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5.23 Ecrire de bons romans SF avec Floriane Soulas

57m 58s

5.23 Ecrire de bons romans SF avec Floriane Soulas

Dans cet épisode du Café des auteurs, Floriane Soula, ingénieure en aéronautique et autrice de science-fiction, partage son parcours et sa méthode créative. Elle raconte comment elle a commencé par écrire des nouvelles pour se découvrir en tant qu'autrice, avant de publier son premier roman *Rouille*, un steampunk inspiré par une conférence à Geekopolis et son amour pour Zola. Elle explique avoir exploré de nombreux genres — fantasy japonisante, space opera, post-apocalyptique, jeunesse et cyberpunk — sans jamais se limiter à un seul, et comment elle a découvert que la novella était le format idéal pour *Soma*, lui permettant de se concentrer sur un seul personnage sans intrigues secondaires. Floriane insiste sur l'importance de continuer à travailler comme ingénieure, car son métier nourrit son écriture et lui donne accès à des ressources scientifiques précieuses. Elle souligne également le rôle crucial de la bêta-lecture et de l'écriture en communauté, ayant elle-même toujours écrit accompagnée. Enfin, elle conseille aux auteurs en herbe de lire beaucoup, de laisser les idées mûrir et d'écrire ce qu'ils ont vraiment envie d'écrire, sans se soucier des tendances ou des genres, car la passion se ressent toujours dans le texte final.

