#236 - "Affronter l'incertitude" avec Matthieu Langlois, ancien médecin chef du RAID et conférencier
78m 12s
Dans cet entretien, Mathieu, médecin du RAID, revient sur son expérience lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan. Il insiste sur l'importance de la préparation mentale et émotionnelle pour éviter la sidération, un état de protection du cerveau qui empêche d'agir. Il décrit la notion de "page blanche" : accepter que la crise nous dépasse au départ, observer la situation globalement, puis prioriser les actions. Cette phase, bien que courte grâce à l'entraînement, est cruciale pour passer de l'émotion à l'action de manière efficace. Il explique que l'improvisation n'existe pas ; il s'agit plutôt d'adaptation et d'agilité, en s'appuyant sur des outils maîtrisés et une confiance collective. Mathieu souligne que les crises, qu'elles soient terroristes, sanitaires (comme le Covid) ou entrepreneuriales, révèlent que les facteurs humains internes – la communication, la confiance, le leadership – sont souvent plus destructeurs que les menaces externes. Le leadership, dit-il, n'est pas un statut mais une fonction, et il émerge souvent du terrain. Il aborde aussi le recrutement au RAID, basé sur des qualités humaines et l'authenticité, et l'importance de partager les décisions professionnelles majeures avec sa famille. Enfin, il partage sa vision de l'échec, qu'il considère comme une source de force, et critique la passivité et les phrases comme "c'est pas ma faute". Il termine en exprimant sa confiance dans la jeunesse et en recommandant des livres qui illustrent la transposition de ses enseignements au monde de l'entreprise.
Sous-titrage ST' 501
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En fait, vous savez que vous-même, vous allez. vous allez être un peu sous le choc
et donc c'est pour ça que je serais assez
reconnaissante si vous pourriez nous
parler de comment ça s'est passé
cette fameuse nuit du bataille à pleurs, alors je sais que vous en parlez
énormément dans votre livre médecin du rêve, vivre en état d'urgence
vous faites vraiment le récit des conditions
d'intervention de ces médecins qui opèrent en situation
de crise et là
c'en était plus qu'une
mais est-ce que vous pourriez faire ici le récit de ce qui
se passe pour vous en tant que médecin concrètement
comment est-ce que ça démarre et puis finalement
c'est quoi les actions qui arrivent
au titre émotionnel aussi
ça m'intéresse. Oui parce que
que ce soit dans le livre ou par rapport à ce que
vous venez de dire
justement moi ce qui m'intéressait
c'était surtout pas de décrire
l'aspect très technique du métier
de médecin ou de secouriste
je pense que ça
c'est
très particulier
c'est pas forcément ce qui est intéressant
en revanche
raconter comment humainement
on a fait face à cette situation
en acceptant
en acceptant ces émotions
alors le terme de choc
peut-être qu'il est
pas forcément totalement approprié
c'est-à-dire que
justement nous
l'obligation qu'on a mais par la préparation
c'est de ne pas tomber dans la sidération
par rapport
à des événements
aussi dramatiques soient-ils
toute la préparation
et dans la préparation
il y a aussi ce qu'on est au fond de soi
c'est-à-dire qu'on a aussi des qualités
il y a des qualités unées
et puis il y a des qualités acquises
qui s'entretiennent
mais justement l'intérêt
il est de passer de l'émotion à l'action
de façon quasi automatique
sans être dans le déni
par rapport à ses émotions
mais surtout pas tomber dans la sidération
parce que la sidération après c'est compliqué
une fois que vous êtes en état de sidération
l'assidération c'est une protection
du cerveau
et une fois que vous êtes dans cet état là
c'est très compliqué
alors par soi même c'est impossible
il faut qu'il y ait d'autres personnes
qui vous aident justement à vous remettre
dans l'action pour être
performant, or nous
l'intérêt c'est justement qu'on soit ces personnes là
qui soient capables d'emmener les autres
malgré
toute cette agression et toutes ces émotions
et c'est ce qui s'est passé
et c'est ce qui s'est passé
le 13 novembre au soir
et c'est ce que je raconte
bien au delà de l'aspect
technique, est-ce qu'on mettait les garrots ou pas
ça c'est entre guillemets
c'est pas ce qui moi me paraît intéressant
Mais donc vous à titre
personnel quand vous arrivez sur place
donc j'imagine que vous étiez quand même
un peu au courant de, enfin je me rends pas compte d'ailleurs
mais vous étiez un peu au courant de ce qui se passait
donc vous saviez que ça allait être très dur, donc vous vous préparez déjà
à ce moment là à ne pas être
sidéré?
Et qu'est-ce qui
se passe ensuite, c'est quoi les émotions
quand vous arrivez sur la scène et que vous voyez
ce qui se passe?
Déjà si on est honnête
il faut bien expliquer que
on est
au départ on sait qu'on part sur des attentats
et qui sont multiples avec
des blessés, des morts, mais
c'est franchement les informations
sont très floues parce que
on est dans une phase de chaos
qui dit chaos dit
des informations qui sont
totalement
folles dans ces moments là
qui sont en tout cas imprécises
et qui ne nous permettent pas nous de construire
la réponse qu'on va mettre en place
et donc il y a tout un moment où il faut accepter
ce que j'appelle la page blanche
c'est à dire que dans la crise
par rapport
à la réponse à la crise ou à ce qu'on appelle
la gestion de crise, on a trop tendance
à vouloir être dans
on accélère
les process, on récite
des plans et tout, or il y a un temps
initial qui est indispensable
c'est
ce qu'on appelle la page blanche
c'est accepter au départ que
la crise est plus forte que nous
et d'essayer de la comprendre, d'essayer de comprendre
qui est là, qui travaille
qui a quelle émotion, qui comment
et ensuite on va créer
on va développer les bons outils
mais si vous le faites dans l'autre sens
là encore une fois c'est
un risque d'erreur et on le voit
on le voit malheureusement
sur chaque crise
c'est systématiquement
le même schéma, c'est à dire qu'on agit
on veut
on veut
que nos plans fonctionnent
alors qu'on ne pense même pas
à réfléchir, à savoir ce qui se passe réellement
et ça c'est un premier temps
et c'est aussi dans ce temps là
qu'on passe
mentalement
de l'acceptation des émotions
à une action
qui va être partagée
qui va être efficace, intelligente
tout ce qu'on veut
et quand vous arrivez
sur le terrain et que vous découvrez
la réalité
quel est le temps
nécessaire à cette passe blanche?
il est très court parce qu'on s'est extrêmement
entraîné, qu'on l'a visualisé, qu'on a anticipé
qu'on a de très nombreux
outils, quand je parle
d'outils c'est qu'on a des process avec nous
mais
donc il est court parce qu'on est
entraîné mais néanmoins
il est là
et c'est à dire quand on rentre dans le Bataclan
la première chose c'est
c'est l'observation
c'est l'observation
et moi j'étais concentré
uniquement sur l'observation
médicale
c'est à dire que je m'occupais
pas de, ou très peu
de l'aspect sécuritaire
la menace, où est-ce que sont les terroristes
quel type de
d'armes, d'explosifs
ils peuvent utiliser parce que
là je suis totalement
sous l'autorité ou en tout cas
en confiance avec
tous les membres du RAID
qui sont avec nous
par contre moi je suis uniquement concentré
sur comment on va organiser
le sauvetage
des victimes
sur l'aspect secours, c'est mon rôle
mais ça demande aussi
une observation, c'est à dire que
il ne faut pas tout de suite
s'occuper du premier blessé
qui était déjà
sur le trottoir, donc si on fait ça
on a tout perdu
c'est ce qu'on apprend en médecine
en médecine de catastrophe
c'est d'avoir d'abord
un point de situation et avoir une vision globale
sur la situation
pour ensuite pouvoir
prioriser des choix
mettre en place des tactiques
pour être réellement performant
et là concrètement
alors après j'ai pas envie qu'on révèle des secrets
ou des choses que vous ne pourriez pas dire
mais concrètement
quand vous arrivez sur place
vous faites cet état des lieux mentalement
ça se passe en équipe
vous en discutez, vous avez le temps
j'aimerais vraiment qu'on visualise
quand on est face à de telles situations
où en plus il y a quand même un risque
qui pèse très très lourd sur votre propre sécurité
malgré le fait que vous ayez confiance
dans le reste de l'équipe du RAID
du coup comment est-ce qu'on prend
des décisions à tête froide
alors qu'on est
dans l'oeil du cyclone
comment ça s'organise
c'est tout seul dans votre tête
parce que vous êtes très préparé, vous en discutez
rapidement, vous vous retirez
comment ça se passe concrètement?
