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#236 - "Affronter l'incertitude" avec Matthieu Langlois, ancien médecin chef du RAID et conférencier

78m 12s

#236 - "Affronter l'incertitude" avec Matthieu Langlois, ancien médecin chef du RAID et conférencier

Dans cet entretien, Mathieu, médecin du RAID, revient sur son expérience lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan. Il insiste sur l'importance de la préparation mentale et émotionnelle pour éviter la sidération, un état de protection du cerveau qui empêche d'agir. Il décrit la notion de "page blanche" : accepter que la crise nous dépasse au départ, observer la situation globalement, puis prioriser les actions. Cette phase, bien que courte grâce à l'entraînement, est cruciale pour passer de l'émotion à l'action de manière efficace. Il explique que l'improvisation n'existe pas ; il s'agit plutôt d'adaptation et d'agilité, en s'appuyant sur des outils maîtrisés et une confiance collective. Mathieu souligne que les crises, qu'elles soient terroristes, sanitaires (comme le Covid) ou entrepreneuriales, révèlent que les facteurs humains internes – la communication, la confiance, le leadership – sont souvent plus destructeurs que les menaces externes. Le leadership, dit-il, n'est pas un statut mais une fonction, et il émerge souvent du terrain. Il aborde aussi le recrutement au RAID, basé sur des qualités humaines et l'authenticité, et l'importance de partager les décisions professionnelles majeures avec sa famille. Enfin, il partage sa vision de l'échec, qu'il considère comme une source de force, et critique la passivité et les phrases comme "c'est pas ma faute". Il termine en exprimant sa confiance dans la jeunesse et en recommandant des livres qui illustrent la transposition de ses enseignements au monde de l'entreprise.

