Speaker 1Pour moi, c'était forcément pas autorisé à une fille comme moi d'écrire avec ce passé-là. Et pour moi, écrire, c'est aussi un travail collaboratif et peut-être même avant tout. Très vite, j'ai ressenti le besoin de me former, de me professionnaliser en fait. Et je pense que vraiment l'école d'écriture, c'est ce qu'elle m'a apporté, c'est-à-dire cette professionnalisation, la formation, mais aussi tout le soutien, y compris psychologique.
Speaker 2Hello collègues écrivains, je suis très très émue de te présenter cet épisode du jour avec Stéphanie Nouaille, qui publie dans quelques jours un roman de Cosy Mystery aux éditions Alter Réal, mais qui surtout est une fidèle de l'école d'écriture depuis 2020, date de l'ouverture d'ailleurs de J'écris un roman. Et on revient un petit peu justement sur l'autrice qu'elle était, qui s'est lancée quand même à plus de 40 ans dans l'écriture, le besoin qu'elle a eu rapidement d'être accompagnée, comment l'école a pu l'influencer, mais aussi comment elle bétailait. Ali, quels sont ses conseils pour les jeunes auteurs et plein d'autres choses passionnantes que je te laisse découvrir.
Speaker 1Donc je m'appelle Stéphanie Nouaille, je suis autrice depuis un peu plus de 5 ans, et je publie aux éditions Alter Réal dans quelques jours un Cosy Mystery qui s'appelle Léonie et Harry en quête. Le tome 1 s'appelle Meurtre au dessert, je suis en pleine écriture du deuxième tome. Je suis autrice mais pas que. J'occupe aussi d'un habitat partagé pour personnes âgées autonomes, ce qui me prend une grosse partie de ma semaine. Et donc l'écriture prend beaucoup de place pour ce qui est du reste. Je suis une lectrice passionnée de romans policiers et de littérature de l'imaginaire essentiellement, mais pas que. J'ai aussi pas mal de filgots de romances. Et je suis une passionnée de nature, notamment d'arbres, de forêts. J'ai besoin d'être entourée par beaucoup de nature. Et comme mon héroïne Léonie, j'ai tout quitté avec mon conjoint pour venir vivre en Lausère.
Speaker 2Et d'ailleurs, son héroïne Léonie, elle se ressource dans la nature, mais dans le quotidien, elle est libraire. Elle aime beaucoup Agatha Christie, un peu comme toi, et c'est ce qui l'aide à mener son enquête, on peut dire ça?
Speaker 1Oui, tout à fait. En fait, Léonie, c'est une libraire d'âge mûr, puisqu'elle a une cinquantaine d'années. Il y a plutôt tendance à. Pas toujours prendre les bonnes décisions, parce que c'est une personne qui est très mélancolique, limite dépressive par moment, et très anxieuse en tous les cas. Qui a eu des choses difficiles à vivre dans sa vie, qui donc a décidé de tout quitter pour ouvrir sa librairie indépendante en Lausère, Amande. Et la pauvre, alors qu'elle a commencé à retrouver un petit équilibre de vie et de santé mentale, son amie d'enfance, Catherine, qui est un personnage haut en couleurs, que j'aime beaucoup, qui était un vrai délice à écrire, la contacte parce qu'elle a eu une fête d'anniversaire, celle de sa fille, qui fêtait ses 30 ans chez elle. Et lors du dîner d'anniversaire, un des convives a eu la très très mauvaise idée de mourir, la tête la première, il s'est effondré dans le fraisier. Et donc Léonie est obligée de repartir en Gironde, alors qu'elle avait quitté cet endroit pour se couper un peu de ses traumatismes. Donc commence une aventure dans laquelle elle va être embringuée par son amie Catherine dans une enquête complètement officieuse et qui va la mettre dans des situations assez improbables. Heureusement pour elle, elle a avec elle son petit Harry, qui est un carlin, dont on suit en fait le point de vue. C'était vraiment génial à écrire aussi ce point de vue canin, à qui j'attribue des comportements tout à fait authentiques. C'est des fois qu'ils le sont moins, mais qui moi me faisaient bien rigoler. Voilà, c'était vraiment un petit bonheur ça à écrire.
Speaker 2C'était un bonheur à lire aussi, de lire les passages de Harry. T'écris depuis quand?
Speaker 1Alors, j'écris depuis 2019, novembre 2019, très précisément. J'avais déjà 43 ans à l'époque, donc j'ai commencé très tard. Et ça fait cinq ans et demi maintenant que je suis autrice. Et au départ, c'était plus presque un travail thérapeutique qu'autre chose en fait. Et ça s'est transformé en toute autre chose au fur et à mesure.
Speaker 2Et ça s'est transformé notamment à un roman que tu as commencé du coup en 2019?
Speaker 1Et oui, absolument. En fait, les premières lignes que j'ai écrites en 2019 font partie de ce roman. Donc c'est assez incroyable. Moi, j'ai écrit d'autres choses depuis et entre temps et j'ai commencé par ça en fait.
Speaker 2Est-ce que tu peux nous parler du coup du roman que c'est devenu? Parce qu'effectivement, même si ce n'était pas prévu à la base.
