Speaker 1Et on n'a pas eu besoin forcément de travailler de la plume, entre guillemets. On a réussi à s'adapter assez facilement. Nous, on voit vraiment l'amour en mode love is love. Donc en fait, les personnages ne sont pas interchangeables parce qu'évidemment, elles ont leur personnalité, etc. Mais c'est vraiment une histoire d'amour. C'est aussi pour ça que ça sonne juste. C'est quelque chose qui nous a. Enfin, les retours qu'on a eus, c'est quelque chose qui revient souvent.
Speaker 2Hello, collègues écrivains. Je suis contente de te retrouver dans cet épisode où on va parler quatre mains et romance avec Élise Giraudeau et Manon Lécuyer qui ont écrit et sorti récemment Sipping Love, une romance FF, sapphic, écrite à quatre mains ensemble. On parle de comment est né le projet, de comment elles se sont organisées pour l'écrire, de comment il a été écrit et donc est-ce qu'elles ont dû adapter leur style, comment elles ont fonctionné pour prendre des décisions, etc. Bien sûr, tu retrouveras le lien vers Sipping Love et Sipping Love. Et les réseaux des autrices dans les notes du podcast.
Speaker 1Bonne écoute. Moi, c'est Élise Giraudeau. J'ai 30 ans et je suis ingénieure en informatique et autrice. J'ai écrit le roman La Vie en Turquoise qui est sorti en brochet et relié en 2024 et qui sort cette année en poche aux éditions Erol Romand dans leur label Young Adult Solaire. Je pense que c'est principalement pour ça qu'on peut me connaître ou aussi pour mon podcast Micro Écriture parce que j'ai aussi un podcast et je sais qu'il y a des personnes qui ne me connaissent que de mon podcast. Je trouve ça fou à chaque fois. Voilà, j'aime beaucoup. Et qu'est-ce que je peux dire d'autre? J'aime beaucoup avoir des beaux beaux petits, manger des cookies et faire du pression.
Speaker 3Allez, Manon, peux-tu faire mieux que ça? Qui es-tu, Manon?
Speaker 1Alors, qui suis-je? Je m'appelle Manon L'Écuyer. J'ai aussi 30 ans pour l'instant. Je suis donc autrice, mais j'ai un travail alimentaire à côté pour pouvoir nourrir ma famille parce que je suis aussi maman. J'ai deux petits bouts, donc ça prend beaucoup de temps aussi en vue de l'écriture. Et niveau projet, j'ai Sipping Love qui est sorti au mois de mars avec Élise. Et ensuite, pour 2025-2026, ça s'enchaîne. Fin 2025, j'ai ma romance de Noël qui s'appelle Avant Toi, qui a changé de titre maintenant, mais pour la faire courte, elle a été publiée dans une autre maison d'édition l'année dernière, il y a deux ans. Ça passe vite. Et la maison a fermé, donc j'ai eu la chance d'être reprise par Gélu pour celle-ci. Donc elle sortira chez Gélu en octobre 2025 et le tome 2 en octobre 2026, si tout le va bien. Et au mois de mai 2026, j'ai un contemporain qui se passe en Bretagne qui est un peu plus sombre, qui parle du deuil, d'un parent, etc. Mais il est quand même très mignon, c'est une petite romance quand même, dans mon pays, en Bretagne, donc chez Hérole Romand et plein d'autres projets qui j'espère verront le jour, on verra. Donc moi, je bois beaucoup de café, j'ai un chat et je ne fais pas de sport, voilà. Pour l'ultime, je suis là, du coup, avec mon Golden.
Speaker 3Ah ouais, Golden. Juste avant qu'on passe à la suite, Manon, j'ai bugué, tu es maman, tu as un travail alimentaire et tu écris plein de romans, toute seule et à quatre mains. Tu es un retourneur de temps. C'est ça? Oui.
Speaker 1Exactement. Oui. Oui, mais il ne faut pas le dire. Je ne sais pas comment elle fait, j'ai déjà du mal à m'occuper de moi-même quand elle me dit « Ah, aujourd'hui, je vais écrire 2000 mots! » J'ai dit « Attends. » Avec, j'en t'occupe pour deux de tes enfants, deux de ton père. En fait, le secret, c'est que j'attends que mes enfants soient couchés le soir et vu que mon mari a des horaires assez atypiques, il n'est pas là forcément le soir tout le temps, donc je profite qu'il ne soit pas là pour écrire plutôt que de regarder une série. C'est une wonder woman.
Speaker 3Et tu arrives à tout caser dans cette session du soir?
Speaker 1J'ai la chance d'écrire vite, donc j'en profite.
Speaker 3Ça me semble fou. Je pense que ça sera motivant aussi. Et ça a toujours été comme ça. Ah non, tu écris depuis plus longtemps que ça, peut-être?
Speaker 1J'écris depuis le lycée, on va dire, mais je me suis mise vraiment sérieusement quand je suis tombée enceinte de ma fille. Parce que congé, maternité, des fois, tu t'ennuies un peu, il faut le dire. J'ai eu la chance d'avoir des grossesses superbes, donc je n'ai pas été malade rien, donc j'étais à fond sur mon ordi. Congé, mater, après, c'est pareil. Pendant la sieste de bébé, je faisais ça, et puis après, je n'ai jamais arrêté.
Speaker 3Oui, la considération du départ.
Speaker 1Oui, c'est ça, parce que bébé, il dort 30 minutes, c'est maintenant, il faut y aller. Donc j'ai appris à écrire vite. Et voilà, depuis, c'est comme ça.
Speaker 3C'est intéressant, parce que j'accompagne pas mal de mamans, justement, qui, pareil, parfois, elles ont commencé à la grossesse ou au congé, maternité, puis après, c'est, oh mon Dieu, il faut se remettre à écrire dans la vraie vie, et c'est très difficile. Donc je trouve que c'est précieux, comme témoignage. Depuis quand vous écrivez toutes les deux?