alors il y a différentes étapes
d'abord le passage de la peur
à la confiance on va dire
il se fait avant l'entrée
en tout cas pour moi
je parle de mon cas
pour moi je sais très bien à quel moment
j'ai switché entre une peur
qui est indispensable
si vous n'avez pas peur à ce moment là
c'est qu'il y a un truc dans votre cerveau
qui déconne complet
et ça c'est très dangereux
et c'est très dangereux pour moi
et c'est très dangereux pour moi
et ces gens là
en général dans les sélections RAID
on fait tout pour ne pas les recruter
donc il faut avoir conscience du danger
conscience de tous les stresseurs externes
il faut aussi bien connaître
ces stresseurs internes
parce que c'est souvent les plus dangereux
et donc ensuite après
passer dans un rôle
de leader
ou un rôle
d'acteur
et ça il faut le faire
en tout cas pour ma part
je pense qu'il faut le faire
avant dans cette phase
de page blanche
si on schématise
et après une fois qu'on est dans l'action
là il faut plus poser de questions
il faut évidemment
bien connaître
et bien maîtriser tous les outils
qu'on a travaillé
donc ça ne s'improvise pas
tout le monde comprendra bien
qu'on a été efficace
parce qu'on avait énormément
travaillé en amont
et puis après c'est une vraie coordination
c'est pas seul
c'est pas seul
où on décide
tiens j'ai une bonne intuition
je vais prendre telle décision
non c'est un vrai travail
de coordination entre tous les acteurs
certains qu'on connait
donc ça c'était le cas pour le RAID
et ce qui a été
pour moi une vraie nouveauté
que j'avais probablement
pas
pas
identifié
à ce point
c'est qu'on allait
évidemment s'appuyer
sur tout un tas d'autres personnes
qu'on ne connaissait pas
qui nous connaissaient pas
et ça a super bien fonctionné
grâce à
grâce à des outils humains
et ça on peut
développer pendant des heures
mais moi je me souviens très bien
de la tête de policier
de la BAC
ou du commissariat
évidemment
je n'imaginais jamais
me retrouver dans ce genre de situation
avec eux
et je me suis dit
je vais pas me faire enlever la tête de policier
et ensemble on a réussi à faire
à faire vraiment un travail formidable
c'est un travail qui est très important
c'est-à-dire à évacuer l'ensemble de la fosse avant l'assaut au premier étage.
Est-ce que, Mathieu, dans ce genre de cas, l'improvisation, ça existe?
Est-ce qu'on est obligé d'improviser?
Ou est-ce que finalement, tout ce que vous nous décrivez,
c'est issu de tout ce travail de préparation qui a eu lieu pendant des années et des années auparavant,
qui fait que le jour où ça arrive, vous ne savez pas exactement ce qui va se passer,
il y a la page blanche, mais en fait, vous êtes méga préparé,
et globalement, vous savez ce que vous avez à faire.
Alors, l'objectif, moi, dès le début, quasiment, dès qu'on rentre, l'objectif, je le connais.
Depuis 2012, on avait développé une doctrine pour ça,
c'est-à-dire, en gros, on parle d'une zone de danger extrême,
et l'objectif pour nous, pour les médecins, c'était d'évacuer au plus vite tous les blessés,
qui étaient pris au piège de cette menace, quelle qu'elle soit.
Donc, l'objectif, il était très simple et très clair, et ça, clairement, il n'y avait pas de plan B.
Après, comment on allait y arriver?
Alors, il n'y a pas d'impro, mais il y a beaucoup d'agilité et d'adaptation,
c'est-à-dire que l'impro, ça donnerait l'idée que c'est aux doigts mouillés,
on va bien voir ce qui marche, ce qui ne marche pas.
Ce n'est pas ça.
C'est-à-dire que c'est une adaptation, parce qu'on maîtrise énormément de process et d'outils,
qu'on a eu surtout une confiance collective qui fait que ce sera plus de l'intuition
qui va nous guider et de l'audace qui va nous permettre de. Moi, j'aime beaucoup parler de transformation dans l'urgence,
c'est-à-dire que, grosso modo, si on arrive avec un cadre hyper rigide,
avec des plans hyper rigides, ça ne marchera pas.
À l'inverse, si on arrive avec rien du tout, ça ne marchera pas non plus.
Et donc, en fait, le truc, c'est d'arriver avec, oui, des plans,
mais des plans qui sont simples, qui sont plus tout un panel d'outils
qu'on va pouvoir pluguer et adapter en fonction de la situation.
Et ça, dans l'entreprise, évidemment, il y a énormément de similitudes,
alors qu'un plan, un énorme plan,
beaucoup plus complexe qu'on ne voudrait,
finalement, on voit bien, sur chaque crise, c'est hyper révélateur,
c'est le plan qui se fracasse en premier.
Et donc là, soit. On en revient.
Là, il y a deux solutions.
Pardon, à cette première phrase, à cette histoire de simplification.
En gestion de crise, il n'y a pas le choix, de toute façon.
Oui, mais il faudrait en être capable à chaque fois.
C'est ce qui est compliqué, parfois.
Mais moi, je crois beaucoup à la simplification.
J'ai connu aussi, évidemment, malheureusement,
la crise Covid, on voit bien que les solutions
qui ont apporté, qui étaient efficaces au départ,
au début, c'était souvent des choses très simples,
qui n'étaient pas forcément prévues dans tous les plans,
qui étaient assez audacieux et qui venaient souvent de l'opérationnel,
c'est-à-dire de la base, de soignants dans des petits hôpitaux,
dans des petits centres de secours et qu'on a mis en place,
qu'on a essayé d'innover, de trouver.
On a trouvé comment ils pouvaient s'adapter à une situation
qui, de toute façon, au départ, les dépassait.
Vous auriez un exemple de ça?
J'en ai plein, mais alors que les plans de pandémie, ils existaient.
Ils existaient.
Personne ne les a ouverts, mais ils existaient.
Alors, je ne dis personne parce que j'exagère.
J'aime bien provoquer, mais oui, j'ai des exemples.
Il y a le SAMU 92, par exemple, a mis en place des bus pour faire,
en fait, une ambulance qui puisse être capable de transporter,
non pas un seul malade, mais jusqu'à quatre malades graves
de réanimation en même temps.
À la pitié, on avait développé aussi ce qu'on a appelé une cellule dynamo
pour faire des transferts en utilisant les ambulances privées.
Dans l'Est, il y a eu aussi plein d'initiatives.
Il y a eu énormément d'initiatives locales de gens de terrain
qui ont apporté des innovations, qui ont apporté,
à chacune à leur échelle, finalement, de très belles solutions
qui ont finalement permis à la fois de limiter la surcharge hospitalière,
de mieux organiser des transferts.
Et à chaque fois, si on prend la liste, on retrouve les mêmes outils.
Et dans l'outil, il y a évidemment la simplification.
Vous faisiez un parallèle tout à l'heure.
Entre cette gestion de crise complètement extraordinaire,
dans le cas du Bataclan, d'une attaque terroriste ou du Covid,
d'une pandémie à l'échelle mondiale.
Donc, la gestion de crise vraiment au sens propre du terme
et le monde de l'entreprise.
Et aujourd'hui, vous donnez d'ailleurs beaucoup de conférences
et vous expliquez beaucoup les liens entre le monde de l'entreprise
et votre monde initial, le monde médical.
Est-ce que vous pourriez me dire, finalement, pour vous,
quels sont les. les parallèles les plus forts ou quels sont peut-être
les enseignements, les conseils les plus marquants
qu'un entrepreneur ou qu'un manager pourrait retirer
de cette gestion de crise au sens propre du terme?
