disait que jouer du piano, faire des gammes, c'était du temps perdu. Ben non! Tu t'entraînes à être un meilleur auteur. Ou pianiste, c'est selon. Tu as le droit d'écrire quelque chose de très personnel, de très inspiré de ton vécu. Même s'il s'inspire de personnes réelles, même si c'est douloureux, même si c'est intime, et c'est fragile. C'est au moment de la réécriture, et même après la réécriture, qu'on viendra voir comment faire. Surtout s'il y a des personnes qui peuvent se reconnaître, etc. Mais en attendant, tu as le droit de l'écrire. Au contraire, l'écriture, ça a ce côté thérapeutique qui va t'aider à mieux le vivre. En tout cas, sûrement t'aider à mieux le vivre. Et tu as aussi le droit d'écrire quelque chose de complètement léger, fun, déconnecté de la réalité. On n'a pas besoin de souffrir pour être auteur, pour être légitime d'écrire. Et enfin, tu as le droit de mal écrire, d'écrire une scène mal faite, dans un premier jet. C'est normal. Et même à la réécriture, parce qu'il y a plusieurs étapes de réécriture. Donc oui, tu as le droit d'écrire des scènes mal fichues. Dans un premier jet, on viendra les travailler après. Tu as le droit d'écrire sans savoir où tu vas. Alors je parle longuement dans mon cours gratuit sur l'école d'écriture des différentes méthodes de préparation. Et l'improvisation totale en fait partie. Ça ne concerne pas tous les auteurs, mais ça existe. Et si tu as l'habitude de préparer, tu as quand même le droit d'essayer l'impro. Tu verras, moi j'ai essayé, ça m'a beaucoup plu. Tu as le droit d'avoir des doutes. Évidemment, douter c'est normal. Les pros ont autant de doutes que toi, je t'assure. Tu as le droit de ne pas te sentir légitime. Même si pour moi, tu. Tu l'es à partir du moment où tu commences à écrire. Tu as le droit de te dire que tu n'es pas encore un écrivain. C'est ok, ça viendra. Prends ton temps. Et tu as le droit d'être fier de ton roman, même s'il n'est pas parfait. Voir même si tu n'es qu'au premier jet ou à la préparation. Heureusement, viens recharger ta jauge de positif. On reçoit tellement de négatifs quand on lit nos écrits, quand on se relit, quand on réfléchit, quand on bloque. Donc tout ce qui permet de recharger ta jauge de positif est bon à prendre. Et d'ailleurs, aucun roman n'est parfait. Donc autant être fier. De ceux qui existent. Et tu as aussi le droit de ne pas aimer ce que tu as écrit. Ça ne veut pas dire que c'est nul. Ça veut dire que tu es en train d'évoluer. Que tu vas venir le réécrire, le retravailler. Peut-être même l'enlever, ce passage-là. Mais en tout cas, tu as le droit. C'est ok. Et enfin, tu as le droit d'écrire juste pour toi. De ne jamais publier. Ou de publier en auto-édition ou en édition traditionnelle. Bref, tu as compris. Pour moi, l'écriture, c'est un acte complet. Et tout ce qui se passe à partir du moment où le roman est terminé, c'est du bonus. Que tu publies, que tu ne publies pas. Il n'y a pas de voix noble. Il n'y a pas d'éditeur mieux qu'un autre. Ton texte est le plus important. Et le fait de l'avoir écrit, le chemin que tu as parcouru, c'est ça qui compte. Pas les éditeurs. Je pourrais continuer très longtemps avec les droits des auteurs. J'espère en tout cas que ça t'a plu. Que ça t'a fait du bien. Tu as le droit d'être encouragé. Tu as le droit d'en parler. Tu as le droit de ne pas en parler. De t'entourer, de ne pas t'entourer. Et de demander de l'aide. D'ailleurs, si tu as besoin d'aide, viens discuter avec moi sur Insta ou TikTok ou YouTube. Mon pseudo c'est "j'écris un roman". Et on pourra en parler du coup de tout ça si tu as senti que certains droits ça tapait peut-être là où ça fait mal. En tout cas, je suis avec toi. Tu vas y arriver. Bonne écriture.