Transcription

12772 Words, 68723 Characters

French
Speaker 1Et le collègue écrivain, dans cet épisode du Café des auteurs, ça y est, les invités sont de retour, et on reprend avec Floriane Soula, une autrice de science-fiction, de steampunk, de plusieurs genres différents, qui nous parle des différents romans qu'elle a pu écrire et comment. Ce sont à chaque fois des romans très ambitieux, très marqués, et qui ne se cantonnent jamais à un seul genre, bien au contraire, c'est ce qu'on va voir, il y a du cyberpunk, du steampunk, un peu d'horreur. Bref, tu verras que Floriane ne se met aucune limite, et je suis particulièrement contente de te présenter aussi cette autrice, parce qu'elle m'a énormément influencée dans l'écriture de mes romans de science-fiction, et tu verras comment elle parle de son roman de science-fiction, Les Oubliés de Lama, c'est très intéressant. Il y a également tout un aspect éditorial, un aspect créatif, le fait qu'elle a commencé par les nouvelles, comment elle écrit, bref, un épisode riche. J'espère que cet échange te plaira, j'espère que Floriane t'aidera à écrire tes romans, surtout si tu écris de la science-fiction, fonce découvrir ses livres. Je te laisse avec notre épisode. Ça fait plaisir de t'avoir ici. Oui, je suis très contente. Est-ce que tu pourrais te présenter pour les auditeurs qui ne te connaîtraient pas?
Speaker 2Oui, bien sûr. Alors, je m'appelle Floriane Soulaz, je suis à la base ingénieure dans l'aéronautique, et depuis 2018, je suis aussi autrice de romans, alors maintenant surtout de SF, mais aussi un peu de fantasy et de steampunk. Je fais un peu tout, je me balade et je m'amuse.
Speaker 1Et on va en parler de toute cette balade. Et du coup, tu nous as dit 2018, ça doit être la date de ton premier roman publié. Oui, c'est ça. Et tu l'écrivais depuis quand avant ça?
Speaker 2J'ai commencé à écrire sur des forums obscurs, quand j'étais en prépa, donc ça devait être en 2007, 2008, 2009. Et j'ai commencé vraiment à écrire des nouvelles dans l'objectif de publier quand je suis rentrée en thèse, donc c'était autour de 2012, 2013. Et j'ai publié mes premières nouvelles en 2015, 2014 ou 2015, et j'en ai publié genre 3, 4 d'affilées. Et après, j'ai commencé à écrire mon premier roman. Et c'était ce roman-là que tu as publié en premier? C'est ça, oui. Oh! Donc, premier roman, première publication, c'est pas commun. Pas comme mes nouvelles où j'en ai écrit 25 000 avant de comprendre comment ça fonctionnait et d'en avoir une qui marche. Ah ouais, du coup, les nouvelles, c'était l'entraînement pour le roman, en fait. En fait, c'est parce qu'au début, quand j'ai commencé à écrire, je me suis dit, j'ai pas le bagage pour écrire un roman. Je sais pas encore ce que je veux vraiment écrire. Est-ce que j'ai des genres? Est-ce que j'ai des genres de prédilection? En fait, je me connaissais pas en tant qu'autrice, quoi. Et du coup, en fait, j'ai juste répondu à tous les appels à textes de nouvelles que j'ai trouvés. J'ai tout testé. Et notamment, c'est comme ça que je me suis rendu compte que, par exemple, la fantaisie, c'était pas vraiment quelque chose qui me plaisait d'écrire. Que j'aimais le lire, mais pas tant l'écrire, en fait. Même là, tu vois, j'en fais un peu. C'est pas ce que je préfère. Ça me demande plus d'efforts que d'autres genres. Et j'ai découvert, par exemple, que j'aimais beaucoup l'horreur, à ce moment-là. Parce qu'une de mes premières nouvelles publiées, c'était une nouvelle d'horreur. Et j'ai découvert le steampunk en écrivant des nouvelles. Et après, quand je me suis dit. Bon, en fait, je pense avoir compris à peu près comment construire quelque chose, quoi. Et que j'avais vraiment une idée que je voulais exploiter. Je me suis dit, je vais écrire mon roman. Et c'était évident qu'à ce moment-là, que je ferais du steampunk.
Speaker 1C'est intéressant parce que je pense qu'effectivement, les nouvelles, ça fait un peu laboratoire aussi. Et on peut s'en servir pour, notamment comme toi, faire de l'expérimentation. Qu'est-ce qu'on aime, qu'est-ce qu'on n'aime pas, qu'est-ce qu'on sait faire, pas faire.
Speaker 2Exactement. Et alors, pour le coup, c'est très différent du roman. Et je ne pense pas que ce soit un bon entraînement pour écrire du roman. Par contre, je pense que c'est un super entraînement pour juste s'amuser, explorer, et essayer de voir, en fait, sur un temps court. Parce qu'une nouvelle, ça prend, allez, disons, un mois. Ça se compte en semaines, quoi, d'écrire un texte. Et je me dis, en fait, tu peux multiplier ça X fois dans l'année et tester plein de choses. Et ce que je trouvais aussi intéressant avec ces appels à textes, contrainte, en fin de compte, de devoir écrire, déjà, bon, avec une deadline, une contrainte de signe aussi, des contraintes de thème, des choses auxquelles tu n'aurais pas forcément, toi, pensé ou vers lesquelles tu ne serais pas forcément allé. Moi, je trouve que la contrainte, elle peut être vraiment très vertueuse. En tout cas, moi, ça m'inspire beaucoup. Alors, il ne faut pas qu'il y ait des contraintes trop dures, quoi. Mais le fait d'avoir un thème imposé, d'avoir parfois des éléments obligatoires, une taille imposée, je trouve que ça peut être très positif. Enfin, moi, en tout cas, ça me. Je trouve que ça m'aide vachement à écrire, quoi. J'aime bien ça. Ça donne un cadre et nous, on peut explorer tout le cadre. C'est ça, ouais. Et du coup, les nouvelles, ça m'a permis d'explorer plein de choses que je n'avais jamais fait avant et de voir qu'est-ce qui était naturellement, en tout cas, là où je m'amusais le plus ou là où ça m'était le plus naturel, quoi. Et ce qui, au contraire, j'aurais pensé que c'était naturel pour moi et ça n'était pas du tout.
Speaker 1Et un jour, ce n'était plus des nouvelles, c'était un roman. Et du coup, c'était ton premier. Comment ça s'est passé?
Speaker 2C'est une histoire que j'ai racontée déjà, mais en fait, j'avais reçu un prix cette année-là. J'ai reçu le prix Geekopolis pour une nouvelle, en steampunk, d'ailleurs. Et donc, je suis allée chercher mon prix. Et c'est là-bas que j'ai rencontré Estelle Fay, qui est devenue une de mes amies, parce que c'est elle qui m'a remis mon prix. Et en fait, Geekopolis, c'est un événement qui se passait à Paris et où on allait tous les ans là-bas avec mon papa. Et du coup, il m'accompagne pour ma remise de prix et puis, en fait, après, on passe deux jours là-bas et on va écouter des conférences et tout ça. Et en fait, on va écouter une conférence sur le steampunk. Et je m'en rappelle parce que j'en ai parlé avec Arthur Organ, qui était sur scène à cette époque-là, qui avait une gueule de bois monumentale. Mais en fait, sur le coup, moi, je ne savais pas qu'il avait une gueule de bois et je le trouvais juste insupportable. Je trouvais que tout ce qu'il disait était complètement à côté de la plaque et vraiment, j'étais énervée. Et j'étais là, dans le public, en train de ronger mon frein comme ça. Et franchement, je voulais me lever et partir, mais ça ne se faisait pas. Et en même temps, je trouvais que ce n'était pas correct de partir. Après, je comprends que des gens ne veulent pas rester, mais moi, je ne voulais pas faire ça. Et donc, je suis restée à écouter ces gens dire des choses où j'étais vraiment d'accord sur rien. Et en fait, c'est là que j'ai eu l'image de Violante qui arrive à Paris. Et je me suis dit, ah ok, intéressant. Et en fait, j'ai commencé à faire des liens avec plein de choses, des intérêts spécifiques que j'avais, des trucs que je gardais dans un coin de ma tête depuis longtemps. Et en fait, à partir de ce moment-là, l'histoire a commencé à se dérouler. C'était en mars, je crois, 2015. Non, 2014 ou 2015.
Speaker 1Et j'ai commencé à écrire en juillet, genre trois ou quatre mois. Et voilà. Et tu as été inspirée juste par les thèmes qui étaient évoqués ou vraiment parce que ton esprit est en train de s'échapper de cet endroit? Franchement, je n'en sais rien.
Speaker 2Je pense que je ne sais même plus ce qu'il racontait, pour te dire. Mais en fait, cette histoire de Violante, je pense qu'elle était en moi depuis longtemps parce que moi, je suis une très grande fan de Zola. Et j'adore Nana. Et tu vois, c'est des thèmes, la prostitution, l'émancipation des femmes et tout ça qui devaient me trotter dans la tête depuis très longtemps. Et je pense qu'ils ont dû dire quelque chose qui a trigué quelque chose dans mon cerveau. Et en fait, j'ai commencé à faire des connexions avec plein de trucs. Et en fait, je me suis dit, ah, mais ces thèmes-là que j'ai envie d'explorer, ce personnage qui me vient, il s'intègre dans cet univers steampunk que je découvrais depuis quelques années. Et pas tant par des lectures, mais plutôt par une esthétique, de l'art, des choses comme ça. Et en fait, c'était une époque où il y avait énormément de cosplay steampunk. Ça marchait super bien. Enfin, dans les conventions comme ça, je pense à Ducopolis ou au Salon Fantastique à l'époque, avant la nouvelle version. Il y avait énormément de gens déguisés. Et je trouvais ça magnifique. C'est trop beau. Et je trouvais que c'était intéressant de. En fait, parler de la belle époque, c'est assez compliqué parce que c'est une période qui est à la fois très peu connue et très idéalisée en France. Et du coup, en fait, c'était évident qu'en parler par le steampunk, c'était la bonne solution. Notamment aussi parce qu'à l'époque, la plupart de la littérature steampunk se passait à Londres. Pas à Paris. Et c'était l'occasion de ramener un peu ce truc-là chez nous. Et du coup, c'était vraiment. En fait, je pense que c'est des choses que t'as un cube en toi pendant super longtemps. Et tout d'un coup, t'as l'étincelle qui fait toutes les connexions et ça se met en place. Et je pense que là, c'était ça.
Speaker 1Dans le NaNoWriMo, ils appelaient ça le « aha moment » où tout se lie ensemble ou je sais plus quoi. Ça n'était pas encore là, mais en tout cas,
Speaker 2c'était la première étincelle d'un truc qui, en fait, après, allait devenir ce roman-là.
Speaker 1Et ça me fait penser au fait que c'est souvent le cas des premiers romans chez les auteurs que j'ai pu croiser. Des fois, on a envie de mettre beaucoup de thèmes qui nous sont chers. Et là, toi, tu nous parles effectivement du côté prostitution, du côté féminin. Il y a aussi un peu de sororité. Bon, il n'y a pas que ça. C'est le début. Et c'est le début. Et en fait, ça fait peut-être beaucoup. Et d'un coup, on arrive, on doit écrire ce roman-là avec tous ces thèmes. Est-ce que c'est quelque chose qui t'a facilité la tâche parce que c'était des thèmes qui te tenaient à cœur ou des fois, ça peut mettre un peu la pression aussi de se dire, qu'est-ce que je vais faire avec tout ça?
