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5.25 On "n'est" pas créatif, on le devient

15m 25s

5.25 On "n'est" pas créatif, on le devient

Cet épisode explore la créativité à travers trois auteurs : Rick Rubin, Leïla Slimani et Liz Gilbert. L'objectif est de déconstruire l'idée reçue selon laquelle la créativité serait un don réservé à quelques élus. Rick Rubin, producteur de musique, affirme dans son livre *Créativité, un art de vivre* que créer est avant tout un acte concret : s'asseoir et agir, plutôt qu'attendre une inspiration divine. Il insiste sur l'attention portée au monde extérieur, où des indices créatifs peuvent surgir à tout moment, et sur le caractère collaboratif de toute création, inscrite dans une chaîne d'influences. Leïla Slimani, dans *Le Parfum des fleurs la nuit*, décrit l'écriture comme un combat pour l'immobilité et une rupture avec le réel. Elle évoque la nécessité de s'isoler pour explorer ses idées, et présente l'écriture comme une entreprise de réparation intime liée à son histoire personnelle et identitaire. Liz Gilbert, dans *Comme par magie*, propose que les idées voyagent entre les individus et ne nous appartiennent pas. Elle dédramatise aussi le rapport aux éditeurs, rappelant qu'ils sont humains et faillibles. L'épisode souligne finalement que le talent ne naît pas de nulle part : il résulte de la discipline de s'asseoir et de créer, quel que soit le résultat.