Transcription

10283 Words, 56771 Characters

French
Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 En fait, vous savez que vous-même, vous allez. vous allez être un peu sous le choc et donc c'est pour ça que je serais assez reconnaissante si vous pourriez nous parler de comment ça s'est passé cette fameuse nuit du bataille à pleurs, alors je sais que vous en parlez énormément dans votre livre médecin du rêve, vivre en état d'urgence vous faites vraiment le récit des conditions d'intervention de ces médecins qui opèrent en situation de crise et là c'en était plus qu'une mais est-ce que vous pourriez faire ici le récit de ce qui se passe pour vous en tant que médecin concrètement comment est-ce que ça démarre et puis finalement c'est quoi les actions qui arrivent au titre émotionnel aussi ça m'intéresse. Oui parce que que ce soit dans le livre ou par rapport à ce que vous venez de dire justement moi ce qui m'intéressait c'était surtout pas de décrire l'aspect très technique du métier de médecin ou de secouriste je pense que ça c'est très particulier c'est pas forcément ce qui est intéressant en revanche raconter comment humainement on a fait face à cette situation en acceptant en acceptant ces émotions alors le terme de choc peut-être qu'il est pas forcément totalement approprié c'est-à-dire que justement nous l'obligation qu'on a mais par la préparation c'est de ne pas tomber dans la sidération par rapport à des événements aussi dramatiques soient-ils toute la préparation et dans la préparation il y a aussi ce qu'on est au fond de soi c'est-à-dire qu'on a aussi des qualités il y a des qualités unées et puis il y a des qualités acquises qui s'entretiennent mais justement l'intérêt il est de passer de l'émotion à l'action de façon quasi automatique sans être dans le déni par rapport à ses émotions mais surtout pas tomber dans la sidération parce que la sidération après c'est compliqué une fois que vous êtes en état de sidération l'assidération c'est une protection du cerveau et une fois que vous êtes dans cet état là c'est très compliqué alors par soi même c'est impossible il faut qu'il y ait d'autres personnes qui vous aident justement à vous remettre dans l'action pour être performant, or nous l'intérêt c'est justement qu'on soit ces personnes là qui soient capables d'emmener les autres malgré toute cette agression et toutes ces émotions et c'est ce qui s'est passé et c'est ce qui s'est passé le 13 novembre au soir et c'est ce que je raconte bien au delà de l'aspect technique, est-ce qu'on mettait les garrots ou pas ça c'est entre guillemets c'est pas ce qui moi me paraît intéressant Mais donc vous à titre personnel quand vous arrivez sur place donc j'imagine que vous étiez quand même un peu au courant de, enfin je me rends pas compte d'ailleurs mais vous étiez un peu au courant de ce qui se passait donc vous saviez que ça allait être très dur, donc vous vous préparez déjà à ce moment là à ne pas être sidéré? Et qu'est-ce qui se passe ensuite, c'est quoi les émotions quand vous arrivez sur la scène et que vous voyez ce qui se passe? Déjà si on est honnête il faut bien expliquer que on est au départ on sait qu'on part sur des attentats et qui sont multiples avec des blessés, des morts, mais c'est franchement les informations sont très floues parce que on est dans une phase de chaos qui dit chaos dit des informations qui sont totalement folles dans ces moments là qui sont en tout cas imprécises et qui ne nous permettent pas nous de construire la réponse qu'on va mettre en place et donc il y a tout un moment où il faut accepter ce que j'appelle la page blanche c'est à dire que dans la crise par rapport à la réponse à la crise ou à ce qu'on appelle la gestion de crise, on a trop tendance à vouloir être dans on accélère les process, on récite des plans et tout, or il y a un temps initial qui est indispensable c'est ce qu'on appelle la page blanche c'est accepter au départ que la crise est plus forte que nous et d'essayer de la comprendre, d'essayer de comprendre qui est là, qui travaille qui a quelle émotion, qui comment et ensuite on va créer on va développer les bons outils mais si vous le faites dans l'autre sens là encore une fois c'est un risque d'erreur et on le voit on le voit malheureusement sur chaque crise c'est systématiquement le même schéma, c'est à dire qu'on agit on veut on veut que nos plans fonctionnent alors qu'on ne pense même pas à réfléchir, à savoir ce qui se passe réellement et ça c'est un premier temps et c'est aussi dans ce temps là qu'on passe mentalement de l'acceptation des émotions à une action qui va être partagée qui va être efficace, intelligente tout ce qu'on veut et quand vous arrivez sur le terrain et que vous découvrez la réalité quel est le temps nécessaire à cette passe blanche? il est très court parce qu'on s'est extrêmement entraîné, qu'on l'a visualisé, qu'on a anticipé qu'on a de très nombreux outils, quand je parle d'outils c'est qu'on a des process avec nous mais donc il est court parce qu'on est entraîné mais néanmoins il est là et c'est à dire quand on rentre dans le Bataclan la première chose c'est c'est l'observation c'est l'observation et moi j'étais concentré uniquement sur l'observation médicale c'est à dire que je m'occupais pas de, ou très peu de l'aspect sécuritaire la menace, où est-ce que sont les terroristes quel type de d'armes, d'explosifs ils peuvent utiliser parce que là je suis totalement sous l'autorité ou en tout cas en confiance avec tous les membres du RAID qui sont avec nous par contre moi je suis uniquement concentré sur comment on va organiser le sauvetage des victimes sur l'aspect secours, c'est mon rôle mais ça demande aussi une observation, c'est à dire que il ne faut pas tout de suite s'occuper du premier blessé qui était déjà sur le trottoir, donc si on fait ça on a tout perdu c'est ce qu'on apprend en médecine en médecine de catastrophe c'est d'avoir d'abord un point de situation et avoir une vision globale sur la situation pour ensuite pouvoir prioriser des choix mettre en place des tactiques pour être réellement performant et là concrètement alors après j'ai pas envie qu'on révèle des secrets ou des choses que vous ne pourriez pas dire mais concrètement quand vous arrivez sur place vous faites cet état des lieux mentalement ça se passe en équipe vous en discutez, vous avez le temps j'aimerais vraiment qu'on visualise quand on est face à de telles situations où en plus il y a quand même un risque qui pèse très très lourd sur votre propre sécurité malgré le fait que vous ayez confiance dans le reste de l'équipe du RAID du coup comment est-ce qu'on prend des décisions à tête froide alors qu'on est dans l'oeil du cyclone comment ça s'organise c'est tout seul dans votre tête parce que vous êtes très préparé, vous en discutez rapidement, vous vous retirez comment ça se passe concrètement? alors il y a différentes étapes d'abord le passage de la peur à la confiance on va dire il se fait avant l'entrée en tout cas pour moi je parle de mon cas pour moi je sais très bien à quel moment j'ai switché entre une peur qui est indispensable si vous n'avez pas peur à ce moment là c'est qu'il y a un truc dans votre cerveau qui déconne complet et ça c'est très dangereux et c'est très dangereux pour moi et c'est très dangereux pour moi et ces gens là en général dans les sélections RAID on fait tout pour ne pas les recruter donc il faut avoir conscience du danger conscience de tous les stresseurs externes il faut aussi bien connaître ces stresseurs internes parce que c'est souvent les plus dangereux et donc ensuite après passer dans un rôle de leader ou un rôle d'acteur et ça il faut le faire en tout cas pour ma part je pense qu'il faut le faire avant dans cette phase de page blanche si on schématise et après une fois qu'on est dans l'action là il faut plus poser de questions il faut évidemment bien connaître et bien maîtriser tous les outils qu'on a travaillé donc ça ne s'improvise pas tout le monde comprendra bien qu'on a été efficace parce qu'on avait énormément travaillé en amont et puis après c'est une vraie coordination c'est pas seul c'est pas seul où on décide tiens j'ai une bonne intuition je vais prendre telle décision non c'est un vrai travail de coordination entre tous les acteurs certains qu'on connait donc ça c'était le cas pour le RAID et ce qui a été pour moi une vraie nouveauté que j'avais probablement pas pas identifié à ce point c'est qu'on allait évidemment s'appuyer sur tout un tas d'autres personnes qu'on ne connaissait pas qui nous connaissaient pas et ça a super bien fonctionné grâce à grâce à des outils humains et ça on peut développer pendant des heures mais moi je me souviens très bien de la tête de policier de la BAC ou du commissariat évidemment je n'imaginais jamais me retrouver dans ce genre de situation avec eux et je me suis dit je vais pas me faire enlever la tête de policier et ensemble on a réussi à faire à faire vraiment un travail formidable c'est un travail qui est très important c'est-à-dire à évacuer l'ensemble de la fosse avant l'assaut au premier étage. Est-ce que, Mathieu, dans ce genre de cas, l'improvisation, ça existe? Est-ce qu'on est obligé d'improviser? Ou est-ce que finalement, tout ce que vous nous décrivez, c'est issu de tout ce travail de préparation qui a eu lieu pendant des années et des années auparavant, qui fait que le jour où ça arrive, vous ne savez pas exactement