C'est ce que je m'efforce à faire, c'est-à-dire montrer
que la crise, ce n'est pas uniquement celle qu'on peut voir
dans les chaînes d'information continues
où il y a une émotion, où il y a une émotion,
une émotion nationale, collective,
qui fait que tout le monde s'identifie à ce qu'est une crise
dite médiatique ou de haute intensité.
La crise, c'est quelque chose que chaque organisation,
que individuellement, même au sein d'une famille,
on peut vivre.
C'est une agression, c'est une agression qui. C'est un environnement qui s'est transformé,
qui nous agresse et sur lequel,
au départ, on va être en difficulté avec,
je vous l'ai dit tout à l'heure, c'est-à-dire il y a ce qu'on peut qualifier
d'agent agresseur externe ou de stresseur externe,
et puis il y a tout ce qui va être interne.
Et ce que j'aime raconter,
et ce que j'aime transmettre dans l'entreprise,
c'est qu'on travaille trop sur essayer de mettre des pare-feux
sur ce qui nous vient de l'extérieur,
c'est-à-dire la prévention ou la maîtrise du risque
qui nous. prend énormément de temps et d'énergie.
Or, on voit sur la plupart des situations,
et j'ai plein d'exemples,
alors le mot crise n'est pas forcément le plus adapté à ce moment-là,
mais tout un tas d'événements graves,
en fait, finalement, ce qui est le plus destructeur
vient de l'intérieur,
de l'intérieur de la structure, de l'organisation,
de la communication entre les personnes,
et là, on peut en citer. Enfin, il y en a énormément,
mais c'est sur ces. Ça vous embête, Mathieu, de me donner un. Juste pour qu'on visualise bien
et qu'on comprenne bien,
si vous avez un exemple, pareil, sans dévoiler. Mais que, alors que j'ai. Sans dévoilable, si. Mais un exemple que, pour moi, que j'ai vécu,
ben, moi, j'ai vécu. Alors, je ne vais pas rentrer dans trop de détails,
mais j'ai vécu des drames au bloc opératoire, par exemple,
des complications,
où on sait bien. Alors, déjà, sur ce qui entraîne l'accident,
c'est un ensemble d'événements
qui sont souvent liés à l'humain
et non pas au process,
à ce qu'on va appeler. Enfin, tout ce qui va être la prévention des risques.
Finalement, on voit bien que c'est l'humain
qui est la clé de tout.
Et ensuite, comment l'équipe va se comporter,
comment elle va être performante
alors qu'il y a une situation qui est très agressante,
parce que c'est la réalité.
Eh ben, on voit bien que ce n'est finalement pas tellement
ce qui vient de l'extérieur qui va nous impacter fort
et qui va avoir des grosses conséquences,
c'est ce qui va devenir de l'intérieur.
C'est comment on va se faire confiance,
ou au contraire, comment on va se déchirer,
comment on va mal accepter les erreurs ou les échecs,
comment il y aura une fuite en termes de responsabilité.
Alors, je sais que c'est des choses que vous reprenez régulièrement
dans vos podcasts, mais ça, c'est très, très vrai.
Et à chaque fois, pour moi, tout est dans ce qu'on va appeler
les facteurs humains internes, et c'est ça qu'il faut travailler.
Et c'est ça que j'essaye maintenant de partager,
parce que j'ai fait évidemment plein d'erreurs.
Il n'y a pas de vérité, entre guillemets.
C'est un sujet qui est très, très important.
C'est un sujet qui est tellement complexe et qui repose sur l'humain.
Donc, celui qui pense qu'il a la méthode infaillible,
il se plante complet.
Et pour vous, même une entreprise, entre guillemets, lambda,
d'une taille moyenne, allez, mettons, une centaine de personnes,
a pas le devoir, parce qu'on n'a pas le devoir,
mais aurait intérêt, en fait, à se préparer, justement,
à gérer mieux ces facteurs humains quand il y a une crise,
parce qu'en fait, des crises, il y en a tout le temps
et qu'elles peuvent être à petite échelle.
parce que je vous pose cette question parce qu'il y a peut-être des personnes qui nous écoutent qui disent ok c'est très bien
Pauline et Mathieu ce que vous nous racontez
mais en fait moi j'ai pas toute la journée
en tant que chef d'entreprise ou que manager
des crises de cette ampleur à gérer
et donc en quoi est-ce que ça me sert
est-ce que ça me rajouterait pas juste du boulot cette histoire
et ben faut le
faut le mettre à l'épreuve
c'est à dire qu'il faut créer des exercices
qui vont servir
de révélateur
et ça c'est assez
parlant c'est à dire que quand vous mettez
un collectif et que vous
le mettez sur forme
pédagogique mais que vous le mettez
vous créez justement des situations
d'agression
vous voyez comment
finalement
le collectif va se comporter, comment le chef
va se comporter, comment on va pouvoir
ou pas faire émerger des leaders
comment d'un côté on va
on risque de verticaliser
ou au contraire
on va être plus dans une délégation
dans une simplification
et dans s'appuyer
pour un chef s'appuyer sur des
leaders de terrain qui leur a probablement
pas identifié avant et ça c'est
vachement intéressant et ça c'est
je pense que
malheureusement il n'y a rien de plus parlant
que soit reprendre
des situations
passées et de faire une vraie
analyse qu'on peut appeler les retours d'expérience
ou les rétex ou les rex
soit créer des
situations c'est
créer en fait des exercices dits de
crise et voir comment les
équipes réagissent et là
dès le départ il faut avant
de faire l'exercice il faut déjà dire
attention c'est un exercice
le but c'est pas
de vérifier tout ce qui va bien
c'est de voir justement comment
avec honnêteté on va se
comporter et puis ensuite
il faut lier à ça
l'obligation de chercher des améliorations
collectives et si vous
mettez ça en place
j'ai quand même maintenant un peu d'expérience
évidemment
que tout le monde y voit
un bénéfice
après c'est oui c'est ça
prendre ça peut prendre un peu
de temps mais finalement c'est peu
d'énergie quand on voit l'énergie dépensée
pour faire parfois de la
planification de risque ou à chaque
fois on va passer à côté de finalement
le risque qui va nous faire exploser
je pense
qu'il peut y avoir du temps consacré
à une préparation humaine
des équipes pour être
justement sur un modèle plus
agile plus qui est capable
de simplifier qui est capable
de déléguer d'être
moins vertical
si je prends
les situations très stressantes
on voit malheureusement on a tous tendance
à verticaliser à accélérer
et à se replier
sur soi
le chef
devient le leader
et prend les décisions
et ça c'est un modèle
évidemment que de temps en temps
un chef il faut qu'il soit
un vrai chef
mais moi ce que
j'ai toujours vécu que ce soit
dans les services de secours
en médecine d'urgence
ou au RAID
j'ai vécu des situations vraiment
très stressantes et
moi j'ai jamais adhéré
à une verticalisation des ordres
si l'ordre, si la personne
n'a aucune
légitimité, aucune
authenticité par rapport
au
aux actions qu'il va déléguer
en période vraiment tendue
ça ne marche pas
ça va être de l'obéissance
mais qui entraînera pas l'adhésion
nécessaire pour être capable de
on parlait de transformation
mutation d'une équipe
à haute cinétique
ça ça demande autre chose
ça demande une vraie confiance
une vraie capacité à incarner
de
c'est ce qu'est un leader qui souvent vient de de la base
et qui va lui faire remonter tout le monde et emmener tout le monde
vers
vers des actions et c'est exactement ce qui s'est passé
que ce soit pour dynamo là pour le COVID
pour le Bataclan et pour tout un tas d'autres situations
oui c'est pas forcément celui qui a été élu
ou le chef officiel qui en réalité va faire preuve de plus de leadership dans ces situations de crise quoi
il y a différents types de leadership et le leadership des situations de crise
il peut et même vous constatez que souvent il vient plutôt du bas quoi
en tout cas du terrain
ouais
ça c'est
c'est très c'est compliqué moi j'ai beaucoup échangé avec
des chefs d'entreprise c'est vrai que
la notion le leader c'est pas un statut c'est une fonction
et ça c'est vachement important et au raid on travaillait beaucoup le médecin
au raid s'il pense qu'il a un statut ça marchera pas
par rapport à l'hôpital c'est à dire que l'hôpital
et c'est moi je travaille beaucoup dans les sélections là dessus c'est à dire que
quand on
quand on met un médecin
tu vas être provocateur mais
on a quand même des bons égaux
il y a une fierté
des années d'études bon
et c'est vrai que à l'hôpital on a un vrai statut
voilà quand on accueille un polytraumatisé quand on est dans une
dans un bloc opératoire
notre légitimité elle vient beaucoup de notre statut
nos diplômes les titres tout ce que vous voulez
et les équipes vous confèrent un rôle de leader
sur ces statuts
et au raid moi j'ai vraiment appris
et c'est assez frappant
c'est à dire que clairement je vais résumer
mais vos diplômes ils s'en foutent complètement
et c'est pas
ils connaissent pas même
non mais ceux-ci se doutent que vous avez des diplômes
en me concernant je pense qu'ils avaient des vrais doutes
mais je plaisante
mais oui ils s'en foutent
en tout cas ils vous font très vite comprendre
que c'est pas parce que vous avez des diplômes
que vous allez faire le job
et surtout qu'ils vont vous faire confiance
et ça c'est
et c'est génial parce que ça vous oblige
et pour un médecin ça fait énormément de bien
ça vous oblige à trouver un autre moyen pour qu'il vous fasse confiance
et c'est quoi ce moyen c'est le résultat
et bien c'est pas un c'est plein de moyens
mais ce sera sur votre comportement humain
et votre comportement dans l'action
que au fur et à mesure des événements qu'on va traverser ensemble
alors ça peut être c'est beaucoup des exercices
mais pas uniquement
et c'est à ce moment là
qu'ils vont vraiment vous montrer
qu'ils ont totalement confiance en vous
et vice versa
et ce lien de confiance une fois qu'il est là
après bon il faut l'entretenir
mais ça y est vous êtes admis entre guillemets dans la bulle
ça met combien de temps en général
vous pourriez nous donner une fourchette?