Speaker 1Ben, moi, du coup, j'écris depuis très longtemps. Enfin, j'adorais, quand j'étais petite, écrire la suite des histoires que j'avais à lire. C'est en CP. Quand on a une page à lire, j'adorais inventer la suite quand j'étais petite. J'écrivais beaucoup aussi quand j'avais 18 ans. Je postais, en fait, ce que j'écrivais sur Facebook, à l'époque. Et du coup, des gens qui me suivaient, qui me faisaient des commentaires et tout ça. Après, j'ai fait des études scientifiques, donc vraiment rien à voir avec l'écriture. Et donc là, j'ai complètement arrêté d'écrire. Et je m'y suis remise de manière sérieuse il y a 3-4 ans. Voilà, donc ça a été un petit chemin pas linéaire, mais un petit bout de temps. Et moi, du coup, j'ai commencé, un peu comme Élise, très très petite à inventer des histoires, etc. Mais à comprendre que j'aimais écrire, je pense que ça a commencé fin primaire, début collège, quand on faisait des écritures d'invention. J'adorais ça, puis les professeurs m'encouragaient là-dedans, donc ça m'a donné le petit hit pour y aller. Après, je me suis vraiment mise sérieusement à écrire. Au moment du lycée, parce que c'était pas une période très très facile, donc je me suis mise à la fanfiction avec ma meilleure amie. On s'envoyait des histoires comme ça, et ça a fini avec un document de 500 pages. C'est immense. Et ensuite, j'ai un peu laissé de tomber parce que je faisais aussi des études scientifiques et ça m'a pris beaucoup de temps. Je me suis vraiment mise sérieusement, professionnellement, entre guillemets, quand je suis tombée enceinte, parce que du coup, j'avais beaucoup plus de temps pour écrire. Et depuis, j'ai pas arrêté. Donc ça fait bien 7 ans maintenant que j'écris sérieusement.
Speaker 3Team études scientifiques aussi, donc on se soutient toutes. Et avant de parler du roman que vous avez écrit ensemble, est-ce que, pour les personnes qui vous connaîtraient pas, vous pourriez en dire un tout petit peu plus sur le genre et, du coup, le nombre, parce que 7 ans, c'est long, de romans un peu, et dans quel genre ils se situent pour vous deux?
Speaker 1Je crois que j'en ai une dizaine à mon actif de roman. J'ai commencé par de la fantaisie, et après, j'ai migré vers le contemporain, surtout de la romance. Je suis un peu un bisonneur, parce que j'aime beaucoup écrire des histoires d'amour. Et pour l'instant, j'ai que des romans, c'est des contemporains qui vont être publiés. Moi, quand je m'y suis remise aussi, j'ai écrit de la fantaisie, mais ça n'a pas très bien marché. Je ne pense pas, en tout cas, pour le moment que ce soit mon truc. Et puis, de toute façon, moi, quand j'étais plus jeune, j'écrivais aussi que du contemporain, parce que j'adore lire du contemporain, donc en fait, j'écris aussi ce que j'aime lire. Et donc, du coup, alors moi, combien de romans j'ai écrits, je ne sais pas. Je n'ai pas compté. Mais je ne pense pas que je dépasse Manon. En plus, il faudrait qu'ils soient arrêtés au mis. Enfin bon, bref, c'est un bazar dans mes tiroirs. Mais du coup, moi, j'ai un roman publié, donc La Vie en Turquoise, qui est un roman contemporain engagé. Et je pense que je vais continuer dans cette voie-là. J'aime beaucoup, en fait, écrire des romans qui passent des messages. Enfin, non pas que dans d'autres genres, en plus, pas passer de messages, pas du tout. Mais moi, j'aime bien axer sur ça. Et même s'il y a des petites histoires d'amour, s'il y a des histoires d'amitié, ce n'est pas vraiment le message profond du roman. Donc voilà, je dirais plutôt, moi, des romans contemporains, engagés ou des comédies contemporaines. Et du coup, la romance qu'on a écrite avec Manon va rester, de mon côté, en tout cas, quand j'écris en solo, ce sera plutôt ça.
Speaker 3Et justement, c'est un roman assez atypique. La Vie en Turquoise est très, très, très, très fort. Et c'est vrai que j'étais un peu surprise quand l'autre projet dont tu parlais était une romance, du coup, écrite à quatre mains. Comment vous en êtes arrivée à ce projet? Alors, la genèse,
Speaker 1c'est qu'on s'est rencontrées sur Instagram en 2022. Ça commence à faire. Donc, on s'est rencontrées avec trois autres copines. Pour ceux qui suivent sur Instagram, c'est les patates filantes. On est un groupe de cinq copines et on a commencé à se bétalir entre nous avant de devenir vraiment, vraiment amies, au final. Ça a dépassé l'écriture et de loin. Et finalement, avec Élise, on est les deux qui avons le rythme d'écriture le plus soutenu. On se lisait, du coup, plus que toutes les deux au bout d'un moment. On s'est rendu compte qu'on avait la même façon de voir l'écriture, la même façon un peu de construire nos histoires et qu'on a exactement le même humour. On parle exactement en même temps. On parle plusieurs fois, même par message. Ça arrive qu'à la seconde près, on s'en voit la même chose. Donc, on s'est dit, mais pourquoi pas se lancer pour rire dans un petit projet à deux? Ça nous ferait un petit projet doudou pour un peu se dévier de nos projets persos, pour décompresser, pour laisser aussi maturer les autres projets. Et on s'est tellement bien entendus sur le projet que finalement, on a laissé tomber les romans qu'on avait en cours à ce moment-là et on s'est lancés vraiment à fond sur celui-ci qu'on a fini en trois mois, je crois, tellement on était à fond dedans.
Speaker 3L'alchimie était là.
Speaker 1C'est ça, exactement. Si tu veux, l'anexopte exacte qui a lancé ce roman-là, c'est qu'on s'est rendus compte, toutes les deux, qu'on a tous les deux un chéri et il a le même prénom. Du coup, l'anexopte de base, c'est qu'est-ce qui se passerait si on se rendait compte que c'était le même mec? C'est ça qui a lancé cette anecdote, du coup.
Speaker 3Ah! Tout s'explique! Mais bon, ça, c'était l'écriture et ensuite, il y a eu un tas de choses. Est-ce que vous pouvez me raconter?