ce qui va se passer, il y a la page blanche, mais en fait, vous êtes méga préparé, et globalement, vous savez ce que vous avez à faire. Alors, l'objectif, moi, dès le début, quasiment, dès qu'on rentre, l'objectif, je le connais. Depuis 2012, on avait développé une doctrine pour ça, c'est-à-dire, en gros, on parle d'une zone de danger extrême, et l'objectif pour nous, pour les médecins, c'était d'évacuer au plus vite tous les blessés, qui étaient pris au piège de cette menace, quelle qu'elle soit. Donc, l'objectif, il était très simple et très clair, et ça, clairement, il n'y avait pas de plan B. Après, comment on allait y arriver? Alors, il n'y a pas d'impro, mais il y a beaucoup d'agilité et d'adaptation, c'est-à-dire que l'impro, ça donnerait l'idée que c'est aux doigts mouillés, on va bien voir ce qui marche, ce qui ne marche pas. Ce n'est pas ça. C'est-à-dire que c'est une adaptation, parce qu'on maîtrise énormément de process et d'outils, qu'on a eu surtout une confiance collective qui fait que ce sera plus de l'intuition qui va nous guider et de l'audace qui va nous permettre de. Moi, j'aime beaucoup parler de transformation dans l'urgence, c'est-à-dire que, grosso modo, si on arrive avec un cadre hyper rigide, avec des plans hyper rigides, ça ne marchera pas. À l'inverse, si on arrive avec rien du tout, ça ne marchera pas non plus. Et donc, en fait, le truc, c'est d'arriver avec, oui, des plans, mais des plans qui sont simples, qui sont plus tout un panel d'outils qu'on va pouvoir pluguer et adapter en fonction de la situation. Et ça, dans l'entreprise, évidemment, il y a énormément de similitudes, alors qu'un plan, un énorme plan, beaucoup plus complexe qu'on ne voudrait, finalement, on voit bien, sur chaque crise, c'est hyper révélateur, c'est le plan qui se fracasse en premier. Et donc là, soit. On en revient. Là, il y a deux solutions. Pardon, à cette première phrase, à cette histoire de simplification. En gestion de crise, il n'y a pas le choix, de toute façon. Oui, mais il faudrait en être capable à chaque fois. C'est ce qui est compliqué, parfois. Mais moi, je crois beaucoup à la simplification. J'ai connu aussi, évidemment, malheureusement, la crise Covid, on voit bien que les solutions qui ont apporté, qui étaient efficaces au départ, au début, c'était souvent des choses très simples, qui n'étaient pas forcément prévues dans tous les plans, qui étaient assez audacieux et qui venaient souvent de l'opérationnel, c'est-à-dire de la base, de soignants dans des petits hôpitaux, dans des petits centres de secours et qu'on a mis en place, qu'on a essayé d'innover, de trouver. On a trouvé comment ils pouvaient s'adapter à une situation qui, de toute façon, au départ, les dépassait. Vous auriez un exemple de ça? J'en ai plein, mais alors que les plans de pandémie, ils existaient. Ils existaient. Personne ne les a ouverts, mais ils existaient. Alors, je ne dis personne parce que j'exagère. J'aime bien provoquer, mais oui, j'ai des exemples. Il y a le SAMU 92, par exemple, a mis en place des bus pour faire, en fait, une ambulance qui puisse être capable de transporter, non pas un seul malade, mais jusqu'à quatre malades graves de réanimation en même temps. À la pitié, on avait développé aussi ce qu'on a appelé une cellule dynamo pour faire des transferts en utilisant les ambulances privées. Dans l'Est, il y a eu aussi plein d'initiatives. Il y a eu énormément d'initiatives locales de gens de terrain qui ont apporté des innovations, qui ont apporté, à chacune à leur échelle, finalement, de très belles solutions qui ont finalement permis à la fois de limiter la surcharge hospitalière, de mieux organiser des transferts. Et à chaque fois, si on prend la liste, on retrouve les mêmes outils. Et dans l'outil, il y a évidemment la simplification. Vous faisiez un parallèle tout à l'heure. Entre cette gestion de crise complètement extraordinaire, dans le cas du Bataclan, d'une attaque terroriste ou du Covid, d'une pandémie à l'échelle mondiale. Donc, la gestion de crise vraiment au sens propre du terme et le monde de l'entreprise. Et aujourd'hui, vous donnez d'ailleurs beaucoup de conférences et vous expliquez beaucoup les liens entre le monde de l'entreprise et votre monde initial, le monde médical. Est-ce que vous pourriez me dire, finalement, pour vous, quels sont les. les parallèles les plus forts ou quels sont peut-être les enseignements, les conseils les plus marquants qu'un entrepreneur ou qu'un manager pourrait retirer de cette gestion de crise au sens propre du terme? C'est ce que je m'efforce à faire, c'est-à-dire montrer que la crise, ce n'est pas uniquement celle qu'on peut voir dans les chaînes d'information continues où il y a une émotion, où il y a une émotion, une émotion nationale, collective, qui fait que tout le monde s'identifie à ce qu'est une crise dite médiatique ou de haute intensité. La crise, c'est quelque chose que chaque organisation, que individuellement, même au sein d'une famille, on peut vivre. C'est une agression, c'est une agression qui. C'est un environnement qui s'est transformé, qui nous agresse et sur lequel, au départ, on va être en difficulté avec, je vous l'ai dit tout à l'heure, c'est-à-dire il y a ce qu'on peut qualifier d'agent agresseur externe ou de stresseur externe, et puis il y a tout ce qui va être interne. Et ce que j'aime raconter, et ce que j'aime transmettre dans l'entreprise, c'est qu'on travaille trop sur essayer de mettre des pare-feux sur ce qui nous vient de l'extérieur, c'est-à-dire la prévention ou la maîtrise du risque qui nous. prend énormément de temps et d'énergie. Or, on voit sur la plupart des situations, et j'ai plein d'exemples, alors le mot crise n'est pas forcément le plus adapté à ce moment-là, mais tout un tas d'événements graves, en fait, finalement, ce qui est le plus destructeur vient de l'intérieur, de l'intérieur de la structure, de l'organisation, de la communication entre les personnes, et là, on peut en citer. Enfin, il y en a énormément, mais c'est sur ces. Ça vous embête, Mathieu, de me donner un. Juste pour qu'on visualise bien et qu'on comprenne bien, si vous avez un exemple, pareil, sans dévoiler. Mais que, alors que j'ai. Sans dévoilable, si. Mais un exemple que, pour moi, que j'ai vécu, ben, moi, j'ai vécu. Alors, je ne vais pas rentrer dans trop de détails, mais j'ai vécu des drames au bloc opératoire, par exemple, des complications, où on sait bien. Alors, déjà, sur ce qui entraîne l'accident, c'est un ensemble d'événements qui sont souvent liés à l'humain et non pas au process, à ce qu'on va appeler. Enfin, tout ce qui va être la prévention des risques. Finalement, on voit bien que c'est l'humain qui est la clé de tout. Et ensuite, comment l'équipe va se comporter, comment elle va être performante alors qu'il y a une situation qui est très agressante, parce que c'est la réalité. Eh ben, on voit bien que ce n'est finalement pas tellement ce qui vient de l'extérieur qui va nous impacter fort et qui va avoir des grosses conséquences, c'est ce qui va devenir de l'intérieur. C'est comment on va se faire confiance, ou au contraire, comment on va se déchirer, comment on va mal accepter les erreurs ou les échecs, comment il y aura une fuite en termes de responsabilité. Alors, je sais que c'est des choses que vous reprenez régulièrement dans vos podcasts, mais ça, c'est très, très vrai. Et à chaque fois, pour moi, tout est dans ce qu'on va appeler les facteurs humains internes, et c'est ça qu'il faut travailler. Et c'est ça que j'essaye maintenant de partager, parce que j'ai fait évidemment plein d'erreurs. Il n'y a pas de vérité, entre guillemets. C'est un sujet qui est très, très important. C'est un sujet qui est tellement complexe et qui repose sur l'humain. Donc, celui qui pense qu'il a la méthode infaillible, il se plante complet. Et pour vous, même une entreprise, entre guillemets, lambda, d'une taille moyenne, allez, mettons, une centaine de personnes, a pas le devoir, parce qu'on n'a pas le devoir, mais aurait intérêt, en fait, à se préparer, justement, à gérer mieux ces facteurs humains quand il y a une crise, parce qu'en fait, des crises, il y en a tout le temps et qu'elles peuvent être à petite échelle. parce que je vous pose cette question parce qu'il y a peut-être des personnes qui nous écoutent qui disent ok c'est très bien Pauline et Mathieu ce que vous nous racontez mais en fait moi j'ai pas toute la journée en tant que chef d'entreprise ou que manager des crises de cette ampleur à gérer et donc en quoi est-ce que ça me sert est-ce que ça me rajouterait pas juste du boulot cette histoire et ben faut le faut le mettre à l'épreuve c'est à dire qu'il faut créer des exercices qui vont servir de révélateur et ça c'est assez parlant c'est à dire que quand vous mettez un collectif et que vous le mettez sur forme pédagogique mais que vous le mettez vous créez justement des situations d'agression vous voyez comment finalement le collectif va se comporter, comment le chef va se comporter, comment on va pouvoir ou pas faire émerger des leaders comment d'un côté on va on risque de verticaliser ou au contraire on va être plus dans une délégation dans une simplification et dans s'appuyer pour un chef s'appuyer sur des leaders de terrain qui leur a probablement pas identifié avant et ça c'est vachement intéressant et ça c'est je pense que malheureusement il n'y a rien de plus parlant que soit reprendre des