Speaker 1Hello collègues écrivains, dans l'épisode du jour je reçois Adrien Thomas qui est un auteur très prolifique d'imaginaire, de fantasy, de fantastique, adulte, jeune adulte, il a exploré de très nombreux univers et donc dans l'épisode du jour on va te parler de justement cette création d'univers, les différents romans qu'il a pu créer, comment il a créé les univers, comment il a créé ses histoires, comment ne pas se perdre dans le world building, tout ce genre de sujets passionnants. On parle également de son roman Le sang et la mer qui vient de sortir, une réécriture mythologique, fantasy du mythe de la toison d'or, mais on parle aussi de plein d'autres choses, c'est vraiment un auteur que j'apprécie beaucoup parce qu'il a une capacité de création à la fois d'univers et de personnages qui est très très intéressante et immersive et on a peut-être la raison du pourquoi dans cet épisode. Et enfin, je voulais quand même te dire que j'ai réussi à croiser cet auteur sans faire exprès deux fois en Irlande, donc c'était un signe qu'il fallait faire un podcast avec lui et que ce podcast allait être top, j'espère qu'il te plaira autant que moi et je te souhaite une bonne écoute. On est avec Adrien Thomas, bienvenue dans le Café des auteurs Adrien, je suis ravie de te recevoir. Merci. Est-ce que tu pourrais te présenter pour les auditeurs qui ne te connaîtraient pas?
Speaker 2Alors, je suis Adrien Thomas, je suis auteur de romans d'imaginaire, jeunesse, adulte, young adulte, depuis une quinzaine d'années maintenant, j'ai écrit une trentaine de romans et j'ai scénarisé pour l'instant une bande dessinée, voilà.
Speaker 1Et donc, dans cette trentaine de romans, est-ce que tu pourrais nous parler du premier?
Speaker 2Alors, mon tout premier roman s'appelle La geste du sixième royaume, c'est le tout premier roman que j'ai écrit. J'avais une vingtaine d'années quand j'ai commencé à l'écrire et ça raconte l'histoire d'une grande forêt en plein milieu d'un continent, la forêt n'a pas de nom, c'est pour ça qu'on l'appelle le sixième royaume, les cinq autres royaumes d'habitude se tapent dessus et pour une fois décident de s'allier pour brûler et raser la grande forêt et tracer des routes commerciales, agrandir leur territoire, etc. Le problème, c'est que la forêt est habitée par. Un tas de peuples plus ou moins sympathiques, ça va des dragons aux elfes en fin de race avec des brigands, des créatures insectoïdes, etc., des dryades et en gros, toutes ces créatures se rassemblent sous l'égide de l'esprit de la forêt qui est habité par un arbre gigantesque qui va lui-même appeler à lui des héros, donc héros, H-E-R-A-U-T-S, qui ont pour objectif de s'allier à la forêt. Et qui ont pour objectif de guider ses armées contre ce qui est considéré par la grande forêt comme une agression. Voilà, donc on va suivre ces personnages-là et plein d'autres. C'est un roman que j'ai écrit il y a fort longtemps et qui ressort, hasard du calendrier, pile aujourd'hui chez Folio, en poche.
Speaker 1Et c'est le premier roman que tu as écrit, est-ce que c'est aussi celui qui a été publié?
Speaker 2Alors, c'est pas le premier roman que j'ai écrit, c'est le premier que j'ai publié. Par contre, c'est. On peut compter. Comptez que c'est mon quatrième roman écrit. J'ai écrit avant ça un roman quand j'avais 14 ans pour me faire la main avec la fantasy, que j'ai terminé, donc j'en suis quand même fier parce que je l'ai terminé. Ça reste un roman pas ouf, qui sortira probablement jamais de mes cartons. Et j'ai écrit deux romans de light fantasy, donc fantasy plutôt humoristique, avec plein de jeux de mots un peu nuls et compagnie dedans, qui ne sont jamais non plus sortis des cartons.
Speaker 1C'était justement le but de la question. C'était, ah d'accord. Ce n'est pas toujours le premier qui est écrit qui est le premier publié.
Speaker 2Non, c'est même assez rarement. En fait, ça dépend de. J'ai remarqué que ça dépend beaucoup de l'âge des auteurs et des autrices. C'est que généralement, les premiers romans qu'on écrit, quand on a la vingtaine, c'est généralement le troisième, quatrième, cinquième roman qui est publié en premier. Quand on commence à arriver autour de 30, 35, 40, ça peut être le premier parce que ça peut être le moment où on décide de se mettre enfin à écrire. Alors que. Et souvent, on a eu le temps de se faire. La main sur plein d'autres projets. Et généralement, ça peut être le premier roman qui sort.
Speaker 1Voilà. C'était le cas d'ailleurs pour Florian de Soulaz qu'on a eu dans le podcast il n'y a pas longtemps.
Speaker 2Voilà. Et c'est vrai que c'est un conseil que je donne assez souvent. C'est qu'il ne faut pas non plus trop s'accrocher à son premier roman parce qu'on y est généralement très, très, très accroché d'un point de vue émotionnel. Ce n'est pas toujours une bonne chose parce que ça veut dire qu'on reste persuadé que c'est ce roman-là qui doit sortir en premier. C'est ce roman-là qui doit être publié. Et autant, ça peut être. Simplement un roman d'entraînement qui n'a pas vocation à apparaître. Ou ça peut être un roman qui n'est simplement pas un bon premier roman. C'est-à-dire qui est, par exemple, une trilogie à rallonge. Les éditeurs, ils ne signent pas ça en premier roman. Par contre, une fois qu'on a sorti un ou deux romans très sympas et que les éditeurs se rapprochent pour dire « Eh, t'as quoi dans les tiroirs? » C'est le moment de ressortir le premier roman. Bref, il y a plusieurs options. Mais en tout cas, il ne faut pas rester accroché à son roman. C'est bien d'en avoir plusieurs sous le coude. Donc, quand vous avez fini un roman, essayez de le publier. Si ça ne marche pas, écrivez-en un autre. Il sera toujours temps de le ressortir du placard à un autre moment.
Speaker 1Et toi, quand tu as écrit ce roman-là, après, il y avait des suites?
Speaker 2Alors, oui et non. C'est-à-dire que moi, j'ai plutôt tendance à. Je fonctionne beaucoup comme ça, à faire des romans dans le même univers. Donc, faire une sorte de gros méta-univers avec des romans qui s'y déroulent. Avec des petits clins d'œil, des petits liens entre les différents textes. Mais généralement, ce n'est pas. C'est un fonctionnement de saga avec des tomes qui doivent se suivre, en fait. C'est-à-dire que normalement, la plupart de mes textes peuvent être lus sans avoir lu ceux d'avant et sans que ça pose un gros problème, sauf exception.