Speaker 1La blague est partie loin, du coup, parce que c'était notre projet doudou, notre projet un peu à côté. Comme Manon a dit, on s'est mis à l'écrire de manière vraiment focus dessus. On a terminé de l'écrire, on l'a réécrit. Donc là, c'était en 2023. On l'a envoyé en bêta lecture sensible aussi. On l'a envoyé en bêta lecture sensible aussi, puisque indépendamment de chacune de notre orientation sexuelle, on vit tout le temps avec un homme et là, c'était une romance, du coup, sapphique. Donc, on s'est dit, on fait les choses bien, on envoie ça à des personnes concernées et déconstruites, etc. Et quand tout ça a été fait, on s'est dit, ok, on va l'envoyer en soumission. Il y a beaucoup de personnes qui nous disaient, non, mais la FF ou les romances sapphiques ou lesbiennes, enfin, voilà, les femmes qui aiment les femmes, en fait, ça ne se vend pas. Donc, en fait, il y a plein de mésonditions, on était en mode, même pas, on est essayer de soumettre parce que des autrices qui vivent dans la même édition savaient que ça ne serait pas pris. On a quand même fait une save de soumission où on n'a, à ce jour, presque deux ans plus tard, toujours aucune réponse. Et les seules réponses qu'on avait eues, c'était « c'est pas dans la ligne édito » ou, ce qui était faux puisqu'on a quand même ciblé notre voix, « il n'y a pas assez de scènes de smet, il n'y a pas de scènes de sexe explicite ». En tout cas, on était là « oui, c'est normal qu'il n'y en ait pas assez » parce qu'il n'y en a pas assez. Donc, voilà. Et on a refusé d'en rajouter pour être publié dans la maison parce qu'on nous avait proposé de nous publier si on rajoutait et on avait dit non. Alors que vraiment, il y a plusieurs messages dans le roman mais justement, un des messages, c'est que on prend le temps et comme son nom aussi, Pink Love, « Sirotel Amour », on prend le temps de savourer les sentiments, les sens, etc. Et on avait eu le « oui » d'une maison d'édition donc le roman devait sortir en 2024. La vie a fait que nous avons décidé de reprendre nos droits de cette maison d'édition et donc, je crois qu'on en a fait une écriture un peu, non? On l'a relue avant? On l'a relue et on l'a renvoyée. Donc là, on a fini ça sous mission en mettant toutes les maisons d'édition qu'on avait passées dans 2023 et là, nous avons eu le « oui ». Chabé, on t'a espéré. Voilà, c'était en septembre
Speaker 32024 parce qu'on avait resoumis dans l'été. Je suis très surprise par le fait que la maison ait demandé de rajouter des scènes
Speaker 1explicites. Nous aussi, on a un peu resté comme deux ronds de flanc.
Speaker 3Finalement, heureusement que ce n'était pas du tout vraiment l'objectif du roman « Le Message ». Ça a aidé à trancher parce qu'on va dire si c'était un peu plus flou et que ça aurait pu coller éventuellement au message, pour signer un contrat, des fois on peut accepter des trucs un peu qui ne vont pas forcément résonner au top avec nous. Et là, finalement, heureusement que vous, vraiment, c'était un projet qui ne collait pas du tout à ça.
Speaker 1On ne voulait pas dénaturer le roman, le message qu'on voulait passer juste pour pouvoir être publié. On ne voulait pas passer nos principes pour atteindre le rêve, en fait. On voulait rester sur notre ligne. Parce qu'avant d'écrire cette romance, on a lu des romances FF, donc lesbiennes ou sappiques, qui sont publiées. Et justement, on se disait à chaque fois, enfin, on se disait à chaque fois de notre côté, on était là, mais c'est trop bizarre. Souvent, le truc, c'est que les filles, elles n'ont jamais eu de relation homosexuelle et puis elles savent directement comment faire. Elles se jettent dessus deux chapitres. On trouvait que ce n'était pas du tout réaliste. Donc, voilà. Comme m'a dit Manon, ce n'était pas quelque chose qu'on voulait faire.
Speaker 3Oui, et puis je pense que ce côté donner une image juste, vous êtes aussi dirigée vers une lecture sensible, etc. Et je pense que c'est clairement important quand, justement, on touche à quelque chose qui peut représenter. Et c'est vrai que je ne reviens pas que cette personne vous ait demandé ça. Parce que ça n'aurait pas été dans le bon sens non plus. Ça aurait été dans le sens de clichés qu'on voit partout, etc. Surtout si elle voulait beaucoup, enfin, si elle voulait augmenter cette
Speaker 1partie-là. Parce que de base, il n'y en a pas pour en rajouter, pour que ce soit au niveau qu'elle voulait. Il fallait bien, bien modifier l'histoire. C'est vrai? Oui. Ça n'aurait pas été la même histoire du tout, je pense.
Speaker 3Oui, ça aurait tout changé, en fait. Alors, en dehors de ce sujet, il y a le sujet juste d'écrire une romance FF quand on n'est pas spécialement concerné par le sujet. Est-ce que c'était un blocage?
Speaker 1Pas du tout. Non, non. Parce qu'au final, on a raconté l'histoire de deux personnes qui tombent amoureuses, peu importe le genre, le sexe. On ne s'est pas attardé là-dessus. Ça aurait pu être deux gars, un gars, une maman, une nana. Peu importe. Pour nous, c'était vraiment deux personnes qui se rencontrent, qui deviennent déjà amies avant tout. C'est une histoire d'amitié qui voit leurs sentiments évoluer au fur et à mesure qu'elles se découvrent. Mais ça n'a jamais été vraiment trop la question que ce soit deux femmes dans le fond.
Speaker 3C'est vrai que ça pourrait, en tout cas, on pourrait bloquer sur le fait que c'est plus difficile, plus rare, ce genre de choses qu'on a peu l'habitude de lire aussi. Alors, vous en avez lu, du coup?
Speaker 1Oui, nous, on en avait lu. Mais oui, comme dit Manon, nous, on voit vraiment l'amour en mode love is love. Donc, en fait, les personnages ne sont pas interchangeables parce qu'évidemment, elles ont leur personnalité, etc. Mais c'est vraiment une histoire d'amour, moi, en fait. C'était quelque chose qui nous a. Enfin, dans les retours qu'on a eus, c'est quelque chose qui revient souvent parce que en fait, voilà, c'est deux personnes qui s'aiment. Et effectivement, l'un des messages du roman avec nous et Manon, c'est que la base de toute relation amoureuse, enfin, à notre sens, ça reste nous qui l'avons écrite, donc ça reste subjectif comme toute histoire et comme toute avis dans la vie. Mais pour nous, c'est vraiment l'amitié, la base la plus solide d'une relation amoureuse et c'est aussi ça qu'on voulait montrer dans le roman mais voilà, enfin, c'est vrai que c'est deux personnes qui s'aiment et voilà, tout simplement. Et peu importe si c'est des femmes ou des hommes, enfin, c'est quand même une femme. Ça sonne pareil, en fait.
Speaker 3Je pose cette question aussi parce que, ben, j'aime bien parler des blocages, des choses qui nous bloquent, mais vous, ça avait l'air quand même pas très bloquant. J'ai l'impression qu'écrire en trois mois comme ça, c'était un peu plus une libération. Est-ce qu'il y a quand même des choses sur lesquelles vous avez un peu galéré?