situations passées et de faire une vraie analyse qu'on peut appeler les retours d'expérience ou les rétex ou les rex soit créer des situations c'est créer en fait des exercices dits de crise et voir comment les équipes réagissent et là dès le départ il faut avant de faire l'exercice il faut déjà dire attention c'est un exercice le but c'est pas de vérifier tout ce qui va bien c'est de voir justement comment avec honnêteté on va se comporter et puis ensuite il faut lier à ça l'obligation de chercher des améliorations collectives et si vous mettez ça en place j'ai quand même maintenant un peu d'expérience évidemment que tout le monde y voit un bénéfice après c'est oui c'est ça prendre ça peut prendre un peu de temps mais finalement c'est peu d'énergie quand on voit l'énergie dépensée pour faire parfois de la planification de risque ou à chaque fois on va passer à côté de finalement le risque qui va nous faire exploser je pense qu'il peut y avoir du temps consacré à une préparation humaine des équipes pour être justement sur un modèle plus agile plus qui est capable de simplifier qui est capable de déléguer d'être moins vertical si je prends les situations très stressantes on voit malheureusement on a tous tendance à verticaliser à accélérer et à se replier sur soi le chef devient le leader et prend les décisions et ça c'est un modèle évidemment que de temps en temps un chef il faut qu'il soit un vrai chef mais moi ce que j'ai toujours vécu que ce soit dans les services de secours en médecine d'urgence ou au RAID j'ai vécu des situations vraiment très stressantes et moi j'ai jamais adhéré à une verticalisation des ordres si l'ordre, si la personne n'a aucune légitimité, aucune authenticité par rapport au aux actions qu'il va déléguer en période vraiment tendue ça ne marche pas ça va être de l'obéissance mais qui entraînera pas l'adhésion nécessaire pour être capable de on parlait de transformation mutation d'une équipe à haute cinétique ça ça demande autre chose ça demande une vraie confiance une vraie capacité à incarner de c'est ce qu'est un leader qui souvent vient de de la base et qui va lui faire remonter tout le monde et emmener tout le monde vers vers des actions et c'est exactement ce qui s'est passé que ce soit pour dynamo là pour le COVID pour le Bataclan et pour tout un tas d'autres situations oui c'est pas forcément celui qui a été élu ou le chef officiel qui en réalité va faire preuve de plus de leadership dans ces situations de crise quoi il y a différents types de leadership et le leadership des situations de crise il peut et même vous constatez que souvent il vient plutôt du bas quoi en tout cas du terrain ouais ça c'est c'est très c'est compliqué moi j'ai beaucoup échangé avec des chefs d'entreprise c'est vrai que la notion le leader c'est pas un statut c'est une fonction et ça c'est vachement important et au raid on travaillait beaucoup le médecin au raid s'il pense qu'il a un statut ça marchera pas par rapport à l'hôpital c'est à dire que l'hôpital et c'est moi je travaille beaucoup dans les sélections là dessus c'est à dire que quand on quand on met un médecin tu vas être provocateur mais on a quand même des bons égaux il y a une fierté des années d'études bon et c'est vrai que à l'hôpital on a un vrai statut voilà quand on accueille un polytraumatisé quand on est dans une dans un bloc opératoire notre légitimité elle vient beaucoup de notre statut nos diplômes les titres tout ce que vous voulez et les équipes vous confèrent un rôle de leader sur ces statuts et au raid moi j'ai vraiment appris et c'est assez frappant c'est à dire que clairement je vais résumer mais vos diplômes ils s'en foutent complètement et c'est pas ils connaissent pas même non mais ceux-ci se doutent que vous avez des diplômes en me concernant je pense qu'ils avaient des vrais doutes mais je plaisante mais oui ils s'en foutent en tout cas ils vous font très vite comprendre que c'est pas parce que vous avez des diplômes que vous allez faire le job et surtout qu'ils vont vous faire confiance et ça c'est et c'est génial parce que ça vous oblige et pour un médecin ça fait énormément de bien ça vous oblige à trouver un autre moyen pour qu'il vous fasse confiance et c'est quoi ce moyen c'est le résultat et bien c'est pas un c'est plein de moyens mais ce sera sur votre comportement humain et votre comportement dans l'action que au fur et à mesure des événements qu'on va traverser ensemble alors ça peut être c'est beaucoup des exercices mais pas uniquement et c'est à ce moment là qu'ils vont vraiment vous montrer qu'ils ont totalement confiance en vous et vice versa et ce lien de confiance une fois qu'il est là après bon il faut l'entretenir mais ça y est vous êtes admis entre guillemets dans la bulle ça met combien de temps en général vous pourriez nous donner une fourchette? et bien c'est l'intérêt alors c'est très personne dépendant mais c'est pour ça qu'il y a des sélections parce que le problème c'est qu'il faut que il faut que ça soit efficace quasiment dès l'entrée moi je vais vous raconter j'ai un jeune médecin alors qu'il est moins jeune maintenant mais il a signé son contrat le 3 janvier 2015 il était seul avec une équipe à faire tout ce qu'on a suivi c'est à dire la traque des frères Kouachi à intervenir à l'hypercachère et donc il est passé de nouveau arrivant à tout de suite un membre à part entière sur lequel l'équipe avait entièrement confiance parce que moi j'étais sur d'autres missions j'avais une autre équipe et vous imaginez bien qu'on ne peut pas passer notre temps au téléphone en disant mais si attends c'est un bon mec puis si tiens attends je vais t'envoyer son CV et puis si fais lui confiance c'est grotesque or c'est indispensable que le lien de confiance dans cette bulle je parle de cellule autonome il soit ultra solide et donc la sélection la détection on parle dans l'entreprise maintenant de talent détection là ça a tout son sens sauf que pour un médecin finalement le piège c'est que moi je m'étais adapté au fonctionnement du reste c'est à dire que je ne cherchais pas des bons médecins alors évidemment je mesure mes mots c'est à dire évidemment que je cherchais le premier filtre c'était des médecins très compétents sur les hémorragies sur les blessures graves mais bon ça c'était peut-être le premier critère mais après je prenais beaucoup de temps à essayer de trouver des personnes qui humainement avaient toutes les garanties pour que ça se passe bien dès leur admission et là c'est beaucoup plus compliqué en fait c'est clair mais ça permet de gagner ce temps c'est vrai Ouais, et puis surtout, sinon, c'est. c'est malheureusement une prise de risque qu'on ne peut pas avoir pour que ça se passe mal en intervention c'est à dire que s'il n'y a pas une confiance totale entre nous le risque c'est que ça se paye très cher et ça c'est pas on est une trop petite équipe, il n'y a pas de plan B donc il ne faut surtout pas se planter sur le recrutement et comment vous faisiez pour ne pas vous planter sur le recrutement parce que Dieu sait que c'est difficile d'abord c'est pas du 100% malheureusement et puis on passait beaucoup de temps justement à essayer de profiler des bons candidats et puis après le rôle des sélections c'est d'aller chercher justement d'aller pousser aux limites pour voir quelles sont les ressources dans des situations très complexes et la semaine de sélection du RED c'est que ça pendant plus d'une semaine à très haute intensité alors pour les médecins on le faisait beaucoup plus léger parce qu'on ne va pas noyer des médecins dans une piscine par exemple ça coûte trop cher comment est-ce que vous Mathieu vous en êtes arrivé à vous engager pour le RED parce qu'à la base si je ne me trompe pas vous aviez le rêve d'être médecin c'était quelque chose que vous avez eu très petit comment est-ce que tout ça s'est fait médecin ou ouais médecin d'abord médecin très petit médecin c'est des longues études donc on est déjà moi je voulais faire la décision de devenir médecin moi je voulais faire du secours en fait je voulais être gendarme de haute montagne quand j'étais petit c'était mon rêve et donc après j'ai fait médecine puis après dans ma carrière médicale j'ai toujours essayé de faire beaucoup de SAMU de secours voilà et après il y a eu une opportunité mais par le secours le sport pour intégrer le RAID évidemment je connaissais le RAID et le GIGN et comme tout petit garçon alors ça ne me faisait pas rêver en tant que tel mais évidemment c'était des unités que je trouvais intéressantes je savais à peine au début alors quand j'étais médecin je savais qu'il y avait des médecins parce que je les avais croisés sur d'autres opérations mais moi en tant que SAMU ou au bloc opératoire j'avais des copains qui étaient médecins au RAID en particulier donc je savais que ça existait mais voilà c'était pas un fantasme du tout et surtout les bons candidats moi je dis toujours les bons candidats c'est ceux qu'on va chercher c'est pas ceux qui tapent à la porte ça c'est vrai dans l'entreprise mais c'est vrai aussi au RAID donc quand on m'en a parlé d'abord j'ai pris le temps parce que je trouvais que c'était un engagement qui était quand même pas simple et qui était pas simple et qu'il fallait qu'il soit partagé au niveau familial en particulier fallait pas se précipiter on retourne un peu sur la page blanche donc j'ai pris du temps et puis après je me suis engagé mais à ce moment là je me suis