Speaker 1Donc, effectivement, celui-ci, c'était un tome unique au début?
Speaker 2C'était un tome unique. Et en fait, ensuite, après coup, j'ai écrit une suite qui se passe trois siècles plus tard. Et puis après, j'ai écrit une préquelle qui se passe mille ans avant. Et puis, j'ai aussi écrit une sorte d'encyclopédie romancée illustrée pour faire un roman illustré. C'est un roman illustré de cet univers. Et c'est des textes qui sont interconnectés avec des références, quelques personnages qui reviennent. Mais normalement, tous peuvent être lus totalement indépendamment les uns des autres.
Speaker 1C'est marrant, ça m'évoque un peu ce côté univers fantasy infini que tu pourrais écrire 30 bouquins sans aucun problème. Est-ce que c'est, pour la gestion du Seigneur du Royaume, c'est l'univers qui t'est venu en premier? Ou c'était plutôt une histoire ou des personnages?
Speaker 2Alors, pour le coup, c'est des scènes qui me sont venues en premier. C'est-à-dire que j'avais envie d'écrire sans avoir vraiment envie d'écrire un livre ou d'un roman. En fait, j'avais juste envie d'écrire des scènes qui se passaient dans ma tête, qui tournaient sans que ça aille très très loin, sans que j'aie vraiment d'histoire accrochée à ça. Et je les ai écrites un peu les unes après les autres. Elles ont commencé à s'interconnecter. Elles ont fini par donner quelque chose. À la base, c'est un texte. C'est pour ça aussi que c'est le plus long que j'ai écrit jusqu'ici. C'est un texte qui n'avait pas pour vocation. Il n'avait pas pour vocation d'être fini. Techniquement, c'était censé être un loisir. C'est-à-dire que je devais faire une sorte de roman infini dont je rajouterais des chapitres encore et toujours pour rester dedans, pour m'y amuser jusqu'à ce que j'en ai marre. Le problème, c'est que ça a fini par donner une histoire cohérente qui a amené à une résolution, qui a amené à une fin, qui a amené à un texte complet. Mais à l'origine, ce n'était pas censé être un roman qui devait avoir une fin.
Speaker 1C'est une intention très originale. On entend. C'est vraiment ce genre d'idée de base. Et du coup, effectivement, cet univers-là aurait pu être exploré un peu indéfiniment. C'est le cas de beaucoup d'univers que tu as créés. Je connais plus Engrenages et Sortilèges et Notre-Dame des Loups. En tout cas, je trouve effectivement ce côté construction d'univers, surtout là, en plus, si c'était un des premiers univers que tu créais finalement, c'est quelque chose qui freine beaucoup les auteurs. C'est de se dire, mais est-ce que mon univers, il est bien? Est-ce que je vais réussir à écrire un roman là-dedans quand même? Parce que c'est ambitieux. Ça veut dire qu'il y a 300 pages qui doivent se dérouler dans mon univers. Est-ce que ça a été difficile pour toi de te plonger là-dedans?
Speaker 2Je pense que moi, je fais partie de ceux qui apprécient énormément le world building. Au contraire, moi, c'est quelque chose qui m'éclate. J'ai passé beaucoup de temps à créer l'univers pour un peu y vivre, pour m'imaginer dedans, pour imaginer tout ce qui s'y passe, comment ça marche, etc. J'ai un fonctionnement qui est très. ethnologique, écologique de l'univers. J'ai besoin que tout roule, en fait. Même si je ne vais pas forcément tout raconter dans mes romans, la plupart du temps, mes univers font en sorte de tenir plus ou moins debout. Globalement, tout tient debout. J'adore y passer beaucoup de temps. J'aime bien avoir des univers qui ont un rapport avec l'histoire, qui ont un vrai lien avec l'histoire. J'ai tendance à ne pas avoir du mal avec les romans où le contexte et l'univers, c'est uniquement de décors, un peu en carton-pâte. Et en gros, si on disait que ton roman, si je le transforme en steampunk ou en fantasy ou en truc qui se passe à la préhistoire ou en science-fiction, c'est la même histoire. Il n'y a pas beaucoup de changements. Ça veut dire, à mon avis, que le roman s'est planté au niveau du world-building.
Speaker 1Oui, et puis, on pourrait appliquer un peu de Froubi qui dit que, effectivement, pourquoi cet univers? Si j'enlève l'univers et que le roman reste le même, effectivement, on n'est pas très organique. L'univers n'apporte pas.