Speaker 1En fait, ces premières lignes. Alors, tout est parti très précisément du nom de mon héroïne, Léonie Anna Ducati. J'ai ce nom d'abord qui m'est venu et du coup, j'ai imaginé l'héroïne qui pourrait le porter. Le titre du livre aussi est venu assez vite, Meurtre au dessert. Donc le titre du premier tome, parce que la série, elle s'appelle Léonie et Harry en quête. En fait, c'est assez souvent que des histoires me viennent en partant de titres. Je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas l'expliquer ça. Voilà, mais en tous les cas, c'était le cas. Cette histoire-là, qui est devenue un cosy mystery, qui sort dans quelques jours, le 25 avril. 18 avril en numérique et 25 avril en papier. Voilà, et qui est édité aux éditions Altérial. Et en fait, oui, c'est devenu très rapidement ce cosy mystery. Je pense parce que je suis une passionnée de lecture et dans ce que je lis le plus, c'est les romans policiers assez classiques. Beaucoup Agatha Christie, beaucoup de vieux romans, de détections du tout début 20e siècle. Et ensuite, des cosy mysteries plus récents. Et ensuite, je lis beaucoup, beaucoup de littérature d'imaginaire. Les codes très cadrants du cosy mystery m'ont très vite happé dans cette histoire. Et qui a grandi au fur et à mesure.
Speaker 2C'est ça, elle s'est développée. Donc ton idée de base, c'est marrant parce que j'ai déjà eu ça moi aussi, d'avoir juste l'héroïne, le nom. Et puis d'avoir toute une porte ouverte pour imaginer. Ça m'évoque quand même ce côté d'avoir l'idée d'un titre, d'avoir l'idée d'une héroïne. Ça m'évoque quand même plutôt une communication sonore. Je ne sais pas si tu te reconnais là-dedans.
Speaker 1Alors oui, si, si complètement. La sonorité des mots pour moi est vraiment extrêmement importante. Et j'aime beaucoup écrire de la poésie aussi. Et ou des textes très courts. Et jouer sur ça, sur la sonorité des mots, vraiment c'est quelque chose qui me parle, qui fait vraiment écho en moi. Bon, à côté de ça, c'est vrai que je fais, j'ai un petit peu de musique, alors j'adore la musique. Je suis une très, très grande débutante en piano. Mais voilà, j'ai ce côté là quand même qui est important et qui me plaît aussi en tant que lectrice.
Speaker 2Justement, parmi les blocages qu'on a quand on est très orienté sonore, c'est un peu le fait de décrire des scènes très visuelles, de décrire les lieux, etc. C'est un blocage que tu as eu?
Speaker 1Alors non, mais parce que j'ai joué la carte de la sécurité en prenant des lieux que je connais extrêmement bien. Dans lesquels j'ai vécu pendant longtemps, pendant dix, sept ans très précisément. Donc, j'ai été imprégnée à la fois du visuel, mais aussi du côté olfactif, qui est très important pour moi. Après, pour m'aider, parce que c'est vrai que la visualisation, c'est un peu compliqué pour moi d'une façon générale. J'essaie vraiment de m'imaginer comme un réalisateur qui a la caméra à l'épaule et de suivre comme ça le point de vue du personnage que je suis en train de travailler.
Speaker 2Alors, il y a ça comme blocage, il y en a peut-être d'autres que tu as rencontrées. Au début de son écriture.
Speaker 1Alors, au tout début, en fait, je n'avais vraiment pas d'enjeu. Je pense que c'est ce qui m'a sauvée, c'est-à-dire quand j'ai commencé à écrire, mon seul et unique objectif, c'était d'aller au bout. Mais sans enjeu, je ne me suis jamais dit que j'allais publier un roman ou que j'allais même partager cette histoire. En fait, je n'étais pas du tout là-dedans. C'était vraiment de me dire, ben voilà, tu t'engages dans cette activité-là et donc tu vas aller au bout de cette histoire-là. Bizarre. Bizarrement, enfin, je ne sais pas, ça a levé, en fait, les autres blocages, je pense. Avant ça, je ne me projetais pas dans l'acte d'écrire parce que je n'ai pas fait d'études littéraires, j'étais plutôt scientifique. Je n'ai pas des souvenirs mémorables de mes cours de français, de mes résultats en cours de français. Donc, pour moi, ce n'était forcément pas autorisé à une fille comme moi d'écrire. Voilà, avec ce passé-là, avec ce bagage-là, ce n'était pas du tout pour moi. Ce n'est même pas quelque chose qui m'est venu à l'esprit jusqu'à ce moment-là, quoi. Mais je devais l'avoir vraiment ancré quelque part parce que quand j'ai ouvert les vannes, c'est vraiment venu tout seul. Après, des blocages en cours d'écriture, je n'en ai pas. Enfin, pour l'instant, je n'en ai pas. Pas des blocages, en tous les cas. C'est plus des obstacles ou des barrières mentales qu'il a fallu lever. Mais ce n'était pas des blocages.