Speaker 1C'est ce qu'on dit à chaque fois. On n'a rien de croustillant à raconter parce que on n'a pas eu de désaccord, on ne s'est pas disputé, tout a coulé de source, donc du coup, on dirait que ce n'est pas très intéressant à raconter. Parce que c'est vrai qu'on n'a jamais eu de blocage, en fait. Au final, on a toujours réussi à se mettre d'accord. Le gros blocage a vraiment été la soumission et essayer de se faire éditer avec une romance SF au final. Oui, mais du coup, il était un blocage indépendant. Ouais, ouais, non, vraiment, c'est pour ça qu'on dit souvent qu'on ne se verrait pas écrire avec quelqu'un d'autre en quatre mains parce que, ben voilà, là, ça commence à faire. Là, on est en 2025, on ne se dit toujours pas disputer. Il est temps! Qu'est-ce qui ne se passe pas? On est en train d'être dédicat, il est temps! Non, non, franchement, ça s'est vraiment super bien passé et pour dire qu'on a commencé à écrire un autre quatre mains, donc, voilà, nous sommes lancées. Nous sommes les plus
Speaker 3complémentaires. Est-ce que vous aviez préparé l'histoire avant de l'écrire?
Speaker 1Oui et non. On a commencé, du coup, dans le livre, il y a deux points de vue. J'ai écrit un point de vue, Elisa a écrit l'autre point de vue. On a commencé en faisant que j'écrivais le chapitre 1, je l'envoyais à Elisa, elle inventait le chapitre 2, elle me le renvoyait, je faisais le chapitre 3, etc. Et arrivé au tiers du roman, on s'est dit que ça commençait à devenir un peu trop sérieux pour qu'on fasse ça un peu one again. Donc, on a chapitré notre roman pour être sûre que les messages qu'on voulait faire passer passent correctement et qu'on arrive à la fin qu'on souhaitait de la bonne façon. Donc là, on a chapitré et on a un peu dit ce qui devait se passer dans chaque chapitre pour être sûre d'arriver là où on voulait. Donc, voilà, oui et non. On est partis sur l'organisation.
Speaker 3Ouais, l'énergie du début était on y va.
Speaker 1C'est ça, oui. Mais après, on savait quand même à la fin que nos deux protagonistes se tombent amoureuses. On n'a pas commencé en disant, ah, c'est l'histoire de vie qu'on met le mec, qu'est-ce qui va se passer? Non, non, on savait un peu le plot, même si, bon, j'aime pas trop dire ça pour ça, mais le plot de fin. Et aussi, puisque c'est un voyage, en fait, elle part à l'île Maurice, on voulait aussi qu'elle visite, en fait, l'île aussi. Donc, du coup, on a fait un peu comme si on était partis en voyage, en fait. On se faisait un jour, tel jour, on fait chill sur la plage et le lendemain, on visite les terres de Chamarel. Donc, voilà, c'est aussi pour ça. Ça se prêtait bien aussi au fait qu'on fasse un plan pour leur petit road trip, quoi.
Speaker 3Alors, question peut-être un peu bizarre, mais d'habitude, vous, toute seule, des plans, c'est quelque chose que vous faites aussi ou pas vraiment? On a deux façons de faire complètement
Speaker 1différentes avec Élise. Moi, je suis complètement jardinière. Je commence à faire un peu d'un chapitrage pour être sûre d'arriver là où je veux à la fin, mais c'est souvent où je ouvre Word et puis, ça vient comme ça vient. Parce que toi, tu fais des plans. Moi, j'aime bien faire des plans soit jusqu'à la fin, quand c'est un roman un peu compliqué. Donc, par exemple, si c'est une bande d'amis qui ont chacun leurs problématiques, pour être sûre que ce soit bien réparti. Ou si, en fait, c'est juste parce que je sais, en fait, que je peux dérouler jusqu'à la fin, parce que j'ai déjà toute mon histoire en tête. Ou alors, là, par exemple, pour le livre que j'écris, je planifie cinq chapitres par cinq chapitres. Et puis, peut-être, voilà, vers la moitié, je me dis, OK, c'est bon, là, je suis sécure et je planifie jusqu'à la fin, parce qu'à force de réfléchir, c'est venu. Mais moi, oui, j'ai un document Excel où je planifie ce qui se passe, le thème qui est raccroché, pour savoir si je parle bien, si ça a vraiment. si le chapitre a du sens, etc. Je suis moins jardinière que Manon, même si je me laisse quand même une marche de manœuvre en mode. Non, mais si, en fait, là, je me suis dit, ah, mais en fait, cette idée est beaucoup mieux, du coup, ça change un peu la suite, je change la suite. Je ne suis pas psychorélite sur mon truc, mais ouais, non, j'ai plus de sens à faire des plans que Manon.
Speaker 3Je trouve ça intéressant, parce que, du coup, tu fais des plans quand même assez détaillés, même si, effectivement, on peut en dévier. Et là, en fait, c'était doudou, et du coup, tu t'es lancée comme ça. Ça devait te changer vraiment
Speaker 1beaucoup, du coup. Oui, mais en même temps, pas tant, parce que ça reste une romance, donc je ne dis pas que c'est moins difficile à écrire, pas du tout, parce qu'il y a plein de codes. Mais du coup, l'intrigue n'était pas. Enfin, il n'y avait pas plein d'intrigues entre mes vies, même si, en fait, un peu, quand même, suivant la narrative des personnages, mais je veux dire, l'intrigue de base était quand même. un peu à suivre. Mais, en fait, c'était surtout ce que j'aimais bien dans le. et ce que j'aime toujours, en fait, dans le fait d'écrire à quatre mains, et donc avec Manon, c'est qu'en fait, je pense, moi, j'ai écrit mon chapitre, ben, je me dis, OK, je sais ce qu'elle va faire, en fait, dans le chapitre d'après, puisqu'on sait où on va, globalement, mais, en fait, je ne sais pas comment elle va le faire. Et là, typiquement, dans notre nouveau Quatre Mains, ça m'a fait trop rire, parce que j'ai inventé un personnage où je me suis dit, en fait, il ne va avoir qu'un impact dans la vie de ma protagoniste, on va dire, et, en fait, Manon l'a repris. Et, du coup, je lis le chapitre, et j'étais mordue, et je me suis dit, ah, mais tu n'as mis personne dans ton point de vue, c'est génial, en fait. C'est ça que j'aime bien, ça me change de ma manière d'écrire, aussi, et ce n'est pas quelque chose qui me fait peur, parce que je sais qu'on discute et qu'on finira par arriver sur notre ligne, là où on s'est éprouvé.
Speaker 3Cette partie un peu surprenante, ouais, c'est vrai que ça doit être marrant d'avoir ce côté où tu écris, mais tu ne sais pas ce chemin que va prendre l'autre.