Speaker 2L'univers a vraiment une fonction de décor. Et le problème, c'est qu'on n'est pas au théâtre où le décor, c'est du carton-pâte qu'on ne touche pas. Là, on est dans un truc où le décor doit intervenir dans l'histoire et l'histoire doit intervenir dans le décor. Les deux sont interconnectés. On doit avoir une histoire et un univers. se qui se répondent en fait l'univers n'est pas censé pouvoir exister sans l'histoire et l'histoire n'est pas c'est pouvoir se dérouler si l'univers n'est pas là pour qu'elle
Speaker 1s'y déroule et du coup ça me fait penser au fait que tu as publié par contre par exemple engrenage sortilèges qui lui plus jeunesse que le reste il me semble de délit dont on a parlé là pour l'instant et c'est intéressant effectivement parce que là on est sur l'aspect jeunesse qui en soit pareil et un peu à justifier aussi pourquoi c'est du jeunesse pourquoi du coup tu as parlé de steampunk pourquoi j'ai un univers un peu alors steampunk avec des machines etc en fait ce roman là quand tu as enfin pareil en fait c'était quoi l'idée de base je vais se poser cette question quand je les lis alors il ya
Speaker 2plein de choses qui m'ont amené vers le steampunk techniquement l'arc and punk c'est à dire je découvre à ça après avoir la voie écrite donc là je fais malin mais en fait je connaissais pas du tout le terme en l'écrivant c'est en gros le principe c'est un univers de fantaisie qui a connu sa révolution industrielle et donc la technologie cohabite avec la magie ces deux pratiques qui sont qui se quoi qui cohabitent l'idée de base était autour de la ressource c'est à dire que moi je voulais j'avais commencé la première idée qui m'est venu c'est une ressource commune pour la mécanique et pour la magie c'est à dire qu'en gros le le carburant pour alimenter les machines était la même chose que celui qui permettait de fabriquer de la de faire de la magie en fait et donc j'ai créé une sorte de de cristal donc l'arcanium qui avait qui a pour principe qu'il peut être dissous pour faire des sortilèges ou réduit en poudre et mêlé à de l'essence pour faire marcher des machines et donc toute l'idée est partie de là donc du coup ensuite ça s'est élevé autour de rivalités entre mages et mécaniciens qui forcément considère que leur manière d'utiliser l'arcanium est la meilleure c'est aller jusqu'à des niveaux de gestion des ressources la ressource est limitée d'où elle vient commence la procure qui c'est qu'il a les jeux de pouvoir qui autour les pays qui sont plus ou moins fort en magie ou en mécanique comment il gère le truc etc etc donc ensuite j'ai commencé à développer autour de ça et en parallèle j'ai cherché mes personnages principaux qui pour ce premier texte était pour moi de manière très logique une mécanicienne un magicien il fallait qu'il y ait les deux aspects qui puisse potentiellement s'opposer se répondre se disputer et discuter justement pour qu'on ait tous les aspects de cette de cette dualité là et
Speaker 1qu'ils sont jeunes
Speaker 2c'est à dire que moi c'est comme ça que pour moi la seule vraie grosse définition de la littérature young adult ou jeunesse c'est que les personnages principaux sont plus jeunes sont ne sont pas adultes et donc du coup on des ont des histoires ont des envies ont des manières de fonctionner qui sont davantage celle d'adolescents en dehors de ça moi j'ai tendance à refuser catégoriquement de modifier mon style de modifier ma manière de créer les histoires d'accepter mes phrases d'aseptiser les problématiques pour moi ça sert à rien c'est partir du principe que les adolescents sont trop bête pour comprendre une phrase un peu complexe trop bête pour comprendre une intrigue complexe et c'est totalement faux moi je me souviens de quand j'avais 14 15 ans j'étais tout à fait capable de de lire la fantaisie pour adulte et j'étais pas du tout perdu donc je vois pas pourquoi maintenant on imagine que quand on écrit pour la jeunesse il faut il faut leur parler comme à des débiles donc du coup j'ai tendance à ne pas du tout changer mon fonctionnement d'écriture c'est un peu différent avec le junior vraiment qui est pour les enfants ou là il ya des règles un peu plus spécifiques mais voilà c'est le seul vrai gros changement oui c'est entre entre young adultes et adultes c'est l'âge des protagonistes
Speaker 1ouais et puis là quand tu parles d'engrenages et sortilèges on voit bien que on n'est pas du tout sur une intrigue simpliste parce qu'elle aurait été pensée pour un certain âge il ya toute la complexité de l'univers qui se reflète même si on a des protagonistes très complexe qui se reflète même si on a des protagonistes à dos et mention spéciale au fait que c'est une mécanicienne et un magicien et pas l'inversé c'est plutôt chouette ça je trouve
Speaker 2pas c'était un peu l'occasion pour moi de d'attaquer directement les préjugés des clichés c'est un magicien qui prend soin de lui qui prend soin de ses fringues de ses cheveux qui veut pas se salir etc et qui a tout à fait le droit de ça et une mécanicienne qui s'en fout complètement de son apparence et de sa vie sociale qui juge un peu trop les autres filles et qui finit par comprendre que bon peut-être qu'il faudrait qu'à ce qu'elle me la suive c'est que des choses qui sont on part d'un point de départ assez on me l'a fait remarquer a pas très longtemps sur certains de mes romans enfin sur beaucoup d'ailleurs et je pense que c'est assez vrai c'est que j'ai beaucoup tendance à partir d'archétypes de clichés de personnages basiques c'est facile à imaginer genre je parle d'un mage un peu précieux d'une mécanicienne grande gueule qui a les mains dans la dans le cambouis on les visualise tout de suite et tant mieux c'est le but c'est que les lecteurs puissent accéder très rapidement à des personnages clés et ensuite on peut s'amuser avec et les les faire bouger et changer des choses et les rendre beaucoup moins lisse que ce qu'on peut croire au premier abord est ce
Speaker 1qu'il ya pas aussi le fait que justement c'est souvent des les idées qui deviennent sont des univers ou des mélanges entre magie technologie etc et que les personnages arrivent après du coup on arrive peut-être plus facilement à choisir le personnage un peu qui illustre
Speaker 2alors le truc c'est que ça ça change complètement selon les bouquins c'est à dire que j'ai pas de règles absolues ce niveau là c'est que des fois les univers viennent en premier des fois les personnages viennent en premier des fois les des fois c'est les histoires qui viennent en premier ça c'est ça peut être tout et n'importe quoi des fois c'est une histoire et je pense à l'univers dans lequel je veux qu'elle s'inscrive ensuite ensuite je déroule et dans même temps des fois c'est le personnage qui vient en premier des fois c'est l'univers où je veux qu'il se passe un truc dans cet univers même si je sais pas quoi bref généralement ça vient de l'un des trois mais il n'y a pas de règle en tout cas en ce qui me
Speaker 1concerne tu amuses à plein de terrains de jeu différents c'est ça peut-être
Speaker 2à propos de
Speaker 1terrain de jeu complètement différent qui n'a presque rien à voir avec ce qu'on vient d'évoquer du coup là tu viens de sortir le sang et la mer qui alors s'il ya quand même des rapports puisqu'on a aussi cette intrication entre la magie et la technologie est ce que tu peux nous en parler alors qu'il