et bien c'est l'intérêt
alors c'est très personne dépendant
mais c'est pour ça qu'il y a des sélections
parce que le problème c'est qu'il faut que
il faut que ça soit efficace quasiment dès l'entrée
moi je vais vous raconter j'ai un jeune médecin
alors qu'il est moins jeune maintenant
mais il a signé son contrat le 3 janvier 2015
il était seul avec une équipe
à faire tout ce qu'on a suivi
c'est à dire la traque des frères Kouachi
à intervenir à l'hypercachère
et donc il est passé de nouveau arrivant
à tout de suite un membre à part entière
sur lequel l'équipe avait entièrement confiance
parce que moi j'étais sur d'autres missions
j'avais une autre équipe
et vous imaginez bien qu'on ne peut pas passer notre temps au téléphone
en disant mais si attends c'est un bon mec
puis si tiens attends je vais t'envoyer son CV
et puis si fais lui confiance
c'est grotesque
or c'est indispensable
que le lien de confiance dans cette bulle
je parle de cellule autonome
il soit ultra solide
et donc
la sélection
la détection
on parle dans l'entreprise maintenant de talent détection
là ça a tout son sens
sauf que pour un médecin
finalement le piège
c'est que moi je m'étais adapté
au fonctionnement du reste
c'est à dire que je ne cherchais pas
des bons médecins
alors évidemment
je mesure mes mots
c'est à dire évidemment que je cherchais
le premier filtre
c'était des médecins très compétents
sur les hémorragies
sur les blessures graves
mais bon
ça c'était peut-être le premier critère
mais après je prenais beaucoup de temps
à essayer de trouver
des personnes qui humainement
avaient toutes les garanties
pour que ça se passe bien
dès leur admission
et là c'est beaucoup plus compliqué en fait
c'est clair
mais ça permet de gagner ce temps
c'est vrai
Ouais, et puis surtout, sinon, c'est. c'est malheureusement
une prise de risque
qu'on ne peut pas avoir
pour que ça se passe mal en intervention
c'est à dire que s'il n'y a pas une confiance
totale entre nous
le risque c'est que ça se paye très cher
et ça c'est pas
on est une trop petite équipe, il n'y a pas de plan B
donc il ne faut surtout pas
se planter
sur le recrutement
et comment vous faisiez
pour ne pas vous planter sur le recrutement
parce que Dieu sait que c'est difficile
d'abord c'est pas du 100%
malheureusement
et puis
on passait beaucoup de temps
justement à essayer
de profiler
des bons candidats
et puis après
le rôle des sélections c'est
d'aller chercher justement
d'aller pousser aux limites
pour voir quelles sont les ressources
dans des situations très complexes
et la semaine de sélection
du RED
c'est que ça pendant plus d'une semaine
à très haute intensité
alors pour les médecins
on le faisait beaucoup plus léger
parce qu'on ne va pas noyer des médecins
dans une piscine par exemple
ça coûte trop cher
comment est-ce que vous Mathieu
vous en êtes arrivé à vous engager pour le RED
parce qu'à la base
si je ne me trompe pas
vous aviez le rêve d'être médecin
c'était quelque chose que vous avez eu très petit
comment est-ce que tout ça s'est fait
médecin
ou
ouais
médecin
d'abord médecin
très petit
médecin
c'est des longues études
donc on est déjà
moi je voulais faire
la décision de devenir médecin
moi je voulais faire du secours
en fait je voulais être gendarme de haute montagne
quand j'étais petit
c'était mon rêve
et donc après j'ai fait
médecine
puis après dans ma carrière médicale
j'ai toujours essayé de faire beaucoup de SAMU
de secours
voilà
et après
il y a eu une opportunité
mais par le secours
le sport
pour intégrer le RAID
évidemment je connaissais le RAID
et le GIGN
et comme tout petit garçon
alors ça ne me faisait pas rêver
en tant que tel
mais évidemment c'était
des unités
que je trouvais intéressantes
je savais à peine au début
alors quand j'étais médecin
je savais qu'il y avait des médecins
parce que je les avais croisés
sur d'autres opérations
mais moi en tant que SAMU
ou au bloc opératoire
j'avais des copains qui étaient médecins au RAID en particulier
donc je savais que ça existait
mais voilà
c'était pas un fantasme du tout
et surtout les bons candidats
moi je dis toujours
les bons candidats
c'est ceux qu'on va chercher
c'est pas ceux qui tapent à la porte
ça c'est vrai dans l'entreprise
mais c'est vrai aussi au RAID
donc quand on m'en a parlé
d'abord j'ai pris le temps
parce que je trouvais que c'était un engagement
qui était quand même pas simple
et qui était pas simple
et qu'il fallait qu'il soit partagé
au niveau familial
en particulier
fallait pas se précipiter
on retourne un peu sur la page blanche
donc j'ai pris du temps
et puis après
je me suis engagé
mais à ce moment là je me suis engagé à 200%
et pour des raisons
qui étaient surtout de vivre une aventure humaine
et ça j'ai pas été déçu
vous disiez c'est intéressant
que c'est une décision
qui doit se faire de manière partagée
avec la famille
parce que c'est clair que quand on prend autant de risques
et puis aussi j'imagine l'investissement de temps
c'est déjà le cas quand on est médecin de base
mais disons que là c'est probablement encore bien plus fort
est-ce que vous pourriez nous parler de cette conversation
je veux pas que ça soit indiscret
mais tellement important en fait
que les décisions professionnelles de cette ampleur
soient partagées dans un couple
comment est-ce que ça s'est fait?