Speaker 2Alors moi, je pense que j'écris vraiment sans me poser de questions. Parce que je parle de thèmes qui me sont chers, mais en fait, c'est des choses que je conscientise qu'une fois que j'ai écrit mon premier G. Et au début, j'ai juste un personnage qui veut me raconter une histoire. Et en fait, je discover, write ce que j'ai envie de dire en écrivant mon premier G. Et en fait, pour mon premier G, je ne me pose pas trop de questions. Juste, je vomis mes mots-là. Et je regarde, en fait, je découvre qu'est-ce que j'ai vraiment envie de dire. Et c'est quand je réécris que là, je me dis, OK, en fait, j'ai voulu dire ça. Donc maintenant, il faut que j'arrive à mettre ça en place. Et pour le roman, pour moi, oui, il n'a pas tant de thèmes que ça. Ça parle vaguement de colonialisme. Ça parle surtout d'émancipation. Et ça, pour le coup, c'était un thème que j'avais envie d'explorer depuis super longtemps. Et il y a tout un thème autour de la famille et de l'identité. Mais ça, c'est un truc que je traîne dans tous mes romans. Donc je continue. J'explorais ce thème-là vraiment, mais continuellement. Peu importe le genre dans lequel j'écris, l'identité, c'est quelque chose que je trouve fascinant et que je continue de travailler. Et après, j'ai eu la chance d'être bien entourée et de tomber sur de bons éditeurs. et notamment mon éditrice pour mes deux premiers romans chez Scrimio c'était Agnès Marou et aidée après de Jennifer dont j'ai oublié le prénom et de Floria qui m'ont vachement aidée et notamment je me rappelle que dans les noces le deuxième on a supprimé un thème secondaire en fait le thème principal j'avais des petits sous-thèmes et j'avais des petites histoires en plus et on en a supprimé une parce qu'elle disait que justement ça faisait trop de choses que c'était ça dispersait un peu le roman et tout moi avec le recul je me dis qu'en fait on aurait dû le renforcer et en faire un enjeu plus intéressant mais à l'époque effectivement j'avais peut-être pas encore les épaules pour gérer autant de choses et du coup on avait fait ça on avait supprimé un personnage et ça parlait de harcèlement scolaire vraiment beaucoup quoi et de comment tu fais quand tu te retrouves en position de force par rapport à tes harceleurs à un moment et en fait on a retiré ce truc là
Speaker 1ah ouais du coup c'est marrant parce qu'effectivement ça aurait totalement pu avoir sa place et être exploré et relié aux autres et trop visé et organisé dans le fait de l'art
Speaker 2mais ça faisait beaucoup le roman était déjà gros par rapport à ce qu'ils avaient ce qu'ils attendaient quoi et et bon voilà c'est pas un regret mais je me dis ah je pense qu'on aurait pu essayer de refaire ça différemment tu vois
Speaker 1peut-être une histoire pour un futur roman oui et ensuite tu alors tu écris je crois de la fantasy enfin plutôt la fantasy la fantasy japonisante on va dire et ensuite de la science-fiction les noces de la renarde et ensuite de la science-fiction ça fait quand même des belles transitions avec des univers très variés c'est ce qui t'a motivé aussi
Speaker 2oui mais après regarde en fait Rouille c'est un peu au milieu tu vois le steampunk c'est un peu l'entre-deux parce que tu peux avoir de la magie ou pas dans le steampunk moi j'ai choisi de pas en mettre mais en fait c'est marrant parce que donc moi quand j'ai écrit Rouille j'étais en thèse donc j'étais en thèse en mécanique vraiment en thèse en science quoi et j'ai un personnage secondaire Jules qui est un peu un mécano qui fait des trucs enfin qui fait des petites bestioles des petites machines là et c'est vrai que quand le livre est sorti j'avais l'habitude de dire ah mais c'est mon côté ingénieur qui ressort c'est un peu une espèce de ode à mon côté ingénieur mais que j'assumais pas trop tu vois et en fait ça aussi c'est quelque chose que j'ai souvent discuté de ça en conférence ou avec des amis c'est que en fait j'avais tellement intégré que la science-fiction c'était pas pour les femmes que ça m'était jamais venu à l'idée d'en écrire et ça encore une fois c'est quelque chose que j'ai compris après tu vois mais en fait quand j'ai commencé à écrire Les Objets de la Main qu'on m'a proposé d'écrire on m'a dit est-ce que tu voudrais pas écrire pour nous un space opera et en fait je me suis dit je peux pas alors ce qui est étonnant parce que j'avais déjà commencé à écrire une nouvelle qui est en fait la fin du roman et qui fonctionnait pas du tout ce qui m'avait un peu porté dans l'idée que c'était pas pour moi tu vois et en fait je me suis dit mais quand je réfléchis à tout ce que j'ai lu déjà j'ai lu très peu de femmes parce qu'en fait elles ont été traduites assez récemment et moi les livres de SF que je lisais majoritairement c'était des livres que mon papa lisait quand lui était ado et donc il y avait quasiment pas de femmes qui écrivaient en vrai SF quoi alors qu'il y en avait mais juste elles arrivaient pas en France il y avait pas de traduction et les romans que j'avais lus même ceux de SF que j'avais aimés comportaient très peu de personnages féminins voire très peu de bons personnages féminins tout court quoi c'était et du coup bah je pense que oui on avait intégré on est toute une génération à avoir intégré que la SF c'était des histoires d'hommes écrites par des hommes pour des hommes comme des hommes enfin vraiment c'était pas trop un domaine pour nous quoi mais on est quand même venu me chercher sur ce truc là et là je me suis dit bon de toute façon tu peux tenter ça coûte rien et puis si toi qui es ingénieur et qui as fait une thèse t'as pas capable d'écrire de la science vraiment qui peut qui le peut tu vois et du coup j'ai écrit ce bouquin et là pour le coup il y a beaucoup de choses dans les objets de la marque et très denses parce que je me suis dit ça se trouve j'en écrirais qu'un seul donc je vais mettre tout ce que j'aime dedans et Inch'Allah ça sera genre mon testament à la SF tu vois donc j'ai dit attends je vais mettre des courses de vaisseaux je vais mettre de l'horreur un peu à la Alien je vais mettre des robots des IA j'ai tout mis j'ai tout mis et ce projet qui devait faire 450 000 signes comme était inscrit dans mon contrat fait plus d'un million 200 000 200 000 signes m'a totalement échappé mais aucun regret parce que en fin de compte c'est un des romans que j'ai pris le plus de plaisir à écrire tout était extrêmement facile et les gens qui me connaissent bien mes proches ma famille et tout me disent on a l'impression que t'es vraiment à la maison chez toi dans cet univers on sent que genre c'était facile et agréable pour toi et on te reconnait vraiment dans ce roman
Speaker 1on sent en tout cas que tu t'amuses clairement en lisant on est embarqués aussi on sent le plaisir je trouve ça se sent quand l'auteur s'éclate et qu'il nous emmène partout dans justement plein d'univers c'est ça et c'est justement une des questions que j'avais préparé pour toi c'était mais c'est hyper ambitieux hyper riche et du coup ok c'est parce que moi c'est YOLO
Speaker 2vraiment je mets tout je mets tout en plus je sortais de attends c'était quand j'ai écrit en 2020 j'ai écrit pendant le Covid donc je venais de finir ma thèse j'étais dans mon premier boulot et en plus j'étais hyper vénère j'étais là vas-y le sexisme dans les sciences vraiment j'ai tout mis j'ai tout mis j'ai dit allez vas-y on y va je mets tout et en fait j'ai eu de la chance aussi parce que donc Stéphanie Nico qui était ma directrice de collection pour ce roman là bah elle m'a laissé faire quoi elle aurait pu me dire non on fait pas ça et elle aurait pu me dire aussi meuf il faut réduire de moitié et elle m'a dit elle m'a dit écoute je lis elle m'a dit peut-être que la partie au milieu un peu horreur il faudrait réduire ou sauter là j'ai dit jamais de la vie j'ai dit moi vivante c'est ma partie préférée genre ça ne bougera pas et en fait elle m'a dit non bah écoute en fait ça fonctionne et on l'a laissé comme ça et ouais elle a accepté de me laisser faire ce que j'avais envie de faire quoi et ça c'est précieux parce que bah du coup c'est un roman qui a bien marché et et non je suis très fière
Speaker 1ouais et la partie horreur est géniale mais oui merci
Speaker 2mais c'est la meilleure partie bien sûr bon les autres parties sont géniales mais oui mais ça aurait été dommage ça aurait été trop dommage et en plus je trouve qu'il y a un truc qui est hyper intéressant dans cette partie qui en fait annonce ce que je vais faire après parce que tu vois c'est ce truc d'hybridation avec les plantes et tout et avec l'IA ben ça tu enfin on le retrouve après dans Soma par exemple et dans plein d'autres choses que je vais faire en fait ça annonçait déjà un truc tu vois c'est marrant parce que t'as vraiment ces trucs en toi qui sortent un peu de manière inopinée et puis après tu vois ça fait son chemin et en fait tu dis ah alors attends j'ai beaucoup de choses à dire sur le sujet en fait et hop tu t'en branches dans un truc et et tu te dis et tu te dis et tu te dis c'est la porte ouverte à plein de nouvelles histoires
Speaker 1ça me fait penser à Alice Gilbert qui dit que tu sais que les idées elles voyagent alors elle est née dans les ouvriers de la main mais t'as pas fini avec elle elle va continuer c'est vraiment un petit truc
Speaker 2anecdotique mais là maintenant elle a dit ok maintenant genre explorons ce truc c'est trop bien c'est trop bien en fait c'est trop bien de voir rétrospectivement qu'en fait tout était déjà là y'a pas d'idée enfin t'as pas enfin c'est rare d'avoir une idée nouvelle c'est déjà un truc que tu traînes en fait depuis super longtemps dans tes histoires et que juste ça c'est top au fur et à mesure quand t'es sur le bon texte je trouve que c'est hyper intéressant à regarder cette construction de la psyché et de comment ça fonctionne la création quoi et c'est aussi
Speaker 1je trouve un joli rappel que en fait l'idée n'est pas importante en soi c'est jamais des idées comme tu dis originales on en a jamais d'ailleurs on a sans aucun doute que les autres milliards d'humains ont déjà eu cette idée aussi ça a déjà été écrit c'est ce qu'on va en faire et à quel moment et dans quel roman et dans quel contexte
Speaker 2l'hybridation homme-plante ça a déjà été fait c'est en train de revenir hyper à la mode en plus maintenant il y a l'horreur qui s'y met avec le botanique-horreur et tout donc en fait tout ça c'est cyclique mais par contre effectivement la manière dont tu vas réfléchir à ça ne peut être que personnelle et originale mais l'idée en elle-même comme on dit souvent tout a déjà été écrit donc et effectivement
Speaker 1après ce roman-là t'as enchaîné sur Tonnerre après l'héroïne oui c'est ça mais aussi hybridation
Speaker 2mais en fait non parce que hybridation toujours post-apo ça reste de l'ASF quoi et et c'est chouette c'est un roman que j'aime beaucoup c'est un de mes romans préférés je pense que j'ai écrit il est un peu passé sous les radars je pense beaucoup plus je pense que le monde n'était pas prêt à lire du post-apo à cette époque-là et de moins en moins d'ailleurs parce qu'on a envie de choses plus douces en ce moment mais je continue à penser que c'est un de mes meilleurs textes et que j'ai vraiment encore une fois là pour le coup de manière très consciente fait le roman que j'avais envie de le faire de la manière dont je voulais le faire parce que j'ai été bien accompagnée par mes éditeurs aussi
Speaker 1et est-ce qu'il n'est pas aussi un petit peu plus enfin ouais j'allais dire plus niché dans un genre un petit peu moins accessible que le space opéra ouais ouais en fait le problème
Speaker 2du post-apo c'est qu'il est vraiment dominé par des oeuvres de référence dont il est difficile de sortir soit on te compare à la route et t'es forcément déçu parce que personne ne se compare à la route en fin de compte soit t'essayes de faire autre chose mais les gens quand ils lisent du post-apo ils attendent la route et c'est difficile de les de les de les emmener par la main dans des choses je trouve que pour le post-apo je trouve que c'est vraiment difficile alors qu'il y en a des super j'en ai lu un que j'ai adoré chez Boucher Chastel qui s'appelle Entrer dans l'arène en même temps que l'orage et je pense que personne n'a aimé ce livre à part moi moi je trouve qu'il est incroyable c'est l'histoire d'un mec d'un gamin qui a mis ensemble la fille d'un mafieux dans une Angleterre qui est noyée sous une pluie continuelle et juste il part la chercher avec son ciré jaune et j'étais là genre oui c'est toute ma vie il y a un ciré jaune il y a un ciré jaune et vraiment et je trouve que c'est hyper dur je trouve que le post-apo vraiment pour le coup il est un peu pas maudit mais tu vois il y a vraiment l'ombre de la route qui plane sur nous et c'est difficile de s'en affranchir parce que c'est une oeuvre qui est trop marquante et trop connue en plus pour que ça ne soit pas dans l'esprit des gens qui lisent ça