Speaker 2À propos de barrières mentales qu'il a fallu lever, en 2020, tu es dirigée vers la toute jeune école d'écriture. J'écris un roman. Est-ce que tu peux nous dire un peu comment tu te sentais avant et pourquoi tu as fait ce choix?
Speaker 1Alors, c'est vrai que c'était une énorme coïncidence. Enfin, ça fait partie des rencontres dans la vie qui sont absolument magiques. C'est-à-dire qu'au moment où écrire cette histoire a commencé à devenir sérieuse pour moi, toi, tu ouvrais l'école d'écriture. Je suis tombée par hasard sur toi, sur Insta, je crois, ou je ne sais plus. Ça a été magique. Alors, avant, comment je me sentais? Un petit peu seule quand même, pour ne pas être. à dire beaucoup, et inexpérimentée, complètement inexpérimentée. Et c'est vrai que très vite, j'ai ressenti le besoin de me former, de me professionnaliser en fait, d'une certaine façon. Et je pense que vraiment l'école d'écriture, c'est ce qu'elle m'a apporté, c'est-à-dire cette professionnalisation, la formation, mais aussi tout le soutien, y compris psychologique, d'une certaine façon, dans l'acte d'écrire, et le partage avec d'autres auteurs et d'autres autrices qui se sont étoffées en nombre au fil des années. Mais voilà, ce partage-là et le soutien qu'on peut s'accorder mutuellement, même si c'est à distance derrière nos écrans, il est quand même très très réel et très authentique. Et moi, c'est ce qui m'a permis vraiment d'aller au bout. Je pense que je ne l'aurais pas réussi sinon, mais voilà. Après, c'est juste une magnifique coïncidence, une coïncidence de vie qui était
Speaker 2produite à ce moment-là. C'est assez fou, effectivement, parce que du coup, en 2020, tu rejoins l'école d'écriture. Il me semble que tu avais assez peu de temps quand même par semaine pour écrire, parce que tu as quand même mis un certain temps à faire l'écriture et la réécriture. Tu peux nous en parler?
Speaker 1Il se trouve qu'autrice, c'est mon deuxième métier. J'en ai un autre, enfin premier ou deuxième, il n'y a pas vraiment d'ordre, mais j'ai un métier à temps plein. Et à l'époque, c'était encore un autre métier qui me prenait encore plus de temps. Et effectivement, j'avais à peu près 20 minutes, une demi-heure par jour pour écrire, pas plus. Mais ça suffit pour écrire un roman. Alors, c'est vrai que j'ai pris mon temps. J'aurais pu vraiment, très honnêtement, aller beaucoup plus vite. Mais je suis, comme je dis, je suis une escargotrice. Vraiment, moi, je suis une plume qui va très, très lentement parce que j'ai vraiment besoin de laisser infuser les choses entre chaque grand moment d'écriture, entre le premier jet, la réécriture, entre la réécriture, la bêta-lecture, etc. J'ai besoin de ces temps-là pour intégrer. Et puis, oui, des fois, quand on sort du boulot, on est complètement vidé et on n'y arrive plus. Donc, c'est compliqué. Mais je prenais les transports en commun à l'époque. Il y a donc 20 minutes de train par jour. Vraiment, le train, c'était un déclencheur incroyable pour moi. Et ça marche encore quand je le prends. C'est-à-dire que dès que je m'assois dans un train, je sors l'ordi, je peux écrire sans m'arrêter. Il y a un. Il y a vraiment un flot qui se déclenche. C'est pas croyable. Voilà. Donc, le problème, ça a été quand j'ai arrêté ce travail-là, que je suis venue vivre en lausère et qu'il a fallu que je me recrée tout un tas d'habitudes d'écriture. Mais moi, les rituels et les habitudes qui deviennent vraiment des automatismes, en fait, ça marche incroyablement bien sur moi. Et du coup, j'arrive à écrire très, très régulièrement. C'est-à-dire quasiment, je suis à 5 jours sur 7. Et du coup, j'ai un petit rythme de croisière qui fonctionne.
Speaker 2Effectivement, on pourrait se dire 20 minutes chaque jour, c'est pas beaucoup. Et finalement, ça a quand même permis de faire cette écriture et cette réécriture. Et je trouve, moi aussi, que je suis une fervente défenseuse des pauses et du fait de prendre son temps. Parce qu'effectivement, on écrit peut-être plus lentement, mais je trouve de meilleures qualités quand on se donne ce temps de la réflexion et de quelle histoire on a envie de raconter et d'où on veut la mener. Et c'est vrai que je me souvenais que tu avais fait des pauses entre différentes phases de réécriture et etc. Personnellement, même moi, c'est même les grandes pauses entre deux romans, par exemple, qui me font un bien fou parce que l'autre continue d'infuser en inconscient.