Speaker 2s'agit de la magie donc c'est d'abord d'écrire ce que c'est la magie et donc l'idée c'était de je voulais citer j'ai encore oublié le nom de l'auteur on le retrouvera c'est d'un auteur qui dit qu'en gros que toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie voilà merci il a dit c'est assez pénible mais oui du coup c'est arthur c'est clair qui disait qu'il disait ça et et c'est quelque chose que j'ai voulu illustrer dans ce roman c'est à dire que j'ai écrit un roman qui se passe dans un contexte de mythologie grecque donc ça se passe pendant l'âge de bronze dans la mer égée avec tout ou toutes les histoires liées à la haute aux interventions divines à la magie etc sont liés sont exclusivement dû à de la technologie donc la technologie atlante donc le seul élément imaginaire c'est qu'il ya une civilisation atlante très avancé technologiquement qu'a laissé derrière elle un certain nombre de de mutants notamment des satyres des centaures des sirènes des harpies etc et pas mal de deux machines des automates des moteurs des choses qui passe pour miraculeuse et divine et magique pour l'époque et j'ai conçu et j'ai voulu raconter l'histoire de jason et les argonautes donc l'épopée de jason et les argonautes dans ce contexte là et du coup alors mais
Speaker 1il s'appelle jason il s'appelle comment
Speaker 2ton héros alors il s'appelle les gazons c'est à dire que j'ai j'ai fait en sorte de beaucoup changer à moitié changer certains noms certains pour les simplifier d'autres pour les complexifier volontairement c'est pour faire une sorte de jeu de piste pour ceux qui s'y connaissent et en même temps pour aussi faire un petit clin d'oeil à la véritable écriture et prononciation grecque ou par exemple la lettre j n'existe pas en dans la mythologie il s'appelle pas jason s'appelle liaison donc j'ai simplement réutilisé la la diction purement hélène on va dire hélénique de l'époque est ce que j'ai fait pour certaines autres j'ai simplement adapté soit l'orthographe la prononciation pour certaines lettres des personnages en partant du principe que à partir des prénoms que j'ai inventé plusieurs millénaires sont passés par là et ça a été hélénisé pour donner des prénoms plus grec et plus plus facile à prononcer
Speaker 1et donc il y a donc lui c'est un personnage qui a existé dans la mythologie on va dire en tout cas qu'il n'était pas complètement fictif est sorti de ton imagination et où du coup tu aurais pu tordre tout dans tous les sens comment on fait pour créer un personnage qui est connu par plein de gens déjà bar l'avantagé
Speaker 2d'un personnage qui est connu par plein de gens mais qui vient d'une mythologie c'est qu'on fait ce qu'on veut parce que dans la mythologie l'avantagé des versions c'est à dire que selon les versions de intel les argonautes y avait tel ou tel ou tel héros alors que dans l'autre il n'y était pas et en fait il ya plein de versions différentes du voyage de jason les argonautes et techniquement la seule argonautes en dehors de jason qui fait partie de toutes les traditions japonaises des personnages japonaises des personnages japonaises racontées c'est la talente tous les autres héros qu'on associe à l'épopée de jason les argonautes dans certains textes ils sont là dans l'autre sont pas là chacun d'autres encore un autre gars aussi il ya trois ou quatre sur les cinquante que compte officiellement les argonautes il y en a trois ou quatre qui interviennent dans toutes les versions y compris jason donc ça fait pas beaucoup donc l'avantagé c'est qu'on peut faire ce qu'on veut et tant qu'on garde un mon idée c'était de faire en même si c'était la vraie histoire qui à force d'être raconté et modifié et altéré par les siècles les gens qui l'ont raconté par les auteurs etc donne la légende de jason les argonautes donc
Speaker 1c'était pas trop une contrainte c'était plus un cadre de dire bon bah y'a il ya le cadre des argonautes et de son et de la toison d'or qui est sur la quête imagine c'est un groupe que etc et tout le reste je peux faire un
Speaker 2peu ce que je veux en gros c'est j'ai gardé le la base on va dire les personnages qui partent sur un bateau le fait d'aller jusqu'en colchide donc l'actuel géorgie le fait de voir amener la toison d'or le fait d'avoir des gens qui sont quand même très différents et qui sont maintenant considérés comme des héros l'aller-retour etc donc il ya pas mal d'éléments que j'ai dû intégrer parce que je voulais suivre un minimum le fil de base de la légende après j'ai pu m'amuser pour faire ce que je voulais pour rajouter des états qui n'avaient pas forcément pour ajouter des des concepts de personnages qui n'étaient pas forcément des personnages qui n'étaient pas forcément des personnages qui n'étaient pas forcément ceux d'origine etc et
Speaker 1pourquoi ce mythe là est pas un
Speaker 2autre alors parce que pour moi jason les argonautes c'est le avengers de la mythologie grecque c'est à dire que c'est celui où il ya tous les personnages fun de la mythologie grecque qui interviennent c'est là où il ya on dira il ya héraclès il ya atalante il ya orphée il ya il ya plein de deux personnages super fun il ya des gars il ya thésée il ya les jumeaux castor et pollux fin il ya un nombre incalculable de personnages qu'on retrouve dans beaucoup de mythes mine de rien et qui viennent faire une apparition surprise dans dans celui ci donc pour moi c'est l'occasion d'avoir un une histoire avec des personnages que la plupart de ce que j'ai tout à l'heure avec des archétypes que les gens connaissent déjà parce que la plupart des gens maîtrisent plus ou moins déjà qui est atalante qui est héraclès qui est orphée sans que j'ai besoin de vraiment les présenter et ça m'arrange et plutôt prendre un mythe plus compliqué où il fallait que je reparte à zéro que j'explique tout à des gens qui ne sont pas forcément versé à fond dans la mythologie grecque et du
Speaker 1coup c'est un peu des portes d'entrée pour voilà c'est le meilleur
Speaker 2porte d'entrée puis c'est honnêtement c'est aussi mon mythe préféré parce que celui qui m'éclate le plus justement parce qu'il ya tous les tous les héros qui interviennent
Speaker 1partout qui se retrouve dans un seul ça m'éclate et ce côté du coup les la technologie là des atlantes c'est intéressant parce qu'effectivement tu donne un éclairage particulier tout à l'heure tu me disais que l'univers doit servir à quelque chose et on imagine aussi que l'al cette technologie là va intervenir fortement dans tout ce qui va arriver à nos héros oui
Speaker 2complètement sans spoiler
Speaker 1tout le monde et il sache que ça souhaite à dire qu'il ya quand même le mythe et toute ton intention créatrice c'est d'être à l'aise avec tout le monde et ça je trouve ça chouette ça veut dire qu'il ya quand même le mythe et toute ton intention créatrice c'est qu'il ya quand même le mythe et toute ton intention créatrice c'est qu'il ya quand même le mythe et tout ces personnages fin ça je dis ça parce que ça me fait un peu moi je me dirais punaise il ya un gros cadre à respecter il ya moi j'ai cette intention là on a l'impression qu'il ya un peu la pression quoi mais toi j'ai l'impression que ça t'a plus éclaté justement les contraintes qui libère un
Speaker 2peu non oui bah en fait tout l'idée que l'idée que je voulais faire c'était de décrire le mythe à rebours en fait c'est à dire que ce que je voudrais c'est que avec suffisamment de modifications on arrive au mythe tel que le connaît maintenant ça veut dire que je peux fou et les contours comme je veux tant que je garde plus ou moins là la l'histoire de base on va dire tout le reste je peux le modifier je peux passer je peux faire des complots je peux faire des secrets des trucs comme ça qui font que on croit savoir ce qui s'est passé et en fait c'est moi qui est la vraie version donc c'est tout l'intérêt c'est de pouvoir s'amuser autour de
Speaker 1ça est ce que tu prépares tes romans avant d'écrire ou est ce que tu te laisses porter en écrivant ou les deux en même temps