Speaker 1Oui, voilà. Enfin, moi, tout est ce que j'aime bien. Moi aussi, j'aime bien. On est toujours excités d'attendre le chapitre d'après, c'est pour ça qu'on écrit plus vite, c'est parce qu'une fois qu'on a reçu le chapitre de l'autre, on a envie d'écrire le sien pour qu'elle puisse savoir la suite et nous renvoyer la suite. Du coup, on n'aura pas le chapitre suivant si on ne met pas celui du milieu, quoi.
Speaker 3Ça motive. C'est intéressant, c'est un bon moteur pour la motivation et tout ça. En même temps, peut-être, est-ce que ça ne met pas un peu la pression, non, de se dire « Ah, mince, faut que vous n'avez pas ça, ouais. »
Speaker 1Non, non, non, parce qu'il n'y a pas de timing. Là, tu vois, j'avais écrit le chapitre 3 et Manon, elle a pris son temps pour écrire le 4. Manon a pris son temps pour écrire le 4. Et moi, pareil, je crois que le 5, je ne l'ai pas écrit tout de suite après que tu me l'as envoyé. Moi, tu as mis deux jours pour un wow. Oui, mais je veux dire, par exemple, pour ce film-là, je crois qu'à la fin, on était tellement sur-excité qu'on a écrit les deux chapitres dans la même journée. Donc, comparé, c'est vrai que là, on est là en tout cas. Mais enfin, je veux dire, il n'y a pas une qui va dire à l'autre « Ah, c'est toi qui. » Enfin, non, c'est. Voilà, on se fait confiance et on tue le rythme de l'autre et ce qui se passe aussi dans la vie de l'autre. Puis en plus, on a nos projets perso de chaque côté, donc. Oui, parce que tu as reçu des corrections édito, donc forcément, tu mettais la priorité dessus.
Speaker 3En fait, je pensais aussi, pas forcément au fait que l'une met un peu la pression à l'autre. Je pense qu'effectivement, ça n'a pas l'air chez vous. Et ça pourrait être une pression un peu consommée, quoi. De se dire « Elle attend! » Ah oui, oui. Mais vous, vous n'avez pas l'air concernée. Non, non, non.
Speaker 1Non, non, non. On se fait confiance. Je t'ai dit, on est chiante, on n'a rien à raconter. Non, tu vas bien, en fait. Non, non, on ne se met pas la pression. Enfin, on sait que l'autre va attendre.
Speaker 3Du coup, ce côté un peu surprenant et motivant, je trouve ça génial, parce qu'effectivement, typiquement, le quatre mains, ce n'est pas du tout quelque chose que j'aurais envisagé. Enfin, bon, il faudrait voir, mais petit à petit, quand on commence à avoir des collègues auteurs, on se pose un peu ce genre de questions. Et c'est vrai que moi, je m'étais posé la question de « Qu'est-ce qui change? » Et de tester l'expérience, quoi. Et je pense que c'est une bonne expérience à tester. Et vous, ça a vraiment l'air de. Ça a vraiment changé, puisque vous n'en écrivez un autre, du coup.
Speaker 1Parce que c'est vrai que, de base, je ne me voyais pas du tout écrire en quatre mains, parce que je suis assez psychorisée dans ce que je veux. Il faut que ce soit fait comme moi, j'ai décidé que ça devait être fait. Donc là, c'est quand même faire une sacrément confiance en l'autre pour que, quand finalement, ça donne ce que j'avais dans la tête aussi, et sans que j'aie à lui pinailler. Genre, « Ah, c'est pas à ce mot-là que j'aurais mis l'endroit. » Et au final, ça libère aussi un truc, je ne sais pas. Après, moi, je suis moins psychorisée que toi, je pense. Oui, bah vraiment, oui. Donc du coup, en fait, si ma nonne veut changer un truc, je suis là, « Oui. » Pas de problème, en fait. Je suis un relou du duo. Non, en fait, j'irais plus, c'était genre les plaques de marbre. Et moi, je suis une feuille, tu vois. Je suis celle qui relit cinq fois le truc avant de l'envoyer. C'est vrai que moi, je suis beaucoup plus freestyle. Et pourtant, par exemple, c'est moi qui fais des plans, tu vois. Vraiment, ça n'a pas de. C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. C'est un truc à étudier, c'est vrai. Mais non, du coup, je me transforme dans le cadre. Non, mais du coup, voilà. Après, bon, inversement aussi. Moi, je suis là en mode. En fait, j'aurais plus vu ça comme ça. Non, je crois que ça n'est jamais arrivé. Je pense que ma nonne, elle serait en mode. Oui, on peut en discuter. On n'est ni fermés ni autres. Mais si on a envie de faire des modifs chacune, il n'y a pas de souci.
Speaker 3C'est marrant, votre exemple. Parce que oui, c'est toi qui fais les plans, mais qui, à la fin, va être plus sur la souplesse. Et est-ce que, justement, le fait de faire des plans et d'avoir l'habitude d'en dévier, ça ne donne pas un peu plus confiance aussi? Je ne sais pas.
Speaker 1Oui, oui, je pense. Je pense que c'est ça. Parce que moi, vraiment, mon plan de base, il ne ressemble pas du tout au plan qui est à la fin. Mais en fait, c'est juste que j'aime bien savoir où je vais. Mais en fait, je pense que là, tant que nous, on écrit le cas de main et que je sais où on va, après, comment on y va. J'aime bien aussi la surprise. Du coup, j'aime bien lire le chapitre de Manon. L'exemple que je viens de dire en mode « Ah, mais t'as rajouté ce personnage, je trouve ça excellent. » Et du coup, en fait, c'est des bonnes surprises. Après, voilà, il faut avoir quand même confiance en l'autre. Et je sais très bien que Manon, elle ne va pas me sortir un truc très bizarre. Un plot twist. Oui, voilà, un plot twist de fou. Je pense qu'elle m'en parlerait avant. Donc, voilà, il faut aussi avoir assez confiance en l'autre pour être sûre. Et puis, voilà, après, on déroule. Et justement, c'est ça qui est chouette aussi dans le fait d'écrire à quatre mains. C'est qu'il y a un deuxième cerveau qui peut avoir d'autres idées. Et du coup, c'est là toute la belle expérience, je trouve, comparée à quand on écrit tout seul. C'est cool aussi parce que c'est l'histoire qu'on avait imaginée, mais c'est notre cerveau tout seul avec nous-mêmes. J'aime bien cette expérience-là. C'est pour ça aussi.