tout naturellement
par des échanges
par aussi du respect de l'autre
il faut laisser du temps
moi je crois beaucoup
le temps est un très bon allié
alors j'ai divorcé depuis
donc c'est un peu parfois compliqué d'en parler
mais je pense que mon ex-femme
me connaissait très bien
je suis pas sûr qu'elle
était hyper enthousiaste
à l'idée que j'intègre le RAID
parce qu'elle savait aussi que j'étais un peu plus
elle savait aussi ce que ça voulait dire
en termes d'engagement
de temps
comme vous l'avez dit
donc elle était
très intelligente
et avait bien compris tout ça
mais elle savait aussi
que j'avais probablement
le bon profil
et que c'était aussi bien
que ça me correspondait
et donc elle s'est pas opposée
alors après pour l'histoire
c'était un peu plus
c'était en 2007
c'était pas le même contexte
en 2007
qu'en 2016 ou 17
et moi après j'avais essayé
je crois que c'était en 2016
donc on était juste après les attentats
et je cherchais
je passais beaucoup de temps
à essayer de
profiler des bons candidats
et j'avais
j'avais trouvé
on va dire une perle rare
et j'avais trouvé
alors j'en ai trouvé plusieurs
mais là c'était une vraie perle rare
qui avait
mais il cochait toutes les cases
et je lui avais dit
on avait pris plusieurs fois
enfin on avait pris un café ensemble
et je lui avais dit
attention
il faut vraiment que
il y ait une adhésion familiale
et malheureusement
enfin je dis malheureusement
mais il a fait le bon choix
il a été honnête
il en a parlé
il venait d'être jeune papa
on était encore ensemble
encore une fois après les attentats
et sa femme
je ne suis pas rentré dans les détails
mais je sais que
entre guillemets
son projet personnel a été
imprimé sur son projet professionnel
et il a fait un bon choix
parce que sinon ça ne peut pas marcher
si vous n'êtes pas 100%
disponible
et qu'il y a une angoisse
qui est en plus partagée par la famille
voire augmentée
parce que ce sera la réalité
de ce qu'il y a de plus en plus
sur le terrain
et je pense qu'il y a des choses
qui vont se passer
et il y a de plus en plus
de choses qui vont se passer
et je pense qu'il y a
de plus en plus de choses
qui vont se passer
parce qu'il y a des choses
qui vont se passer
parce qu'il y a de plus en plus
de choses qui vont se passer
voilà après ça c'est
il faut que ce soit un projet
à la fois personnel
professionnel
mais évidemment avec une adhésion
de votre entourage propre
parce que vous en aurez
forcément besoin
et si il y a
enfin c'est pas un conflit mais
parce que les émotions
il faut les partager
parce que les craintes
il faut les partager
parce que voilà
et ça c'est compliqué
je trouve ça intéressant
qu'on en parle
parce que même si c'est
évidemment à une autre échelle
quand on est entrepreneur
de la même manière
on a besoin du soutien
de l'entourage
et en particulier du conjoint
et c'est vrai que je pense
qu'il y a pas mal de personnes
qui quand ils ont un rêve
ou une envie
forcent un peu les choses
et là si j'entends bien
ce que vous nous dites
c'est que bon bah après
il faut faire des choix
et ça peut mettre en péril
le couple
mais disons que le fait
d'être soit dans le déni
soit de ne pas rendre
en parler
soit de forcer les choses
se retourne en général
contre nous quoi
ouais mais c'est aussi pour ça
je pense qu'il faut
laisser du temps
parce que le temps
ça permet de convaincre
sans tricher
c'est-à-dire en étant authentique
en étant soi-même
ça c'est indispensable
et montrer à l'autre
ou aux autres
parce que c'est
et au sein d'une équipe
ou d'une entreprise
c'est une équipe
il faut être authentique
il faut pas essayer de tricher
et d'essayer de voir
comment on va éviter
ou éluder
les problèmes
et se cacher
derrière quoi que ce soit
parce que là on se plante
avec les tensions
du monde moderne
plus
à mon avis
plus on trichera
au départ
plus on le paiera cher
après
et un entrepreneur
alors oui
c'est
il est seul
il est
parfois
il porte beaucoup
de responsabilités
il a sa vision
et
mais il faut qu'il arrive
à la partager
ou en tout cas
à être suffisamment convaincant
pour fédérer avec lui
pour qu'il sache
qu'il y a
il y a son
il y a sa bulle familiale
et ça
alors je suis
moi je suis jeune entrepreneur
mais
je pense que le temps
est un allié précieux
ouais
oui aussi
ne serait-ce que
pour montrer
que c'est pas une lubie
et que c'est pas
juste votre prochaine
nouvelle bonne idée
qui va en fait
passer trois mois plus tard
et puis pas tricher
c'est-à-dire
qu'on n'est pas tous faits
pour être entrepreneur
on n'est pas tous faits
pour être dans tous les
enfin j'ai
je
moi je
l'authenticité
elle est indispensable
et quand je parle
d'authenticité
c'est soi-même
dans sa glace
enfin devant sa glace
il ne faut pas se tricher
enfin la seule personne
avec qui il ne faut pas tricher
je ne dis pas
qu'il faut tricher
avec les autres
mais en tout cas
avec soi-même
il ne faut jamais tricher
et ça
c'est
c'est pas évident
ouais
on l'a tous fait
mais
mais
moi
en tout cas
c'est
c'est vraiment
je pense
c'est
c'est
l'enseignement
que je tire
de
de
bah
de
de
ma première partie de vie
on va dire
c'est vraiment
être très honnête avec soi-même
ça pousse aussi à être honnête
avec les autres
et très authentique
c'est à dire on a des qualités
je suis loin d'être
j'ai de gros gros défauts
mais je le sais
j'ai une bonne cartographie
j'essaye d'avoir la meilleure cartographie
émotionnelle
et puis prendre du temps
et pas chercher à vouloir avancer trop vite
on s'éloigne un peu
ce qui n'est pas facile
pas toujours facile de ne pas vouloir
avancer trop vite
et puis vous prenez
et puis aimer
l'échec
entre guillemets
l'échec qui fait avancer
et ça aussi
c'est quelque chose que j'ai beaucoup appris
de ces dernières années
toutes ces crises
ça me fait une belle transition Mathieu
on arrive à la fin de cette conversation
et j'ai toujours des questions
un peu perso
un peu philosophique on va dire
en tout cas j'aime bien considérer qu'elles le sont
que j'appelle mon crible
la première justement c'est
est-ce que vous avez vécu dans votre vie
un grand échec
votre plus bel échec
les enseignements
qu'est-ce qui vous a appris
est-ce que vous pouvez m'en parler
alors
par respect
pour certaines personnes
je ne donnerai pas
les détails de l'échec
mais c'est un vrai vrai échec personnel
dans mon cadre professionnel
en tant qu'anesthésiste réanimateur
qui était
qui est
extrêmement difficile
qui est extrêmement difficile
à vivre
mais
ça m'a
ça m'a appris
ça m'a appris énormément
parce que dès le début
je me suis dit
un je vais assumer
deux
je vais pas
ça ne va pas modifier
la confiance
que j'ai en moi
ça va modifier beaucoup de choses
mais pas la confiance que j'ai en moi
c'est à dire que je suis
je suis un bon médecin
toutes les équipes avec lesquelles
j'ai travaillé ont confiance en moi
j'ai comme tout le monde
je ne suis pas pas un médecin
loin d'être parfait
j'ai plein de défauts
mais
ce capital confiance
il est là
et par contre
évidemment
je vais chercher
à tirer tous les enseignements
c'est à dire
à être très honnête
tirer tous les enseignements
pour ne jamais
jamais jamais
refaire ça
et ça
c'est dur
parce que
là encore une fois
seul le premier soir
devant la glace
je me dis
ça fait très mal
mais derrière
c'est une énorme force
c'est un capital
force extrême
et donc oui
c'est un échec
qui m'a fait énormément grandir
à la fois humainement
et professionnellement
après je ne peux pas rentrer
dans les détails
mais je pense que
vous comprendrez
entre les lignes
voilà
s'il y avait quelque chose
à refaire
Mathieu
personnellement
professionnellement
qu'est-ce que vous
referiez différemment?