Speaker 2alors je me laisse davantage porter c'est à dire que j'ai tendance à beaucoup à jouer la jouer jardinier c'est à dire que j'aime pas trop prévoir l'avancé parce que ça m'ennuie donc je préfère faire au fil de l'eau quel moment à quel moment je pense c'est plus intéressant de faire ci ou ça ça me permet de mieux maîtriser mon rythme après on est à mon avis jamais 100% architecte toujours à dîner comme on dit moi j'ai tendance par exemple à jamais partir si je sais pas la fin de mon roman si je sais pas dans quelle direction je vais je pars pas parce que ça sert à rien c'est le meilleur moyen de se retrouver bloqué donc j'ai tendance à avoir quand même une vision pas forcément parfaite mais en tout cas assez clair de la fin dans quelle direction je me rends et une fois que je sais ça et que j'ai ma situation de départ et mes personnages et pourquoi ils vont aller à tel ou tel endroit je me lance et j'y vais petit à petit
Speaker 1intéressant parce qu'effectivement je pense aussi que en plus le fait enfin les la dualité architecte jardinier qu'on voit beaucoup il n'existe pas vraiment mais surtout qu'elle va dépendre déjà des romans mais aussi même de way de ce moment là de ta vie ou et de l'intention du roman lac la quitte quand même très particulière et pas banal par rapport au reste des romans que tu as pu écrire aussi à
Speaker 2la typiquement vu que je devais respecter un minimum là le mythe j'étais obligé de construire mon intrigue en fonction de certaines étapes du mythe j'étais obligé de construire mon intrigue en fonction de certaines étapes du mythe ce que je fais habituellement pas ça m'a pas particulièrement gêné c'est pas très compliqué généralement j'ai une sorte de passage où je deviens beaucoup plus architecte c'est quand je me rapproche de la fin d'un roman ou en gros je sais bon bah maintenant on se rapproche de la fin qu'est ce que je dois rassembler comme arc pour vraiment arriver à au bout de ce que j'avais envie de raconter donc à mon avis on est tous un petit peu jardinier un petit peu architecte je pense pas que les architectes même les plus braqués sur sur l'architecturé sur la construction vont s'interdire de rajouter une nouvelle idée qui est un peu cool dans leur dans leur chapitre en cours ça m'étonnerait beaucoup et de la même manière il n'y a pas beaucoup de jardiniers qui vont complètement à l'arraché qui finissent à la fin par un roman qui se tient parfaitement debout mon avis il ya un peu c'est des processus qui se complètent à mon avis et là qu'ils sont plus vers l'un ou plus vers l'autre ça c'est sûr mais jamais à 100% et
Speaker 1puis cette idée dont tu parles de l'architecte qui a tout planifié qui d'un coup à une idée souvent c'est la bonne direction c'est à dire que il ya ce qu'on a planifié avant mais maintenant qu'on est en train d'écrire dedans on a souvent les meilleures idées sont qu'on est mieux nos personnages c'est ça c'est
Speaker 2généralement c'est un peu l'intérêt de décrire en jardinier c'est que on avance au fur et à mesure en fonction de ce qui nous semble le plus intéressant est en fait ce plus intéressant peut nous donner les nouvelles idées qui permettent d'aller au delà de ce qu'on avait prévu à l'origine parce que justement à l'origine quand on fait une création de plans on a un peu dépersonnalisé on connaît pas encore très très bien ces personnages alors que quand on est en train de les écrire on les connaît par coeur et c'est le moment où on se dit bah en fait là ce que j'avais prévu ça a plus de sens par rapport à la personnalité que je lui ai donné donc à faire qu'ils fassent un court tournement qui fasse qu'autre chose voilà donc il faut se laisser porter un peu et se cadrer un peu on est bien
Speaker 1d'accord mais si effectivement c'est plus facile à dire qu'à faire oui est ce qu'il ya des romans où tu fasses que tu as décrit le fait de se laisser porter d'avoir le personnage qui prend les bonnes décisions il ya des romans que tu as vécu vraiment où il a tout tout bouleversé le personnel ça m'est
Speaker 2arrivé une paire de fois que clairement ça m'est arrivé pendant le chant des épines donc la préquelle de mon premier roman là les personnages ont fait n'importe quoi ils n'ont pas du tout fait ce que j'avais prévu c'était infernal il ya des personnages qui devait mourir qui sont pas morts des personnages qui devait pas mourir qui sont morts quand même des gens qui devaient faire des trucs tomber amoureux trahir qu'ils n'ont pas fait enfin moi c'était vraiment que des trucs c'est parti en tous les sens et j'ai quand même mais c'était intéressant parce que justement c'était personnage à qui je donnais beaucoup de personnalités et qui ont tous agi en fonction de cette personnalité et qui du coup ont retapé complètement l'histoire que j'avais prévu à l'origine et qui finalement n'est pas du tout celle là donc celle là c'est oui là je me suis complètement fait avoir je pense que depuis je suis venu un petit peu plus strict personnage c'est à dire que j'attends peut-être un peu plus de les connaître avant de de partir un peu
Speaker 1plus d'autorité ouais je pense
Speaker 2qu'il ya de ça et puis elle le fait que je pense que je suis parti un peu vite en sans connaître bien mes personnages sans connaître bien leur motivation et leur caractère et même si je connaissais plus ou moins la fin et que la fin est plus ou moins la même on n'est pas du tout arrivé comme j'avais
Speaker 1prévu qu'on y arrive et du coup je reviens à la question du début mais est-ce que c'était lui où il y avait c'était les personnages qui étaient venus avant ou alors le niveau
Speaker 2j'avais j'avais déjà non pour le coup c'est plus ouais si les personnages en fait c'est l'histoire générale de d'un des personnages principaux et des personnes et de comment les personnages sont enroulés autour en fait donc c'est plutôt une relation c'est à dire qu'un personnage central et les relations de tous ces personnages autour de celui ci c'est plutôt ça qui me faisait partir qui me donne envie de faire
Speaker 1ce projet c'est vrai que du coup c'est marrant je l'ai vécu ici c'est pour ça pour un roman où effectivement votre pari quand par contre celui ci était partie du personnage et du coup c'était mon mon phare quoi pour savoir si j'en prends les bonnes décisions pas c'était qu'est ce que le personnage envie de faire c'est sûrement la meilleure idée que ce que j'avais prévu vite fait alors que finalement l'idée de base était quand même un personnage c'était lui qui était le plus solide finalement et où je pouvais le mieux me raccrocher quoi je sais pas si c'est comme ça qu'il a
Speaker 2vécu en fait si parce que ça c'est un peu ça c'est quand on se retrouve face à un problème l'avantagé qu'on se mette dans la tête du personnage pour qu'il le règle et chercher la manière la plus logique et cohérente par laquelle le personnage va là va le régler en fait et est souvent ce cas c'est étrange parce que c'est quand même nos personnages mais une fois qu'on est dans leur tête ils ont des meilleures idées que nous et ça c'est pénible mais pour le coup ils savent que c'est plus c'est assez cohérent dans le sens où c'est leur personnalité qui prend le dessus par rapport à la nôtre et en prenant en compte leur personnalité en prenant en compte leur histoire eh ben ça devient plus évident de trouver la solution au problème alors que quand on reste un petit peu trop en arrière un peu trop comme comme un dieu tout puissant bas c'est le moment où justement on n'arrive plus à trouver la solution au plus il
Speaker 1faut plus être en colloque avec eux que de les regarder dessus c'est ça
Speaker 2Pour leur laisser un petit peu le droit à la parole.