Transcription

3216 Words, 18158 Characters

French
Speaker 1Est-ce que tu as déjà eu l'impression que la créativité, c'est quelque chose que les autres ont et pas toi? Qu'il y a des gens qui sont créatifs et d'autres pas? Qu'il y a des gens qui ont des inspirations divines mais que nous, non, on est dans une autre catégorie? J'aimerais déconstruire avec toi cette idée aujourd'hui au moyen de trois auteurs que j'aime beaucoup. Rick Rubin, qui n'est d'ailleurs pas un auteur, qui est un producteur de musique principalement et qui a écrit le livre Créativité, un art de vivre, aux éditions Alizio. Leïla Slimani, une autrice française qui a notamment publié Chansons douces mais qui a aussi écrit Le Parfum des fleurs la nuit, qui est un livre à la fois entre autofiction et leçons sur l'écriture. Et Liz Gilbert, qui a écrit Comme par magie, qui est également l'autrice de Mangepris M. Et ces trois auteurs-là m'ont enseigné des tas de choses sur la créativité, j'aurais pu t'en citer d'autres. J'ai notamment hésité à inclure Ursula Le Guin, qui parle, elle, plutôt de science-fiction et d'imaginaire, mais déjà avec ces trois-là, il y a de quoi faire parce qu'ils vont déconstruire, je pense, ce que tu sais sur la créativité. Alors déjà, Rick Rubin, lui, c'est assez impressionnant parce que c'est un producteur de musique, effectivement, et pourtant tout ce qu'il dit dans ce livre-là, que je n'ai pas terminé d'ailleurs, comme tu peux le voir, il est énorme, résonne énormément quand on crée. Il distingue réellement la créativité en tant qu'étudiant, il est un peu étincelle, un peu sorti de nulle part. Et vraiment, le fait de s'asseoir pour créer, d'être le créateur, pour Rick Rubin, créer, c'est agir. Et notamment, c'est s'asseoir. Il parle bien du fait de s'asseoir. D'ailleurs, je t'en avais déjà parlé quand je citais le livre de Bob Maier qui s'appelle, il me semble, Écrire un roman et le publier, parce que Rick Rubin, c'est la même chose. Il dit que la créativité, ça commence par s'asseoir et par écrire. L'acte créateur, c'est quelque chose qu'on fait et pas quelque chose qui nous. nous arrive. Avant de zoomer dessus, je vais juste parler de Leïla Slimani. Elle, c'est très intéressant parce que c'est une autrice d'origine marocaine, mais qui habite en France et écrit en France. Et elle parle vraiment de ce côté intérieur de l'écriture, de ce besoin de se ressourcer en soi, de comment on va décortiquer, chercher dans nos tripes ce qu'on a envie de raconter par rapport à toute l'agitation de l'extérieur, finalement. Et il y a plein de belles citations de ce livre-là, Le parfum des fleurs à la nuit, que. que j'ai appréciées sur le fait, ben, d'aller chercher en soi pour écrire, même si on écrit sur d'autres personnages, même si on explore d'autres choses, c'est avant tout en soi qu'on va aller voir. Élise Gilbert, je t'en ai déjà parlé un petit peu, j'avais consacré un épisode de podcast entier au livre Comme par magie, mais j'avais envie de te faire une petite piqûre de rappel. Parce que c'est intéressant aussi ce qu'elle dit, notamment sur le fait que les idées, pour elle, voyagent un peu. Elles ne sont pas cantonnées à une personne et restent fixes dans la tête d'une personne. Peut-être qu'elles vont. Euh. Se transmettre entre les gens. Peut-être qu'une va t'arriver après avoir vu un média culturel, vu un film, lu un livre, etc. Et que c'est comme ça, les idées ont une vie. Et qu'elle parle notamment dans son livre Comme par magie d'un livre qu'elle aurait voulu écrire et qui finalement, entre guillemets, a été un petit peu écrit par quelqu'un d'autre et que pour elle, ça veut dire que l'idée n'était plus avec elle, qu'elle avait voyagé vers quelqu'un qui avait écrit ce livre-là et que c'est pas grave parce que les idées, elles sont comme ça. Elles voyagent, elles sont pas enchaînées à nous. Elles vivent et c'est ça qui en fait de bonnes idées souvent. C'est le fait qu'on les porte avec nous pendant un certain moment. Pour revenir sur le parfum des fleurs la nuit, je voudrais te citer un petit morceau parce que je suis sûre que ça va te plaire. Je voudrais te parler d'un moment où elle dit « Un de mes amis, un écrivain très demandé, m'a avoué qu'il n'avait jamais été aussi heureux que le jour où d'épuisement il s'est fracturé la jambe. J'ai passé un mois et demi enfermé dans mon appartement et j'ai écrit. Personne ne pouvait m'en vouloir puisque j'avais la merveilleuse excuse d'être plâtrée du pied à l'aine. » L'écriture, alors elle dit qu'elle a pensé parfois à se casser le tibia, elle