Speaker 1En fait, c'est tout à fait ça. C'est-à-dire qu'il y a vraiment ce travail de l'inconscient qui n'est quand même pas à négliger, je pense, dans l'acte d'écrire. Parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de nous dans tous les mots que l'on jette sur le papier, que ce soit au premier G ou après, d'ailleurs. Et ces temps de pause, en fait, c'est pas des temps non plus où on fait rien. En tous les cas, pour moi, c'est pas de la pause totale, où je vais plus rien faire du tout, mais par contre, je vais m'extraire complètement de ce que je suis en train d'écrire. Et je vais écrire des nouvelles, je vais bêta-lire. La bêta-lecture, pour moi, c'est essentiel. Quand je bêta-lis un roman, un extrait, ça m'apporte autant, si ce n'est plus, que quand j'écris. Et ça va vraiment contribuer à améliorer mon écriture. Donc, c'est vraiment un pan essentiel pour moi de ce travail d'autrice. Donc, c'est vrai que dès que je peux, je fais une pause et je vais écrire une nouvelle. J'adore, j'adore écrire des nouvelles. C'est vraiment un exercice qui est hyper formateur. Et puis, bêta-lire les autres et dans d'autres genres aussi. Moi, je trouve ça bien de s'ouvrir à d'autres genres que ceux dans lesquels on écrit, que ceux qu'on a l'habitude de lire pour justement aussi ouvrir d'autres perspectives dans sa propre écriture et sortir un peu de nos schémas, de nos tics d'écriture, de ce qu'on a l'habitude de faire et de faire vivre à nos personnages.
Speaker 2Je te rejoins complètement là-dessus. Personnellement, du coup, via l'école, je bêta-lis un peu dans tous les genres. Mais du coup, j'ai fait horreur, romance, imaginaire, polar, thriller et vraiment, je te rejoins complètement sur ça. Alors, effectivement, je ne serais pas l'experte des codes du thriller à l'américaine politique, n'est-ce pas? Mais par contre, ça aide énormément, ça oxygène notre écriture, ça nous aide à voir de nouvelles façons de faire, à s'approprier un petit peu des mécanismes un peu
Speaker 1différents. Vraiment, la bêta, la lecture, pour moi, c'est aussi un élément essentiel de l'écriture dans le sens dont je parlais tout à l'heure, où maintenant que j'ai compris ce que c'était que d'écrire, ce n'était pas du tout la représentation mentale que j'en avais quand j'étais jeune, etc. Et pour moi, écrire, c'est aussi un travail collaboratif et peut-être même avant tout et du coup, d'être dans la collaboration avec un autre auteur à travers la bêta-lecture, c'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur énormément et qui est un pilier, en tous les cas, de la façon dont je me suis construite en tant qu'autrice, grâce à toi, d'ailleurs.
Speaker 2Et justement, pour le côté bêta-lecture, peut-être que tu l'as vécu comme ça, mais tu as dit tout à l'heure que c'était limite plus formateur de bêta-lire que d'écrire, je crois. Et moi, pour ma part, il est aussi bien plus formateur de bêta-lire que d'être bêta-lu, en général. Et par contre, là où vraiment, je pense que c'est vraiment quelque chose qui m'a beaucoup impactée et fait évoluer, c'était, à mes débuts de bêta-lectrice, c'était de formuler mes ressentis. Parce que oui, dire « ça me fait bizarre de lire ça », tout le monde peut le faire, mais de formuler de manière bienveillante, mais en même temps constructive, les retours qu'on a à faire sur un manuscrit, je trouve que c'est quelque chose d'assez infini, et je suis d'accord avec toi sur le côté formateur de ça, parce que si on est capable de faire ça, pour moi, on peut tout faire.
Speaker 1Alors, c'est vrai ce que tu dis, c'est hyper dur, même encore, j'ai du mal. Des fois, je réfléchis 15 fois à comment formuler mon truc. Après, c'est surtout au début de la bêta-lecture, après, quand la personne que tu bêta-lis te connaît et qu'elle a compris aussi comment tu fonctionnais et la bienveillance que tu avais par rapport à son œuvre, tu peux te permettre d'être un peu plus direct dans tes remarques, mais c'est vrai que c'est compliqué, parce que des fois, c'est vraiment, vraiment difficile de mettre des mots sur le ressenti qu'on a quand on lit quelque chose et qu'on sent qu'il y a quelque chose qui ne va pas, qui ne fonctionne pas en tous les cas, ou peut-être qu'on n'a pas compris l'intention de l'auteur à ce moment-là, mais du coup, c'est vraiment très compliqué. Alors, j'essaie de poser pas mal de questions, en fait, à l'auteur pour qu'il se rende compte que ah ben oui, si elle me pose cette question, c'est peut-être qu'elle n'a pas compris ce que je voulais dire, donc c'est qu'il y a un truc qui ne va pas, et plus dans ce sens-là, mais c'est vrai qu'en termes de formation, ça a aiguise l'œil, quoi, parce qu'il n'y a rien de plus difficile, en tous les cas pour moi, que de revenir sur son propre texte, alors pas sur le premier jet, parce que là, le premier jet, c'est facile, on voit tout ce qui va, tout ce qui est améliorable, mais après, quand on est vraiment dans un travail de relecture plus minutieux, c'est très, très, très dur de revenir sur son propre texte avec un œil vraiment lucide et objectif, et alors, petite anecdote à ce sujet, sur mon roman qui va sortir, là, par exemple, je me suis rendue compte d'une incohérence, pas majeure, mais quand même un peu importante, vers la fin du livre, au moment de la correction orthographique, c'est-à-dire vraiment la dernière, dernière barrière avant le bon à tirer, quoi. Ou peut-être même c'était au B.A.T., je ne sais plus, enfin vraiment tout à la fin du process, et je veux dire, je l'avais lu, mais je ne sais pas, quinze fois, et c'était passé à chaque fois à la trappe.