ça c'est une question
que j'aime pas
parce que j'assume tout
les bonnes
comme les mauvaises
vous avez le droit
non non
mais je comprends
très bien la question
mais j'ai un peu répondu
avec la question précédente
c'est à dire que moi
ce qui m'intéresse
c'est l'après
c'est comme
si
si j'avais
si j'étais confronté
à certaines situations
que j'ai déjà vécues
comment je vais
maintenant
avec
tout le
le bagage
que j'ai
que j'ai acquis
comment je ferais
encore mieux
comment je serais meilleur
comment j'emmènerais
encore plus
facilement
des équipes
comment je managerais
demain
une équipe
voilà
mais ce qui a été fait
est fait
et encore une fois
j'assume
j'assume pleinement
ma part
de responsabilité
et j'assume
et donc
je ne cherche pas
à refaire
le passé
mon passé
il me va très bien
c'est par contre
je sais qu'il y a
beaucoup de choses
sur lesquelles
je probablement
je prendrai
certaines décisions
différemment
je recruterai
sur le management
oui
j'ai appris
beaucoup
de mes années
au RAID
mais je ne regrette rien
je ferai différemment
qu'est-ce que
vous trouvez beau
pour vous
soit au sens littéral
soit au sens
métaphorique
les jeunes
l'espoir
que
j'aime beaucoup
ça m'arrive
d'avoir des échanges
j'ai fait
il n'y a pas si longtemps
que ça
une expérience incroyable
c'était des chefs d'entreprise
qui s'étaient réunis
avec leurs enfants
et c'était
mais génial
c'est-à-dire qu'on a parlé
de ces sujets-là
de la performance
collective
de l'humain
confronté
au stress
à l'insécurité
à l'incertitude
mais avec des jeunes
et moi j'ai trouvé ça
mais fantastique
parce qu'ils sont pleins
moi
je trouve qu'ils ont
parfois des choses
qui ne vont pas
mais ils me donnent
beaucoup d'espoir
ça va
à commencer par les miens
ça va contre les idées reçues
parce qu'il y a
beaucoup de gens
à l'heure actuelle
qui se plaignent
de la jeunesse
vous savez
en nous expliquant
que vraiment
c'est plus comme avant
etc.
donc je crois
que ce n'est pas votre cas
qui continue à se plaindre
moi ça me
ça n'a jamais été mon cas
mais encore moins maintenant
et qu'il y a
évidemment que la société
elle change
mais nos grands-parents
ils disaient déjà
la même chose
donc
bon et finalement
on n'est pas complètement
on n'a pas tout foiré
donc
ouais
moi il faut vraiment
qu'on ait confiance
dans cette jeunesse
parce que si nous
on ne leur donne pas
cette confiance
alors ils ont raison
de douter
quoi
et puis
à l'inverse Mathieu
qu'est-ce qui vous irrite
qu'est-ce qui vous énerve
qu'est-ce que
vous n'aimez pas
voir
le manque de sincérité
et d'authenticité
et puis
alors m'irriter
ça ne m'irrite pas
parce que
maintenant
j'ai vraiment appris
moi j'essaie de me concentrer
sur ce que je maîtrise
sur là où j'ai un levier
pour agir
et le reste
j'essaie de le mettre de côté
et c'est valable
pour les émotions
comme sur
les relations
les relations
les relations
les relations
inter-humaines
et donc
voilà
ça ne m'irrite pas
mais c'est vrai
qu'un monde
trop concentré
sur la communication
sur
si on parle
des émotions
mais
j'adore
les émotions
mais quand elles sont
synonymes
d'action
quand on va pouvoir
faire quelque chose
les émotions
où on est passif
devant sa télé
à regarder
des choses
qui sont
pour moi
c'est pas bon
ça va pas dans le bon sens
et surtout
on est en train
de détruire
nos qualités
intrinsèques
pour faire face
aux réelles émotions
ou à la réelle souffrance
ou à la réelle difficulté
c'est qu'à force
de bouffer
de l'émotion
de façon passive
sans pouvoir agir
avec en plus
la notion
qu'il faut
faire
de l'émotion
de l'émotion
il faut être
c'est un sujet délicat
mais ça oui
c'est pas que ça m'irrite
mais ça me déçoit
et je pense que
vous aimez pas
les gens
qui prennent pas
leurs responsabilités
qui se
ben ouais
ça veut un peu dire ça
mais non
parce que
c'est encore
c'est encore autre chose
mais oui évidemment
alors ça je supporte pas
mais
moi il y a une phrase
que je voudrais interdire
alors je le dis tout le temps
à mes enfants
donc je l'interdis
uniquement
à mes enfants
parce que
c'est encore avec eux
que j'essaye
d'avoir un peu
d'action
mais c'est
c'est pas ma faute
c'est une phrase
dans notre société
elle est
mais je la trouve mortelle
et malheureusement
et en particulier
dans des moments difficiles
où dans
ben on a parlé
d'échec
on a parlé
de
d'erreur
on parle de
tout ce que vous voulez
la phrase
c'est pas ma faute
mais
pour moi
je serai
dans une entrecherie
je serai
DRH
dans une entreprise
je mettrai des panneaux
partout
c'est la phrase
à bannir
c'est ça
et j'ai le droit
les deux
et elles vont ensemble
mais elles sont
c'est destructeur
et c'est destructeur
parce qu'en fait
ça nous
on se trompe
ça nous détruit
ça nous enlève
cette capacité
justement
pour faire face
et pour rebondir
d'événements
qui au départ
évidemment
nous plaisent pas
on en est bien
tous conscients
ça nous rend passifs
quoi
ça nous rend passifs
et ça nous renvoie
à la passivité
par rapport
et passivité
ensuite
c'est l'assistanat
parce que
comme on réagit pas
la seule
la seule solution
on va éventuellement
vous assister
pour éviter
le naufrage
complet
or
on a
il faut assister
je dis pas le contraire
il y a plein
il faut
j'en ai de la preuve vivante
non mais
oui oui
non mais
évidemment
qu'il y a
il faut s'aider
s'entraider
mais
on a aussi
en chacun de nous
énormément de force
et d'ailleurs
moi
il nous faudrait
une autre émission mais
j'ai rencontré pas mal de gens
qui avaient
vécu des drames personnels
j'avais rien à voir avec eux
mais qui étaient allés d'échec en échec
sur le plan du soutien psychologique
et ça m'est arrivé d'en rencontrer
quelques-uns
et moi
je suis pas du tout psychiatre
je suis peut-être pas la bonne
personne mais je leur ai dit
ce que je vois en toi c'est beaucoup
de force et
les gens qui veulent t'aider ils t'aideront d'autant plus
que c'est toi l'acteur
de ta reconstruction
entre guillemets et quand je vous parle de drame
c'était des gens
qui avaient vécu des trucs
je n'en parlerai
même pas
tellement c'était dur
et rien qu'en
leur disant
moi j'ai vu dans tes yeux
parce que j'aime beaucoup
la transmission par le regard
j'ai vu dans tes yeux
j'ai vu dans tes yeux
j'ai vu dans tes yeux
cette force
de faire face
et déjà là ils vous sourient
leur visage change
et leur visage s'illumine
c'est en eux ça existe
sa lumière elle est là
et après il faudra les aider
et évidemment il faudra les accompagner
il y a plein de gens très compétents
pour aller les accompagner
et pour apporter une aide
mais moi l'aide sur quelqu'un
qui malheureusement est en train de sombrer
je
je n'y crois pas
or on a en nous les forces
et donc quand je parle de passivité
il faut peut-être inverser
juste en disant
on a en nous des qualités
pour faire face
quand je dis nous c'est individuel
mais c'est aussi au sein d'un collectif
une famille, une entreprise
un groupe comme le RAID et autres
et après on trouvera les moyens
d'être accompagné
mettre le masque sur soi d'abord
et puis ensuite on va faire ça
ensuite sur les autres
parfois il y a des gens qui me disent
non il y a des gens qui souffrent vraiment
il y a des gens qui ont
et j'en suis conscient
c'est mon métier
je le vois bien
mais malheureusement
je suis été fabriqué comme ça
je suis persuadé qu'on a
on a tous en nous une capacité
d'agir malgré
les drames et les événements
les événements de la vie
les émotions
et que ça il faut le cultiver
alors ça ne veut pas dire qu'il faut se prendre
des baffes dans la gueule toute la journée
mais il ne faut pas le tuer
et on est dans une société
qui est en train d'essayer de tuer ça
et ça tu me demandais
ce qui me rend triste
ou qui m'irrite
alors ça ne m'irrite pas mais ça me rend triste
je comprends et je partage
je vous remercie Mathieu
j'ai encore quelques petites questions
une Maxime, une citation
qui vous touche, qui vous tient à coeur
que vous aimez, que vous dites à vos enfants
que vous pourriez nous partager
alors j'adore
utiliser des citations
mais on le fait beaucoup
moi je t'ai dit la phrase
la phrase c'est pas ma faute
alors c'est pas une citation mais ça j'aime bien
après
après il y avait
Mike Tyson