aussi, elle-même, parce que l'écriture est un combat pour l'immobilité, pour la concentration. Et ça c'est quelque chose dont j'avais très peu parlé dans le podcast jusqu'ici. Leïla Slimani, pour elle, l'écriture c'est vraiment une rupture avec le réel. C'est un combat parce que la réalité nous appelle, nous déconcentre, et pour écrire, pour explorer vraiment ce qu'on a vraiment envie de dire, pour elle, il faut se couper du monde extérieur. Même un peu. Et je trouve qu'elle a tout à fait raison là-dessus, parce que je te parle souvent du temps qu'il nous faut pour trouver l'histoire qu'on veut écrire, du temps nécessaire à l'écriture, mais aussi aux idées justement, à leur maturation, à comment trouver cette fameuse histoire qu'on veut écrire. Et pour ça, effectivement, quel meilleur moyen que de s'isoler un peu? Je t'en parlais d'ailleurs dans l'épisode sur le silence que je te mettrai dans la description. Elle dit « Je voudrais me retirer du monde, entrer dans mon roman comme on entre dans les ordres, faire vœu de silence, de modestie, d'entière soumission à mon travail, je voudrais n'être dévouée qu'au mot, oublier tout ce qui fait la vie quotidienne, n'avoir à me préoccuper de rien d'autre que du destin de mes personnages. » Et d'ailleurs, elle donne ensuite des exemples pour ses livres de moments où elle s'est vraiment recluse dans des endroits isolés pour écrire ses livres, pour vraiment n'avoir plus que ses personnages en tête. Et si tu connais les livres de Leïla Slimani, ils explorent un petit peu justement les failles des humains. Il y en a un qui est sur une anecdote assez difficile, « Chanson douce » en l'occurrence, sur en fait une nounou, un fait divers à propos d'une nounou qui s'occupait d'enfants, et je ne vais pas aller plus loin pour ne pas te gâcher la lecture, mais globalement, ça, effectivement, pour aller explorer quelque chose d'un peu qui fait peur comme ça des méandres de l'âme humaine, elle a eu besoin de se couper du monde. Et effectivement, je pense que ça peut être un bon accélérateur pour la créativité. Et en même temps, je te dis ça en tant que cotrice aussi, je ne serais pas capable, moi, de faire ça. J'ai extrêmement de mal à écrire seule. Il faudrait que je me penche sur cette question, parce que moi, j'écris très bien, par exemple, dans des lieux publics, ce genre de choses. Mais du coup, ce côté réclusion que Leïla Slimani décrit, le fait d'être isolée pour vraiment pouvoir explorer notre livre et nos idées en profondeur, c'est une bonne idée. Et je pense que j'aurais bien besoin de m'en inspirer. J'ai une autre petite citation du livre de Leïla Slimani. « Écrire a été pour moi une entreprise de réparation. Réparation intime liée à l'injustice dont avaient été victimes mon père. Je voulais réparer toutes les infamies. C'est lié à la famille, à ma famille, mais aussi à mon peuple et à mon sexe. Réparation aussi de mon sentiment de n'appartenir à rien, de ne parler pour personne, de vivre dans un non-lieu. J'ai pu penser que l'écriture me procurerait une identité stable, qu'elle me permettrait en tout cas de m'inventer, de me définir hors du regard des autres. Mais j'ai compris que ce fantasme était une illusion. Être écrivain, pour moi, c'est au contraire se condamner à vivre en marge. Plus j'écris, plus je me sens excommuniée, étrangère. Je m'enferme des jours et des nuits pour tenter de dire ces sentiments de honte, de malaise, de solitude qui me traversent. Je vis sur une île, non pas pour fuir les autres, mais pour les contempler et assouvir ainsi la passion que j'ai pour eux. Je ne sais pas si écrire m'a sauvé la vie. J'aurais survécu sans être écrivain, mais je ne suis pas sûre que j'aurais été heureuse. Ça, je trouve que c'est super intéressant et important. Parce qu'effectivement, pourquoi on écrit? L'écriture brûle dans tous les auteurs que je croise au quotidien, que ce soit sur les réseaux, grâce au podcast ou à l'école d'écriture. Mais chacun a, ce rapport-là, aux autres. Le fait de vouloir écrire des histoires de gens qu'ils connaissent ou dont ils s'inspirent. Le fait de vouloir intégrer des personnages imaginaires pour tout un tas de raisons qui représentent des choses, des idées, des pans de leur vie, des pans de ce qui leur tient à cœur, de leurs valeurs, etc. Mais aussi, écrire, c'est s'isoler un peu, c'est se couper de tout ça. Et donc, on le fait souvent pour une bonne raison. Mais laquelle? Et j'ai trouvé que, dans ce livre de Laila Slimani, c'est un petit peu décomplexant de voir pourquoi. Elle, elle le fait. Elle