engagé à 200% et pour des raisons qui étaient surtout de vivre une aventure humaine et ça j'ai pas été déçu vous disiez c'est intéressant que c'est une décision qui doit se faire de manière partagée avec la famille parce que c'est clair que quand on prend autant de risques et puis aussi j'imagine l'investissement de temps c'est déjà le cas quand on est médecin de base mais disons que là c'est probablement encore bien plus fort est-ce que vous pourriez nous parler de cette conversation je veux pas que ça soit indiscret mais tellement important en fait que les décisions professionnelles de cette ampleur soient partagées dans un couple comment est-ce que ça s'est fait? tout naturellement par des échanges par aussi du respect de l'autre il faut laisser du temps moi je crois beaucoup le temps est un très bon allié alors j'ai divorcé depuis donc c'est un peu parfois compliqué d'en parler mais je pense que mon ex-femme me connaissait très bien je suis pas sûr qu'elle était hyper enthousiaste à l'idée que j'intègre le RAID parce qu'elle savait aussi que j'étais un peu plus elle savait aussi ce que ça voulait dire en termes d'engagement de temps comme vous l'avez dit donc elle était très intelligente et avait bien compris tout ça mais elle savait aussi que j'avais probablement le bon profil et que c'était aussi bien que ça me correspondait et donc elle s'est pas opposée alors après pour l'histoire c'était un peu plus c'était en 2007 c'était pas le même contexte en 2007 qu'en 2016 ou 17 et moi après j'avais essayé je crois que c'était en 2016 donc on était juste après les attentats et je cherchais je passais beaucoup de temps à essayer de profiler des bons candidats et j'avais j'avais trouvé on va dire une perle rare et j'avais trouvé alors j'en ai trouvé plusieurs mais là c'était une vraie perle rare qui avait mais il cochait toutes les cases et je lui avais dit on avait pris plusieurs fois enfin on avait pris un café ensemble et je lui avais dit attention il faut vraiment que il y ait une adhésion familiale et malheureusement enfin je dis malheureusement mais il a fait le bon choix il a été honnête il en a parlé il venait d'être jeune papa on était encore ensemble encore une fois après les attentats et sa femme je ne suis pas rentré dans les détails mais je sais que entre guillemets son projet personnel a été imprimé sur son projet professionnel et il a fait un bon choix parce que sinon ça ne peut pas marcher si vous n'êtes pas 100% disponible et qu'il y a une angoisse qui est en plus partagée par la famille voire augmentée parce que ce sera la réalité de ce qu'il y a de plus en plus sur le terrain et je pense qu'il y a des choses qui vont se passer et il y a de plus en plus de choses qui vont se passer et je pense qu'il y a de plus en plus de choses qui vont se passer parce qu'il y a des choses qui vont se passer parce qu'il y a de plus en plus de choses qui vont se passer voilà après ça c'est il faut que ce soit un projet à la fois personnel professionnel mais évidemment avec une adhésion de votre entourage propre parce que vous en aurez forcément besoin et si il y a enfin c'est pas un conflit mais parce que les émotions il faut les partager parce que les craintes il faut les partager parce que voilà et ça c'est compliqué je trouve ça intéressant qu'on en parle parce que même si c'est évidemment à une autre échelle quand on est entrepreneur de la même manière on a besoin du soutien de l'entourage et en particulier du conjoint et c'est vrai que je pense qu'il y a pas mal de personnes qui quand ils ont un rêve ou une envie forcent un peu les choses et là si j'entends bien ce que vous nous dites c'est que bon bah après il faut faire des choix et ça peut mettre en péril le couple mais disons que le fait d'être soit dans le déni soit de ne pas rendre en parler soit de forcer les choses se retourne en général contre nous quoi ouais mais c'est aussi pour ça je pense qu'il faut laisser du temps parce que le temps ça permet de convaincre sans tricher c'est-à-dire en étant authentique en étant soi-même ça c'est indispensable et montrer à l'autre ou aux autres parce que c'est et au sein d'une équipe ou d'une entreprise c'est une équipe il faut être authentique il faut pas essayer de tricher et d'essayer de voir comment on va éviter ou éluder les problèmes et se cacher derrière quoi que ce soit parce que là on se plante avec les tensions du monde moderne plus à mon avis plus on trichera au départ plus on le paiera cher après et un entrepreneur alors oui c'est il est seul il est parfois il porte beaucoup de responsabilités il a sa vision et mais il faut qu'il arrive à la partager ou en tout cas à être suffisamment convaincant pour fédérer avec lui pour qu'il sache qu'il y a il y a son il y a sa bulle familiale et ça alors je suis moi je suis jeune entrepreneur mais je pense que le temps est un allié précieux ouais oui aussi ne serait-ce que pour montrer que c'est pas une lubie et que c'est pas juste votre prochaine nouvelle bonne idée qui va en fait passer trois mois plus tard et puis pas tricher c'est-à-dire qu'on n'est pas tous faits pour être entrepreneur on n'est pas tous faits pour être dans tous les enfin j'ai je moi je l'authenticité elle est indispensable et quand je parle d'authenticité c'est soi-même dans sa glace enfin devant sa glace il ne faut pas se tricher enfin la seule personne avec qui il ne faut pas tricher je ne dis pas qu'il faut tricher avec les autres mais en tout cas avec soi-même il ne faut jamais tricher et ça c'est c'est pas évident ouais on l'a tous fait mais mais moi en tout cas c'est c'est vraiment je pense c'est c'est l'enseignement que je tire de de bah de de ma première partie de vie on va dire c'est vraiment être très honnête avec soi-même ça pousse aussi à être honnête avec les autres et très authentique c'est à dire on a des qualités je suis loin d'être j'ai de gros gros défauts mais je le sais j'ai une bonne cartographie j'essaye d'avoir la meilleure cartographie émotionnelle et puis prendre du temps et pas chercher à vouloir avancer trop vite on s'éloigne un peu ce qui n'est pas facile pas toujours facile de ne pas vouloir avancer trop vite et puis vous prenez et puis aimer l'échec entre guillemets l'échec qui fait avancer et ça aussi c'est quelque chose que j'ai beaucoup appris de ces dernières années toutes ces crises ça me fait une belle transition Mathieu on arrive à la fin de cette conversation et j'ai toujours des questions un peu perso un peu philosophique on va dire en tout cas j'aime bien considérer qu'elles le sont que j'appelle mon crible la première justement c'est est-ce que vous avez vécu dans votre vie un grand échec votre plus bel échec les enseignements qu'est-ce qui vous a appris est-ce que vous pouvez m'en parler alors par respect pour certaines personnes je ne donnerai pas les détails de l'échec mais c'est un vrai vrai échec personnel dans mon cadre professionnel en tant qu'anesthésiste réanimateur qui était qui est extrêmement difficile qui est extrêmement difficile à vivre mais ça m'a ça m'a appris ça m'a appris énormément parce que dès le début je me suis dit un je vais assumer deux je vais pas ça ne va pas modifier la confiance que j'ai en moi ça va modifier beaucoup de choses mais pas la confiance que j'ai en moi c'est à dire que je suis je suis un bon médecin toutes les équipes avec lesquelles j'ai travaillé ont confiance en moi j'ai comme tout le monde je ne suis pas pas un médecin loin d'être parfait j'ai plein de défauts mais ce capital confiance il est là et par contre évidemment je vais chercher à tirer tous les enseignements c'est à dire à être très honnête tirer tous les enseignements pour ne jamais jamais jamais refaire ça et ça c'est dur parce que là encore une fois seul le premier soir devant la glace je me dis ça fait très mal mais derrière c'est une énorme force c'est un capital force extrême et donc oui c'est un échec qui m'a fait énormément grandir à la fois humainement et professionnellement après je ne peux pas rentrer dans les détails mais je pense que vous comprendrez entre les lignes voilà s'il y avait quelque chose à refaire Mathieu personnellement professionnellement qu'est-ce que vous referiez différemment? ça c'est une question que j'aime pas parce que j'assume tout les bonnes comme les mauvaises vous avez le droit non non mais je comprends très bien la question mais j'ai un peu répondu avec la question précédente c'est à dire que moi ce qui m'intéresse c'est l'après c'est comme si si j'avais si j'étais confronté à certaines situations que j'ai déjà vécues comment je vais maintenant avec tout le le bagage que j'ai que j'ai acquis comment je ferais encore mieux comment je serais meilleur comment j'emmènerais encore plus facilement des équipes comment je managerais demain une équipe voilà mais ce qui a été fait est fait et encore une fois j'assume j'assume pleinement ma part de responsabilité et j'assume et donc je ne cherche pas à refaire le passé mon passé il me va très bien c'est par contre je sais qu'il y a beaucoup de choses sur lesquelles je probablement je prendrai certaines décisions différemment je recruterai sur le management oui j'ai appris beaucoup de mes années au RAID mais je ne regrette rien je ferai différemment qu'est-ce que vous trouvez beau pour vous soit au sens littéral soit au sens métaphorique les jeunes l'espoir que j'aime beaucoup ça m'arrive d'avoir des échanges j'ai fait il n'y a pas si