Speaker 3Ça m'évoque un peu aussi le. Bon, c'est plus pour relier à l'expérience d'écrire tout seul, mais justement, le fait de se parler un peu à soi-même ou d'avoir des copains d'écriture aussi, mais juste d'avoir un moyen d'échanger parce que c'est là que nous, dans notre tête, on va percuter aussi, quoi. Du coup, le côté quatre mains a l'air passionnant pour ça parce que t'es à deux, t'as un cerveau collectif des deux qui est là tout le temps, quoi. Et je pense que ça a aidé peut-être, ouais, effectivement, à trouver plus vite les. Bon, j'allais dire problèmes, c'est peut-être pas ça, mais en tout cas, une bonne idée, quoi, non?
Speaker 1Oui, oui, oui, c'est vrai. Oui, c'est un brainstorming permanent, en fait.
Speaker 3Ouais, voilà, vous pouvez brainstormer en permanence. J'avais eu sur le podcast Lizzie Felton qui a aussi écrit un quatre mains qui est sorti il n'y a pas très longtemps et elle disait qu'effectivement, elle se parlait tout le temps, en fait, avec le saco-auteur, Joanne Amarine, et effectivement que du coup, t'es en train de bouillonner en permanence, quoi. Ça doit être une bonne expérience pour ça, je pense.
Speaker 1Oui, carrément, et puis même pour les dialogues, des fois, on se parle et en fait, on joue les dialogues et du coup, je prends en fait la réplique que Manon m'a donnée que je n'aurais pas pensée pour mon chapitre et c'est rigolo. Ah ouais, intéressant. Il y a souvent des trucs qui popent, parce qu'hier, on était en train de boire un verre, pour te dire, et dans la conversation, il y a des idées qui popent. On se dit, ah, il faut que je le note, ça, pour mettre dans le roman, machin. Donc c'est toujours en ébullition.
Speaker 3Ça fait beaucoup de changements par rapport à l'écriture tout seul. Il y en a un qui, moi, me ferait peut-être peur ou en tout cas, sur lequel je me poserais des questions si j'allais écrire un 4 mains pour la première fois, c'est, j'ai forcément pas le même style que l'autre auteur. Alors vous, vous avez choisi d'écrire chacune un point de vue, donc ça résout peut-être une partie du problème, mais est-ce que le style, du coup, est-ce que vous avez ressenti le besoin d'adapter le vôtre? Pas vraiment, en fait. J'ai l'impression qu'on
Speaker 1a réussi à s'adapter à un style commun. En fonction des projets persos, on n'a pas forcément le même ton, etc. Mais là, dans ce projet-là, on avait exactement la même idée de ce qu'on voulait raconter et du ton que les personnages auraient. C'est vrai qu'on nous a dit que, justement, on ne se sentait pas du tout que c'était un 4 mains. C'est quelque chose qui revient très souvent dans les retours et aussi beaucoup, enfin, chez les lecteuristes, mais c'est aussi quelque chose que nous avait dit la maison d'édition, donc Nicha, etc., chez qui le roman est publié. Du coup, ça, on trouve que c'est un très beau compliment. C'est une plume assez orale, enfin, même si ce n'est pas écrit comme si c'était parlé, mais les dialogues sont, je trouve, moi, assez réalistes. Et le ton est très sarcastique et nous manions le sarcasme. L'humour et le sarcasme. Voilà, de manière permanente. Donc, c'était assez simple dans la plume. Mais bon, je ne sais pas. On s'est dit que là, sur ce projet, ça allait matcher. Après, il n'y a que les personnes qui, enfin, moi, en tout cas, de mon côté, il n'y a que les personnes qui me connaissent, moi, qui m'ont dit au début, quand je lis Maeve, j'ai l'impression de t'entendre à des moments, mais à la fin, plus du tout. Et à la fin, le style est beaucoup plus brouillé. Je ne l'ai pas dit, d'ailleurs. Je t'en parlais à un peu le mois de mars. C'est un chapeau. Exactement. Sinon, les gens qui nous connaissent pas personnellement, personne ne nous a dit. Enfin, justement, tout le monde nous dirait, on ne dirait pas que c'est un quatre-mains.
Speaker 3Et ce commentaire, est-ce que ce ne serait pas aussi qu'au début, vous aviez chacune quand même votre patte et que petit à petit, vous avez trouvé un peu un équilibre à force de lire aussi le chapitre d'avant?
Speaker 1Ben, peut-être. Je pense qu'on s'est imprégnés l'une de l'autre, forcément, en écrivant, même si nos personnages ont quand même pris un peu de nous dans le fond, je pense. Là, pour le nouveau, je trouve qu'il n'y a pas du tout de différence. Je pense qu'on se connaît bien
Speaker 3maintenant. Vous aviez lu vos romans respectifs?
Speaker 1Oui, tous. On se bétallie entre nous pour tous les projets. Je ne sais pas, j'ai pas lu et inversement. Oui, à part ce qu'on écrit actuellement, je n'ai pas encore lu. Pas encore? En même temps, on est au début. Oui, voilà. Mais sinon, oui. Ça ne va pas tarder. Il n'y a qu'un projet de maintenant, je l'ai fait.
Speaker 3Mais du coup, c'est vrai que ça doit aider à se situer et se dire que là, il n'y aurait pas une différence énorme entre vous deux, peut-être.
Speaker 1Oui, puis on connaît bien nos plumes maintenant et même nos petits tics et tout parce que sur les bêta-lectures, on sait direct qu'il va y avoir peut-être des bémols et on sait les pointer directement à l'autre. Ça encore, c'est ça. C'est trop mignon. En plus, on est très cash. Ça, c'est nul. C'est pas ça. Voilà, c'est ça. Ou alors, encore un adverbe. Il y en a marre de ces adverbes.
Speaker 3Je vais être coupable. J'aime beaucoup parce que d'habitude, je me bats contre cette voix qui dit que c'est nul, cette voix intérieure qui dit quand je regarde mon roman, c'est nul. Mais là, entre vous deux, ça a l'air de passer. Il y a d'autres circonstances. Du coup, tu te dis ouais, bon, OK. OK, ça passe. C'est pas du méchamment que c'est pour le bien du texte. Ça va. Bien sûr. Et puis surtout, quand on se connaît bien, c'est très différent. Ça me fait penser effectivement le fait que vous vous étiez lue et le fait de démarrer comme ça avec votre style. Ça semble peut-être plus possible de trouver un équilibre aussi. Surtout si vous êtes partie directe sur un style assez oral, etc. C'est peut-être un petit peu plus simple.