qui est un grand philosophe
qui avait dit un jour
tout le monde a un plan
jusqu'à ce qu'il ait pris un point dans la figure
alors je l'utilise beaucoup
dans le cadre de l'entreprise
parce que malheureusement c'est tellement vrai
et encore une fois
pour moi c'est la définition
on parle du leader
opérationnel qui vient
de la base ou du terrain
des points dans la figure
lui il en a pris tellement
qu'il dit ça a du poids
ça a du sens, il est authentique
donc sa citation
est forcément
elle raisonne
à 1000%
elle est assez géniale
je crois que c'est en anglais
everyone has a plan until they get punched in the face
un truc comme ça, elle est énorme
c'est exactement ça, je ne me suis pas permis de la faire en anglais
vous pouvez
une croyance
qui est controversée
on en a un peu parlé, c'est une question que j'aime bien
est-ce que vous constatez que le monde
autour de vous et de nous
ne partage pas
un certain nombre de valeurs ou de croyances
qui pourtant
pour vous sont des vérités
une croyance que
vous l'avez un peu dit quand même
je me permets
mais cette notion
de se sauver soi-même
avant de demander de l'aide
je pense que ça en fait un peu partie
oui oui oui
j'essaye de
alors déjà
moi le mot croyance je suis un petit peu
c'est pas celui qui me met
je l'aime pas trop non plus
c'est pas celui qui me met le plus à l'aise
et qui est controversé
controversé au sens où vous constatez
que c'est plutôt pas partagé autour de vous
moi je pense qu'on
on est en train
je vais pas faire de la politique
ou de la grande philosophie
mais c'est vrai que
en plus je connais bien les flics
et je les aime
je pense qu'on a tous
on est tous là
pour faire le bien
autour de nous
quel que soit son rayon d'action
entre guillemets
on est tous quand même portés vers
un engagement qui
nous pousse à
à se faire un peu plus de bien
à se faire un peu plus de bien
apporter
du bien-être
pour nous
et pour autrui
et on est dans une société
où on essaye d'être tous les uns
contre les autres
et ça moi c'est
c'est pas une croyance
mais en tout cas moi je crois
alors à l'inverse personnellement
qu'on dit qu'il y a du bien en chacun de nous
j'en suis mais intimement convaincu
après on a le droit de pas penser tous la même chose
on a le droit de pas être tous d'accord
on a le droit de
politiquement on a tous des opinions différentes
mais moi quelqu'un
même de l'extrême gauche
à l'extrême droite
il y a des idées
que évidemment je partage absolument pas
mais
je pense personnellement que
c'est pas pour détruire
qu'il y a de la peur
il y a plein de choses qui poussent
sur les extrêmes en particulier
mais c'est pas pour détruire
la société
évidemment on pense trop à sa gueule
et on est dans une société hyper individualiste
mais clairement l'homme
il a besoin de relations humaines
et de relations qui soient
constructives et pas destructives
destructrices pardon
et ça
en tout cas moi je crois à ça
et malheureusement
je pense qu'on est dans une société
qui veut cliver tout le monde
qui veut beaucoup de clivage
et
je pense que c'est ça
et moi je me reconnais pas du tout
les noms
je vous remercie
d'avoir partagé ça avec nous
c'est très perso
mais je le garde pour moi
et quelques
milliers de personnes qui vont
savoir
ça reste entre nous
non parce qu'il y en a qui vont dire
c'est terrible parce que
moi je suis vachement dans la modération
en fait
et je suis
je suis
voilà et les extrêmes
évidemment je les comprends pas
enfin je les comprends pas
parfois il y a certaines
il y a des raccourcis que je peux
je sais ce que peut être la souffrance
de certaines personnes que ce soit
l'impression si c'est pour l'extrême gauche
que c'est toutes les richesses
sont confisquées que ceci que cela
évidemment que je
je vois bien
quel est le raccourci qui peut mener à ça
je sais bien quel est
la vie que certaines personnes ont
après sur les solutions
je suis malheureusement
je suis pas d'accord
parce que je sais que l'histoire a montré
que ça n'avait pas beaucoup de
ça sera un échec
et puis je peux aussi
même si j'adhère absolument pas
mais
je connais des personnes
qui là aussi font des raccourcis
malheureux
qui essayent de cliver une partie
de la société contre une autre
une religion contre une autre
c'est uniquement malheureusement
souvent porté par la peur
mais encore une fois
il n'y a pas que
ils ne sont pas détestables pour autant
et
il faut voir
il y a probablement plein de bonnes choses à faire
dans une société
qui doit pas être
plus clivante qu'elle n'est
actuellement
et il faut qu'on travaille tous ensemble à ça
ça n'a rien à voir avec mon boulot
merci d'avoir partagé en tout cas
ma dernière question pour vous Mathieu
c'est est-ce qu'il y a un livre
ou deux livres on va dire
qui vous ont particulièrement marqué
que vous pourriez nous décrire
et nous dire pourquoi vous nous l'avez recommandé
pourquoi est-ce qu'ils vous ont fait réfléchir différemment
ils vous ont fait changer
qu'est-ce qu'ils vous ont apporté
je lis beaucoup donc il y en aurait plein
mais
il y a
il y en a un
qui est un livre
c'est une anecdote
mais j'ai adoré
parce que c'était entre fragilité et force
c'est deux petits pas mouillés sur le sol
je sais plus le nom de deux petits pas mouillés sur le sable ou deux pas de pas mouillés sur le
sable ou deux petits pas je sais plus le titre exact c'était une femme c'était son premier livre
et je crois c'est son dernier qui a écrit son histoire personnelle avec en fait c'est le pas
le pâté d'un d'une de ses sa fille en premier je crois qu'ils étaient elles découvrent par sa
marche dans le sable une maladie grave dont elle va malheureusement décédé et puis après
elle s'aperçoit que son deuxième enfant est atteint enfin elle raconte tout ça et c'est
entre fragilité et force c'est beaucoup d'émotions qu'elle partage et pour l'anecdote donc c'est ça
m'a un livre qui m'a beaucoup marqué parce que j'étais avec le raid au sommet on protégeait
le sommet du g8 à Deauville et on était dans une salle protégée juste à côté de la salle
de réunion des chefs d'état donc j'avais quasiment en visuel les huit plus grands chefs d'état de la
planète et je pleurais je lisais je les lui en c'était ça se lit très vite et je passais j'ai
passé deux heures à pleurer pleurer pleurer alors que j'étais en noir
avec marqué reine médecin et tout et j'essayais pour l'histoire j'essayais quand même de me cacher
vis-à-vis de mes collègues parce que on pensait que le médecin mais c'est qu'elle fiotte ce qui
n'était pas vrai c'est à dire que moi j'adore montrer mes faiblesses et mes fragilités et ce
livre c'est tout ça c'est à dire que c'est beaucoup de fragilité et de force en même temps voilà c'est
ça et puis il y en a un autre c'est hubert joly récemment c'est un ami qui m'a comme je travaillais
justement avec lui pour essayer de voir comment mon expertise pouvait se transposer sur l'entreprise
et il m'avait invité à lire hubert joly qui s'appelle l'entreprise une affaire de coeur
je crois que c'est ça et j'ai trouvé alors j'avais l'impression en lisant que j'étais au raid ou en
médecine d'urgence donc je me suis dit bah finalement en fait les ça répond bien à ma
question est ce que finalement des organisations vivent la même chose peut-être pas le même niveau
d'intensité bas la réponse était évidemment oui parce que le donc hubert joly a dirigé best buy
qui était une énorme boîte américaine et en fait quand il parle de management c'est exactement tout
ce qu'on a dit sur la confiance sur les sélections sur bon et il y en a d'autres un des livres comme
ça mais mais c'est vrai que ce livre là je me lis ans je me suis dit bah ouais bah c'est bon j'ai en
fait on vit tous la même chose ce qui est ce qui est applicable au raid ou dans un service de
médecine d'urgence basse est tout à fait transposable dans une entreprise transposable ça veut pas dire
que c'est faut pas faire du copier-coller moi j'ai beaucoup travaillé sur essayer de voir des
passerelles entre les médecins du raid et les médecins hospitaliers c'est évidemment c'est pas
le même monde c'est pas du tout le même monde et il faut pas penser que tiens à bas là bas c'était