Speaker 1tu prends les oeuvres post-apo la série The Walking Dead c'est la route like
Speaker 2tout est pareil et là pour le coup je voulais faire autre chose je voulais montrer un post-apo où justement on s'arrête tout le monde essaye de rentrer dans cette ville de tonnerre et en fait je pense que les gens qui ont lu le livre j'ai eu surtout des bons retours après c'est un peu gore mais c'est un peu d'horreur aussi c'est mon roman qui m'amène vers le body horror mais oui je pense que c'est un de mes meilleurs textes et puis on verra ça se trouve il y a des romans qui décollent 10 ans après leur sortie et peut-être que le contexte au moment de la sortie n'était pas le meilleur surtout qu'en plus maintenant on est vraiment parti dans tout ce qui est plutôt cosy fantasy solar punk et tout et le post-apo vraiment bénéficie d'une image qui est assez négative que je trouve est imméritée et je le dis tout le temps mais pour moi le post-apo c'est vraiment le genre de l'espoir par définition parce qu'on te décrit un monde où vraiment il n'y a rien qui va tout va mal, ça ne peut pas être pire et pourtant on ne fait que te montrer qu'on est capable de s'entraider d'avoir de l'espoir, de faire mieux de faire communauté il n'y a pas plus de preuves d'espoir que ça mais non j'ai l'impression que là on est dans un tournant où on ne veut plus se dire que la chute est inévitable et qu'on pourra quand même faire quelque chose derrière, on veut essayer d'empêcher la chute et c'est plutôt ces récits là qu'on cherche donc voilà, Toto, comme j'aime bien l'appeler vit sa vie il vit sa vie, il est sorti en poche avec une superbe couverture d'Anoufort que j'aime beaucoup et puis voilà, il fait sa petite vie
Speaker 1ouais et puis effectivement comme tu dis je pense qu'il y a des périodes peut-être que là aujourd'hui avec le côté dark il y a partout autour de nous il y a effectivement un peu plus de de solarpunk qui émerge de la cosy SF, je ne sais pas comment on appelle ça
Speaker 2ouais ouais, c'est un peu difficile mais écoute, je pense qu'il faut de tout moi je continue à penser que le post-apo c'est un genre hyper lumineux et plein d'espoir, je suis peut-être la seule mais j'y crois, tu vois
Speaker 1et donc après ce post-apo ton dernier roman ah non, j'ai fait de la jeunesse entre temps ouais, tu as fait de la jeunesse effectivement, c'est La fille de Freya Freya, ouais, c'est ça et après tu as sorti Soma qui est une novellade
Speaker 2oui, de cyberpunk, ouais
Speaker 1de cyberpunk, ouais alors change-moi un petit peu parce que c'est vrai que je ne m'attendais pas trop à ce que tu ailles vers le cyberpunk je ne sais pas j'adore ça tu peux nous raconter un peu
Speaker 2comment ça s'est créé le projet? en fait, moi j'adore le cyberpunk c'est comme le steampunk c'est des esthétiques qui me parlent beaucoup il y a quelque chose en fait, tu vois, quand j'écrivais alors, quand j'écrivais Les Oubliés de la Mort dans Les Oubliés de la Mort, il y a cette théorie qui, enfin, il y a ce en gros, on dit que dans l'univers des Oubliés de la Mort on a choisi collectivement en tant qu'humanité que l'IA, ce n'était pas bien et on décide d'interdire les IA et en fait, pendant très longtemps et notamment à ce moment-là de ma vie j'étais encore dans une idée en 2020 que l'humanité du futur elle avait deux voies qui s'ouvraient à elle c'était soit la métaphysique soit la métahumanité, soit les IA aujourd'hui je suis revenue de cette idée-là parce que je pense que c'est indissociable, la métahumanité de l'IA mais à l'époque, on n'avait pas encore les IA telles qu'elles existent aujourd'hui et vraiment, en fait, c'était juste avant le tournant, du coup je me dis que si je devais réécrire Les Oubliés de la Mort aujourd'hui je n'écrirais pas de la même manière, et ce serait intéressant de voir ce que j'en ferais mais en fait, je me suis dit c'est ouf, parce que déjà pendant longtemps, je me disais mais la métahumanité, on parle de ça comme si c'était quelque chose qui allait arriver dans les 50 prochaines années, alors qu'en fait on est déjà dedans, les lunettes, c'est la métahumanité les pacemakers, enfin là j'étais à la piscine ce midi et j'ai vu un gars avec une jambe artificielle et il marchait mieux que moi s'il te plaît, tu vois, enfin c'était incroyable et vraiment, au début, je le vois marcher et je me suis juste dit, putain, pourquoi ce mec se trimballe en slip de bain au milieu des vestiaires, c'est chiant tu vois, j'avais pas envie de voir des hommes nus et en fait, après, je me suis rendu compte qu'il avait du genou jusqu'au pied, une jambe artificielle, et il marchait vraiment tu n'aurais jamais cru qu'il avait perdu sa jambe c'était incroyable, et je me suis dit en fait, c'est ça, on est dedans, tu vois et de plus en plus, avec les IA je me suis dit, en fait, on est dedans on vit dans cette métahumanité là, et du coup le cyberpunk, c'est vraiment la suite logique à tout ça, quoi et moi, c'est une esthétique et une façon de penser aussi que je trouve toujours fascinante, parce qu'en fait, je trouve que comme le post-apo elle bénéficie encore une fois d'une réputation malheureuse, d'ailleurs le courant cyberpunk est mort, entre guillemets très vite, parce qu'il était considéré à l'époque comme trop sombre et trop individualiste, et que ça ne pouvait pas marcher et en fait, moi, je ne suis pas d'accord je trouve qu'on passe notre temps à nous parler de gens qui sont soi-disant hyper individualistes hyper déprimés et tout, alors qu'en fait à chaque fois, c'est des gens qui cèdent, tout le temps tout le temps, tout le temps, par contre, c'est vrai que on pose le postulat d'un monde qui n'est pas fun mais qui n'est que la suite logique du capitalisme, en fin de compte et là, depuis quelques années, on est vraiment dedans le cyberpunk, c'est, on est dedans en fait, c'est juste que on a tellement, c'est tellement arrivé progressivement encore qu'avec le bug le boom de l'IA, là, c'est plus si progressif que ça, mais en fait, on ne s'en rend même pas compte et là, je me suis dit, là, maintenant, pour parler des choses dont j'ai envie de parler et bien, le cyberpunk, c'est même presque pas de la SF, quoi, et c'était hyper facile de pouvoir aborder ces thèmes-là de c'est quoi l'identité numérique comment tu vis dans un monde où tu es fragmenté comment tu crées des relations quand tu ne vois pas les gens et bien, en fait, c'était hyper logique d'écrire du cyberpunk parce qu'en fait, il n'y a rien à imaginer quasiment il n'y a quasiment rien à faire et du coup, le postulat de base de cette histoire, tel que je l'ai pitché à mon éditrice, c'était c'est l'histoire d'une fille qui rencontre son clown dans la rue voilà et en gros, je me suis dit est-ce que tu arriverais à te reconnaître toi-même si tu te croisais dans la rue c'est une vraie question et qu'est-ce que ça ferait de se retrouver face à un double de surcolle et et là, après, pareil, tu vois, c'était un peu la petite étincelle qui a mis en branle plein d'idées qui se sont interconnectées et en deux semaines, j'ai pissé ma novella et voilà et vraiment, j'ai pris un plaisir incroyable, c'était trop bien
Speaker 1et justement, en t'entendant parler, on a l'impression que c'est loin d'être un sujet fini pour toi et une fin d'exploration et moi, ce qui me vient, c'est que surtout, c'est très riche et c'est vrai que j'étais surprise que ce soit une novella est-ce que c'était au niveau éditorial ou est-ce que, toi, vraiment, tu voulais faire court? moi, je voulais faire court, quand même
Speaker 2comme quoi, je suis capable non, moi, je voulais faire court parce que je suis en burn-out depuis deux ans et demi j'avais pas les épaules d'écrire un roman et en fait, je savais pas encore, en fait, j'avais vraiment cette histoire de Rissa et en fait tu vois, tu as ce tu l'as lu, le roman, tu l'as lu, le texte en fait, c'est le concept ne peut pas tenir sur un tantrum et du coup, je me suis dit la nouvelle, c'est trop short pour exploiter tout ce que je veux faire par contre, la novella, c'est une bonne forme et en fait, ça vient du fait que, quelques mois avant j'ai écrit une autre novella qui va sortir cette année et en fait, ça faisait dix ans que je traînais cette idée dans ma tête que je l'avais déjà écrite une fois, deux fois et en fait, à chaque fois, ça marchait pas parce que le format de la nouvelle la première version, elle était genre 65 000 signes après, j'avais réduit à 40 mais en fait, ça marchait pas parce qu'à la fois, c'était trop court et à la fois, c'était trop long mais ça marchait pas et en même temps, pareil c'est un texte à concept et je me suis dit je peux pas tirer ce truc-là sur un roman parce que ça ne marchera pas c'est impossible et en fait, entre-temps, il y a eu un peu le boom des novellas en France et je me suis dit c'est ça, le bon format donc j'ai écrit ce texte-là en novembre 2024 révélation j'étais là genre, mon dieu, en fait et du coup, à la suite, j'ai écrit Soma et pour le coup, c'est vrai que c'est un retour que beaucoup de lecteurs m'ont fait qu'effectivement, on a envie qu'il y en ait plus parce qu'en fait, on n'explore qu'un tout petit bout du monde dans ce truc-là parce qu'en fait, on est vraiment concentrés sur le personnage de Rissa et du coup, oui, normalement, l'année prochaine il y en aura d'autres dans le même univers j'ai super hâte et en fait, le but, c'est de créer une espèce de triptyque de femmes dans cet univers-là et en fait, c'est que des personnages que tu as déjà croisés dans le premier roman et tu vas les suivre dans leur vie et donc, ça fera trois novellas en tout dans le même univers
Speaker 1je trouve ça très chouette comme exemple aussi parce que les auditeurs du podcast, il y en a qui écrivent des romans mais il y en a qui se posent beaucoup de questions est-ce que je fais plusieurs tomes, est-ce que je fais une novella justement, quelle longueur pour mon roman et je trouve que c'est beau de se dire que là vraiment, en fait ça aurait pu être un roman mais tu t'es dit, bah non, l'histoire est trop courte par contre, je peux explorer mon univers de plein de manières différentes je peux faire d'autres novellas et ça, c'est trop bien