Speaker 1Je suis tout à fait d'accord avec toi. En tout cas, je trouve qu'effectivement, les personnages de tes romans, on sent que. On a beaucoup parlé des univers, en fait. C'est pour ça que je dis ça. On a parlé de l'univers, la magie, etc. Mais en fait, dans ces univers-là, tu arrives à créer des personnages qui sont tout intercalés avec cet univers autour d'eux et qui pourtant ont une personnalité forte et qu'on a envie de suivre, etc. Je pense à Gris, notamment, parce que. Petite référence. Mais il y en a plein. J'avais une petite question univers aussi parce que je pense qu'il y a des personnes qui nous écoutent qui construisent des univers. On en a parlé. En plus, toi, justement, tu aimes le world building. Et le petit risque, quand on en est là, à cette étape-là, et qu'on n'a pas encore écrit de roman, c'est qu'on peut adorer le world building et poursuivre le world building et ne jamais écrire le roman en question. Est-ce que ça t'est arrivé?
Speaker 2Oui. Ça m'est déjà arrivé de passer beaucoup trop de temps dans le world building et de, du coup, pas savoir quoi écrire dedans. C'est la meilleure manière de le bloquer. L'autre est temps de commencer par raconter le world building dans une histoire et, en fait, même si nous, on trouve ça super intéressant, il faut partir du principe que les lecteurs n'ont aucune envie de lire un manuel d'histoire-géographie. Ça ne les intéresse pas. Ça ne les intéressera jamais. Sauf s'ils ont déjà un attachement pour l'univers. Mais cet attachement pour l'univers ne peut arriver qu'à travers les personnages. Donc, dans tous les cas, même si on s'éclate avec le world building, et je suis le premier à le faire, il faut s'éclater au moins autant avec les personnages parce que c'est ça qui va être le cœur de l'histoire. C'est les personnages et comment ils vont évoluer dans le world building. Et on a tendance à vouloir trop en dire sur le world building. Et c'est le gros piège. C'est-à-dire qu'on a écrit, on a créé tellement de trucs super intéressants sur les cycles de la Lune qui font les marées, les bateaux, le commerce des épices à travers tel ou tel truc, les spécificités de tel sortilège magique, de l'université de Jostruc. C'est super intéressant pour nous, ça ne l'est pas du tout pour les autres. Donc, si on peut glisser des petites infos pour montrer qu'on y réfléchit par-ci, par-là dans le texte, c'est très bien. Mais c'est quelque chose qui, si ça ne sert pas l'histoire, on ne doit pas le mettre. En fait, moi, c'est un peu mes règles de base pour quasiment toutes les phrases que j'écris. C'est si ça sert ni le texte, ni les personnages, ni l'ambiance, ça dégage. En fait, il faut qu'il y ait. Ça dépend de ce qu'on veut faire, mais généralement, on veut soit donner une impression du personnage, soit on veut donner une ambiance à la scène en question, une ambiance triste, rigolote, romantique, etc. Et où on veut faire avancer l'histoire. C'est les trois choses principales qu'on va faire dans un roman. Si on écrit quelque chose qui n'aide pas à ça, qui ne fait pas avancer l'histoire, qui ne servira à rien dans l'histoire, qui n'amène pas quelque chose dans l'ambiance, en mode, bah ouais, en fait, on peut dire des choses genre la bouffe locale, c'est un ragoût de mouton lésé au miel, machin, truc. Techniquement, on s'en fout, sauf que si c'est dans une scène d'auberge où, justement, l'idée, c'est de montrer que les personnages peuvent enfin souffler, peuvent se reposer, apprennent à se comprendre, etc., avoir une description de la bouffe locale, et bah là, c'est intéressant. Alors que, simplement dire, bah, ils passent dans un village, ils s'y arrêtent pas, ils traversent, mais on passe le temps de dire que le clocher a été construit en 1454, et que la tradition locale, c'est d'aller ramasser les champignons au pied de l'église, désolé, mais ça, on s'en fout. Ça ne nette pas l'histoire, ça ne nette pas les personnages, ça ne nette pas l'ambiance, ça doit partir.
Speaker 1En tant qu'autrice à qui on dit que j'écris des bonnes scènes avec de la nourriture, je suis tout à fait d'accord avec ce conseil-là, et moi, pour le coup, la nourriture, c'était, je t'explique l'univers au travers des plats que les gens mangent, ce qui peut être totalement le cas, mais, comme tu dis, avec parcimonie, parce que la priorité, c'est cette histoire et l'atmosphère qu'on va avoir. Et c'est intéressant ce que tu dis, parce qu'effectivement, je pense que c'est quelque chose que les auteurs honneurs peuvent avoir du mal à doser, c'est-à-dire qu'ils pressentent ce que tu viens de dire, mais dans les faits, est-ce que c'est intéressant ce que j'écris? Et je trouve qu'effectivement, de dire est-ce que l'histoire avance, déjà, c'est un bon indicateur, ou sinon, est-ce que tu poses cette fameuse ambiance qu'on vient de dire, quoi? Et ça, c'est intéressant, parce que les émotions qu'on va donner dans ce cas-là vont permettre d'intégrer aussi les infos sur l'univers. C'est un peu comme quand tu parlais de l'univers qui ne peut pas disparaître et le roman resterait le même. Ben là, si cette scène peut disparaître et que le roman reste le même, c'est qu'il y a peut-être un petit problème. C'est ça. Justement, on a parlé des cycles de la Lune, de. Je ne sais plus ce que c'était l'autre truc, les champignons, etc. Toi, tu as une formation scientifique. Et je trouve que c'est un merveilleux bagage pour se lancer dans l'écriture, parce que j'en ai une aussi. Mais que ça peut aussi nous mettre un peu des bâtons dans les roues, parfois. Je ne sais pas si tu es d'accord avec ça. Est-ce que ça t'a influencé ou désinfluencé pour écrire?