Speaker 2Et tu as fait de l'écriture approfondie, tu as eu des bêtas-lectures, etc., mais je suis d'accord avec toi, on ne le voit plus, en fait, le texte, quand on le connaît bien, et d'où l'intérêt de la bêta-lecture, mais c'est vrai que là, ça ne me surprend pas, moi aussi, sur le roman que j'ai publié, là, en juillet, écrit dans le chaos, il y avait une énorme bourde qui est même partie chez certains chroniques, et dont je me suis rendue compte très tard, alors qu'en fait, ouais, c'était, pour quelqu'un d'autre, ça aurait été évident, quoi.
Speaker 1Oui, alors, pour quelqu'un d'autre, moi, je ne sais pas, mais en tous les cas, moi, quand je l'ai vu, je me suis dit, mais ce n'est pas possible, comment tu as pu passer à côté de ça? Je pense qu'il y a vraiment un travail à faire en tant qu'auteur aussi sur son œil, quoi. Clairement, ça a d'ailleurs changé ma façon de lire, même si je lis toujours pour le plaisir, des fois, c'est difficile de ne pas passer à côté de certaines choses, dans le sens positif comme négatif, d'ailleurs, et de remarquer, voilà, certaines choses dans l'écriture de l'auteur, quoi. Et j'ai aimé bien ce travail.
Speaker 2Oui, j'allais te dire, on a tendance, alors, je sais que moi, pareil, je dis souvent que, du coup, c'est. Alors, tu dis l'œil, mais c'est vrai que sur l'école, je dis la vision laser, le fait de voir direct ce qui ne va pas en une fraction de seconde quand on a l'habitude, que tu fais maintenant très bien. Et en fait, on pense souvent au côté négatif de, du coup, on va voir mieux les répétitions, on va voir mieux les incohérences, mais je suis d'accord avec toi, le côté positif. Par contre, moi, je suis beaucoup plus impactée aujourd'hui par une belle phrase, quelque chose dans le style, quelque chose qui relève, ou même dans le scénario, d'ailleurs. Aujourd'hui, plutôt qu'avant, j'ai vraiment l'impression d'avoir tous les clés pour savourer, pour voir ce qui est fait, quoi. Je pense à Elvira de Tiff's, là, qui est en imaginaire, mais où le style était vraiment taillé. pour coller à l'univers du roman où tout était autour de la glace, toutes les sensations avaient à chaque fois un rapport avec la glace, mais c'était vraiment un moment de lecture incroyable, donc il n'y a pas que le négatif.
Speaker 1Complètement, c'est vrai que j'ai vécu la même chose avec la trilogie porcelaine de Célia Flo où à chaque fois il y a quand même un élément qui est assez majeur et tout son style est vraiment centré sur cet élément-là, l'eau, la montagne. Et ça c'est vraiment formidable d'arriver à lire des auteurs qui font passer ce genre de choses, ce genre de sensations, et cette beauté de phrase moi ça me bouleverse vraiment.
Speaker 2Alors tu nous as quand même glissé que du coup tu avais vu le bond attiré de ton roman, donc effectivement je refaisais tout à l'heure la chronologie en disant qu'en 2020 tu avais rejoint l'école d'écriture. À quel moment tu as envoyé ton roman à ce concours organisé par la maison d'édition?
Speaker 1Oula, bonne question! Je pense que c'était au printemps 2023. Qu'est-ce qui t'a plu le plus au printemps 2023? de mémoire. Mais
Speaker 2aussi puisque de toute façon ton contrat tu l'as signé en juin 2024.
Speaker 1Oui c'est ça. En fait alors là ça a été toute une aventure aussi parce que j'ai envoyé donc manuscrit à ce concours d'Alter Réal et en juillet, donc très peu de temps après la fin du concours, j'ai l'éditrice qui m'a appelée en me disant "désolé on n'a pas pu vous faire gagner" parce que j'avais pas respecté, c'était entièrement de ma faute, j'avais pas respecté un des codes, demandez donc c'est je. Mais par contre on est super emballé par votre histoire et on aimerait bien la publier quand même. Donc ok, j'ai changé parce que je trouvais ça entièrement justifié le début du roman pour que ça colle vraiment au code du Cosymystery et en même temps en fait j'ai déménagé en lozère, donc c'était une période assez compliquée parce qu'il fallait réinstaller sa vie quoi, complètement. Et donc c'est d'abord la vie et ensuite l'écriture parce que c'était une parce que voilà ça marche vraiment dans ce sens-là. Et ensuite j'ai renvoyé le manuscrit et puis j'avais plus de nouvelles donc moi j'avais un peu oublié, enfin j'étais presque passée à autre chose et puis un jour l'éditrice m'a rappelé en me disant "désolé je crois que j'ai oublié de vous recontacter mais en fait vous êtes prévus dans nos sorties 2025" et donc là j'avoue que c'était un peu grand bas de combat et puis grosse surprise et tout s'est accéléré à partir de l'été 2024.