longtemps que ça une expérience incroyable c'était des chefs d'entreprise qui s'étaient réunis avec leurs enfants et c'était mais génial c'est-à-dire qu'on a parlé de ces sujets-là de la performance collective de l'humain confronté au stress à l'insécurité à l'incertitude mais avec des jeunes et moi j'ai trouvé ça mais fantastique parce qu'ils sont pleins moi je trouve qu'ils ont parfois des choses qui ne vont pas mais ils me donnent beaucoup d'espoir ça va à commencer par les miens ça va contre les idées reçues parce qu'il y a beaucoup de gens à l'heure actuelle qui se plaignent de la jeunesse vous savez en nous expliquant que vraiment c'est plus comme avant etc. donc je crois que ce n'est pas votre cas qui continue à se plaindre moi ça me ça n'a jamais été mon cas mais encore moins maintenant et qu'il y a évidemment que la société elle change mais nos grands-parents ils disaient déjà la même chose donc bon et finalement on n'est pas complètement on n'a pas tout foiré donc ouais moi il faut vraiment qu'on ait confiance dans cette jeunesse parce que si nous on ne leur donne pas cette confiance alors ils ont raison de douter quoi et puis à l'inverse Mathieu qu'est-ce qui vous irrite qu'est-ce qui vous énerve qu'est-ce que vous n'aimez pas voir le manque de sincérité et d'authenticité et puis alors m'irriter ça ne m'irrite pas parce que maintenant j'ai vraiment appris moi j'essaie de me concentrer sur ce que je maîtrise sur là où j'ai un levier pour agir et le reste j'essaie de le mettre de côté et c'est valable pour les émotions comme sur les relations les relations les relations les relations inter-humaines et donc voilà ça ne m'irrite pas mais c'est vrai qu'un monde trop concentré sur la communication sur si on parle des émotions mais j'adore les émotions mais quand elles sont synonymes d'action quand on va pouvoir faire quelque chose les émotions où on est passif devant sa télé à regarder des choses qui sont pour moi c'est pas bon ça va pas dans le bon sens et surtout on est en train de détruire nos qualités intrinsèques pour faire face aux réelles émotions ou à la réelle souffrance ou à la réelle difficulté c'est qu'à force de bouffer de l'émotion de façon passive sans pouvoir agir avec en plus la notion qu'il faut faire de l'émotion de l'émotion il faut être c'est un sujet délicat mais ça oui c'est pas que ça m'irrite mais ça me déçoit et je pense que vous aimez pas les gens qui prennent pas leurs responsabilités qui se ben ouais ça veut un peu dire ça mais non parce que c'est encore c'est encore autre chose mais oui évidemment alors ça je supporte pas mais moi il y a une phrase que je voudrais interdire alors je le dis tout le temps à mes enfants donc je l'interdis uniquement à mes enfants parce que c'est encore avec eux que j'essaye d'avoir un peu d'action mais c'est c'est pas ma faute c'est une phrase dans notre société elle est mais je la trouve mortelle et malheureusement et en particulier dans des moments difficiles où dans ben on a parlé d'échec on a parlé de d'erreur on parle de tout ce que vous voulez la phrase c'est pas ma faute mais pour moi je serai dans une entrecherie je serai DRH dans une entreprise je mettrai des panneaux partout c'est la phrase à bannir c'est ça et j'ai le droit les deux et elles vont ensemble mais elles sont c'est destructeur et c'est destructeur parce qu'en fait ça nous on se trompe ça nous détruit ça nous enlève cette capacité justement pour faire face et pour rebondir d'événements qui au départ évidemment nous plaisent pas on en est bien tous conscients ça nous rend passifs quoi ça nous rend passifs et ça nous renvoie à la passivité par rapport et passivité ensuite c'est l'assistanat parce que comme on réagit pas la seule la seule solution on va éventuellement vous assister pour éviter le naufrage complet or on a il faut assister je dis pas le contraire il y a plein il faut j'en ai de la preuve vivante non mais oui oui non mais évidemment qu'il y a il faut s'aider s'entraider mais on a aussi en chacun de nous énormément de force et d'ailleurs moi il nous faudrait une autre émission mais j'ai rencontré pas mal de gens qui avaient vécu des drames personnels j'avais rien à voir avec eux mais qui étaient allés d'échec en échec sur le plan du soutien psychologique et ça m'est arrivé d'en rencontrer quelques-uns et moi je suis pas du tout psychiatre je suis peut-être pas la bonne personne mais je leur ai dit ce que je vois en toi c'est beaucoup de force et les gens qui veulent t'aider ils t'aideront d'autant plus que c'est toi l'acteur de ta reconstruction entre guillemets et quand je vous parle de drame c'était des gens qui avaient vécu des trucs je n'en parlerai même pas tellement c'était dur et rien qu'en leur disant moi j'ai vu dans tes yeux parce que j'aime beaucoup la transmission par le regard j'ai vu dans tes yeux j'ai vu dans tes yeux j'ai vu dans tes yeux cette force de faire face et déjà là ils vous sourient leur visage change et leur visage s'illumine c'est en eux ça existe sa lumière elle est là et après il faudra les aider et évidemment il faudra les accompagner il y a plein de gens très compétents pour aller les accompagner et pour apporter une aide mais moi l'aide sur quelqu'un qui malheureusement est en train de sombrer je je n'y crois pas or on a en nous les forces et donc quand je parle de passivité il faut peut-être inverser juste en disant on a en nous des qualités pour faire face quand je dis nous c'est individuel mais c'est aussi au sein d'un collectif une famille, une entreprise un groupe comme le RAID et autres et après on trouvera les moyens d'être accompagné mettre le masque sur soi d'abord et puis ensuite on va faire ça ensuite sur les autres parfois il y a des gens qui me disent non il y a des gens qui souffrent vraiment il y a des gens qui ont et j'en suis conscient c'est mon métier je le vois bien mais malheureusement je suis été fabriqué comme ça je suis persuadé qu'on a on a tous en nous une capacité d'agir malgré les drames et les événements les événements de la vie les émotions et que ça il faut le cultiver alors ça ne veut pas dire qu'il faut se prendre des baffes dans la gueule toute la journée mais il ne faut pas le tuer et on est dans une société qui est en train d'essayer de tuer ça et ça tu me demandais ce qui me rend triste ou qui m'irrite alors ça ne m'irrite pas mais ça me rend triste je comprends et je partage je vous remercie Mathieu j'ai encore quelques petites questions une Maxime, une citation qui vous touche, qui vous tient à coeur que vous aimez, que vous dites à vos enfants que vous pourriez nous partager alors j'adore utiliser des citations mais on le fait beaucoup moi je t'ai dit la phrase la phrase c'est pas ma faute alors c'est pas une citation mais ça j'aime bien après après il y avait Mike Tyson qui est un grand philosophe qui avait dit un jour tout le monde a un plan jusqu'à ce qu'il ait pris un point dans la figure alors je l'utilise beaucoup dans le cadre de l'entreprise parce que malheureusement c'est tellement vrai et encore une fois pour moi c'est la définition on parle du leader opérationnel qui vient de la base ou du terrain des points dans la figure lui il en a pris tellement qu'il dit ça a du poids ça a du sens, il est authentique donc sa citation est forcément elle raisonne à 1000% elle est assez géniale je crois que c'est en anglais everyone has a plan until they get punched in the face un truc comme ça, elle est énorme c'est exactement ça, je ne me suis pas permis de la faire en anglais vous pouvez une croyance qui est controversée on en a un peu parlé, c'est une question que j'aime bien est-ce que vous constatez que le monde autour de vous et de nous ne partage pas un certain nombre de valeurs ou de croyances qui pourtant pour vous sont des vérités une croyance que vous l'avez un peu dit quand même je me permets mais cette notion de se sauver soi-même avant de demander de l'aide je pense que ça en fait un peu partie oui oui oui j'essaye de alors déjà moi le mot croyance je suis un petit peu c'est pas celui qui me met je l'aime pas trop non plus c'est pas celui qui me met le plus à l'aise et qui est controversé controversé au sens où vous constatez que c'est plutôt pas partagé autour de vous moi je pense qu'on on est en train je vais pas faire de la politique ou de la grande philosophie mais c'est vrai que en plus je connais bien les flics et je les aime je pense qu'on a tous on est tous là pour faire le bien autour de nous quel que soit son rayon d'action entre guillemets on est tous quand même portés vers un engagement qui nous pousse à à se faire un peu plus de bien à se faire un peu plus de bien apporter du bien-être pour nous et pour autrui et on est dans une société où on essaye d'être tous les uns contre les autres et ça moi c'est c'est pas une croyance mais en tout cas moi je crois alors à l'inverse personnellement qu'on dit qu'il y a du bien en chacun de nous j'en suis mais intimement convaincu après on a le droit de pas penser tous la même chose on a le droit de pas être tous d'accord on a le droit de politiquement on a tous des opinions différentes mais moi quelqu'un même de l'extrême gauche à l'extrême droite il y a des idées que évidemment je partage absolument pas mais je pense personnellement que c'est pas pour détruire qu'il y a de la peur il y a plein de choses qui poussent sur les extrêmes en particulier mais c'est pas pour détruire la société évidemment on pense