parle de son passé, de sa blessure. Elle a une blessure, notamment, un peu liée à son identité, d'immigrer, en quelque sorte. Mais pas que, aussi, avec sa famille. Et du coup, tout ça nourrit un petit peu une blessure qui fait qu'elle écrit, et qui fait que l'écriture la nourrit énormément. Et on s'éloigne un petit peu du côté créativité, mais on touche à pourquoi on écrit, et le comprendre, je trouve, aide à faire maturer nos idées, à savoir quelle histoire on veut écrire et comment on veut l'écrire. Et ça, je trouve que c'est super important. Je pourrais encore te citer de très nombreux passages de ce livre-là, de Laila Slimani, mais vraiment, il est tout petit. Je te conseille de le lire. Et pourtant, le pitch n'a rien à voir. Le pitch, c'est que l'autrice a accepté de dormir une nuit dans un musée à Venise, et pourtant, elle parle si bien de l'écriture que je me suis sentie obligée d'en parler dans ce petit podcast. On va passer maintenant à Rick Rubin. Alors, si tu le connais pas, comme je le disais, c'est un producteur de musique très connue, de musique urbaine, Eminem, Red Hot Chili Peppers, etc., du R&B, du rock, et en fait, vraiment, Rick Rubin, du coup, j'ai adoré parce que il distingue le côté créé, du côté être inspiré par l'art, du côté avoir du talent, etc., il décortique un petit peu tout ça. Et ce que j'ai vraiment bien aimé, c'est que du coup, c'est pas forcément un livre un peu un essai, c'est plutôt un ensemble de petites méditations. Par exemple, il dit Lorsque vous cherchez une solution à un problème créatif, soyez particulièrement attentif à ce qui se produit autour de vous, soyez à l'affût d'indices pointant en direction de nouvelles méthodes ou de pistes permettant d'approfondir davantage des idées existantes. Un écrivain peut s'installer dans un café pour y travailler sur une scène sans savoir ce qu'il fera dire à un personnage. Il est possible qu'il entende une phrase dans la discussion à une table voisine qui apporterait une réponse directe, ou au moins laissera entrevoir une piste possible. Nous sommes perpétuellement exposés à ce type de messages pour peu que nous soyons ouverts. Ainsi, il est possible qu'en lisant un livre, une citation nous saute aux yeux, ou qu'en regardant un film, nous entendions une réplique qui nous pose à appuyer sur pause pour revenir en arrière et la réécouter. Parfois, c'est la réponse précise que nous cherchions. D'autres fois, c'est l'écho d'une idée qui ne cesse de se répéter ailleurs, suppliant qu'on lui accorde davantage d'attention ou venant confirmer le chemin sur lequel nous nous sommes engagés. Et j'aime bien parce que vraiment, il y a un peu un côté tout est une idée, tout nous nourrit, tout ce qui est autour de nous. Il parle de plein de choses. Il nous dit qu'à un moment, que le monde extérieur, c'est comme un tapis roulant qui passe à côté de nous et plein de petits trucs dessus, des petits paquets. Et la première étape, c'est déjà de regarder le tapis roulant à côté de nous et ensuite, parfois, d'ouvrir. Et là, on peut trouver tout et n'importe quoi, mais sûrement des idées qui nous nourrissent. Et c'est quelque chose que j'ai vraiment apprécié. C'est un peu ce côté, les idées sont partout, ce qui compte, c'est ce qu'on en fait. Et c'est vraiment très important dans le livre de Rick Rubin. Il parle du côté production, du côté se mettre au boulot. Typiquement, il dit l'individu qui produit une chose aujourd'hui n'est pas le même que celui qui reprendra le travail demain. Créer fait de nous des personnes différentes, même si on n'y arrive pas, qu'on galère. Il parle du fait de s'asseoir. Et ça, je trouve que c'est super intéressant. Il parle aussi un peu de méditation, du fait d'entrer en soi. Il y a un moment où il parle d'une méditation où il entend le bruit de l'eau qui coule, des oiseaux, et donc il va tourner son regard vers l'intérieur, entrer en lui pour pouvoir créer. En nous tournant vers l'intérieur, nous assimilons ce qui se passe à l'extérieur. Nous ne sommes plus séparés, nous sommes connectés, nous ne faisons plus qu'un. En définitive, peu importe que le contenu de votre art provienne de l'intérieur ou de l'extérieur, qu'il s'agisse d'une belle pensée ou d'une jolie phrase qui vous vient à l'esprit ou bien d'un beau coucher de soleil que vous admirez, l'une n'est pas supérieure à l'autre. Les deux sont aussi beaux, mais différemment. Il est utile de se dire que les options qui s'offrent à nous sont toujours plus nombreuses que nous pensons. Et j'aime beaucoup, parce qu'en plus, ça déculpabilise