Speaker 2Oui, complètement. C'est un des premiers trucs qu'on m'a dit, c'est que j'avais une écriture un peu scientifique, ce qui est assez vrai. Moi, je le prends comme un compliment, perso. Dans le sens où j'aime bien expliquer les choses. C'est-à-dire que mon pire ennemi, quand j'écris un univers, une histoire, etc., c'est le « ta gueule, c'est magique ». C'est un truc que je ne peux pas. C'est un truc que je ne peux pas blairer. Et donc, j'ai tendance à beaucoup utiliser l'explication, la logique, la cohérence. Le fait qu'en fait, même si on est dans un univers imaginaire, on va faire tout ce qu'on veut en claquant des doigts, il faut qu'il y ait une logique derrière. Il faut qu'il y ait une cohérence, il faut qu'il y ait une histoire. Il y a plein de choses qui ont pour origine la science dans mon écriture, dans le sens où je construis mes univers de manière écologique, je construis mes peuples de manière écologique, de manière ethnologique. Je vais réfléchir à l'économie, je vais réfléchir à l'avancée scientifique du moment, je vais réfléchir aux lois naturelles et comment la magie va potentiellement les violer. C'est ce genre de choses qui va m'intéresser. Et donc, réfléchir beaucoup et pouvoir tout expliquer, c'est le meilleur moyen pour moi de ne pas tomber dans la facilité. Il a juste utilisé la magie et ça va mieux après. Non, c'est trop facile.
Speaker 1J'ai une pensée pour une amie autrice qui s'appelle Élodie Boucher, qui est prof de maths et qui arrive à te décrire la magie. En version maths, avec ses règles du jeu que tu dois respecter, mais par contre tu peux faire tout ce que tu veux avec.
Speaker 2C'est le principe d'une bonne. La bonne scène de magie, c'est qu'il doit y avoir des règles strictes et surtout des limites. Parce que si on peut tout faire en claquant des doigts, il n'y a pas d'histoire. Parce qu'on pourrait détruire les problèmes facilement.
Speaker 1C'est ce que j'allais dire. Je trouve que ce côté logique-là est hyper important. Peut-être que le côté scientifique aide à l'avoir. Mais si on commence d'un coup à contredire nos propres règles ou à trouver des exceptions dans tous les sens, je pense que le lecteur peut se sentir un peu flou. Parce que du coup, on pensait pas possible ce genre de choses, puis en fait, ah bah tiens, c'est magique. Ou quantique, j'insiste. Et est-ce que. Parce que j'ai quand même orienté un peu ça en te demandant si ça t'avait désinfluencé. Est-ce qu'il y a des choses qui t'ont embêté avec le fait d'avoir cette formation scientifique? Alors, parfois, on parle de ça sur le côté un peu « ai-je le droit d'écrire, moi qui ai fait des études scientifiques? » Mais je trouve qu'il n'y a pas que ça. On peut aussi se laisser avoir par un peu ce côté « bah oui, là, tout est logique » et tu vois, perdre un peu le côté créatif. Je sais pas si tu ressens ça.
Speaker 2Moi, j'avoue que j'ai fait des. Enfin, mon bagage scientifique, c'est de l'écologie, c'est-à-dire que c'est considéré comme un assemblage un peu de briques et de brocs de plein d'autres sciences, de plein de morceaux d'autres sciences vachement plus sérieuses. C'est-à-dire que l'écologie, c'est un mélange de biologie, d'économie, de psychologie, de génétique, de plein de. En fait, on prend tout ce qui nous intéresse dans certains éléments de la science, pour construire une science de la nature du vivant, une science des interactions qu'il y a entre les univers et les espèces qui les habitent, etc. Donc, c'est quelque chose que j'ai l'habitude de faire, c'est-à-dire piocher ce qui m'intéresse et laisser de côté ce qui est chiant. Et je sais que ma formation scientifique m'a aidé à faire ça, en fait, c'est-à-dire à avoir à la fois une sorte de rigueur scientifique dans la manière dont j'exploite mes idées et, d'un autre côté, ne pas m'ultraveiller et ne pas m'ultra-spécialiser dans une pensée, dans une manière de fonctionner. Généralement, la différence avec beaucoup de scientifiques, c'est que les scientifiques qui se spécialisent en médecine, en physique, en chimie, etc., ils ont généralement une spécialisation extrêmement pointue. L'écologie, au contraire, c'est une spécialisation qui est très large. On est censé pouvoir à la fois étudier, comprendre les dynamiques qu'il y a dans le Sahara ou au plus profond des abysses, et c'est plus ou moins les mêmes concepts. Donc, c'est quelque chose qui, je pense, m'a aidé parce que ça m'a permis d'être un peu le jack of all trades, c'est-à-dire je touche un peu à tout, mais je ne maîtrise rien à fond.
Speaker 1Je comprends peut-être un petit peu mieux, du coup, la cohérence des univers. Super, effectivement, toi, tu ne vois pas ça comme un frein. Je parlais du côté création. Je pense que souvent, quand on a. Moi, j'ai vécu ça en mode « bon, ben, t'es scientifique, donc en fait, tout est logique, tout suit une logique ». Et, effectivement, non. Par exemple, le monde de l'édition ne suit pas forcément toujours des logiques. La créativité, l'inspiration non plus, quoi.