Speaker 2Et c'était en plein milieu du sommet du premier roman, j'ai quand même une petite pensée pour le fait que tu es venue nous annoncer avoir signé ton contrat en plein milieu du sommet. On était toutes les deux très émues de toute façon quand tu m'as contactée pour me dire que ça y est c'était signé.
Speaker 1Oui exact, tu vois j'avais oublié que c'était pendant le sommet du premier roman, super moment d'ailleurs. Oui exact, c'est vrai c'était fou quand même, c'était fou parce que j'y croyais plus donc j'avais vraiment j'étais oui quasiment passée à autre chose et voilà ça arrivait comme ça, c'était une super super nouvelle.
Speaker 2Et en fait donc si on revient au fait que tu l'as envoyé, au printemps 2023 tu disais, en 2020 quand tu as rejoint l'école il me semble que tu étais encore dans la phase de préparation ou de tout début de premier G en fait?
Speaker 1J'étais au tout début du premier G, voilà c'est ça, j'avais dû écrire trois chapitres. J'étais vraiment partie en mode jardinière qui est pas du tout quelque chose qui me correspond parce que moi j'ai besoin que tout soit super organisé, planifié. En plus quand on écrit une énigme sans plaisanter c'est quand même très très important voilà pour la révélation des indices, les fausses pistes etc enfin moi j'ai vraiment besoin d'avoir quelque chose de très cadré. Effectivement j'avais pas de plan, j'avais rien, j'étais au tout début de la préparation et donc c'est là où j'ai vraiment pris les choses en main et où j'ai commencé à organiser mon écriture et du coup ça a contribué à en faire quelque chose de sérieux aussi. Je pense aussi qu'effectivement
Speaker 2quand on découvre la méthode de préparation qui nous va, d'un coup entre guillemets on n'a plus cette excuse là d'être mal préparé, c'est un petit peu comme l'excuse qu'on n'a pas le bon matériel pour faire quelque chose quoi, que j'utilise fréquemment en bricolage. Mais en tout cas pour l'écriture c'est sûr que maintenant qu'on avait trouvé il me semble que toi tu avais besoin d'écrire un assez long signaux, finalement il me semble que tu avais écrit un signaux quand même assez fourni, qu'on avait regardé ensemble toutes les deux en se disant est-ce que tout est pris, est-ce que je me sens prête pour l'écriture, je me souviens vraiment que tu étais soulagée après de pouvoir démarrer quoi.
Speaker 1Oui complètement en fait après tu vois moi ce cadre il est nécessaire pour me laisser la liberté d'en sortir en fait. J'ai besoin d'avoir ce cadre là effectivement le signaux, je fais des signaux assez détaillés que je réécris en plus du point de vue du meurtrier, ou de la meurtrière à chaque fois, pour avoir aussi ce point de vue là et ce qui se passe hors champ en fait en gros d'une certaine façon. Et ce cadre là en fait me permet, alors certains pourraient croire que ça devient du coup quelque chose de très rigide et d'immuable mais pas du tout, c'est parce que j'ai ce cadre là que justement je peux prendre des libertés après, parce que à un moment donné si je suis perdue je reviens au cadre quoi. Et en fait il y a toujours des choses qui varient, je fais jamais ce que j'ai prévu au départ entièrement mais ce travail là préparatoire pour moi c'est vraiment essentiel. Et pour en revenir à ce que tu disais, que ce soit dans la façon d'écrire, dans la façon d'organiser, de planifier son écriture dans la semaine ou de préparer son roman, je pense qu'on est tous effectivement très différents même s'il y a des choses qui vont se rejoindre et des méthodes qui vont se recouper. Et je pense que quand on a appris à bien se connaître sur ce plan là et qu'on arrive à trouver ce qui nous correspond, ça fait partie de la vie, moi ça fait partie de mon quotidien, c'est une routine, c'est fluide voilà. Alors il y a des jours où c'est moins bien que d'autres mais ces jours-là j'insiste. C'est un peu je crois ce que te disait Ibellion dans ton dernier épisode mais c'est tout à fait ça en fait. Les jours où j'insiste, des fois je me dis mais à quoi bon ma pauvre fille, arrête, arrête de te torturer, c'est nul, personne ne va jamais lire ce truc. Vraiment que t'es en train de faire, c'est vraiment la cata. Et en fait à force d'insister parce que j'ai mon petit objectif quand même que j'ai envie de remplir et bien tout d'un coup je vais sortir une phrase qui est juste super quoi, qui est pile exactement cette phrase-là que je voulais ce jour-là pour cette scène-là. Et voilà et même si tout le reste autour est pourri, c'est pas grave parce qu'il y a la réécriture et ça c'est vraiment quelque chose maintenant que j'arrive à me dire. Mais voilà il m'a fallu du temps et encore il y a des jours où c'est mieux que d'autres.
Speaker 2Et puis finalement c'est pas si long, trois ans.