super ça marche maintenant on va essayer de copier on va faire y faire la même chose ça c'est pas
comme ça mais il ya quand même plein de petits deux petits outils qui peuvent être transposé être repli qu'est ce
c'est à dire à chacun
moi quand je fais une conférence
j'essaie surtout pas de raconter à un chef d'entreprise
comment il faut qu'il fasse
j'essaie de lui raconter comment moi
au travers de mon expérience
j'en ai
tiré des enseignements
et d'essayer de
entre guillemets de lui donner
des clés de lecture pour qu'il se dise
bah oui
à moi maintenant d'aller faire
le dernier bout de chemin pour me dire
ça ça m'a parlé
ça aussi
mais c'est sur des mots en plus c'est sur
la confiance
ou est-ce que c'est
du domaine
particulier du RAID
ou d'un médecin urgentiste ou anesthésiste
réanimateur non on en a tous besoin
et donc
et voilà
on n'attend pas de moi que je vienne expliquer
j'ai pas fait HEC
non mais vous êtes prof
à l'ESSEC si je me trompe pas maintenant
alors je donne
des cours à l'ESSEC oui
mais ça fait pas de moi
un prof de management
je partage mon
je partage mon expérience
et puis je mets en situation
j'aime bien faire des
ce que je sais bien faire
c'est essayer de les pousser
sur des exercices qui vont
essayer de révéler justement
des attitudes
des comportements
essayer surtout de voir ensemble
comment on va essayer
de s'améliorer
un exercice
le but c'est de se planter
ça parfois c'est mal vécu
oui alors qu'en fait
si jamais on le maîtrisait
on n'aurait pas besoin
de faire l'exercice
si c'est pour dérouler
la checklist
ou le classeur
pour vérifier que tout va bien
on va aller boire une bière
et ça ira aussi bien
on aura perdu moins de temps
le but d'un exercice
c'est d'aller voir ce qui va pas
pour le corriger
et ça au RAID
on fait ça
on a cette culture permanente
après c'est exigeant
c'est fatigant
Mathieu merci mille fois
pour tout ce que vous avez partagé
avec nous
pour la petite anecdote
j'ai retrouvé le livre dont vous parliez
c'est deux petits pas sur le sable mouillé
j'avais tout dans le détail
de Anne Dauphine
et puis le livre d'Hubert Joly
d'ailleurs j'invite les auditeurs
à écouter l'épisode que j'ai fait avec Hubert Joly
qui était génial
où on a beaucoup parlé de son livre
l'entreprise d'une affaire de coeur
et Mathieu je vous remercie mille fois
pour votre temps
si jamais mes chers amis auditeurs du podcast
vous avez envie d'en savoir plus sur Mathieu
déjà vous pouvez le suivre sur LinkedIn
et puis vous publiez pas mal de choses
franchement c'est vraiment intéressant
si jamais on veut
peut-être booker une conférence avec vous
Mathieu ou rentrer en contact
qu'est-ce que vous recommandez plutôt LinkedIn?
LinkedIn ou le site internet
tout ça
ça retourne sur
la même personne
ou les mêmes personnes
mais c'est vrai que LinkedIn
c'est un bon moyen
ça fonctionne plutôt bien
c'est efficace
c'est un bon moyen de communiquer
et puis dernière chose
si vous avez envie d'en savoir plus
sur ce que c'est que d'être médecin du RAID
et bien donc le livre de Mathieu
médecin du RAID
vivre en état d'urgence
où donc il fait le récit
de tous ces
de tous ces moments de crise
et de la crise
et comment humainement
les gérer
Mathieu je vous remercie mille fois
pour le temps que vous avez consacré
à moi au podcast
et puis à notre audience
c'était très précieux
et j'espère qu'on aura le plaisir
de se rencontrer en vrai
à l'occasion
avec grand plaisir
merci beaucoup
merci beaucoup à vous
bye bye les amis
c'est la fin de cet épisode
mais avant de vous quitter
quelques détails en plus
d'abord pour toutes les infos
sur le podcast
et cet épisode
ça se passe bien
sur podignanio.com
vous aurez tout
promis
juré
aussi si vous souhaitez
me contacter
pour me poser des questions
ou me proposer de nouveaux invités
et bien n'hésitez pas
à le faire directement
sur LinkedIn
Instagram
ou Youtube
je vous attends
enfin encore mille merci
de m'avoir écouté jusqu'ici
j'espère de tout coeur
que ça vous a plu
et je vous dis à très vite
pour un nouvel épisode
à très bientôt! Bye! :-D
Podcast Summary
Key Points:
Le médecin du RAID, Mathieu, décrit son expérience lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan, en mettant l'accent sur la gestion émotionnelle et humaine plutôt que sur l'aspect technique.
L'importance de la "page blanche"
La préparation et l'entraînement sont essentiels pour passer de l'émotion à l'action, mais l'improvisation n'existe pas ; il s'agit plutôt d'adaptation et d'agilité grâce à des outils maîtrisés.
Les crises révèlent que les facteurs humains internes (confiance, communication, leadership) sont plus destructeurs que les menaces externes ; le leadership émerge souvent du terrain, pas du statut.
Le recrutement au RAID repose sur la détection de qualités humaines et authentiques, et les décisions professionnelles majeures doivent être partagées avec la famille.
L'échec, assumé et analysé, est une source de force et de croissance ; les phrases comme "c'est pas ma faute" sont destructrices et à bannir.
La jeunesse est une source d'espoir, et des livres comme "Deux petits pas sur le sable mouillé" et "L'entreprise, une affaire de cœur" illustrent la transposition des enseignements du RAID au monde de l'entreprise.
Summary:
Dans cet entretien, Mathieu, médecin du RAID, revient sur son expérience lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan. Il insiste sur l'importance de la préparation mentale et émotionnelle pour éviter la sidération, un état de protection du cerveau qui empêche d'agir. Il décrit la notion de "page blanche" : accepter que la crise nous dépasse au départ, observer la situation globalement, puis prioriser les actions.
Cette phase, bien que courte grâce à l'entraînement, est cruciale pour passer de l'émotion à l'action de manière efficace. Il explique que l'improvisation n'existe pas ; il s'agit plutôt d'adaptation et d'agilité, en s'appuyant sur des outils maîtrisés et une confiance collective. Mathieu souligne que les crises, qu'elles soient terroristes, sanitaires (comme le Covid) ou entrepreneuriales, révèlent que les facteurs humains internes – la communication, la confiance, le leadership – sont souvent plus destructeurs que les menaces externes.
Le leadership, dit-il, n'est pas un statut mais une fonction, et il émerge souvent du terrain. Il aborde aussi le recrutement au RAID, basé sur des qualités humaines et l'authenticité, et l'importance de partager les décisions professionnelles majeures avec sa famille. Enfin, il partage sa vision de l'échec, qu'il considère comme une source de force, et critique la passivité et les phrases comme "c'est pas ma faute".
Il termine en exprimant sa confiance dans la jeunesse et en recommandant des livres qui illustrent la transposition de ses enseignements au monde de l'entreprise.
FAQs
C'est la phase initiale où l'on accepte que la crise nous dépasse, pour observer et comprendre la situation avant d'agir. Cela permet d'éviter des erreurs et de construire des solutions adaptées.
Grâce à la préparation et à l'entraînement, on passe de l'émotion à l'action de façon quasi automatique, sans déni. La sidération est une protection du cerveau qui bloque l'action, il faut donc la prévenir.
L'improvisation suggère une approche non préparée, alors qu'il s'agit d'agilité et d'adaptation. On maîtrise des process et des outils pour s'adapter à la situation, avec des plans simples et flexibles.
Les facteurs humains internes, comme la confiance et la communication, sont souvent plus destructeurs que les agressions externes. Il est crucial de les travailler pour une gestion de crise efficace.
La confiance se gagne par l'authenticité et le comportement dans l'action, pas par les diplômes ou le statut. Le leader doit être légitime et capable d'incarner ses décisions pour fédérer l'équipe.
Une décision comme intégrer le RAID nécessite une adhésion familiale pour être viable. Le partage des émotions et des craintes est essentiel pour éviter les conflits et être pleinement disponible.
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