Speaker 2et en plus, je trouve qu'avant, la novella, c'était pas un format qui existait chez nous c'est vraiment arrivé progressivement à l'aide des Etats-Unis et en fait, c'est super parce qu'à la fois, t'as vraiment une novella jusqu'à 200 000 signes, c'est quand même beaucoup tu peux t'étaler, tu peux faire beaucoup et en même temps, tu peux aussi faire 80 000 signes 90 000 signes et moi, je pense qu'en fait il faut écrire sans se demander ce que ça va être, le texte sait quelle taille il doit faire sauf qu'avant, on n'avait pas cet intermédiaire entre la nouvelle et le roman et du coup, soit t'écrivais un truc très court et tu devais enlever la moitié de ce que tu voulais écrire, soit il fallait que tu trouves un moyen d'étirer ton idée ou ton truc sur quelque chose qui fasse 250 000 signes ou 300 000 c'est énorme quoi, alors que des fois 90 000 signes suffisent Et en fait, maintenant qu'on a cette porte-là, c'est banco, en fait. On peut faire beaucoup plus de choses. Et du coup, et en plus, pour moi, c'était vraiment une belle rencontre, ce format-là, parce que tout de suite, ça m'a paru hyper évident. J'ai fait, ah, mais je sais exactement comment faire. J'ai écrit la première, paf, paf, paf, tout est sorti. Mais c'était genre incroyable. La deuxième part est plutôt sortie super bien. Donc, j'espère que les autres sortiront aussi bien. Et moi, ça m'a libérée d'un truc. Vraiment, ça m'a libérée. En plus, moi, j'ai tendance à écrire beaucoup de choses. Et là, je me suis dit, en fait, déjà, je suis capable de faire court et de dire vraiment ce que je veux. Et puis, du coup, il existe un format qui n'est pas vraiment un roman, mais ça reste un petit roman. 200 000 signes, ça commence à faire beaucoup, quoi. Et j'ai le droit de faire ça maintenant. Avant, on n'avait pas le droit de faire ça. Personne n'aurait publié ça, tu vois. Et maintenant, ça s'est complètement démocratisé. Et c'est trop bien. Moi, je trouve que c'est une liberté incroyable. Et j'espère que les Français vont se saisir de plus en plus, les autoristes français, de ce format-là. Parce que, déjà, avec la réduction, de l'attention généralisée des êtres humains, c'est le bon format. Parce que, mine de rien, la novella, ça prend, alors que la nouvelle, ça ne prend toujours pas. Donc, vraiment, il faut investir le champ, là. Et je pense qu'en plus, alors après, c'est mon avis, je pense que la novella, c'est un bon moyen d'entrer dans l'univers d'un auteur avant, si t'oses pas rentrer dans des gros romans, tu vois. Moi, qui écris des très gros romans, si tu veux aller voir ce que je fais, tu peux aller lire des novellas. Parce que c'est plus représentatif de ton travail qu'une nouvelle. Mais en même temps, c'est pas un investissement. C'est un investissement de temps de lecture de deux semaines, parce que j'ai écrit un million de signes dans les oublis de l'âme, tu vois. Et du coup, je le conseille souvent aux gens qui ne m'ont jamais lu, en leur disant, voilà, une partie de mon univers, et si ça te plaît, tire ailleurs le reste, tu vois.
Speaker 1Ouais, et puis je confirme, parce qu'effectivement, c'est quand même, comme tu le dis, t'as la place de rentrer dedans, t'as la place de voir l'auteur, d'entrer, de voir son style se déployer. Et c'est vrai qu'une nouvelle, souvent, c'est un petit peu frustrant, quoi. C'est vraiment beaucoup trop court. C'est un tout petit aperçu en très peu de mots qui doit être très efficace, etc. Là, dans la nouvelle, il y a quand même moyen de planter un décor.
Speaker 2Ouais, et puis c'est pas du tout les mêmes mécaniques que la nouvelle. C'est vraiment très spécifique. Il faut que ça soit rapide, il faut que tu rentres dedans tout de suite, il faut que t'aies une chute. Moi, je pense que dire qu'il n'y a pas de chute, c'est pas nouvelle, mais. Enfin, tu vois, il y a quand même une manière de faire qui est. C'est pas un roman. Pour moi, la nouvelle, là, c'est quand même un roman court. Donc du coup, la construction est complètement différente, t'as pas la même place. Ouais, je pense que pour aller lire, découvrir un auteur, il faut mieux passer par la nouvelle, là, que par la nouvelle. Si tu peux. Si l'auteur en a fait, tu vois.
Speaker 1Et en même temps, j'ai l'impression qu'il y a les auteurs, il y a peut-être un peu les deux types. Il y a ceux qui écrivent peu et qui vont devoir étoffer pour faire leur histoire, et ceux qui sont très bavards et qui auront du mal à faire du cours, justement. Et toi, c'était plus le challenge de faire du cours, finalement.
Speaker 2Ouais, je l'avais déjà fait un peu parce que du coup, en jeunesse, il fallait pas faire trop gros, quand même. Et je n'ai pas réussi parce que j'ai fait 100 000 signes de plus que ce que je devais. Je leur ai dit, quand même, vous m'avez demandé à moi, vous savez que j'écris des pavés, il fallait pas non plus attendre un miracle. Mais c'était quand même le texte le plus court que j'avais jamais écrit, donc j'étais contente. Et là, ouais. Après, moi, j'écris beaucoup de nouvelles, donc le cours, je sais faire. Mais c'est vrai que dans mes romans, en fait, dans le roman, je trouve que c'est frustrant pour moi qu'il n'y ait que l'intrigue du personnage principal. Moi, souvent, je préfère mes personnages secondaires. Donc j'ai envie, qu'ils aient de la place. J'ai envie qu'on les aime, j'ai envie qu'on les suive, j'ai envie qu'on s'attache à eux aussi. Donc il me faut des intrigues secondaires pour tout le monde. Et du coup, forcément, ça prend vachement de temps à résoudre tout ça. Et du coup, j'écris énormément. Dans la novella, j'avais le loisir de me dire que je ne me concentre que sur mon personnage principal. Par contre, j'avais déjà un peu l'idée de me dire que j'en ferais bien d'autres. Donc je te présente des gens hyper cools en te disant, ah mais regarde, en fait, c'est vachement bien, tu vois. Par contre, j'avais même le devoir de me concentrer que sur mon personnage principal. Il n'y a qu'une seule ligne à suivre. Et du coup, bah, ah, quelle liberté, quel repos. C'était trop bien. C'était vraiment, c'était trop chouette.
Speaker 1C'est intéressant parce que je trouve que si on peut faire le parallèle, effectivement, avec le côté un peu jeunesse, jeune adulte, où tu n'as souvent pas 15 intrigues secondaires, effectivement, pour moi, c'est vrai que j'ai l'habitude aussi de lire adultes avec plein d'intrigues secondaires hyper intéressantes, et surtout les tiennes, en général, elles enrichissent beaucoup. Enfin, surtout les lamas, l'intrigue principale, quoi. On ne pourrait pas les enlever. Et en même temps, c'est vrai que quand tu réfléchis au côté jeunesse ou des formats un peu différents, mais là, ça ne marcherait pas, en fait, de faire toutes tes. Moi aussi, je n'ai jamais les intrigues secondaires. Non, mais en plus, je l'ai fait dans
Speaker 2l'effet de Freya. Donc, tu as mes deux héroïnes principales. Donc, chacune doit avoir sa résolution. Et puis, il y a quelques personnages autour d'elle qui les suivent et tout. Et je voulais absolument qu'ils ne soient pas là juste pour les aider, tu vois. Et notamment, Alvis, le prince nain qui les suit, il a une vraie histoire, il a une vraie résolution. Il n'est pas juste là parce que le scénario a besoin de lui, tu vois. Mais du coup, forcément, ça rajoute 100 000 signes, quoi. Et voilà. Et voilà. Et puis, là, c'est pareil. Tu vois, là, je suis en train de finir de corriger mon roman qui sort en août. Et mon éditeur, il est un peu pris. Il me dit, c'est quoi toutes tes intrigues secondaires, Florian? Tu ne peux pas tout garder. Et moi, j'étais là, genre, ben alors, moi, j'aime bien tout quand même. Du coup, j'en ai viré une. Ça m'a fendu le cœur. J'étais là, genre, oh, mon Dieu, quoi. Et en fait, je ne peux pas m'en empêcher. En fait, je trouve que le personnage principal, souvent, c'est la fenêtre par laquelle tu regardes le récit. Et parfois, c'est difficile de s'accrocher à lui. Parce qu'en fait, soit tu es tout le temps dans sa tête, soit tu es hyper à distance parce que c'est ta porte d'entrée dans l'univers. Par contre, les personnages secondaires, eux, ils ont une vie avant que tu arrives. Ils font leur truc. Et souvent. Et moi, je les aime trop. Genre, j'aime trop tous mes personnages secondaires. À chaque fois, c'est eux que je préfère que tu apprennes. J'ai envie qu'ils aient une vraie vie et que ce ne soit pas juste des plantes vertes qui servent l'armure en scénarium de mon histoire pour que mon héroïne, elle, me survive à la fin. Mais ce n'est pas le sidekick. C'est ça, voilà. Il y en a. Il y en a. Tu vois, tu as des personnages qui apparaissent pour trois scènes et en même temps, regarde, dans Les Oubliés de la Main, le personnage de Rouge, il devait disparaître tout de suite. Il ne devait jamais revenir avec les autres. Et en fait, je n'arrivais pas à la lâcher. Je n'arrivais pas à la lâcher. Du coup, je l'ai emmené avec moi. Et pareil, dans Tonnerre, le personnage de Rose devait apparaître pour une seule scène. Et j'écris. Et là, je vois qu'elle arrive. Elle était là. Je me suis dit, mais qu'est-ce que tu fous là? Pourquoi tu nous suis? Qu'est-ce que tu fais là? Et en fait, c'est le personnage clé de toute cette histoire. C'est elle, tu vois. Et j'aime trop mes personnages secondaires. Je trouve que c'est eux qui donnent une vie au monde autour du personnage principal, qui font vivre l'univers, qui rendent ça crédible, attachant et tout. Et ça me fait trop mal au cœur que ce soit juste des sidekicks sans âme, qu'on traite trop mal qu'ils aiment trop moi.
Speaker 1Ça me fait un peu penser, tu sais, quand on dit que c'est. Alors, je ne sais pas si c'est ton cas d'ailleurs, mais souvent, il y a un peu l'histoire que je voulais écrire et l'histoire que mes personnages écrivent. Et en fait, c'est vrai que c'est plus pour les personnages secondaires, je trouve. Moi, j'ai un peu cette impression que c'est pour les personnages que tu écris, tu as pensé à cette histoire-là et tu as ton personnage principal qui va la vivre. Et comme tu dis, les personnages secondaires, ils ont la place de s'exprimer et c'est ton inspiration qui s'exprime à travers eux. C'est vrai que finalement, c'est peut-être grâce à ça aussi qu'ils enrichissent beaucoup et que toi, tu les aimes aussi.
Speaker 2Moi, je me dis que c'est un peu comme quand tu as une idée, tu sais, c'est quand tu ne penses pas que ça vient. Et en fait, les personnages secondaires, comme tu es moins focus sur eux, en fait, ça mouline en arrière-plan. Et du coup, ils font des trucs que tu n'avais pas prévus mais parce qu'en fait, tu leur as laissé la place de s'exprimer. Ils ne sont pas dans le carcan de l'histoire que tu veux leur faire suivre. Et du coup, il y a plus de liberté créative sur ces personnages-là que sur ton personnage principal. Même si parfois, le personnage principal fait des choses qui ne sont pas prévues, ça arrive, tu vois. Mais moi, ça arrive plus souvent avec mes personnages secondaires. À chaque fois, je me retrouve avec un et je suis là genre mais en fait, tu devais mourir. Tu ne devais même pas être là déjà. Et pourquoi? Je dois te traîner jusqu'à la fin et en fait, à chaque fois, ils sont là genre c'est mes bébés quoi. Ils sont trop purs à chaque fois. Et après, je les tue tous, c'est vrai, mais je les aime quand même.
Speaker 1On ne dit rien. On laissera découvrir. Ça me fait penser à quelque chose parce que je me souviens que tu parlais de ça à une table ronde, un petit peu la descente du Lama et l'évolution de l'histoire. Et c'était une table ronde aussi où on parlait du métier d'ingénieur qui se sent quand même dans les objets de Lama. C'était aux aventuriales. Je me souviens super bien parce que justement, c'était les liens entre notre métier scientifique et l'écriture. Et justement, tu avais parlé du fait que ça t'avait permis d'apporter des tas de choses qui venaient de ton bagage d'ingénieur aussi, que c'était un peu indissociable. Et aussi, tu as dit quelque chose et je voulais savoir si c'était toujours vrai pour toi. Tu avais dit qu'en fait, tu ne comptais pas abandonner ce métier d'ingénieur parce qu'il te nourrissait autant que l'écriture. Est-ce que c'est toujours vrai? C'est toujours vrai.