trop à sa gueule et on est dans une société hyper individualiste mais clairement l'homme il a besoin de relations humaines et de relations qui soient constructives et pas destructives destructrices pardon et ça en tout cas moi je crois à ça et malheureusement je pense qu'on est dans une société qui veut cliver tout le monde qui veut beaucoup de clivage et je pense que c'est ça et moi je me reconnais pas du tout les noms je vous remercie d'avoir partagé ça avec nous c'est très perso mais je le garde pour moi et quelques milliers de personnes qui vont savoir ça reste entre nous non parce qu'il y en a qui vont dire c'est terrible parce que moi je suis vachement dans la modération en fait et je suis je suis voilà et les extrêmes évidemment je les comprends pas enfin je les comprends pas parfois il y a certaines il y a des raccourcis que je peux je sais ce que peut être la souffrance de certaines personnes que ce soit l'impression si c'est pour l'extrême gauche que c'est toutes les richesses sont confisquées que ceci que cela évidemment que je je vois bien quel est le raccourci qui peut mener à ça je sais bien quel est la vie que certaines personnes ont après sur les solutions je suis malheureusement je suis pas d'accord parce que je sais que l'histoire a montré que ça n'avait pas beaucoup de ça sera un échec et puis je peux aussi même si j'adhère absolument pas mais je connais des personnes qui là aussi font des raccourcis malheureux qui essayent de cliver une partie de la société contre une autre une religion contre une autre c'est uniquement malheureusement souvent porté par la peur mais encore une fois il n'y a pas que ils ne sont pas détestables pour autant et il faut voir il y a probablement plein de bonnes choses à faire dans une société qui doit pas être plus clivante qu'elle n'est actuellement et il faut qu'on travaille tous ensemble à ça ça n'a rien à voir avec mon boulot merci d'avoir partagé en tout cas ma dernière question pour vous Mathieu c'est est-ce qu'il y a un livre ou deux livres on va dire qui vous ont particulièrement marqué que vous pourriez nous décrire et nous dire pourquoi vous nous l'avez recommandé pourquoi est-ce qu'ils vous ont fait réfléchir différemment ils vous ont fait changer qu'est-ce qu'ils vous ont apporté je lis beaucoup donc il y en aurait plein mais il y a il y en a un qui est un livre c'est une anecdote mais j'ai adoré parce que c'était entre fragilité et force c'est deux petits pas mouillés sur le sol je sais plus le nom de deux petits pas mouillés sur le sable ou deux pas de pas mouillés sur le sable ou deux petits pas je sais plus le titre exact c'était une femme c'était son premier livre et je crois c'est son dernier qui a écrit son histoire personnelle avec en fait c'est le pas le pâté d'un d'une de ses sa fille en premier je crois qu'ils étaient elles découvrent par sa marche dans le sable une maladie grave dont elle va malheureusement décédé et puis après elle s'aperçoit que son deuxième enfant est atteint enfin elle raconte tout ça et c'est entre fragilité et force c'est beaucoup d'émotions qu'elle partage et pour l'anecdote donc c'est ça m'a un livre qui m'a beaucoup marqué parce que j'étais avec le raid au sommet on protégeait le sommet du g8 à Deauville et on était dans une salle protégée juste à côté de la salle de réunion des chefs d'état donc j'avais quasiment en visuel les huit plus grands chefs d'état de la planète et je pleurais je lisais je les lui en c'était ça se lit très vite et je passais j'ai passé deux heures à pleurer pleurer pleurer alors que j'étais en noir avec marqué reine médecin et tout et j'essayais pour l'histoire j'essayais quand même de me cacher vis-à-vis de mes collègues parce que on pensait que le médecin mais c'est qu'elle fiotte ce qui n'était pas vrai c'est à dire que moi j'adore montrer mes faiblesses et mes fragilités et ce livre c'est tout ça c'est à dire que c'est beaucoup de fragilité et de force en même temps voilà c'est ça et puis il y en a un autre c'est hubert joly récemment c'est un ami qui m'a comme je travaillais justement avec lui pour essayer de voir comment mon expertise pouvait se transposer sur l'entreprise et il m'avait invité à lire hubert joly qui s'appelle l'entreprise une affaire de coeur je crois que c'est ça et j'ai trouvé alors j'avais l'impression en lisant que j'étais au raid ou en médecine d'urgence donc je me suis dit bah finalement en fait les ça répond bien à ma question est ce que finalement des organisations vivent la même chose peut-être pas le même niveau d'intensité bas la réponse était évidemment oui parce que le donc hubert joly a dirigé best buy qui était une énorme boîte américaine et en fait quand il parle de management c'est exactement tout ce qu'on a dit sur la confiance sur les sélections sur bon et il y en a d'autres un des livres comme ça mais mais c'est vrai que ce livre là je me lis ans je me suis dit bah ouais bah c'est bon j'ai en fait on vit tous la même chose ce qui est ce qui est applicable au raid ou dans un service de médecine d'urgence basse est tout à fait transposable dans une entreprise transposable ça veut pas dire que c'est faut pas faire du copier-coller moi j'ai beaucoup travaillé sur essayer de voir des passerelles entre les médecins du raid et les médecins hospitaliers c'est évidemment c'est pas le même monde c'est pas du tout le même monde et il faut pas penser que tiens à bas là bas c'était super ça marche maintenant on va essayer de copier on va faire y faire la même chose ça c'est pas comme ça mais il ya quand même plein de petits deux petits outils qui peuvent être transposé être repli qu'est ce c'est à dire à chacun moi quand je fais une conférence j'essaie surtout pas de raconter à un chef d'entreprise comment il faut qu'il fasse j'essaie de lui raconter comment moi au travers de mon expérience j'en ai tiré des enseignements et d'essayer de entre guillemets de lui donner des clés de lecture pour qu'il se dise bah oui à moi maintenant d'aller faire le dernier bout de chemin pour me dire ça ça m'a parlé ça aussi mais c'est sur des mots en plus c'est sur la confiance ou est-ce que c'est du domaine particulier du RAID ou d'un médecin urgentiste ou anesthésiste réanimateur non on en a tous besoin et donc et voilà on n'attend pas de moi que je vienne expliquer j'ai pas fait HEC non mais vous êtes prof à l'ESSEC si je me trompe pas maintenant alors je donne des cours à l'ESSEC oui mais ça fait pas de moi un prof de management je partage mon je partage mon expérience et puis je mets en situation j'aime bien faire des ce que je sais bien faire c'est essayer de les pousser sur des exercices qui vont essayer de révéler justement des attitudes des comportements essayer surtout de voir ensemble comment on va essayer de s'améliorer un exercice le but c'est de se planter ça parfois c'est mal vécu oui alors qu'en fait si jamais on le maîtrisait on n'aurait pas besoin de faire l'exercice si c'est pour dérouler la checklist ou le classeur pour vérifier que tout va bien on va aller boire une bière et ça ira aussi bien on aura perdu moins de temps le but d'un exercice c'est d'aller voir ce qui va pas pour le corriger et ça au RAID on fait ça on a cette culture permanente après c'est exigeant c'est fatigant Mathieu merci mille fois pour tout ce que vous avez partagé avec nous pour la petite anecdote j'ai retrouvé le livre dont vous parliez c'est deux petits pas sur le sable mouillé j'avais tout dans le détail de Anne Dauphine et puis le livre d'Hubert Joly d'ailleurs j'invite les auditeurs à écouter l'épisode que j'ai fait avec Hubert Joly qui était génial où on a beaucoup parlé de son livre l'entreprise d'une affaire de coeur et Mathieu je vous remercie mille fois pour votre temps si jamais mes chers amis auditeurs du podcast vous avez envie d'en savoir plus sur Mathieu déjà vous pouvez le suivre sur LinkedIn et puis vous publiez pas mal de choses franchement c'est vraiment intéressant si jamais on veut peut-être booker une conférence avec vous Mathieu ou rentrer en contact qu'est-ce que vous recommandez plutôt LinkedIn? LinkedIn ou le site internet tout ça ça retourne sur la même personne ou les mêmes personnes mais c'est vrai que LinkedIn c'est un bon moyen ça fonctionne plutôt bien c'est efficace c'est un bon moyen de communiquer et puis dernière chose si vous avez envie d'en savoir plus sur ce que c'est que d'être médecin du RAID et bien donc le livre de Mathieu médecin du RAID vivre en état d'urgence où donc il fait le récit de tous ces de tous ces moments de crise et de la crise et comment humainement les gérer Mathieu je vous remercie mille fois pour le temps que vous avez consacré à moi au podcast et puis à notre audience c'était très précieux et j'espère qu'on aura le plaisir de se rencontrer en vrai à l'occasion avec grand plaisir merci beaucoup merci beaucoup à vous bye bye les amis c'est la fin de cet épisode mais avant de vous quitter quelques détails en plus d'abord pour toutes les infos sur le podcast et cet épisode ça se passe bien sur podignanio.com vous aurez tout promis juré aussi si vous souhaitez me contacter pour me poser des questions ou me proposer de nouveaux invités et bien n'hésitez pas à le faire directement sur LinkedIn Instagram ou Youtube je vous attends enfin encore mille merci de m'avoir écouté jusqu'ici j'espère de tout coeur que ça vous a plu et je vous dis à très vite pour un nouvel épisode à très bientôt! Bye! :-D