Speaker 1Oui, après moi, par exemple, La Viande Turquoise, c'est un roman contemporain et pourtant, je trouve qu'il y a beaucoup, beaucoup de poésie à l'intérieur. Moins que dans Spring Love, parce qu'il y a quand même des beaux passages avec la plume et tout. Mais je pense moins que dans La Viande Turquoise et peut-être moins que dans d'autres romans. Je ne sais pas. Mais oui, après, c'était un choix à assumer. Donc, il n'y a pas de. Si on nous fait des remarques sur ça, parce que, par exemple, il y a des personnes qui l'ont lu avant avec La Viande Turquoise et tout, je dirais oui. Surtout, c'est un autre genre. Donc, c'est normal d'avoir peut-être aussi un ton différent pour chaque genre. Il faut que ça s'adapte aussi à l'histoire. Parce que, par exemple, si on faisait des grandes envolées lyriques, alors que c'est vraiment censé être un roman très feel-good, très drôle, qui se lit un peu comme un boire un cocktail, finalement, ça aurait beaucoup. Enfin, le ton, le message et puis même juste la lecture, l'expérience de lecture, c'est la même. C'est ça aussi. On a choisi un ton léger, beaucoup d'humour, mais c'est vraiment assumé. On a fait remarquer qu'on avait un peu un humour à ton ton Roger de temps en temps, mais c'est vraiment assumé ces personnages un peu drôles sur les bords de temps en temps. C'est le but aussi, c'est de faire passer des messages tout en restant léger et en devant rire. C'est vraiment un bon moment. On assume 100%.
Speaker 3Je pense que c'est quelque chose qui ressort de tout ce que vous dites, c'est que finalement, l'intention de départ guide beaucoup. Des fois, j'accompagne des auteurs où on se perd un peu en route, on a des blocages et des trucs comme ça. Et en fait, quand on revient un peu à l'intention de départ, tu te dis, toi, tu voulais écrire un roman avec telle intention et là, avec ton plan, tu es en train de partir dans complètement autre chose. Et souvent, ça aide de se reconnecter à l'intention qu'on avait. Et vous, c'est vrai que votre intention c'était léger, ce côté un peu vacances, etc. Et d'où? J'imagine. Et effectivement, comme tu le dis, les envolées lyriques. n'ont pas leur place là-dedans les épisodes ont aidé à trancher sur les événements du plan aussi je pense vous avez fait une réécriture longue
Speaker 1je ne me souviens même pas combien de temps vous avez pris est-ce que j'étais présente je ne me souviens pas est-ce qu'on était là parce que Manon comme Manon est plus psychologique Manon a relu beaucoup plus de fois le roman que moi je le connais par cœur je crois donc non mais je crois que si parce qu'on avait terminé de l'écrire en octobre on a eu au moins 3 je crois déjà et puis il y a eu une autre réécriture il y a eu une réécriture par la bêta-lecture aussi de Morgane et après on avait aussi repris à la bêta-lecture sensible même s'il n'y avait pas grand-chose à modifier mais du coup ça nous a quand même fait relire le texte les commentaires des bêta-lectures sensibles et après pendant les corrections éditoriales on l'a relu au moins 4 ou 5 fois oui oui mais je demande
Speaker 3parce qu'effectivement je ne me représente du coup pas forcément bien comment on fait une réécriture d'un roman qu'on a écrit comme ça avec beaucoup de spontanéité
Speaker 1bah après on a relu aussi les chacunes en fait aussi il y a une réécriture en fait un peu en permanence parce qu'en gros quand Manon m'envoie son chapitre je le lis et du coup ça fait un peu comme une bêta-lecture finalement même si c'est aussi mon roman mais du coup je relis s'il y a des petites fautes je les corrige si je ne sais pas justement on dit tout à l'heure est-ce qu'on est toujours d'accord bah là imaginons je dis ah mais peut-être que là c'est certain ou alors par exemple au début dans Tipping Love moi j'avais mis une scène de violence genre parce qu'elle était tellement énervée qu'elle pouvait taper June et du coup Manon m'a dit oula enfin non on ne va pas faire l'apologie de la violence donc là il faut changer ça du coup bah j'ai changé ça donc il y a aussi même de la bêta-lecture sensible si je peux dire sur les sujets comme ça donc en fait ça fait de la réécriture en permanence au final donc peut-être qu'à la fin il y a moins besoin de travail de réécriture parce que c'est déjà de la réécriture mutuelle entre les chapitres
Speaker 3c'est même pour ça que j'ai demandé si vous en aviez fait une parce que limite j'avais l'impression que vous le faisiez un peu plus au fil des chapitres bon il y en a quand même
Speaker 1qu'une à la fin mais il y avait quand même au fur et à mesure aussi donc peut-être un moins gros travail à la fin on a vérifié s'il n'y a pas d'incohérences tout ça aussi parce qu'on en a quand même repéré à la toute fin oui c'est vrai on avait pas vu ça dans les 15
Speaker 3c'est marrant je viens de faire un podcast avec une autrice où on venait de dire la même chose toutes les deux sur nos romans respectifs en disant il y a une incohérence qui est partie chez les chroniqueurs de la version e-book tu te dis ah ouais quand même parce que je l'ai quand même lu 25 fois ce truc-là et je l'avais pas vu enfin bref et c'est vrai que c'est trop drôle de se dire on voit tellement plus ce roman-là bon alors j'ai cru comprendre qu'il n'y avait pas le même nombre de lectures entre vous deux mais même de base on le voit plus et du coup d'où aussi l'importance du fait qu'on a plein de points de vue extérieurs qui vont arriver ça fait beaucoup déjà beaucoup d'infos je trouve sur le côté quatre mains mais je le trouve quand même très très intéressant parce que c'est très motivant ça donne envie en fait de le faire après comme vous le dites je pense que le principal critère c'est d'être en confiance avec la personne qui en fait aussi et c'est vrai que ça c'est pas forcément un lien qu'on va trouver tout de suite non c'est vraiment une chance que nous nous sommes trompés oui et du coup vous continuez vos projets respectifs chacune de votre côté en plus de celui-ci est-ce que vous avez la possibilité de nous parler de celui qui est en cours d'écriture ou pas forcément? si tu veux