Speaker 2En fait, moi, j'ai toujours écrit en travaillant quasiment. Donc pour moi, écrire, c'est indissociable du fait de travailler, de faire autre chose à côté. Et d'ailleurs, c'est quand je suis au travail que j'écris le mieux ou quand je sais que je vais bosser. Et en plus, pour les oublier de la main, c'est particulier parce que du coup, comme j'étais persuadée que je n'en ferais qu'un et que ça n'allait pas marcher, j'avais cette peur terrible parce que je l'ai vue arriver beaucoup trop de fois que des hommes qui n'ont jamais fait de science viennent me dire que mon univers n'était physiquement pas crédible. Donc je me suis dit que je vais écrire sur des choses que je connais. Et en fait, tout le monde qui a lu la partie de vulgarisation scientifique des oublis de la main est un hommage à ma thèse. Donc en fait, ce ne sont que des données sur lesquelles j'ai travaillé moi pour de vrai. Et d'ailleurs, c'est très rigolo parce que ma directrice de thèse m'a envoyé un message il n'y a pas très longtemps pour me dire qu'elle était en train de lire le roman. Et ouais, elle est trop pure. Et du coup, et en plus, le fait est que j'ai verbalisé très tôt dans ma carrière d'écrivaine que j'étais une scientifique. Donc, coup de bol, personne n'est venu me dire que ça ne tenait pas la route. Mais j'étais terrorisée par ça parce qu'en fait, je trouvais que c'était d'une violence de venir dire aux femmes qui font des sciences que lorsqu'elles font n'est pas crédible, ils ne se seraient jamais permis de dire ça. Enfin, ils ne disaient jamais ça à des mecs. Mais nous, il fallait toujours qu'on justifie de tout et je ne voulais pas avoir à me justifier, donc je pouvais pouvoir leur dire les gars, si vous avez des questions, lisez ma thèse en fait, fin du débat et en fait du coup je me dis, si j'avais pas été scientifique j'aurais jamais pu écrire ça comme ça, alors j'aurais écrit différemment, parce que en fait t'as pas besoin d'avoir un bagage scientifique comme le mien pour faire de l'ASF, d'ailleurs il y en a plein qui le font et qui le font très bien, mais pour moi c'était rassurant, mais surtout je pense que ça m'a permis de donner une plausibilité à mon univers déjà parce que je suis passionnée par mon sujet de thèse et que je pouvais en parler pendant 70 ans sans m'arrêter ça fait 10 ans que j'ai soutenu ma thèse et je peux encore en parler comme si je l'avais soutenu hier et du coup je trouve que ça apporte un truc tu sens en fait que on a envie d'y croire et ça c'est quelque chose que j'ai retrouvé dedans que je continue de garder dans tous mes romans quand j'écris du cyberpunk, moi je travaille dans l'aéronautique je travaille avec des IA on en a au quotidien en fait c'est mon métier, c'est ma vie de tous les jours et du coup pour moi il est inconcevable d'arrêter de travailler peut-être que plus tard je passerai à 4-5ème ou que je ferai moins mais pour l'instant je n'en ressens pas le besoin et au contraire les périodes où je ne travaille pas je ne peux pas écrire et les périodes où je n'écris pas je travaille moins bien je pense je suis moins motivée vraiment c'est un truc qui s'auto-alimente et en plus je trouve que c'est hyper reposant de pouvoir parler d'autres choses que d'écriture avec des gens qui s'en foutent et qui juste ont des conversations de gens normaux parce que quand tu ne fais que écrire en fait tu ne parles que de ça avec des gens qui ne font que ça et moi j'ai mon groupe de gens avec qui j'écris et j'ai mes collègues avec qui je parle d'autres choses et parfois on parle d'écriture aussi parce qu'eux aussi sont des lecteurs de SF donc on parle de bouquins mais ce n'est pas la même manière qu'on a d'en parler avec laquelle j'en parlerais avec mes collègues auteurs et autres et vraiment pour moi c'est tu en dis toujours est-ce que tu voudrais arrêter de travailler pour écrire parce que c'est ta passion c'est ma passion aussi en fait j'adore ce que je fais je fais des choses qui sont importantes j'apprends tous les jours des nouvelles choses pour moi c'est si j'arrête d'apprendre des trucs je me laisse mourir en fait et c'est cette culture scientifique aussi qui me donne envie d'explorer des thèmes et de pouvoir écrire de la SF donc pour moi en tout cas dans ma manière j'allais dire en fait je ne vois pas comment tu pourrais ne faire que écrire mais il y a des gens qui le font je sais que c'est possible mais moi dans ma manière de fonctionner ce n'est pas possible et notamment je pense que c'est dû au fait que quand j'ai commencé à écrire je travaillais j'étais en thèse en fait et donc du coup c'est vraiment indissociable pour moi ça se nourrit au quotidien tout le temps je trouve aussi
Speaker 1pour être un peu dans le même cas que le côté ingénierie me repose énormément de tous les tracas de l'écriture et inversement en fait c'est trop bien
Speaker 2quand tu en as marre d'écrire tu vas travailler quand tu en as marre de travailler tu prends un quart d'heure à être écrite tu vois vraiment après c'est fatigant je ne dis pas que tu as parce que du coup surtout dans l'ingénierie on fait des grosses semaines on bosse beaucoup on ne fait pas un 35 heures mais après j'en parlais avec une collègue qui se met déjà d'ailleurs et en fait c'est vraiment une question d'organisation c'est que de l'organisation et de savoir où sont tes limites et comment gérer ton temps mais pour moi si tu es bien organisé il n'y a pas de raison que tu n'arrives pas à trouver le temps de tout faire et ouais vraiment je trouve encore plus aujourd'hui où la technologie a pris un virage hyper accélérationniste être au contact d'informations vraiment de l'ingénierie des nouvelles technologies des avancées et tout au quotidien c'est vraiment hyper nourrissant pour derrière explorer ce qu'on fait tu vois en fait je me dis que par exemple le boom de l'IA si je n'avais pas été ingénieur et bien je ne le vivrais pas de la même manière et du coup je ne l'écrirais pas de la même manière je pense que c'est une chance d'avoir accès à ces ressources là j'ai accès à plein de gens qui font plein de choses incroyables et tu vois si j'ai des questions sur plein de trucs il y a toujours quelqu'un dans mon entourage professionnel qui peut répondre à mes questions de science quoi donc en fait c'est aussi une mine d'informations
Speaker 1trop cool quoi c'est vrai et en plus je trouve que ça c'est une chance aussi parce que je disais parce que ça c'est d'autres en fait c'est très inspirant même au global je pense que les auteurs avec qui je parle au quotidien qui sont dans plein d'univers différents c'est vrai qu'on a un peu ce cliché de dire le rêve c'est d'arrêter ton métier pour juste écrire parce que tu vis de l'écriture je dis bah non il y a des métiers qui sont très nourrissants effectivement nous on parle de l'ingénierie tout à l'heure mais d'autres métiers sont apportés en même aussi et justement vont nous nourrir sur tout un tas de plans et notamment juste en nous mettant en contact avec des gens qui n'ont rien à voir avec notre univers et en fait rien que ça ça contrebalance complètement cette idée de dire ah bah non mon rêve c'est de vivre dans ma taillère et d'écrire des tas de bouquins tous les mois des fois oui je ne me spécifie pas du tout à ça
Speaker 2mais oui et en plus c'est un peu ce truc de comme si tu n'avais pas le droit d'avoir en fait tu n'as le droit d'avoir qu'une seule passion et tu as l'obligation de ne vouloir faire que ça mais en fait imagine la passion c'est la pâtisserie mais tu ne vas pas pâtisser toute la journée c'est stupide tu es d'une époque avec les lumières où tu étais mathématicien philosophe explorateur en fait tu pouvais tout faire il n'y avait pas de limite c'était pas bizarre mais en fait avec la technologie qui est arrivée en fait il y a une spécialisation qui s'est faite qui s'est aussi faite dans ta manière de gérer ta vie tu as l'impression qu'en fait tu n'as le droit d'avoir qu'une seule spécialisation et une seule envie alors qu'en fait on est des humains et en fait ça se trouve tes passions elles changent aussi des fois moi j'ai une passion pour le point de croix quand j'étais au lycée ça m'a duré 6 ans et après j'ai plus le temps j'ai plus envie j'ai arrêté et c'est ok et en fait je trouve ça dommage qu'on veuille nous réduire à ah t'as eu malheur de dire que ta passion c'est l'écriture ça veut dire que tu ne veux et tu ne dois vouloir faire que ça comme si on était j'allais dire unicellulaire mais c'est pas le mot mais tu sais monotâche et monopassion mais c'est trop dommage t'imagines si tu avais le droit d'avoir qu'une seule passion dans toute ta vie
Speaker 1quel ennui et en même temps tu vois le côté réseaux sociaux qui sont un peu indispensables selon les auteurs qu'on est nous mettent dans une espèce de boîte algorithme Ingrid Autrice Florian Autrice SF machin et en fait si tu commences à faire autre chose les algorithmes sont perdus tout le monde est perdu alors je ne dis pas que c'est une obligation mais je pense que ça peut peut-être freiner certaines personnes peut-être à partager leur travail aussi
Speaker 2ouais moi je trouve que les en fait c'est un peu bizarre parce qu'on voit bien que la présence sur les réseaux sociaux ça marche parce que si tu consacres beaucoup de temps ça fonctionne mais moi en fait mon métier c'est d'écrire des romans c'est pour ça que j'ai un éditeur parce qu'en fait je n'ai pas le temps d'acquérir les compétences de community manager et de marketing et d'utiliser Canva super bien en fait je n'ai pas le temps de faire ça et en plus je n'ai pas envie de faire ça ce n'est pas ça qui me fait vibrer et en fait je trouve ça trop cool qu'il y ait des auteurs et des autrices qui aient le temps de le faire l'envie de le faire et les compétences de le faire mais déjà tout le monde n'est pas community manager c'est un vrai métier de gérer les réseaux sociaux ça s'apprend quoi et moi je n'ai pas le temps d'apprendre à faire ça et je trouve ça dommage qu'effectivement trop cool en fait que ça marche et en même temps dommage que ça marche parce que du coup nous qui n'avons ni le temps ni vraiment l'envie d'investir ce temps que je n'ai déjà pas pour faire autre chose dans ça ça nous empêche d'avoir parfois une certaine visibilité après c'est aussi le travail des maisons d'édition de faire ce travail là et c'est pour ça qu'on va publier dans le tradit et qu'on n'est pas auto-édité tu vois moi j'ai énormément de reflets pour les auto-éditer parce que c'est pas qu'ils sont multi-casquettes c'est qu'ils sont un milliard de millions de casquettes ils font tout c'est lunaire en fait c'est des compétences que j'aurais jamais dans ma vie et c'est incroyable d'arriver à faire tout ça mais moi mon métier et ce que j'ai envie de faire c'est d'écrire des histoires c'est pas de poster des stories pour expliquer comment j'écris j'aime bien le faire de temps en temps mais c'est vrai que c'est pas naturel de faire ça et en même temps je pense qu'il faudrait qu'on ait le temps de le faire parce que ça fonctionne mais effectivement ça nous met aussi dans des cases et ça tu vois c'est la même chose je rebondis sur ça mais c'est la même chose que les genres en littérature la romantésie ça a toujours existé
Speaker 1l'algorithme il doit rien comprendre