un petit peu. En plus, il parle du fait de créer tout et n'importe quoi. Il parle d'écriture, mais aussi de musique, etc. Et du coup, je trouve super intéressant un petit peu cet angle de vision qu'il a. Surtout que, ce que j'ai aussi beaucoup aimé, c'est que Rick Rubin, c'est un producteur. Donc en fait, il n'a rien créé tout seul de lui-même. Il a travaillé avec d'autres artistes. Et donc, il y a beaucoup cet aspect-là dans le livre, le côté collaboratif de la création. Il dit d'ailleurs que plus nous sommes attentifs, plus nous comprenons que tout le travail que nous accomplissons au cours de notre vie est une collaboration. Et après, il dit une collaboration avec l'art qui vous a précédé et avec l'art qui vous succédera. Donc même si on était un écrivain entre guillemets tout seul dans le livre, dans notre coin, ce qui est rarement le cas déjà, tu seras d'accord avec moi, mais même avec ça, en fait, on collabore un peu avec tout l'art qui nous a inspiré et celui que nous, on inspirera. Et je trouve ça incroyable de se dire qu'on a un peu un maillon d'une chaîne créatrice. J'espère que ça te plaira aussi à toi. Tu es un maillon d'une chaîne. Si tu t'inspires d'auteurs géniaux, d'ailleurs, tu peux peut-être leur dire, et toi, tu fais partie de cette chaîne-là, et tu nourriras sûrement des gens qui s'inspireront de ton art dans le futur. C'est pas beau, ça? C'est hyper motivant. Ce n'est qu'un tout petit aspect de ce grand livre, que je n'ai d'ailleurs pas terminé, mais qui m'a fait un bien fou. Et je voulais terminer en te reparlant un peu de Liz Gilbert, dont je t'ai déjà parlé. Effectivement, je t'ai parlé du fait que les idées voyagent, mais Liz Gilbert parle aussi, justement, de ce côté un petit peu éditorial. Elle parle notamment du fait que les éditeurs sont des humains, et qu'effectivement, même si, eux, ils sont un peu les gardiens du monde de l'édition, qui nous empêchent parfois de rentrer, parce que Liz Gilbert se concentre un petit peu sur ça. Eh bien, ça n'empêche pas, en fait, ça n'empêche pas de tenter de créer, de tenter de les joindre, de toucher un jour un éditeur. Parce que, évidemment, Liz Gilbert, elle parle du monde de l'édition. Et en fait, j'ai beaucoup aimé, parce qu'à un moment, elle dit que les éditeurs ne sont pas des machines, et une fois, elle parle d'ailleurs d'un roman qui avait été refusé par un éditeur, et puis réaccepté par le même un certain temps plus tard. Et elle dit, peut-être que ce jour-là, il avait eu une seule journée. Et je trouve ça assez drôle, elle décomplexe un petit peu tout ça, alors qu'elle dit vraiment qu'eux sont les gardiens, un petit de nos rêves, et nous empêchent un peu d'y accéder. Et ça m'avait fait du bien de lire ça. Ça m'avait aussi fait un bien fou de voir que Liz Gilbert s'était jurée, de toute façon, toute sa vie, de ne jamais lâcher. Et il y a ça un petit peu dans d'autres livres, d'ailleurs, Leïla Slimani en parle un petit peu aussi, elle parle de vouer sa vie à l'écriture. Liz Gilbert aussi, au tout début de Comme par magie, elle dit que quand elle était plus jeune, elle avait un petit peu juré fidélité à l'écriture, en se disant, j'essaierai toujours toute ma vie. Et effectivement, on n'est pas obligé de faire ça, mais tu vois aussi à quel point on. On a l'impression que Liz Gilbert ou Leïla Slimani sont pleins de talents, que leur premier roman a été tout de suite lu par des millions de personnes, mais regarde tout le travail qu'il y a derrière. En fait, elles ont fait ce que Rick Rubin a dit, il faut s'asseoir dans un premier temps pour créer, quel que soit ce qu'on crée, quel que soit si on l'aime bien ou pas, le résultat. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut commencer par la colle à peau potin, comme dirait Bob Mayer, il appelle ça la asglou dans son livre. C'est pour moi l'ingrédient principal, déjà, pour le talent. Le talent, il sort pas de nulle part, il sort de ce fameux fait de s'asseoir et de créer. J'espère que ça t'aura fait du bien, ce petit épisode un petit peu à part, avec des conseils de lecture que je te remettrai bien sûr dans la description. Et je te souhaite une bonne semaine. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il t'a plu, tu peux me laisser une note sur Apple Podcast ou Spotify, ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast. Et si tu souhaites me poser une question sur l'écriture, me donner ton avis sur l'épisode, ou juste écrire avec la communauté J'écris un roman, rejoins-nous sur j'écrisunroman.eu slash hello. À la semaine prochaine