Speaker 1pour l'instant j'ai mes corrections édito de ma romance de Noël qui va sortir chez Gélu au mois de novembre ou au mois d'octobre je ne sais plus octobre je crois je n'ai pas encore de date arrêtée donc j'ai ces corrections édito qui sont passées et en parallèle j'écris un conte temporaire est-ce qu'on peut dire fantastique peut-être qui se passe au père Lachaise donc c'est une jeune fille qui va aller travailler au père Lachaise et qui va se rendre compte qu'en fait elle peut voir les personnes décédées et ça va l'emmener dans plein de petits rebondissements voilà enfin je ne dis pas plus mais c'est dans ce côté un petit peu plus poétique aussi dans ce lieu qui est un peu un petit peu un petit peu ça change de situation moi j'ai eu une année en début d'année 2025 un peu chaotique au niveau de mon choix de roman à écrire parce que aussi j'ai eu une nouvelle base de correction éditoriale pour mon roman La Ville en Surpresse qui sera en poche du coup le 5 juin et des corrections éditoriales pour mon roman qui sort en fin d'année chez Errol Roman dans leur nouveau label Solaire pour Young Adult du coup dans lequel il y aura aussi l'avion type Casse-Poche du coup j'avais tout ça et puis après j'étais en mode et moi qu'est-ce que j'écris de mon côté donc il y a aussi le fait qu'on ait commencé un nouveau 4 mains avec Manon ça m'aide aussi beaucoup à sortir de mes pannes d'écriture parce que du coup tout ce qu'on a dit le côté motivant l'autre attente le chapitre co-construire à deux et tout ça m'a beaucoup aidée et du coup là j'espère avoir trouvé le bon projet qui sera aussi quand on pourra engager Young Adult mais je préfère pas dire le sujet pour le moment parce que j'ai peur que ce soit pas ce projet-là que je vais proposer à mes études pour l'année 2020 donc si jamais aucun jour je vais pas me porter l'œil mais ce sera aussi un message important que je trouve qu'il faut faire passer enfin moi que j'aurais aimé qu'on fasse quand vous avez commencé
Speaker 3à parler de l'autre contemporain et de vos romans aussi respectifs je me suis dit mais du coup panique quoi parce que ça fait déjà on a déjà comme tu dis un peu Élise il faut déjà se décider du roman qu'on se prend à écrire on a pas une espèce de charge mentale du roman en cours et en plus on rajoute le 4 mains et en fait j'ai l'impression que vous ça vous donne une motivation aussi parce qu'il avance peut-être plus vite et qu'il y a tout ce qu'on a dit quoi
Speaker 1bah oui en fait il avance plus vite aussi oui puisque là tu vois on est déjà à 10 000 mots non franchement en fait j'écris beaucoup plus vite mes chapitres du 4 mains avec Manon genre par exemple je peux taper des 2 000 mots en 1h30-2h alors que pour arriver à 2 000 mots sur mes propres chapitres je mets peut-être 2 jours donc en fait c'est ouais ouais non c'est en fait ça me permet aussi de me dire ah mais je sais encore écrire et je sais encore faire avancer mon histoire et ça me redonne aussi confiance en moi
Speaker 3c'est intéressant parce que ça me fait penser au conseil d'écrire des nouvelles alors en plus pour les paris les auteurs solo qui n'ont pas encore trouvé leur BFF pour le 4 mains mais pour justement avoir un projet qui avance plus vite sur lequel on n'a pas tout un chemin de croix à faire un truc un peu plus aussi restreint dans le temps et c'est vrai que ça peut être hyper motivant aussi quoi pour les gens qui n'ont pas encore trouvé mais c'est vrai que c'est marrant parce que du coup moi sur le coup je me suis dit mais comment elles font pour s'organiser tout là-dedans et tout est-ce que c'est pas un peu stressant et en fait non j'ai l'impression que ça vous libère en quelque sorte
Speaker 1ouais carrément je sais que quand on avait écrit Sipping Love je venais de finir ma réécriture de La Viande Turquoise en 2023 et je ne savais pas quoi écrire après et pourtant j'avais envie d'écrire et du coup ça m'avait vachement aidée et là du coup ce nouveau cas de main on ne sait pas où il va je veux dire est-ce qu'il sera publié etc mais en tout cas le fait de l'écrire avec Manon ça m'aide aussi et du coup ça me donne confiance dans mon projet que je suis en train d'écrire après un début d'année où je ne savais pas j'ai changé trois fois de projet quoi du coup ça fait du bien en fait aussi psychologiquement de se dire mais en fait je sais toujours écrire et puis Manon quand elle lit le chapitre elle me dit ah mais j'adore et tout c'est trop bien machin mais je me dis c'est bon je ne suis pas cassée donc ça fait du bien aussi pour ça c'est génial
Speaker 3et alors on a parlé de beaucoup de choses mais est-ce que du coup admettons on a un auteur qui hésite à proposer à quelqu'un qui sent un bon feeling d'écrire un quatre mains ensemble vous lui diriez quoi?
Speaker 1bah tente tente mais je pense qu'il ne faut pas si on voit que l'alchimie ne se fait pas ne pas forcer parce que ça risque plus d'être négatif au final comme expérience qu'autre chose par contre si vous sentez que dès les premières lignes ça match et que ça coule tout seul bah allez-y foncez c'est super écoutez-vous mais ne forcez pas si ça ne vient pas je pense ça peut brider des amitiés je pense c'est vrai que c'était un peu à double tranchant on aurait pu grave se disputer parce que si on ne s'entend pas qu'on galère qu'on n'a pas le même rythme d'écriture les mêmes attentes ça peut vite virer au conflit j'espère pas pour les gens oui oui c'est un risque je suis d'accord avec Manon c'est vrai
Speaker 3c'est déjà tellement personnel ce que nous on va mettre on joue notre vie quand on choisit ce qu'on va mettre dans le roman donc c'est vrai que je me dis bon effectivement alors les premières lignes ou allez on leur laisse un chapitre ou deux pour être sûre
Speaker 1premier chapitre allez trois quatre chapitres c'est si vous voyez que ça ne prend pas mais déjà même au moment du brainstorm si tu dis en fait moi je vois plus le truc qui va comme ça et puis l'autre il dit non moi je vois comme ça et puis que les deux sont en train de se confronter déjà là et qu'il n'y a pas la feuille de papier et la plaque de marbre il n'y a que deux plaques de marbre ça ne va pas fonctionner
Speaker 3c'est un bon critère finalement est-ce qu'il y a une feuille de papier et une plaque de marbre dans votre duo alors c'est ça en fait la chaîne et le roseau exactement ok je ne pensais pas à ça mais c'est intéressant on crée des méthodes merci beaucoup pour toutes ces précieuses infos et vraiment sur un peu cette plongée dans votre fonctionnement à deux parce que c'est vrai que vous nous avez quand même invité dans votre alchimie
Speaker 2merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout s'il t'a plu tu peux me laisser une note sur apple podcast ou spotify ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast et si tu souhaites me poser une question sur l'écriture me donner ton avis sur l'épisode ou juste écrire avec la communauté j'écris un roman rejoins-nous sur j'écris un roman point eu slash hello à la semaine prochaine