Speaker 2avec tous les genres tous les 5 ans on invente un nouveau genre qui existait déjà mais par contre on lui a donné un nom fancy et maintenant tout le monde est perdu genre c'est quoi le solar punk c'est quoi l'opéra c'est quoi le punk mais oui mais après je pense que c'est humain de vouloir mettre les trucs dans les cases parce que du coup on sait vers à quoi on est face et en même temps tu vois moi j'ai écrit mes 3 premiers romans sont 3 romans même les 4 dans 4 genres différents et on m'avait dit fais attention il faut stabiliser genre ton lectorat machin machin et en fait moi j'avais pas envie de faire ça je me suis dit en fait moi déjà j'écris pas à plein temps je peux écrire du coup qu'un seul roman par an ou tous les 2 ans par contre j'ai le choix de faire de choisir enfin j'ai le luxe de pouvoir choisir ce que j'écris et en fait je peux en écrire qu'un par an ou un tous les 1 an et demi bah en fait je vais écrire ce que j'ai envie d'écrire et au final bah ça marche pas si mal là je recommence à revenir dans des genres que j'ai déjà exploré genre je fais de la fantasy japonaise cette année il y aura du space up qui va revenir aussi je refais du cyberpunk je reviens sur mes terres inconnues mais en fait ça m'a pas desservi plus que ça de changer de genre donc en fait j'ai envie de dire écrivez ce que vous avez envie d'écrire quoi de toute façon un livre que t'as pas envie d'écrire ça se sent et pour passer un an et demi à écrire un truc que t'as pas envie d'écrire faut être un peu maso tu vois et en fait les trends ça passe trop vite quand il y a une trend elle arrive c'est qu'elle est déjà finie en fait les romans sont déjà tous prévus et puis après on passe à autre chose donc en fait je pense qu'il faut pas écrire et puis tout est cyclique tu vois moi quand j'ai quand Ruy est sorti ça faisait déjà 3-4 ans qu'il n'y avait pas eu de steampunk et en fait c'est vraiment un sinus tu vois et c'était le début de la remontée de la vague et ça a super bien marché Je l'aurais sorti trois ans avant, il y en avait plein, ça n'aurait pas marché. Donc en fait, il y a tellement de paramètres sur lesquels on n'a pas la main. On ne peut pas savoir quand un roman va fonctionner ou pas. C'est trop mystérieux. Il y a trop de facteurs improbables qui rentrent en compte. Donc en fait, moi, je me suis dit, tu sais quoi, je vais juste écrire les trucs que j'ai envie de faire. Et puis, tant pis. Et puis, tu vois, il y a des gens qui me suivent plutôt pour Rouille ou Lénos et qui n'ont pas lu la SF. Eh bien, tant pis, ils reviendront quand je réécrirai dans ces genres-là. Et puis, ceux qui ont eu de la SF, ils ont peut-être essayé de lire d'autres trucs et ça ne leur a pas plu. Ils se sont dit, moi, je préfère la SF. Et en fait, ce n'est pas grave. Il y a toujours un lecteur pour chaque livre.
Speaker 1Oui, et puis les lecteurs sont ouverts aussi. Bien sûr. Mais moi, je trouve que les
Speaker 2lecteurs sont hyper ouverts parce que du coup, j'ai commencé avec du steampunk et de la fantasy. Et après, je fais de la grosse SF qui tâche et vraiment, les gens sont venus lire quand même. Et d'ailleurs, quand j'ai écrit Loda, je voulais vraiment l'écrire pour les femmes qui pensaient que la SF n'était pas pour elles. Et vraiment, à chaque fois que j'en voyais une qui me disait non, mais moi, je n'aime pas la SF, je disais, je t'en supplie, prenez-le. Vraiment, ce livre, je l'ai écrit en pensant à vous. Vraiment, tu vois. Et en fait, je ne peux pas dire 100% parce que je n'en sais rien, mais j'ai beaucoup de femmes qui sont revenues me dire que oui, elles avaient adoré Les Ouvriers de la Mort parce qu'en fait, c'est une histoire de nana écrite pour des nanas. Ça marche, tu vois. Et en fait, c'est possible et c'est trop bien. Et du coup, que ça les avait remis à la SF, donné envie de faire de la SF. Alors après, moi, je me fais un plaisir de te donner une liste longue comme le bras d'autrice qui font de la SF trop cool, tu vois. Et c'est trop bien de se dire qu'en fait, les gens, quand ils ont aimé ce que tu fais, ils ont la curiosité d'aller regarder même les choses vers lesquelles ils ne seraient pas allés avant. Et ça, franchement, c'est hyper précieux.
Speaker 1C'est incroyable. Tu as une porte vers les autres genres.
Speaker 2Mais comme moi, tu vois, qui ai plein de copines autrices qui écrivent des trucs que je n'irai jamais, genre de la romance, quoi. Eh bien, je vais le lire quand même. Et en fait, je me dis, en fait, ce n'était pas si mal. Donc, ce n'est pas du tout, moi, la cible de ce truc-là. Et en fait, je pense qu'en fait, il faut faire confiance aux gens dont on apprécie les histoires. Parce qu'en fait, il n'y a pas de. Pour moi, même quand tu n'as pas aimé un livre, tu en retires quelque chose. Et tu vois, il y a des livres que je n'ai pas aimés, mais qui m'ont plus marqué que des livres que j'ai bien aimés. Et en fait, être gênée, être ennuyée, en fait, tu ressens quand même des choses. Il y a toujours quelque chose à tirer d'une lecture, même d'une lecture que tu n'as pas pu. Et du coup, il faut avoir la curiosité de sortir un peu de ces zones de confort. Parce que c'est là qu'on apprend, en fait. Ça ferait
Speaker 1un très beau mot de la fin, mais j'ai quand même un dernier mot de la fin à te demander. Parce qu'effectivement, les auteurs en herbe qui t'ont écouté nous sortirent tous des exemples incroyables. Parce qu'on peut changer de genre littéraire, on peut changer de format. On peut tout faire. On peut écrire à côté d'un boulot qui est hyper prenant, pas de problème. Mais est-ce que tu aurais encore un dernier conseil pour eux, si tu es celui qui hésite à se dire « Attends, on va écrire un roman, quand même. »
Speaker 2Moi, j'étais pareil. Quand j'ai commencé à écrire mon rouille, je me suis dit, je ne sais pas dans quoi je m'embarque. En fait, je me suis dit, je ne sais même pas comment je vais réussir à aller au bout, ça me paraît, insurmontable. Ça va prendre du temps. Il faut accepter que le temps de l'écriture, il est long, en fait. Et qu'il faut y passer du temps. Moi, ce que j'avais appliqué à l'époque et que j'utilise toujours, c'est la méthode Flocon que je vous laisse aller chercher. Alors, il y a une partie sur les personnages que moi, je ne fais pas. Je ne fais que la partie sur l'histoire. Mais le truc de faire une phrase pour chaque partie, puis un petit paragraphe, puis un grand truc et tout, ça, je le fais à chaque fois. Depuis Rouille, j'ai toujours utilisé cette méthode. Je trouve que ça me permet de vraiment réfléchir. Et en fait, il faut accepter que ça puisse prendre du temps aussi et que les bonnes idées sont les idées qu'on a laissées grandir pendant longtemps. Moi, je dis souvent que j'ai des idées tous les jours, mais qu'au final, une idée qui ne revient pas, ce n'était pas une vraie idée. Il faut qu'une idée revienne plusieurs fois, plusieurs fois, plusieurs fois. Ça me hante un peu. Et au bout d'un moment, je me dis, ok, peut-être que je vais commencer à réfléchir à cette idée-là. Moi, je passe mon temps à me dire, non, je ne réfléchis pas à cette idée. Si elle doit revenir, elle reviendra, tu vois. Et après, si j'avais deux conseils à donner aux jeunes auteurs, c'est de lire beaucoup. C'est nul, mais c'est vrai. Il faut lire beaucoup. Et moi, ce qui a été game changer pour moi, c'était de trouver des gens avec qui écrire. Je trouve qu'on a. En France, on a énormément glamourisé le fait que les auteurs étaient des gens déprimés, qui écrivent dans leur coin, tout seuls. En fait, c'est fou, franchement. Oui, le fait d'être devant son écran, c'est quelque chose de très solitaire, mais ça ne veut pas dire qu'on doit écrire tout seul. Et moi, quand j'ai rencontré Estelle et Jérôme et d'autres personnes, en fait, on a un groupe, on s'écrit tous les jours. Même pour se dire, aujourd'hui, j'ai mangé des fraises, et je n'ai pas écrit une seule livre. Et en fait, d'avoir des gens qui sont comme vous, qui comprennent ce que vous faites, et avec qui vous allez pouvoir échanger vos textes, faire de la bêta-lecture entre vous, je pense que ça, c'est le truc le plus important. C'est là qu'on apprend le plus. Moi, j'ai plus appris en bêta-lisant des gens qu'en écrivant. Parce qu'on a plus de recul sur ce que les autres font. On voit les choses évidentes, et on apprend. Et on prend des choses positives aussi, et on se rend compte qu'il y a des types de langage, qu'il y a des choses qui ne marchent pas. Et franchement, trouver des gens qui écrivent, pour moi, c'est le plus gros game-changer de cette histoire. Parce que. Parce qu'en fait, ce n'est pas vrai qu'on écrive tout seul. Déjà, on écrit pour être lu, donc on n'écrit jamais seul. On a toujours, tu vois, un autre. On a toujours un autre. On a toujours un autre en face. Et en fait, le soutien que peut être la communauté, ça change tout. Parce qu'en fait, on passe tous par les mêmes étapes. On passe tous par cette étape de on est au milieu du roman, et on se dit qu'on n'y arrivera jamais. Et après, ça va mieux. Et puis, en fait, on est fatigué. Et du coup, de pouvoir partager ça avec des gens qui sachent, comme on dit, eh ben, je trouve que ça change tout, parce que on peut partager ça, et se motiver entre nous. Et ouais, moi, vraiment, ça m'a. Ça m'a. J'ai jamais écrit toute seule, en fait. Même Rouille, j'avais une amie qui écrivait avec moi, et j'ai toujours écrit à compagnie. Toujours, toujours, toujours.
Speaker 1Pour avoir créé la communauté que j'aurais rêvé de trouver à mes débuts, parce qu'au début, j'ai pas tout de suite trouvé. Je rejoins complètement ton conseil. Mais moi, je l'ai acheté. Est-ce que t'es d'accord aussi, juste pour dire qu'on apprend plus en bétalisant qu'en étant soi-même bétalue, qu'en ressentant. Ah, alors ça dépend
Speaker 2de votre bétaliteur, je dirais. Mais oui, moi, je trouve qu'on apprend beaucoup, beaucoup, beaucoup plus en bétalisant. Parce que. Parce qu'en fait, on a ce recul qu'on n'a pas sur notre texte, et c'est normal, tu vois. Après, par contre, si t'as un bon bétalecteur qui va te mettre en avant ce qu'il faut, bah du coup, tu vas beaucoup apprendre aussi, quoi. Mais de toute façon, ce que tu vas apprendre en bétalisant, tu vas forcément le reporter sur ce que tu écris. Enfin, tu vois, ça va dans les deux sens, quoi. Mais moi, je suis d'accord que la bétalecture, c'est. C'est hyper important parce que t'as une clarté d'esprit, et en fait, t'as pas d'attache émotionnelle au texte, c'est pas toi. Mais par contre, il faut toujours que ce soit fait dans la bienveillance. Tu vois, juste dire c'est de la merde, ça marche pas, ça sert à rien, en fait. Et d'ailleurs, il faut accepter de se dire aussi qu'en fait, bétalir quelqu'un, c'est un investissement en temps, aussi. C'est pas quelque chose qu'on fait par-dessus la jambe. En fait, la personne en face, elle attend un retour, elle attend de l'aide, en fait. Et il faut y passer du temps, il faut que les retours soient pertinents, il faut. Enfin, c'est vraiment un investissement en temps et en. et en ressources humaines. Et. Et ça ne peut être bénéfique que si tu y passes le temps qu'il faut, tu vois. Ça peut pas être fait comme ça, par-dessus la jambe, juste pour dire ah, c'était bien, y'a rien à faire, tu vois.
Speaker 1C'est Lee Steven qui disait, les gens vous confient leurs rêves, vous connaissez en soi. Elle a tout à fait raison. D'ailleurs, on peut peut-être s'arrêter sur ça, parce que sinon, je pense qu'on peut repartir. Ah bah, bravo. Merci beaucoup, Florian. Avec grand plaisir. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il t'a plu, tu peux me laisser une note sur Apple Podcast ou Spotify, ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast. Et si tu souhaites me poser une question sur l'écriture, me donner ton avis sur l'épisode, ou juste écrire avec la communauté J'écris un roman, rejoins-nous sur j'écrisunroman.eu slash hello. A la semaine prochaine.