Podcast Summary

Key Points:

  1. La créativité n'est pas un don réservé à certains, mais un acte volontaire qui commence par s'asseoir et créer, selon Rick Rubin.
  2. Leïla Slimani décrit l'écriture comme un combat pour l'immobilité et une rupture nécessaire avec le réel pour explorer ses idées en profondeur.
  3. Pour Leïla Slimani, l'écriture est une entreprise de réparation liée à son histoire personnelle, familiale et identitaire.
  4. Liz Gilbert considère que les idées voyagent entre les personnes et ne sont pas attachées à un seul individu.
  5. Rick Rubin invite à rester attentif à son environnement, car des indices créatifs peuvent surgir de conversations, lectures ou films.
  6. La création est fondamentalement collaborative, s'inscrivant dans une chaîne d'influences artistiques passées et futures.
  7. Liz Gilbert rappelle que les éditeurs sont des humains faillibles, ce qui dédramatise les refus et encourage la persévérance.
  8. Le talent ne surgit pas de nulle part

Summary:

Cet épisode explore la créativité à travers trois auteurs : Rick Rubin, Leïla Slimani et Liz Gilbert. L'objectif est de déconstruire l'idée reçue selon laquelle la créativité serait un don réservé à quelques élus. Rick Rubin, producteur de musique, affirme dans son livre *Créativité, un art de vivre* que créer est avant tout un acte concret : s'asseoir et agir, plutôt qu'attendre une inspiration divine. Il insiste sur l'attention portée au monde extérieur, où des indices créatifs peuvent surgir à tout moment, et sur le caractère collaboratif de toute création, inscrite dans une chaîne d'influences.

Leïla Slimani, dans *Le Parfum des fleurs la nuit*, décrit l'écriture comme un combat pour l'immobilité et une rupture avec le réel. Elle évoque la nécessité de s'isoler pour explorer ses idées, et présente l'écriture comme une entreprise de réparation intime liée à son histoire personnelle et identitaire. Liz Gilbert, dans *Comme par magie*, propose que les idées voyagent entre les individus et ne nous appartiennent pas. Elle dédramatise aussi le rapport aux éditeurs, rappelant qu'ils sont humains et faillibles. L'épisode souligne finalement que le talent ne naît pas de nulle part : il résulte de la discipline de s'asseoir et de créer, quel que soit le résultat.

FAQs

Non, la créativité n'est pas un don réservé à quelques-uns. Selon Rick Rubin, elle commence par l'action de s'asseoir et de créer, plutôt que d'attendre l'inspiration.

Pour Rick Rubin, créer c'est agir, notamment en s'asseyant pour écrire. L'acte créateur est quelque chose que l'on fait, pas quelque chose qui nous arrive.

Leïla Slimani considère l'écriture comme un combat pour l'immobilité et la concentration. S'isoler du monde extérieur permet d'explorer en profondeur ses idées et ses personnages.

Liz Gilbert pense que les idées voyagent et ne sont pas attachées à une seule personne. Elles peuvent se transmettre entre les gens et vivre indépendamment de nous.

Non, selon Liz Gilbert, les éditeurs sont des humains et peuvent refuser puis accepter un même manuscrit. Cela ne doit pas empêcher de persévérer dans la création.

Le talent ne sort pas de nulle part ; il vient du fait de s'asseoir et de créer régulièrement. C'est l'ingrédient principal pour nourrir sa créativité.

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