Podcast Summary

Key Points:

  1. Le médecin du RAID, Mathieu, décrit son expérience lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan, en mettant l'accent sur la gestion émotionnelle et humaine plutôt que sur l'aspect technique.
  2. L'importance de la "page blanche"
  3. La préparation et l'entraînement sont essentiels pour passer de l'émotion à l'action, mais l'improvisation n'existe pas ; il s'agit plutôt d'adaptation et d'agilité grâce à des outils maîtrisés.
  4. Les crises révèlent que les facteurs humains internes (confiance, communication, leadership) sont plus destructeurs que les menaces externes ; le leadership émerge souvent du terrain, pas du statut.
  5. Le recrutement au RAID repose sur la détection de qualités humaines et authentiques, et les décisions professionnelles majeures doivent être partagées avec la famille.
  6. L'échec, assumé et analysé, est une source de force et de croissance ; les phrases comme "c'est pas ma faute" sont destructrices et à bannir.
  7. La jeunesse est une source d'espoir, et des livres comme "Deux petits pas sur le sable mouillé" et "L'entreprise, une affaire de cœur" illustrent la transposition des enseignements du RAID au monde de l'entreprise.

Summary:

Dans cet entretien, Mathieu, médecin du RAID, revient sur son expérience lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan. Il insiste sur l'importance de la préparation mentale et émotionnelle pour éviter la sidération, un état de protection du cerveau qui empêche d'agir. Il décrit la notion de "page blanche" : accepter que la crise nous dépasse au départ, observer la situation globalement, puis prioriser les actions.

Cette phase, bien que courte grâce à l'entraînement, est cruciale pour passer de l'émotion à l'action de manière efficace. Il explique que l'improvisation n'existe pas ; il s'agit plutôt d'adaptation et d'agilité, en s'appuyant sur des outils maîtrisés et une confiance collective. Mathieu souligne que les crises, qu'elles soient terroristes, sanitaires (comme le Covid) ou entrepreneuriales, révèlent que les facteurs humains internes – la communication, la confiance, le leadership – sont souvent plus destructeurs que les menaces externes.

Le leadership, dit-il, n'est pas un statut mais une fonction, et il émerge souvent du terrain. Il aborde aussi le recrutement au RAID, basé sur des qualités humaines et l'authenticité, et l'importance de partager les décisions professionnelles majeures avec sa famille. Enfin, il partage sa vision de l'échec, qu'il considère comme une source de force, et critique la passivité et les phrases comme "c'est pas ma faute".

Il termine en exprimant sa confiance dans la jeunesse et en recommandant des livres qui illustrent la transposition de ses enseignements au monde de l'entreprise.

FAQs

C'est la phase initiale où l'on accepte que la crise nous dépasse, pour observer et comprendre la situation avant d'agir. Cela permet d'éviter des erreurs et de construire des solutions adaptées.

Grâce à la préparation et à l'entraînement, on passe de l'émotion à l'action de façon quasi automatique, sans déni. La sidération est une protection du cerveau qui bloque l'action, il faut donc la prévenir.

L'improvisation suggère une approche non préparée, alors qu'il s'agit d'agilité et d'adaptation. On maîtrise des process et des outils pour s'adapter à la situation, avec des plans simples et flexibles.

Les facteurs humains internes, comme la confiance et la communication, sont souvent plus destructeurs que les agressions externes. Il est crucial de les travailler pour une gestion de crise efficace.

La confiance se gagne par l'authenticité et le comportement dans l'action, pas par les diplômes ou le statut. Le leader doit être légitime et capable d'incarner ses décisions pour fédérer l'équipe.

Une décision comme intégrer le RAID nécessite une adhésion familiale pour être viable. Le partage des émotions et des craintes est essentiel pour éviter les conflits et être pleinement disponible.

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