Speaker 1Non c'est vrai et en fait oui je me rends pas trop compte, c'est vrai c'est pas si long et puis ça a été très progressif. Quand on signe son premier contrat aussi, on découvre le monde de l'édition qui a une temporalité qui est complètement différente de la vraie vie des vrais gens du monde réel. Voilà parce qu'elles sont obligées d'anticiper sur les sorties et puis il y a tout un travail en amont entre la signature du contrat et la sortie du livre qui est vraiment chronophage. Et important et ça étire tout ça dans le temps et finalement pour moi en tous les cas c'était bien parce que ça me permet d'intégrer chaque étape du processus et voilà quoi. Et moi ma victoire elle est vraiment là dedans, c'est d'être allé au bout du processus et bon évidemment de pouvoir le partager avec d'autres maintenant c'est vraiment la cerise sur le gâteau et c'est formidable quoi. Le processus, le chemin est vraiment génial, dur mais génial.
Speaker 2Je suis d'accord avec toi finalement. Ouais on pourrait entre guillemets se passer de ce qui se passe après l'envoi du manuscrit et je trouve que c'est quelque chose qu'on a du mal à intégrer quand on a un auteur débutant, on veut un résultat, on veut pas avoir fait ça pour rien etc. En réalité c'est le chemin qui est si beau, c'est là qu'on a ces moments. D'ailleurs ça me fait penser quand tu parlais de justement l'épisode avec Yves et Lion où on a des moments de génie comme ça alors qu'on se sentait pas inspiré. Moi j'ai presque l'impression que mes moments de génie c'est que quand je me sentais pas inspiré tu vois. Justement il se passe des moments de génie il se passe quelque chose au bout d'un moment tu vois. Je te dis trois ans parce qu'effectivement c'est quand même court pour écrire et réécrire, faire bétalir et terminer un roman et j'ai oublié de dire préparer avant. Pour moi c'est par rapport à tout ce que je vois au quotidien c'est quand même très court et je pense qu'effectivement bien sûr le fait que tu étais accompagné par l'école n'était pas étranger à ça. Après il n'y a pas que ça, il y a aussi forcément le temps dont on dispose mais toi je trouve quand même que tu n'avais pas tant de temps que ça, 20 minutes par jour c'était du tout énorme loin de là. Est-ce que qu'est-ce que tu dirais toi? Personne qui hésite à se faire accompagner justement ou à se former?
Speaker 1Déjà je lui donnerai mon exemple même si je ne suis pas un exemple ou un modèle en tous les cas mais puisque moi ça a apporté ses fruits cet accompagnement donc déjà ça après moi ce que je lui dirais c'est que ça dépend de ce qu'on veut faire. Est-ce qu'on veut écrire juste comme un loisir, juste pour le plaisir d'écrire sans forcément avoir l'ambition d'être plus que ça comme auteur, comme autrice ou est-ce qu'on a vraiment envie d'aller au bout c'est-à-dire jusqu'à une publication, jusqu'à un partage quelle que soit la forme de publication et à ce moment-là ça veut dire que pour moi en tous les cas c'est comme ça que je vois les choses qu'on a envie d'être auteur, autrice, professionnelle et donc c'est un métier et quand on n'a pas été formé à ce métier-là et bien on peut le faire. De nos jours on peut le faire, on peut le faire, on peut faire beaucoup plus facilement qu'il y a un siècle ou même avant à l'époque de Virginia Woolf que j'adule. C'est une chance, il y a plein de moyens de nos jours de se former à l'écriture créative et d'être accompagné. En fait moi ce que j'ai vraiment aimé dans ton école, dans J'écris un roman, c'est ça, c'est qu'il y avait à la fois l'aspect formation et qui permettait cette professionnalisation mais aussi l'aspect accompagnement parce que j'en ai déjà parlé mais il y a des barrières mentales. à peu près tous les mois quand on écrit et même au bout de cinq ans et demi, et même quand on a un premier roman qui va sortir, mais malgré tout, on voit toujours ce qu'on n'a pas accompli. Au lieu de voir le chemin parcouru, et les barrières sont toujours là, et elles ont toujours besoin d'être levées, et sans cet accompagnement-là, je ne pense pas que ce soit impossible, mais en tous les cas, à mon avis, c'est très, très, très compliqué. C'est sûr, c'est un investissement de départ, de se faire accompagner, mais je pense que vraiment, c'est un bon investissement qui va permettre de trouver sa voie et son écriture, et de tracer son chemin.
Speaker 2Oui, je te rejoins aussi sur le fait que ça ne s'arrête pas forcément. Il y avait, je crois, Célia Flo dans une des masterclass de l'école qui disait « je dirais que je serais autrice quand j'aurais fini mon premier G, puis quand j'aurais fini à l'écriture, puis quand j'aurais publié », puis en fait, ça ne s'arrête jamais. C'est vrai que je te rejoins sur, si ce n'est la formation, parce que oui, peut-être qu'effectivement, aujourd'hui, on peut se former de toutes les manières, mais qu'en tout cas, le fait d'avoir des personnes sur qui compter et qui comprennent ce que c'est d'être auteur et qui ne nous demandent pas « t'as vendu combien de livres? » quand on dit qu'on écrit, et puis qui vont comprendre justement ces blocages-là, qui vont trouver les bonnes questions, je pense qu'effectivement, ça peut être quand même très très précieux et faire gagner du temps, mais il n'y a de rien.