Speaker 2Oui, alors ça, c'est vrai qu'il y a des choses qui sont. Je pense que si, c'est juste que chacun a sa logique. C'est ça qui est problématique, surtout. C'est que, contrairement à la science, c'est pas quelque chose où on peut faire des expériences et faire des pourcentages pour qui ça marche, pour qui ça ne marche pas. C'est pas gérable. Le principe de l'écriture, c'est que chacun a son écriture et personnelle. C'est pour ça que j'ai tendance à dire que mon premier conseil que je donne aux jeunes auteurs, c'est de ne pas écouter les conseils des auteurs, parce que, de manière générale, la manière d'écrire est quelque chose d'extraordinaire. unique personnel intime et ce qui peut marcher en écoutant les conseils de tel ou tel auteur ce qui peut marcher tant mieux mettez le en oeuvre si ça marche pas laisser tomber c'est pas grave on s'en fout c'est juste ça marche pas pour vous en fait il ya une manière de fonctionner qui est chacun à sa manière de fonctionner et on peut je pense qu'on peut trouver les bons rituels les bons les bonnes situations qui permettent de produire davantage de d'invention d'écriture là on est plus efficace pour pour cracher du cygne les bons on est plus efficace pour trouver une super bonne idée ou pour inventer un personnage ça c'est facile c'est quand on est en voiture ou sous la douche parce qu'on peut pas noter généralement c'est comme ça que ça marche mais la plupart du temps il ya aussi des éléments il ya des petits rituels en fait c'est qu'ils sont super pratique c'est ritualiser se rendre compte qu'il ya des éléments qui sont super pratiques c'est ritualiser se rendre compte qu'il ya des éléments qui sont super pratiques c'est ritualiser se rendre compte qu'il ya des éléments qui sont super pratiques c'est ritualiser se rendre compte de quand on est en train d'écrire et que ça marche bien il faut regarder autour de soi en fait il faut se dire attends là j'écris bien qu'est ce qui fait que j'écris bien est ce que j'ai bien dormi est ce que j'ai bien mangé est ce qu'on est le matin le soir la nuit le midi est ce que il fait est ce qu'il fait chaud est ce que j'ai froid est ce que il ya de la musique est ce qu'il ya pas de musique est ce que j'ai du café ce que j'ai du thé généralement c'est tout bête mais en fait se rendre compte conscientiser que au l'âge là j'écris vachement bien regarder autour de soi et se dire ok c'est dans ces circonstances là que j'écris vachement bien peut-être que si j'ai reproduit ça marcherait et ça permet de ritualiser l'écriture ça peut aider ça marche pas tous les coups mais ça peut aider ça peut
Speaker 1aider je crois à créer le flot un peu vraiment les conditions un peu où on va se laisser porter par notre histoire et où il n'y a pas des trucs qui viennent nous nous turlupiner exactement alors c'était un très très bon conseil partage complètement mais est-ce que tu en aurais un autre que tu donnerais un auteur fictif pour qu'ils persévèrent et qui lâche pas et admettons que cet auteur s'appelle thomas petite
Speaker 2jo alors la personne c'est un truc c'est quelque chose que j'ai dû apprendre sur le tas parce que personnellement je suis pas très patient comme personne la patience a jamais été mon truc attendre le lendemain de noël pour les cadeaux par exemple ça m'a toujours gonflé mais j'ai toujours fait voilà mais c'est un truc que j'ai été forcé d'apprendre parce que malheureusement dans le monde de l'édition tout est très très très lent il faut attendre généralement qu'on a fini un roman le temps qui entre l'on il est fini et moment il est corrigé puis imprimé puis distribué puis il arrive dans les mains des gens il ya un bon minimum de six mois et généralement moi ce moment là je suis déjà passé à autre chose donc c'est le moment où je suis en mode à vous êtes en train de lire ça oui bon c'est million mais moi je suis sûr déjà sur autre chose et donc le problème c'est que on n'a pas de de bons moments en fait en fait ce qui serait idéal c'est au monde a terminé le roman les gens pourraient le lire tout de suite ce serait super chouette ça n'arrive jamais donc en fait c'est un truc il va falloir qu'il faut apprendre à ravaler et comprendre que pour que le roman est sa meilleure vie le meilleur temps etc il faut prendre du temps et c'est un truc qui s'applique sur tout aussi bien les sur l'édition que sur l'écriture en tant que tel en fait ça prend un temps monstrueux d'écrire un livre on n'a pas tous ces mêmes rythmes et là c'est ça se compte en moi il y en a ça se compte en année voilà chacun son rythme au niveau là il n'y a pas de jugement là dessus c'est juste que dans tous les cas c'est pas dix minutes c'est long ça prend du temps et c'est ok que ça prenne du temps parce qu'il ya des fois où on va passer deux semaines et à écrire à gratter à gratter à gratter et en fait on va rien faire pendant trois semaines et après au bout de trois semaines avoir la super idée qui va rendre le bouquin encore meilleur et c'est les trois semaines de temps qui ont servi à amener cette idée donc faut être capable de se montrer patient faut être capable de se donner des pauses et faut être capable de jeu et franchement de ne pas s'imposer des choses trop souvent en fait c'est à dire que dans mon cas on est quand moi je suis auteur à plein temps j'ai besoin d'une discipline tu obligé de me discipliner un minimum pour écrire des vaux j'ai pas envie j'écris quand même quand on n'a pas cette ce devoir on va dire parce que sinon moi je bouffe pas quand on a un autre métier à côté quand on est capable de vivre tout à fait correctement sans écrire il faut être capable de se permettre des pauses il faut être capable de s'autoriser plein de pause et que si on n'a pas envie c'est pas la peine de se forcer parce que rien de surtout quand on sait pas notre métier principal et un de bons qui sortira de d'une écriture forcée je veux
Speaker 1ça un très très bon mot de la fin je vois si les pauses d'ailleurs on a pas trop parlé mais moi les pauses me permettent même de savoir quelle histoire je voulais écrire souvent ça arrive très très tard ça et c'est toutes les pauses toute la réflexion qu'on a autour du roman qui vont le donner je passe tu partages ça complètement
Speaker 2moi c'est soit une fois que j'ai fini le bouquin que j'ai rendu je me rends compte en fait c'est ça je voulais dire j'ai annoncé après coup soit c'est même des gens et en fait c'est évident quand même le disent ah bah oui complètement c'est clairement le message que j'avais mis dedans sauf que j'aurais jamais réussi à le conscientiser à mettre des mots dessus mais c'est évident une fois que c'est sorti
Speaker 1c'est ça exactement ça me fait penser à Célia Flo que j'avais eu dans le podcast aussi qui avait publié porcelam et qui après longtemps après le publier se dit en fait c'était la montagne il gravisse une montagne en fait dans le roman elle dit c'était un peu la montagne de l'écriture cette histoire et là vraiment très longtemps après moi je suis contente que tu partages ça ça va on est pas fous merci en tout cas Adrien pour tous ces conseils on mettra le lien vers le sang et la mer et tes autres livres dans la description du podcast merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout s'il t'a plu tu peux me laisser une note sur apple podcast ou spotify ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast et si tu souhaites me poser une question sur l'écriture me donner ton avis sur l'épisode ou juste écrire avec la communauté j'écris un roman rejoins nous sur j'écris un roman.eu/hello à la semaine prochaine Sous-titrage Société Radio-Canada