Podcast Summary

Key Points:

  1. Floriane Soula, ingénieure en aéronautique et autrice depuis 2018, écrit principalement de la science-fiction, mais explore aussi la fantasy, le steampunk, l'horreur et le cyberpunk.
  2. Elle a commencé par écrire des nouvelles sur des forums et via des appels à textes pour se découvrir en tant qu'autrice, avant de publier son premier roman *Rouille* en 2018.
  3. Son premier roman steampunk, *Rouille*, est né d'une étincelle lors d'une conférence sur le steampunk à Geekopolis, où elle a eu l'image de son personnage Violante arrivant à Paris.
  4. Elle a publié plusieurs romans dans des genres variés
  5. Elle a découvert que la novella était le format idéal pour *Soma* et d'autres textes à concept, lui permettant de se concentrer sur un seul personnage principal sans intrigues secondaires.
  6. Elle continue de travailler comme ingénieure, estimant que son métier nourrit son écriture et lui fournit des ressources scientifiques et techniques essentielles à sa crédibilité en science-fiction.
  7. Elle souligne l'importance de la bêta-lecture et de l'écriture en communauté, ayant elle-même toujours écrit accompagnée, et recommande de lire beaucoup et de laisser les idées mûrir avant de se lancer dans un roman.
  8. Elle conseille aux auteurs en herbe d'écrire ce qu'ils ont envie d'écrire sans se soucier des genres ou des tendances, car les modes sont cycliques et un livre écrit sans passion se ressent.

Summary:

Dans cet épisode du Café des auteurs, Floriane Soula, ingénieure en aéronautique et autrice de science-fiction, partage son parcours et sa méthode créative. Elle raconte comment elle a commencé par écrire des nouvelles pour se découvrir en tant qu'autrice, avant de publier son premier roman *Rouille*, un steampunk inspiré par une conférence à Geekopolis et son amour pour Zola. Elle explique avoir exploré de nombreux genres — fantasy japonisante, space opera, post-apocalyptique, jeunesse et cyberpunk — sans jamais se limiter à un seul, et comment elle a découvert que la novella était le format idéal pour *Soma*, lui permettant de se concentrer sur un seul personnage sans intrigues secondaires.

Floriane insiste sur l'importance de continuer à travailler comme ingénieure, car son métier nourrit son écriture et lui donne accès à des ressources scientifiques précieuses. Elle souligne également le rôle crucial de la bêta-lecture et de l'écriture en communauté, ayant elle-même toujours écrit accompagnée. Enfin, elle conseille aux auteurs en herbe de lire beaucoup, de laisser les idées mûrir et d'écrire ce qu'ils ont vraiment envie d'écrire, sans se soucier des tendances ou des genres, car la passion se ressent toujours dans le texte final.

FAQs

Floriane Soula est une ingénieure en aéronautique et autrice de science-fiction, steampunk, fantasy et horreur depuis 2018.

Elle écrit principalement de la science-fiction, du steampunk, de la fantasy et de l'horreur, sans se limiter à un seul genre.

Elle a commencé par écrire des nouvelles sur des forums et dans des appels à textes dès 2007, avant de publier son premier roman en 2018.

Son premier roman publié est 'Rouille', un roman steampunk qui a été inspiré par une conférence et des thèmes comme l'émancipation des femmes.

Elle a choisi la novella car elle était en burn-out et ne se sentait pas capable d'écrire un roman complet, et le concept ne tenait pas sur une nouvelle.

Elle recommande de lire beaucoup, d'utiliser la méthode Flocon pour planifier, et de trouver un groupe d'écriture pour partager et s'entraider.

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