Speaker 1Mais c'est vrai, tu as raison, en fait, quand on n'est pas du tout issu de ce milieu-là, les gens de notre entourage ne comprennent pas du tout, en fait, ce qu'on fait au départ et ce qu'on est en train de faire. Et puis, il y a cette question de « à partir de quand je suis autrice? » Effectivement, moi, très vite, je l'ai dit, je me le suis dit, je ne le crois pas toujours, mais vraiment intérieurement, au fond de moi, je pense que je n'y crois pas toujours, mais en tous les cas, je me présente quand même comme telle parce qu'à force, mon cerveau va finir par intégrer cette info et puis oui, j'écris, j'écris des histoires, elles valent ce qu'elles valent, certains auront, d'autres peut-être moins, mais en tous les cas, je suis autrice, je me considère vraiment comme ça, même si ce n'est pas le métier qui me fait gagner ma vie pour l'instant.
Speaker 2Ça me fait penser à un exercice qu'on avait fait il y a très longtemps, où je proposais, pour justement contrer toutes ces croyances qu'on a et le fait qu'on n'est pas capable et tout ça, de faire la couverture de notre roman pour le visualiser. Je crois que tu l'avais fait.
Speaker 1Je l'avais fait. Elle est beaucoup moins réussie que la magnifique illustration que m'a faite la graphiste d'Acofitime, mais oui, je l'avais faite, absolument. Je l'avais faite.
Speaker 2Elle était là pour te donner du courage sur ce moment-là. Merci Stéphanie pour tous ces précieux conseils, je trouve, parce que c'est un aspect dont on ne parle pas beaucoup et pourtant, nombreux, ce sont les auteurs parmi nous qui ont eu un accompagnement d'une manière ou d'une autre et qui se sont formés. Est-ce que tu aurais un conseil, par contre, pour les auteurs qui hésitent à se lancer?
Speaker 1Comme ça, spontanément, je leur dirais, mais juste fais-le. Mais juste leur dire qu'on a tous cette possibilité-là ancrée en nous, si on en a vraiment envie, mais comme pour toute forme d'art et comme pour tout sport, après, ça va demander une discipline particulière et à laquelle il faudra se tenir. Mais vraiment, moi, je suis découverte à travers cette expérience. Vraiment, j'ai découvert que l'écriture, c'était ancré en moi, c'était ma vie. Enfin, vraiment. Et voilà, je leur souhaite vraiment de tenter cette aventure-là. Et donc, il faut essayer. Après, il ne faut pas essayer n'importe comment. Si on essaie comme ça, seul et sans soutien, sans support, sans organisation, très vite, en fait, on va se retrouver confrontés à ces démons et ça va être compliqué de surmonter. Franchement, c'est dur. C'est dur. Juste pour donner une anecdote, une dernière, c'est vrai qu'au moment des corrections éditoriales, donc on est quand même vraiment plutôt au bout du chemin, j'ai failli tout abandonner parce qu'en reprenant mon texte, à nouveau, je me suis dit, mais c'est nul, quoi. Enfin, personne ne va jamais lire ça. Enfin, mais ce n'est pas possible. Et je n'avais plus la force psychologique d'avancer là-dedans. Donc, voilà, le conseil, vraiment, ce serait, mais fais-le, forme-toi entoure-toi et crois en toi. Et vraiment, il y a vraiment plein de croyances limitantes. Je sais que c'est un peu à la mode, entre guillemets, de dire ça, mais c'est vrai, quoi, sur cet art qu'est l'écriture, mais c'est peut-être vrai pour d'autres arts que je connais moins bien. Mais il y a des représentations sociétales et parfois très patriarcales, d'ailleurs, sur la littérature et sur ce que doit être, entre guillemets, un écrivain qui sont vraiment des entraves, quoi. Et quand on arrive à s'en libérer, en fait, ces entraves-là, en fait, la liberté, ça devient une quête permanente quotidienne et c'est un effet boule de neige et ça marche. L'écriture m'a libérée, mais ça marche aussi pour tous les autres pans de ma vie, quoi. Donc, vraiment, il faut le faire, il faut essayer. Voilà, vous irez jusqu'où vous pourrez, mais il y a plein d'auteurs hyper talentueux qui ne sont pas publiés. Moi, j'en lis plein, des gens qui écrivent des super bonnes histoires qui sortiront peut-être jamais, qui ne seront peut-être jamais éditées, mais qui sont quand même des super bonnes histoires. Avec des auteurs plein, plein de ressources, plein de talents. Et voilà, moi, je pense qu'il y a de la place pour tout le monde. On est dans un monde d'abondance.
Speaker 2Très beau mot de la fin. Merci, Stéphanie. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il t'a plu, tu peux me laisser une note sur Apple Podcasts ou Spotify, ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast. Et si tu souhaites me poser une question sur l'écriture, me donner ton avis sur l'épisode ou juste écrire avec la communauté J'écris un roman, rejoins-nous sur j'écris-un-roman.eu/hello. À la semaine prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada